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La Vierge Marie dans L'Evangile tel qu'il m'a été révélé

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EMV 136.6 · Tome 2, p. 423-424

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Ma Mère fut une enfant du Temple depuis l’âge de trois ans à quinze ans et hâta la venue du Christ par la force de son amour. Vierge avant sa conception, vierge dans l’obscurité d’un sein, vierge lors de ses vagissements, vierge lors de ses premiers pas, la Vierge appartint à Dieu, et à Dieu seul. Elle proclama son droit, supérieur au décret de la Loi d’Israël, en obtenant de l’époux qui lui fut donné par Dieu de rester inviolée après ses noces.

Joseph de Nazareth était un juste. C’est à lui seul que pouvait être confié le Lys de Dieu et seul il le posséda. Ange en son âme comme en sa chair, il aima comme aiment les anges de Dieu. L’abîme de cet amour fort qui eut toutes les tendresses conjugales sans dépasser la barrière du feu céleste au-delà de laquelle se trouvait l’Arche du Seigneur, sera compris par peu de personnes sur la terre. C’est le témoignage de ce que peut être un juste pourvu qu’il le veuille, de ce qu’il peut, car même l’âme encore blessée par la tache originelle possède des forces puissantes d’élévation, de souvenir et de retour à sa dignité de fille de Dieu, et elle agit divinement pour l’amour du Père.

EMV 136.6 · Tome 2, p. 424

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Marie était encore dans sa maison dans l’attente de la cohabitation avec son époux, lorsque Gabriel, l’ange des divines annonciations, revint sur la terre et demanda à la Vierge d’être mère. Déjà il avait promis le Précurseur au prêtre Zacharie qui ne l’avait pas cru. Mais la Vierge crut que cela pouvait se faire par la volonté de Dieu et, sublime dans son ignorance, demanda seulement : “ Comment cela peut-il se faire ? ”

L’Ange lui répondit alors : “ Tu es la pleine de grâce, Marie. Ne crains donc pas car tu as trouvé grâce aux yeux du Seigneur même pour ce qui est de ta virginité. Tu concevras et enfanteras un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui le Sauveur promis à Jacob et à tous les patriarches et prophètes d’Israël. Il sera grand et vrai Fils du Très-Haut, car c’est par l’opération de l’Esprit Saint qu’il sera conçu. Le Père lui donnera le trône de David, comme cela est annoncé, et il régnera sur la maison de Jacob jusqu’à la fin des siècles, mais son vrai Règne n’aura jamais de fin. Maintenant, le Père, le Fils, l’Esprit Saint attendent ton obéissance pour accomplir la promesse. Déjà le Précurseur du Christ est dans le sein d’Elisabeth, ta cousine et, si tu consens, l’Esprit Saint descendra sur toi, et celui qui naîtra de toi sera saint et portera son vrai nom de Fils de Dieu. ”

Marie répondit alors : “ Voici la Servante du Seigneur. Qu’il soit fait de moi selon sa parole. ” Et l’Esprit de Dieu descendit sur son Epouse et par cette première étreinte lui conféra ses lumières, qui achevèrent de perfectionner les vertus de silence, d’humilité, de prudence et de charité dont elle était remplie ; car elle ne fit qu’un avec la Sagesse et, désormais inséparable de la charité, l’Obéissante, la Chaste se perdit dans l’océan d’obéissance que je suis. Puis elle connut la joie d’être mère sans connaître le trouble d’être déflorée. Elle fut la neige qui devint toute fleur et s’offrit ainsi à Dieu...

EMV 136.7 · Tome 2, p. 424-425

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136.7 – Mais son mari ? glisse Pierre, étonné.

– Le sceau de Dieu retint closes les lèvres de Marie, si bien que Joseph ne connut le prodige qu’au moment où, de retour de la maison de Zacharie, son parent, Marie apparut mère aux yeux de son époux.

– Et qu’est-ce qu’il a fait ?

– Il a souffert... tout comme Marie...

– Si ç’avait été moi...

– Joseph était un saint, Simon Pierre. Dieu sait où il dépose ses dons... Il souffrit profondément et décida de l’abandonner, en acceptant d’être lui-même tenu pour injuste. Mais l’ange descendit lui dire : “ Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. Car celui qui s’est formé en elle est le Fils de Dieu et c’est par l’opération de Dieu qu’elle est mère. Et quand le Fils sera né, tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui le Sauveur. ”

– Joseph était-il instruit ? demande Barthélemy.

– Comme tout descendant de David.

– Dans ce cas, il aura été aussitôt éclairé en se souvenant du prophète : “ Voici qu’une vierge concevra... ”

– Oui, il l’a été. A l’épreuve a succédé la joie...

– Si ç’avait été moi, reprend Simon Pierre, ça ne se serait pas passé comme ça, car auparavant j’aurais... Oh ! Seigneur, comme il est bon que ce n’ait pas été moi ! Je l’aurais brisée comme une fleur sans lui donner le temps de parler. Et après, si je n’avais pas été un assassin, j’aurais eu peur d’elle... La peur d’Israël tout entier, depuis des siècles, à l’égard du Tabernacle...

– Moïse lui-même eut peur de Dieu et pourtant il fut secouru et resta avec lui sur la montagne... Joseph alla donc habiter dans la maison sainte de son épouse et pourvut aux besoins de la Vierge et de celui qui devait naître. Et lorsque vint pour tous le temps de l’édit, il se rendit avec Marie dans la terre de ses pères, mais Bethléem les repoussa parce que le coeur des hommes est fermé à la charité.

Détail

Jésus parle de l'Annonciation à ses disciples et Pierre demande quelle a été la réaction de Joseph.

Annotation

Livre d'Isaïe 7, 14

Is 7, 14

C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et elle lui donne le nom d'Emmanuel.

EMV 136.7 · Tome 2

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Lorsque vint pour tous le temps de l’édit, il [Joseph] se rendit avec Marie dans la terre de ses pères, mais Bethléem les repoussa parce que le coeur des hommes est fermé à la charité.

EMV 136.8 · Tome 2, p. 425-427

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« Maintenant, à votre tour de parler.

– Moi, un soir [dit Elie], j’ai rencontré une jeune femme souriante montée sur un ânon. Un homme l’accompagnait. Il m’a demandé du lait et des renseignements. Je lui ai dit ce que je savais... Puis la nuit est tombée... et une grande lumière... nous sommes sortis... et Lévi a vu un ange près de l’enclos des animaux. Alors l’ange a dit : “ Le Sauveur est né. ” C’était la pleine nuit, et le ciel fourmillait d’étoiles. Mais leur lumière disparaissait devant celle de l’ange et de milliers d’anges... (Elie pleure encore à ce souvenir). Et l’ange nous a dit : “ Allez l’adorer. Il est dans une étable, dans une crèche, entre deux animaux... Vous trouverez un tout petit enfant enveloppé dans de pauvres langes... ” Ah ! Comme il étincelait, l’ange, en disant ces mots... ! Mais te souviens-tu, Lévi, comment ses ailes projetaient des flammes quand, après s’être incliné pour nommer le Sauveur, il a dit : “ C’est le Christ, le Seigneur ” ?

– Ah ! Si je me souviens ! Et les voix des milliers d’anges... Oh !... “ Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ! ” Cette musique est ici, elle est ici, et elle me porte au Ciel chaque fois que je l’entends. »

Lévi lève un visage extasié sur lequel brille une larme.

« Et nous y sommes allés, dit Isaac. Chargés comme des bêtes de somme, joyeux comme pour des noces et puis... nous n’avons plus su que faire quand nous avons entendu ta petite voix, et celle de ta Mère. Nous avons alors poussé Lévi, qui était tout jeune, pour qu’il regarde. Nous nous sentions lépreux devant tant de pureté... Et Lévi écoutait, et il riait tout en pleurant, et il répétait, avec une telle voix d’agneau que la brebis d’Elie se mit à bêler. Joseph vint alors à l’entrée de l’étable et nous fit entrer... Oh ! Comme tu étais petit et beau ! Un bouton de rose carnée sur le foin qui piquait... et tu pleurais... Puis tu souriais dans la tiédeur de la peau de brebis que nous t’avons offerte et pour le lait que nous avons trait... Ton premier repas... Oh !... et puis... et puis nous t’avons embrassé... Tu sentais l’amande et le jasmin... et nous ne pouvions plus te quitter...

– Vous ne m’avez plus quitté, en effet.

– C’est vrai, dit Jonathas. Tes traits restèrent fixés en nous, tout comme ta voix et ton sourire... Tu grandissais... tu étais de plus en plus beau... Le monde des bons venait se réjouir de ta présence... et celui des méchants t’évitait... Anne... tes premiers pas... les trois Sages... l’étoile...

– Ah ! Cette nuit-là, quelle lumière ! Le monde paraissait enflammé par mille lumières. Le soir de ton arrivée, au contraire, la lumière était immobile et couleur perle... La première fois, les astres adoraient mais cette fois, ils dansaient. Et nous, d’une hauteur, nous avons vu passer la caravane et nous l’avons suivie pour voir si elle s’arrêtait... Le lendemain, Bethléem tout entière vit l’adoration des Sages.

Détail

Jésus a raconté une part de l'Evangile de l'Enfance. Puis il dit aux bergers présents :

EMV 136.9-10 · Tome 2, p. 427-428

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« Dieu veillait, Dieu mettait à l’épreuve, Dieu pourvoyait, Dieu perfectionnait. Avoir Dieu, c’est un effort, pas seulement de la joie. Mon père d’amour connut l’effort et aussi ma Mère d’âme et de chair. Même ce qui était permis fut interdit pour que le mystère couvre d’ombre le Messie enfant.

136.10 Que cela explique à beaucoup de gens qui ne le comprennent pas la double raison de l’angoisse de mes parents quand je fus égaré pendant trois jours. Amour d’une mère, amour d’un père pour leur enfant disparu ; crainte des gardiens du Messie qu’il soit découvert avant le temps voulu ; terreur d’avoir mal protégé le Salut du monde et le grand don de Dieu. C’est la raison du cri insolite : “ Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi, angoissés, nous te cherchions ! ” Ton père, ta Mère... un voile est jeté sur l’éclat du Verbe incarné. Alors vient cette rassurante réponse : “ Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? ” Réponse accueillie et comprise par la Pleine de grâce pour ce qu’elle veut dire, en d’autres termes : “ Ne craignez rien. Je suis petit, un enfant. Mais si, selon l’humanité je croîs en taille, en sagesse et en grâce aux yeux des hommes, je suis le Parfait en tant que Fils du Père ; par conséquent, je sais me conduire parfaitement, servant le Père pour faire resplendir sa lumière, servant Dieu en lui conservant le Sauveur. ” Et c’est ainsi que j’ai agi jusqu’à il y a maintenant un an.

A présent, le temps est venu. Les voiles se lèvent. Et le Fils de Joseph se montre sous sa nature de Messie de la Bonne Nouvelle, de Sauveur, de Rédempteur, de Roi du siècle à venir. »

EMV 136.9 · Tome 2, p. 427-428

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« Plus tard... Ah, ne parlons pas de l’horreur !... N’en parlons pas !... »

Elie pâlit à ce souvenir.

« Oui, n’en parlons pas. Silence sur la haine...

– La plus grande douleur était de ne plus avoir ta présence et d’être sans nouvelles de toi. Zacharie lui-même ne savait rien. C’était notre dernier espoir... Plus rien.

– Pourquoi, Seigneur, n’as-tu pas réconforté tes serviteurs ?

– Tu en demandes la raison, Philippe ? Parce qu’il était prudent d’agir ainsi. Tu vois que même Zacharie, dont la formation spirituelle s’est complétée depuis lors, ne voulut pas soulever le voile. Zacharie...

– Mais tu nous as dit que ce fut lui qui s’occupa des bergers. Pourquoi donc ne vous a-t-il pas dit, à eux d’abord, à toi ensuite, que les uns cherchaient l’Autre ?

– Zacharie était un juste, mais aussi pleinement un homme. Il devint moins homme et plus juste au cours de ses neuf mois de mutisme, il se perfectionna dans les mois qui suivirent la naissance de Jean, mais il devint une âme juste lorsque sur son orgueil d’homme tomba le démenti de Dieu. Il avait dit : “ Moi qui suis prêtre de Dieu, j’affirme que c’est à Bethléem que doit vivre le Sauveur. ” Or Dieu lui avait montré comment un jugement – même celui d’un prêtre – n’est qu’un pauvre jugement s’il n’est pas éclairé par Dieu. C’est en repensant avec horreur : “ Mes paroles auraient pu faire tuer Jésus ” que Zacharie devint le juste qui repose maintenant dans l’attente du Paradis. Et la justice lui enseigna la prudence et la charité. Charité envers les bergers, prudence à l’égard du monde pour lequel le Christ devait absolument être inconnu. Quand, de retour dans notre patrie, nous avons pris la direction de Nazareth, nous avons évité Hébron et Bethléem avec la même prudence qui désormais guidait Zacharie, et c’est en longeant la mer que nous revînmes en Galilée. Même le jour de ma majorité, il ne fut pas possible de voir Zacharie, parti la veille avec son fils pour la même cérémonie.

Dieu veillait, Dieu mettait à l’épreuve, Dieu pourvoyait, Dieu perfectionnait. Avoir Dieu, c’est un effort, pas seulement de la joie. Mon père d’amour connut l’effort et aussi ma Mère d’âme et de chair. Même ce qui était permis fut interdit pour que le mystère couvre d’ombre le Messie enfant.

Détail

Les Bergers parlent de la Nativité du Christ et ils en viennent à parler du massacre des innocents.

EMV 140.2 · Tome 2, p. 448

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– (...) Tu es galiléen ?

– De Nazareth, mais je suis né à Bethléem à l’époque du recensement.

– Tu es donc Bethléemite. C’est ce que confirment tes traits.

– C’est une bienveillante confirmation pour la faiblesse humaine, mais la confirmation est d’ordre spirituel.

– Dans tes œuvres, tu veux dire ? dit Hermas.

– En elles et par les paroles que l’Esprit me met sur les lèvres.

– Elles m’ont été répétées par des auditeurs. Ta sagesse est vraiment grande.

EMV 141.4 · Tome 2, p. 458

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J’ai hâte d’atteindre la Galilée. J’y ai ma Mère qui souffre. Parce que, rappelez-le-vous, il y a quelqu’un qui se donne pour tâche de l’affliger. Je veux la rassurer.

EMV 144.3 · Tome 2, p. 469

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« Il est dit que le Messie naîtrait d’une vierge de Juda. Toi, de qui et comment es-tu né ?

– A Bethléem Ephrata, de Marie de la race de David, par une conception spirituelle. Veuillez le croire. »

La belle voix de Jésus éclate d’un triomphe joyeux lorsqu’il proclame la virginité de sa Mère.

Annotation

Isaïe 7, 14 : C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

Michée 5, 1-2 : Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera... celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël.