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La Vierge Marie

Thème : Personnages du Protévangile et de l'Evangile de l'Enfance · Page 8 sur 32

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EMV 23.10 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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23.10 “ Laisse-moi poser mes mains sur ton sein. ” Ah, si vous me demandiez toujours cela quand vous souffrez !

Je suis celle qui porte éternellement Jésus. Il est en moi, comme tu l’as vu l’an dernier, tel l’hostie dans l’ostensoir. Celui qui vient à moi, c’est Lui qu’il trouve. Celui qui s’appuie sur moi, c’est en Lui qu’il se confie. Celui qui s’adresse à moi, c’est à Lui qu’il parle. Je suis son vêtement. Il est mon âme. Bien plus aujourd’hui que pendant les neuf mois où il se développait dans mon sein, mon Fils est uni à sa Mère. Alors toute douleur se calme, l’espérance refleurit et toutes sortes de grâces descendent sur ceux qui viennent à moi poser leur tête sur mon sein.

Je prie pour vous. Souvenez-vous-en. Le bonheur d’être au Ciel et d’y vivre dans le rayonnement de Dieu ne me fait pas oublier pour autant mes enfants qui souffrent sur la terre. Et je prie. Le Ciel tout entier prie, car le Ciel aime. Le Ciel, c’est la charité vivante. Or la charité a pitié de vous. Mais même s’il n’y avait que moi, ma prière suffirait déjà aux besoins de ceux qui mettent leur espoir en Dieu. Je ne cesse, en effet, de prier pour vous tous, que vous soyez saints ou mauvais, pour accorder aux saints la joie et aux mauvais un repentir salutaire.

Venez, venez, vous, les enfants de ma douleur. Je vous attends au pied de la croix pour vous faire grâce. »

EMV 24 · Tome 1, p. 155-159

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : Circoncision de Jean-Baptiste. Marie est source de grâce pour celui qui accueille la Lumière.

Date de la vision : Mardi 4 avril 1944 (mardi saint)

Date de la dictée : Mardi 4 avril 1944. Sur une copie dactylographiée, Maria Valtorta note : "La très sainte Vierge Marie dictait ces mots le mercredi saint."

Calendrier : Vendredi 12 juillet de l'an -5

Lieux (carte) : Hébron

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : C'est la circoncision de Jean. Il y a du monde chez Zacharie. On parle du nom de l'enfant, et on veut lui donner le nom de son père, mais Elisabeth est intraitable : son nom sera Jean. On demande l'avis de Zacharie et celui-ci écrit que son nom sera effectivement Jean, "Dieu fait grâce". Sa langue se délie alors et il dit son cantique. Elisabeth est toute heureuse. La circoncision a lieu, et le petit se calme dans les bras de la Vierge. Zacharie va alors la voir et lui demande pardon de ne pas l'avoir reconnue, alors qu'elle est enceinte du Sauveur. Il la bénit et l'Immaculée répond que toute louange doit aller à Dieu. L'Immaculée lui demande aussi de prier pour elle car si être la mère du Sauveur est une bienheureuse destinée, être la mère du Rédempteur doit être une destinée d'atroces souffrances.

Dans la dictée qui suit, Marie explique que Dieu pardonne à celui qui reconnaît sa faute et se repent. Elle nous invite à débarrasser notre âme de tout ce qui l'alourdit et d'accueillir la Lumière de Dieu. La Vierge explique ensuite que celui qui possède Dieu, qui a l'amitié de Dieu n'est jamais seul, car même si cela n'enlève pas la souffrance, il nous donne lumière et caresse qui allège notre croix. Il faut aussi savoir remercier le Très-Haut pour ses grâces.

L'Immaculée nous explique enfin qu'on la fait beaucoup souffrir, car on rejette la grâce. Quand elle donne la dictée, le vendredi saint approche : elle nous invite donc à prier en reprenant les mots de son Fils sur la Croix. Enfin, elle rappelle à Maria que, si cette dernière voit ses joies, il n'empêche pas moins que sa souffrance a toujours grandit de façon exponentielle, jusqu'à recevoir son Fils mort dans ses bras.

