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EMV 6.4-5 · Tome 1, p. 51-52

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

6.4 Zacharie dit quelques mots Ă  voix basse Ă  son collĂšgue, qui acquiesce avec un sourire. Celui-ci s’approche ensuite du groupe recomposĂ© et, fĂ©licitant le pĂšre et la mĂšre pour leur joie et leur fidĂ©litĂ© aux promesses, il reçoit le second agneau, la farine et les galettes.

« Cette fillette est donc consacrĂ©e au Seigneur ? Que la bĂ©nĂ©diction de Dieu soit sur elle et sur vous ! Voici venir Anne, ce sera l’une de ses maĂźtresses : Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Viens, femme : cette petite est offerte au Temple en hostie de louange. Tu seras sa maĂźtresse, et elle croĂźtra en saintetĂ© sous ta protection. »

Anne, fille de Phanuel, aux cheveux dĂ©jĂ  tout blancs, cajole la petite fille, qui s’est Ă©veillĂ©e et regarde de ses yeux innocents et Ă©tonnĂ©s toute cette blancheur, tout cet or qui brille au soleil.

La cĂ©rĂ©monie doit ĂȘtre achevĂ©e. Je n’ai pas vu de rite particulier pour l’offrande de Marie. Peut-ĂȘtre suffisait-il de le dire au prĂȘtre, et surtout Ă  Dieu, auprĂšs du lieu sacrĂ©.

6.5 « Je voudrais faire l’offrande au Temple et aller Ă  l’endroit oĂč j’ai vu la lumiĂšre, l’annĂ©e derniĂšre », dit Anne.

Ils s’y rendent, accompagnĂ©s d’Anne, fille de Phanuel. Ils ne pĂ©nĂštrent pas dans le Temple proprement dit. Cela se comprend, car ce sont des femmes et il s’agit d’une fille. Ils ne vont mĂȘme pas lĂ  oĂč Marie ira offrir son Fils. Mais, tout prĂšs de la porte grande ouverte, ils regardent l’intĂ©rieur demi-obscur d’oĂč parviennent de doux chants de jeunes filles et oĂč brillent des lampes prĂ©cieuses qui rĂ©pandent une lumiĂšre dorĂ©e sur deux rangĂ©es de petites tĂȘtes voilĂ©es de blanc, deux vraies rangĂ©es de lys.

« Dans trois ans, tu seras lĂ , mon lys, promet Anne Ă  Marie, qui regarde Ă  l’intĂ©rieur, comme fascinĂ©e, et sourit en entendant ces chants psalmodiĂ©s.

– On dirait qu’elle comprend, dit Anne, fille de Phanuel. C’est une belle petite fille ! Elle me sera aussi chĂšre que si c’était la mienne. Je te le promets, femme, du moins si l’ñge me le permet.

– Tu seras encore lĂ , femme, dĂ©clare Zacharie. Tu la recevras parmi les jeunes filles consacrĂ©es. Moi aussi, j’y serai. Je veux ĂȘtre prĂ©sent ce jour-lĂ  pour lui recommander de prier pour nous dĂšs le premier instant... »

Il regarde sa femme, qui comprend et soupire.

La cérémonie est terminée et Anne, fille de Phanuel, se retire, tandis que les autres sortent du Temple en discutant.

J’entends Joachim dire :

« J’aurais bien donnĂ© tous mes agneaux, et pas seulement les deux meilleurs, pour avoir cette joie et louer Dieu ! »

Je ne vois rien de plus.

Détail

Anne est venue prĂ©senter Marie au Temple et se purifier suite Ă  son accouchement. Elle est accompagnĂ©e de son Ă©poux, d'Elisabeth et de Zacharie. Quand tout est accompli et qu'elle est purifiĂ©e par l'entremise du prĂȘtre, un collĂšgue de Zacharie, Maria Valtorta Ă©crit ce qui suit.

EMV 6.6-7 · Tome 1, p. 52-53

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La petite Fille parfaite pour le Royaume des Cieux

6.6 Jésus dit :

« Salomon fait dire Ă  la Sagesse : “ Que les enfants viennent Ă  moi. ” C’est effectivement de la forteresse, des murs de sa citĂ©, que l’éternelle Sagesse proposait Ă  l’éternelle Enfant : “ Viens Ă  moi. ” Elle brĂ»lait de la possĂ©der. Plus tard, le Fils de l’Enfant toute pure dira : “ Laissez venir Ă  moi les petits enfants, car le Royaume des Cieux est Ă  eux ; celui qui ne leur ressemble pas ne peut avoir part Ă  mon Royaume. ” Les voix se poursuivent et, tandis que la voix du Ciel crie Ă  la petite Marie : “ Viens Ă  moi ”, celle de l’Homme dit, en pensant Ă  sa MĂšre : “ Venez Ă  moi si vous savez ĂȘtre de petits enfants. ”

Le modùle que je vous donne, c’est ma Mùre.

Voyez la parfaite petite fille au coeur de colombe, simple et pur, voyez celle que les annĂ©es et le contact du monde n’ont pas fait tomber dans la barbarie des Ăąmes corrompues, tortueuses, menteuses. Parce qu’elle s’y refuse. Venez Ă  moi en regardant Marie.

