Aller au contenu

Notes du thème

Païens (Romains, Grecs et autres)

Page 2 sur 6

Confort de lecture

Aa

EMV 109.13-14 · Tome 2, p. 224-226

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

109.13 Jésus ne s’occupe que de Jonas. Il cherche les sentiers les moins mauvais, ceux qui sont en meilleur état, jusqu’à ce qu’ils arrivent à un carrefour près des champs de Yokhanan. Les quatre paysans accourent pour saluer leur ami qui s’en va et Jésus qui les bénit.

Mais le chemin est long d’Esdrelon à Nazareth, et ils ne peuvent aller bien vite avec leur charge pitoyable. Le long de la grande route, pas un char, pas un charreton. Rien. Ils marchent en silence. Jonas semble dormir. Mais sa main ne quitte pas la main de Jésus.

Vers le soir, un char militaire romain les rejoint.

« Au nom de Dieu, arrêtez-vous » dit Jésus en levant la main.

Les deux soldats s’arrêtent. De sous la capote du char qui est tirée parce qu’il commence à pleuvoir, un gradé à l’air bien solennel sort la tête.

« Que veux-tu ? demande-t-il à Jésus.

– J’ai un ami qui se meurt. Je te demande une place pour lui sur le char.

– On ne devrait pas... mais... monte. Nous ne sommes pas des chiens, non plus, nous autres. »

On hisse le brancard.

« C’est ton ami ? Qui es-tu ?

– Le rabbin Jésus de Nazareth.

– Toi ? Oh !... »

Le gradé le regarde curieusement.

« Si c’est toi, alors... montez aussi nombreux que vous le pouvez. Il suffit qu’on ne vous voie pas.... C’est la consigne... mais, au-dessus de la consigne, il y a l’humanité, pas vrai ? Or toi, tu es bon. Je le sais. Eh ! Nous autres, soldats, nous savons tout... Comment je le sais ? Même les pierres parlent en bien ou en mal, et nous avons des oreilles pour les entendre pour servir César. Tu n’es pas un faux Christ comme les autres d’auparavant, qui étaient séditieux et rebelles. Tu es bon. Rome le sait. Cet homme... est très malade.

– C’est pour cela que je le conduis chez ma mère.

– Hum ! Elle n’aura pas longtemps à le soigner ! Donne-lui un peu de vin. Il y en a dans cette gourde. Quant à toi, Aquila, fouette les chevaux, et toi, Quintus, donne-moi la ration de miel et de beurre. Elle est à moi, mais elle lui fera du bien. Il tousse beaucoup, et le miel est bon pour la toux.

– Tu es bon.

– Non, je suis moins mauvais que beaucoup. Et je suis heureux de t’avoir auprès de moi. 109.14 Souviens-toi de Publius Quintilianus de la légion italique. Je suis à Césarée, mais maintenant, je vais à Ptolémaïs. Ordre d’inspection.

– Tu ne t’opposes pas à moi.

– Moi ? Je suis l’ennemi des méchants, jamais des bons. Et je voudrais être bon, moi aussi. Dis-moi : pour nous, hommes d’armes, quelle doctrine prêches-tu ?

– Il n’y a qu’une doctrine, la même pour tous. Justice, honnêteté, continence, pitié. Exercer son métier sans abuser. Même dans la dure nécessité du métier des armes, respecter l’humanité. Et chercher à connaître la Vérité, c’est-à-dire Dieu, unique et éternel car, sans cette connaissance, tout acte est privé de grâce et donc de récompense éternelle.

– Mais, à ma mort, qu’en sera-t-il du bien que j’ai fait ?

– Celui qui vient au Dieu vrai retrouve ce bien dans l’autre vie.

– Je nais une seconde fois ? Je deviens tribun, ou même empereur ?

– Non, tu deviens semblable à Dieu en t’unissant à son éternelle béatitude dans le Ciel.