Contenu du chapitre : 24.1 : La maison en fête. 24.2 : Le nom. Le miracle. Le Benedictus. 24.3 : Seule Marie peut calmer la douleur du petit Jean au retour de sa circoncision. 24.4 : Zacharie, qui peut de nouveau parler, se prosterne devant Marie. 24.5 : Marie demande ses prières pour la Corédemptrice qu’elle sera. 24.6 : Dieu pardonne au repenti. 24.7 : Il rend la douleur douce en son amertume. 24.8 : La douleur de voir un ennemi de Jésus. 24.9 : Le mystère du Vendredi Saint. 24.10 : Une douleur sans cesse grandissante.

EMV 24.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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24.1 Je vois la maison en fête. C’est le jour de la circoncision.

Marie a veillé à ce que tout soit beau et bien rangé. Les pièces resplendissent de lumière, et les plus beaux tissus, les plus jolies décorations réjouissent les yeux. Il y a beaucoup de monde. Marie se déplace entre les différents groupes avec agilité, toute belle dans son plus beau vêtement blanc.

Elisabeth, révérée en tant que maîtresse de maison, est tout au bonheur de la fête. Son enfant est sur son sein, repu de lait.

EMV 24.4-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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24.4 Zacharie entre et ferme la porte. Il regarde Marie, les larmes aux yeux. Il veut parler, puis se tait. Il s’avance alors et s’agenouille devant elle :

« Bénis ce misérable serviteur du Seigneur », dit-il. « Bénis-le, puisque tu peux le faire, toi qui le portes dans ton sein. La parole de Dieu s’est adressée à moi lorsque j’ai reconnu mon erreur et que j’ai cru à tout ce qui m’avait été dit. Je te vois, toi et ton heureux sort. J’adore en toi le Dieu de Jacob. Toi, mon premier Temple, où le prêtre revenu à lui peut de nouveau prier l’Eternel. Tu es bénie, toi qui as obtenu grâce pour le monde et lui portes le Sauveur. Pardonne à ton serviteur de ne pas avoir vu ta majesté au premier abord. Tu nous as apporté toutes les grâces par ta venue car, où que tu ailles, ô Pleine de grâce, Dieu opère des prodiges, les murs où tu entres deviennent saints, tout comme les oreilles qui entendent ta voix et les corps que tu touches. Les coeurs eux aussi sont sanctifiés parce que tu donnes toutes grâces, toi la Mère du Très-Haut, la Vierge annoncée par les prophètes et attendue pour donner son Sauveur au peuple de Dieu. »

24.5 Marie, dont l’humilité rayonne, sourit. Elle dit :

« Louange au Seigneur, et à lui seul. C’est de lui et non de moi que vient toute grâce. Et il te l’accorde pour que tu l’aimes et le serves parfaitement au cours des années qu’il te reste, pour mériter son Royaume, que mon Fils ouvrira aux patriarches, aux prophètes et aux justes du Seigneur. Quant à toi, maintenant que tu peux prier devant le Saint, prie pour la servante du Très-Haut. Car si être Mère du Fils de Dieu est une bienheureuse destinée, être Mère du Rédempteur doit être une destinée d’atroces souffrances. Prie pour moi car, à chaque heure qui passe, je sens s’accroître mon poids de douleurs, qu’il me faudra porter ma vie entière. Et même si je n’en discerne pas les détails, je pressens que ce sera un poids plus lourd que si l’on posait le monde entier sur mes épaules de femme et que si j’avais à l’offrir au Ciel. Moi, moi seule, pauvre femme ! Mon Enfant, mon Fils ! Ah, à présent le tien ne pleure pas si je le berce ; mais pourrai-je bercer le mien pour calmer sa douleur ?... Prie pour moi, prêtre de Dieu. Mon coeur tremble comme une fleur sous la bourrasque. Je regarde les hommes et je les aime. Mais, derrière leurs visages, je vois apparaître l’Ennemi qui en fait des ennemis de Dieu, de mon Fils Jésus... »

Cette vision s’évanouit avec la vue de la pâleur de Marie, de ses larmes qui lui font briller les yeux.

