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Matthieu (apôtre)

Thème : Apôtres · Page 3 sur 12

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EMV 118.2 · Tome 2, p. 282 et 284

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Jésus est absent ainsi que Simon, Barthélemy, Matthieu et Philippe.

(...) 118.5 – Parleras-tu aujourd’hui ? demande Jacques, fils de Zébédée.

– Oui, entre la sixième et la neuvième heure. Vos compagnons l’ont dit. Mangeons donc sans tarder. »

Détail

Dans la première partie du chapitre, à la Belle-Eau, Barthélémy, Simon le Zélote, Matthieu et Philippe ne sont pas présents. Un peu plus loin, on apprend qu'ils ont annoncé que le Seigneur parlerait.

EMV 119.9 · Tome 2, p. 294

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« C’est justement toi [Pierre] qui baptiseras, le premier. Dès demain.

– Non, Seigneur ! Comment ferai-je si je suis plus noir que cette cheminée ? »

Jésus sourit de l’humble sincérité de l’apôtre agenouillé contre ses genoux, sur lesquels il tient jointes ses deux grosses mains de pêcheur. Ensuite, il lui donne un baiser sur le front, à la limite des cheveux grisonnants qui se hérissent plutôt qu’ils ne frisent :

« Voilà : je te baptise d’un baiser. Tu es content ?

– Je ferais tout de suite un autre péché pour avoir un autre baiser !

– Ah non, pas cela ! On ne se moque pas de Dieu en abusant de ses dons.

– Et à moi, tu ne donnes pas un baiser ? J’ai bien encore quelque péché », dit Judas.

Jésus le regarde fixement. Son regard si mobile passe de la lumière joyeuse qui l’éclairait pendant qu’il parlait à Pierre, à une ombre sévère, presque lasse, et il répond :

« Oui... à toi aussi. Viens. Je ne suis injuste envers personne. Sois bon, Judas. Si tu voulais !... Tu es jeune. Tu as toute ta vie devant toi pour t’élever sans cesse, jusqu’à la perfection de la sainteté... »

Et il l’embrasse.

« A ton tour, maintenant, Simon, mon ami. Et toi, Matthieu, ma victoire. Et toi, sage Barthélemy. Et toi, fidèle Philippe. Et toi, Thomas à la joyeuse volonté. Viens, André qui agis dans le silence. Et toi, Jacques de la première rencontre. Et toi maintenant, la joie de ton Maître. Et toi, Jude, mon compagnon d’enfance et de jeunesse. Et toi, Jacques, qui me rappelles le Juste par ton physique et par ton coeur. Voilà, tous, tous... Mais souvenez-vous que si mon amour est multiple, il demande aussi votre bonne volonté. Dès demain, vous allez faire un pas de plus dans votre vie de disciples. Mais ayez bien à l’esprit que chaque pas en avant est un honneur et une obligation. »

Détail

Jésus a baptisé Pierre d'un baiser, il embrasse Judas ensuite à sa demande et donne un baiser aux autres apôtres.

Annotation

La joie de ton Maître : il s'agit de Jean.

EMV 120.1.6 · Tome 2, p. 298 et 301-302

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La voix de Jésus retentit dans la pièce comble, parce qu’il pleut et que tout le monde s’y est réfugié. (...)

Jésus parle, appuyé à la crèche vide. Jean et les deux cousins, ainsi que Matthieu et Philippe, sont près de lui, tandis que Judas avec Pierre, Barthélemy, Jacques et André sont à la sortie et organisent l’entrée de ceux qui arrivent encore ; Thomas et Simon circulent parmi les gens, font taire les enfants, recueillent les oboles, écoutent les requêtes.

[Après avoir fait son discours, Jésus guérit quatre malades.]

L’émotion est à son comble. On crie, on bénit, on se bouscule pour voir, on tâche de sortir pour aller l’annoncer au village. Jésus est assailli de tous côtés.

Pierre voit qu’on l’écrase presque et s’écrie :

« Mes amis ! Ils étouffent le Maître ! Venez le dégager ! »

Et en jouant des coudes, et même en donnant quelques coups dans les tibias, les douze réussissent à faire de la place, à libérer Jésus et à l’amener à l’extérieur.

