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Miracles de Jésus-Christ dans l'EMV

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EMV 64.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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64.6 Cela permet à la mère d’entrer avec son petit encore au sein, mais absolument squelettique. Elle le tend à Jésus avec ces seuls mots :

« Jésus, tu les aimes, ces petits. Tu l’as dit. Au nom de ton amour, et de ta Mère !... »

Elle pleure.

Jésus prend le bébé vraiment moribond, le pose contre son coeur. Il tient un moment contre sa bouche son petit visage cireux, aux lèvres violacées et aux paupières déjà closes. Il le tient ainsi un moment ... et quand il le détache de sa barbe blonde, son petit visage est rose, sa petite bouche esquisse un sourire enfantin, ses yeux regardent tout autour de lui, vivants et curieux, ses mains, auparavant contractées et qui s’abandonnaient, jouent dans la chevelure et la barbe de Jésus, qui rit.

« Oh ! Mon fils ! S’écrie la maman, radieuse.

– Prends-le, femme, sois heureuse et bonne. »

La femme saisit son bébé revenu à la vie, le serre sur son sein et le petit fait valoir tout de suite ses droits à la nourriture. Il fouille, ouvre et tète, avide et apaisé.

Jésus bénit et passe.

Détail

Jésus vient de guérir le paralytique et la foule sort.

EMV 67 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est seul. Il rencontre deux hommes qui se querellent et qui essaient de se poignarder. Le Christ intervient derechef, en leur sommant d'arrêter ; puis, comme ils n'écoutent pas, il opère un miracle et les lames se brisent.

Pendant que des soldats de Rome arrivent, Jésus fait une brève prédication pour les hommes d'Israël, et puis aussi pour les païens qui sont présents, en leur enjoignant à aimer, en indiquant aussi que ce n'est pas par la violence, qu'on est victorieux, mais par la sainteté. La colère est un péché qui peut nous couper de la bénédiction de Dieu ; or, les enfants du Seigneur doivent être bienveillants les uns envers les autres et s'aimer.

Son discours fini, on lui demande s'il est le Messie, et Jésus ne le nie pas. On lui demande encore s'il fait des miracles, il ne le nie pas non plus et en fait même quand on lui présente des malades. La foule est en liesse et Jésus bénit.

Puis arrive Judas qui s'informe sur ce qu'il s'est passé. Il demande s'il va rester à Jérusalem, mais Jésus l'informe qu'il va voyager en Judée : il lui promet d'ailleurs d'aller à Kérioth. Enfin, tous deux parlent de Jean-Baptiste, qu'Hérode a arrêté. Si Jésus est Bonté, le Précurseur est la Pénitence. La vision se termine là.

EMV 67.2-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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67.2 Deux hommes en viennent sérieusement aux mains à cause de l’âne de l’un d’eux, qui s’est servi dans le panier de laitues de l’autre, et en a mangé beaucoup ! Ce n’est peut-être qu’un pré­texte pour rallumer une ancienne querelle. Le fait est qu’ils tirent de leurs vêtements deux coutelas, courts et larges comme la main : ce sont, semble-t-il, de petites dagues, mais bien affilées. Elles brillent au soleil. Cris des femmes, brouhaha des hommes... Mais personne n’intervient pour séparer les deux hommes qui se préparent à un duel improvisé.

Jésus, qui s’avançait en méditant, lève la tête, aperçoit la scène et accourt rapidement s’interposer entre les deux hommes.

« Arrêtez, au nom de Dieu !, ordonne-t-il.

– Non ! Je veux en finir avec ce chien maudit !

– Moi aussi ! Tu tiens aux franges ? Je te ferai une frange avec tes entrailles. »

Les deux hommes tournent autour de Jésus, le bousculent, l’insultent pour qu’il s’écarte, cherchent à s’atteindre sans y réussir parce que, par des mouvements de son manteau, Jésus dévie les coups et leur bouche la vue. Il en a même le manteau lacéré.

La foule hurle :

« Va-t’en, Nazaréen, et tire-toi de là. »

Mais lui ne bouge pas et tâche de les calmer en leur remettant Dieu à l’esprit. Inutile ! La colère rend fous les deux combattants.

Jésus va faire un miracle. Il ordonne une dernière fois :

« Je vous ordonne d’arrêter.

