134.2 Jésus frappe à la porte. Une fillette d’une dizaine d’années se présente, pâle, maigre, les yeux rougis.
« Tu es la petite-fille de Marianne ? Dis à ta grand-mère que Jésus est ici. »
L’enfant pousse un cri et s’enfuit en criant à haute voix. La vieille femme accourt, suivie de six bambins, sans compter la fillette de tout à l’heure. Le plus grand paraît être son jumeau ; les derniers, deux petits garçons sans chaussures et chétifs, s’agrippent au vêtement de la vieille et savent à peine marcher.
« Oh ! Tu es venu ! Enfants, vénérez le Messie ! Tu arrives à temps dans ma pauvre maison. Ma belle-fille est mourante… Ne pleurez pas, mes petits, qu’elle ne vous entende pas. Pauvres enfants ! Les fillettes sont épuisées par les veilles, car j’ai tout à faire et je ne tiens plus debout, je tombe de sommeil. Il y a des mois que je ne vais plus me coucher. A présent, je dors sur un siège près d’elle et des enfants. Mais elles, elles sont petites et elles en souffrent. Ces garçons vont faire du bois pour alimenter le feu. Ils en vendent aussi, pour avoir du pain. Ils n’en peuvent plus, les pauvres petits ! Mais ce qui nous tue, ce n’est pas la fatigue : c’est de la voir mourir… Ne pleurez pas. Nous avons Jésus.
– Oui, ne pleurez pas. Votre maman va guérir, votre père reviendra. Vous n’aurez plus tant de dépenses, ni une telle faim.