« Demain, c’est moi qui m’en occuperai, dit-il. Toi, tu seras à côté de la porte et les autres au fond. Ils t’ont fait du mal ?

– Non.

– Ils semblaient fous ! Quelles façons !

– Laisse-les faire. Ils étaient heureux… et moi avec eux. Allez baptiser ceux qui le demandent. Je rentre à la maison. Toi, Judas, avec Simon, donnez l’obole aux pauvres. Tout. Nous avons beaucoup plus qu’il ne faut pour des apôtres du Seigneur. Va, Pierre, va. Ne crains pas de trop faire. Je te justifie auprès du Père, puisque je te l’ordonne. Adieu, mes amis. »

Épuisé et en sueur, Jésus s’enferme alors dans la maison pendant que les disciples s’acquittent chacun de sa tâche auprès des pèlerins.

Détail

Jésus donne un discours à la Belle-Eau, à l'intérieur, car il pleut.

EMV 122.6.10 · Tome 2, p. 315 et 318

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Pendant que Jésus se dirige vers les malades, Barthélemy et Matthieu se rendent à la purification avec de nombreux pèlerins.

(...) Barthélemy et Matthieu reviennent avec ceux qu’ils ont baptisés.

Annotation

La purification est ici à considérer comme un baptême.

EMV 124.2-5 · Tome 2, p. 333-337

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Toi qui t’y connais en matière de temps, qu’en dis-tu ? Ça va durer longtemps comme ça ? demande à Pierre Judas, qui est tout changé depuis quelques jours.

– Maintenant, je peux te le dire. Je vais faire l’astrologue » dit Pierre.

Il va à la porte, l’entrouvre un peu plus, passe à l’extérieur la tête et une main. Puis il annonce :

« Vent faible du midi : chaleur et brouillard... Hum ! Il y a peu de... »

Pierre se tait, puis rentre doucement, laisse la porte entrebâillée, et guette.

« Qu’y a-t-il ? » demandent trois ou quatre disciples.

Mais, de la main, Pierre fait signe de se taire. Il regarde. Puis il murmure :

« C’est cette femme. Elle a bu de l’eau du puits et elle a pris un fagot resté dans la cour. Elle est trempée. Elle n’a sûrement pas chaud... Elle s’en va... Je la suis. Je veux voir... »

Il sort sans bruit.

« Mais où peut-elle demeurer pour être toujours près d’ici ? demande Thomas.

– Et rester ici par ce temps ! Ajoute Matthieu.

– Elle va certainement au village parce qu’avant-hier elle y achetait du pain, dit Barthélemy.

– Elle reste ainsi voilée avec une belle constance ! Constate Jacques, fils d’Alphée.

– Ou à cause de quelque motif sérieux, observe Thomas.

– Ce sera sûrement celle dont ce juif parlait hier ? demande Jean. Ils sont toujours si faux ! »

Jésus ne souffle mot, comme s’il était sourd. Tous le regardent, ils sont sûrs que lui, il sait. Mais il est en train de travailler avec un couteau sur un morceau de bois tendre, qui tout doucement se transforme en une grosse fourchette bien pratique pour sortir les légumes de l’eau bouillante. Quand il l’a achevée, il offre son travail à Thomas qui s’est donné complètement à son métier de cuisinier.

« Tu es vraiment habile, Maître. Mais... 124.3 nous diras-tu qui elle est ?

– Une âme. Pour moi, vous êtes tous des “ âmes ”. Rien d’autre. Hommes, femmes, vieillards, enfants, vous êtes des âmes, des âmes et encore des âmes. Les bébés sont des âmes pures, les enfants des âmes d’azur, les jeunes gens des âmes roses, les justes des âmes d’or, les pécheurs des âmes noires comme la poix. Mais tous sont seulement des âmes. Rien d’autre que des âmes. Et je souris aux âmes pures car il me semble sourire à des anges ; je me repose dans les fleurs de rose et d’azur des bons adolescents ; je me réjouis dans les âmes précieuses des justes ; je peine et je souffre pour rendre précieuses et lumineuses les âmes des pécheurs. Quant aux visages, aux corps, ils ne sont rien. C’est par vos âmes que je vous connais et vous reconnais.

