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Personnages anonymes

Thème : Personnages de rencontre (cités une fois) · Page 3 sur 6

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EMV 138.1 · Tome 2, p. 436-437

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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138.1 « Seigneur, je n’ai fait que mon devoir envers Dieu, envers mon maître et envers ma conscience. Cette femme, je l’ai surveillée tant qu’elle a été mon hôte et je l’ai toujours vue honnête. Si à une époque elle a été une pécheresse, elle ne l’est plus aujourd’hui. Pourquoi devrais-je enquêter sur un passé qu’elle a effacé et annulé ? J’ai de jeunes fils qui ne sont pas laids. Elle n’a jamais montré son visage – réellement beau – ni prononcé le moindre mot. Je peux dire que j’ai entendu le son de sa voix argentine quand elle a crié à cause de sa blessure. Sinon, le peu qu’elle demandait – et toujours à moi ou à ma femme –, elle le murmurait derrière son voile, et si doucement qu’on avait du mal à comprendre. Vois aussi comme elle a été prudente. Quand elle a craint que sa présence puisse nuire, elle est partie... Je lui avais promis de la défendre et de l’aider, mais elle ne s’en est pas prévalue. Non, ce n’est pas ainsi qu’agissent les femmes perdues ! Je prierai pour elle, comme elle me l’a demandé, et même sans ce souvenir. Prends-le Seigneur. Fais-en des aumônes, pour son profit spirituel. Faites par toi, elles lui vaudront certainement la paix. »

Le régisseur parle respectueusement à Jésus. C’est un bel homme, au visage honnête et au corps trapu. Derrière lui se tiennent six jeunes garçons qui ressemblent à leur père, six visages francs et intelligents, et aussi son épouse, une petite femme fine, très douce, qui écoute son mari comme elle écouterait un dieu, ne cessant de l’approuver par des signes de tête.

Jésus prend le bracelet en or et le passe à Pierre en lui disant :

« Pour les pauvres. »

Puis il se retourne vers le régisseur :

« Tous n’ont pas ta droiture en Israël. Tu es sage parce que tu distingues le bien du mal et tu suis le bien sans mettre en valeur l’intérêt humain qu’il y a à l’accomplir. Au nom du Père éternel, je vous bénis, toi, tes fils, ton épouse, ta maison. Demeurez toujours dans ces dispositions spirituelles, le Seigneur sera toujours avec vous et vous aurez la vie éternelle. Maintenant je m’en vais, mais il n’est pas dit qu’on ne se reverra plus. Je reviendrai et vous pourrez toujours venir me trouver. Pour tout ce que vous avez fait pour moi et pour cette pauvre créature, que Dieu vous donne sa paix. »

Le régisseur, ses enfants et en dernier lieu sa femme s’agenouillent et baisent les pieds de Jésus qui, après un dernier geste de bénédiction, s’éloigne avec ses disciples et prend la route du village.

Détail

Le régisseur a défendu la femme voilée des pharisiens, en l'absence de Jésus. Elle était sous sa charge pendant son séjour là-bas et veillait sur elle, jusqu'à ce que la haine des docteurs de la Loi n'arrive chez lui et blesse Aglaé. L'homme déclare cependant qu'il n'a fait que son devoir. Le Seigneur loue son intégrité et sa droiture d'esprit. Cette note est mise dans "Pratiquer le Bien" et "Être bon" pour avoir un exemple concret dans l'EMV. Les personnages de sa famille sont anonymes.

EMV 144.1-4 · Tome 2, p. 467-470

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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144.1 Un groupe des notables samaritains conduits par Photinaï arrive à la rencontre de Jésus.

« Que Dieu soit avec toi, Rabbi. La femme nous a dit que tu es un prophète et que tu ne dédaignes pas de parler avec nous. Nous te prions de rester avec nous et de ne pas nous refuser ta parole car, s’il est vrai que nous sommes séparés de Juda, il n’est pas dit que Juda soit seul à être saint et que tout le péché soit en Samarie. Il y a des justes chez nous aussi.

– J’ai moi aussi exprimé cette idée à la femme. Je ne m’impose pas, mais je ne me refuse pas si quelqu’un me cherche.

144.2 – Tu es juste. La femme nous a dit que tu es le Christ. Est-ce vrai ? Réponds-nous, au nom de Dieu.

– Je le suis. Le temps messianique est venu. Israël est réuni par son Roi, et pas seulement Israël.

– Mais tu seras pour ceux qui... qui ne sont pas dans l’erreur comme nous, fait remarquer un vieillard imposant.

– Homme, je vois en toi le chef de tous ceux-ci et je reconnais aussi chez toi une recherche honnête de la Vérité. Maintenant, écoute, toi qui es instruit dans les lectures saintes. Il m’a été dit ce que l’Esprit a dit à Ezéchiel quand il lui annonça une mission prophétique : “ Fils de l’homme, je t’envoie aux enfants d’Israël, aux peuples rebelles qui se sont éloignés de moi... Ce sont des enfants à la tête dure et au coeur indomptable... Il peut se faire qu’ils t’écoutent, puis ne tiennent pas compte de tes paroles — qui sont mes paroles —, car c’est une maison rebelle mais, au moins, ils sauront qu’au milieu d’eux il y a un prophète. Toi, n’aie donc pas peur d’eux, que leurs discours ne t’épouvantent pas parce qu’ils sont incrédules et révoltés... Rapporte-leur mes paroles, qu’ils te prêtent l’oreille ou non. En ce qui te concerne, fais ce que je te dis. Ecoute ce que je te dis pour n’être pas rebelle comme eux. Par conséquent, mange toute nourriture que je te présenterai. ” Et moi, je suis venu. Je ne me fais aucune illusion et je ne prétends pas être reçu en triomphateur. Mais, puisque la volonté de Dieu est mon miel, je l’accomplis et, si vous voulez, je vous répète les paroles que l’Esprit a mises en moi.

– Comment l’Eternel peut-il avoir pensé à nous ?