– Non ! Décampe ! Passe ton chemin, chien de Nazaréen ! »

Alors Jésus étend les mains, et prend une attitude de puissance fulgurante. Sans qu’il prononce un seul mot, les lames tombent en morceaux par terre comme des lames de verre qu’on aurait heurtées contre un rocher.

Les deux hommes regardent les manches courts qui leur restent entre les mains. La stupeur fait tomber leur colère. Interdite, la foule crie d’étonnement.

67.3 « Et maintenant ? demande Jésus avec sévérité, où est votre force ? »

Accourus aux derniers cris, les soldats de garde à la porte regardent avec stupeur ; l’un d’eux se penche pour ramasser des morceaux de lames et les essaie sur l’ongle, ne pouvant croire que c’est bien de l’acier.

« Et maintenant ? répète Jésus, où est votre force ? Sur quoi fondez-vous votre droit ? Sur ces morceaux de métal qui ne sont plus que des débris dans la poussière ? Sur ces morceaux de métal qui n’avaient d’autre force que celle du péché de colère contre un frère, vous privant par ce péché de toute bénédiction de Dieu et par conséquent de toute force ? Ah, malheureux ceux qui se basent sur des moyens humains pour vaincre et ignorent que c’est la sainteté et non la violence qui rend victorieux sur terre et dans l’au-delà ! Car Dieu est avec les justes.

Ecoutez tous, hommes d’Israël, et vous aussi, soldats de Rome. La Parole de Dieu parle pour tous les fils d’hommes, et ce ne sera pas le Fils de l’homme qui la refusera aux païens.

Le second commandement du Seigneur est celui de l’amour du prochain. Dieu est bon et veut que la bienveillance règne entre ses enfants. Celui qui manque de bienveillance envers son prochain ne peut se dire fils de Dieu ni avoir Dieu avec lui. L’homme n’est pas un animal sans raison qui attaque, comme si la proie lui était due. L’homme possède une raison et une âme. Par la raison, il doit savoir se conduire en homme. Par l’âme, il doit savoir se conduire en saint. Celui qui n’agit pas ainsi se place plus bas que les animaux, il s’abaisse jusqu’à embrasser les démons, car il leur livre son âme par le péché de colère.

Aimez. Je ne vous dis pas autre chose. Aimez votre prochain comme le Seigneur Dieu d’Israël le veut. Ne soyez pas du sang de Caïn. Or pourquoi l’êtes-vous ? Pour un peu d’argent, vous qui pouviez être homicides. D’autres pour un lopin de terre. Pour une meilleure place. Pour une femme. Que sont toutes ces choses ? Sont-elles éternelles ? Non, elles durent moins que la vie qui n’est qu’un instant d’éternité. Mais que perdez-vous en les recherchant ? La paix éternelle promise aux justes et que le Messie vous apportera avec son Royaume. Prenez le chemin de la vérité. Suivez la voix de Dieu. Aimez-vous. Soyez honnêtes. Soyez continents. Soyez humbles et justes. Allez et méditez.

67.4 – Qui es-tu, toi qui dis de telles paroles et dont la volonté brise les épées ? Un seul homme le fait : le Messie. Même Jean le Baptiste n’est pas supérieur à lui. Serais-tu donc le Messie ? demandent trois ou quatre personnes présentes.

– Je le suis.

– Toi ! Es-tu celui qui guérit les maladies et prêche Dieu en Galilée ?

– Je le suis.

– J’ai une vieille maman qui meurt. Sauve-la !

– Et moi, tu vois ? Je suis en train de perdre mes forces sous les souffrances. J’ai des enfants encore tout petits. Guéris-moi !

– Rentre chez toi. Ce soir, ta mère te préparera le repas. Quant à toi, sois guéri. Je le veux ! »

La foule pousse un cri. Puis, elle demande :

« Ton nom ! Ton nom !

– Jésus de Nazareth !

– Jésus ! Jésus ! Hosanna ! Hosanna ! »

La foule est en allégresse. Les ânes peuvent bien faire ce qu’ils veulent, personne n’en a plus cure. Des mères accourent de l’intérieur de la ville, manifestement la rumeur s’est répandue. Elles lèvent leurs bébés, Jésus les bénit et sourit. Il cherche à fendre la foule, le cercle des gens qui l’acclament pour entrer en ville et aller où il veut. Mais la foule ne veut rien savoir.

