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Joseph de Jacob (saint Joseph)

Thème : Personnages principaux et secondaires · Page 4 sur 13

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EMV 22.7-8 · Tome 1, p. 145-146

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Comme je vais l’aimer, mon enfant ! Mon fils ! 22.8 Joseph aussi l’aimera !

– Mais il va falloir que tu l’apprennes à Joseph ! »

Marie s’assombrit et soupire.

« Il faudra bien qu’il le sache... J’aurais voulu que le Ciel le lui annonce, parce que c’est bien difficile à expliquer.

– Veux-tu que je me charge de le lui dire ? Nous le ferons venir pour la circoncision de Jean...

– Non. J’ai remis à Dieu le soin de l’instruire de son heureux sort de père nourricier du Fils de Dieu, et il le fera. L’Esprit m’a dit, ce soir-là : “ Tais-toi. Confie-moi la tâche de te justifier. ” Il le fera. Dieu ne ment jamais. C’est une grande épreuve. Mais avec l’aide de l’Eternel, elle sera surmontée. En dehors de toi, à qui l’Esprit l’a révélé, personne ne doit savoir ce que la bienveillance du Seigneur a fait pour sa servante.

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Marie parle de son enfant et elle dit :

EMV 25 · Tome 1, p. 160-167

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : La présentation de Jean-Baptiste au Temple et départ de Marie. La Passion de Joseph.

Date de la vision et de la dictée : Mercredi 5 et jeudi 6 avril 1944 (Semaine sainte)

Calendrier : Mardi 13 août de l'an -5

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie, Elisabeth et Zacharie sont à Jérusalem pour la présentation de Jean-Baptiste au Temple. A leur arrivée, Marie s'enquiert de Joseph auprès d'une écurie où tous les pèlerins doivent passer, mais le saint homme n'est pas là. Le groupe continue donc son chemin au Temple.

Le rite de purification a lieu et les prêtres sont heureux de donner cette fête pour l'un des leurs. Le peuple est étonné que ce soit Elisabeth qui est la mère : ils pensent tous au début que Marie est la génitrice de Jean. Mais ils se rendent compte que ce n'est pas possible puisque celle-ci est déjà enceinte, alors que Jean n'a que quelques jours. Quand c'est Elisabeth qui présente le petit au Temple, le doute n'est plus permis et tous s'en étonnent.

Le rite s'achève et Joseph n'est toujours pas là. Zacharie propose alors d'attendre chez les parents de Zébédée, ainsi, si le charpentier n'arrive pas, son épouse pourra remonter en Galilée avec des pécheurs qui passent par cette maison. Ils attendent néanmoins le plus longtemps possible et Joseph finit par arriver.

Il salue la Vierge avec joie et respect et souhaite voir l'enfant. Elisabeth et Zacharie exaucent son désir, puis, ils prennent congé. Saint Joseph propose alors à la Pleine de Grâce de partir de nuit, pour que le voyage soit plus agréable pour elle. Elle marque son accord. C'est en se préparant que Joseph se rend compte de la grossesse de Marie. Mais il ne dit mot...

Ensuite, Marie donne une dictée sur la Passion de Joseph. Elle explique que cette dernière dura trois jours, mais qu'elle fut intense : la Vierge dut notamment lutter contre la tentation du découragement. Elle voyait en effet la souffrance de son époux, mais elle ne pouvait en aucun cas la soulager pour obéir au commandement de Dieu, qui lui avait dit de se taire. Marie se tut et Joseph souffrit, mais il était saint, et c'est pour cette raison que Dieu lui accorda ses lumières.

Enfin, Marie nous enjoint toujours à prier pour obtenir une grâce et d'agir avec confiance, en tout lieu, en tout temps.