– Et elle, quelle âme est-elle ? demande Thomas.

– Une âme moins curieuse que celle de mes amis, car elle ne s’enquiert pas, ne pose pas de questions, va et vient sans parler et sans regarder.

– Je croyais que c’était une femme de mauvaise vie ou une lépreuse, mais je me suis ravisé, car... Maître, si je te dis quelque chose, tu ne me feras pas de reproches ? »

Judas Iscariote pose cette question en allant s’asseoir par terre contre les genoux de Jésus, tout à fait changé, humble, bon, vraiment plus beau avec cet air modeste que lorsqu’il est le fier et orgueilleux Judas.

« Je ne te ferai pas de reproches. Parle.

– Je sais où elle habite. Je l’ai suivie un soir... en faisant semblant de sortir prendre de l’eau, car je me suis aperçu qu’elle vient au puits quand il fait sombre... Un matin, j’ai trouvé par terre une épingle à cheveux en argent... juste au bord du puits... et j’ai compris que c’était elle qui l’avait perdue. Eh bien, elle habite une petite cabane de bois dans la forêt. Peut-être ce réduit sert-il aux paysans. Il est pourtant à moitié pourri. Elle l’a couvert de branches en guise de toit. C’était peut-être pour cela qu’elle emportait le fagot. C’est une tanière. Je ne sais comment elle peut y rester. Elle serait bonne tout au plus pour un gros chien ou un tout petit âne. C’était un soir où il y avait clair de lune, et j’ai bien vu. La cabane est à moitié enfouie dans des ronces, mais vide à l’intérieur, et sans porte. Tout cela m’a détrompé et j’ai compris que ce n’était pas une femme de mauvaise vie.

– Tu ne devais pas le faire, mais, sois sincère, n’as-tu rien fait de plus ?

– Non, Maître. J’aurais voulu la voir parce que c’est depuis Jéricho que je la remarque et il me semble reconnaître sa démarche si légère quand elle se rend quelque part où elle a à faire. Sa personne aussi doit être souple... et belle. Oui, on le devine malgré tous ces vêtements... Mais je n’ai pas osé l’observer pendant qu’elle se couchait par terre. Peut-être a-t-elle quitté son voile. Mais je l’ai respectée... »

Jésus le regarde très fixement puis il dit :

« Et tu en as souffert. Mais tu as dit la vérité. Et moi, je te dis que je suis content de toi. Une autre fois, cela te coûtera encore moins d’être bon. En toute chose, c’est le premier pas qui coûte. Bravo, Judas ! » et il lui fait une caresse.

124.4 Pierre rentre :

« Mais, Maître, cette femme est folle ! Sais-tu où elle habite ? Presque sur la rive du fleuve dans une bicoque de bois sous un buisson. Il a peut-être servi autrefois à un pêcheur ou à un bûcheron... Qui sait ? Je n’aurais jamais pensé que dans cet endroit humide, dans un fossé, au milieu d’un amas de ronces, il y avait une pauvre femme. Et je lui ai dit : “ Parle et sois sincère. Es-tu lépreuse ? ” Elle m’a répondu dans un souffle : “ Non. ” “ Jure-le ”, ai-je dit. Elle a alors répondu : “ Je le jure. ” “ Fais attention, car si tu l’es et tu ne le dis pas, si tu viens près de la maison et que j’apprends que tu es impure, je te fais lapider. Mais si tu es poursuivie, si tu es voleuse ou meurtrière, et que tu restes ici par peur de nous, ne crains aucun mal. Maintenant, sors de là. Tu ne vois pas que tu es dans l’eau ? As-tu faim ? As-tu froid ? Tu trembles. Je suis âgé, tu le vois. Je ne te fais pas la cour. Agé et honnête. Ecoute-moi donc. ” Voilà ce que j’ai dit, mais elle n’a pas voulu venir. Nous allons la trouver morte, car elle est vraiment dans l’eau. »

Jésus est pensif. Il regarde les douze visages qui le regardent aussi. Puis il dit :

« Que devons-nous faire, à votre avis ?