« Reste avec nous ! En Judée ! En Judée ! Nous sommes enfants d’Abraham, nous aussi ! » crie-t-elle.

67.5 « Maître ! »

C’est Judas qui survient.

« Maître, tu m’as devancé. Mais qu’arrive-t-il ?

– Le Rabbi a fait un miracle ! Pas en Galilée, non, mais ici, c’est ici avec nous que nous le voulons.

– Tu le vois, Maître ? Tout Israël t’aime et il est juste que tu restes ici aussi. Pourquoi t’en aller ?

– Je ne me dérobe pas, Judas. C’est exprès que je suis venu seul, pour que la rudesse des disciples galiléens ne heurte pas la finesse des Judéens. Je veux rassembler toutes les brebis d’Israël sous le sceptre de Dieu.

– C’est pour cela que je t’ai dit : “ Prends moi. ” Je suis judéen et je sais comment prendre mes concitoyens. Tu resteras donc à Jérusalem ?

– Quelques jours, pour attendre un disciple judéen, lui aussi. Puis je parcourrai la Judée...

– Ah ! Je viendrai avec toi. Je t’accompagnerai. Tu viendras dans mon village. Je t’emmènerai chez moi. Tu viendras, Maître ?

– Je viendrai...

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Miracles des lames brisées.

EMV 68.6-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Demandez-lui quelque miracle. Il est puissant. Il guérit. Il lit dans les coeurs. Il répond à toute question.

– Parle-lui, toi, pour moi. Dis-lui que je suis malade. Mon oeil droit est mort, le gauche se dessèche.

– Maître...

– Judas ? »

Jésus, qui caressait une enfant, se retourne.

« Maître, cet homme est presque aveugle et désire voir. Je lui ai dit que tu peux le guérir.

– Je le peux pour qui a la foi. As-tu foi, homme ?

– Je crois dans le Dieu d’Israël. Je viens ici pour me jeter dans la piscine de Bethsaïde. Mais il y a toujours quelqu’un qui me précède.

– Peux-tu croire en moi ?

– Si je crois à l’ange de la piscine, ne dois-je pas croire en toi dont le disciple affirme que tu es le Messie ? »

Jésus sourit. Il se mouille le doigt avec la salive et effleure l'oeil malade.

« Que vois-tu ?

– Je vois les objets sans le brouillard qui les recouvrait auparavant. Et l’autre, tu ne le guéris pas ? »

Jésus sourit de nouveau. Il refait le même geste sur l’oeil a­veugle.

« Que vois-tu maintenant ? demande-t-il en enlevant son doigt de la paupière fermée.

– Ah ! Seigneur Dieu d’Israël ! J’y vois comme quand, enfant, je courais sur les prés. Sois béni pour l’éternité ! »

L’homme pleure, prostré aux pieds de Jésus.

« Va. Sois bon maintenant par reconnaissance pour Dieu. »

68.7 Un lévite, arrivé vers la fin du miracle, demande :

« Par quel pouvoir fais-tu cela ?

– Tu me le demandes ? Je vais te le dire si tu réponds à ma question. D’après toi quel est le plus grand : un prophète qui annonce le Messie ou le Messie en personne ?

– Quelle question ! Le Messie est le plus grand : c’est le Rédempteur promis par le Très-Haut !

– Alors, pourquoi les prophètes ont-ils fait des miracles ? Par quel pouvoir ?

– Par le pouvoir que Dieu leur donnait pour prouver aux foules que Dieu était avec eux.

– Eh bien ! c’est par ce même pouvoir que j’accomplis les miracles. Dieu est avec moi, et je suis avec lui. Je prouve aux foules qu’il en est bien ainsi et que le Messie peut, à plus forte raison et dans une plus large mesure, accomplir ce que les prophètes ont pu faire. »

Pensif, le lévite s’éloigne et tout se termine.

Détail

Jésus parle et Judas encourage le peuple à lui demander un miracle. Jésus en opère un, et à la fin, on lui demande par quelle autorité il fait cela.

EMV 72.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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72.1 Je vois, de très bon matin, Jésus qui, toujours à la même porte, se joint aux disciples Simon et Judas. Jésus est déjà avec Jean. Et je l’entends dire :

« Mes amis, je vous demande de parcourir la Judée avec moi, si cela ne vous est pas trop éprouvant, en particulier pour toi, Simon.

– Pourquoi, Maître ?

– Il est pénible de cheminer sur les montagnes de Judée... et peut-être te sera-t-il plus pénible encore de rencontrer certaines personnes qui t’ont fait du mal.

– Pour ce qui est de la marche, je t’assure encore une fois que, depuis que tu m’as guéri, je suis plus résistant qu’un jeune homme et qu’aucune fatigue ne me pèse, surtout quand c’est pour toi, et à présent avec toi. Quant à rencontrer ceux qui m’ont nui, je n’éprouve plus de ressentiment pénible ; il n’y a pas la moindre aversion à leur encontre dans le coeur de Simon depuis qu’il est à toi. La haine est tombée, en même temps que les écailles du mal. Et je ne sais, crois-le bien, si je dois te dire que tu as fait un plus grand miracle en guérissant ma chair rongée par le mal ou bien mon âme dévorée par la rancoeur. Je pense ne pas me tromper en disant que le miracle le plus grand fut ce dernier. Il est moins facile de guérir une plaie de l’âme... Et tu m’as guéri d’un seul coup. Voilà le miracle ! Car un homme ne guérit pas d’un seul coup, même s’il y emploie toutes ses forces, il ne guérit pas ainsi d’un état moral, si tu ne l’anéantis pas par ta volonté sanctifiante.

– Tu ne te trompes pas dans ton jugement.

EMV 72.3-4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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72.3 La seule chose qui m’attriste, c’est de constater à quel point l’homme est corrompu par Satan qui pervertit sa pensée. Sa­chez-le, vous tous : il trouble votre manière de penser à tous ! Mais il viendra un jour où vous aurez en vous la force de Dieu, la grâce. Vous aurez la sagesse, avec son Esprit... Alors, vous aurez tout pour juger avec justice.

– Et nous jugerons tous avec justice ?

– Non, Judas.

– Mais, parles-tu pour nous, les disciples, ou pour tous les hommes ?

– Je parle d’abord pour vous, puis pour tous les autres. Quand ce sera l’heure, le Maître suscitera ses ouvriers et les enverra de par le monde...

– Ne le fais-tu pas déjà ?

– Pour l’instant, je ne me sers de vous que pour dire : “ Le Messie est là, venez à lui. ” Mais à ce moment-là, je vous rendrai capables de prêcher en mon nom, d’accomplir des miracles en mon nom...

– Oh ! Même des miracles ?

– Oui, sur les corps et sur les âmes.

– Ah ! Comme on nous admirera! »

Judas jubile à cette idée.

72.4 « Nous ne serons plus avec le Maître à ce moment-là, cependant... pour moi, j’aurai toujours peur d’accomplir quelque chose de divin avec mes moyens humains, dit Jean, en regardant Jésus d’un air pensif, quelque peu triste.

– Jean, si le Maître le permet, je voudrais te dire ma pensée, intervient Simon.

– Confie-la à Jean ; je désire que vous vous conseilliez mutuellement.

– Tu sais déjà que c’est un conseil ? »

Jésus sourit et se tait.

« Eh bien, alors, je te dis, Jean, que tu ne dois pas, et que nous ne devons pas avoir peur. Appuyons-nous sur la sagesse du Maître saint et sur sa promesse. Si, lui, il nous dit : “ Je vous enverrai ”, cela signifie qu’il sait qu’il peut nous envoyer sans que nous lui fassions du tort, à lui comme à nous, c’est-à-dire à la cause de Dieu qui nous est aussi chère à tous qu’une épouse tout juste mariée. S’il nous promet de revêtir notre misère intellectuelle et spirituelle de l’éclat de la puissance que le Père lui a donnée pour nous, nous devons être certains qu’il le fera et que nous en serons rendus capables, non pas par nous-mêmes, mais grâce à sa miséricorde. Il est donc certain que tout cela arrivera si nous ne mettons pas d’orgueil, de désir humain dans notre action. Je pense que si nous corrompons notre mission, qui est toute spirituelle, par des éléments terrestres, alors même la promesse du Christ ne s’accomplira pas. Ce ne sera pas de l’impuissance de sa part, mais parce que nous étranglerons sa puissance avec le lacet de l’orgueil.