– Parce qu’il est Amour, mon fils.

– Ce n’est pas ce que disent les rabbis de Juda.

– Mais c’est ce que vous dit le Messie du Seigneur.

144.3 – Il est dit que le Messie naîtrait d’une vierge de Juda. Toi, de qui et comment es-tu né ?

– A Bethléem Ephrata, de Marie de la race de David, par une conception spirituelle. Veuillez le croire. »

La belle voix de Jésus éclate d’un triomphe joyeux lorsqu’il proclame la virginité de sa Mère.

« Ton visage resplendit d’une grande lumière. Non, tu ne peux mentir. Les fils des ténèbres ont un visage ténébreux et l’oeil trouble. Toi, tu es lumineux, ton regard est limpide comme un matin d’avril, et ta parole est bonne. Entre dans Sychar, je t’en prie, et instruis les fils de ce peuple. Puis tu t’en iras... et nous nous souviendrons de l’Etoile qui a traversé notre ciel...

– Et pourquoi ne la suivriez-vous pas ?

– Comment veux-tu que nous le puissions ? »

Tout en parlant, ils se dirigent vers la ville.

« Nous, nous sommes les séparés. C’est du moins ce qu’on nous dit. Mais désormais nous sommes nés dans cette croyance et nous ne savons pas s’il est juste de l’abandonner. En outre... Oui, avec toi, nous pouvons parler, je le sens. Et puis, nous aussi, nous avons des yeux pour voir et un cerveau pour penser. Quand, en voyage ou pour commercer, nous passons par vos terres, tout ce que nous voyons n’est pas saint au point de nous faire croire que Dieu est avec vous, que vous soyez judéens ou galiléens.

– En vérité je te le dis : parce que les offenses et les malédictions ne vous ont pas persuadés ni ramenés à Dieu, alors que l’exemple et la charité pouvaient l’obtenir, il en sera fait un chef d’accusation contre le reste d’Israël.

– Quelle sagesse en toi ! Vous entendez ? »

Tous marquent leur assentiment par un murmure d’admiration.

144.4 Entre-temps, ils sont arrivés en ville et beaucoup d’autres personnes s’approchent tandis qu’ils se dirigent vers une maison.

« Ecoute, Rabbi. Toi qui es sage et bon, éclaire notre doute. Notre avenir peut largement en dépendre. Toi qui es le Messie, par conséquent le restaurateur du royaume de David, tu dois te réjouir de réunir ce membre séparé au corps de l’Etat. N’est-ce pas ?

– je me soucie moins de réunir les membres séparés de cet Etat caduc que de ramener à Dieu toutes les âmes, et je me réjouis de rétablir la vérité dans un coeur. Mais expose ton doute.

– Nos pères ont péché. Depuis lors, les âmes de Samarie sont mal vues de Dieu. Quel bien en obtiendrons-nous donc si nous suivons le bien ? C’est pour toujours que nous sommes lépreux aux yeux de Dieu.

– C’est votre regret, l’éternel regret, le mécontentement perpétuel de tous les schismatiques. Mais je te réponds encore avec Ezéchiel : “ Toutes les âmes sont à moi, dit le Seigneur, aussi bien la vie du père que celle du fils. Mais seule mourra l’âme qui a péché. Quiconque est juste, s’il n’est pas idolâtre, ne commet pas l’impureté, ne vole pas et n’est pas usurier, s’il fait preuve de miséricorde envers le corps et l’âme d’autrui, il sera juste à mes yeux et vivra de la vraie vie. ” Et encore : “ Si un juste a un fils rebelle, ce fils aura-t-il la vie parce que son père était juste ? Non, il ne l’aura pas. ” Et encore : “ Si le fils d’un pécheur est juste, mourra-t-il comme son père parce qu’il est son fils ? Non, il possédera la vie éternelle parce qu’il s’est montré juste. Il ne serait pas juste que l’un porte le péché de l’autre. L’âme qui a péché mourra. Celle qui n’a pas péché ne mourra pas. Et si le pécheur se repent et vient à la justice, lui aussi possédera la vraie vie. ” Le Seigneur Dieu, unique

et seul Seigneur, dit : “ Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et ait la vie. ” C’est pour cela qu’il m’a envoyé, ô fils errants : pour que vous ayez la vraie vie. Je suis la Vie. Celui qui croit en moi et en celui qui m’a envoyé aura la vie éternelle, même s’il a été pécheur jusqu’à ce jour.

– Nous voici chez moi, Maître. N’as-tu pas horreur d’y entrer ?

– Je n’ai horreur que du péché.

– Dans ce cas, viens t’y reposer. Nous partagerons ensemble le pain et puis, si cela ne te coûte pas, tu nous partageras la parole de Dieu. Venant de toi, elle a une tout autre saveur... or nous avons ici un tourment : celui de ne pas nous sentir sûrs d’être dans le vrai...

– Tout s’apaiserait si vous osiez venir ouvertement à la Vérité. Que Dieu parle en vous, habitants de cette ville. La nuit va bientôt tomber, mais demain, à la troisième heure, je vous parlerai longuement, si vous le voulez. Partez, la miséricorde vous accompagne. »

Annotation

Le vieillard qui mène les gens de Sychar et parle au Christ n'est pas nommé. Pour l'heure, nous le classons dans les personnages anonymes.

EMV 145.1 · Tome 2, p. 471-472

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus, en revanche, n’a rien qui diffère de l’ordinaire. Je dirais, au contraire, qu’il s’efforce de ne pas effrayer par sa majesté en même temps qu’il cherche à la manifester pour lever tout doute. Il caresse deux ou trois enfants dont il demande le nom et il s’intéresse à un vieil aveugle auquel il donne personnellement l’obole, répond à deux ou trois questions qu’on lui pose sur des sujets qui ne sont pas d’ordre général, mais privé.

145.2 L’un est la demande d’un père dont la fille a fait une fugue par amour et maintenant demande pardon.

« Accorde-lui immédiatement ton pardon.