– Mais, Maître, c’est à toi de décider.

– Non. Je veux que ce soit vous qui jugiez. C’est une situation où l’estime que l’on a de vous aussi est en cause. Et ce n’est pas à moi de faire pression sur votre droit à la protéger.

– Au nom de la miséricorde, moi je dis qu’on ne peut la laisser là » dit Simon.

Barthélemy ajoute :

« Je dirais de la mettre pour aujourd’hui dans la grande pièce. Les pèlerins n’y vont-ils pas ? Elle peut y aller, elle aussi.

– D’ailleurs, c’est une créature comme toutes les autres, ajoute André.

– Et puis, aujourd’hui, il ne vient personne, par conséquent..., constate Matthieu.

– Je proposerais de l’abriter aujourd’hui et d’en parler demain au régisseur. C’est un brave homme, dit Jude.

– Tu as raison, bravo ! Et il a bon nombre d’étables vides. Une étable, c’est toujours un palais royal en comparaison de cette espèce de barque défoncée ! S’exclame Pierre.

– Va le lui dire, alors, l’encourage Thomas.

– Les jeunes n’ont pas encore parlé, fait remarquer Jésus.

– Pour moi, tout ce que tu fais est bien » dit son cousin Jacques.

Quant à l’autre Jacques et son frère :

« Nous sommes d’accord.

– Je pense seulement au cas malheureux où quelque pharisien en serait informé, intervient Philippe.

– Oh ! même si nous partions dans les nuages, dit Judas, crois-tu qu’ils ne nous accuseraient pas ? Ils n’accusent pas Dieu parce qu’il est loin. Mais s’ils pouvaient être aussi prêts de lui qu’Abraham, Jacob et Moïse, ils lui feraient des reproches... Qui est exempt de fautes pour eux ?

– Alors, allez lui dire de venir s’abriter dans le logement des pèlerins. Toi, Pierre, vas-y avec Simon et Barthélemy. Vous êtes âgés et ferez moins d’impression à la femme. Et dites-lui que nous lui donnerons une nourriture chaude et un vêtement sec. C’est celui qu’a laissé Isaac. Vous voyez que tout sert, même un vêtement de femme donné à un homme... »

Les jeunes rient parce qu’il doit y avoir eu quelque amusante plaisanterie à propos de l’habit en question.

Les trois plus âgés partent... et reviennent peu de temps après.

« Elle ne voulait pas... mais elle a fini par venir. Nous lui avons juré que nous ne la dérangerions jamais. Maintenant, je lui porte de la paille et le vêtement. Donne-moi des légumes et un pain. Elle n’a rien à manger aujourd’hui. En fait... qui va en tournée sous un tel déluge ? »

Le brave Pierre sort avec ses trésors.

124.5 « Et maintenant, dit Jésus, cet ordre vaut pour tous : on ne va à son logement pour aucun motif. Demain nous pourvoirons. Habituez-vous à faire le bien pour le bien, sans curiosité, sans désirer à ce propos une distraction, ni pour toute autre raison. Vous voyez ? Vous vous plaigniez de ne rien faire d’utile aujourd’hui. Nous avons aimé notre prochain : que pouvions-nous faire de plus grand ? Si c’est une malheureuse – et cela est certain –, notre aide ne peut-elle lui apporter un réconfort, une chaleur, une protection bien plus profonde que ce peu de nourriture, ce pauvre vêtement, ce toit sûr que nous lui avons procuré ? Si c’est une coupable, une pécheresse, un être qui cherche Dieu, notre amour ne sera-t-il pas le plus bel enseignement, la parole la plus puissante, l’indication la plus nette pour la mettre sur le chemin de Dieu ? »

Pierre entre tout doucement et écoute son Maître.