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Zacharie vient de découvrir que Marie est la Toute Sainte, celle qui porte le Sauveur.

EMV 25 · Tome 1, p. 160-167

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Titre du chapitre : La présentation de Jean-Baptiste au Temple et départ de Marie. La Passion de Joseph.

Date de la vision et de la dictée : Mercredi 5 et jeudi 6 avril 1944 (Semaine sainte)

Calendrier : Mardi 13 août de l'an -5

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie, Elisabeth et Zacharie sont à Jérusalem pour la présentation de Jean-Baptiste au Temple. A leur arrivée, Marie s'enquiert de Joseph auprès d'une écurie où tous les pèlerins doivent passer, mais le saint homme n'est pas là. Le groupe continue donc son chemin au Temple.

Le rite de purification a lieu et les prêtres sont heureux de donner cette fête pour l'un des leurs. Le peuple est étonné que ce soit Elisabeth qui est la mère : ils pensent tous au début que Marie est la génitrice de Jean. Mais ils se rendent compte que ce n'est pas possible puisque celle-ci est déjà enceinte, alors que Jean n'a que quelques jours. Quand c'est Elisabeth qui présente le petit au Temple, le doute n'est plus permis et tous s'en étonnent.

Le rite s'achève et Joseph n'est toujours pas là. Zacharie propose alors d'attendre chez les parents de Zébédée, ainsi, si le charpentier n'arrive pas, son épouse pourra remonter en Galilée avec des pécheurs qui passent par cette maison. Ils attendent néanmoins le plus longtemps possible et Joseph finit par arriver.

Il salue la Vierge avec joie et respect et souhaite voir l'enfant. Elisabeth et Zacharie exaucent son désir, puis, ils prennent congé. Saint Joseph propose alors à la Pleine de Grâce de partir de nuit, pour que le voyage soit plus agréable pour elle. Elle marque son accord. C'est en se préparant que Joseph se rend compte de la grossesse de Marie. Mais il ne dit mot...

Ensuite, Marie donne une dictée sur la Passion de Joseph. Elle explique que cette dernière dura trois jours, mais qu'elle fut intense : la Vierge dut notamment lutter contre la tentation du découragement. Elle voyait en effet la souffrance de son époux, mais elle ne pouvait en aucun cas la soulager pour obéir au commandement de Dieu, qui lui avait dit de se taire. Marie se tut et Joseph souffrit, mais il était saint, et c'est pour cette raison que Dieu lui accorda ses lumières.

Enfin, Marie nous enjoint toujours à prier pour obtenir une grâce et d'agir avec confiance, en tout lieu, en tout temps.

Contenu du chapitre : 25.1 : Arrivée au Temple, Marie est étonnée de ne pas voir Joseph. 25.2 : Zacharie reçu avec les honneurs. La foule étonnée de l’âge de la mère. 25.3 : Marie ne trouve pas Joseph à l'hôtellerie. Elle l’attend chez les parents de Zébédée. 25.4 : Arrivée de Joseph qui s'excuse. 25.5 : Il s'inquiète pour Marie. 25.6 : Départ de Zacharie et d'Élisabeth. Marie retrouvera un jardin magnifique. 25.7 : Départ de nuit de Joseph qui remarque l’état de Marie. 25.8 : La douleur d’amante est le plus grand don que Dieu puisse faire à celui qui croit en son Fils. 25.9 : Joseph eut aussi sa Passion. La souffrance de Marie à ce moment. 25.10 : La grande sainteté de Joseph. 25.11 : Vous aussi vous avez à vivre votre passion. 25.12 : Après Pâques (1944), ce sera le silence devant la douleur du Rédempteur.