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Les apôtres (Jean, Judas, Simon le Zélote) discutent et vient le sujet des miracles ainsi que l'envoi des disciples, quand Jésus ne sera plus avec eux.

Jésus dit aux trois apôtres :

EMV 76.4-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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76.4 « Tu m’as dit que tu veux faire savoir à Isaac que tu es ici, mais sans entrer dans le village ?

– Oui, c’est ce que je veux.

– Alors, ce serait bien de se séparer. Moi, j’irai le trouver. Lévi et Joseph resteront avec le troupeau et avec vous. Je monte à partir d’ici, ce sera plus rapide. »

Et Elie se met à gravir la pente vers un groupe de maisons toutes blanches qui resplendissent au soleil, tout là-haut. J’ai l’impression de le suivre. Le voilà aux premières maisons. Il prend un sentier entre les maisons et les jardins. Il fait quelques dizaines de mètres, puis tourne sur un chemin plus large d’où il entre sur une place.

Je n’ai pas dit que tout cela se passait aux premières heures de la matinée. Je le précise maintenant pour expliquer que le marché se tient encore sur la place. Ménagères et vendeurs parlent à voix haute sous les arbres qui donnent de l’ombre à la place.

Elie va, sans hésiter, jusqu’au point où la place se continue par une route, une route assez belle. C’est peut-être la plus belle du village. Au coin, il y a une masure, ou plutôt une pièce, dont la porte est ouverte. Presque sur le seuil se trouve un pauvre lit avec un infirme squelettique qui demande lamentablement une obole aux passants.

Elie entre en trombe.

« Isaac... c’est moi.

– Toi ? Je ne t’attendais pas. Tu es venu à la dernière lune.

– Isaac... Isaac... Sais-tu pourquoi je suis venu ?

– Je l’ignore... tu es ému... qu’est-ce qui arrive ?

– J’ai vu Jésus de Nazareth ! C’est un homme, maintenant, un rabbi. Il est venu me chercher... et il veut nous voir. Oh ! Isaac, tu te trouves mal ? »

En fait, Isaac s’est laissé aller comme s’il mourait. Mais il se ressaisit :

« Non. C’est la nouvelle... Où est-il ? Comment est-il ? Ah, si je pouvais le voir !

– Il est en bas, dans la vallée. Il m’envoie te dire ceci, exactement ceci : “ Viens, Isaac, car je veux te voir et te bénir. ” Je vais appeler quelqu’un qui m’aide à te descendre.

– C’est ce qu’il a dit ?

– Oui. Mais que fais-tu ?

– J’y vais. »

Isaac repousse ses couvertures, remue ses jambes inertes, les descend du grabat, les appuie au sol. Il se lève, encore un peu incertain et titubant. Tout cela en un clin d’oeil, sous les yeux écarquillés d’Elie qui finit par comprendre et crie... Une bonne femme s’amène, curieuse. Elle voit l’infirme, debout, qui, n’ayant rien d’autre, se drape dans une des couvertures. Elle s’enfuit en criant comme une poule effrayée.

« Allons... partons par ici pour faire plus vite et échapper à la foule... Vite, Elie. »

Ils sortent en courant par la porte du jardin de derrière et repoussent la fermeture de branches sèches. Une fois dehors, ils filent par un sentier misérable, puis descendent une ruelle au milieu des jardins et de là à travers les prés et les bosquets jusqu’au torrent.

76.5 « Voilà Jésus, dit Elie en le montrant du doigt. Ce grand et bel homme blond, vêtu de blanc avec un manteau rouge... »

Isaac court à travers le troupeau qui broute et avec un cri de triomphe, de joie, d’adoration, se jette aux pieds de Jésus.

« Relève-toi, Isaac. Je suis venu t’apporter paix et bénédiction. Lève-toi, que je voie ton visage. »

Mais Isaac ne peut se lever. C’est trop d’émotions à la fois et il reste sur le sol, des larmes de bonheur dans les yeux.

« Tu es venu tout de suite. Tu ne t’es pas demandé si tu le pouvais...

– Tu m’as demandé de venir... alors je suis venu.