Contenu du chapitre : 25.1 : Arrivée au Temple, Marie est étonnée de ne pas voir Joseph. 25.2 : Zacharie reçu avec les honneurs. La foule étonnée de l’âge de la mère. 25.3 : Marie ne trouve pas Joseph à l'hôtellerie. Elle l’attend chez les parents de Zébédée. 25.4 : Arrivée de Joseph qui s'excuse. 25.5 : Il s'inquiète pour Marie. 25.6 : Départ de Zacharie et d'Élisabeth. Marie retrouvera un jardin magnifique. 25.7 : Départ de nuit de Joseph qui remarque l’état de Marie. 25.8 : La douleur d’amante est le plus grand don que Dieu puisse faire à celui qui croit en son Fils. 25.9 : Joseph eut aussi sa Passion. La souffrance de Marie à ce moment. 25.10 : La grande sainteté de Joseph. 25.11 : Vous aussi vous avez à vivre votre passion. 25.12 : Après Pâques (1944), ce sera le silence devant la douleur du Rédempteur.

EMV 25.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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25.1 Dans la nuit du mercredi au jeudi de la semaine sainte, je reçois la vision suivante :

D’un chariot confortable, auquel la monture de Marie est aussi attelée, je vois descendre Zacharie, Elisabeth, Marie qui tient dans ses bras le petit Jean, ainsi que Samuel avec un agneau et une colombe en cage. Ils descendent, pour y laisser leurs montures, devant l’écurie habituelle où doivent s’arrêter tous les pèlerins qui se rendent au Temple.

Marie appelle le petit homme qui en est propriétaire et lui demande si aucun Nazaréen n’est arrivé la veille ou aux premières heures de la matinée.

« Personne, femme », répond le petit vieux.

Marie s’en étonne, mais n’ajoute rien.

Elle confie son âne à Samuel pour qu’il s’en occupe, puis rejoint les deux parents âgés et explique le retard de Joseph :

« Quelque chose l’aura retenu. Mais il arrivera certainement aujourd’hui. »

Elle reprend l’enfant, qu’elle avait confié à Elisabeth, et ils s’approchent du Temple.

EMV 25.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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25.3 Une fois les félicitations terminées, la plupart reprennent la route ; Marie veut retourner à l’écurie pour voir si Joseph est arrivé. Mais non. Elle est déçue et pensive.

Elisabeth se fait du souci pour elle.

« Nous pouvons rester jusqu’à la sixième heure, mais ensuite nous devrons partir pour arriver à la maison avant la première veille. Jean est encore trop petit pour rester la nuit tombée. »

Calme mais triste, Marie lui répond :

« Je resterai dans une cour du Temple. J’irai voir mes maîtresses... Je ne sais. Je trouverai bien quelque chose à faire. »

Zacharie intervient et présente un projet aussitôt accepté comme une bonne solution :

« Allons chez les parents de Zébédée. C’est sûrement là que Joseph ira te chercher et, s’il ne devait pas venir, il te serait aisé de trouver quelqu’un pour t’accompagner en Galilée car il y a, dans cette maison, un continuel va-et-vient de pêcheurs de Génésareth. »

Ils prennent l’âne et se rendent chez ces parents de Zébédée, qui ne sont autres que ceux qui ont accordé l’hospitalité à Joseph et à Marie quatre mois plus tôt.

Les heures passent vite et Joseph n’arrive toujours pas. Marie domine son inquiétude en berçant le bébé, mais on voit qu’elle est songeuse. En dépit de la chaleur intense qui les fait tous transpirer, elle n’a jamais retiré son manteau, comme pour cacher son état.

25.4 Enfin, un grand coup à la porte annonce Joseph. Marie, rassérénée, resplendit.

Joseph la salue, parce qu’elle est la première à se présenter et à s’incliner respectueusement.

« Que la bénédiction de Dieu soit sur toi, Marie !

– Sur toi aussi, Joseph. Dieu soit loué, tu es venu. Zacharie et Elisabeth allaient partir, pour arriver chez eux avant la tombée de la nuit.