EMV 25.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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25.1 Dans la nuit du mercredi au jeudi de la semaine sainte, je reçois la vision suivante :

D’un chariot confortable, auquel la monture de Marie est aussi attelée, je vois descendre Zacharie, Elisabeth, Marie qui tient dans ses bras le petit Jean, ainsi que Samuel avec un agneau et une colombe en cage. Ils descendent, pour y laisser leurs montures, devant l’écurie habituelle où doivent s’arrêter tous les pèlerins qui se rendent au Temple.

Marie appelle le petit homme qui en est propriétaire et lui demande si aucun Nazaréen n’est arrivé la veille ou aux premières heures de la matinée.

« Personne, femme », répond le petit vieux.

Marie s’en étonne, mais n’ajoute rien.

Elle confie son âne à Samuel pour qu’il s’en occupe, puis rejoint les deux parents âgés et explique le retard de Joseph :

« Quelque chose l’aura retenu. Mais il arrivera certainement aujourd’hui. »

Elle reprend l’enfant, qu’elle avait confié à Elisabeth, et ils s’approchent du Temple.

EMV 25.1-2 · Tome 1

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25.1 Dans la nuit du mercredi au jeudi de la semaine sainte, je reçois la vision suivante :

D’un chariot confortable, auquel la monture de Marie est aussi attelée, je vois descendre Zacharie, Elisabeth, Marie qui tient dans ses bras le petit Jean, ainsi que Samuel avec un agneau et une colombe en cage. Ils descendent, pour y laisser leurs montures, devant l’écurie habituelle où doivent s’arrêter tous les pèlerins qui se rendent au Temple.

(...) [Tous vont au Temple.]

25.2 Les gardes rendent les honneurs à Zacharie, et les autres prêtres le saluent et le complimentent. Il est très beau aujour­d’hui, dans ses vêtements sacerdotaux, tout à sa joie d’heureux père. On dirait un patriarche. J’imagine qu’Abraham devait lui ressembler quand il se réjouissait d’offrir Isaac au Seigneur.

Je vois la cérémonie de la présentation du nouvel israélite et la purification de sa mère, plus solennelle encore que celle de Marie, car les prêtres font une grande fête pour le fils d’un des leurs. Ils accourent en foule et s’affairent autour du petit groupe des femmes et du nouveau-né.

Des gens se sont aussi approchés, poussés par la curiosité, et j’entends quelques commentaires. Etant donné que Marie porte l’enfant dans ses bras au moment où ils se dirigent vers l’endroit fixé, les gens croient que c’est elle, la mère.

Mais une femme remarque :

« Ce n’est pas possible. Vous ne voyez pas qu’elle est enceinte ? L’enfant n’a guère plus que quelques jours et elle est déjà grosse.

– Pourtant, rétorque un autre, il n’y a qu’elle qui puisse être la mère. L’autre est trop âgée. Ce doit être une parente. Mais on ne peut être mère à l’âge qu’elle a.

– Suivons-les, nous verrons bien qui a raison. »

Leur stupeur s’accroît quand ils voient que celle qui accomplit le rite de la purification, c’est Elisabeth, qui offre son agneau bêlant pour l’holocauste et sa colombe pour le péché.

« C’est elle la mère, tu as vu ?

– Non !

– Si. »

Les gens chuchotent, encore incrédules. Ils font tant de bruit qu’un “ chut ” impérieux fuse du groupe des prêtres qui assistent au rite. Ils se taisent un instant, mais les chuchotements reprennent avec encore plus de force lorsque Elisabeth, rayonnante d’une sainte fierté, prend l’enfant et pénètre dans le Temple pour le présenter au Seigneur.

« C’est bien elle.

– C’est toujours la mère qui fait l’offrande.

– Quel est donc ce miracle ?

– Que deviendra cet enfant accordé à un âge si avancé à cette femme ?

– Quel signe est-ce donc là ?

– Vous ne savez pas, dit un homme qui arrive, à bout de souffle. C’est le fils du prêtre Zacharie, de la descendance d’Aaron, celui qui était devenu muet alors qu’il offrait l’encens dans le Sanctuaire.

– Quel mystère, quel mystère : voilà qu’il parle de nouveau ! La naissance de son fils lui a délié la langue.

– Quel esprit lui aura donc parlé et rendu morte sa langue pour l’habituer à garder le silence sur les secrets de Dieu ?

– Mystère ! Quelle vérité Zacharie connaît-il ?

– Son fils serait-il le Messie qu’attend Israël ?

– Il est bien né en Judée, mais pas à Bethléem et pas d’une vierge. Il ne peut pas s’agir du Messie.

– Qui donc, alors ? »

Mais la réponse reste dans le secret de Dieu, et les gens restent sur leur curiosité.

Le rite est accompli. Les prêtres font maintenant fête à la mère et au bébé. La seule à laquelle on accorde peu d’attention, ou même qu’on évite avec dédain quand on s’aperçoit de son état, c’est Marie.

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Luc 1, 65-66 : A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il [Zacharie] parlait et bénissait Dieu.

La crainte saisit alors tous les gens du voisinage, et dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événement. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur coeur et disaient : "Que sera donc cet enfant ?" En effet, la main du Seigneur était avec lui.

EMV 25.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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25.3 Une fois les félicitations terminées, la plupart reprennent la route ; Marie veut retourner à l’écurie pour voir si Joseph est arrivé. Mais non. Elle est déçue et pensive.

Elisabeth se fait du souci pour elle.

« Nous pouvons rester jusqu’à la sixième heure, mais ensuite nous devrons partir pour arriver à la maison avant la première veille. Jean est encore trop petit pour rester la nuit tombée. »

Calme mais triste, Marie lui répond :

« Je resterai dans une cour du Temple. J’irai voir mes maîtresses... Je ne sais. Je trouverai bien quelque chose à faire. »

Zacharie intervient et présente un projet aussitôt accepté comme une bonne solution :

« Allons chez les parents de Zébédée. C’est sûrement là que Joseph ira te chercher et, s’il ne devait pas venir, il te serait aisé de trouver quelqu’un pour t’accompagner en Galilée car il y a, dans cette maison, un continuel va-et-vient de pêcheurs de Génésareth. »

Ils prennent l’âne et se rendent chez ces parents de Zébédée, qui ne sont autres que ceux qui ont accordé l’hospitalité à Joseph et à Marie quatre mois plus tôt.

Les heures passent vite et Joseph n’arrive toujours pas. Marie domine son inquiétude en berçant le bébé, mais on voit qu’elle est songeuse. En dépit de la chaleur intense qui les fait tous transpirer, elle n’a jamais retiré son manteau, comme pour cacher son état.

25.4 Enfin, un grand coup à la porte annonce Joseph. Marie, rassérénée, resplendit.

Joseph la salue, parce qu’elle est la première à se présenter et à s’incliner respectueusement.

« Que la bénédiction de Dieu soit sur toi, Marie !

– Sur toi aussi, Joseph. Dieu soit loué, tu es venu. Zacharie et Elisabeth allaient partir, pour arriver chez eux avant la tombée de la nuit.

– Ton messager est arrivé à Nazareth pendant que j’étais à Cana pour des travaux. J’en ai été informé avant-hier soir, et je suis parti sur-le-champ. Mais bien que je ne me sois pas arrêté en chemin, j’ai pris du retard parce que l’âne avait perdu un fer. Pardonne-moi !