– Il n’a même pas fermé sa porte ni ramassé ses oboles, Maître.

– Peu importe, les anges veilleront sur sa demeure. Es-tu content, Isaac ?

– Oh ! Seigneur !

– Appelle-moi : Maître.

– Oui, Seigneur, mon Maître. Même sans être guéri, j’aurais été bien heureux de te voir. Comment ai-je pu trouver tant de grâce près de toi ?

– En raison de ta foi et de ta patience, Isaac. Je sais combien tu as souffert !

– Ce n’est rien, rien, plus rien ! Je t’ai trouvé ! Tu es en vie ! Tu es ici ! Cela, c’est tout... Le reste, tout le reste appartient au passé. Mais, Seigneur et Maître, maintenant, tu ne t’en vas plus, n’est-ce pas ?

– Isaac, j’ai tout Israël à évangéliser. Je pars... Mais, si je ne puis rester, tu peux toujours me servir et me suivre. 76.6 Veux-tu être mon disciple, Isaac ?

– Oh ! Mais je ne serai pas bon !

– Tu sauras confesser que je suis ? Le confesser en dépit des mépris et des menaces ? Et dire que c’est moi qui t’ai appelé et que tu es venu ?

– Même si tu ne le voulais pas, j’annoncerais tout cela. En cela, je te désobéirais, Maître. Pardonne-moi si je le reconnais. »

Jésus sourit.

« Alors, tu vois que tu es bon pour être disciple ?

– Ah ! S’il ne s’agit que de faire cela ! Je croyais que ce serait plus difficile. Qu’il faudrait aller à l’école des rabbis pour te servir, toi, le Rabbi des rabbis... et aller à l’école si vieux !... »

En fait, l’homme a au moins cinquante ans.

« L’école, tu l’as déjà suivie, Isaac.

– Moi ? Non.

– Si, toi. N’as-tu pas continué à croire et à aimer, à respecter et bénir Dieu et ton prochain, à ne pas être envieux, à ne pas désirer ce qui appartient à autrui et même ce que tu avais possédé mais que tu n’avais plus, à ne dire que la vérité même si cela te portait tort, à ne pas commettre l’adultère avec Satan en faisant des péchés ? N’as-tu pas fait tout cela, au cours de ces trente années de malheurs ?

– Si, Maître.

– Tu vois que tu es déjà allé à l'école. Continue ainsi et ajoute la révélation de mon existence dans le monde. Il n’y a rien d’autre à faire.

– Je t’ai déjà prêché, Seigneur Jésus. Aux enfants qui venaient, quand je suis arrivé dans ce village, boiteux, mendiant mon pain et faisant encore quelques travaux de tonte ou de traite et puis, lorsque le mal s’est aggravé au-dessous de la taille, quand ils venaient autour de mon lit. Je parlais de toi aux enfants de ce temps-là, comme aussi aux enfants de maintenant, leurs fils... Les enfants sont bons et croient toujours. Je leur parlais du temps de ta naissance... des anges... de l’étoile et des mages... et de ta Mère... Ah ! Dis-moi, elle est vivante ?

– Elle est vivante et te salue. Elle parlait toujours de vous.

– Ah ! Si je pouvais la voir !

– Tu la verras. Tu viendras dans ma maison, un jour. Marie te saluera en t’appelant : mon ami.

– Marie... Oui. Son nom, dans ma bouche est doux comme le miel.

EMV 80.10 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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L’Homme avait remporté la triple victoire. L’Homme savait ce que voulait dire être homme et il avait vaincu. Il était épuisé. Ce combat avait été plus épuisant que le jeûne prolongé... Mais l’esprit dominait... Je crois que les Cieux ont tressailli à mon affirmation complète de créature douée de connaissance. C’est à partir de ce moment, je crois, qu’est venu en moi le pouvoir de faire des miracles. J’avais été Dieu. J’étais devenu l’Homme. Maintenant, triomphant des tendances animales liées à la nature humaine, j’étais devenu l’Homme-Dieu. Je le suis. Et comme Dieu, je puis tout. Comme homme, j’ai l’expérience de tout. Vous aussi, agissez comme moi, si vous voulez faire ce que je fais. Et faites-le en mémoire de moi.

Détail

Après la tentation du Christ par Satan dans l'Évangile :