« Voyez, mes amis : il y a beaucoup de maîtres en Israël et ils parlent, ils parlent... Or les âmes restent telles qu’elles sont. Pourquoi ? Parce que les âmes entendent les paroles des maîtres, mais ne voient pas leurs actes. Alors l’un détruit l’autre, et les âmes restent là où elles en étaient, si encore elles ne reviennent pas en arrière. Mais quand un maître fait ce qu’il dit et agit saintement en toute chose, même s’il ne fait que des actes matériels comme donner un pain, un vêtement, un logement à la chair souffrante de son prochain, il arrive à faire progresser les âmes et à les mener jusqu’à Dieu. Ce sont en effet ses propres actes qui annoncent à ses frères : “ Il y a un Dieu, et Dieu est ici. ” Ah, l’amour ! En vérité, je vous dis que celui qui aime se rachète lui-même et sauve les autres.

– Tu as raison, Maître. Cette femme m’a dit : “ Béni soit le Sauveur et celui qui l’a envoyé, et vous tous avec lui. ” Elle a voulu me baiser les pieds, au pauvre homme que je suis, et elle pleurait derrière son voile épais... Enfin !... Espérons qu’il ne va pas arriver quelque engoulevent de Jérusalem... Sinon, qui leur échappera ?

– Notre conscience nous sauve du jugement de notre Père. Cela suffit » dit Jésus.

Et il s’assied à table après avoir béni et offert la nourriture.

Tout prend fin.

Détail

Les apôtres découvrent que la femme voilée est dans un abri très précaire. Ils veulent en prendre soin. Ils décident donc de lui donner un abri, après que chacun se soit exprimé sur le sujet (en 124.3). Jésus donne alors une leçon sur les âmes et l'amour du prochain.

EMV 129.1 · Tome 2, p. 365-366

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

129.1 Jésus se trouve aujourd’hui avec les neuf qui sont restés, puisque les trois autres sont partis pour Jérusalem. Thomas, toujours gai, se partage entre ses légumes et ses autres charges plus spirituelles. Pendant ce temps, Pierre, Philippe, Barthélemy et Matthieu s’occupent des pèlerins et les autres vont au fleuve pour baptiser. C’est vraiment un baptême de pénitence, avec la bise qui souffle !

Jésus est encore dans son coin à la cuisine pendant que Thomas s’active en silence pour laisser en paix le Maître. A cet instant André entre et dit :

« Maître, il y a un malade. A mon avis, ce serait bien de le guérir tout de suite parce que… Comme ils ne sont pas juifs, ils disent qu’il est fou, mais nous dirions, nous, qu’il est possédé. Il crie, il braille, il se débat. Viens le voir, toi.

– Tout de suite. Où est-il ?

– Il est encore dans la plaine. Entends-tu ces hurlements ? C’est lui. On dirait une bête, mais c’est lui. Il doit être riche, car celui qui l’accompagne est bien vêtu, et le malade a été descendu d’un char très luxueux et par plusieurs serviteurs. Ce doit être un païen car il blasphème les dieux de l’Olympe.

– Allons-y.

– Je viens voir aussi » dit Thomas, plus curieux de voir que préoccupé de ses légumes.

Ils sortent et, au lieu de prendre la direction du fleuve, ils tournent du côté des champs qui séparent cette ferme (ainsi dirions-nous) de la maison du régisseur.

Des brebis broutaient dans un pré mais, apeurées, elles se sont maintenant éparpillées de tous côtés. Des bergers et un chien – c’est le second qui se présente dans mes visions – ont vainement essayé de les rassembler. Au milieu du pré, il y a un homme que l’on tient solidement attaché et qui, malgré cela, bondit comme un forcené. Il pousse des cris effrayants, toujours plus forts à mesure que Jésus s’approche de lui.

Pierre, Philippe, Matthieu et Nathanaël sont tout près, perplexes. Il y a aussi des gens : des hommes, car les femmes ont peur.

« Tu es venu, Maître ? Tu vois cette furie ? dit Pierre.

– Ça va passer.

– Mais… il est païen, le sais-tu ?

– Quelle importance cela peut-il avoir ?

– Eh bien… à cause de son âme !… »

Jésus a un bref sourire et s’avance. Il rejoint le groupe du fou qui s’agite de plus en plus.