– C’est à toi de me pardonner d’être restée si longtemps ab­sente de Nazareth ! Mais regarde : ils étaient si heureux de m’avoir chez eux que j’ai voulu leur faire plaisir jusqu’à maintenant.

– Tu as bien fait, femme. Où se trouve l’enfant ? »

Ils pénètrent dans la pièce où se tient Elisabeth, qui allaite Jean avant de prendre la route. Joseph complimente les parents pour la robustesse de l’enfant qui crie et se débat comme un écorché vif lorsqu’on l’enlève du sein pour le montrer à Joseph. Tous rient devant ses protestations. Les parents de Zébédée, accourus pour apporter des fruits frais, du lait et du pain pour tout le monde, ainsi qu’un grand plat de poisson, rient eux aussi et se mêlent à la conversation des autres.

25.5 Marie parle très peu. Elle reste tranquille, silencieuse, assise dans son coin, les mains sur la poitrine sous son manteau. Même lorsqu’elle boit une tasse de lait et mange une grappe de raisin doré accompagné d’un peu de pain, elle parle peu et ne bouge guère. Elle regarde Joseph avec un mélange de peine et d’inquiétude.

Il la regarde lui aussi. Après quelque temps il se penche sur son épaule et dit :

« Tu es fatiguée ? Tu souffres ? Tu es pâle et triste.

– Cela me fait de la peine de me séparer du petit Jean. Je l’aime bien. Je l’ai tenu sur mon coeur, à peine né... »

Joseph ne pose pas d’autre question.

L’heure est venue pour Zacharie de partir. Le chariot s’arrête devant la porte et tous s’en approchent. Les deux cousines s’étreignent avec amour. Marie embrasse encore et encore le bébé avant de le déposer sur le sein de sa mère, déjà assise dans le chariot, puis elle salue Zacharie et lui demande sa bénédiction. Lorsqu’elle s’agenouille devant le prêtre, son manteau glisse de ses épaules et, sous la vive lumière de cet après-midi d’été, ses formes apparaissent. Je ne sais si Joseph le remarque dès cet instant, car il est occupé à saluer Elisabeth. Le chariot part.

EMV 25.6-7 · Tome 1

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25.6 Joseph rentre dans la maison avec Marie, qui reprend sa place dans le coin le moins éclairé de la pièce.

« S’il ne te déplaisait pas de voyager de nuit, je te proposerais de partir au crépuscule. La chaleur est vive dans la journée, mais la nuit est fraîche et paisible. C’est pour toi que je le dis, pour ne pas trop t’exposer au soleil. Moi, je ne crains pas la canicule, mais toi...

– Comme tu voudras, Joseph. Je pense aussi qu’il vaudra mieux partir de nuit.

– La maison est en ordre, tout comme notre petit jardin. Tu verras ces belles fleurs ! Tu arrives à temps pour le voir tout fleuri. Le pommier, le figuier et la vigne portent plus de fruits que jamais, et j’ai dû mettre des tuteurs au grenadier tant ses branches sont chargées de fruits déjà bien formés ; on n’a jamais rien vu de tel à cette époque. Et puis l’olivier... tu auras de l’huile en abondance. Il a eu une floraison prodigieuse et n’a pas perdu une seule fleur : toutes ont déjà donné une petite olive. Quand elles seront mûres, l’arbre paraîtra couvert de perles noires. Ton jardin est le plus beau de tout Nazareth. Ta parenté elle-même s’en est étonnée. Alphée prétend que c’est un miracle.

– Ce sont tes bons soins qui l’ont créé.

– Oh non ! Pauvre homme que je suis ! Qu’ai-je donc fait ? Soigner un peu les arbres, arroser un peu les fleurs... Tu sais ? Je t’ai fait une fontaine au fond, près de la grotte, et j’y ai posé une vasque. Comme ça, tu n’auras pas besoin de sortir pour avoir de l’eau. Elle vient de cette source qui se trouve au-dessus de l’oliveraie de Matthias. Elle est pure et abondante. Je l’ai amenée par une rigole. J’ai fait un petit canal bien couvert, et maintenant l’eau arrive et chante comme une harpe. Cela me faisait de la peine de te voir aller à la source du village et en revenir chargée de tes amphores remplies d’eau.

– Merci, Joseph, tu es bon ! »

Fatigués, les deux époux se taisent. Joseph somnole même, et Marie prie.

25.7 Le soir arrive. Leurs hôtes insistent pour qu’ils mangent encore quelque chose avant de prendre la route. Joseph mange donc du pain et du poisson, et Marie se contente de fruits et de lait.

Vient le moment du départ. Ils montent sur leurs ânes. Comme à l’aller, Joseph a disposé le coffre de Marie sur le sien et, avant qu’elle ne s’installe, il vérifie que sa selle est bien fixée. Je vois que Joseph observe Marie lorsqu’elle monte en selle, mais il ne dit mot.

Le voyage commence alors que les premières étoiles se mettent à clignoter dans le ciel. Ils se hâtent, peut-être pour atteindre les portes avant qu’elles ne soient fermées. Quand ils sortent de Jérusalem et prennent la grand-route en direction de la Galilée, les étoiles parsèment le ciel serein. La campagne est silencieuse. On n’entend rien d’autre que le chant de quelque rossignol et le bruit des sabots des deux ânes sur le sol de la route durcie par la sécheresse de l’été.

EMV 26 · Tome 1, p. 167-172

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Titre du chapitre : Joseph demande pardon à Marie. Foi, charité et humilité pour recevoir Dieu.

Date de la vision et de la dictée : Mercredi 31 mai 1944

Calendrier : Samedi 17 août de l'an -5

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie est seule dans sa maison à Nazareth. Elle est seule, en prière, jusqu'à ce qu'on toque à la porte : c'est Joseph. Celui-ci vient lui demander pardon et la Vierge affirme qu'elle n'a rien à lui pardonner. Mais son époux lui répond qu'il sait qu'elle est enceinte de l'Emmanuel, et qu'il a mal agi en ne la laissant pas s'expliquer. Il allait agir sans la consulter auparavant, et il considère cela comme une offense à sa femme. Il lui demande donc pardon et le charpentier lui révèle toute sa souffrance de ses derniers jours. Il lui demande notamment pourquoi elle ne lui a pas dit son secret, et Marie lui répond que si son humilité n'avait pas été aussi parfaite, il ne lui aurait pas été donné la grâce d'être la Mère du Sauveur. Quoi qu'il en soit, Joseph propose de faire les noces de mariage le plus tôt possible et de commencer à prévoir la venue de Jésus. Il est anéanti à l'idée de recevoir son Dieu chez lui, mais Marie le rassure et parle de leur joie d'être les parents du Rédempteur.

La Vierge donne ensuite une dictée et fait des commentaires sur cet épisode. Elle parle ensuite des conditions essentielles pour plaire à Dieu et l'avoir en son coeur : il faut avoir la foi, une charité et une humilité absolues. De plus, la Mère nous encourage à rester cachés et à laisser le Seigneur le soin de nous proclamer ses serviteurs, à l'image de Marie qui l'a laissé agir comme il le voulait lorsqu'elle a été enceinte du Saint-Esprit.

Contenu du chapitre : 26.1 : Voir Marie. 26.2 : Marie file à l'ombre d'un pommier. 26.3 : Joseph arrive et s'excuse de l'avoir soupçonnée. 26.4 : Marie n'a fait qu'obéir à Dieu. 26.5 : Le mariage aura lieu la semaine suivante. 26.6 : Pâle parce que je souffrais de la douleur de Joseph. 26.7 : L'humilité à son extrême limite comme Celui que je portais. 26.8 : Les conditions pour plaire à Dieu et le recevoir. 26.9 : Laissez au Seigneur le soin de vous proclamer ses serviteurs.