49.6 Nous voici devant la synagogue. Jâentre et tu me rejoindras avec tes amis. »
Jean sâen va et JĂ©sus entre dans une piĂšce carrĂ©e oĂč se trouvent les accessoires habituels de lampes disposĂ©es en triangle et des pupitres avec des rouleaux de parchemin. Il y a dĂ©jĂ une foule qui attend et prie. JĂ©sus prie lui aussi. DerriĂšre lui, la foule chuchote et fait des commentaires ; il sâincline pour saluer le chef de la synagogue et puis se fait donner un rouleau, au hasard.
Jésus commence la lecture. Il dit :
« LâEsprit me fait lire ce qui suit pour vous. Au chapitre sept du livre de JĂ©rĂ©mie, on lit : â Ainsi parle YahvĂ© Sabaoth, le Dieu dâIsraĂ«l : â AmĂ©liorez vos voies et vos oeuvres, et je vous ferai demeurer en ce lieu. Ne vous fiez pas aux paroles mensongĂšres : câest le sanctuaire de YahvĂ©, le sanctuaire de YahvĂ©, le sanctuaire de YahvĂ© ! Mais si vous amĂ©liorez rĂ©ellement vos voies et vos oeuvres, si vous avez un vrai souci du droit, chacun envers son prochain, si vous nâopprimez pas lâĂ©tranger, lâorphelin et la veuve, si vous ne rĂ©pandez pas le sang innocent en ce lieu et si vous nâallez pas, pour votre malheur, Ă la suite dâautres dieux, alors je vous ferai demeurer en ce lieu, dans le pays que jâai donnĂ© Ă vos pĂšres depuis toujours et pour toujours â. â
Ecoutez, israĂ©lites ! Voici que je viens vous rendre claires les paroles de lumiĂšre que votre Ăąme aveuglĂ©e ne sait plus voir ni comprendre. Ecoutez. Beaucoup de larmes se rĂ©pandent sur la terre du Peuple de Dieu ; les anciens qui gardent le souvenir de leurs antiques gloires pleurent ; les adultes, courbĂ©s sous le joug, pleurent ; les enfants sans espoir dâune future gloire pleurent. Mais la gloire de la terre nâest rien en comparaison dâune gloire quâaucun oppresseur, sinon Mammon et la mauvaise volontĂ©, ne peut arracher.
Pourquoi pleurez-vous ? Le TrĂšs-Haut, qui fut toujours bon pour son peuple, a-t-il dĂ©tournĂ© aujourdâhui son regard et reÂfuse-t-il Ă ses enfants de voir son visage ? Nâest-il donc plus le Dieu qui a ouvert la mer pour y faire passer IsraĂ«l, qui lâa conduit Ă travers les sables du dĂ©sert et lâa nourri, qui lâa dĂ©fendu contre ses ennemis ; nâest-ce pas lui qui, pour lâempĂȘcher de perdre le chemin du Ciel, donna Ă leurs Ăąmes la Loi, comme il donnait Ă leurs corps la colonne de nuĂ©e ? Nâest-il plus le Dieu qui a adouci les eaux amĂšres et fait tomber la manne alors quâils Ă©taient Ă©puisĂ©s ? Nâest-il pas le Dieu qui a voulu vous Ă©tablir sur cette terre et faire alliance avec vous comme un PĂšre avec ses enfants ? Alors pourquoi lâĂ©tranger vous a-t-il frappĂ©s ?
Beaucoup parmi vous murmurent : â Et pourtant nous avons ici le Temple ! â Il ne suffit pas dâavoir le Temple et dâaller y prier Dieu. Le premier temple se trouve dans le coeur de tout homme et câest lĂ que se fait la priĂšre sainte. Mais elle ne peut ĂȘtre sainte si le coeur ne sâamende pas, et avec lui les moeurs, les affections, les principes de justice Ă lâĂ©gard des pauvres, des serviteurs, des parents, et Ă lâĂ©gard de Dieu.
Regardez maintenant. Je vois des riches au coeur dur qui font de riches offrandes au Temple, mais ne savent pas dire au pauvre : â FrĂšre, voici un pain et un denier, accepte-les. De coeur Ă coeur. Que mon aide ne tâhumilie pas et que je ne tire pas orgueil du don que je tâen fais. â Je vois des gens qui prient et qui se plaignent Ă Dieu de ce quâil ne les Ă©coute pas promptement, mais qui, ensuite, ont le coeur dur comme la pierre pour rĂ©pondre : â Non â au malheureux, parfois du mĂȘme sang quâeux, qui leur dit : â EÂcoute-moi ! â Je vous vois pleurer parce que le dominateur vide votre bourse. Mais vous-mĂȘmes saignez ceux que vous haĂŻssez et nâavez pas horreur de faire des voeux sanguinaires contre leur vie.
Hommes dâIsraĂ«l ! Le temps de la RĂ©demption est arrivĂ©, mais prĂ©parez-en les voies en vous, par la bonne volontĂ©. Soyez honnĂȘtes, bons, aimez-vous les uns les autres. Riches, soyez sans mĂ©pris ; marchands, ne fraudez pas ; pauvres, nâenviez pas. Vous avez tous le mĂȘme sang et le mĂȘme Dieu. Vous ĂȘtes tous appelĂ©s Ă une mĂȘme destinĂ©e. Ne vous fermez pas par vos pĂ©chĂ©s le Ciel que le Messie vous ouvrira. Vous avez errĂ© jusquâici ? Câest fini, dĂ©sormais. Que toute erreur disparaisse.
Simple, bonne, facile est la Loi qui se ramĂšne aux dix commandements primitifs, mais imprĂ©gnĂ©s dâune lumiĂšre dâamour. Venez. Je vous les montrerai tels quâils sont : amour, amour, amour. Amour de Dieu pour vous, de vous pour Dieu. Amour pour le prochain. Toujours amour parce que Dieu est Amour et que les enfants du PĂšre sont ceux qui savent vivre lâamour. Je suis ici pour tous, et pour donner Ă tous la lumiĂšre de Dieu. Voici la Parole du PĂšre, qui se fait nourriture en vous. Venez, goĂ»tez, renouvelez le sang de votre Ăąme grĂące Ă cette nourriture. Que tout poison disparaisse, que tout dĂ©sir charnel meure. Une gloire nouvelle vous est apportĂ©e : la gloire Ă©ternelle, et Ă elle viendront ceux qui feront dans leur coeur une vĂ©ritable Ă©tude de la Loi de Dieu. Commencez par lâamour. Il nây a rien de plus grand. Mais quand vous saurez aimer, vous saurez dĂ©jĂ tout, Dieu vous aimera et lâamour de Dieu signifie le secours de Dieu contre toute tentation.
Que la bénédiction de Dieu repose sur ceux qui se tournent vers lui avec un coeur plein de bonne volonté. »
JĂ©sus se tait. Les gens murmurent. LâassemblĂ©e se sĂ©pare aprĂšs le chant psalmodiĂ© de plusieurs hymnes.