6.7 Toi qui la vois, dis-moi : son regard d’enfant est-il si diffĂ©rent de celui que tu lui as vu au pied de la croix, ou dans la joie de la PentecĂŽte, ou encore Ă  l’heure oĂč ses paupiĂšres se fermĂšrent sur ses yeux de gazelle pour son dernier sommeil ? Non. Son regard est ici celui d’un enfant, incertain et Ă©tonnĂ©, puis elle aura le regard surpris et intimidĂ© de l’Annonciation, plus tard encore celui, tout heureux, de la MĂšre Ă  BethlĂ©em ; elle aura ensuite le regard d’adoration de ma premiĂšre et sublime disciple, qui se fera dĂ©chirant chez la femme torturĂ©e du Golgotha, pour devenir radieux Ă  la RĂ©surrection et Ă  la PentecĂŽte ; il sera enfin voilĂ© par le sommeil extatique de sa derniĂšre vision. Mais, qu’ils s’ouvrent Ă  son premier regard ou qu’ils se ferment avec lassitude sur la derniĂšre lumiĂšre, ses yeux, aprĂšs avoir vu tant de joie et d’horreur, restent ce morceau de ciel serein, pur et paisible qui resplendit, toujours pareil Ă  lui-mĂȘme, sur le visage de Marie. ColĂšre, mensonge, orgueil, luxure, haine, curiositĂ©, rien de tel ne les souille jamais de ses nuĂ©es fumeuses.

Qu’ils rient ou qu’ils pleurent, ces yeux contemplent Dieu avec amour ; par amour pour Dieu, ils caressent, pardonnent et supportent tout, et cet amour pour Dieu les rend invulnĂ©rables aux assauts du Mal, qui se sert si souvent du regard pour pĂ©nĂ©trer dans le coeur. Ce sont lĂ  les yeux purs, paisibles et bienveillants que possĂšdent les chastes, les saints, ceux qui aiment Dieu.

Je l’ai dit : “ La lampe de ton corps, c’est l’oeil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton oeil est malade, ton corps tout entier sera tĂ©nĂ©breux. ” Les saints ont eu cet oeil qui est lumiĂšre pour l’ñme et salut de la chair car, comme Marie, pendant toute leur vie ils n’ont regardĂ© que Dieu. Plus encore, ils se sont souvenus de Dieu.

Je t’expliquerai, ma petite voix, le sens de ce mot. »

Annotation

Plus tard, le Fils de l’Enfant toute pure dira : “ Laissez venir Ă  moi les petits enfants, car le Royaume des Cieux est Ă  eux ; celui qui ne leur ressemble pas ne peut avoir part Ă  mon Royaume. ” JĂ©sus le dira en EMV 378.8 et dans Matthieu 19, 14-15, Marc 10, 13-14 et Luc 18, 15-17.

Je l’ai dit : en Matthieu 6, 22-23 (EMV 174.9) et en Luc 11, 34-35 (EMV 413.7).

Evangile de Matthieu 6, 22-23 et 19, 14-15

Mt 6, 22-23 : La lampe du corps, c'est l'Ɠil. Si ton Ɠil est sain, tout ton corps sera dans la lumiĂšre ; mais si ton Ɠil est mauvais, tout ton corps sera dans les tĂ©nĂšbres. Si donc la lumiĂšre qui est en toi est tĂ©nĂšbres, combien grandes seront les tĂ©nĂšbres !

Mt 19, 14-15 : JĂ©sus leur dit : " Laissez ces petits enfants, et ne les empĂȘchez pas de venir Ă  moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. " 15Et, leur ayant imposĂ© les mains, il continua sa route.

Evangile de Luc 11, 34-35 et 18, 15-17

Lc 11, 34-35 : La lampe de ton corps, c'est ton Ɠil. Si ton Ɠil est sain, tout ton corps sera dans la lumiĂšre ; s'il est mauvais, ton corps aussi sera dans les tĂ©nĂšbres.

Lc 18, 15-17 : Des personnes lui apportaient aussi leurs petits enfants pour qu'il les touchĂąt ; ce que voyant, ses disciples les rĂ©primandĂšrent. Mais JĂ©sus appela ces enfants et dit : " Laissez les petits enfants venir Ă  moi, et ne les empĂȘchez pas ; car le royaume de Dieu est Ă  ceux qui leur ressemblent. En vĂ©ritĂ©, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera point. "

Evangile de Marc 10, 13-14

Mc 10, 13-14 : On lui amena des petits enfants pour qu'il les touchĂąt. Mais les disciples rĂ©primandaient ceux qui les prĂ©sentaient. JĂ©sus, Ă  cette vue, fut indignĂ© et leur dit : " Laissez les petits enfants venir Ă  moi, et ne les en empĂȘchez pas ; car le royaume des cieux est Ă  ceux qui leur ressemblent."

EMV 7 · Tome 1, p. 54-61

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Titre du chapitre : La petite Marie avec Anne et Joachim. La Sagesse du Fils est déjà sur ses lÚvres.

Date de la vision et de la dictée : Mardi 29 août 1944

Calendrier : Août de l'an -18

Calendrier juif : Ab 3743

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de la Vierge Marie

RĂ©sumĂ© : Anne est avec Marie, Ă  Nazareth. La petite joue dans le jardin et lui amĂšne des fleurs. Elle lui raconte l'histoire de chacune d'elle et sa mĂšre s'Ă©tonne de ses propos, quand Marie Ă©voque par exemple la figure de Salomon. Son enfant lui rĂ©pond alors qu'il lui semble avoir toujours su cela, et elle souhaite qu'Anne lui raconte une histoire, celle de la venue de l'Emmanuel. La petite fille lui demande alors quand la prophĂ©tie aura lieu ; elle cherche mĂȘme Ă  savoir si Dieu ne pourra pas rĂ©duire le temps de l'attente si elle prie beaucoup, beaucoup, beaucoup. Anne finit par lui rĂ©pondre par l'affirmative, et l'ImmaculĂ©e dĂ©clare qu'elle va donc prier et rester vierge pour que sa demande soit exaucĂ©e. La future MĂšre de JĂ©sus rĂ©vĂšle aussi son dĂ©sir de servir celle qui portera le Sauveur, et quelques instants plus tard, elle demande Ă  Anne comment le Seigneur peut la sauver si elle ne commet pas de pĂ©chĂ©. C'est Joachim qui lui rĂ©pond alors, en affirmant que le Sauveur l'a sauvĂ©e par avance. L'heureuse famille Ă©voque enfin le Temple, que Marie rejoindra bientĂŽt, et elle promet de prier pour ses chers parents. AprĂšs ce chapitre, JĂ©sus donne une dictĂ©e sur la sagesse prĂ©coce de sa MĂšre, en parlant de la raison et de l'intelligence, don que Dieu avait donnĂ© Ă  nos Premiers Parents.

