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Fuite en Egypte

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EMV 31.9 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Obéir sauve toujours. Même si le conseil qu’on reçoit n’est pas absolument parfait.

Tu le vois : nous avons obéi, et ce fut une bonne chose. Il est vrai qu’Hérode s’est contenté de faire exterminer les enfants de Bethléem et des environs. Mais Satan n’aurait-il pas pu le pousser à étendre cette marée de haine bien plus loin, et inciter tous les puissants de Palestine à commettre pareil crime pour supprimer le futur Roi des Juifs ? Il l’aurait pu. Et cela serait arrivé dans les premiers temps du Christ, quand l’accumulation des prodiges avait attiré l’attention des foules et le regard des grands. Si cela s’était produit, comment aurions-nous pu traverser toute la Palestine pour aller de la lointaine Nazareth en Egypte, cette terre hospitalière pour les Hébreux persécutés, qui plus est avec un petit enfant et pendant le déchaînement d’une persécution ? Il était plus facile de s’enfuir de Bethléem, même si ce fut tout aussi douloureux.

L’obéissance sauve toujours. Rappelle-le-toi.

Détail

Marie parle de l'obéissance de la Sainte Famille quand Zacharie leur conseilla de rester à Bethléem.

EMV 34.15 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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34.15 Ils sont humbles, généreux, obéissants aux “ voix ” du Très-Haut qui leur enjoignent d’apporter des cadeaux au Roi nouveau-né. C’est ce qu’ils font. Ils ne disent pas : “ Il est riche et n’a besoin de rien, il est Dieu et ne connaîtra pas la mort. ” Ils obéissent. Ils subviennent sans affectation à la pauvreté du Sauveur. Qu’il sera utile, cet or, pour ceux qui demain seront des fugitifs ! Quel sens revêt donc cette myrrhe pour celui qui sera bientôt mis à mort ! Quelle piété dans cet encens pour celui qui devra respirer la puanteur de la luxure des hommes qui s’exhale autour de son infinie pureté !

Détail

Jésus parle des Rois Mages.

EMV 34.16 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Mes enfants, il y a deux autres enseignements à tirer de cette vision.

C’est d’abord l’attitude de Joseph qui sait rester à “ sa ” place. Il est présent en tant que gardien et protecteur de la Pureté et de la Sainteté, mais il n’en usurpe pas les droits. C’est Marie qui, avec son Jésus, reçoit les hommages et à qui les mages s’a­dressent. Joseph s’en réjouit pour elle et ne s’afflige pas d’être une figure secondaire. Joseph est un juste, il est le Juste. Et il est toujours juste, même à ce moment-là. Les vapeurs de la fête ne lui montent pas à la tête. Il reste humble et juste.

Il se réjouit des cadeaux. Non pas pour lui-même, mais parce qu’il pense qu’ils lui serviront à rendre plus agréable la vie de son épouse et de son doux enfant. Il n’y a aucune cupidité en Joseph. C’est un travailleur et il continuera à travailler. Mais il se réjouit qu’eux, ses deux amours, connaissent un peu d’aisance et de confort. Ni les mages ni lui ne savent que ces dons serviront à une fuite et à une vie d’exil au cours desquelles ces richesses s’évaporeront comme des nuages chassés par le vent, puis au retour dans leur patrie. Ils auront alors tout perdu, clients et meubles. Il ne leur restera que les murs de leur maison, protégée par Dieu parce que c’est là qu’il s’est uni à la Vierge et s’est fait chair.

Joseph est humble, lui, le gardien de Dieu et de la Mère de Dieu et Epouse du Très-Haut, jusqu’à présenter l’étrier à ces vassaux de Dieu. C’est un pauvre charpentier, car la violence des hommes a dépouillé les héritiers de David de leurs possessions royales. Mais il est toujours de race royale et a les manières d’un roi. C’est aussi de lui qu’il a été dit : “ Il était humble parce qu’il était réellement grand. ”

Détail

Jésus parle des Rois Mages qui sont arrivés de nuit à Bethléem avec trois cadeaux : l'or, l'encens et la myrrhe (voir EMV 34.1-9).

EMV 35 · Tome 1, p. 232-242

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Titre du chapitre : La fuite en Égypte. Enseignements sur la dernière vision liée à l’avènement de Jésus.

Date de la vision et de la dictée : Vendredi 9 juin 1944

Calendrier : Fin novembre de l'an -4. Période de la fête des Lumières, fin de Kisleu

Lieux (carte) : Bethléem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Joseph dort dans la maison de Bethléem. Il semble avoir un doux rêve, puis il semble être troublé avant de se réveiller. Après s'être habillé, il va trouver la Vierge, qui prie près de l'Enfant. Il lui déclare alors qu'il leur faut partir tout de suite, un ange l'ayant prévenu de fuir en Egypte. Marie s'exécute immédiatement et prépare leurs affaires avec rapidité, mais avec ordre. Joseph revient pour prendre une part de leurs affaires et il lui déclare tristement qu'il leur faut prendre le plus de choses possibles, car ils devront rester loin longtemps. Marie continue à rassembler les quelques affaires qui restent puis elle prépare Jésus. Quand celui-ci s'endort, après avoir pris son lait, Joseph revient et lui apprend qu'Hérode veut faire mourir le petit. Cela transperce le coeur de Marie. Elle pleure et déclare qu'elle coûte beaucoup à Joseph, mais celui-ci lui répond qu'elle le console toujours, et que les richesses des mages les aideront dans les premiers temps. Tous deux sont certes tristes de devoir partir, de tout abandonner, de ne pas revenir à Nazareth, mais tant qu'il leur reste Jésus, ils ont tout.

Les parents du Sauveur sortent de la maison et après avoir salué la propriétaire de la maison, ils partent en direction de l'Egypte.

