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Jésus-Christ dans L'Evangile tel qu'il m'a été révélé

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EMV 54.2-3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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54.2 Un homme tout emmitouflé est adossé au vieux muret qui soutient une corniche, tout à côté de la limite du domaine. Il a dû monter par un sentier qui le borde, en côtoyant le petit torrent.

Lorsqu’il voit Jésus venir à lui, il crie :

« Arrière, arrière ! Mais pitié aussi ! »

Et il se découvre le torse en laissant tomber son vêtement. Si son visage est déjà couvert de croûtes, son torse n’est qu’une mosaïque de plaies. Certaines sont profondément creusées, d’autres ressemblent à des brûlures rouges, d’autres encore sont blanchâtres et translucides, comme si elles étaient recouvertes de verre blanc.

« Tu es lépreux ! Que veux-tu de moi ?

– Ne me maudis pas ! Ne me lapide pas ! On m’a dit qu’hier soir tu t’es manifesté comme la Voix de Dieu et le Porteur de la grâce. On m’a dit que tu as certifié qu’en élevant ton signe, tu guéris tout mal. Elève-le sur moi. Je viens des tombeaux... là... J’ai rampé comme un serpent parmi les ronces du torrent pour arriver ici sans être vu. J’ai attendu le soir pour le faire, parce que, dans la pénombre, on distingue moins bien ce que je suis. J’ai osé... j’ai trouvé cet homme de la maison, qui est assez bon. Il ne m’a pas tué. Il m’a dit seulement : “ Attends contre le muret. ” Toi aussi, aie pitié. »

Jésus s’avance – lui seul, car les six disciples et le propriétaire en compagnie des deux inconnus restent loin et manifestent clairement leur dégoût. Le lépreux dit encore :

« N’avance pas davantage ! N’avance plus ! Je suis infecté ! »

Mais Jésus s’avance. Il le regarde avec une telle pitié que l’homme se met à pleurer. Il s’agenouille, le visage presque à terre, et gémit :

« Ton signe ! Ton signe !

– Il s’élèvera en son heure. Mais à toi, je te dis : relève-toi. Sois guéri. Je le veux. Et sois pour moi un signe dans cette cité qui doit me connaître. Lève-toi, je te le dis ! Et ne pèche plus, par reconnaissance pour Dieu ! »

L’homme se lève très lentement. On dirait qu’il émerge des herbes hautes et fleuries comme s’il se dégageait d’un linceul... Il est guéri. Il se regarde aux dernières clartés du jour. Il est guéri. Il crie :

« Je suis pur ! Oh ! Que dois-je faire maintenant pour toi ?

– Obéir à la Loi. Va trouver le prêtre. Sois bon désormais. Va. »

L’homme esquisse un mouvement pour se jeter aux pieds de Jésus, mais il se rappelle qu’il est encore impur aux yeux de la Loi ; et il se retient. Mais il se baise les mains et envoie le baiser à Jésus. Il pleure de joie.

54.3 Les autres sont pétrifiés. Jésus tourne le dos au lépreux guéri et en souriant les secoue :

« Mes amis, ce n’était qu’une lèpre de la chair, mais vous verrez s’effacer la lèpre des coeurs. (...) »

Détail

Guérison de la lèpre de Simon le Zélote. Six disciples sont présents : il s'agit de Jean et de Jacques de Zébédée, de Pierre et d'André, de Philippe et de Nathanaël.

EMV 54.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« (...) C’est vous qui voulez me voir ? » demande-t-il aux deux inconnus. « Me voici. Qui êtes-vous ?

– Nous t’avons entendu, l’autre soir... au Temple. Nous t’avons cherché dans toute la ville. Quelqu’un qui se dit ton parent nous a dit que tu étais ici.

– Pourquoi me cherchez-vous ?

– Pour te suivre, si tu veux de nous, parce que tu as des pa­roles de vérité.

– Me suivre ? Savez-vous seulement où je me dirige ?

– Non, Maître, mais certainement vers la gloire.

– Oui, mais vers une gloire qui n’est pas de cette terre, vers une gloire qui réside au Ciel et qui se conquiert par la vertu et le sacrifice. Pourquoi voulez-vous me suivre ? demande-t-il de nouveau.

– Pour avoir part à ta gloire.

– Selon le Ciel ?

– Oui, selon le Ciel.

– Ce n’est pas tout le monde qui peut y arriver. Mammon tend des pièges à ceux qui désirent le Ciel plus qu’aux autres. Seul résiste celui dont la volonté est forte. Pourquoi me suivre, si me suivre implique une lutte continuelle avec l’ennemi qui est en nous, avec le monde ennemi, avec l’Ennemi qui est Satan ?

– Parce que c’est notre âme qui nous y porte, notre âme qui est restée ta conquête. Tu es saint et puissant, nous voulons être tes amis.

– Mes amis ! ! ! »

Jésus se tait et soupire. Puis il regarde fixement celui qui a toujours parlé et qui a maintenant laissé tomber le manteau qui lui couvrait la tête, restant tête nue. C’est Judas de Kérioth.

« Qui es-tu, toi qui parles mieux qu’un homme du peuple ?

– Je suis Judas, fils de Simon. Je suis de Kérioth, mais je suis du Temple. J’attends le Roi des juifs, c’est mon rêve. J’ai reconnu à ta parole que tu étais roi, je l’ai reconnu à ton geste. Prends-moi avec toi.

– Te prendre ? Maintenant ? Tout de suite ? Non.

– Pourquoi, Maître ?

– Parce qu’il vaut mieux se jauger soi-même, avant de prendre une route très escarpée.

– Tu ne crois pas à ma sincérité ?

– Tu l’as dit. De ta part, je crois à une impulsion, mais je ne crois pas à ta constance. Réfléchis, Judas. Maintenant je pars et je reviendrai pour la Pentecôte. Si tu es au Temple, tu me verras.

Rends-toi compte de ce dont tu es capable... 54.4 Et toi, qui es-tu ? demande-t-il au second inconnu.

– Un autre qui t’a vu. Je voudrais être avec toi. Mais maintenant, cela m’effraie.

– Non, la présomption, c’est la ruine. La crainte peut être un obstacle, mais si elle vient de l’humilité, elle est une aide. Ne crains pas. Toi aussi, réfléchis et quand je viendrai...

– Maître, tu es tellement saint ! J’ai peur de n’être pas digne. Rien d’autre. Parce que, pour ce qui est de mon amour, je n’ai pas de crainte...

– Comment t’appelles-tu ?

– Thomas, surnommé Didyme.

– Je me souviendrai de ton nom. Va en paix. »

Jésus les congédie et rentre dans la maison de ses hôtes pour le souper.

54.5 Les six hommes qui sont avec lui veulent lui poser beaucoup de questions.

« Pourquoi, Maître, as-tu fait une différence entre les deux ?... Parce qu’il y a eu une différence. Tous deux obéissaient pourtant à une même impulsion, demande Jean.

– Mon ami, parce que la même impulsion peut ne pas avoir la même cause et produire un effet bien différent. Bien sûr que les deux ont eu la même impulsion, mais elle ne tend pas au même but. C’est celui qui a paru moins parfait qui l’est davantage car il n’a pas en lui un désir fiévreux de gloire humaine. Il m’aime parce qu’il m’aime.

EMV 54.5 · Tome 1

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Je veux qu’on m’appelle le Fils de l’homme, car je m’anéantis moi-même, en prenant sur moi toutes les misères de l’homme, pour les porter – c’est ma première croix – et les effacer après les avoir portées, mais sans qu’elles m’aient atteint. Quel poids, mes amis ! Mais je le porte avec joie. C’est ma joie de le porter car, étant le Fils de l’humanité, je rendrai l’humanité fille de Dieu, comme au premier jour.

EMV 54.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus parle doucement, assis à la pauvre table, ses mains faisant des gestes paisibles, le visage légèrement penché, éclairé par-dessous par la petite lampe à huile posée sur la table. Il sourit légèrement. C’est déjà le Maître qui s’impose et dont les traits respirent une forte amitié. Les disciples l’écoutent attentivement.

Détail

Attitude de Jésus, peu après avoir regroupé autour de lui six disciples (Jean et Jacques de Zébédée, Pierre et André, Philippe et Barthélémy).

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EMV 54.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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54.7 – Je voudrais poser une question...

– Quoi, André ?

– Jean m’a raconté le miracle que tu as fait à Cana... Nous espérions tant que tu en ferais un à Capharnaüm... Or tu nous as dit que tu ne faisais pas de miracle sans avoir auparavant accompli la Loi. Pourquoi alors à Cana ? Pourquoi là et pas dans ta patrie ?

– Toute obéissance à la Loi est union à Dieu et donc accroissement de notre capacité. Le miracle est la preuve de l’union à Dieu, de la présence bienveillante et consentante de Dieu. C’est pour cela que j’ai voulu remplir mon devoir d’israélite avant de commencer la série des prodiges.

– Mais tu n’étais pas tenu d’observer la Loi.

– Pourquoi ? Comme Fils de Dieu, non. Mais comme fils de la Loi, si. Israël, pour le moment, ne me connaît que comme tel... Et même après, presque tout Israël me connaîtra comme tel, comme moins encore. Mais je ne veux pas scandaliser Israël et j’obéis à la Loi.

– Tu es saint.

– La sainteté n’exclut pas l’obéissance, elle la perfectionne au contraire. Il y a l’exemple à donner, en plus du reste. Que dirais-tu, d’un père, d’un frère aîné, d’un maître, d’un prêtre qui ne donnerait pas le bon exemple ?

– Et Cana alors ?

– Cana, c’était la joie qu’il fallait faire à ma Mère. Cana, c’est un acompte de ce qui est dû à Ma mère. C’est elle qui, la pre­mière, a apporté la grâce. Ici, j’honore la ville sainte en inaugurant publiquement ma puissance de Messie, mais là-bas, à Cana, je devais rendre honneur à la Sainte de Dieu, à la Toute-Sainte. C’est par elle que le monde m’a eu. Il est juste que ce soit à elle qu’aille mon premier prodige en ce monde. »

EMV 55 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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André, Pierre, Jacques et Jean, Barthélémy, Philippe, et Thomas sont à la maison de Jonas, le gardien de Gethsémani. Thomas raconte comment il est revenu sur les lieux. Jésus l'interroge, et lui propose de rester. L'apôtre est heureux, et Jésus en profite pour donner au groupe apostolique une leçon sur l'hospitalité. Pierre bougonne et lui fait quelques remarques, en disant que celui qu'on accueille n'est pas toujours bien intentionné, et le Seigneur lui répond. Puis, il demande à Thomas d'aller retrouver Simon le Zélote dans les tombeaux, et de l'accompagner jusqu'à sa purification. Ils se retrouveront plus tard. Quant à Judas, il l'encourage à ne pas aller le voir ni même à chercher sa présence.

Pierre râle encore et le Christ lui en demande la raison. Simon de Jonas lui fait remarquer alors qu'il donne des missions à ceux qui sont tout juste arrivés, mais pas aux premiers disciples qui l'ont suivi. Le Maître sourit à ses propos, et lui fait remarquer que, s'il ne donne pas de telles missions, c'est parce qu'il les connaît et qu'il est sûr d'eux. Celui qui doit être mis à l'épreuve, c'est celui qui n'est pas encore sûr, affirme le Sauveur, or le Christ les a tellement estimés qu'il a pris ses premiers apôtres "sans exiger de preuves et sans éprouver le besoin de vous en donner". Pierre est rassénéré et demande pardon. Jésus, quant à lui, lui demande de ne pas discuter sur les places et les mérites de chacun. Le Rédempteur leur rappelle qu'il est lui-même le serviteur de l'homme, et donc, il rappelle en filigrane qu'il faut rester humble.

Enfin, pour terminer, Jésus donne le portrait de Simon le Zélote à Thomas. Il ne reste plus qu'à le retrouver...

EMV 55.1-2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« La route est longue, la nuit est noire. Les patrouilles ro­maines sillonnent la ville. Je te propose, si tu veux, de rester avec nous.

– Oh ! Maître ! »

Thomas est heureux.

« Faites-lui place, vous autres. Et donnez tous quelque chose à notre frère. »

Sur sa part, Jésus prélève la portion de fromage qui était devant lui. Il explique à Thomas :

« Nous sommes pauvres, et le repas est presque fini, mais c’est de tout coeur que tout le monde t’offre ce qu’il a. »

A Jean, assis à côté de lui, il dit :

« Cède ta place à notre ami. »

Aussitôt, Jean se lève et va s’asseoir au bout de la table, à côté du maître de maison.

« Assieds-toi, Thomas, mange. »

55.2 Puis, s’adressant à tous :

« Vous agirez toujours de cette manière, mes amis, pour pratiquer la loi de charité. Le pèlerin est déjà protégé par la Loi de Dieu. Mais désormais, en mon nom, vous devrez l’aimer encore davantage. Quand quelqu’un vient vous demander un pain, une gorgée d’eau, un abri au nom de Dieu, donnez-le, au nom de Dieu aussi. Dieu vous en récompensera. Vous devez agir ainsi avec tout le monde, même avec les ennemis. C’est la Loi nouvelle. Jusqu’ici, il vous était dit : “ Aimez ceux qui vous aiment et haïssez vos ennemis. ” Mais moi je vous dis : “ Aimez même ceux qui vous haïssent. ” Ah, si vous saviez comme vous serez aimés de Dieu si vous aimez comme je vous dis ! Quand quelqu’un vous dit ensuite : “ Je veux être votre compagnon pour servir le vrai Dieu et suivre son Agneau ”, il doit alors vous être plus cher qu’un frère de même sang, parce que vous serez unis par un lien éternel : celui du Christ.

– Mais si ensuite on s’aperçoit qu’il n’est pas sincère ? Dire : “ Je veux faire ceci et cela ”, c’est facile. Mais les mots ne correspondent pas toujours à la réalité » dit Pierre, plutôt fâché.

Je ne sais pas, il n’a pas sa jovialité habituelle.

« Pierre, écoute. Tu parles avec bon sens et justice. Mais vois : il vaut mieux pécher par bonté d’âme et par confiance que par défiance et dureté. Si tu fais du bien à un indigne, quel mal en résultera pour toi ? Aucun. Au contraire, la récompense de Dieu sera toujours fidèle pour toi, alors que l’autre aura le démérite d’avoir trahi ta confiance.

– Aucun mal ? Eh ! Il arrive quelquefois qu’un homme in­digne ne s’arrête pas à l’ingratitude, mais qu’il aille plus loin et en vienne même à nuire à la réputation, au patrimoine, si ce n’est à la vie elle-même.

– C’est vrai. Mais cela diminuerait-il ton mérite ? Non. Même si tout le monde ajoutait foi aux calomnies, même si tu en étais réduit à devenir plus pauvre que Job, même si un homme cruel t’enlevait la vie, qu’est-ce qui serait changé aux yeux de Dieu ? Rien. Il y aurait pour toi un changement, mais en mieux, car au mérite de la bonté s’ajouteraient les mérites d’un martyre d’ordre intellectuel, financier ou physique.

– Bien, bien ! Ce sera comme ça ! »

Pierre ne parle plus. Boudeur, il reste la tête appuyée sur sa main.

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Jésus s'adresse à Thomas, puis, il donne une leçon sur l'hospitalité.

EMV 55.4-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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55.4 Pierre bougonne quelque chose. Jésus l’entend.

« Pierre, qu’est-ce que tu as ? Tu te tais ou tu murmures. Tu sembles mécontent. Pourquoi ?

– Je le suis. Nous sommes les premiers et toi, tu ne nous fais pas cadeau d’un miracle. Nous sommes les premiers et toi, tu fais asseoir près de toi un étranger. Nous sommes les premiers, mais c’est à lui que tu confies des charges, et pas à nous. Nous sommes les premiers et... oui, vraiment, on dirait que nous sommes les derniers. Pourquoi les attends-tu sur le chemin du fleuve ? Sûrement pour leur confier quelque mission. Pourquoi à eux et pas à nous ? »

Jésus le regarde. Il n’est pas fâché. Il lui sourit même, comme on sourit à un enfant. Il se lève, va lentement vers Pierre, lui pose la main sur l’épaule et lui dit en souriant :

« Pierre, Pierre ! Tu es un grand enfant, un vieil enfant ! »

Puis il se tourne vers André, assis près de son frère :

« Va à ma place » lui dit-il.

Il s’assied à côté de Pierre, lui passe un bras sur les épaules et lui parle en le tenant ainsi contre son épaule :

« Pierre, tu as l’impression que je commets une injustice, mais ce n’en est pas une. C’est au contraire la preuve que je connais votre valeur. Regarde : qui a besoin d’être mis à l’épreuve ? Celui qui n’est pas encore sûr. Eh bien ! Je vous savais si sûrs de moi que je n’ai pas éprouvé le besoin de vous donner des preuves de ma puissance. Ici, à Jérusalem, il faut des preuves là où le vice, l’irréligion, la politique, tant de choses du monde obscurcissent les esprits au point qu’ils ne peuvent voir la Lumière qui passe. Mais là-bas, sur notre beau lac, si pur, sous un ciel si pur lui aussi, parmi des gens honnêtes et désireux de faire le bien, les preuves ne sont pas nécessaires. Vous les aurez, les miracles. C’est à flots que je déverserai sur vous les grâces. Mais regarde comme je vous ai estimés : je vous ai pris sans exiger de preuves et sans éprouver le besoin de vous en donner, parce que je sais qui vous êtes : chers, très chers, et très fidèles ! »

Pierre retrouve sa sérénité :

« Pardonne-moi, Jésus.

– Oui, je te pardonne, car ta bouderie, c’est de l’amour. Mais ne sois plus envieux, Simon, fils de Jonas. Sais-tu ce qu’est le coeur de ton Jésus ? Tu n’as jamais vu la mer, la vraie mer ? Si ? Eh bien ! Mon coeur est bien plus vaste que son étendue. Il y a de la place pour tous. Pour toute l’humanité. Le plus petit y a place comme le plus grand. Et le pécheur y trouve l’amour comme l’innocent. Je donne à ceux-ci une mission, bien sûr. Veux-tu m’empêcher de la leur donner ? C’est moi qui vous ai choisis, pas vous. Je suis donc libre de juger comment je dois vous employer. Si donc je les laisse ici avec une mission – qui peut être aussi une épreuve comme peut être miséricorde le laps de temps laissé à Judas Iscariote – peux-tu m’en faire reproche ? Sais-tu si, à toi, je n’en réserve pas une plus importante ? Et n’est-ce pas la plus belle que de t’entendre dire : “ Tu viendras avec moi ” ?

– C’est vrai, c’est vrai. Je suis bête ! Pardon...

– Oui. Je pardonne tout. Ah, Pierre... Mais, je vous en prie tous : ne discutez jamais sur les mérites et sur les places. J’aurais pu naître roi. Je suis né pauvre, dans une étable. J’aurais pu être riche. J’ai vécu de mon travail et maintenant de charité. Et pourtant, croyez-le, mes amis, personne n’est plus grand aux yeux de Dieu que moi, qui suis ici : serviteur de l’homme.

– Toi, serviteur ? Jamais !

– Pourquoi, Pierre ?

– Parce que c’est moi qui te servirai.

– Même si tu me servais comme une mère soigne son enfant, je suis venu pour servir l’homme. Pour lui je serai le Sauveur. Quel service est comparable à celui-là ?

– Oh Maître ! Tu expliques tout. Et ce qui était obscur se fait tout à coup lumineux !

– Content, maintenant, Pierre ? 55.5 Alors laisse-moi finir de parler à Thomas.

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Jésus donne une mission à Thomas, tout juste arrivé dans le groupe apostolique, et Pierre bougonne.

EMV 56 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Près du gué du Jourdain, Maria voit Thomas, Jude d'alphée et Simon le Zélote. Ils attendent Jésus depuis trois jours à cet endroit et Jude assure que si son cousin a promis de les retrouver ici, il le fera. Jude parle de son lien avec Jésus, en expliquant qu'il est son cousin, qu'il était le préféré de Joseph, et qu'il a beaucoup grandi aux côtés de la Vierge Marie. L'homme de Nazareth raconte également les divisions qui existent dans sa famille, mais désormais, il veut suivre le Christ. Il regrette juste que les pères peuvent être l'ennemi de leur enfant. Simon le Zélote soupire à cette remarque, mais Thomas, lui, révèle que son père a encouragé à suivre le Messie.

Jésus arrive enfin. Jude révèle alors son intention de suivre son Maître, et le Christ l'accueille : il lui confirme également qu'il est bien permis de suivre le Seigneur, car "il n'y a rien au-dessus de Dieu."

Après avoir complimenté Thomas pour son obéissance et sa fidélité, Jésus s'intéresse à Simon le Zélote. Il lui demande de le suivre et tous deux discutent de sa parenté, de son père et de la maladie qu'il a connue. Le Maître unit alors Simon le Zélote et Jude, l'un n'ayant pas d'enfants à cause de son infirmité, l'autre ayant perdu son père en suivant le Seigneur. Pour l'heure, cependant, il leur donne à chacun des missions. Thomas devra évangéliser en Judée. Jude devra évangéliser Nazareth. Pierre, Jacques, Jean, André, Philippe, Barthélémy retournent à leurs barques, à Capharnaüm et à Bethsaïde.

EMV 56.2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Un des six m’a dit, pendant que le Maître s’éloignait au milieu des acclamations de la foule après le miracle d’un mendiant estropié guéri à la Porte des Poissons : “ Maintenant nous sortons de Jérusalem. Attends-nous à cinq milles entre Jéricho et Docco, à la courbe du fleuve, le long de la route boisée. ” : celle-ci. Il a ajouté : “ Nous y serons d’ici trois jours, à l’aurore. ”

Détail

Thomas discute avec Jude et Simon et il leur dit :