Contenu du chapitre : 7.1 : La petite Marie apporte des fleurs Ă  Anne. 7.2 : Une histoire imaginĂ©e pour chaque fleur. 7.3 : Combien de temps pour avoir l'Emmanuel ? 7.4 : Je me ferai vierge pour hĂąter sa venue. 7.5 : Comment peut-il me sauver si je ne pĂšche pas ? 7.6 : Quand me conduiras-tu au Temple ? 7.7 : Les enfants spirituellement prĂ©coces. 7.8 : La raison est une des choses qui nous font le plus ressembler Ă  Dieu. 7.9 : Marie Ă©tait la Super Ève, le chef d’Ɠuvre du TrĂšs-Haut.

Ancienne édition : Tome 1, chapitre 11 et 12

EMV 7.1 · Tome 1, p. 54-55

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

7.1 Je vois encore Anne. Depuis hier soir, je la vois ainsi : assise Ă  l’entrĂ©e d’une tonnelle ombragĂ©e, occupĂ©e Ă  un travail de couture. Elle est entiĂšrement vĂȘtue de gris sable. C’est un vĂȘtement trĂšs simple et dĂ©nouĂ©, peut-ĂȘtre parce qu’il fait trĂšs chaud.

Au bout de la tonnelle, on voit des faucheurs couper le foin. Il semble toutefois qu’il s’agit du regain car le raisin est dĂ©jĂ  en train de prendre une couleur dorĂ©e, et un gros pommier laisse voir, Ă  travers un feuillage sombre, ses fruits qui mĂ»rissent en jaune et rouge clair ; d’ailleurs, le champ de blĂ© n’est plus que du chaume oĂč ondulent gracieusement les flammes des coquelicots et oĂč se dressent des bleuets, droits et sereins, rayĂ©s comme une Ă©toile et azurĂ©s comme un ciel d’orient.

Marie, toute petite mais dĂ©jĂ  vive et indĂ©pendante, arrive de la tonnelle. Ses petits pas sont assurĂ©s et ses sandalettes blanches ne trĂ©buchent pas dans les cailloux. Elle laisse dĂ©jĂ  deviner sa douce dĂ©marche lĂ©gĂšrement ondulante de colombe. Elle est toute blanche, comme une petite colombe, dans un vĂȘtement de lin qui lui descend jusqu’aux chevilles, ample et froncĂ© au cou par un cordonnet bleu clair ; des manches courtes laissent voir des avant-bras roses et potelĂ©s. Avec ses cheveux soyeux et blonds comme le miel, pas trĂšs frisĂ©s mais lĂ©gĂšrement ondulants, qui se ter­minent en boucles, ses yeux couleur de ciel, son joli minois lĂ©gĂšrement rosĂ© et tout sourire, on dirait un petit ange. MĂȘme la brise qui entre dans ses manches amples et gonfle aux Ă©paules sa petite robe de lin, contribue Ă  la faire ressembler Ă  un angelot aux ailes dĂ©jĂ  Ă  demi-ouvertes pour l’envol.

Elle tient des coquelicots, des bleuets et d’autres fleurs des champs qui poussent au milieu des blĂ©s, mais dont j’ignore le nom. Elle marche et, quand elle est tout prĂšs de sa mĂšre, elle s'Ă©lance dans une brĂšve course en poussant un cri joyeux ; comme une petite tourterelle, elle arrĂȘte son vol contre les genoux de sa mĂšre, qui s’écartent un peu pour l’accueillir, pendant qu’Anne, mettant son travail de cĂŽtĂ© pour Ă©viter qu’elle ne se pique, lui tend les bras pour l’embrasser.

Détail

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Premier Livre des Rois 8, 1-5

1 R 8, 1-5 : Salomon rassembla auprĂšs de lui Ă  JĂ©rusalem les anciens d’IsraĂ«l et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des fils d’IsraĂ«l, pour aller chercher l’arche de l’Alliance du Seigneur dans la CitĂ© de David, c’est-Ă -dire Ă  Sion. Tous les hommes d’IsraĂ«l se rassemblĂšrent auprĂšs du roi Salomon au septiĂšme mois, durant la fĂȘte des Tentes. Quand tous les anciens d’IsraĂ«l furent arrivĂ©s, les prĂȘtres se chargĂšrent de l’Arche. Ils emportĂšrent l’arche du Seigneur et la tente de la Rencontre avec tous les objets sacrĂ©s qui s’y trouvaient ; ce sont les prĂȘtres et les lĂ©vites qui les transportĂšrent. Le roi Salomon et, avec lui, toute la communautĂ© d’IsraĂ«l qu’il avait convoquĂ©e auprĂšs de lui devant l’Arche offrirent en sacrifice des moutons et des boeufs : il y en avait un si grand nombre qu’on ne pouvait ni le compter ni l’évaluer.