Détail

Judas, Jean, et Simon le Zélote sont partis à Jérusalem, suite à la demande de l'Iscariote (en EMV 128.5). Pierre est face à un possédé, et il ne peut s'empêcher d'avoir des préjugés face à ce Romain.

EMV 130.1-2 · Tome 2, p. 373-375

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

130.1 « Quel monde ! » s’exclame Matthieu.

Pierre ajoute :

« Regarde ! Il y a même des Galiléens... Aïe ! Aïe ! Allons le dire au Maître. Ce sont trois honorables brigands !

– Ils viennent pour moi, peut-être. Ils me poursuivent même ici...

– Non, Matthieu. Le requin ne mange pas le menu fretin. C’est l’homme qu’il veut, une proie noble. C’est seulement s’il ne la trouve pas qu’il happe un gros poisson. Mais toi, moi, les autres, nous sommes du menu fretin... une proie sans importance.

– Pour le Maître, tu dis ? demande Matthieu.

– Pour qui, sinon ? Tu ne vois pas comme ils regardent de tous côtés ? On dirait des fauves qui flairent les traces de la gazelle.

– Je vais l’avertir...

– Attends ! Prévenons les fils d’Alphée. Lui, il est trop bon. C’est de la bonté gâchée quand elle tombe dans ces gueules-là.

– Tu as raison. »

Les deux hommes se rendent au fleuve et appellent Jacques et Jude.

« Venez. Il y a des types... du gibier de potence. Ils viennent sûrement importuner le Maître.

– Allons voir. Lui, où est-il ?

– Encore dans la cuisine. Dépêchons-nous car, s’il s’en aperçoit, il ne l’acceptera pas.

– Oui, et il a tort.

– Moi aussi, je suis de cet avis. »

Ils retournent dans la cour. Le groupe indiqué comme « galiléen » parle avec condescendance aux autres gens. Jude s’approche comme par hasard. Et il entend :

« ...des paroles doivent s’appuyer sur des faits.

– Et lui les accomplit. Hier encore, il a guéri un Romain possédé ! Réplique un robuste homme du peuple.

– Quelle horreur ! Guérir un païen ! Quel scandale ! Tu entends, Elie ?

– Toutes les fautes sont en lui : il a les publicains et les prostituées pour amis, il a des relations avec les païens et...

– Et il endure les médisants. Cela aussi est une faute, à mes yeux, la plus grave. Mais puisqu’il ne sait pas, ne veut pas se défendre lui-même, parlez avec moi. Je suis son frère aîné, et celui-ci un frère encore plus âgé. Parlez.

– Mais pourquoi prends-tu la mouche ? Tu crois que nous parlions mal du Messie ? Mais non ! Nous sommes venus de très loin, attirés par sa renommée. C’est ce que nous disions à ces gens-là...

– Menteur ! Tu me dégoûtes tellement que je te tourne le dos. »

Et Jude, sentant peut-être en péril sa charité envers les ennemis, s’en va.

« Est-ce que ce n’est pas vrai ? Dites-le, vous tous... »

Mais « vous tous », c’est-à-dire ceux avec qui parlaient ces Galiléens, gardent le silence. Ils ne veulent pas mentir et n’osent pas les contredire. Alors ils restent silencieux.

« Nous ne savons pas même comment il est... dit le Galiléen Elie.

– Tu ne l’as pas insulté chez moi, peut-être ? demande Matthieu ironiquement. Est-ce que la maladie t’a fait perdre la mémoire ? »

Le “ galiléen ” prend son manteau et s’en va avec les autres sans répondre.

« Lâche ! Crie Pierre derrière son dos.

130.2 – Ils voulaient nous dire sur lui des choses infernales..., explique un homme. Mais nous, nous avons vu les faits. Et nous savons aussi qui sont les pharisiens. Qui croire, par conséquent ? L’homme bon qui est vraiment bon, ou les méchants qui se prétendent bons mais ne sont qu’un fléau ? Je sais que, depuis que je vais vers lui, je ne me reconnais plus tellement j’ai changé. J’étais violent, dur envers ma femme et mes enfants, sans respect pour mes voisins, mais maintenant... Tout le monde le dit dans le village : “ Azarias n’est plus le même. ” Et alors ? A-t-on jamais entendu dire qu’un démon rend les gens bons ? Pour quoi travaille-t-il alors ? Pour notre sainteté ? Oh ! C’est vraiment un suppôt de Satan bizarre s’il travaille pour le Seigneur !