Jésus donne alors une dictée et souligne la simplicité de cette vision, qui ne diminue en rien l'humanité de Marie et de Jésus ni la divinité du Christ. Trop souvent, dit-il, nous nous décourageons en pensant que Marie, Jésus, Joseph étaient des forts et que "eux, c'était eux". Mais la souffrance a toujours été leur compagne fidèle. Ils n'ont pas connu les passions qui s'apparentent à des vices, car ils ont fermé leur coeur à Satan. Par contre, ils avaient bien des passions comme l'amour de la patrie, les saintes affections pour leur famille, etc. Seulement, ils n'ont pas laissé ces amours les entraver quand il fallait suivre la volonté de Dieu.

Jésus aussi a toujours suivi la volonté de Dieu, même si cela lui attirait la haine des juifs et l'animosité de Judas. Il critique d'ailleurs les grands de ce monde, puis s'attarde sur la chasteté de Joseph et la virginité de Marie, en l'affirmant noir sur blanc et en revenant sur les paroles de Matthieu. L'évangéliste prit en effet ses sources directement chez Marie et sa virginité perpétuelle était une vérité connue des premiers temps.

Le Christ s'attarde longuement sur le mot "femme" dans la Bible, pour montrer que ce terme n'est pas un langage proscrit, infâmant, impur. Il s'arrête ensuite sur les propos de Mathieu pour dire que Marie fut "la vraie Mère de Jésus sans être la femme de Joseph. Elle restera toujours : la Vierge, épouse de Joseph".

Contenu du chapitre : 35.1 : Un songe fait se lever Joseph en pleine nuit. 35.2 : À l'aube nous fuyons. 35.3 : Marie s'empresse de ramasser ses choses. 35.4 : Elle éveille l'enfant et lui donne le sein. 35.5 : Nous avons la richesse des Mages et Dieu avec nous. 35.6 : Départ avec trois montures. 35.7 : Les hommes, croyant bien faire, ont rendu irréel ce qu’il aurait été si beau de laisser réel. 35.8 : Nos passions humaines honorables. 35.9 : Je n'ai pas cherché la grandeur mondaine. 35.10 : Virginité de Marie et chasteté de Joseph. 35.11 : La douleur de Marie arrachée à sa maison.

EMV 35.1-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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35.1 Je vois en esprit la scène suivante :

C’est la nuit. Joseph dort sur sa couche dans sa chambre minuscule, du sommeil tranquille de celui qui se repose de beaucoup de travail accompli honnêtement et soigneusement.

Je le vois dans l’obscurité de la chambre, à peine réveillée par un rai de lumière de la lune qui pénètre par la fente de la fenêtre tout juste entrebâillée mais pas fermée complètement, comme si Joseph avait chaud dans cette petite pièce, ou comme s’il voulait qu’un peu de clarté lui permette de se régler sur l’aube et de se lever promptement. Il dort sur le côté et sourit dans son sommeil à je ne sais quelle image qu’il voit en songe.

Mais son sourire se change en effroi. Il soupire profondément comme s’il avait un cauchemar et s’éveille en sursaut. Il s’assied sur son lit, se frotte les yeux et regarde autour de lui, puis vers la petite fenêtre d’où vient le filet de lumière. La nuit est profonde, mais il saisit le vêtement étendu au pied du lit et, toujours assis sur son lit, l’enfile sur la tunique blanche à manches courtes qu’il porte sur la peau. Il écarte les couvertures, met les pieds à terre et cherche ses sandales. Il les enfile et les lace. Puis il se lève et se dirige vers la porte en face de son lit, pas celle qui est sur le côté du lit et qui conduit à la pièce où furent accueillis les mages. Il frappe doucement, à peine un toc-toc du bout des doigts.

Il doit comprendre qu’on l’invite à entrer, car il ouvre précautionneusement la porte et la referme sans bruit. Avant de se diriger vers la porte, il a allumé une petite lampe à huile à une seule flamme qui lui permet de s’éclairer. Il entre dans une chambre un peu plus grande que la sienne et où se trouve un lit bas à côté d’un berceau. Il y a déjà une veilleuse allumée dont la petite flamme tremble dans un coin comme une petite étoile lumineuse faible et dorée qui permet de voir sans gêner le sommeil de celui qui dort.

35.2 Mais Marie ne dort pas. Elle est agenouillée près du berceau dans son vêtement clair et elle prie, veillant Jésus qui dort tranquillement. Jésus a l’âge que je lui ai vu dans la vision des mages. C’est un enfant d’un an environ, beau, rose et blond ; sa jolie petite tête aux cheveux bouclés est enfoncée dans l’oreiller et sa main est fermée sous son cou.

« Tu ne dors pas ? » demande Joseph à voix basse, étonné. « Pourquoi ? Jésus n’est pas bien ?

– Oh, non ! Il va bien. Je prie. Mais je dormirai plus tard. Pourquoi es-tu venu, Joseph ? »

Marie parle en restant à genoux.

Joseph parle à voix très basse pour ne pas éveiller le bébé mais avec animation.

« Il faut partir tout de suite d’ici, tout de suite ! Prépare le coffre et un sac avec tout ce que tu peux y mettre. Je m'occuperai du reste. J’emporterai le plus de choses possible… A l’aube nous prendrons la fuite. Je le ferais bien encore plus tôt, mais je dois parler à la propriétaire de la maison…

– Mais pourquoi cette fuite ?

– Je te l’expliquerai plus tard, c’est pour Jésus. Un ange m’a dit : “ Prends l’Enfant et sa Mère et fuis en Egypte. ” Ne perds pas de temps. Je vais préparer tout ce que je peux ».