– Comment ? Moi, dans l’Olympe, parmi les dieux ?

– Il n’y a pas plusieurs dieux. Il n’y a que le Dieu vrai, celui que je prêche, celui qui t’entend et remarque ta bonté et ton désir de connaître le bien.

– Cela me plaît ! Je ne savais pas que Dieu pouvait s’occuper d’un pauvre soldat païen.

– C’est lui qui t’a créé, Publius, c’est pourquoi il t’aime et te voudrait avec lui.

– Eh... pourquoi pas ? Mais... personne ne nous parle de Dieu... jamais...

– Je viendrai à Césarée et tu m’entendras.

– Oh oui ! Je viendrai t’écouter. Nous voici à Nazareth. Je voudrais te rendre encore service. Mais si on me voit...

– Je descends et te bénis pour ta bonté.

– Salut, Maître.

– Que le Seigneur se manifeste à vous, soldats. Adieu. »

Détail

Jésus est parti chercher Jonas. Celui-ci est trop faible pour marcher et est porté sur un lit de fortune. Ils vont à Nazareth et le Christ ne s'occupe que de son ami.

EMV 110.4 · Tome 2, p. 230

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

110.4 – Il pleut, Maître. Qu’allons-nous faire ? Où aller ? »

En effet, sur le lac assombri sous un ciel maintenant tout couvert de nuages couleur de plomb, tombent et rebondissent les premières gouttes d’une pluie qui menace de devenir plus violente.

« Dans quelque maison, nous demanderons abri au nom de Dieu.

– Espérons que nous trouverons des gens aussi bons que ce Romain. Je ne les croyais pas comme ça... Je les avais toujours évités comme impurs, et je vois que... oui, tout compte fait, ils valent mieux que beaucoup d’entre nous, dit Pierre.

– Les Romains te plaisent ? demande Jésus.

– Eh bien... je ne les trouve pas pires que nous. Seulement, ce sont des samaritains... »

Jésus sourit sans rien dire.

EMV 115 · Tome 2, p. 257-262

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Détail

Jésus est dans le Temple de Jérusalem. Il prie. Mais survient Alexandre, le soldat romain qu'il a déjà rencontré. Son cheval a blessé un enfant et celui-ci est à l'agonie, alors, il vient chercher le Maître, car il est sûr que celui-ci peut sauver cet innocent. Sa venue fait scandale, parce qu'un païen dans le Temple, c'est très grave aux yeux des pharisiens. Jésus va donc directement à sa rencontre et il guérit le petit. Les docteurs de la Loi lui reprochent alors toute l'agitation qu'il cause dans le lieu saint...

EMV 115.1-5 · Tome 2, p. 257-263

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

115.1 Je vois l’intérieur du Temple. Jésus et ses disciples se tiennent près du Temple proprement dit, à savoir aux abords du Lieu saint où seuls les prêtres peuvent entrer. C’est une très belle cour à laquelle on accède par un atrium ; par un autre, encore plus richement décoré, on passe à la haute terrasse sur laquelle se trouve le cube du Saint.

C’est inutile ! J’aurais beau avoir vu mille fois et décrit deux mille fois le Temple, ma description de cet endroit somptueux, un vrai labyrinthe, sera toujours incomplète, tant en raison de la complexité du lieu qu’à cause de mon ignorance des termes et de mon incapacité à en établir un plan...

A ce qu’il me semble, ils sont en prière. Il y a beaucoup d’autres juifs, des hommes seulement, qui prient chacun pour son compte. C’est le soir précoce d’une sombre journée de novembre.

Un brouhaha dans lequel retentit la voix de stentor mais inquiète d’un homme qui jure aussi en latin, se mêle aux vociférations stridentes et aiguës de juifs. Cela ressemble au tumulte d’une rixe et une femme crie sur un ton perçant :

« Ah ! Laissez-le aller. Il dit que lui, il le sauvera. »

Le recueillement de la somptueuse cour est rompu. Beaucoup de têtes se tournent vers l’endroit d’où arrivent les voix. Judas, qui se trouve là avec les disciples, se retourne lui aussi. Sa haute taille lui permet de voir et il dit :

« C’est un soldat romain qui se débat pour entrer ! Il viole, il a déjà violé le Lieu saint ! Quelle horreur ! »

Beaucoup lui font écho.

« Laissez-moi passer, chiens de juifs ! Jésus est ici. Je le sais ! C’est lui que je veux ! Je n’ai que faire de vos pierres stupides. L’enfant meurt et lui, il le sauvera. Fichez-moi le camp, hyènes hypocrites... »

Lorsque Jésus comprend que c’est lui qu’on demande, il se dirige aussitôt vers l’atrium sous lequel a lieu ce remue-ménage. A peine arrivé, il s’écrie :

« Paix et respect à ce lieu et à l’heure de l’offrande.

– Oh ! Jésus ! Salut ! Je suis Alexandre. Ecartez-vous, chiens ! »

Ce à quoi Jésus répond paisiblement :

« Oui, écartez-vous. Je conduirai ailleurs le païen qui ignore ce qu’est ce lieu pour nous. »

Le cercle se fend et Jésus rejoint le soldat dont la cuirasse est ensanglantée.

« Tu es blessé ? Viens. On ne peut pas rester ici. » Et il le conduit plus loin en passant par l’autre cour.

« Ce n’est pas moi qui suis blessé, c’est un enfant... Mon cheval, près de l’Antonia, m’a échappé et l’a renversé. Les sabots lui ont ouvert la tête. Procule a dit : “ Il n’y a plus rien à faire ! ” Moi... ce n’est pas ma faute... mais c’est par moi que c’est arrivé et sa mère est désespérée. Je t’avais vu passer... venir ici... J’ai dit : “ Le médecin n’y peut rien, mais lui, si. ” J’ai ajouté : “ Femme, viens. Jésus le guérira. ” Ces idiots m’ont retenu... peut-être l’enfant est-il mort.

– Où est-il ? demande Jésus.

– Sous ce portique, sur le sein de sa mère, répond le soldat que j’ai déjà vu à la Porte des Poissons.

– Allons-y. »

Jésus hâte le pas, suivi des siens et d’un cortège de gens.

115.2 Sur les marches, à l’entrée du portique, adossée à une colonne, se tient une femme déchirée par la douleur qui pleure sur son enfant mourant. Ce dernier a le teint terreux, les lèvres violacées à demi ouvertes par le râle caractéristique de ceux qui ont une blessure au cerveau. Une bande lui enserre la tête, rouge de sang sur la nuque et sur le front.

« Il a la tête ouverte, devant et derrière. On voit le cerveau. C’est tendre, la tête à cet âge, et le cheval était fort et venait d’être ferré » explique Alexandre.

Jésus se tient auprès de la femme qui, elle non plus, ne parle pas ; elle est à l’agonie elle aussi, près de son fils mourant. Il lui pose la main sur la tête.

« Ne pleure pas, femme, dit Jésus avec toute la douceur dont il est empreint, une douceur infinie. Aie foi. Donne-moi ton petit. »

La femme le regarde, hébétée. La foule s’en prend aux Romains et plaint le mourant et sa mère. Alexandre se débat entre les sentiments de colère que lui font éprouver ces accusations injustes, de pitié et d’espoir.

Jésus s’assied à côté de la femme quand il se rend compte qu’elle ne peut plus faire un geste. Il se penche, prend dans ses longues mains la petite tête blessée, se penche encore davantage, s’ap­proche du minois de cire, souffle sur la petite bouche qui râle... Un instant se passe. Puis il a un sourire que l’on voit à peine à travers les mèches de cheveux qui pendent sur le front. Il se redresse. L’enfant ouvre les yeux et essaie de s’asseoir. Sa mère craint que ce ne soit son suprême effort et hurle en le tenant sur son coeur.