– Mais j’en ai souffert, Maître ! Et encore aujourd’hui. En moins d’une année, j’ai vieilli de dix ans.

– Le pardon t’apportera du soulagement.

– Ce n’est pas possible. La blessure reste.

– C’est vrai. Mais dans la blessure il y a deux pointes qui font souffrir. L’une, c’est l’affront indéniable que tu as reçu de ta fille. L’autre, c’est l’effort que tu fais pour lui refuser ton amour. Supprime au moins cette dernière. Le pardon, qui est la forme la plus élevée de l’amour, la fera disparaître. Pense, pauvre père, que cette fille est née de toi et qu’elle a toujours droit à ton amour. Si tu la voyais malade d’une maladie physique et si tu savais qu’en ne la soignant pas toi, précisément toi, elle mourrait, la laisserais-tu mourir ? Non, certainement pas. Alors pense que toi, toi précisément, tu peux par ton pardon arrêter son mal et même l’amener à une saine estimation de l’amour. C’est que, vois-tu, c’est le côté matériel, le plus vil, qui chez elle a pris le dessus.

– Alors tu dirais que je dois pardonner ?

– Tu le dois.

– Mais comment faire pour la voir à la maison, après ce qu’elle a commis, sans la maudire ?

– Dans ce cas, tu ne lui aurais pas vraiment pardonné. Le pardon n’est pas dans l’acte de lui rouvrir la porte de la maison, mais dans celui de lui ouvrir ton cœur. Sois bon, homme. Eh quoi ! La patience que nous avons pour le bouvillon capricieux, nous ne l’aurions pas pour notre enfant ? »

145.3 Une femme, de son côté, demande s’il est bon qu’elle épouse son beau-frère pour donner un père à ses orphelins.

« Es-tu sûre qu’il serait un vrai père ?

– Oui, Maître. J’ai trois garçons. Il faut un homme pour les diriger.

– Dans ce cas, fais-le et sois pour lui une épouse fidèle comme tu l’as été pour ton premier mari. »

145.4 Un troisième lui demande s’il ferait bien ou mal d’accepter une invitation qu’il a reçue d’aller à Antioche.

« Homme, pourquoi veux-tu y aller ?

– Parce qu’ici je n’ai pas de moyens de subsistance pour moi et mes nombreux enfants. J’ai fait la connaissance d’un païen qui me prendrait parce qu’il a vu mes capacités à travailler, et il donnerait aussi du travail à mes fils. Mais je ne voudrais pas… ce scrupule te paraîtra étrange de la part d’un samaritain, mais je l’ai. Je ne voudrais pas perdre la foi. Cet homme est un païen, tu sais !

– Eh bien ? Rien ne contamine si on ne veut pas être contaminé. Va donc à Antioche et sois fidèle au vrai Dieu. Il te guidera et tu seras même un bienfaiteur pour ton maître qui reconnaîtra Dieu à ton honnêteté. »

EMV 147.2-3 · Tome 2, p. 479-481

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Voici de quoi satisfaire ceux d’entre vous qui exigeaient une demande de miracle pour être convaincus que les gens de Sychar croient en moi : cet homme qui nous suit a sûrement une bonne raison de le faire. Arrêtons-nous. »

En effet un homme s’avance. Il paraît courbé sous une lourde charge qu’il porte en équilibre sur ses épaules. Il voit que le groupe s’arrête et il s’arrête lui aussi.

« Il nous veut du mal. Il s’arrête parce qu’il voit que nous nous en sommes aperçus. Ah ! Ces samaritains !

– En es-tu certain, Pierre ?

– Absolument !

– Alors, restez ici. Moi, je vais à sa rencontre.

– Non, Seigneur, pas ça. Si tu y vas, je viens aussi.

– Alors viens. »

Jésus se dirige vers l’homme. Pierre trottine à ses côtés, à la fois curieux et hostile. Quand ils sont à quelques mètres l’un de l’autre, Jésus dit :

« Que veux-tu, homme ? Qui cherches-tu ?

– Toi.

– Pourquoi ne m’as-tu pas cherché en ville ?

– Je n’osais pas... Si tu m’avais repoussé devant tout le monde, j’en aurais éprouvé trop de douleur et de honte.

– Tu pouvais m’appeler dès que j’ai été seul avec mes disciples.

– J’espérais te rejoindre quand tu aurais été seul, comme Photinaï. J’ai aussi une grande raison d’être seul avec toi...

– Que veux-tu ? Que portes-tu sur tes épaules avec tant de peine ?

– Ma femme. Un esprit en a pris possession et a fait d’elle un corps mort et une intelligence éteinte. Je dois la faire manger, l’habiller, la porter comme un bébé. Cela l’a prise à l’improviste, sans maladie... On l’appelle la “ possédée ”. J’en souffre. Je peine et j’ai des dépenses. Regarde. »

L’homme dépose sur le sol son fardeau de chairs inertes enveloppées dans un manteau comme dans un sac et découvre le visage d’une femme encore jeune, mais qu’on pourrait croire morte si elle ne respirait pas. Les yeux clos, la bouche entrouverte... la physionomie d’une personne qui a rendu le dernier soupir.

Jésus se penche sur la malheureuse, couchée par terre ; il la regarde, regarde l’homme :

« Tu crois que je le peux ? Pourquoi le crois-tu ?

– Parce que tu es le Christ.

– Mais tu n’as rien vu qui le prouve.

– J’ai entendu ta parole. Elle me suffit.

147.3 – Pierre, tu l’entends ? A ton avis, qu’est ce que je dois faire maintenant, devant une foi aussi parfaite ?

– Mais... Maître... Toi... Moi... Bref, fais-le, toi. »

Pierre est très gêné.