35.3 Il n’est guère nécessaire de dire à Marie de ne pas perdre de temps. Dès qu’elle a entendu parler d’un ange, de Jésus et de fuite, elle a compris que son Enfant était en danger et s’est levée d’un bond, le visage plus pâle que cire, en portant avec angoisse la main à son cœur. Rapide et légère, elle s’est aussitôt mise en mouvement pour ranger les vêtements dans le coffre et dans un grand sac qu’elle a étendu sur son lit encore intact. Elle a beau être angoissée, elle ne perd pas la tête et fait les choses avec empressement, mais aussi avec ordre. De temps en temps, en passant près du berceau, elle regarde le Bébé qui dort sans se douter de rien.

« As-tu besoin d’aide ? demande de temps à autre Joseph en passant la tête par la porte entrebâillée.

– Non, merci » répond toujours Marie.

Ce n’est que lorsque le sac est plein et sûrement bien lourd qu’elle appelle Joseph pour l’aider à le fermer et à le descendre du lit. Mais Joseph ne veut pas de son aide et il se débrouille tout seul pour prendre le long paquet et l’emporter dans sa petite pièce.

« Est-ce que je dois prendre les couvertures de laine ? de­mande Marie.

– Emporte le plus de choses possible, car nous perdrons le reste. Mais prends tout ce que tu peux. Ce sera utile parce que… parce que nous devons rester loin longtemps, Marie !… »

Joseph est très triste en disant cela. Quant à Marie, on imagine aisément ce qu’il en est… Elle plie en soupirant ses couvertures et celles de Joseph, qui les lie avec une corde.

« Nous laisserons les couvre-pieds et les nattes, dit-il en ficelant les couvertures. Même si je prends trois ânes, je ne peux trop les charger. Nous avons à parcourir une longue et pénible route, en partie à travers les montagnes et en partie dans le désert. Couvre bien Jésus. Les nuits seront froides aussi bien dans les montagnes que dans le désert. J’ai emporté les cadeaux des mages qui nous seront utiles là-bas. Je vais dépenser tout ce que j’ai pour acheter les deux ânes. Nous ne pourrons pas les renvoyer et je dois les acquérir. J’y vais sans attendre l’aube. Je sais où les trouver. Toi, finis de tout préparer. »

Et il sort.

Marie rassemble encore quelques objets puis, après avoir observé Jésus, elle sort et revient avec des petits vêtements qui paraissent encore humides; peut-être sont-ils lavés de la veille. Elle les plie, les enroule dans un linge et les met avec le reste. Il n’y a plus rien.

Se retournant, elle aperçoit dans un coin un petit jouet de Jésus, une petite brebis taillée dans le bois. Elle la prend en sanglotant et la baise. Le bois porte les traces des petites dents de Jésus et les oreilles de la brebis sont toutes mordillées. Marie caresse cet objet sans valeur, taillé dans un morceau de pauvre bois blanc, mais de si grand prix pour elle parce qu’il lui dit l’affection de Joseph pour Jésus et lui parle de son Bébé. Elle le joint aux autres objets sur le coffre fermé.

35.4 Maintenant il ne reste vraiment plus rien, excepté Jésus dans son berceau. Marie pense qu’il faudrait aussi préparer son Bébé. Elle s’approche du berceau et le remue un peu pour réveiller le petit. Mais il gémit un instant, se retourne et continue de dormir. Marie caresse doucement les boucles de ses cheveux. Jésus ouvre sa petite bouche pour bailler. Marie se penche et lui donne un bisou sur la joue. Jésus achève de se réveiller. Il ouvre les yeux, voit sa Maman, lui sourit et tend ses mains vers son sein.

« Oui, amour de ta Maman. Oui, ton lait. Avant l’heure habituelle… Mais tu es toujours prêt à téter ta Maman, mon saint petit agneau ! »

Jésus rit et joue en agitant ses petits pieds hors des couvertures et aussi ses bras avec une de ces joies propres aux enfants, si charmantes à voir. Il appuie ses pieds contre l’estomac de sa maman, se courbe et appuie sa tête blonde sur son sein. Puis il se rejette en arrière et rit en saisissant les cordons qui ferment le vêtement de Marie et en essayant de l’ouvrir. Dans sa chemisette de lin, il paraît très beau, potelé, rose comme une fleur.

Marie se courbe et reste ainsi, en travers du berceau dont elle se fait une protection, pleurant et riant tout à la fois, pendant que le Bébé babille avec les mots ­ qui n’en sont pas ­ de tous les bébés et où on distingue nettement “ maman ”. Il l’observe, étonné de la voir pleurer. Il tend la main vers les larmes claires qui sillonnent les joues de Marie et la mouille en faisant des caresses. Puis, avec autant de grâce, il s’appuie de nouveau sur le sein maternel et se serre tout contre en le caressant de sa petite main.

Marie lui embrasse les cheveux, le prend à son cou, s’assied et l’habille. Voilà : le petit vêtement de laine est enfilé et des san­dales minuscules chaussent ses pieds. Elle lui donne le sein et Jésus tète avidement le bon lait de sa Maman. Quand il lui semble qu’à droite il n’en vient plus guère, il va chercher à gauche en riant, et regarde par en dessous sa Maman. Puis il s’endort, la tête sur le sein de Marie, sa petite joue rose et ronde contre le sein blanc et arrondi de sa Mère.

Marie se relève tout doucement et le dépose sur la couverture de son lit. Elle le couvre de son manteau. Elle retourne vers le berceau et plie les petites couvertures. Elle se demande si elle doit prendre aussi le matelas. Il est si petit ! Elle peut le prendre. Elle le met, avec l’oreiller, près des objets qui se trouvent déjà sur le coffre. Et devant le berceau vide, elle pleure, pauvre Maman, persécutée dans son Enfant !

35.5 Joseph revient :

« Tu es prête ? Jésus aussi ? As-tu pris ses couvertures, sa petite couch ? Nous ne pouvons emporter le berceau, mais au moins qu’il ait son petit matelas, le pauvre petit qu’on cherche à faire mourir !

– Joseph ! »

Elle pousse un cri en s’accrochant au bras de Joseph.

« Oui, Marie, à faire mourir ! Hérode veut sa mort… parce qu’il en a peur… pour son pouvoir royal d’homme, ce fauve immonde a peur de cet Innocent. J’ignore ce qu’il fera quand il comprendra qu’il s’est enfui. Mais nous serons loin alors. Je ne crois pas qu’il se vengera en le cherchant jusqu’en Galilée. Il serait déjà trop difficile de découvrir que nous sommes galiléens, qui plus est de Nazareth, et qui nous sommes exactement. A moins que Satan ne l’aide pour le remercier d’être pour lui un serviteur dévoué. Mais… si cela arrivait… Dieu nous aidera de la même façon. Ne pleure pas, Marie. Te voir pleurer m’afflige bien plus que de devoir partir en exil.

– Pardonne-moi, Joseph ! Ce n’est pas pour moi que je pleure, ni pour le peu de bien que je perds. C’est pour toi… Tu as déjà dû tellement te sacrifier ! Et maintenant tu vas te trouver sans clients, sans maison ! Combien je te coûte, Joseph !

– Combien ? Non, Marie. Tu ne me coûtes pas. Tu me consoles, toujours. Ne pense pas au lendemain. Nous avons les richesses des mages : elles nous aideront pour les premiers temps. Puis, je trouverai du travail. Un ouvrier honnête et capable se débrouille tout de suite. Tu l’as vu ici. Je n’arrivais pas à trouver du temps pour tout faire.

– Je sais, mais qui adoucira ta nostalgie ?

– Et toi, qui adoucira la nostalgie de la maison qui t’est si chère ?

– Jésus. Par le simple fait de l’avoir, lui, j’ai encore ce que je possédais là-bas.

– Et moi, en ayant Jésus, je possède la patrie que j’espérais retrouver il y a quelques mois. Je possède mon Dieu. Tu vois que je n’ai rien perdu de ce qui m’est plus cher que tout. Il nous suffit de sauver Jésus et alors tout nous reste. Même si nous ne devions plus revoir ce ciel, ces campagnes ni celles encore plus chères de Galilée, nous aurions tout parce que nous l’avons, lui. 35.6 Viens, Marie, l’aube commence à poindre. Il est temps de prendre congé de notre hôtesse et de charger nos affaires. Tout ira bien. »

Obéissante, Marie se lève. Elle s’enveloppe dans son manteau pendant que Joseph fait un dernier paquet qu’il emporte en sortant.

Elle soulève délicatement le Bébé, l’enveloppe dans un châle et le serre sur son cœur. Elle regarde les murs qui l’ont abritée des mois durant et les effleure de la main. Bienheureuse maison qui a mérité d’être aimée et bénie par Marie !

Elle sort. Elle traverse la petite chambre qui était celle de Joseph et entre dans la grande pièce. La maîtresse de maison, tout en larmes, l’embrasse et la salue. Soulevant un coin du châle, elle donne un baiser sur le front au Bébé qui dort paisiblement. Ils descendent le petit escalier extérieur.

Il y a une première clarté de l’aube qui permet tout juste de voir. Dans la pénombre, on aperçoit trois montures. La plus robuste porte le chargement. Les autres ont une selle. Joseph s’applique à bien disposer le coffre et les paquets sur le bât du premier âne. Je vois empaquetés et posés sur le haut du sac ses outils de charpentier. De nouveau, adieux et larmes, puis Marie monte sur son âne, pendant que la maîtresse de maison tient Jésus à son cou et l’embrasse une dernière fois avant de le rendre à sa Mère. Joseph aussi monte en selle après avoir attaché son âne à celui qui porte les bagages pour être libre de tenir l’ânon de Marie.

La fuite commence pendant que Bethléem, qui rêve encore à la scène fantasmagorique des mages, dort tranquillement, inconsciente de ce qui l’attend.

C’est la fin de la vision.

Annotation

Matthieu 2, 13-23 : Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

EMV 35.5 · Tome 1

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35.5 Joseph revient :

« Tu es prête ? Jésus aussi ? As-tu pris ses couvertures, sa petite couche ? Nous ne pouvons emporter le berceau, mais au moins qu’il ait son petit matelas, le pauvre petit qu’on cherche à faire mourir !

– Joseph ! »

Elle pousse un cri en s’accrochant au bras de Joseph.

« Oui, Marie, à faire mourir ! Hérode veut sa mort... parce qu’il en a peur... pour son pouvoir royal d’homme, ce fauve immonde a peur de cet Innocent. J’ignore ce qu’il fera quand il comprendra qu’il s’est enfui. Mais nous serons loin alors. Je ne crois pas qu’il se vengera en le cherchant jusqu’en Galilée. Il serait déjà trop difficile de découvrir que nous sommes galiléens, qui plus est de Nazareth, et qui nous sommes exactement. A moins que Satan ne l’aide pour le remercier d’être pour lui un serviteur dévoué. Mais... si cela arrivait... Dieu nous aidera de la même façon.

EMV 35.8 · Tome 1

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Ma Mère a poussé un cri de joie quand, près de quatre ans plus tard, elle est retournée à Nazareth et est rentrée dans sa maison, puis elle a embrassé les murs où son “ oui ” a ouvert son sein pour recevoir le Germe de Dieu. Joseph a salué avec joie sa parenté et ses neveux, plus nombreux et grandis ; il s’est réjoui de constater que ses concitoyens se souvenaient de lui et faisaient aussitôt appel à lui pour sa compétence. Moi, j’ai été sensible aux amitiés et j’ai souffert de la trahison de Judas comme d’une crucifixion morale. Pour autant, ni ma Mère ni Joseph n’ont fait passer leur amour pour leur maison et leur famille avant la volonté de Dieu.

EMV 36.1-6 · Tome 1

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36.1 Douce vision de la sainte Famille. C’est en Egypte. Je n’en puis douter car je vois le désert et une pyramide.

Je vois une maisonnette toute blanche, de plain-pied. C’est une pauvre maison de très pauvres gens. Les murs sont à peine crépis et revêtus d’une seule couche de chaux. Cette petite maison a deux portes, voisines l’une de l’autre, qui donnent accès à deux uniques pièces où, pour l’instant, je n’entre pas. Elle se trouve au centre d’un petit terrain sableux enclos de roseaux enfoncés dans le sol en guise de faible défense contre les voleurs. Cela ne peut servir que contre quelque chien ou chat errant. Mais, au fait, qui aurait idée de voler là où il est visible qu’il n’y a pas ombre de richesse ?

Pour rendre l’enceinte des roseaux plus épaisse et moins misérable, on y a fait pousser des plantes grimpantes qui me paraissent être de modestes liserons. Sur un seul côté, un arbuste de jasmin en fleurs et un buisson de roses des plus communes. Bien qu’aride et pauvre, le terrain est cultivé patiemment, pour en faire un petit jardin. Je remarque de modestes légumes dans les rares plates-bandes au milieu, sous un arbre de haute futaie que je ne puis identifier, mais qui projette un peu d’ombre sur le terrain brûlé par le soleil et sur la petite maison. A cet arbre est attachée une petite chèvre blanche et noire qui broute et rumine les feuilles de quelques branches jetées sur le sol.

36.2 C’est là, sur une natte étendue par terre, que se trouve l’Enfant-Jésus. Je lui donne deux ans, deux ans et demi au maximum. Il joue avec des morceaux de bois taillés qui ressemblent à des brebis ou à des chevaux et avec des copeaux de bois blanc moins bouclés que ses cheveux. De ses petites mains potelées, il cherche à mettre ces colliers de bois au cou de ses animaux.

Il est aimable et souriant, très beau. Il a une petite tête avec des cheveux d’or très épais. Son teint est clair, délicatement rosé, ses yeux vifs, brillants, bleu foncé. Leur expression a beau être différente, naturellement, je reconnais la couleur des yeux de mon Jésus : ce sont deux très beaux saphirs sombres.

Il porte une longue chemise blanche qui lui sert de tunique. Les manches arrivent au coude. Aux pieds, rien pour le moment. Ses minuscules sandales sont sur la natte et servent elles aussi de jouet au Bébé : il y attelle ses animaux qui tirent la sandale par la courroie comme si c’était une petite charrette. Ce sont des sandales très simples : une semelle et deux courroies qui partent l’une de la pointe, l’autre du talon. Celle qui part de la pointe bifurque ensuite à un certain endroit. Une partie passe dans l’ouverture de la courroie qui vient du talon pour aller s’agrafer à l’autre partie qui forme un anneau au cou du pied.

36.3 Marie se tient un peu à l’écart, elle aussi à l’ombre de l’arbre. Elle tisse sur un métier rustique et surveille le Bébé. Je vois ses mains fines et blanches aller et venir en lançant la navette sur la trame et son pied chaussé d’une sandale qui actionne la pédale. Elle porte une tunique mauve, ou plutôt violet rosé comme certaines améthystes. Elle a la tête nue de sorte que je peux remarquer que ses cheveux blonds sont séparés en deux, coiffés simplement en deux tresses qui forment un beau chignon sur la nuque. Les manches de son vêtement sont longues, plutôt é­troites. Pas d’autre ornement que sa beauté et la très douce expression de son visage. Son teint, la couleur des cheveux et des yeux, la forme du visage, tout est comme je la vois d’ordinaire. Ici, elle paraît très jeune, je lui donne plus ou moins vingt ans.

A un moment, elle se lève et se penche vers le Bébé, lui remet ses sandales et les lui lace soigneusement. Puis elle le caresse et lui dépose un baiser sur la tête et sur les yeux. Le Bébé gazouille et elle répond, mais je ne comprends pas les paroles. Elle revient alors à son métier ; elle étend un linge sur la toile et sur la trame, prend le tabouret sur lequel elle était assise, et le porte à la maison. Le Bébé la suit du regard, sans l’importuner quand elle le laisse seul.

On voit que son travail est fini et que le soir arrive. En effet, le soleil descend sur les sables nus et, au loin derrière la pyramide, un véritable incendie envahit le ciel tout entier.

Marie revient, prend Jésus par la main et le fait se lever de sa natte. Le Bambin obéit sans résistance. Pendant que sa Maman ramasse les jouets et la natte, et les rentre à la maison, il court, trottinant de ses petites jambes vers la chevrette, et lui met les bras au cou. La chevrette bêle et frotte son museau contre les épaules de Jésus.

Marie revient. Elle porte maintenant un long voile sur la tête et une amphore dans les mains. Elle prend Jésus par sa menotte et ils font ensemble le tour de la maison pour aller vers l’autre façade.

Je les suis en admirant la grâce du tableau. La Vierge règle son pas sur celui du Bambin qui trottine à son côté. Je vois les talons roses qui se lèvent et se posent avec la grâce spéciale de la démarche des enfants, dans le sable du sentier. Je note que sa petite tunique ne descend pas jusqu’aux pieds, mais arrive seulement à mi-mollet. Elle est très propre, toute simple, retenue à la taille par un cordon, blanc lui aussi.

Je vois que, sur le devant de la maison, la haie est interrompue par une grille rustique que Marie ouvre pour sortir dans la rue. C’est une pauvre rue à l’extrémité d’une ville ou d’un village quelconque, là où il fait place à la campagne. C’est un chemin de sable bordé de quelques autres maisonnettes comme celle-ci avec un pauvre jardinet.

Je ne vois personne. Marie regarde du côté du centre, pas vers la campagne, comme si elle attendait quelqu’un, puis elle se dirige vers un bassin ou un puits qui se trouve à dix mètres environ plus haut et au-dessus duquel des palmiers forment un cercle d’ombre. Je vois que le terrain à cet endroit est couvert d’herbes verdoyantes.

36.4 C’est alors que je vois un homme pas trop grand, mais robuste arriver sur la route. Je reconnais Joseph, qui sourit. Il est plus jeune que quand je l’avais vu dans la vision du Paradis. Il paraît avoir quarante ans tout au plus. Sa barbe et ses cheveux sont épais et noirs, sa peau plutôt bronzée, ses yeux foncés. C’est un visage honnête et agréable, un visage qui inspire confiance.

A la vue de Jésus et de Marie, il hâte le pas. Il porte sur l’é­paule gauche une espèce de scie et une sorte de rabot, et à la main il tient d’autres outils de son métier, pas tellement différents de ceux d’aujourd’hui. Manifestement, il revient d’être allé travailler chez quelqu’un.

Il porte un vêtement de couleur entre noisette et marron, pas très long – il lui arrive un peu au-dessus de la cheville – et les manches s’arrêtent au coude. A la taille, une ceinture de cuir, me semble-t-il. C’est une vraie tenue de travailleur. Aux pieds il porte des sandales avec des courroies qui s’entrecroisent aux chevilles.

Marie sourit. L’Enfant pousse des cris de joie et lui tend son bras libre. Quand les trois se rencontrent, Joseph se penche pour offrir à l’Enfant un fruit qui, par la forme et la couleur, semble être une pomme. Puis il lui tend les bras et, laissant sa Mère, l’enfant se blottit dans les bras de Joseph et pose la tête dans le creux de l’épaule de Joseph qui lui donne et en reçoit des baisers, en un mouvement tout plein de gracieuse affection.

J’oubliais de dire que Marie s’était empressée de prendre les outils de Joseph pour le laisser libre d’embrasser l’Enfant.

Puis Joseph, qui s’était accroupi pour se mettre au niveau de Jésus, se relève, reprend de la main gauche ses outils et, du bras droit, tient le petit Jésus serré sur sa robuste poitrine. Il se dirige vers la maison pendant que Marie va à la fontaine remplir son amphore.

Une fois entré dans l’enceinte de la maison, Joseph pose l’Enfant à terre, prend le métier de Marie et le rentre, puis trait la chèvre. Jésus observe attentivement ces opérations et regarde Joseph enfermer la chèvre dans un petit réduit construit sur un côté de la maison.

Le soir tombe. J’observe le rouge du crépuscule qui prend une teinte violacée au-dessus des sables où la chaleur semble faire vibrer l’air. La pyramide paraît plus sombre.

Joseph entre dans la maison, dans une pièce qui doit être tout à la fois atelier, cuisine et salle à manger. Je me rends compte que l’autre est réservée au repos, mais je n’y entre pas. Au niveau du sol, il y a un foyer allumé et, toujours dans cette pièce, un établi de menuisier, une petite table, des tabourets, des étagères portant quelques pièces de vaisselle et deux lampes à huile. Dans un coin, le métier de Marie. Il y a beaucoup, beaucoup d’ordre et de propreté. C’est une demeure très pauvre, mais fort bien tenue.

Quelque chose me frappe : dans toutes les visions rela­tives à la vie humaine de Jésus, j’ai remarqué que lui, tout comme Marie et Joseph, ainsi que Jean ont toujours des vêtements en bon état et propres, une chevelure soignée, sans recherche, des habits modestes, une coiffure simple, mais d’une netteté qui leur donne de la distinction.

36.5 Marie revient avec l’amphore et l’on ferme la porte sur la nuit qui tombe rapidement. La pièce est éclairée par une lampe que Joseph a allumée et qu’il a placée sur son établi, où il se penche pour travailler encore à des bricoles pendant que Marie prépare le souper. Le feu lui aussi éclaire la pièce. Jésus, les mains appuyées à l’établi et la tête dressée, observe ce que fait Joseph.

Puis ils s’asseyent à table après avoir prié. Naturellement, ils ne font pas le signe de croix, mais ils prient. C’est Joseph qui commence et Marie répond. Mais je ne comprends rien. Ce doit être un psaume, mais il est récité dans une langue qui m’est totalement inconnue.

Ils se mettent alors à table. Cette fois, la lampe se trouve sur la table. Marie a Jésus sur son sein et lui fait boire le lait de la chevrette. Elle y trempe des morceaux de pain coupés dans une miche ronde dont la croûte est noire, et l’intérieur aussi. Il doit s’agir d’un pain de seigle ou d’orge. C’est la grande quantité de son qui le rend gris. Joseph mange en même temps du pain et du fromage, un petit morceau de fromage pour beaucoup de pain. Puis Marie assied Jésus sur un petit tabouret à côté d’elle. Elle pose sur la table des légumes cuits – ils me semblent être cuits à l’eau et assaisonnés comme nous avons nous aussi l’habitude de le faire – puis elle en mange, elle aussi, après que Joseph s’est servi. Jésus grignote tranquillement sa pomme et sourit, découvrant de petites dents blanches. Le repas se termine par des olives ou des dattes, je ne sais pas trop : pour des olives elles sont trop claires, pour des dattes elles sont trop dures. Pas de vin, c’est un repas de pauvres gens.

Pourtant, la paix que l’on respire dans cette pièce est si grande, que la vue d’un somptueux palais royal ne pourrait rien me présenter d’aussi charmant. Et quelle harmonie !

36.6 Ce soir, Jésus ne parle pas. Il ne m’explique pas la scène. Il m’enseigne par la vision qu’il me donne, et cela suffit. Qu’il en soit toujours et pareillement béni !

Annotation

Matthieu 2,14-15 :

Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

EMV 36.7-10 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

36.7 Jésus dit :

« C’est ce que tu vois qui constitue la leçon, pour toi comme pour tous. C’est une leçon d’humilité, de résignation, de parfaite entente, proposée en exemple à toutes les familles chrétiennes et particulièrement aux familles chrétiennes de ce moment particulier et douloureux.

36.8 Tu as vu une pauvre maison et, ce qui est pénible, une pauvre maison dans un pays étranger.

Nombreux sont les fidèles “ ordinaires ” qui prétendraient avoir une vie matérielle facile, bien à l’abri de la plus petite peine, une vie prospère et heureuse, uniquement parce qu’ils prient et me reçoivent dans l’Eucharistie, parce qu’ils prient et communient pour “ leurs ” besoins, et non pour les besoins pressants des âmes et pour la gloire de Dieu (il est bien rare, en effet, qu’en priant on ne soit pas égoïste).

Joseph et Marie m’avaient, moi, le vrai Dieu, pour Fils. Pourtant ils n’eurent pas même la maigre satisfaction d’être pauvres dans leur patrie, dans leur pays où ils étaient connus, là où ils possédaient au moins une petite maison “ à eux ” et où le pro­blème du logement ne se serait pas ajouté à tous les autres ; dans leur pays, il leur aurait été plus facile de se procurer un travail et pourvoir à la vie, puisqu’ils y étaient connus. C’est à cause de moi qu’ils sont deux exilés dans un climat différent, dans un pays différent, si triste en comparaison des douces cam­pagnes de Galilée, et aussi avec une langue, des moeurs diffé­rentes au milieu d’une population qui ne les connaît pas, mais qui a cette méfiance habituelle qu’ont les gens pour les réfugiés et les inconnus.

Ils sont privés de ces meubles confortables et chers de “ leur ” maisonnette, de tant de petites choses humbles et nécessaires mais qui ne paraissaient pas l’être autant là-bas, alors que, vues d’ici, dans le dénuement qui les entoure, elles paraissent avoir la beauté de ce superflu qui rend délicieuses les maisons des riches. Ils ont la nostalgie de leur village et de leur maison, leur pensée s’envole vers ces pauvres choses laissées là-bas, vers le petit jardin potager dont peut-être plus personne ne s’occupe, vers la vigne, le figuier et les autres plantes utiles. Ils sont dans la nécessité de pourvoir à la nourriture de tous les jours, aux vêtements, au feu, à moi enfant, à qui on ne peut pas donner la même nourriture qu’à soi. Et avec ça, beaucoup de peine dans le coeur, à cause de la nostalgie, du souci du lendemain inconnu, à cause de la méfiance du monde peu disposé, surtout dans les premiers temps, à accueillir les offres de travail de deux étrangers.

Pourtant, tu l’as vu, dans cette demeure planent la sérénité, le sourire, la concorde et, d’un commun accord, on tâche de la rendre plus belle, jusqu’au pauvre potager, afin que tout soit pareil à la maison qui a été quittée, et plus confortable encore. Tout tourne autour d’une seule pensée : que la terre hostile me soit rendue moins misérable, à moi le Saint, moi qui viens de Dieu. C’est un amour de croyants et de parents qui se manifeste par mille petites attentions, qui vont de la chevrette qui a coûté tant d’heures de travail supplémentaires, aux petits jouets sculptés sur les morceaux de bois qui restaient, ou encore aux fruits achetés pour moi seul, tandis qu’eux se privent même d’une bouchée de nourriture.

Mon père chéri de la terre, comme tu as été aimé de Dieu, de Dieu le Père du haut des Cieux, de Dieu le Fils, devenu Sauveur sur la terre !

Dans cette maison il n’y a pas de gens nerveux, susceptibles, de visages fermés ni de reproches réciproques, et encore moins envers Dieu qui ne les comble pas de bien-être matériel. Joseph ne reprochera pas à Marie d’être la cause des pertes qu’il a subies et Marie ne reprochera pas à Joseph de ne pas savoir lui procurer un plus grand bien-être. Ils s’aiment saintement, c’est tout, et leur préoccupation n’est pas leur intérêt personnel, mais celui de leur conjoint. Le véritable amour ne connaît pas d’égoïsme. Et le véritable amour est toujours chaste, même s’il n’est pas parfait en ce domaine autant que celui de deux époux vierges. Unie à la charité, la pureté entraîne à sa suite tout un cortège d’autres vertus et réalise, pour deux personnes qui s’aiment chastement, la perfection conjugale.

L’amour de ma Mère et de Joseph était parfait. Il préludait à d’autres vertus et spécialement à la charité envers Dieu : Dieu était béni à toute heure – même si sa sainte volonté était pénible pour la chair et pour le coeur – car chez ces deux saints l’esprit était plus vivant et dominait tout. C’était cet esprit qui leur faisait magnifier le Seigneur en le remerciant de les avoir choisis comme gardiens de son Fils éternel.

36.9 Dans cette maison, on prie. On prie trop peu dans les maisons à présent. Le jour se lève, la nuit tombe, le travail commence, vous vous mettez à table, sans avoir la moindre pensée pour le Seigneur qui vous a permis de voir un nouveau jour, de pouvoir arriver à une nouvelle nuit, qui a béni vos fatigues et permis qu’elles vous procurent cette nourriture, ce feu, ces vêtements, ce toit, toutes ces choses nécessaires à votre condition humaine. Tout ce qui vient du Dieu bon est toujours “ bon ”. Même si ces biens sont pauvres et peu abondants, l’amour leur donne de la saveur et du prix, l’amour qui vous fait reconnaître en l’éternel Créateur le Père qui vous aime.

Dans cette maison, on est frugal. On l’aurait été même si l’argent n’avait pas manqué. On mange pour vivre, on ne vit pas pour manger, avec l’insatiabilité des goinfres et les caprices des gourmands qui absorbent les aliments jusqu’à s’en alourdir et dilapident leurs biens en produits coûteux sans penser à ceux qui n’ont pas leur content ou doivent se priver, sans réfléchir qu’en se modérant ils pourraient épargner à beaucoup les souffrances de la faim.

Dans cette maison, on aime le travail. On l’aimerait même si l’argent abondait car, par le travail, l’homme obéit au commandement de Dieu et échappe au vice qui, tel un lierre tenace, enserre et étouffe les paresseux semblables à des masses inertes. La nourriture est bonne, le repos agréable, le coeur satisfait quand on a bien travaillé et on apprécie un moment de détente entre un travail et un autre. Le vice aux multiples visages n’entre pas dans la maison et dans l’esprit de ceux qui aiment le travail. De ce fait, il s’y développe affection, estime, respect réciproque. Dans une atmosphère de pureté grandissent les tendres rejetons qui donneront naissance à de futures familles où fleurira la sainteté.

Dans cette maison règne l’humilité. Quelle leçon pour vous, qui êtes si orgueilleux ! Marie aurait eu, humainement parlant, mille raisons de s’enorgueillir et de se faire adorer par son conjoint. Tant de femmes le font parce qu’elles ont une culture plus étendue, une naissance noble, une fortune supé­rieure à celle de leur mari ! Marie a beau être Epouse et Mère de Dieu, elle sert son conjoint, elle ne se fait pas servir et elle est tout affection pour lui. Joseph est le chef de maison que Dieu a jugé digne, si digne, d’être chef de famille, de recevoir de Dieu la garde du Verbe incarné et de l’Epouse de l’éternel Esprit, et pourtant il veille attentivement à alléger Marie de tous les gros et ennuyeux travaux. Il se charge des plus humbles occupations d’une maison pour éviter à Marie de se fatiguer ; comme il le peut, autant qu’il le peut, il lui fait plaisir et s’ingénie à rendre l’habitation plus pratique et à égayer de fleurs le petit jardin.

Dans cette maison, on respecte l’ordre surnaturel, moral et matériel. Dieu est le Chef suprême et c’est à lui que l’on rend le culte et l’amour : c’est là l’ordre surnaturel. Joseph est le chef de la famille et on lui donne affection, respect, obéissance : c’est l’ordre moral. La maison est un don de Dieu, tout comme les vêtements et le mobilier. En toutes ces choses, c’est la Providence de Dieu qui se manifeste, de ce Dieu qui donne aux brebis leur toison, aux oiseaux leur plumage, aux prés la verdure, aux animaux domestiques le foin, aux volatiles le grain et les frondaisons, et qui tisse le vêtement des lys de la vallée. On reçoit avec gratitude la maison, les vêtemens, les meubles, en bénissant la main divine qui les fournit, en les traitant avec respect en tant que dons du Seigneur sans les regarder d’un mauvais oeil en raison de leur pauvreté, sans les abîmer en abusant de la Provi­dence : c’est l’ordre matériel.

36.10 Tu n’as pas compris les paroles échangées dans le dialecte de Nazareth, ni les mots de la prière, mais le spectacle de cette Famille t’a donné une grande leçon. Méditez-la, vous tous qui avez tant à souffrir pour avoir manqué à Dieu en tant de choses et parmi elles aussi en celles où ne manquèrent jamais les saints époux que furent ma Mère et mon père.

Et toi, sois heureuse en te rappelant le petit Jésus. Souris en pensant à ses petits pas d’enfant. Bientôt tu le verras marcher sous une croix. Et ce sera une vision de larmes. »

Détail

Maria vient de voir une vision de la Sainte Famille en Egypte.

EMV 41.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

41.5 Chammaï, le regard livide : « Tu affirmes que le Messie est né au temps de l’étoile à Bethléem Ephrata ? »

Jésus : « Je l’affirme. »

Chammaï : « Alors il n’existe plus. Ignores-tu, mon enfant, qu’Hérode a fait tuer tous les garçons d’un jour à deux ans de Bethléem et des environs ? Toi qui connais si bien les Ecritures, tu dois aussi savoir cela : “ Un cri s’est élevé... C’est Rachel qui pleure ses enfants. ” Les vallées et les collines de Bethléem qui ont recueilli les pleurs de Rachel mourante sont restées remplies de ces pleurs, et les mères en ont fait de même sur leurs fils massacrés. Parmi elles, il y avait certainement aussi la Mère du Messie. »

Jésus : « Tu te trompes, vieillard. Les pleurs de Rachel se sont changés en hosanna, parce que là où elle avait mis au jour “ le fils de sa douleur ”, la nouvelle Rachel a donné au monde le Benjamin du Père céleste, le Fils de sa droite, celui qui est destiné à rassembler les peuples sous son sceptre et à le libérer de la plus terrible des servitudes. »

Chammaï : « Et comment, s’il a été tué ? »

Jésus : « N’as-tu pas lu, en parlant d’Elie, qu’il fut enlevé dans un char de feu ? Par conséquent le Seigneur Dieu ne pourrait-il pas avoir sauvé son Emmanuel pour qu’il devienne le Messie de son peuple ? Lui qui a ouvert la mer devant Moïse afin qu’Israël rejoigne sa terre à pied sec, n’aurait-il donc pas pu envoyer ses anges sauver son Fils, son Christ, de la férocité de l’homme ? En vérité je vous le dis : le Christ vit et il est parmi vous, et quand son heure sera venue, il se manifestera dans toute sa puissance. »

En disant ces mots que je souligne, Jésus a dans la voix un éclat qui remplit l’espace. Ses yeux brillent encore plus fort et, avec quelque chose d’impérieux, comme poussé par la promesse, il tend le bras et la main droite comme pour un serment. C’est un enfant, mais il est aussi solennel qu’un homme.

Annotation

Jérémie 31, 15 : "Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus."

Livre de l'Exode 14, 21-22 : Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent. Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche,

Second Livre des Rois, 2, 11-12 : Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan. Élisée le vit et se mit à crier : « Mon père !... Mon père !... Char d’Israël et ses cavaliers ! » Puis il cessa de le voir. Il saisit ses vêtements et les déchira en deux.