– Tu parles bien, homme. Que Dieu te protège, car tu sais bien comprendre, bien voir, bien agir. Continue comme ça et tu deviendras un vrai disciple du Messie béni, une joie pour lui qui veut votre bien et qui supporte tout pour vous y amener. Ne vous scandalisez que du mal véritable. Mais quand vous voyez que c’est au nom de Dieu que le Maître agit, ne vous scandalisez pas et ne croyez pas ceux qui voudraient vous faire croire au scandale, même s’il s’agit de choses nouvelles. Voici le temps nouveau. C’est comme une fleur qui va naître sur une racine qui travaille depuis des siècles : et ce temps est venu. S’il n’avait pas été précédé par des siècles d’attente, nous n’aurions pas pu comprendre sa parole. Mais des siècles d’obéissance à la Loi du Sinaï nous ont donné le minimum de préparation pour nous permettre, en ces temps nouveaux – fleur divine que la Bonté nous a accordé de voir –, d’en aspirer tous les parfums et tous les sucs pour nous purifier, nous fortifier, et nous parfumer de sainteté comme un autel. Puisque ce temps est nouveau, il a de nouvelles méthodes qui ne sont pas opposées à la Loi, mais toutes pénétrées de miséricorde et de charité, parce qu’il est la Miséricorde et l’Amour descendus du Ciel. »

Annotation

"Tu ne l’as pas insulté chez moi, peut-être ?" c'est-à-dire dans l'EMV 97.

Je sais que, depuis que je vais vers lui, je ne me reconnais plus tellement j’ai changé. J’étais violent, dur envers ma femme et mes enfants, sans respect pour mes voisins, mais maintenant... Tout le monde le dit dans le village : “ Azarias n’est plus le même. ” Il s'agit peut-être du même Azarias qu'en EMV 97.

EMV 132.7 · Tome 2, p. 391

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Parfois des gens me questionnent, et je ne sais que dire... Les autres savent comment parler. Je veux dire tes frères et Simon, Barthélemy et aussi Judas. Et... oui, Thomas aussi sait parler... on dirait quelqu’un qui fait de la réclame au marché... pour vendre sa marchandise. Mais il arrive à parler... Matthieu... lui aussi se débrouille bien ! Il déploie l’ancien savoir-faire dont il usait pour plumer les gens à son comptoir de gabelle, pour forcer les autres à dire : “ Tu as raison. ” Mais moi !... Pauvre Simon, fils de Jonas ! Qu’est-ce que les poissons ont bien pu t’enseigner ? Et le lac ? Deux choses... mais qui ne servent pas : les poissons à me taire et à être constant : leur constance à échapper au filet et pour moi la constance à les y mettre. Le lac, à être courageux et à avoir l’oeil à tout. Et la barque ? A trimer sans épargner mes muscles, à rester debout même si les eaux sont agitées et si on risque de tomber. L’oeil sur l’étoile polaire, les mains fermes à la barre, force, courage, constance, attention, voilà ce que m’a enseigné ma pauvre vie... »

Détail

Pierre évoque les qualités oratoires des apôtres.

EMV 136.5-6 · Tome 2, p. 421-422

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Pierre s'exclame : « Ah ! écoutez, mes amis. Nous ne savons pas grand-chose et nous sommes mal renseignés. Nous avons entendu parler d’anges, de crèche, de troupeaux, de Bethléem... Et nous savons qu’il est galiléen et charpentier... Il n’est pas juste que nous ne soyons pas au courant, nous ! J’ai questionné le Maître à la Belle Eau... mais ensuite on a parlé d’autre chose. Celui-ci, qui sait, ne m’a rien dit... Oui, c’est à toi que je parle, Jean, fils de Zébédée. Tu as un beau respect pour moi qui suis âgé ! Tu gardes tout pour toi et tu me laisses grandir comme un disciple borné. Ne le suis-je pas déjà trop ? »

On rit de l’indignation de Pierre, mais lui se tourne vers son Maître :

« Ils rient, mais c’est moi qui ai raison » et puis, s’adressant à Barthélemy, Philippe, Matthieu, Thomas, Jacques et André :

« Allons, dites-le, vous aussi. Protestez avec moi ! Pourquoi ne savons-nous rien, nous ?