– Ton messager est arrivé à Nazareth pendant que j’étais à Cana pour des travaux. J’en ai été informé avant-hier soir, et je suis parti sur-le-champ. Mais bien que je ne me sois pas arrêté en chemin, j’ai pris du retard parce que l’âne avait perdu un fer. Pardonne-moi !

– C’est à toi de me pardonner d’être restée si longtemps ab­sente de Nazareth ! Mais regarde : ils étaient si heureux de m’avoir chez eux que j’ai voulu leur faire plaisir jusqu’à maintenant.

– Tu as bien fait, femme. Où se trouve l’enfant ? »

Ils pénètrent dans la pièce où se tient Elisabeth, qui allaite Jean avant de prendre la route. Joseph complimente les parents pour la robustesse de l’enfant qui crie et se débat comme un écorché vif lorsqu’on l’enlève du sein pour le montrer à Joseph. Tous rient devant ses protestations. Les parents de Zébédée, accourus pour apporter des fruits frais, du lait et du pain pour tout le monde, ainsi qu’un grand plat de poisson, rient eux aussi et se mêlent à la conversation des autres.

25.5 Marie parle très peu. Elle reste tranquille, silencieuse, assise dans son coin, les mains sur la poitrine sous son manteau. Même lorsqu’elle boit une tasse de lait et mange une grappe de raisin doré accompagné d’un peu de pain, elle parle peu et ne bouge guère. Elle regarde Joseph avec un mélange de peine et d’inquiétude.

Il la regarde lui aussi. Après quelque temps il se penche sur son épaule et dit :

« Tu es fatiguée ? Tu souffres ? Tu es pâle et triste.

– Cela me fait de la peine de me séparer du petit Jean. Je l’aime bien. Je l’ai tenu sur mon coeur, à peine né... »

Joseph ne pose pas d’autre question.

L’heure est venue pour Zacharie de partir. Le chariot s’arrête devant la porte et tous s’en approchent. Les deux cousines s’étreignent avec amour. Marie embrasse encore et encore le bébé avant de le déposer sur le sein de sa mère, déjà assise dans le chariot, puis elle salue Zacharie et lui demande sa bénédiction. Lorsqu’elle s’agenouille devant le prêtre, son manteau glisse de ses épaules et, sous la vive lumière de cet après-midi d’été, ses formes apparaissent. Je ne sais si Joseph le remarque dès cet instant, car il est occupé à saluer Elisabeth. Le chariot part.

EMV 25.6-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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25.6 Joseph rentre dans la maison avec Marie, qui reprend sa place dans le coin le moins éclairé de la pièce.

« S’il ne te déplaisait pas de voyager de nuit, je te proposerais de partir au crépuscule. La chaleur est vive dans la journée, mais la nuit est fraîche et paisible. C’est pour toi que je le dis, pour ne pas trop t’exposer au soleil. Moi, je ne crains pas la canicule, mais toi...

– Comme tu voudras, Joseph. Je pense aussi qu’il vaudra mieux partir de nuit.

– La maison est en ordre, tout comme notre petit jardin. Tu verras ces belles fleurs ! Tu arrives à temps pour le voir tout fleuri. Le pommier, le figuier et la vigne portent plus de fruits que jamais, et j’ai dû mettre des tuteurs au grenadier tant ses branches sont chargées de fruits déjà bien formés ; on n’a jamais rien vu de tel à cette époque. Et puis l’olivier... tu auras de l’huile en abondance. Il a eu une floraison prodigieuse et n’a pas perdu une seule fleur : toutes ont déjà donné une petite olive. Quand elles seront mûres, l’arbre paraîtra couvert de perles noires. Ton jardin est le plus beau de tout Nazareth. Ta parenté elle-même s’en est étonnée. Alphée prétend que c’est un miracle.

– Ce sont tes bons soins qui l’ont créé.