« Laisse-le aller, femme. Mon enfant, viens vers moi » dit Jésus – toujours assis à côté de la femme – en lui tendant les bras avec un sourire. Rassuré, l’enfant se jette dans ses bras. Il pleure non pas de douleur, mais sous l’effet de la peur que lui rappelle le souvenir de la scène.

« Il n’y a plus de cheval. Il n’y en a plus, dit Jésus pour le rassurer. Tout est fini. Ça te fait encore mal ici ?

– Non. Mais j’ai peur, j’ai peur !

– Tu le vois, femme, il n’y a plus que de la peur, mais elle est en train de passer. Apportez-moi de l’eau. Le sang et la bande l’impressionnent. Donne-moi l’une de tes pommes, Jean... Prends, mon petit. Mange. C’est bon... »

On apporte de l’eau. C’est même le soldat Alexandre qui l’apporte, dans son casque. Jésus s’apprête à détacher la bande.

Alexandre et la mère disent :

« Non ! Il revient bien à la vie... mais sa tête est ouverte ! »

Jésus sourit et enlève la bande. Un tour, deux, trois, huit tours. Il retire le linge ensanglanté. Du milieu du front à la nuque, à droite, il y a un seul caillot de sang encore mou dans les cheveux du bambin. Jésus trempe une bande et lave.

« Mais au-dessous il y a la blessure... si tu enlèves le caillot, elle va se remettre à saigner » insiste Alexandre.

La mère ferme les yeux pour ne pas voir.

Jésus lave à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le caillot se détache... voici les cheveux nettoyés. Ils sont humides, mais au-dessous il n’y a pas de blessure. Le front aussi est guéri. Il reste juste une petite marque rouge là où la cicatrice s’est formée.

Les gens crient de stupeur. La femme ose regarder et, quand elle voit, elle ne se retient plus. Elle s’écroule sur Jésus, l’embrasse en même temps que son enfant, et pleure. Jésus supporte cet épanchement et cette pluie de larmes.

« Je te remercie, Jésus, dit Alexandre. Je souffrais d’avoir tué cet innocent.

– Tu as fait preuve de bonté et de confiance. Adieu, Alexandre. Retourne à ton service. »

115.3 Alexandre est sur le point de s’en aller lorsque arrive tout à coup un vrai cyclone d’officiers du Temple et de prêtres.

« Le grand-prêtre t’intime, par notre intermédiaire, de sortir du Temple, toi et le païen profanateur. Et tout de suite ! Vous avez troublé l’offrande de l’encens. Cet homme a pénétré dans un lieu réservé à Israël. Ce n’est pas la première fois qu’à cause de toi, le Temple est en rumeur. Le grand-prêtre, et avec lui les Anciens de service, t’ordonnent de ne plus remettre les pieds ici, à l’intérieur. Va et reste avec tes païens.

– Nous ne sommes pas des chiens, nous non plus. C’est lui qui le dit : “ Il n’y a qu’un seul Dieu qui a créé les juifs et les Romains. ” Si donc c’est sa Maison et si je suis sa créature, je peux y entrer moi aussi, répond Alexandre, blessé par le mépris avec lequel les prêtres prononcent le mot de “ païens ”.

– Tais-toi, Alexandre. Je vais parler » intervient Jésus qui, après avoir donné un baiser à l’enfant, l’a rendu à sa mère et s’est levé.

Il dit au groupe qui vient le chasser :

« Personne ne peut défendre à un fidèle, à un vrai israélite dont personne ne peut prouver qu’il est en état de péché, de prier près du Saint.

