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Jésus-Christ dans L'Evangile tel qu'il m'a été révélé

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EMV 68.2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Voici, Maître, le magistrat.

– Que la paix soit avec toi. Je te demande la permission d’enseigner à Israël parmi les rabbins d’Israël.

– Tu es rabbin ?

– Je le suis.

– Quel a été ton maître ?

– L’Esprit de Dieu, qui me parle avec sagesse et m’éclaire toute parole des textes sacrés.

– Serais-tu plus grand qu’Hillel, toi qui prétends con­naître toute doctrine sans avoir eu de maître? Comment quelqu’un peut-il se former s’il n’y a personne pour s’en charger ?

– De la même manière que s’est formé David, ce berger inconnu devenu roi puissant et sage par la volonté du Seigneur.

– Ton nom ?

– Jésus, fils de Joseph de Nazareth, fils de Jacob, de la race de David, et de Marie, fille de Joachim, de la race de David, et d’Anne, fille d’Aaron ; Marie est la vierge dont le mariage a été célébré au Temple, parce qu’elle était orpheline, par le grand prêtre, selon la Loi d’Israël.

– Qui peut en apporter la preuve ?

– Il doit y avoir encore des lévites qui se souviennent de cet événement et qui étaient contemporains de Zacharie, de la classe d’Abias, mon parent. Interroge-les, si tu doutes de ma sincérité.

– Je te fais confiance. Mais qu’est-ce qui me prouve que tu es capable d’enseigner ?

– Ecoute-moi, et tu jugeras par toi-même.

– Tu es libre de le faire, mais... n’es-tu pas nazaréen ?

– Je suis né à Bethléem de Juda, à l’époque du recensement ordonné par César. Proscrits par des ordres injustes, les descendants de David se trouvent partout. Mais la race est celle de Juda.

– Tu sais... les pharisiens... toute la Judée... à l’égard de la Galilée...

– Je le sais, mais rassure-toi. C’est à Bethléem que j’ai vu le jour, à Bethléem Ephrata d’où vient ma race. Si je vis aujourd’hui en Galilée, c’est pour que s’accomplisse ce qui a été annoncé. »

Le magistrat s’éloigne de quelques mètres, et court là où on l’appelle.

EMV 68.2-3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Voici, Maître, le magistrat.

– Que la paix soit avec toi. Je te demande la permission d’enseigner à Israël parmi les rabbins d’Israël.

– Tu es rabbin ?

– Je le suis.

– Quel a été ton maître ?

– L’Esprit de Dieu, qui me parle avec sagesse et m’éclaire toute parole des textes sacrés.

– Serais-tu plus grand qu’Hillel, toi qui prétends con­naître toute doctrine sans avoir eu de maître? Comment quelqu’un peut-il se former s’il n’y a personne pour s’en charger ?

– De la même manière que s’est formé David, ce berger inconnu devenu roi puissant et sage par la volonté du Seigneur.

– Ton nom ?

– Jésus, fils de Joseph de Nazareth, fils de Jacob, de la race de David, et de Marie, fille de Joachim, de la race de David, et d’Anne, fille d’Aaron ; Marie est la vierge dont le mariage a été célébré au Temple, parce qu’elle était orpheline, par le grand prêtre, selon la Loi d’Israël.

– Qui peut en apporter la preuve ?

– Il doit y avoir encore des lévites qui se souviennent de cet événement et qui étaient contemporains de Zacharie, de la classe d’Abias, mon parent. Interroge-les, si tu doutes de ma sincérité.

– Je te fais confiance. Mais qu’est-ce qui me prouve que tu es capable d’enseigner ?

– Ecoute-moi, et tu jugeras par toi-même.

– Tu es libre de le faire, mais... n’es-tu pas nazaréen ?

– Je suis né à Bethléem de Juda, à l’époque du recensement ordonné par César. Proscrits par des ordres injustes, les descendants de David se trouvent partout. Mais la race est celle de Juda.

– Tu sais... les pharisiens... toute la Judée... à l’égard de la Galilée...