– Oh non ! Pauvre homme que je suis ! Qu’ai-je donc fait ? Soigner un peu les arbres, arroser un peu les fleurs... Tu sais ? Je t’ai fait une fontaine au fond, près de la grotte, et j’y ai posé une vasque. Comme ça, tu n’auras pas besoin de sortir pour avoir de l’eau. Elle vient de cette source qui se trouve au-dessus de l’oliveraie de Matthias. Elle est pure et abondante. Je l’ai amenée par une rigole. J’ai fait un petit canal bien couvert, et maintenant l’eau arrive et chante comme une harpe. Cela me faisait de la peine de te voir aller à la source du village et en revenir chargée de tes amphores remplies d’eau.

– Merci, Joseph, tu es bon ! »

Fatigués, les deux époux se taisent. Joseph somnole même, et Marie prie.

25.7 Le soir arrive. Leurs hôtes insistent pour qu’ils mangent encore quelque chose avant de prendre la route. Joseph mange donc du pain et du poisson, et Marie se contente de fruits et de lait.

Vient le moment du départ. Ils montent sur leurs ânes. Comme à l’aller, Joseph a disposé le coffre de Marie sur le sien et, avant qu’elle ne s’installe, il vérifie que sa selle est bien fixée. Je vois que Joseph observe Marie lorsqu’elle monte en selle, mais il ne dit mot.

Le voyage commence alors que les premières étoiles se mettent à clignoter dans le ciel. Ils se hâtent, peut-être pour atteindre les portes avant qu’elles ne soient fermées. Quand ils sortent de Jérusalem et prennent la grand-route en direction de la Galilée, les étoiles parsèment le ciel serein. La campagne est silencieuse. On n’entend rien d’autre que le chant de quelque rossignol et le bruit des sabots des deux ânes sur le sol de la route durcie par la sécheresse de l’été.

EMV 25.10 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je désire que vous aimiez mon Joseph, cet homme sage et prudent, patient et bon qui, loin d’être étranger au mystère de la Rédemption, lui est intimement lié : c’est en effet pour elle qu’il offrit sa souffrance et qu’il s’offrit lui-même, sauvant ainsi le Sauveur au prix de son propre sacrifice et par sa sainteté.

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Marie dit :

EMV 26 · Tome 1, p. 167-172

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Titre du chapitre : Joseph demande pardon à Marie. Foi, charité et humilité pour recevoir Dieu.

Date de la vision et de la dictée : Mercredi 31 mai 1944

Calendrier : Samedi 17 août de l'an -5

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie est seule dans sa maison à Nazareth. Elle est seule, en prière, jusqu'à ce qu'on toque à la porte : c'est Joseph. Celui-ci vient lui demander pardon et la Vierge affirme qu'elle n'a rien à lui pardonner. Mais son époux lui répond qu'il sait qu'elle est enceinte de l'Emmanuel, et qu'il a mal agi en ne la laissant pas s'expliquer. Il allait agir sans la consulter auparavant, et il considère cela comme une offense à sa femme. Il lui demande donc pardon et le charpentier lui révèle toute sa souffrance de ses derniers jours. Il lui demande notamment pourquoi elle ne lui a pas dit son secret, et Marie lui répond que si son humilité n'avait pas été aussi parfaite, il ne lui aurait pas été donné la grâce d'être la Mère du Sauveur. Quoi qu'il en soit, Joseph propose de faire les noces de mariage le plus tôt possible et de commencer à prévoir la venue de Jésus. Il est anéanti à l'idée de recevoir son Dieu chez lui, mais Marie le rassure et parle de leur joie d'être les parents du Rédempteur.

La Vierge donne ensuite une dictée et fait des commentaires sur cet épisode. Elle parle ensuite des conditions essentielles pour plaire à Dieu et l'avoir en son coeur : il faut avoir la foi, une charité et une humilité absolues. De plus, la Mère nous encourage à rester cachés et à laisser le Seigneur le soin de nous proclamer ses serviteurs, à l'image de Marie qui l'a laissé agir comme il le voulait lorsqu'elle a été enceinte du Saint-Esprit.

Contenu du chapitre : 26.1 : Voir Marie. 26.2 : Marie file à l'ombre d'un pommier. 26.3 : Joseph arrive et s'excuse de l'avoir soupçonnée. 26.4 : Marie n'a fait qu'obéir à Dieu. 26.5 : Le mariage aura lieu la semaine suivante. 26.6 : Pâle parce que je souffrais de la douleur de Joseph. 26.7 : L'humilité à son extrême limite comme Celui que je portais. 26.8 : Les conditions pour plaire à Dieu et le recevoir. 26.9 : Laissez au Seigneur le soin de vous proclamer ses serviteurs.

EMV 26.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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26.3 Un coup frappé énergiquement à la porte de la maison fait sursauter Marie. Elle pose de côté sa quenouille et son fuseau et se lève pour aller ouvrir. Son vêtement a beau être souple et ample, il ne parvient pas à dissimuler la rondeur de son bassin.

Elle se trouve face à Joseph. Marie pâlit jusqu’aux lèvres. Son visage ressemble maintenant à une hostie tant il est exsangue. Le regard de Marie est triste et interrogatif. Le regard de Joseph paraît suppliant. Ils se regardent en silence. Enfin, Marie parle :

« A cette heure-ci, Joseph ? Tu as besoin de quoi que ce soit ? Que veux-tu me dire ? Viens. »

Joseph entre et referme la porte. Il ne dit toujours rien.

« Parle, Joseph, qu’est-ce que tu veux ?

– Ton pardon. »

Joseph s’incline comme s’il voulait s’agenouiller, mais Marie, qui ne le touche habituellement qu’avec beaucoup de réserve, le saisit résolument par les épaules et l’en empêche.

Le visage de Marie change plusieurs fois de couleur, il est tantôt rouge, tantôt aussi blanc que neige comme avant.

« Mon pardon ? Je n’ai rien à te pardonner, Joseph. Je dois seulement te remercier encore pour tout ce que tu as fait ici en mon absence et pour l’amour que tu me portes. »

Joseph la regarde, et je vois deux grosses larmes se former dans la cavité de son oeil profond, y rester comme sur le bord d’un vase puis rouler sur ses joues et sa barbe.

« Pardon, Marie. J’ai manqué de confiance en toi. Maintenant, je sais. Je suis indigne d’avoir un tel trésor. J’ai manqué de charité, je t’ai accusée dans mon coeur, je t’ai accusée sans justice parce que je ne t’avais pas demandé la vérité. J’ai fauté envers la Loi de Dieu en ne t’aimant pas comme je me serais aimé...

– Oh non, tu n’as pas péché !

– Si, Marie. Si j’avais été accusé d’un tel crime, je me serais défendu. Toi... Je ne t’ai pas permis de te défendre, car j’allais prendre des décisions sans t’interroger. J’ai péché contre toi en te faisant l’offense d’un soupçon. Un soupçon, c’est déjà une offense, Marie. Celui qui suspecte ne sait pas. Moi, je ne t’ai pas connue comme je l’aurais dû. Mais pour la douleur que j’ai endurée... trois jours de supplice, pardonne-moi, Marie.

– Je n’ai rien à te pardonner. C’est à moi, au contraire, de te demander pardon pour la souffrance que je t’ai causée.

– Ah oui, quelle souffrance, quelle souffrance ! Vois, ce matin, on m’a dit que j’avais des cheveux blancs aux tempes et des rides sur le visage. Ces journées m’ont fait vieillir de dix ans ! 26.4 Mais pourquoi, Marie, as-tu été humble au point de cacher ta gloire, à moi ton époux, et permettre ainsi que je te suspecte ? »

Joseph n’est pas à genoux, mais il est si penché que cela revient au même. Marie pose sa main sur sa tête et sourit. On dirait qu’elle l’absout. Elle dit alors :