EMV 7.1-2 · Tome 1, p. 54-56

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La vision reprend ce matin Ă  l'endroit oĂč elle s'est arrĂȘtĂ©e hier soir.

« Maman, Maman ! »

La tourterelle blanche est blottie dans le nid des genoux maternels, les pieds sur l’herbe rase et le visage sur le sein de sa mùre, si bien qu’on ne voit plus que l’or pñle de ses cheveux sur la petite nuque ; Anne s’incline pour l’embrasser avec amour.

7.2 Puis la tourterelle relĂšve la tĂȘte et offre toutes ses fleurs Ă  sa mĂšre, et pour chacune elle raconte une histoire qu’elle invente.

Celle-ci, si bleue et si grande, est une Ă©toile tombĂ©e du ciel pour apporter un baiser du Seigneur Ă  sa maman. Qu’elle l’embrasse lĂ , cette petite fleur cĂ©leste, sur son coeur, bien sur son coeur, et elle lui trouvera le goĂ»t de Dieu.

Cette autre, en revanche, d’un bleu plus pñle, comme les yeux de son pùre, porte inscrit sur ses feuilles que le Seigneur aime beaucoup son papa parce qu’il est bon.

Et celle-ci, la toute petite, la seule qu’elle ait trouvĂ©e – c’est un myosotis –, est celle que le Seigneur a créée pour dire Ă  Marie qu’il l’aime beaucoup.

Quant Ă  ces rouges-ci, sa mĂšre sait-elle ce qu’elles sont ? Ce sont des morceaux du vĂȘtement du roi David, trempĂ©s dans le sang des ennemis d’IsraĂ«l et semĂ©s sur les champs de bataille et de victoire. Elles sont nĂ©es de ces pans de vĂȘtement royal dĂ©chirĂ©s dans le combat hĂ©roĂŻque pour le Seigneur.

Mais cette blanche-lĂ , si gracieuse, paraĂźt composĂ©e de sept coupes soyeuses qui regardent vers le ciel et embaument ; elle est nĂ©e lĂ , Ă  cĂŽtĂ© de la source, et c’est son pĂšre qui l’a cueillie pour elle au milieu des Ă©pines. On la croirait faite avec le vĂȘtement que le roi Salomon portait lorsque, le mois mĂȘme oĂč sa petite-fille Ă©tait nĂ©e, bien des annĂ©es auparavant – ah ! combien d’annĂ©es avant ! –, il marcha, revĂȘtu de splendides atours blancs, au milieu de la foule d’IsraĂ«l, devant l’Arche et la Tente ; jubilant Ă  la vue de la nuĂ©e revenue entourer sa gloire, il chanta le cantique et la priĂšre de sa joie.

« Je veux ĂȘtre toujours comme cette fleur et, comme ce roi sage, je veux chanter toute ma vie des cantiques et des priĂšres devant la Tente, achĂšve Marie de sa petite bouche.

– Ma joie ! Comment connais-tu ces choses saintes ? Qui te les a apprises ? Ton pùre ?

– Non. Je ne sais pas qui c’est. J’ai l’impression de les avoir toujours sues. Mais c’est peut-ĂȘtre quelqu’un qui me les dit mais que je ne vois pas. Peut-ĂȘtre l’un des anges que Dieu envoie parler aux hommes bons. »

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Premier Livre des Rois 8, 1-5

1 R 8, 1-5 : Salomon rassembla auprĂšs de lui Ă  JĂ©rusalem les anciens d’IsraĂ«l et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des fils d’IsraĂ«l, pour aller chercher l’arche de l’Alliance du Seigneur dans la CitĂ© de David, c’est-Ă -dire Ă  Sion. Tous les hommes d’IsraĂ«l se rassemblĂšrent auprĂšs du roi Salomon au septiĂšme mois, durant la fĂȘte des Tentes. Quand tous les anciens d’IsraĂ«l furent arrivĂ©s, les prĂȘtres se chargĂšrent de l’Arche. Ils emportĂšrent l’arche du Seigneur et la tente de la Rencontre avec tous les objets sacrĂ©s qui s’y trouvaient ; ce sont les prĂȘtres et les lĂ©vites qui les transportĂšrent. Le roi Salomon et, avec lui, toute la communautĂ© d’IsraĂ«l qu’il avait convoquĂ©e auprĂšs de lui devant l’Arche offrirent en sacrifice des moutons et des boeufs : il y en avait un si grand nombre qu’on ne pouvait ni le compter ni l’évaluer.

EMV 7.3-4 · Tome 1, p. 56-58

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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« Maman, tu m’en racontes encore une ?...

– Oh, ma fille ! Quelle histoire veux-tu encore connaĂźtre ? »

Marie rĂ©flĂ©chit, sĂ©rieuse et recueillie. Il faudrait la peindre pour immortaliser son expression. L’ombre de ses pensĂ©es se reflĂšte sur son visage d’enfant. Comme elle pense Ă  l’histoire d’IsraĂ«l, ce sont autant de sourires et de soupirs, de rayons de soleil et d’ombres de nuages. Puis elle choisit :

« Encore la parole de Gabriel Ă  Daniel, celle oĂč le Christ nous est promis. »

Elle Ă©coute les yeux fermĂ©s et rĂ©pĂšte lentement les paroles de sa mĂšre, comme pour mieux s’en souvenir. Quand Anne termine, elle demande :

« Combien de temps faut-il encore pour que l’Emmanuel vienne ?

– Environ trente ans, ma chĂ©rie.

– Encore tout ce temps ! Et moi, je serai au Temple... Dis-moi : si je priais beaucoup, beaucoup, beaucoup, jour et nuit, nuit et jour, et si dans ce but je voulais appartenir à Dieu seul pendant toute ma vie, l’Eternel me ferait-il la grñce de donner le Messie à son peuple plus tît ?