– Je le sais, mais rassure-toi. C’est à Bethléem que j’ai vu le jour, à Bethléem Ephrata d’où vient ma race. Si je vis aujourd’hui en Galilée, c’est pour que s’accomplisse ce qui a été annoncé. »

Le magistrat s’éloigne de quelques mètres, et court là où on l’appelle.

68.3 Judas demande :

« Pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu étais le Messie ?

– Mes paroles le diront.

– Qu'est-ce qui est annoncé et doit s’accomplir ?

– La réunion de tout Israël sous l’enseignement de la parole du Christ. Je suis le Pasteur dont ont parlé les prophètes et je viens rassembler les brebis de tout le pays. Je viens guérir les malades et ramener les égarés au bon pâturage. Pour moi, il n’y a ni Judée ni Galilée, ni Décapole ou Idumée. Il n’y a qu’une seule chose : l’Amour qui embrasse d’un seul regard et unit dans une étreinte unique pour sauver... »

Détail

Un magistrat du Temple vient voir qui est Jésus.

EMV 68.2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Ton nom ?

– Jésus, fils de Joseph de Nazareth, fils de Jacob, de la race de David, et de Marie, fille de Joachim, de la race de David, et d’Anne, fille d’Aaron ; Marie est la vierge dont le mariage a été célébré au Temple, parce qu’elle était orpheline, par le grand prêtre, selon la Loi d’Israël.

EMV 68.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Des curieux s’approchent des deux hommes, qui attirent et frappent par leur allure bien différente.

Jésus baisse les yeux et sourit à cette petite foule. Un sourire dont aucun peintre ne pourra jamais rendre la douceur et que nul croyant ne peut imaginer s’il ne l’a pas vu. Puis il dit :

« Venez, si le désir d’une parole éternelle vous y pousse. »

68.4 Il se dirige sous un arc du portique et, adossé à une colonne, il commence à parler. Il emprunte son sujet à l’événement de la matinée.

« Ce matin, en entrant dans Sion, j’ai vu que deux fils d’A­braham étaient prêts à s'entretuer pour quelques deniers. Au nom de Dieu, j’aurais pu les maudire, car Dieu dit : “ Tu ne tueras point ” et aussi que celui qui n’obéit pas à la Loi sera maudit. Mais j’ai eu pitié de leur ignorance de l’esprit de la Loi et je me suis borné à empêcher l’homicide pour leur donner la possibilité de se repentir, de connaître Dieu, de le servir dans l’obéissance, en aimant non seulement ceux qui les aiment, mais même ceux qui sont leurs ennemis.

Oui, Israël. Un jour nouveau se lève pour toi et le précepte de l’amour devient encore plus lumineux. L’année commence-t-elle donc par le pluvieux mois d’Etanim ou bien par le triste mois de Casleu aux journées plus courtes qu’un rêve, aux nuits longues comme un jour sans pain ? Non, elle commence par le mois de Nisan, fleuri, ensoleillé, joyeux, où tout est riant, où le coeur de l’homme, même le plus pauvre et le plus triste, s’ouvre à l’espérance parce que vient l’été. C’est le temps des moissons, les jours de soleil, les fruits, la douceur même du sommeil sur un pré en fleurs sous la clarté des étoiles. Il est facile de se nourrir, car tout lopin de terre porte légumes ou fruits pour apaiser la faim de l’homme.

Voilà, Israël. Il est terminé, l’hiver, le temps de l’attente. Voici maintenant la joie de la promesse qui s’accomplit. Le Pain et le Vin sont là, tout prêts à calmer la faim. Le Soleil est parmi vous. Tout, sous ce Soleil, rend la respiration plus profonde et plus douce, même le premier précepte de notre Loi, le plus saint des saints préceptes : “ Aime ton Dieu et aime ton prochain. ”

Dans la lumière relative qui t’a été accordée jusqu’ici, il t’a été dit : “ Aime ceux qui t’aiment et hais ton ennemi. ” Tu n’aurais pu faire davantage, parce que la colère de Dieu pesait encore sur toi par la faute du manque d’amour d’Adam. Pour toi, l’ennemi était non seulement celui qui violait tes frontières, mais aussi celui qui t’avait causé quelque tort dans la vie privée, ou du moins qui paraissait l’avoir fait. Il en résultait que la haine couvait dans tous les coeurs, car peut-on trouver un homme qui, volontairement ou non, n’offense pas son frère ? Ou quelqu’un qui arrive à la vieillesse sans avoir été offensé ?

Moi, je vous dis : aimez aussi celui qui vous offense. Faites-le en pensant qu’Adam et tout homme après lui transgresse la loi divine et que personne ne peut affirmer : “ Je n’ai pas offensé Dieu. ” Pourtant, Dieu pardonne, non pas une fois, mais des dizaines de fois, des milliers de fois. Il pardonne, comme le prouve le fait qu’il y a encore des hommes sur terre. Pardonnez donc comme le Seigneur pardonne. Et si vous ne pouvez le faire par amour du prochain qui vous a nui, faites-le pour l’amour de Dieu qui vous donne le pain et la vie, qui vous protège dans les besoins que vous avez sur cette terre et qui a disposé tous les événements pour vous procurer la paix éternelle sur son sein. C’est la Loi nouvelle, la Loi du printemps de Dieu, de l’époque fleurie de la grâce venue parmi les hommes, du temps qui vous donnera le Fruit sans pareil et qui vous ouvrira les portes du Ciel.

68.5 On n’entend plus la voix qui parlait dans le désert. Mais elle n’est pas muette. Elle parle encore à Dieu pour Israël. Elle parle encore au coeur de tout israélite à la conscience droite. Après vous avoir enseigné à faire pénitence pour préparer les voies du Seigneur qui vient, à faire preuve de charité en donnant votre superflu à ceux qui n’ont même pas le nécessaire, et à avoir l’honnêteté de ne pas extorquer, ni de blesser, elle vous dit : “ L’Agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde, celui qui vous baptisera dans le feu de l’Esprit Saint, est parmi vous. Il nettoiera son aire, amassera son froment. ”

Sachez reconnaître celui que le Précurseur vous indique. Ses souffrances agissent auprès de Dieu pour vous donner la lumière. Voyez. Que s’ouvrent les yeux de votre âme, et vous connaîtrez la Lumière qui vient. Je relaie la voix du prophète qui annonce le Messie et, avec la puissance qui me vient du Père, je l’amplifie et y unis ma propre puissance, et je vous appelle à la vérité de la Loi. Préparez vos coeurs à la grâce de la Rédemption qui est proche. Le Rédempteur est parmi vous. Bienheureux ceux qui seront dignes d’être rachetés parce qu’ils auront fait preuve de bonne volonté.

Que la paix soit avec vous ! »

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Jésus fait référence à un événement survenu dans l'EMV 64.7.

EMV 68.3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je suis le Pasteur dont ont parlé les prophètes et je viens rassembler les brebis de tout le pays. Je viens guérir les malades et ramener les égarés au bon pâturage. Pour moi, il n’y a ni Judée ni Galilée, ni Décapole ou Idumée. Il n’y a qu’une seule chose : l’Amour qui embrasse d’un seul regard et unit dans une étreinte unique pour sauver...

EMV 68.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Es-tu disciple de Jean-Baptiste, pour que tu en parles avec une telle vénération ?

– J’ai reçu de lui le baptême sur les rives du Jourdain avant son emprisonnement. Je le vénère parce qu’il est saint aux yeux de Dieu. En vérité je vous le dis, parmi les fils d’Abraham il n’en est pas de plus élevé en grâce que lui. De sa venue au monde à sa mort, les yeux de Dieu se seront posés sans marque de dédain sur cet homme béni.

– Il t’a donné l’assurance de la venue du Messie ?

– Sa parole, qui ignore le mensonge, a désigné à ceux qui étaient près de lui le Messie déjà vivant.

– Où ? Quand ?

– Quand le moment était venu de l’indiquer. »

EMV 68.6-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Demandez-lui quelque miracle. Il est puissant. Il guérit. Il lit dans les coeurs. Il répond à toute question.

– Parle-lui, toi, pour moi. Dis-lui que je suis malade. Mon oeil droit est mort, le gauche se dessèche.

– Maître...

– Judas ? »

Jésus, qui caressait une enfant, se retourne.

« Maître, cet homme est presque aveugle et désire voir. Je lui ai dit que tu peux le guérir.

– Je le peux pour qui a la foi. As-tu foi, homme ?

– Je crois dans le Dieu d’Israël. Je viens ici pour me jeter dans la piscine de Bethsaïde. Mais il y a toujours quelqu’un qui me précède.

– Peux-tu croire en moi ?

– Si je crois à l’ange de la piscine, ne dois-je pas croire en toi dont le disciple affirme que tu es le Messie ? »

Jésus sourit. Il se mouille le doigt avec la salive et effleure l'oeil malade.

« Que vois-tu ?

– Je vois les objets sans le brouillard qui les recouvrait auparavant. Et l’autre, tu ne le guéris pas ? »

Jésus sourit de nouveau. Il refait le même geste sur l’oeil a­veugle.

« Que vois-tu maintenant ? demande-t-il en enlevant son doigt de la paupière fermée.

– Ah ! Seigneur Dieu d’Israël ! J’y vois comme quand, enfant, je courais sur les prés. Sois béni pour l’éternité ! »

L’homme pleure, prostré aux pieds de Jésus.

« Va. Sois bon maintenant par reconnaissance pour Dieu. »

68.7 Un lévite, arrivé vers la fin du miracle, demande :

« Par quel pouvoir fais-tu cela ?

– Tu me le demandes ? Je vais te le dire si tu réponds à ma question. D’après toi quel est le plus grand : un prophète qui annonce le Messie ou le Messie en personne ?

– Quelle question ! Le Messie est le plus grand : c’est le Rédempteur promis par le Très-Haut !

– Alors, pourquoi les prophètes ont-ils fait des miracles ? Par quel pouvoir ?

– Par le pouvoir que Dieu leur donnait pour prouver aux foules que Dieu était avec eux.

– Eh bien ! c’est par ce même pouvoir que j’accomplis les miracles. Dieu est avec moi, et je suis avec lui. Je prouve aux foules qu’il en est bien ainsi et que le Messie peut, à plus forte raison et dans une plus large mesure, accomplir ce que les prophètes ont pu faire. »

Pensif, le lévite s’éloigne et tout se termine.

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Jésus parle et Judas encourage le peuple à lui demander un miracle. Jésus en opère un, et à la fin, on lui demande par quelle autorité il fait cela.

EMV 69 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus sort du Temple avec Judas. Celui-ci veut l'accompagner, mais Jésus lui dit qu'il a besoin de prier avec le Père. Il affirme ainsi que l'esprit doit toujours primer avant la chair et qu'on doit presque tuer celle-ci au profit de la vie surnaturelle. Judas demande alors comment on ne peut pas se préoccuper de la chair et évoque le commandement "Tu ne tueras point". Jésus lui répond alors qu'on doit prendre de la nourriture avec continence, sans s'empoisonner ou trop se nourrir car celle-ci flatte le goût. Puis, il revient sur le suicide et en parle longuement. Le Christ déclare ainsi que celui qui se suicide pèche par orgueil. Judas signale qu'on se suicide par désespoir, mais Jésus dit que le désespoir n'est rien d'autres que de l'orgueil : car on croit qu'on n'a plus de secours nulle part, pas même de Dieu qui est un Père et qui peut nous tendre la main. Judas fait remarquer que tous ceux qui se sont suicidés dans l'Ecriture avant sa venue ont péché, mais le Maître déclare qu'ils auront pu recevoir la Miséricorde de Dieu, même s'il n'est jamais permis de faire violence, à soi ou à autrui. Après la venue du Verbe, par contre, le péché du suicide sera toujours sévèrement condamné par Justice de Dieu si le pécheur se suicide en déclarant qu'il est pour toujours séparé de Dieu et qu'il ne peut recevoir son pardon. La vie étant un don de Dieu, il faut l'aimer, et l'utiliser pour gagner l'éternité.

Judas comprend la pensée du Christ, mais a du mal à l'appliquer. Ils parlent alors de la tentation du Christ, puis Jésus parle des anges (des purs esprits) et de l'homme, roi de la création, que Jésus vient réhabiliter.

Sur le point de quitter Jésus, Judas lui demande quand même s'il ne peut pas l'amener ailleurs que dans l'oliveraie, pour le faire "mieux considéré". Mais si Jésus le remercie pour sa considération, il aime rester dans ce milieu humble. Il viendra pour tous, pour les petits comme pour les grands, mais restera surtout là où se trouve l'humilité. Enfin, les deux hommes se quittent ensuite peu après.

EMV 69.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Judas, je désire rester seul pendant les heures de la nuit. Pendant la nuit mon esprit tire sa nourriture du Père. Oraison, méditation et solitude me sont plus nécessaires que la nourriture matérielle. Celui qui veut vivre par l’esprit et porter les autres à faire de même, doit faire passer la chair après – je dirais presque : la tuer – pour accorder tous ses soins à sa vie spirituelle. C’est vrai pour tous, Judas. Pour toi aussi, si tu veux vraiment appartenir à Dieu, c’est-à-dire au surnaturel.

EMV 69.1-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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69.1 C’est encore Jésus et Judas. Après avoir prié dans le lieu le plus voisin du Saint permis aux hommes juifs, ils sortent du Temple.

Judas voudrait rester avec Jésus. Mais ce désir se heurte à l’opposition du Maître.

« Judas, je désire rester seul pendant les heures de la nuit. Pendant la nuit mon esprit tire sa nourriture du Père. Oraison, méditation et solitude me sont plus nécessaires que la nourriture matérielle. Celui qui veut vivre par l’esprit et porter les autres à faire de même, doit faire passer la chair après – je dirais presque : la tuer – pour accorder tous ses soins à sa vie spirituelle. C’est vrai pour tous, Judas. Pour toi aussi, si tu veux vraiment appartenir à Dieu, c’est-à-dire au surnaturel.

– Mais nous sommes encore de la terre, Maître. Comment pourrions-nous délaisser la chair au point de nous occuper uniquement de l’esprit ? Ce que tu dis n’est-il pas en opposition avec le commandement de Dieu : “ Tu ne tueras point ? ” Est-ce que ce commandement n’interdit pas aussi de se tuer ? Si la vie est un don de Dieu, devons-nous l’aimer ou non ?

– A toi, je répondrai comme je ne répondrais pas à une âme simple à qui il suffit d’élever le regard de l’âme ou de l’esprit jusqu’aux sphères du surnaturel, pour la faire s’envoler avec nous vers les domaines de l’esprit. Toi, tu n’es pas un simple. Tu as été formé dans un milieu qui t’a affiné... mais qui t’a aussi souillé par ses subtilités et ses principes. Te rappelles-tu Salomon, Judas ? Il était sage, le plus sage de son temps. Te souviens-tu de ce qu’il a dit après avoir exploré toutes les connaissances de cette époque ? “ Vanité des vanités, tout est vanité. Craindre Dieu et observer ses commandements, c’est là le devoir de tout homme. ” Or je t’assure que, en fait de mets, il faut savoir prendre ce qui nourrit, mais pas le poison. Si nous nous rendons compte qu’un mets nous est nuisible parce qu’il provoque en nous des réactions néfastes – c’est-à-dire s’il est plus fort que nos humeurs naturelles qui pourraient le neutraliser –, il faut renoncer à ce mets, même s’il flatte le goût. Le pain ordinaire et l’eau de source valent mieux que les plats compliqués de la table du roi, relevés par des épices qui troublent et empoisonnent.

– Que dois-je éviter, Maître ?

– Tout ce qui te trouble et dont tu es conscient. Car Dieu, c’est la paix, et si tu veux avancer sur les voies du Seigneur, tu dois désencombrer ton esprit, ton coeur et ta chair de tout ce qui n’est pas paix et amène le trouble. Je sais qu’il est difficile de se réformer soi-même. Mais je suis ici pour t’aider à le réaliser. Je suis ici pour aider l’homme à redevenir enfant de Dieu, à se remodeler comme par une seconde création, en une renaissance de soi-même. 69.2 Mais laisse-moi te répondre à ce que tu demandais pour que tu ne dises pas que tu es resté dans l’erreur par ma faute. Il est vrai que le suicide est un véritable meurtre. La vie, qu’il s’agisse de la nôtre ou de celle d’autrui, est un don de Dieu et le pouvoir de l’enlever est réservé à Dieu seul, puisque c’est lui qui l’a donnée. Qui se tue avoue son orgueil, or Dieu déteste l’orgueil.

– Avoue son orgueil ? Je dirais plutôt son désespoir.

– Et qu’est-ce que le désespoir, sinon de l’orgueil ? Réfléchis, Judas. Pourquoi quelqu’un désespère-t-il ? Parce que les mal­heurs s’acharnent sur lui et qu’il n’en peut venir à bout par ses propres moyens. Ou bien parce qu’il est coupable et estime que Dieu ne peut lui pardonner. Dans ces deux cas, n’est-ce pas l’orgueil qui le domine ? L’homme qui ne veut se fier qu’à lui-même n’a plus l’humilité de tendre la main au Père et de lui dire : “ Je ne puis, mais toi, tu le peux. Aide-moi, car c’est de toi que j’espère et attends tout. ” Quant à celui qui prétend : “ Dieu ne peut me pardonner ”, il mesure Dieu à son aune : il sait qu’une personne offensée comme il l’a offensée ne pourrait pas pardonner. Là aussi, c’est de l’orgueil. L’humble compatit et pardonne même s’il souffre de l’offense qu’il a reçue. L’orgueilleux ne pardonne pas. Mais il se montre aussi orgueilleux en ce qu’il ne sait pas courber le front et reconnaître : “ Père, j’ai péché, pardonne à ton pauvre fils coupable. ” Or ne sais-tu pas, Judas, que tout sera pardonné par le Père, si le pardon est imploré d’un coeur sincère et contrit, humble et désireux de résurrection dans le bien ?

– Mais certaines crimes rendent le pardon impossible. Ils sont impardonnables.

– C’est toi qui le dis, et ce sera vrai parce que l’homme l’aura voulu. Mais en vérité je te dis que, même après le forfait des forfaits, si le coupable accourait aux pieds du Père – il s’appelle Père pour cela, Judas, c’est un Père d’une perfection infinie – si, en pleurant, en suppliant de lui pardonner, il s’offrait à l’expiation, mais sans désespoir, le Père lui donnerait le moyen d’expier pour qu’il mérite le pardon et sauve son âme.

69.3 – Alors, tu dis que les hommes cités par l’Ecriture comme s’étant donné la mort ont mal agi.

– Il n’est pas permis de faire violence à qui que ce soit, et pas plus à soi-même. Ils ont mal agi. Dans leur imparfaite connaissance du bien, ils auront en certains cas obtenu encore la miséricorde de Dieu. Mais quand le Verbe aura éclairé toute vérité et donné la force aux âmes par son Esprit, à partir de ce moment, il ne sera plus pardonné à ceux qui meurent dans le désespoir, ni au moment du jugement particulier, ni après des siècles de Géhenne, ni au jugement général, jamais. Est-ce là de la dureté de la part de Dieu ? Non : de la justice. Dieu dira : “ Tu as voulu, toi, une créature douée de raison et de science surnaturelle, créée libre par moi, suivre le chemin que tu as choisi et tu as dit : ‘Dieu ne me pardonne pas. Je suis pour toujours séparé de lui. Je juge que je dois me faire justice pour mon délit. Je quitte la vie pour échapper aux remords’, sans penser que les remords ne t’auraient plus atteint si tu étais venu sur mon sein paternel. Qu’il en soit fait selon ton jugement. Je ne viole pas la liberté que je t’ai donnée. ”

C’est cela que dira l’Eternel à celui qui se sera suicidé. Penses-y, Judas : la vie est un don que l’on doit aimer. Mais quel don est-ce ? Un don saint. C’est pourquoi il faut l’aimer saintement. La vie dure tant que la chair résiste. Ensuite commence la grande Vie, l’éternelle Vie, de béatitude pour les justes, de malédiction pour ceux qui ne le sont pas. La vie est-elle un but ou un moyen ? C’est un moyen. Elle est ordonnée à une fin qui est l’éternité. Par conséquent, donnons à la vie ce qu’il lui faut pour qu’elle dure et pour servir l’âme dans sa conquête : continence de la chair en tous ses désirs, en tous. Continence de la pensée en tous ses désirs, en tous. Continence du coeur dans toutes les passions humaines. Au contraire, que les passions qui viennent du Ciel soient sans li­mites : amour de Dieu et du prochain, volonté de servir Dieu et le prochain, obéissance aux paroles divines, héroïsme dans le bien et dans la vertu.

69.4 Je t’ai répondu, Judas. Es-tu convaincu ? Cette explication te suffit-elle ? Sois toujours sincère et demande, si tu n’es pas encore suffisamment instruit : je suis ici pour être le Maître qui enseigne.

– J’ai compris et cela me suffit. Mais... c’est très difficile de faire ce que j’ai compris. Toi, tu le peux parce que tu es saint. Mais moi... je suis un homme, jeune, plein de vie...

– C’est pour les hommes que je suis venu, Judas, pas pour les anges. Eux, ils n’ont pas besoin de maître. Ils voient Dieu. Ils vivent dans son Paradis. Ils n’ignorent pas les passions des hommes, car l’Intelligence, qui est leur vie, les met au courant de tout, même ceux qui ne sont pas gardiens d’un homme. Mais, spirituels comme ils le sont, ils ne peuvent avoir qu’un péché, comme l’eut l’un d’eux qui entraîna les moins solides en charité : l’orgueil, cette flèche qui défigura Lucifer, le plus beau des archanges, et en fit le monstre horrible de l’Abîme. Je ne suis pas venu pour les anges qui, après la chute de Lucifer, sont saisis d’horreur à la moindre trace d’une pensée d’orgueil. Mais je suis venu pour les hommes, pour faire de ces hommes des anges.

L’homme était la perfection de la création. Il avait de l’ange l’esprit et de l’animal une beauté parfaite dans tout son être animal et moral. Aucune créature ne pouvait l’égaler. Il était le roi de la terre comme Dieu est le Roi du Ciel, et un jour, ce jour où il se serait endormi pour la dernière fois sur la terre, il serait devenu roi avec le Père dans le Ciel. Satan a coupé les ailes de l’ange-homme, il lui a mis des griffes de bête sauvage et la soif de l’impureté. Il en a fait un être qui est plutôt un homme-démon qu’un homme tout court. Je veux effacer cet enlaidissement de Satan, supprimer la faim de la chair, corrompue, souillée, rendre ses ailes à l’homme, le faire redevenir roi, cohéritier du Père et du Royaume céleste. Je sais que l’homme, s’il en a la volonté, peut faire tout ce que je dis pour redevenir un roi et un ange. Je ne vous demanderais pas ce que vous ne pourriez faire. Je ne suis pas un de ces rhéteurs qui prêchent des doctrines impossibles.

69.5 J’ai pris une vraie chair, pour connaître par l’expérience d’une nature charnelle ce que sont les tentations de l’homme.

– Et les péchés ?

– Tentés, tous peuvent l’être. Pécheurs, ceux-là seulement qui le veulent.

– Tu n’as jamais péché, Jésus ?

– Je n’ai jamais consenti au péché. Et cela non parce que je suis le Fils du Père, mais parce que je l’ai voulu – et je le voudrai encore - pour montrer à l’homme que le Fils de l’homme n’a pas péché parce qu’il s’y est refusé, et que l’homme, s’il ne veut pas le péché, peut ne pas le commettre.

– Tu n’as jamais été tenté ?

– J’ai trente ans, Judas. Je n’ai pas vécu dans une caverne sur une montagne, mais parmi les hommes. Même si j’avais été dans l’endroit le plus solitaire de la terre, crois-tu que je n’aurais pas eu de tentations ? Nous avons tout en nous : le bien et le mal. Nous portons tout en nous. Dieu souffle sur le bien et il l’avive comme un encensoir aux parfums agréables et sacrés. Satan souffle sur le mal et il en fait un bûcher de flammes féroces. Mais la volonté attentive et la prière constante ressemblent à du sable humide jeté sur les flammes infernales, elles l’étouffent et en triomphent.

– Mais si tu n’as jamais péché, comment peux-tu juger les pécheurs ?

– Je suis homme et je suis le Fils de Dieu. Ce que je pourrais ignorer comme homme et en mal juger, je le connais et j’en juge comme Fils de Dieu. Et du reste !... Judas, réponds à cette question : quelqu’un qui a faim, souffre-t-il plus en disant : “ Maintenant je m’assieds à table ”, ou en disant : “ Il n’y a pas de nourriture pour moi ” ?

– Il souffre plus dans le second cas, le seul fait de s’en savoir privé lui ramène l’odeur des mets et son estomac se tord d’envie.

– Voilà : la tentation vous mord comme cette envie, Judas. Satan la rend plus aiguë, plus précise, plus séduisante que tout assouvissement. En outre, l’acte apporte une satisfaction et parfois le dégoût, tandis que la tentation, au lieu de faiblir, développe une plus abondante floraison comme un arbre qu’on a taillé.

– Et tu n’as jamais cédé ?

– Je n’ai jamais cédé.

– Comment as-tu pu ?

– J’ai dit : “ Mon Père, ne m’induis pas en tentation. ”

– Comment se fait-il que toi, le Messie, toi qui opères des miracles, tu aies demandé l’aide du Père ?

– Pas seulement son aide : je lui ai demandé de ne pas m’induire en tentation. Crois-tu que, sous prétexte que je suis celui que je suis, je puisse me passer du Père ? Oh, non ! En vérité, je te le dis, le Père accorde tout au Fils, mais aussi le Fils reçoit tout du Père. Et je te dis que tout ce qu’on demandera en mon nom au Père sera accordé.

69.6 Mais nous voici à Gethsémani, où j’habite. On en voit déjà les premiers oliviers au-delà des murs. Toi, tu habites au-delà du Tofet. Déjà la nuit descend. Il vaut mieux que tu ne montes pas jusque là-haut. Nous nous reverrons demain, au même endroit. Adieu... Que la paix soit avec toi.

– Que la paix soit avec toi aussi, Maître... Mais je voudrais te dire encore une chose. Je t’accompagnerai jusqu’au Cédron, puis je reviendrai. Pourquoi résider dans ce lieu si humble ? Tu sais, les gens regardent à tant de choses. Ne connais-tu personne en ville qui possède une belle maison ? Si tu veux, je peux te conduire chez des amis. Ils te donneront l’hospitalité par amitié pour moi, et ce serait une demeure plus digne de toi.

– Tu crois cela ? Moi pas. Le digne et l’indigne se trouvent dans toutes les classes sociales. Et, sans manquer à la charité, mais pour ne pas offenser la justice, je t’affirme que l’indigne, ce qui est indigne par malice, se trouve souvent chez les grands. Il n’est ni nécessaire ni utile d’être puissant pour être bon ou pour dissimuler ce qui est péché aux yeux de Dieu. Tout doit être inversé sous mon signe. Celui qui sera grand, ce n’est pas le puissant, mais l’homme humble et saint.

– Mais pour être respecté, pour s’imposer...

– Hérode est-il respecté ? César est-il respecté ? Non. On les subit et les lèvres comme les coeurs les maudissent. Crois bien, Judas, que je saurai m’imposer aux bons – et même à ceux qui désirent seulement l’être – par la modestie plutôt que par des airs de grandeur...

– Mais alors... tu mépriseras toujours les puissants ? Tu t’en feras des ennemis ! Moi qui pensais parler de toi à beaucoup de gens que je connais et qui ont un nom...

– Je ne mépriserai personne. J’irai vers les pauvres comme vers les riches, vers les esclaves comme vers les rois, vers les purs comme vers les pécheurs. Mais si je dois être reconnaissant à celui qui me procurera du pain et un toit quand je serai fatigué – quels que soient ce toit et cette nourriture –, je donnerai toujours la préférence à ce qui est humble. Les grands ont déjà beaucoup de joies. Les pauvres n’ont que la droiture de leur conscience, un amour fidèle, des enfants, et ils se voient écoutés par ceux qui sont au-dessus d’eux. Moi, je me pencherai toujours sur les pauvres, les affligés et les pécheurs. Je te remercie de ton obligeance. Mais laisse-moi à ce lieu de prière et de paix. Va, et que Dieu t’inspire ce qui est bien. »

Jésus quitte le disciple et pénètre parmi les oliviers ; tout se termine là.