« Si mon humilité n’avait pas été aussi parfaite, je n’aurais pas mérité de concevoir le Très-Haut, qui vient effacer le péché d’orgueil qui a détruit l’homme. D’ailleurs, je n’ai fait qu’obéir... C’est Dieu qui m’a demandé cette obéissance... Elle m’a tellement coûté... pour toi, pour la souffrance que tu allais éprouver. Mais il fallait que je me taise. Je suis la servante de Dieu, et les serviteurs ne discutent pas les ordres qu’ils reçoivent : ils les exécutent, Joseph, même si cela leur fait verser des larmes de sang. »

A ces mots, Marie pleure doucement, si doucement que Joseph, qui est tout incliné, ne s’en rend pas compte avant qu’une larme ne tombe par terre. Il lève alors la tête et – c’est bien la première fois que je le vois faire ce geste –, il serre les petites mains de Marie dans ses mains fortes et hâlées et dépose un baiser au bout de ses doigts fins et roses, qui sortent comme autant de boutons de pêcher de l’étreinte des mains de Joseph.

26.5 « Maintenant, il va falloir faire face, parce que... »

Joseph ne termine pas sa phrase, mais contemple le corps de Marie qui rougit comme une pivoine et s’assied aussitôt pour ne pas exposer davantage ses formes au regard qui l’observe.

« Il faudra faire vite. Je viendrai ici... Nous accomplirons le rite du mariage... la semaine prochaine, ça te va ?

– Tout ce que tu fais est bien, Joseph. Tu es le chef de famille, et moi je suis ta servante.

– Non, c’est moi qui suis ton serviteur. Je suis le bienheureux serviteur de mon Seigneur qui grandit dans ton sein. Tu es bénie entre toutes les femmes d’Israël. Nous aviserons ta parenté ce soir même. Et après... quand je serai ici, nous travaillerons pour tout préparer à sa venue... Ah, comment recevoir Dieu chez moi ? Tenir Dieu dans mes bras ? Je vais en mourir de joie ! Je ne pourrai jamais le toucher !

– Tu le pourras, comme moi, avec la grâce de Dieu.

– Mais toi, c’est toi. Moi, je ne suis qu’un pauvre homme, le plus pauvre des fils de Dieu...

– Jésus vient pour nous, les pauvres, pour nous rendre riches en Dieu, il vient chez nous deux parce que nous sommes les plus pauvres et que nous le reconnaissons. Réjouis-toi, Joseph. La race de David a le Roi qu’elle attendait et notre maison devient plus somptueuse que le palais de Salomon : le Ciel, en effet, y sera présent et nous partagerons avec Dieu le secret de paix que les hommes connaîtront plus tard. Il grandira au milieu de nous, nos bras serviront de berceau au Rédempteur qui s’annonce et notre fatigue lui procurera sa nourriture... Oh, Joseph, nous entendrons la voix de Dieu nous appeler “ père et mère ! ” Ah... »

Marie pleure de joie, et ce sont des larmes de bonheur. Joseph, agenouillé à ses pieds désormais, pleure lui aussi ; sa tête est presque cachée dans l’ample vêtement de Marie qui descend en plis sur le pauvre carrelage de la pièce.

La vision s’arrête là.

EMV 26.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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26.6 Marie dit :

« Que personne n’interprète ma pâleur de façon erronée. Elle ne provenait pas de quelque crainte humaine. Humainement, j’aurais dû m’attendre à être lapidée. Mais je n’en avais pas peur. Je souffrais de la douleur de Joseph. Même la pensée qu’il pouvait m’accuser ne me troublait pas. Il me déplaisait seulement qu’il puisse le faire par un excès de rigueur. Lorsque je l’ai vu, cela m’a donné un coup au coeur. C’était le moment où ce juste aurait pu offenser la justice en manquant à la charité. Et que ce juste y manque – alors que cela ne lui arrivait jamais –, voilà qui m’aurait fait extrêmement souffrir.