– Je ne sais pas, ma chĂ©rie. Le prophĂšte dit : “ Soixante-dix semaines. ” Je pense que la prophĂ©tie ne ment pas. Mais le Seigneur est si bon, se hĂąte d’ajouter Anne en voyant perler une larme sur le cil d’or de sa fille, que je crois que si tu pries beaucoup, beaucoup, beaucoup, il t’exaucera. »

Le sourire revient sur le petit visage lĂ©gĂšrement levĂ© vers sa mĂšre, et un Ă©clair de soleil qui passe entre deux pampres fait briller des larmes dĂ©jĂ  arrĂȘtĂ©es, comme s’il s’agissait de gouttelettes de rosĂ©e suspendues aux fines tiges de mousse alpine.

7.4 « Alors je vais prier et je resterai vierge pour cela.

– Sais-tu seulement ce que cela signifie ?

– Ca veut dire ne pas connaĂźtre l’amour d’un homme, mais seulement celui de Dieu. Ça veut dire n’avoir de pensĂ©e pour personne d’autre que pour le Seigneur. Ça veut dire garder la chair d’un enfant et avoir le coeur d’un ange. Ça veut dire uti­liser ses yeux uniquement pour regarder Dieu, ses oreilles uniquement pour l’écouter, sa bouche uniquement pour le louer, ses mains uniquement pour s’offrir en hostie, ses pieds uniquement pour se dĂ©pĂȘcher de le suivre, son coeur et sa vie pour les lui donner.

– BĂ©nie es-tu ! Mais dans ce cas tu n’auras jamais d’enfant, toi qui aimes tant les enfants, les petits agneaux et les tourte­relles... Tu sais ? Pour une femme, un enfant est comme un agneau blanc et frisĂ©, ou comme une petite colombe au plumage soyeux et au bec de corail qu’on peut aimer, embrasser et qu’on entend vous dire : “ Maman. ”

– Peu importe. J’appartiendrai Ă  Dieu. Je prierai au Temple. Un jour, peut-ĂȘtre, je verrai l’Emmanuel. La vierge qui doit ĂȘtre sa mĂšre, aux dires du grand prophĂšte, doit ĂȘtre dĂ©jĂ  nĂ©e et elle est au Temple... Je lui servirai de compagne... de servante... Oh oui ! Si je pouvais la reconnaĂźtre, grĂące Ă  une lumiĂšre de Dieu, je voudrais la servir, cette mĂšre bienheureuse ! AprĂšs, elle me porterait son fils, elle m’emmĂšnerait vers son fils, et je le servirais lui aussi. Pense donc, maman ! Servir le Messie... »

Marie est tout excitĂ©e Ă  cette idĂ©e, qui l’enthousiasme et l’anĂ©antit Ă  la fois. Les mains croisĂ©es sur la poitrine et la tĂȘte lĂ©gĂšrement penchĂ©e en avant, emportĂ©e par l’émotion, on dirait une reproduction enfantine de la Vierge de l’Annonciation que j’ai vue.

« Mais est-ce que le Roi d’IsraĂ«l, l’Oint de Dieu, me permettra de le servir ?

– N’en doute pas. Le roi Salomon ne dit-il pas : “ Il y a soi­xante reines et quatre-vingts concubines ! Et des jeunes filles sans nombre ” ? Tu vois que les jeunes vierges qui serviront leur Seigneur au palais du Roi seront innombrables.

– Ah, tu vois donc bien que je dois ĂȘtre vierge ? Je le dois. S’il veut une vierge pour mĂšre, c’est le signe qu’il aime la virginitĂ© plus que tout. Je veux qu’il m’aime, moi sa servante, pour la virginitĂ© qui me rendra un peu semblable Ă  sa mĂšre bien-aimĂ©e...

Oui, c’est ce que je veux... »

Détail

Marie est avec sa mĂšre et elle lui demande de lui raconter une histoire de l'Ecriture Sainte.

Annotation

« Encore la parole de Gabriel Ă  Daniel, celle oĂč le Christ nous est promis. » Daniel 9,20-27. Cette parole de la prophĂ©tie sera interprĂ©tĂ©e en EMV 10.5 et en EMV 41.3/4.

Livre de Daniel 9, 20-27

Dn 9, 20-27 : Je parlais encore, priant, confessant mon pĂ©chĂ© et le pĂ©chĂ© de mon peuple IsraĂ«l, dĂ©posant ma supplication devant le Seigneur mon Dieu, pour la montagne sainte de mon Dieu ; je parlais encore dans ma priĂšre quand Gabriel – l’ĂȘtre que j’avais vu au commencement de la vision – s’approcha de moi d’un vol rapide Ă  l’heure de l’offrande du soir.

Il m’instruisit, me parlant en ces termes : « Daniel, je suis sorti maintenant pour ouvrir C89ton intelligence. DĂšs le dĂ©but de ta supplication, une parole a surgi, et je suis venu te l’annoncer, car toi, tu es aimĂ© de Dieu. Comprends la parole et cherche Ă  comprendre l’apparition.

Soixante-dix semaines ont été fixées à ton peuple et à ta ville sainte, pour faire cesser la perversité et mettre un terme au péché, pour expier la faute et amener la justice éternelle, pour accomplir vision et prophétie, et consacrer le Saint des saints.