– Vraiment... Où étiez-vous à la mort de Jonas ? Et où étiez-vous sur le mont Liban ?

– Tu as raison, mais pour Jonas, moi, du moins, j’ai cru que c’était un délire de mourant, et sur le mont Liban... j’étais fatigué et endormi. Pardonne-moi, Maître, mais c’est la vérité.

– Et ce sera vrai de tant de monde ! Le monde de ceux qui, bien qu’ayant été évangélisés, répondront souvent au Juge éternel, pour excuser leur ignorance malgré l’enseignement de mes apôtres, ce que tu viens de dire : “ Je croyais que c’était du délire... J’étais fatigué et endormi. ” Et souvent ils n’admettront pas la vérité car ils la prendront pour du délire ou ne s’en souviendront pas en raison d’une fatigue due à trop de choses inutiles, passagères, coupables même. Or, une seule chose est nécessaire : connaître Dieu.

– Eh bien ! Maintenant que tu nous as dit ce que nous méritons, raconte-nous les choses telles qu’elles se sont passées... A ton Pierre ! Ensuite, je le dirai aux gens. Sinon... je te l’ai dit : de quoi puis-je leur parler ? Le passé, je l’ignore, les prophéties et le Livre, je ne sais pas les expliquer, l’avenir... ah ! Pauvre de moi ! Qu’est-ce que je vais annoncer, alors ?

– Oui, Maître. Que, nous aussi, nous sachions... Nous savons que tu es le Messie et nous le croyons. Mais, au moins, pour mon compte, j’ai eu du mal à admettre que de Nazareth il pouvait sortir quelque chose de bon... Pourquoi ne nous as-tu pas fait connaître tout de suite ton passé ? dit Barthélemy.

– Pour éprouver ta foi et la luminosité de ton âme.

136.6 Mais maintenant je vais vous parler, bien plus : nous allons vous parler de mon passé. Je raconterai même ce que les bergers ne savent pas, et eux diront ce qu’ils ont vu. Ainsi vous connaîtrez l’aube du Christ.

Détail

Pierre demande à connaître tout l'Évangile de l'Enfance, alors qu'il est à Béthanie, chez Lazare, en compagnie des Bergers, de Jésus et des apôtres. L'ignorance des pécheurs

EMV 136.11 · Tome 2, p. 428-429

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

136.11 – Je veux me rappeler tout cela, mais le pourrai-je ? dit Pierre.

– Sois tranquille, Simon. Demain, je me le fais répéter par les bergers, tranquillement... Dans le verger. Une, deux, trois fois s’il le faut. J’ai une bonne mémoire. Je l’ai développée à mon comptoir et j’en garderai le souvenir pour tout le monde. Quand tu voudras, je pourrai te répéter tout. Je ne tenais pas de comptes à Capharnaüm, et pourtant..., dit Matthieu.

– Oh ! Non, tu ne te trompais pas d’un didrachme !... Je m’en souviens... Parfaitement ! Je te pardonne le passé, et de tout coeur, si tu te rappelles ce récit... et si tu me le répètes souvent. Je veux qu’il m’entre dans le coeur comme dans celui des bergers... comme en Jonas... Oh ! Mourir en prononçant son nom !... »

Jésus regarde Pierre et sourit. Puis il se lève et embrasse sa tête grisonnante.

« Pourquoi, Maître, me donnes-tu ce baiser ?

– Parce que tu as été prophète. Tu mourras en prononçant mon nom. J’ai embrassé l’Esprit qui parlait en toi. »

Détail

Jésus et les bergers viennent de raconter tout l'Évangile de l'Enfance.