– Mais d’expliquer la Loi dans le Temple, oui. Tu en as pris le droit sans l’avoir et sans le demander. Qui es-tu ? Qui te connaît ? Comment usurpes-tu un nom et une place qui ne t’appartiennent pas ? »

115.4 Jésus leur lance un de ces regards ! Puis-il dit :

« Judas de Kérioth, approche. »

Judas ne paraît pas enthousiasmé par cette invitation. Il avait cherché à s’éclipser dès la venue des prêtres et des officiers du Temple (ils n’ont pas une tenue militaire, il doit s’agir d’une charge civile). Mais il lui faut obéir car Pierre et Jude le poussent en avant.

« Judas, réponds, dit Jésus. Et vous, regardez-le. Vous le connaissez. Il est du Temple. Le connaissez-vous ? »

Ils sont bien obligés de répondre oui.

« Judas, qu’est-ce que je t’ai fait faire quand j’ai parlé ici la première fois ? Raconte ton étonnement et comment j’y ai répondu. Parle et sois franc.

– Il m’a dit : “ Appelle l’officier de service pour que je puisse lui demander la permission de faire l’instruction. ” Il s’est nommé et a donné des preuves de son identité et de sa tribu... Moi, j’en étais étonné, car je jugeais qu’il s’agissait d’une formalité inutile puisqu’il dit être le Messie. Alors il m’a dit : “ Ce que je fais est nécessaire et, quand l’heure sera venue, rappelle-toi que je n’ai manqué de respect ni au Temple ni à ses officiers. ” Oui. C’est bien ce qu’il a dit. Par respect pour la vérité, je dois le dire. »

Judas, au début, parlait sans beaucoup d’assurance, comme si la chose l’ennuyait. Mais ensuite, par l’effet de ces brusques revirements qui lui sont propres, il a pris de l’aplomb, au point d’en devenir presque arrogant.

« Je suis surpris que tu le défendes. Tu as trahi la confiance que nous avions en toi, reproche un prêtre à Judas.

– Je n’ai trahi personne. Combien parmi vous appartiennent à Jean-Baptiste ! Sont-ils traîtres pour autant ? Moi, j’appartiens au Christ, voilà tout.

– Eh bien, il ne doit pas parler ici. Qu’il vienne comme fidèle. C’est déjà trop pour un ami des païens, des prostituées, des publicains...

– Répondez-moi, maintenant, dit Jésus sévère mais calme. Quels sont les Anciens de service ?

– Doras et Félix, des juifs. Joachim de Capharnaüm et Joseph d’Iturée.

– J’ai compris. Allons. Rapportez aux trois accusateurs – car Joseph d’Iturée n’a pu en faire partie – que le Temple n’est pas tout Israël et qu’Israël n’est pas le monde entier. Que la bave des serpents, pour très venimeuse qu’elle soit, ne submergera pas la Voix de Dieu, et que son venin ne paralysera pas mes allées et venues parmi les hommes, tant que l’heure ne sera pas venue. Et puis... dites-leur bien qu’ensuite les hommes feront justice des bourreaux et exalteront la Victime en faisant d’elle leur unique amour. Allez. Quant à nous, partons. »

Jésus revêt son lourd manteau foncé et sort, accompagné de ses disciples.

115.5 Ils sont suivis par Alexandre qui a assisté à la discussion ; en dehors de l’enceinte, près de la Tour Antonia, il dit :

« Je te salue, Maître. Et je te demande pardon d’avoir été pour toi une cause de réprimande.

– Ne t’en afflige pas ! Ils cherchaient un prétexte. Ils l’ont trouvé. Si ce n’avait pas été toi, c’en aurait été un autre... Vous, à Rome, vous faites des jeux au Cirque avec des fauves et des serpents, n’est-ce pas ? Eh bien, je t’affirme qu’il n’y a pas de fauve plus féroce et plus perfide que l’homme qui veut en tuer un autre.