Sache et comprends ! Depuis l’instant oĂč fut donnĂ© l’ordre de rebĂątir JĂ©rusalem jusqu’à l’avĂšnement d’un messie, un chef, il y aura sept semaines. Pendant soixante-deux semaines, on rebĂątira les places et les remparts, mais ce sera dans la dĂ©tresse des temps. Et aprĂšs les soixante-deux semaines, un messie sera supprimĂ©. Le peuple d’un chef Ă  venir dĂ©truira la ville et le Lieu saint. Puis, dans un dĂ©ferlement, sa fin viendra. Jusqu’à la fin de la guerre, les dĂ©vastations dĂ©cidĂ©es auront lieu. Durant une semaine, ce chef renforcera l’alliance avec une multitude ; pendant la moitiĂ© de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l’offrande, et sur une aile du Temple il y aura l’Abomination de la dĂ©solation, jusqu’à ce que l’extermination dĂ©cidĂ©e fonde sur l’auteur de cette dĂ©solation. »

EMV 7.7-9 · Tome 1, p. 59-61

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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La Sagesse du Fils est déjà sur les lÚvres de Marie

7.7 Jésus dit :

« J’entends dĂ©jĂ  les commentaires des docteurs en ergoterie : “ Comment une enfant de moins de trois ans peut-elle parler ainsi ? C’est exagĂ©rĂ© ! ” Ils ne rĂ©flĂ©chissent qu’ils font de moi un phĂ©nomĂšne en faisant passer mon enfance pour une conduite d’adulte.

L’intelligence ne vient pas Ă  tous de la mĂȘme façon et au mĂȘme Ăąge. L’Eglise a fixĂ© Ă  six ans l’ñge auquel on est responsable de ses actes, parce que c’est l’ñge auquel tout enfant, mĂȘme retardĂ©, peut distinguer le bien du mal, ne serait-ce que de façon rudimentaire. Mais il y a des enfants qui peuvent bien plus tĂŽt discerner, comprendre et vouloir avec une raison dĂ©jĂ  suffisamment dĂ©veloppĂ©e. La petite Imelde Lambertini, Rose de Viterbe, Nellie Organ, Nennolina vous donnent un exemple probant qui vous permet de croire, ĂŽ docteurs exigeants, que ma MĂšre a pu penser et parler ainsi. Encore n’ai-je pris que quatre noms au hasard parmi les milliers d’enfants saints qui peuplent mon Paradis aprĂšs avoir raisonnĂ© en adultes sur la terre pendant plus ou moins d’annĂ©es.

7.8 Qu’est-ce que la raison ? Un don de Dieu. Dieu peut donc l’accorder dans la mesure qu’il veut, Ă  qui il veut et au moment oĂč il le veut. Mieux, la raison est l’un des Ă©lĂ©ments qui vous font ressembler Ă  Dieu, qui est Esprit intelligent et douĂ© de raison. La raison et l’intelligence furent des dons gratuits accordĂ©s par Dieu Ă  l’homme au paradis terrestre. Et comme elles Ă©taient vives quand la grĂące Ă©tait vive, encore intacte et Ă  l’oeuvre dans l’ñme des deux premiers parents !

Il est dit, dans le livre de JĂ©sus ben Sirach : “ Toute sagesse vient du Seigneur, elle est prĂšs de lui Ă  jamais. ” Quelle sagesse les hommes auraient-ils donc possĂ©dĂ©e s’ils Ă©taient restĂ©s enfants de Dieu !

Les lacunes de votre intelligence sont le rĂ©sultat naturel de votre dĂ©chĂ©ance dans le domaine de la grĂące et de l’honnĂȘtetĂ©. Par la perte de la grĂące, vous avez Ă©loignĂ© de vous la Sagesse, et cela pour des siĂšcles. Comme un mĂ©tĂ©ore qui se dissimule derriĂšre des kilomĂštres de nĂ©buleuses, la Sagesse ne vous est plus parvenue avec nettetĂ©, mais au travers de brumes que votre corruption ne cesse d’épaissir.

Puis le Christ est venu, et il vous a rendu la grĂące, ce don suprĂȘme de l’amour de Dieu. Mais savez-vous garder ce joyau net et pur ? Non. Quand vous ne la brisez pas par la volontĂ© individuelle de pĂ©cher, vous la souillez par vos continuelles fautes de moindre importance, par vos faiblesses, votre sympathie pour le vice et mĂȘme par les sympathies qui, sans ĂȘtre de vĂ©ritables alliances avec le vice septiforme, n’en affaiblissent pas moins la lumiĂšre de la grĂące et de son action. Vous avez ensuite, pour assombrir la magnifique lumiĂšre de l’intelligence que Dieu avait donnĂ©e Ă  vos premiers parents, des siĂšcles de corruption qui ont rĂ©percutĂ© leur action nĂ©faste sur vos forces physiques et vos facultĂ©s intellectuelles.

7.9 Or Marie n’était pas seulement la femme pure, la nouvelle Eve recréée pour faire la joie de Dieu : elle Ă©tait plus qu’Eve, elle Ă©tait le chef-d’oeuvre du TrĂšs-Haut, elle Ă©tait la Pleine de grĂące, elle Ă©tait la MĂšre du Verbe dans l’esprit de Dieu.

“ Le Verbe est la source de la Sagesse ”, dit JĂ©sus ben Sirach. Le Fils n’aurait-il donc pas mis sa propre sagesse sur les lĂšvres de sa MĂšre ?

Un prophĂšte chargĂ© de dire les paroles que le Verbe – la Sagesse – lui inspirait de transmettre aux hommes, eut les lĂšvres purifiĂ©es par un chardon ardent : et l’Amour n’aurait pas donnĂ© nettetĂ© et Ă©lĂ©vation de langage Ă  son Epouse encore enfant qui devait porter la Parole en son sein ? Elle ne devait plus parler d’abord en enfant puis en femme, mais uniquement et toujours en crĂ©ature cĂ©leste en qui la grande lumiĂšre et la sagesse de Dieu Ă©taient infuses.

