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EMV 68.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Va et obéis. Moi, j’obéis à mon Père. Toi, obéis à ton Maître. La première condition pour être fils de Dieu, c’est d’obéir sans discuter, en pensant que le Père ne peut que donner des ordres saints. Et la première condition du disciple est d’obéir à son Maître en pensant que le Maître sait et ne peut donner que des ordres justes.

EMV 68.2-3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Voici, Maître, le magistrat.

– Que la paix soit avec toi. Je te demande la permission d’enseigner à Israël parmi les rabbins d’Israël.

– Tu es rabbin ?

– Je le suis.

– Quel a été ton maître ?

– L’Esprit de Dieu, qui me parle avec sagesse et m’éclaire toute parole des textes sacrés.

– Serais-tu plus grand qu’Hillel, toi qui prétends con­naître toute doctrine sans avoir eu de maître? Comment quelqu’un peut-il se former s’il n’y a personne pour s’en charger ?

– De la même manière que s’est formé David, ce berger inconnu devenu roi puissant et sage par la volonté du Seigneur.

– Ton nom ?

– Jésus, fils de Joseph de Nazareth, fils de Jacob, de la race de David, et de Marie, fille de Joachim, de la race de David, et d’Anne, fille d’Aaron ; Marie est la vierge dont le mariage a été célébré au Temple, parce qu’elle était orpheline, par le grand prêtre, selon la Loi d’Israël.

– Qui peut en apporter la preuve ?

– Il doit y avoir encore des lévites qui se souviennent de cet événement et qui étaient contemporains de Zacharie, de la classe d’Abias, mon parent. Interroge-les, si tu doutes de ma sincérité.

– Je te fais confiance. Mais qu’est-ce qui me prouve que tu es capable d’enseigner ?

– Ecoute-moi, et tu jugeras par toi-même.

– Tu es libre de le faire, mais... n’es-tu pas nazaréen ?

– Je suis né à Bethléem de Juda, à l’époque du recensement ordonné par César. Proscrits par des ordres injustes, les descendants de David se trouvent partout. Mais la race est celle de Juda.

– Tu sais... les pharisiens... toute la Judée... à l’égard de la Galilée...

– Je le sais, mais rassure-toi. C’est à Bethléem que j’ai vu le jour, à Bethléem Ephrata d’où vient ma race. Si je vis aujourd’hui en Galilée, c’est pour que s’accomplisse ce qui a été annoncé. »

Le magistrat s’éloigne de quelques mètres, et court là où on l’appelle.

68.3 Judas demande :

« Pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu étais le Messie ?

– Mes paroles le diront.

– Qu'est-ce qui est annoncé et doit s’accomplir ?

– La réunion de tout Israël sous l’enseignement de la parole du Christ. Je suis le Pasteur dont ont parlé les prophètes et je viens rassembler les brebis de tout le pays. Je viens guérir les malades et ramener les égarés au bon pâturage. Pour moi, il n’y a ni Judée ni Galilée, ni Décapole ou Idumée. Il n’y a qu’une seule chose : l’Amour qui embrasse d’un seul regard et unit dans une étreinte unique pour sauver... »

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Un magistrat du Temple vient voir qui est Jésus.

EMV 68.2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Ton nom ?

– Jésus, fils de Joseph de Nazareth, fils de Jacob, de la race de David, et de Marie, fille de Joachim, de la race de David, et d’Anne, fille d’Aaron ; Marie est la vierge dont le mariage a été célébré au Temple, parce qu’elle était orpheline, par le grand prêtre, selon la Loi d’Israël.

EMV 68.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Des curieux s’approchent des deux hommes, qui attirent et frappent par leur allure bien différente.

Jésus baisse les yeux et sourit à cette petite foule. Un sourire dont aucun peintre ne pourra jamais rendre la douceur et que nul croyant ne peut imaginer s’il ne l’a pas vu. Puis il dit :

« Venez, si le désir d’une parole éternelle vous y pousse. »

68.4 Il se dirige sous un arc du portique et, adossé à une colonne, il commence à parler. Il emprunte son sujet à l’événement de la matinée.

« Ce matin, en entrant dans Sion, j’ai vu que deux fils d’A­braham étaient prêts à s'entretuer pour quelques deniers. Au nom de Dieu, j’aurais pu les maudire, car Dieu dit : “ Tu ne tueras point ” et aussi que celui qui n’obéit pas à la Loi sera maudit. Mais j’ai eu pitié de leur ignorance de l’esprit de la Loi et je me suis borné à empêcher l’homicide pour leur donner la possibilité de se repentir, de connaître Dieu, de le servir dans l’obéissance, en aimant non seulement ceux qui les aiment, mais même ceux qui sont leurs ennemis.

Oui, Israël. Un jour nouveau se lève pour toi et le précepte de l’amour devient encore plus lumineux. L’année commence-t-elle donc par le pluvieux mois d’Etanim ou bien par le triste mois de Casleu aux journées plus courtes qu’un rêve, aux nuits longues comme un jour sans pain ? Non, elle commence par le mois de Nisan, fleuri, ensoleillé, joyeux, où tout est riant, où le coeur de l’homme, même le plus pauvre et le plus triste, s’ouvre à l’espérance parce que vient l’été. C’est le temps des moissons, les jours de soleil, les fruits, la douceur même du sommeil sur un pré en fleurs sous la clarté des étoiles. Il est facile de se nourrir, car tout lopin de terre porte légumes ou fruits pour apaiser la faim de l’homme.

Voilà, Israël. Il est terminé, l’hiver, le temps de l’attente. Voici maintenant la joie de la promesse qui s’accomplit. Le Pain et le Vin sont là, tout prêts à calmer la faim. Le Soleil est parmi vous. Tout, sous ce Soleil, rend la respiration plus profonde et plus douce, même le premier précepte de notre Loi, le plus saint des saints préceptes : “ Aime ton Dieu et aime ton prochain. ”

Dans la lumière relative qui t’a été accordée jusqu’ici, il t’a été dit : “ Aime ceux qui t’aiment et hais ton ennemi. ” Tu n’aurais pu faire davantage, parce que la colère de Dieu pesait encore sur toi par la faute du manque d’amour d’Adam. Pour toi, l’ennemi était non seulement celui qui violait tes frontières, mais aussi celui qui t’avait causé quelque tort dans la vie privée, ou du moins qui paraissait l’avoir fait. Il en résultait que la haine couvait dans tous les coeurs, car peut-on trouver un homme qui, volontairement ou non, n’offense pas son frère ? Ou quelqu’un qui arrive à la vieillesse sans avoir été offensé ?

Moi, je vous dis : aimez aussi celui qui vous offense. Faites-le en pensant qu’Adam et tout homme après lui transgresse la loi divine et que personne ne peut affirmer : “ Je n’ai pas offensé Dieu. ” Pourtant, Dieu pardonne, non pas une fois, mais des dizaines de fois, des milliers de fois. Il pardonne, comme le prouve le fait qu’il y a encore des hommes sur terre. Pardonnez donc comme le Seigneur pardonne. Et si vous ne pouvez le faire par amour du prochain qui vous a nui, faites-le pour l’amour de Dieu qui vous donne le pain et la vie, qui vous protège dans les besoins que vous avez sur cette terre et qui a disposé tous les événements pour vous procurer la paix éternelle sur son sein. C’est la Loi nouvelle, la Loi du printemps de Dieu, de l’époque fleurie de la grâce venue parmi les hommes, du temps qui vous donnera le Fruit sans pareil et qui vous ouvrira les portes du Ciel.

68.5 On n’entend plus la voix qui parlait dans le désert. Mais elle n’est pas muette. Elle parle encore à Dieu pour Israël. Elle parle encore au coeur de tout israélite à la conscience droite. Après vous avoir enseigné à faire pénitence pour préparer les voies du Seigneur qui vient, à faire preuve de charité en donnant votre superflu à ceux qui n’ont même pas le nécessaire, et à avoir l’honnêteté de ne pas extorquer, ni de blesser, elle vous dit : “ L’Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde, celui qui vous baptisera dans le feu de l’Esprit Saint, est parmi vous. Il nettoiera son aire, amassera son froment. ”

Sachez reconnaître celui que le Précurseur vous indique. Ses souffrances agissent auprès de Dieu pour vous donner la lumière. Voyez. Que s’ouvrent les yeux de votre âme, et vous connaîtrez la Lumière qui vient. Je relaie la voix du prophète qui annonce le Messie et, avec la puissance qui me vient du Père, je l’amplifie et y unis ma propre puissance, et je vous appelle à la vérité de la Loi. Préparez vos coeurs à la grâce de la Rédemption qui est proche. Le Rédempteur est parmi vous. Bienheureux ceux qui seront dignes d’être rachetés parce qu’ils auront fait preuve de bonne volonté.

Que la paix soit avec vous ! »

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Jésus fait référence à un événement survenu dans l'EMV 64.7.

EMV 68.3 · Tome 1

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Je suis le Pasteur dont ont parlé les prophètes et je viens rassembler les brebis de tout le pays. Je viens guérir les malades et ramener les égarés au bon pâturage. Pour moi, il n’y a ni Judée ni Galilée, ni Décapole ou Idumée. Il n’y a qu’une seule chose : l’Amour qui embrasse d’un seul regard et unit dans une étreinte unique pour sauver...

EMV 68.6-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Demandez-lui quelque miracle. Il est puissant. Il guérit. Il lit dans les coeurs. Il répond à toute question.

– Parle-lui, toi, pour moi. Dis-lui que je suis malade. Mon oeil droit est mort, le gauche se dessèche.

– Maître...

– Judas ? »

Jésus, qui caressait une enfant, se retourne.

« Maître, cet homme est presque aveugle et désire voir. Je lui ai dit que tu peux le guérir.

– Je le peux pour qui a la foi. As-tu foi, homme ?

– Je crois dans le Dieu d’Israël. Je viens ici pour me jeter dans la piscine de Bethsaïde. Mais il y a toujours quelqu’un qui me précède.

– Peux-tu croire en moi ?

– Si je crois à l’ange de la piscine, ne dois-je pas croire en toi dont le disciple affirme que tu es le Messie ? »

Jésus sourit. Il se mouille le doigt avec la salive et effleure l'oeil malade.

« Que vois-tu ?

– Je vois les objets sans le brouillard qui les recouvrait auparavant. Et l’autre, tu ne le guéris pas ? »

Jésus sourit de nouveau. Il refait le même geste sur l’oeil a­veugle.

« Que vois-tu maintenant ? demande-t-il en enlevant son doigt de la paupière fermée.

– Ah ! Seigneur Dieu d’Israël ! J’y vois comme quand, enfant, je courais sur les prés. Sois béni pour l’éternité ! »

L’homme pleure, prostré aux pieds de Jésus.

« Va. Sois bon maintenant par reconnaissance pour Dieu. »

68.7 Un lévite, arrivé vers la fin du miracle, demande :

« Par quel pouvoir fais-tu cela ?

– Tu me le demandes ? Je vais te le dire si tu réponds à ma question. D’après toi quel est le plus grand : un prophète qui annonce le Messie ou le Messie en personne ?

– Quelle question ! Le Messie est le plus grand : c’est le Rédempteur promis par le Très-Haut !

– Alors, pourquoi les prophètes ont-ils fait des miracles ? Par quel pouvoir ?

– Par le pouvoir que Dieu leur donnait pour prouver aux foules que Dieu était avec eux.

– Eh bien ! c’est par ce même pouvoir que j’accomplis les miracles. Dieu est avec moi, et je suis avec lui. Je prouve aux foules qu’il en est bien ainsi et que le Messie peut, à plus forte raison et dans une plus large mesure, accomplir ce que les prophètes ont pu faire. »

Pensif, le lévite s’éloigne et tout se termine.

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Jésus parle et Judas encourage le peuple à lui demander un miracle. Jésus en opère un, et à la fin, on lui demande par quelle autorité il fait cela.

EMV 69 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus sort du Temple avec Judas. Celui-ci veut l'accompagner, mais Jésus lui dit qu'il a besoin de prier avec le Père. Il affirme ainsi que l'esprit doit toujours primer avant la chair et qu'on doit presque tuer celle-ci au profit de la vie surnaturelle. Judas demande alors comment on ne peut pas se préoccuper de la chair et évoque le commandement "Tu ne tueras point". Jésus lui répond alors qu'on doit prendre de la nourriture avec continence, sans s'empoisonner ou trop se nourrir car celle-ci flatte le goût. Puis, il revient sur le suicide et en parle longuement. Le Christ déclare ainsi que celui qui se suicide pèche par orgueil. Judas signale qu'on se suicide par désespoir, mais Jésus dit que le désespoir n'est rien d'autres que de l'orgueil : car on croit qu'on n'a plus de secours nulle part, pas même de Dieu qui est un Père et qui peut nous tendre la main. Judas fait remarquer que tous ceux qui se sont suicidés dans l'Ecriture avant sa venue ont péché, mais le Maître déclare qu'ils auront pu recevoir la Miséricorde de Dieu, même s'il n'est jamais permis de faire violence, à soi ou à autrui. Après la venue du Verbe, par contre, le péché du suicide sera toujours sévèrement condamné par Justice de Dieu si le pécheur se suicide en déclarant qu'il est pour toujours séparé de Dieu et qu'il ne peut recevoir son pardon. La vie étant un don de Dieu, il faut l'aimer, et l'utiliser pour gagner l'éternité.

Judas comprend la pensée du Christ, mais a du mal à l'appliquer. Ils parlent alors de la tentation du Christ, puis Jésus parle des anges (des purs esprits) et de l'homme, roi de la création, que Jésus vient réhabiliter.

Sur le point de quitter Jésus, Judas lui demande quand même s'il ne peut pas l'amener ailleurs que dans l'oliveraie, pour le faire "mieux considéré". Mais si Jésus le remercie pour sa considération, il aime rester dans ce milieu humble. Il viendra pour tous, pour les petits comme pour les grands, mais restera surtout là où se trouve l'humilité. Enfin, les deux hommes se quittent ensuite peu après.

EMV 69.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Celui qui veut vivre par l’esprit et porter les autres à faire de même, doit faire passer la chair après – je dirais presque : la tuer – pour accorder tous ses soins à sa vie spirituelle. C’est vrai pour tous (...). Pour toi aussi, si tu veux vraiment appartenir à Dieu, c’est-à-dire au surnaturel.

EMV 69.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je t’assure que, en fait de mets, il faut savoir prendre ce qui nourrit, mais pas le poison. Si nous nous rendons compte qu’un mets nous est nuisible parce qu’il provoque en nous des réactions néfastes – c’est-à-dire s’il est plus fort que nos humeurs naturelles qui pourraient le neutraliser –, il faut renoncer à ce mets, même s’il flatte le goût. Le pain ordinaire et l’eau de source valent mieux que les plats compliqués de la table du roi, relevés par des épices qui troublent et empoisonnent.