« Oui. Je le fais. Homme, regarde. »

Jésus saisit la femme par la main et ordonne :

« Quitte-la. Je le veux. »

La femme, jusqu’alors inerte, est prise d’une horrible convulsion d’abord muette, mais bientôt suivie de cris et des plaintes qui se terminent par un grand cri durant lequel elle ouvre les yeux – jusqu’alors fermés. Elle se frotte les yeux comme si elle s’éveillait d’un cauchemar. Enfin elle se calme, regarde autour d’elle d’un air un peu abasourdi, et dévisage d’abord Jésus, cet inconnu qui lui sourit... elle regarde la poussière du chemin sur lequel elle est allongée, une touffe d’herbe qui a poussé au bord du chemin et sur laquelle les têtes blanc-rouge des pâquerettes sont comme des perles tout près de s’épanouir. Elle regarde la haie de cactées, le ciel si bleu, puis elle tourne les yeux et voit son mari... son mari qui la regarde avec anxiété et observe attentivement tous ses mouvements. Elle sourit et puis, avec la complète liberté qui lui est revenue, elle saute sur ses pieds et se réfugie sur la poitrine de son époux, qui la caresse et l’embrasse en pleurant.

« Comment se fait-il que je sois ici ? Pourquoi ? Qui est cet homme ?

– C’est Jésus, le Messie. Tu étais malade. Il t’a guérie. Dis-lui que tu l’aimes bien.

– Oh oui ! Merci... Mais qu’est-ce que j’avais ? Mes enfants... Simon... Je ne me souviens pas d’hier, mais je me rappelle que j’ai des enfants... »

Jésus parle :

« Il ne faut pas te rappeler hier. Souviens-toi toujours d’aujourd’hui. Et sois bonne. Adieu. Soyez bons et Dieu sera avec vous. »

Et Jésus, suivi par les bénédictions du couple, se retire rapidement. Quand il rejoint les autres, toujours adossés à la haie, il ne leur parle pas. Mais il s’adresse à Pierre :

« Et maintenant, toi qui étais sûr que cet homme voulait me faire du mal, que dis-tu ? Simon, Simon ! Que de choses il te manque encore pour être parfait ! Que de choses il vous manque ! Excepté l’idolâtrie évidente, vous avez tous les péchés de ces gens-là, auxquels s’ajoute l’orgueil dans vos jugements. Maintenant, prenons notre repas. Nous ne pouvons arriver où je voulais avant la nuit. Nous dormirons dans quelque grange à foin si nous ne trouvons pas mieux. »

Les Douze, avec au coeur le sentiment du reproche, s’asseyent sans parler et mangent leurs provisions. Le soleil d’une journée paisible illumine la campagne qui descend en douces ondulations vers une plaine.

Détail

Jésus et le groupe apostolique quittent la Samarie. Les apôtres sont grognons à cause de leur fierté d'Israélites et disent qu'il y a peu de foi en l'absence de demande de miracle. Pierre est par ailleurs sûr et certain qu'un Samaritain les suit pour faire du mal au Christ. Mais en fait, le pauvre homme a une femme possédée...

Annotation

Voici de quoi satisfaire ceux d’entre vous qui exigeaient une demande de miracle pour être convaincus que les gens de Sychar croient en moi : cet homme qui nous suit a sûrement une bonne raison de le faire. Jésus fait ici référence à Thomas, qui reprochait aux samaritains de ne pas avoir demandé de miracles dans l'EMV 147.1.

La femme de Simon le samaritain n'est pas nommée dans l'Oeuvre. Elle est classée dans les personnages anonymes.

EMV 151.1-3 · Tome 2, p. 492-495

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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151.1 Jésus se dirige peut-être vers le lac, il se rend sûrement à Cana. Il prend la direction de la maison de Suzanne. Ses cousins l’accompagnent.

Arrivés à la maison, ils se reposent et se restaurent. Les parents et les amis de Cana l’écoutent comme on devrait toujours le faire. Jésus instruit simplement ces braves gens et console l’époux de Suzanne – qui doit être malade car elle n’est pas là et j’entends qu’on parle avec insistance de ses souffrances (...).

[L'officier de Capharnaüm arrive, demande la guérison de son enfant, et Jésus le guérit à distance.]

151.2 « Mais il est vraiment guéri, ce garçon ? demande l’époux de Suzanne.

– Tu t’imagines que je mens ?

– Non, Seigneur. Mais tu es ici, et l’enfant est là-bas.

– Il n’y a pas de barrière pour mon esprit, ni de distance.

– Dans ce cas, mon Seigneur, toi qui as changé l’eau en vin à mes noces, change mes pleurs en sourire. Guéris Suzanne.

– Que me donneras-tu en échange ?

– La somme que tu veux.

– Je ne souille pas ce qui est saint avec le sang de Mammon. Je demande à ton âme ce qu’elle va me donner.

– Moi-même, si tu veux.

– Et si je te demandais, sans discussion, un grand sacrifice ?

– Mon Seigneur, je te demande la santé physique de mon épouse et notre sanctification à tous. Je crois que, pour l’obtenir, aucun sacrifice ne me serait trop grand ...

– Tu souffres pour ta femme. Mais si je la ramenais à la vie, en la conquérant pour toujours comme disciple, que dirais-tu ?

– Que... que tu en as le droit... et que... et que j’imiterai la promptitude d’Abraham à accomplir son sacrifice.

– Tu as bien parlé.

151.3 Ecoutez tous : le moment de mon sacrifice s’approche. Comme l’eau, il court rapidement et sans arrêt vers l’embouchure. Il me faut accomplir tout ce que je dois faire. Or la dureté des hommes me ferme un large champ de mission. Ma Mère et Marie, femme d’Alphée, viendront avec moi quand je m’éloignerai pour aller au milieu de populations qui ne m’aiment pas encore, ou ne m’aimeront jamais. Ma sagesse sait que les femmes pourront aider le Maître dans ce domaine interdit. Je suis venu racheter aussi la femme, et, dans le siècle à venir, dans mon ère, on verra les femmes semblables à des prêtresses servir le Seigneur et les serviteurs de Dieu. J’ai choisi mes disciples. Mais pour choisir les femmes qui ne sont pas libres, je dois les demander à leurs pères et à leurs époux. Acceptes-tu ?