Le miracle ne rĂ©side pas dans l’intelligence supĂ©rieure manifestĂ©e dĂšs l’enfance par Marie, puis par moi. Le miracle, c’est de pouvoir contenir l’Intelligence infinie qui habitait en nous, dans des limites qui permettent de ne pas frapper d’émerveillement les foules et de ne pas Ă©veiller l’attention de Satan.

Je reviendrai sur ce thĂšme, qui entre dans la catĂ©gorie des “ souvenirs ” que les saints ont de Dieu. »

Détail

DictĂ©e donnĂ©e aprĂšs que Maria ait vu un Ă©pisode de l'enfance de Marie, oĂč celle-ci fait preuve d'une vive intelligence et se souvient de textes bibliques qu'elle relate comme si elle y avait Ă©tĂ©. Anne s'exclame alors : "Comment connais-tu ces choses saintes ? Qui te les a apprises ? Ton pĂšre ?" "Non. Je ne sais pas qui c’est. J’ai l’impression de les avoir toujours sues. Mais c’est peut-ĂȘtre quelqu’un qui me les dit mais que je ne vois pas. Peut-ĂȘtre l’un des anges que Dieu envoie parler aux hommes bons." Et JĂ©sus commente cet Ă©pisode.

EMV 8 · Tome 1, p. 61-68

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Détail

Titre de la chapitre : Marie accueillie au Temple. Dans son humilitĂ©, elle ignorait qu’elle Ă©tait la femme pleine de Sagesse

Date de la vision et de la dictée : 30 août 1944

Calendrier : Lundi 3 octobre de l'an -18

Ancien calendrier julien : Lundi 5 octobre -18

Calendrier juif : 10 Tishri 3744.

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de la Vierge Marie

RĂ©sumĂ© : Anne, Joachim et Marie sont Ă  JĂ©rusalem car Marie doit entrer au Temple. Joachim et Anne ont beaucoup pleurĂ©, Ă  premiĂšre vue, mais ils tĂąchent de montrer le moins possible leurs larmes Ă  leur enfant. Ils rencontrent Elisabeth, qui les invite dans une maison amie. Anne lui rĂ©vĂšle alors qu'elle ne regrette pas de donner Marie au Temple et qu'elle n'a pas changĂ© d'avis, mais que son coeur de mĂšre souffre. Il en va de mĂȘme pour Joachim. Zacharie, qui arrive, et son Ă©pouse, essaient de les consoler comme ils peuvent. Puis, ils se remettent en route. Le grand-prĂȘtre arrive et Marie a l'occasion de faire son voeu. Elle entre alors dans le Temple de JĂ©rusalem. Le chapitre se termine par une dictĂ©e de JĂ©sus, qui explique que sa MĂšre possĂ©dait la Sagesse.

Contenu du chapitre : 8.1 : Marche lente et triste par les rues de JĂ©rusalem. 8.2 : ArrĂȘt. Anne confie sa peine Ă  Élisabeth. 8.3 : Zacharie encourage Joachim et Anne. 8.4 : Anne laisse Ă  la jeune Marie son voile d'Ă©pouse. 8.5 : Marie demande la bĂ©nĂ©diction de ses parents. ArrivĂ©e au Temple. 8.6 : Le Souverain PrĂȘtre accueille l'Agnelle sans tache. 8.7 : La priĂšre de "l’humble servante". 8.8 : Toi aussi, Maria, "marche en ma prĂ©sence et sois pour cela parfaite".

Ancienne édition : Tome 1, chapitre 13 et 14

EMV 8.3 · Tome 1, p. 63-64

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Citation

« La prophĂ©tesse Anne aura grand soin de cette fleur de David et d’Aaron. C’est actuellement le seul lys de sa descendance sainte que David ait au Temple, et on s’en occupera comme d’une perle royale. Les temps touchent Ă  leur terme et les mĂšres de sa lignĂ©e devraient avoir souci de consacrer leurs filles au Temple – puisque c’est d’une vierge de la souche de David que sortira le Messie. Mais les places rĂ©servĂ©es aux vierges dans le Temple sont vides, Ă  cause du relĂąchement de la foi. Il y en a trop peu au Temple, et aucune de la descendance royale depuis que Sarah, fille d’ElisĂ©e, en est sortie pour se marier, voici trois ans. Il est vrai qu’il manque encore six lustres pour arriver Ă  la date fixĂ©e, mais... Eh bien ! espĂ©rons que Marie sera la premiĂšre de nombreuses vierges davidiennes devant le Voile sacrĂ©. Et puis... qui sait ?... »

Zacharie n’ajoute rien, mais il regarde Marie d’un air pensif.

Détail

Anne, Joachim, Marie sont Ă  JĂ©rusalem. La MĂšre du Sauveur s'apprĂȘte Ă  entrer au Temple Ă  l'Ăąge de trois ans. Ils sont rejoints par Elisabeth, qui les fait entrer dans une maison amie. Son Ă©poux arrive sur ces entrefaites et Joachim rĂ©vĂšle leur douleur.

Annotation

La prophĂ©tesse Anne aura grand soin de cette fleur de David et d’Aaron. Marie est descendante de David par son pĂšre Joachim et d’Aaron (frĂšre de MoĂŻse) par sa mĂšre Anne. Elle est donc de race royale et sacerdotale. Son ascendance sacerdotale est dĂ©duite de sa parentĂ© avec Élisabeth (Luc 1,5), et sa race royale se dĂ©duit, notamment, de son mariage avec Joseph "de la race de David". Or, selon la loi de MoĂŻse, l’orpheline hĂ©ritiĂšre (Nombres 27,9) devait se marier dans le mĂȘme clan (Nombres 36,8).

Les temps touchent Ă  leur terme : Allusion Ă  la prophĂ©tie de Daniel sur les soixante-dix semaines (d’annĂ©es) avant la venue du Messie (cf. Daniel 9,22-27). Cette prophĂ©tie Ă©tait trĂšs rĂ©pandue Ă  l’époque du Christ.

Les places rĂ©servĂ©es aux vierges dans le Temple sont vides. Le Messie devait ĂȘtre de la descendance de David (IsaĂŻe 11,1s). Il sera nĂ© d’une vierge (IsaĂŻe 7,13-14), mais la croyance selon laquelle cette vierge aurait Ă©tĂ© Ă©duquĂ©e au Temple n’est pas indiquĂ©e. Anne-Catherine Emmerich la mentionne dans sa Vie de la Vierge Marie (chapitre 35) : elle l’attribue, comme ici Maria Valtorta, Ă  une tradition non prĂ©cisĂ©e. Elle provient sans doute de l’estime portĂ©e aux vierges du Temple et Ă  la qualitĂ© de leur recrutement.

Il manque encore six lustres pour arriver Ă  la date fixĂ©e. Le lustre est une pĂ©riode de 5 ans. Chez les romains, c’était la pĂ©riode au terme de laquelle les censeurs (magistrats suprĂȘmes) Ă©taient Ă©lus. C’était aussi l’intervalle entre deux recensements.

EMV 8.7-8 · Tome 1, p. 67-68

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Citation

Dans son humilitĂ©, elle ignorait qu’elle Ă©tait la Femme pleine de Sagesse

8.7 Jésus dit :

« Le grand-prĂȘtre a dit : “ Marche en ma prĂ©sence et sois parfaite. ” Il ignorait qu’il s’adressait Ă  la Femme qui n’était infĂ©rieure qu’à Dieu seul en perfection. Mais il parlait au nom de Dieu, de sorte que son ordre Ă©tait sacrĂ©. S’il est toujours sacrĂ©, il l’était tout particuliĂšrement pour Marie, pleine de sagesse.

Marie avait mĂ©ritĂ© que “ la Sagesse la prĂ©vienne et se montre Ă  elle par avance ”, car, “ dĂšs le dĂ©but de son existence, elle avait veillĂ© Ă  sa porte et, dans le dĂ©sir de s’instruire, par amour, elle voulait ĂȘtre pure pour obtenir l’amour parfait et mĂ©riter d’avoir la Sagesse pour maĂźtresse. ”

Dans son humilitĂ©, elle ignorait qu’elle la possĂ©dait et que son union Ă  la Sagesse ne faisait que continuer les divins battements de son coeur au Paradis. Elle ne pouvait l’imaginer. Et quand dans le silence de son coeur Dieu lui tenait des propos sublimes, son humilitĂ© lui faisait croire qu’il s’agissait de pensĂ©es d’orgueil. Elle Ă©levait alors son coeur innocent vers Dieu et le suppliait : “ Prends pitiĂ© de ta servante, Seigneur ! ”

Oui, vraiment : la vraie femme sage, la Vierge Ă©ternelle n’a eu qu’une seule et mĂȘme pensĂ©e depuis le commencement de son existence : “ Tourner son coeur vers Dieu dĂšs le matin de sa vie et veiller pour le Seigneur, en priant en prĂ©sence du TrĂšs-Haut ”, en demandant pardon pour la faiblesse de son coeur, comme son humilitĂ© lui suggĂ©rait de le croire ; elle ne se doutait pas qu’elle anticipait les demandes de pardon pour les pĂ©cheurs qu’elle allait faire au pied de la croix en union avec son Fils mourant.

“ Plus tard, si telle est la volontĂ© du Seigneur, elle sera remplie de l’esprit d’intelligence ” et comprendra alors sa sublime mission. Mais elle n’est pour l’instant qu’une petite fille qui, dans la paix sacrĂ©e du Temple, lie, “ relie ” toujours plus Ă©troitement Ă  Dieu ses conversations, ses affections, ses souvenirs.

C'est destiné à tout le monde.

8.8 Mais pour toi, petite Maria, le MaĂźtre n’a-t-il rien de particulier Ă  te dire ? “ Marche en ma prĂ©sence, sois donc parfaite. ” Je modifie lĂ©gĂšrement la phrase sacrĂ©e et je t’en fais un ordre : parfaite dans l’amour, parfaite dans la gĂ©nĂ©rositĂ©, parfaite dans la souffrance.

Regarde une fois de plus ma MĂšre. MĂ©dite sur ce que beaucoup ignorent ou veulent ignorer, parce que la souffrance est une chose trop dĂ©sagrĂ©able Ă  leur palais et Ă  leur esprit. La souf­france... Marie l’a connue dĂšs les premiers instants de sa vie. Etre parfaite, comme elle l’était, c’était avoir une sensibilitĂ© parfaite. Il s’ensuit que le sacrifice devait lui ĂȘtre d’autant plus pĂ©nible, mais, pour cette raison mĂȘme, plus mĂ©ritoire. Qui possĂšde la puretĂ© possĂšde l’amour, qui possĂšde l’amour possĂšde la sagesse, qui possĂšde la sagesse possĂšde la gĂ©nĂ©rositĂ© et l’hĂ©roĂŻsme, parce qu’il sait pour qui il se sacrifie.

ElĂšve ton esprit, mĂȘme si la croix te fait plier, te brise, te tue. Dieu est avec toi. »

Détail

Dictée donnée suite à l'entrée de Marie au Temple de Jérusalem.