– Et moi, je t’affirme qu’au service de César j’ai parcouru toutes les régions romaines. Mais jamais, à l’occasion de milliers de rencontres, je n’ai trouvé quelqu’un de plus divin que toi. Non, nos dieux ne sont pas aussi divins que toi ! Ils sont vindicatifs, cruels, bagarreurs, menteurs. Toi, tu es bon. Tu es vraiment un Homme, mais qui n’est pas seulement homme. Salut, Maître.

– Adieu, Alexandre. Avance dans la Lumière. »

Tout prend fin.

EMV 115.2 · Tome 2, p. 258

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Ce n’est pas moi qui suis blessé, c’est un enfant… Mon cheval, près de l’Antonia, m’a échappé et l’a renversé. Les sabots lui ont ouvert la tête. Procule a dit : “ Il n’y a plus rien à faire ! ” Moi… ce n’est pas ma faute… mais c’est par moi que c’est arrivé et sa mère est désespérée. Je t’avais vu passer… venir ici… J’ai dit : “ Le médecin n’y peut rien, mais lui, si. ” J’ai ajouté : “ Femme, viens. Jésus le guérira. ” Ces idiots m’ont retenu… peut-être l’enfant est-il mort.

– Où est-il ? demande Jésus.

– Sous ce portique, sur le sein de sa mère, répond le soldat que j’ai déjà vu à la Porte des Poissons.

– Allons-y. »

Détail

Procule est le médecin de la garnison de l’Antonia à Jérusalem. Il vient constater l’issue fatale d’un bébé dont le crâne a été fracassé par les sabots du soldat Alexandre.

Il apparaît une seule fois dans l'oeuvre et est cité par le soldat romain, quand Jésus demande si ce dernier est blessé.

EMV 116.1 · Tome 2, p. 263-264

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

116.1 Jésus dîne dans la cuisine de la maisonnette de l’Oliveraie avec ses disciples. Ils parlent des événements de la journée. Cependant, il ne s’agit pas de celle que j’ai racontée plus haut car je constate qu’on parle d’autres faits, parmi lesquels la guérison d’un lépreux survenue près des tombeaux sur la route de Bethphagé.

« Il y avait aussi un centurion romain qui regardait » dit Barthélemy, qui ajoute : « Il m’a demandé du haut de son cheval : “ L’homme que tu suis fait souvent des choses semblables ? ” et, à ma réponse affirmative, il s’est écrié : “ Alors, il est plus grand qu’Esculape et il deviendra plus riche que Crésus. ” J’ai répondu : “ Il sera toujours pauvre aux yeux du monde, car il ne reçoit pas, mais il donne, et ne veut que des âmes pour les conduire au Dieu vrai. ” Le centurion m’a regardé avec surprise, puis il a éperonné son cheval et est parti au galop.

– Il y avait aussi une dame romaine dans sa litière. Ce ne pouvait être qu’une femme. Elle avait baissé les rideaux, mais jetait des coups d’oeil au-dehors. Je l’ai bien vue ! » dit Thomas.

Jean intervient :

« Oui, elle était au début du tournant. Elle avait donné l’ordre de s’arrêter quand le lépreux avait crié : “ Fils de David, aie pitié de moi ! ” Un rideau avait bougé et j’ai vu qu’elle t’a observé avec une loupe précieuse, puis elle a eu un rire ironique. Mais quand elle a vu que toi, sur ton seul ordre, tu l’avais guéri... elle m’a appelé pour m’interroger : “ C’est donc lui qu’on donne pour le vrai Messie ? ” J’ai répondu que oui, et elle m’a dit : “ Tu es avec lui ? ” Puis elle a demandé : “ Est-il vraiment bon ? ”

– Alors, tu l’as vue. Comment était-elle ? demandent Pierre et Judas.

– Bah !... une femme...

– Quelle découverte ! » fait Pierre en riant.

Et Judas poursuit :

« Mais elle était belle, jeune, riche ?

– Oui. Il me semble qu’elle était jeune, et belle aussi. Mais je regardais toujours vers Jésus plutôt que de son côté. Je voulais voir si le Maître se remettait en route...

– Imbécile ! Murmure Judas entre ses dents.

– Pourquoi ? intervient Jacques, fils de Zébédée, pour le défendre. Mon frère n’est pas un Ganymède en quête d’aventures. Il a répondu par politesse, mais il n’a pas manqué à sa première qualité.

– Laquelle ? demande Judas.

– Celle d’un disciple qui garde pour son Maître son unique amour. »

Irrité, Judas baisse la tête.

Annotation

Comme le souligne maria-valtorta.org, la Romaine mentionnée est Claudia Procula, l'épouse de Ponce Pilate."Elle se déplace en litière, escortée par un centurion. On en a confirmation par Jean en EMV 154.8, et en EMV 563.5."

EMV 116.1 · Tome 2, p. 263

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

116.1 Jésus dîne dans la cuisine de la maisonnette de l’Oliveraie avec ses disciples. Ils parlent des événements de la journée. Cependant, il ne s’agit pas de celle que j’ai racontée plus haut car je constate qu’on parle d’autres faits, parmi lesquels la guérison d’un lépreux survenue près des tombeaux sur la route de Bethphagé.

« Il y avait aussi un centurion romain qui regardait » dit Barthélemy, qui ajoute : « Il m’a demandé du haut de son cheval : “ L’homme que tu suis fait souvent des choses semblables ? ” et, à ma réponse affirmative, il s’est écrié : “ Alors, il est plus grand qu’Esculape et il deviendra plus riche que Crésus. ” J’ai répondu : “ Il sera toujours pauvre aux yeux du monde, car il ne reçoit pas, mais il donne, et ne veut que des âmes pour les conduire au Dieu vrai. ” Le centurion m’a regardé avec surprise, puis il a éperonné son cheval et est parti au galop.

Détail

Concernant Publius Quintilianus, voir l'annotation ci-dessous.

Annotation

Comme le souligne www.maria-valtorta.org, "il y avait jusqu'à 6 centuries en garnison à Jérusalem, (donc 6 centurions) pendant les fêtes. Alexandre avaient forcement raconté le miracle du bébé guéri [dans l'EMV 115]. Ici il peut s'agir de Publius Quinctillianus, car on apprend plus loin que Claudia est là, et Publius l'escorte".

EMV 129.2 · Tome 2, p. 367

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

– Qu’est-ce que Dieu ? Qui l’a jamais vu ?

– On a écrit : “ Toi qui nous as formés, salut ! Quand je décris la perfection humaine, les harmonies de notre corps, je célèbre ta gloire. ” Il a été dit : “ Ta bonté brille en ce que tu as distribué tes dons à tous les vivants, pour que tout homme ait ce qui lui est nécessaire. Et tes dons témoignent de ta sagesse, comme l’accomplissement de tes volontés témoigne de ta puissance. ” Reconnais-tu ces paroles ?

– Si Minerve vient à mon secours... elles sont de Galien. Mais comment les connais-tu ? Je suis stupéfait !... »

Jésus sourit et répond :

« Viens au vrai Dieu et son Esprit divin t’instruira “ de la vraie sagesse et de la piété qui consistent à se connaître soi-même et à adorer la Vérité. ”

– Mais c’est toujours de Galien ! Maintenant, j’en suis sûr. En plus d’être médecin et mage, tu es également philosophe. Pourquoi ne viens-tu pas à Rome ?

– Je ne suis ni médecin, ni mage, ni philosophe, comme tu dis, mais le témoignage de Dieu sur la terre.

Détail

Jésus parle avec un Romain qui lui demande :

Annotation

Galien : cité ici et quelques lignes plus bas, est le nom d'un personnage différent du médecin et philosophe du deuxième siècle après J.-C. Pour plus d'informations, voir le livre de Fernando la Greca, Le monde gréco-romain à l'époque du Christ dans l'oeuvre de Maria Valtorta.

EMV 129.2 · Tome 2, p. 366

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Salut, Maître. Ta réputation est arrivée jusqu’à moi. Tu es plus grand qu’Hippocrate pour les guérisons et que la statue d’Esculape pour opérer des miracles sur les malades. Je le sais. C’est pour cela que je viens. Tu vois mon frère ? Il est devenu fou à cause d’un mal mystérieux. Les médecins n’y comprennent rien. Je suis allé avec lui au temple d’Esculape, mais il en est sorti plus fou encore. J’ai un parent à Ptolémaïs. Il m’a envoyé un message par galère. Il disait qu’ici un homme guérit tout le monde. Et je suis venu. Terrible voyage !

– Il mérite une récompense. »

Annotation

Explication tirée de valtorta.fr.

Esculape (Aesculapius) était chez les Romains le dieu de la médecine. Son culte fut introduit à Rome en -290, lors d'une épidémie de peste. On lui éleva un temple sur une île du Tibre. Il y eut ensuite dans l'empire romain plusieurs centaines de temples dédiés à Esculape !

Les principaux sanctuaires (Asclépieia) étaient ceux de Trikka, de Cos, de Pergame, d'Athènes et d'Epidaure. Le culte, à cet endroit, était fort réputé, et l'on venait chercher la guérison devant la statue d’Asklépios (1), comme le mentionne le récit de Maria Valtorta. Les malades offraient des sacrifices, se purifiaient, et dormaient sur place en espérant que le dieu les visiterait en songe pour leur indiquer les remèdes qui soulageraient leurs maux. Pausanias (2) a décrit des ex-voto laissés en ce lieu, en témoignage de guérisons miraculeuses.

Notons que le culte d’Esculape est également attesté en Palestine au temps de Jésus, en rapport avec les sources chaudes de Tibériade.

(1) Cette statue est aujourd’hui visible au musée archéologique national d’Athènes.

(2) Pausanias, II, 27, 3

EMV 135.4 · Tome 2, p. 411-412

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Tu as vu la nouvelle habitante de Béthanie ? C’est une Romaine mariée à un juif. Lui est fidèle à la Loi, mais elle est idolâtre. Elle ne pouvait vivre comme elle le voulait à Jérusalem, car elle se disputait avec ses voisins à cause de ses bêtes. Elle est venue ici. Sa maison est remplie d’animaux qui pour nous sont impurs et… la plus immonde, c’est elle, qui se gausse de nous et se permet des choses… Moi, je ne puis la critiquer, puisque… Mais je dis que, si on ne met pas les pieds chez moi à cause de Marie dont le péché pèse sur toute la famille, on va sans scrupule dans la maison de cette femme. C’est qu’elle est en faveur auprès de Ponce Pilate et elle vit séparée de son mari. Lui est à Jérusalem, elle ici. Lui et eux font semblant de ne pas se profaner en y venant et de ne pas constater qu’ils se profanent. Hypocrisie ! Ils vivent plongés jusqu’au cou dans l’hypocrisie ! Et il s’en faut de peu qu’ils s’y noient. Le sabbat, c’est le jour du festin… Des membres du Conseil eux-mêmes y assistent ! C’est un fils d’Hanne qui est le plus assidu.

– Je l’ai vue, oui. Et laisse-la faire. Laisse-les faire. Quand un médecin prépare un médicament, il mélange les ingrédients, les remue, ce qui fait paraître l’eau corrompue et trouble. Mais ensuite ce qui est mort se dépose, et l’eau redevient limpide tout en étant saturée des sucs de ces substances salutaires. Ainsi en est-il maintenant. Tout se mélange, et je travaille avec tout le monde. Ensuite, ce qui est mort se déposera et on le jettera, ce qui est vivant restera actif dans la grande mer du peuple de Jésus Christ. Descendons. On nous appelle… »