– Seigneur... j’aime Suzanne et jusqu’à présent je l’ai aimée plus comme chair que comme âme. Mais, grâce à ton enseignement, quelque chose déjà est changé en moi et je vois en ma femme une âme aussi, en plus d’un corps. L’âme appartient à Dieu, et tu es le Messie, Fils de Dieu. Je ne puis te disputer le droit sur ce qui appartient à Dieu. Si Suzanne veut te suivre, je ne m’y opposerai pas. Seulement, je t’en prie, opère le miracle de la guérir dans sa chair, et moi dans mes sens...

– Suzanne est guérie. Elle viendra dans quelques heures te partager sa joie. Laisse son âme suivre son impulsion sans parler de ce que je t’ai dit. Tu verras que son âme viendra à moi avec la spontanéité de la flamme qui tend vers le haut. Et cela ne fera pas mourir son amour d’épouse pour autant, au contraire il s’élèvera à son plus haut degré : aimer avec ce qu’il y a de meilleur en nous, l’esprit.

– Suzanne t’appartient, Seigneur. Elle devait mourir lentement, avec de grandes souffrances. Et une fois morte, je l’aurais vraiment perdue sur la terre. Les choses étant comme tu dis, je l’aurai encore à mes côtés pour me conduire sur tes chemins. Dieu me l’a donnée et Dieu me l’enlève. Que le Très-Haut soit béni pour le don qu’il m’a fait et celui qu’il me demande. »

Détail

On parle de Suzanne et son époux (dont on ne connait pas le nom) prend la parole pour demander un miracle au Seigneur.

Annotation

Les parents et les amis de Cana : Explique la présence de Jésus aux noces de Cana. Selon Marie d'Agréda (La Cité mystique de Dieu – Livre 6, Chapitre 1, § 1033, page 336) et Anne-Catherine Emmerich (Vie de Marie - pages 394 et 395), l'époux de Cana lui était parent du côté d'Anne, la mère de la Vierge Marie.

EMV 155.4-5 · Tome 2, p. 509-511

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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155.4 Une femme grande et plantureuse appelle Lucius qui quitte Jésus en s’écriant : « Maman ! » et il lance à la femme :

« J’ai un grand ami, tu sais ? C’est un maître ! ... »

Au lieu de s’éloigner avec son fils, la femme vient vers Jésus et l’interroge :

« Salut. C’est toi, l’homme de Galilée qui parlait hier au port ?

– Oui, c’est moi.

– Alors attends-moi là. Je reviens tout de suite. »

Et elle s’en va avec l’enfant.

Entre-temps les autres apôtres sont arrivés, sauf Matthieu et Jean. Ils demandent :

« Qui était-ce ?

– Une romaine, je crois, répondent Simon et les autres.

– Et que voulait-elle ?

– Elle nous a dit d’attendre ici. Nous n’allons pas tarder à le savoir. »

Cependant, des gens se sont approchés et attendent avec curiosité.

La femme revient avec d’autres romains.

« Tu es donc le Maître ? » interroge un homme qui semble être le serviteur d’une maison riche. Après confirmation, il demande :

« Cela t’ennuierait-il de guérir la petite fille d’une amie de Claudia ? L’enfant est mourante car elle s’étouffe et le médecin ne sait pas de quoi elle meurt. Hier soir, elle était en bonne santé. Ce matin, elle est à l’agonie.

– Allons-y. »

Ils font quelques pas dans une rue qui mène à l’endroit où ils étaient hier et arrivent au portail grand ouvert d’une maison habitée, semble-t-il, par des romains.

« Attends un moment. »

L’homme entre rapidement et revient aussitôt en disant :

« Viens. »

155.5 Mais, avant même que Jésus puisse entrer, une jeune femme d’aspect distingué, mais visiblement au désespoir en sort. Elle tient dans les bras une petite fille de quelques mois qui s’abandonne, livide comme un noyé. A mon avis, elle a une diphtérie aiguë et est sur le point de mourir. La femme se réfugie sur la poitrine de Jésus, comme un naufragé sur un écueil. Ses pleurs sont tels qu’elle ne peut parler.

Jésus prend l’enfant qui a de petits mouvements convulsifs dans ses menottes cireuses aux ongles déjà violets. Il la lève. Sa petite tête pend sans force, en arrière. Sa mère, sans montrer le moindre orgueil d’une romaine devant un hébreu, s’est laissée glisser dans la poussière aux pieds de Jésus, et elle sanglote, le visage levé, les cheveux à moitié dénoués, les bras tendus agrippés au vêtement et au manteau de Jésus. Derrière et autour d’eux, des romains de la maison et des hébreux de la ville regardent.

Jésus mouille son index droit avec de la salive, le glisse dans la petite bouche haletante, et l’enfonce profondément. La fillette se débat et devient encore plus noire. Sa mère crie : « Non ! Non ! » et semble se tordre sous un couteau qui la transperce. Les gens retiennent leur souffle.

Mais le doigt de Jésus sort avec un amas de membranes purulentes. La fillette ne se débat plus et après avoir versé quelques larmes, se calme avec un sourire innocent, agitant ses menottes et remuant les lèvres comme un oiseau qui pépie en battant des ailes, dans l’attente de la becquée.

« Prends-la, femme. Donne-lui ton lait. Elle est guérie. »

La mère [Valeria] est tellement abasourdie qu’elle prend la petite et, restant comme elle est, dans la poussière, elle l’embrasse, la caresse, lui donne le sein, folle, oublieuse de tout ce qui n’est pas sa petite fille.

Un romain demande à Jésus :

« Mais comment as-tu pu ? Je suis le médecin du proconsul et je suis savant. J’ai essayé d’enlever l’obstacle, mais il était vraiment trop enfoncé ! Et toi... juste comme ça...

– Tu es savant, mais tu n’as pas le vrai Dieu avec toi. Qu’il en soit béni ! Adieu. »

Détail

Guérison d'une petite-fille qui s'est étouffée et qui a peut-être une diphtérie.

Annotation

Le serviteur en EMV 155.4 et le médecin du proconsul ne sont pas nommés. Nous les classons donc dans les personnages anonymes.

EMV 173.5 · Tome 3, p. 120-121

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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173.5 – Maître, tu fais le contraire de ce que tu dis ! »

L’insulte, hargneuse et imprévue, provient du milieu de la foule. Tous se tournent vers cette voix. Il y a de la confusion.

Pierre bougonne :

« Je te l’avais bien dit ! Eh ! Quand il y a un de ceux-là… rien ne va plus ! »

Dans la foule, on siffle l’insulteur, on le hue. Jésus est le seul à rester calme. Il a croisé les bras sur sa poitrine et se tient droit, le front éclairé par le soleil, droit sur son rocher, dans son vêtement bleu foncé.

L’insulteur continue, sans se soucier des réactions de la foule :

« Tu es un mauvais maître car tu enseignes ce que tu ne fais pas et…

– Tais-toi ! Va-t’en ! Honte à toi ! » crie la foule. Ou encore :

« Va trouver tes scribes ! A nous, le Maître nous suffit. Les hypocrites avec les hypocrites ! Faux maîtres ! Usuriers !… »

Ils continueraient bien, si Jésus ne leur intimait d’une voix de tonnerre :

« Silence ! Laissez-le parler ! »

Certes, les gens ne crient plus, mais ils marmonnent leurs reproches accompagnés d’œillades furieuses.

« Oui. Tu enseignes ce que tu ne fais pas. Tu dis qu’on doit faire l’aumône sans être vus et, hier, en présence de plein de monde, tu as dit à deux pauvres : “ Restez, je vais vous rassasier. ”

– J’ai dit : “ Que les deux pauvres restent. Ils seront nos hôtes bénis et donneront de la saveur à notre pain. ” Rien de plus. Je n’ai pas prétendu vouloir les rassasier. Quel est le pauvre qui n’a pas au moins un pain ? C’était pour nous une joie de leur donner notre bonne amitié.

– Hè oui ! Tu es astucieux et tu sais faire l’agneau !… »

Le vieillard se lève, se retourne et, levant son bâton, il crie :

« Langue infernale, toi qui accuses le Saint, tu crois peut-être tout connaître et pouvoir accuser avec ce que tu sais ? De même que tu ignores qui est Dieu et qui est celui que tu insultes, tu ignores ses actes. Il n’y a pour les connaître que les anges et mon cœur tout en joie. Ecoutez, hommes, écoutez tous et voyez si Jésus est le menteur et l’orgueilleux que cette balayure du Temple veut dire. Lui…

– Tais-toi, Ismaël ! Tais-toi par amour pour moi ! Si je t’ai rendu heureux, fais-en de même à mon égard en te taisant, implore Jésus.

– Je t’obéis, Fils saint. Mais laisse-moi dire cette seule chose : la bénédiction du vieux juif fidèle est sur Celui dont j’ai reçu les bienfaits de la part de Dieu. Cette bénédiction, Dieu l’a mise sur mes lèvres pour moi et pour Sarah, ma nouvelle fille. Mais sur ta tête, il n’y aura pas de bénédiction. Je ne te maudis pas. Je ne souille pas par une malédiction ma bouche qui doit dire à Dieu : “ Accueille-moi. ” Je n’ai même pas maudit celle qui m’a renié et déjà Dieu m’en récompense. Mais il y aura quelqu’un pour prendre en main la cause de l’Innocent qu’on accuse et d’Ismaël, l’ami de Dieu qui le bénit. »

Une vraie clameur s’élève à la fin du discours du vieillard qui se rassied, tandis qu’un homme s’esquive et s’éloigne, accablé de reproches.

Puis la foule crie à Jésus :

« Continue, continue, Maître saint ! Nous, nous n’écoutons que toi, et toi, écoute-nous. N’écoute pas ces corbeaux maudits ! Ils sont jaloux que nous t’aimions plus qu’eux ! Tu as en toi la sainteté, eux la perversité. Parle, parle ! Tu vois que nous ne désirons rien d’autre que ta parole. Maisons, commerces, tout cela n’est rien pour qui veut t’entendre.

– Oui, je vais parler. Mais ne vous faites pas de soucis. Priez pour ce malheureux. Pardonnez comme je pardonne, car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père des Cieux vous pardonnera vos péchés à vous aussi. Mais si vous gardez de la rancune et ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. Or tout le monde a besoin de pardon.

Détail

Jésus donne une prédication. On l'interrompt.

Annotation

Pierre bougonne : « Je te l’avais bien dit ! Eh ! Quand il y a un de ceux-là… rien ne va plus ! » Il avait en effet prévenu Jésus de la présence de ce personnage en 173.1.

Jésus évoque cette interruption le lendemain (dans l'EMV 174).

"Tais-toi, Ismaël ! Tais-toi par amour pour moi !" (...)

"Cette bénédiction, Dieu l’a mise sur mes lèvres pour moi et pour Sarah, ma nouvelle fille. " C'est ainsi qu'on apprend les noms des deux malheureux, Ismaël et Sarah, recueillis la veille. Voir le chapitre précédent.

EMV 174.2 · Tome 3, p. 125-126

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Les gens ne cessent d’affluer. Il en monte de tous côtés : des vieillards, des bien portants, des malades, des bébés, des époux qui veulent débuter dans leur vie avec la bénédiction de la parole de Dieu, des mendiants, des gens aisés qui hèlent les apôtres et donnent leur offrande pour ceux qui n’ont rien, et qui semblent se confesser tant ils se dissimulent pour le faire.

Thomas a pris un de leurs sacs de voyage et y verse tranquillement tout ce trésor de pièces de monnaie comme si c’était du grain pour les poules, puis il porte le tout près du rocher d’où Jésus va parler et, tout joyeux, dit en riant :

« Réjouis-toi, Maître ! Aujourd’hui il y en a pour tous ! »

Jésus répond en souriant :

« Et nous allons commencer immédiatement afin que ceux qui sont tristes puissent se réjouir dès maintenant. Toi et tes compagnons, repérez les malades et les pauvres et amenez-les devant. »

Cela se fait en un temps relativement court car il faut écouter le cas des uns et des autres, et cela aurait duré beaucoup plus longtemps sans l’organisation pratique de Thomas qui grimpe sur un rocher pour être visible et crie de sa voix puissante :

« Que tous ceux qui souffrent physiquement aillent à ma droite, là où il y a de l’ombre. »

Judas, doté lui aussi d’une voix d’une puissance et d’une beauté peu communes, l’imite et crie à son tour :

« Que tous ceux qui croient avoir droit à l’obole viennent ici, autour de moi. Et veillez bien à ne pas mentir car l’œil du Maître lit dans les cœurs. »

La foule s’agite et se sépare en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.

EMV 174.2-7 · Tome 2, p. 126-131

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La foule s’agite et se sépare en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.

Mais, parmi ces derniers, deux, puis trois semblent avoir besoin de quelque chose qui n’est ni la santé, ni l’argent, mais qui est plus nécessaire. Il s’agit d’une femme et de deux hommes. Ils regardent les apôtres, mais n’osent parler. (...)

Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

La femme, qui paraît tout en peine, ose tirer le vêtement de Jean qui parle avec André et sourit.

Il se penche et lui demande :

« Que veux-tu, femme ?

– Je voudrais parler au Maître…

– Es-tu malade ? Tu n’es pas pauvre…

– Je ne suis ni malade ni pauvre, mais j’ai besoin de lui… car il existe des maux sans fièvre et des misères sans pauvreté, or la mienne… la mienne… »

Elle pleure.

« Tu vois, André, cette femme a de la peine et elle voudrait le dire au Maître. Comment allons-nous faire ? »

André regarde la femme et dit :

« C’est sûrement quelque chose dont elle souffre, tant qu’elle ne lui en aura pas parlé… »

La femme approuve d’un signe de tête. André reprend :

« Ne pleure pas… Jean, conduis-la à notre tente. J’y amènerai le Maître. »

Tout sourire, Jean demande qu’on le laisse passer pendant que, dans la direction opposée, André se dirige vers Jésus.

Mais les deux hommes affligés observent la manœuvre : l’un d’eux arrête Jean, l’autre arrête André, et, peu après, ils se retrouvent tous deux avec Jean et la femme derrière l’abri de feuillage qui sert de mur à la tente.

André rejoint Jésus au moment où il guérit l’estropié, qui lève ses béquilles comme deux trophées avec l’agilité d’un danseur tout en criant sa bénédiction. André lui murmure :

« Maître, derrière notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cœur qui ne peuvent être rendues publiques…

– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

André s’éloigne (...). Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »

Jésus se dirige vers la tente.

Judas s’écrie :

« Maître ! Et eux ? »

Jésus se retourne :

« Qu’ils attendent là où ils sont. Eux aussi seront consolés. »

Et il s’en va rapidement derrière les feuillages, là où se trouvent, avec André et Jean, les trois personnes en peine.

« D’abord la femme. Viens avec moi dans ces buissons. Parle sans crainte.

– Seigneur, mon mari m’a abandonnée pour une prostituée. J’ai cinq enfants et le dernier a deux ans… Ma douleur est grande… et je pense à mes enfants… Je ne sais s’il les voudra ou s’il me les laissera. Il voudra les garçons, l’aîné du moins… Et moi, qui l’ai mis au monde, ne dois-je plus avoir la joie de le voir ? Et que penseront-ils de leur père ou de moi ? Ils doivent penser du mal de l’un de nous. Or moi, je ne voudrais pas qu’ils jugent leur père…

– Ne pleure pas. Je suis le Maître de la vie et de la mort. Ton mari n’épousera pas cette femme. Va en paix et sois toujours bonne.

– Mais… tu ne le tueras pas ? Oh ! Seigneur, je l’aime ! »

Jésus sourit :

« Je ne tuerai personne. Mais il y aura quelqu’un qui fera son métier. Sache que le démon n’est pas au-dessus de Dieu. A ton retour dans ta ville, tu apprendras que la personne malfaisante a été tuée et de façon telle que ton mari comprendra ce qu’il allait faire ; alors, il t’aimera d’un amour renouvelé. »

La femme baise la main que Jésus lui avait posée sur la tête et part.

174.6 Arrive l’un des deux hommes :

« J’ai une fille, Seigneur. Malheureusement, elle est allée à Tibériade avec des amies et c’est comme si elle avait absorbé du poison. Elle m’est revenue comme ivre. Elle voulait partir avec un grec… et puis… Mais pourquoi m’est-elle née ? Sa mère en est malade de chagrin, peut-être en mourra-t-elle… Quant à moi… il n’y a que tes paroles que j’ai entendues l’hiver dernier qui me re­tiennent de la tuer. Mais, je te l’avoue, mon cœur l’a déjà maudite.

– Non. Dieu, qui est Père, ne maudit que pour un péché accompli et obstiné. Qu’attends-tu de moi ?

– Que tu l’amènes au repentir.

– Je ne la connais pas, et elle ne vient sûrement pas à moi.

– Mais toi, tu peux, même de loin, changer les cœurs ! Sais-tu qui m’envoie vers toi ? Jeanne, femme de Kouza. Elle allait partir pour Jérusalem quand je suis allé à son palais lui demander si elle connaissait ce grec infâme. Je pensais qu’elle ne le connaissait pas parce qu’elle est bonne, bien qu’elle vive à Tibériade, mais puisque Kouza fréquente les païens… Elle ne le connaît pas, mais elle m’a dit : “ Va trouver Jésus. Il a rappelé mon âme de bien loin, et il m’a guérie de ma phtisie par ce rappel. Il guérira aussi le cœur de ta fille. Je vais prier ; quant à toi, aie foi. ” J’ai foi, tu le vois. Aie pitié, Maître.

– D’ici ce soir, ta fille pleurera sur les genoux de sa mère en lui demandant pardon. Toi aussi, sois bon comme sa mère : pardonne. Le passé est mort.

– Oui, Maître, comme tu veux ; sois béni. »

Il se retourne pour s’en aller… puis revient sur ses pas :

« Pardon, Maître… mais j’ai si peur… La luxure, c’est un tel démon ! Donne-moi un fil de ton vêtement. Je le mettrai au chevet de ma fille. Pendant son sommeil, le démon ne la tentera pas.

Jésus sourit en hochant la tête… mais il satisfait l’homme en lui disant :

« C’est pour que tu sois plus tranquille. Mais crois bien que lorsque Dieu dit : “ Je veux ”, le diable s’en va sans qu’il y ait besoin d’autre chose. Je veux que tu gardes cela en souvenir de moi. »

Et il lui donne une petite touffe de ses franges.

174.7 Le troisième homme se présente :

« Maître, mon père est mort. Nous croyions qu’il avait beaucoup d’argent. Nous n’en avons pas trouvé. Et ce ne serait que demi-mal car entre frères nous ne manquons pas de pain. Mais moi, étant l’aîné, je vivais avec mon père. Mes deux frères m’accusent d’avoir fait disparaître l’argent et ils veulent me faire un procès pour vol. Tu vois mon cœur. Je n’ai pas volé le moindre sou. Mon père gardait ses deniers dans un coffret, dans une cassette en fer. A sa mort, nous avons ouvert le coffret et la cassette n’y était plus. Ils prétendent : “ C’est toi qui l’as prise cette nuit, pendant que nous dormions. ” Ce n’est pas vrai. Aide-moi à rétablir la paix et l’estime entre nous. »

Jésus le regarde fixement et sourit.

« Pourquoi souris-tu, Maître ?

– Parce que le coupable, c’est ton père : une faute d’enfant qui cache son jouet pour qu’on ne le lui prenne pas.

– Mais il n’était pas avare, tu peux le croire. Il faisait du bien.

– Je le sais, mais il était très âgé… Ce sont les maladies des vieillards… Il voulait mettre son argent à l’abri dans votre intérêt et il a mis la brouille entre vous par excès d’affection. La cassette est enterrée au pied de l’escalier de la cave. Je te le dis pour que tu saches que je le sais. Pendant que je te parle, par pur hasard, ton frère cadet en frappant le sol avec colère l’a fait vibrer et ils l’ont découverte. Ils sont confus et regrettent de t’avoir accusé. Retourne tranquillement chez toi et sois gentil avec eux. Ne leur reproche pas leur manque d’estime.

– Non, Seigneur. Je n’y vais même pas. Je reste à t’écouter. Je partirai demain.

– Et s’ils t’enlèvent de l’argent ?

– Tu dis qu’il ne faut pas être avide. Je ne veux pas l’être. Il me suffit que la paix règne entre nous. Du reste… je ne savais pas ce qu’il y avait dans la cassette et je ne me mettrai pas en peine pour une déclaration inexacte. Je pense que cet argent aurait pu être perdu… S’ils me le refusent, je vivrai maintenant comme je vivais auparavant. Il me suffit qu’ils ne me traitent pas de voleur.

– Tu es très avancé sur le chemin de Dieu. Continue et que la paix soit avec toi. »

Et lui aussi repart satisfait.

Annotation

Ton mari n’épousera pas cette femme. (...) A ton retour dans ta ville, tu apprendras que la personne malfaisante a été tuée et de façon telle que ton mari comprendra ce qu’il allait faire ; alors, il t’aimera d’un amour renouvelé. Cette femme viendra remercier Jésus à l’automne de la deuxième année, lors de son passage à Bozra. Cf. EMV 293.1.

Il n’y a que tes paroles que j’ai entendues l’hiver dernier qui me re­tiennent de la tuer. C'est donc probablement un des pèlerins de "La Belle Eau". 

EMV 174.3-4 · Tome 3, p. 126-128

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Barthélemy arrive, âgé et sérieux ; puis ce sont Matthieu et Philippe qui portent dans leurs bras un estropié qui aurait eu trop de mal à se frayer un passage dans la foule compacte ; ensuite, voici les cousins du Seigneur qui donnent le bras à un mendiant presque aveugle et à une pauvre femme, de je ne sais quel âge, qui pleure en racontant à Jacques tous ses malheurs ; puis c’est Jacques, fils de Zébédée, qui tient dans les bras une pauvre fillette, certainement malade, qu’il a prise à sa mère ; celle-ci, anxieuse, le suit pour empêcher la foule de lui faire du mal. (...) Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

André rejoint Jésus au moment où il guérit l’estropié, qui lève ses béquilles comme deux trophées avec l’agilité d’un danseur tout en criant sa bénédiction. André lui murmure :

« Maître, derrière notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cœur qui ne peuvent être rendues publiques…

– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

André s’éloigne tandis que Jésus se penche sur la fillette que la mère a reprise sur son sein :

« Comment t’appelles-tu ? lui demande Jésus.

– Marie.

– Et moi, comment est-ce que je m’appelle ?

– Jésus, répond la fillette.

– Et qui suis-je ?

– Le Messie du Seigneur venu pour faire du bien aux corps et aux âmes.

– Qui te l’a dit ?

– papa et Maman, qui espèrent en toi pour que je vive.

– Vis et sois bonne. »

La fillette, je pense, souffrait de la colonne vertébrale car, bien qu’elle ait sept ans – sinon plus –, elle ne bougeait que les mains, et elle était serrée des aisselles aux hanches par des grosses bandes très dures. On les voit car sa mère a ouvert le petit vêtement pour les montrer. La fillette reste immobile pendant quelques minutes, puis elle sursaute, glisse du sein de sa mère par terre et court vers Jésus qui est en train de guérir la femme dont je ne comprends pas le cas.

Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »