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Notes du thème

Faits et éléments bibliques dans le Nouveau Testament

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EMV 8.4 · Tome 1, p. 64-65

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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8.4 Anne a repris courage. Pour la réconforter un peu plus, Elisabeth lui demande :

« N’est-ce pas ton voile d’épouse ? Ou bien as-tu filé du nouveau byssus ?

– C’est bien le même. Je le consacre au Seigneur avec elle. Je n’y vois plus guère... et puis nos ressources ont bien diminué à cause des taxes et à la suite de revers de fortune... Il m’était impossible de faire de grosses dépenses. J’ai seulement préparé un riche trousseau pour son séjour dans la Maison de Dieu et pour après... parce que je pense que ce n’est pas moi qui l’habillerai pour ses noces... et je veux que ce soit toujours la main de sa maman, même froide et inerte, qui la pare pour son mariage et lui file ses linges et ses vêtements d’épouse.

– Oh ! Pourquoi ces tristes pensées ?

– Je suis déjà âgée, ma cousine. Je ne l’avais jamais autant ressenti que maintenant, sous le poids de cette souffrance. J’ai donné les dernières forces de ma vie à cette fleur, pour la porter et la nourrir, et maintenant... et maintenant... la douleur de la perdre souffle sur ces dernières forces et les dissipe.

– Il ne faut pas dire cela, ne serait-ce que par égard pour Joachim.

– Tu as raison. Je tâcherai de vivre pour mon mari. »

Joachim, attentif aux paroles de Zacharie, a fait semblant de ne rien entendre, mais il a entendu, et il pousse un profond soupir, les yeux baignés de larmes.

Annotation

Il m’était impossible de faire de grosses dépenses. J’ai seulement préparé un riche trousseau pour son séjour dans la Maison de Dieu et pour après... Au mariage de Marie, Élisabeth évoque ce trousseau préparé par Anne alors disparue (EMV 13.3).

Nos ressources ont bien diminué à cause des taxes et à la suite de revers de fortune... Ce revers de fortune est évoqué plusieurs fois dans l’œuvre, notamment en EMV 9.

Je suis déjà âgée, ma cousine. On présente généralement Élizabeth comme la nièce d'Anne et la cousine de Marie. Ici elle serait plutôt cousine germaine d'Anne. À moins qu’il s’agisse d’une appellation d’usage comme l’était "frère" pour désigner les cousins.

EMV 8.7 · Tome 1, p. 67-68

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Le grand-prêtre a dit : “ Marche en ma présence et sois parfaite. ” Il ignorait qu’il s’adressait à la Femme qui n’était inférieure qu’à Dieu seul en perfection. Mais il parlait au nom de Dieu, de sorte que son ordre était sacré. S’il est toujours sacré, il l’était tout particulièrement pour Marie, pleine de sagesse.

Marie avait mérité que “ la Sagesse la prévienne et se montre à elle par avance ”, car, “ dès le début de son existence, elle avait veillé à sa porte et, dans le désir de s’instruire, par amour, elle voulait être pure pour obtenir l’amour parfait et mériter d’avoir la Sagesse pour maîtresse. ”

Dans son humilité, elle ignorait qu’elle la possédait et que son union à la Sagesse ne faisait que continuer les divins battements de son coeur au Paradis. Elle ne pouvait l’imaginer. Et quand dans le silence de son coeur Dieu lui tenait des propos sublimes, son humilité lui faisait croire qu’il s’agissait de pensées d’orgueil. Elle élevait alors son coeur innocent vers Dieu et le suppliait : “ Prends pitié de ta servante, Seigneur ! ”

Oui, vraiment : la vraie femme sage, la Vierge éternelle n’a eu qu’une seule et même pensée depuis le commencement de son existence : “ Tourner son coeur vers Dieu dès le matin de sa vie et veiller pour le Seigneur, en priant en présence du Très-Haut ”, en demandant pardon pour la faiblesse de son coeur, comme son humilité lui suggérait de le croire ; elle ne se doutait pas qu’elle anticipait les demandes de pardon pour les pécheurs qu’elle allait faire au pied de la croix en union avec son Fils mourant.

Détail

Jésus dit en parlant de Marie : "la Vierge éternelle n'a eu qu'une seule et même pensée depuis le commencement de son existence" donc l'âme de Marie a bien eu un commencement.

EMV 8.8 · Tome 1, p. 68

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Regarde une fois de plus ma Mère. Médite sur ce que beaucoup ignorent ou veulent ignorer, parce que la souffrance est une chose trop désagréable à leur palais et à leur esprit. La souf­france... Marie l’a connue dès les premiers instants de sa vie. Etre parfaite, comme elle l’était, c’était avoir une sensibilité parfaite. Il s’ensuit que le sacrifice devait lui être d’autant plus pénible, mais, pour cette raison même, plus méritoire. Qui possède la pureté possède l’amour, qui possède l’amour possède la sagesse, qui possède la sagesse possède la générosité et l’héroïsme, parce qu’il sait pour qui il se sacrifie.

Elève ton esprit, même si la croix te fait plier, te brise, te tue. Dieu est avec toi. »

EMV 9.2 · Tome 1, p. 69

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je me suis entouré de sages dans ma parenté mortelle. Anne, Joachim, Joseph, Zacharie, et plus encore Elisabeth, et plus tard Jean-Baptiste ne sont-ils pas de vrais sages ? Et je ne parle pas de ma Mère, en qui la Sagesse avait fait sa demeure.

Détail

Jésus dit :

EMV 9.3 · Tome 1, p. 69-70

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Une sainte crainte de Dieu est la base de l’arbre de la sagesse : c’est à partir d’elle qu’il s’élance avec toutes ses branches pour atteindre à son sommet l’amour tranquille dans sa paix, l’amour paisible dans sa tranquillité, l’amour sûr de lui dans sa fidélité, l’amour fidèle dans son intensité, l’amour total, généreux et actif des saints.

EMV 9.5 · Tome 1, p. 71-72

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Du fait de sa sainteté, Anne n’a pas connu les souffrances de l’enfantement : c’est en extase qu’elle donna le jour à l’Immaculée qu’elle avait portée. Au lieu de connaître l’agonie, ils s’éteignirent doucement, de même qu’une étoile s’éteint naturellement quand le soleil pointe à l’aurore. Et s’ils n’eurent pas la consolation de me posséder, moi, la Sagesse incarnée, comme ce fut le cas de Joseph, j’étais invisiblement présent à leurs côtés et leur disais des paroles sublimes, penché sur leur oreiller pour les endormir en paix, en attendant leur triomphe.

Certains diront : “ Pourquoi donc n’ont-ils pas eu à souffrir pour engendrer et mourir, puisqu’ils étaient fils d’Adam ? ” Je leur réponds : “ Jean-Baptiste, qui est fils d’Adam, engendré avec le péché originel, fut bien sanctifié d’avance pour s’être approché de moi alors que j’étais encore dans le sein de ma Mère ; dans ce cas, comment n’aurait-elle eu aucune grâce, la sainte mère de la Femme toute sainte, de l’Immaculée préservée par Dieu, elle qui le porta dans son âme presque divine et dans son coeur encore embryonnaire, elle qui ne s’est jamais séparée du Père depuis l’instant où il l’a pensée, qui fut conçue dans un sein qui retourna au Ciel posséder Dieu pour une éternité de gloire ? ” Et j’ajoute : “ Une conscience droite procure une mort sereine, ce que vous obtiennent aussi les prières des saints. ”

Annotation

Contestation émise : "Anne a enfanté sans douleur"

Anne n'a pas connu les douleurs de l'enfantement. Sur une note dactylographiée, Maria écrit : "C'est une chose admise même par certains théologiens dans le sens matériel des douleurs de l'enfantement ; en réalité, la joie extatique de donner le jour à Marie prévalut sur la souffrance naturelle pour toute femme, au point qu'Anne accoucha sans les angoisses et les souffrances habituelles dans ce cas-là".

Contestation émise : Marie a été créé de toute éternité (l'éternité est réservée à Dieu).

L'Oeuvre dit en parlant de Marie qu'elle "ne s’est jamais séparée du Père depuis l’instant où il l’a pensée". Cela confirme bien que l'âme de Marie est de toute éternité pensée par Dieu (comme chacun d'entre nous). Mais c'est à différencier de son existence réelle (d'il y a 2000 ans).

EMV 9.5 · Tome 1, p. 71-72

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Du fait de sa sainteté, Anne n’a pas connu les souffrances de l’enfantement : c’est en extase qu’elle donna le jour à l’Immaculée qu’elle avait portée. Au lieu de connaître l’agonie, ils s’éteignirent doucement, de même qu’une étoile s’éteint naturellement quand le soleil pointe à l’aurore. Et s’ils n’eurent pas la consolation de me posséder, moi, la Sagesse incarnée, comme ce fut le cas de Joseph, j’étais invisiblement présent à leurs côtés et leur disais des paroles sublimes, penché sur leur oreiller pour les endormir en paix, en attendant leur triomphe.

Certains diront : “ Pourquoi donc n’ont-ils pas eu à souffrir pour engendrer et mourir, puisqu’ils étaient fils d’Adam ? ” Je leur réponds : “ Jean-Baptiste, qui est fils d’Adam, engendré avec le péché originel, fut bien sanctifié d’avance pour s’être approché de moi alors que j’étais encore dans le sein de ma Mère ; dans ce cas, comment n’aurait-elle eu aucune grâce, la sainte mère de la Femme toute sainte, de l’Immaculée préservée par Dieu, elle qui le porta dans son âme presque divine et dans son coeur encore embryonnaire, elle qui ne s’est jamais séparée du Père depuis l’instant où il l’a pensée, qui fut conçue dans un sein qui retourna au Ciel posséder Dieu pour une éternité de gloire ? ” Et j’ajoute : “ Une conscience droite procure une mort sereine, ce que vous obtiennent aussi les prières des saints. ”

EMV 10.1-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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10.1 C’est seulement hier soir, vendredi, que mon âme a été éclairée par cette vision. Je n’ai rien vu d’autre qu’une Marie toute jeune, qui devait avoir douze ans tout au plus ; son visage avait perdu les rondeurs de l’enfance, mais on devine déjà ses futurs traits de femme par l’ovale qui s’allonge. Ses cheveux ne sont plus dénoués sur la nuque, en boucles légères, mais sont rassemblés en deux lourdes tresses d’un or très pâle – ils sont clairs à en pa­raître mêlés d’argent – sur les épaules et tombent jusqu’aux hanches. Le visage est plus réfléchi, plus mûr, bien que ce soit toujours un visage d’enfant, d’une belle et pure enfant. Entièrement vêtue de blanc, elle est en train de coudre dans une pièce minuscule, toute blanche. Par la fenêtre grande ouverte, on voit l’édifice imposant et central du Temple, puis la descente des escaliers, des petites cours, des portiques et, par-delà les murs d’enceinte, la ville avec ses rues, ses maisons et jardins et, tout au fond, le sommet vert et bombé du mont des Oliviers.

Elle coud et chante à mi-voix. Je ne sais s’il s’agit d’un chant sacré. Le voici :

« Comme une étoile se mirant dans l’eau claire,

Une lumière brille au fond de mon cœur.

Depuis mon enfance, elle ne m’a pas quittée

Et elle me guide avec amour et douceur.

J’ai un chant au fond du cœur.

D’où peut-il donc venir ?

Ô homme, tu l’ignores.

Il vient d’où le Saint repose.

Je contemple ma claire étoile

Et ne désire rien d’autre,

Même ce qui me serait le plus doux et le plus cher,

Que cette douce lumière qui est toute à moi.

Tu m’as portée du plus haut des Cieux,

Etoile, dans le sein d’une mère.

A présent tu vis en moi, mais au-delà des voiles

Je te vois, ô glorieux visage du Père.

Quand me feras-tu l’honneur

De devenir l’humble servante du Sauveur ?

Du Ciel envoie-nous le Messie.

Accepte, ô Père saint, l’offrande de Marie. »

10.2 Marie se tait, sourit et soupire, puis s’agenouille pour prier. Son petit visage n’est que lumière. Le regard levé vers l’azur merveilleux d’un beau ciel d’été, elle semble en attirer sur elle toute la luminosité et en être irradiée. Plus exactement, on dirait qu’un soleil caché en elle rayonne de ses lumières et éclaire la neige à peine rosée du corps de Marie, puis se répand sur les choses et sur le soleil qui luit sur la terre, en la bénissant et en lui promettant mille bienfaits.

Au moment où Marie va se relever après sa prière pleine d’amour, et alors que la clarté de l’extase persiste sur son vi­sage, la vieille Anne, fille de Phanuel, entre. Elle s’arrête, interdite, ou pour le moins dans l’admiration devant le geste et l’aspect de Marie.

Elle l’appelle : « Marie ! », et l’enfant se tourne vers elle avec un sourire, différent mais toujours très beau ; elle la salue :

« Anne, la paix soit avec toi.

10.3 – Tu priais ? Tu n’as donc jamais fini de prier ?

– La prière me suffirait, mais je parle avec Dieu. Anne, tu ne peux savoir combien je le sens proche de moi. Plus que proche : dans mon cœur. Que Dieu me pardonne un tel orgueil, mais je ne me sens pas seule. Tu vois ? Là se trouve le Saint des Saints, dans cette maison d’or et de neige, derrière le double voile. Jamais aucun œil, si ce n’est celui du grand-prêtre, ne peut se fixer sur le Propitiatoire sur lequel repose la gloire du Seigneur. Mais, moi, je n’ai pas besoin de voir de toute mon âme – qui le vénère – ce Voile brodé qui vibre au son des chants des vierges et des lé­vites, et qui sent l’encens précieux, comme pour en percer l’épaisseur et permettre de voir le Témoignage. Bien sûr, je le regarde ! Ne crains pas que je ne le regarde pas avec respect, comme tout fils d’Israël. Ne crains pas que l’orgueil m’aveugle au point de me faire penser ce que je suis en train de dire. Je le regarde, et il n’y a pas, dans tout le peuple de Dieu, de plus humble serviteur qui regarde avec plus d’humilité la Maison du Seigneur que moi, car je suis convaincue d’être la plus insignifiante de tous. Mais qu’est-ce que je vois ? Un voile. A quoi je pense, au-delà du Voile ? A un tabernacle. Et à quoi, dans ce tabernacle ? Mais si je regarde le fond de mon cœur, c’est Dieu que je vois resplendir dans sa gloire d’amour et me dire : “ Je t’aime. ” Je lui réponds : “ Je t’aime ”, et je fonds, je me renouvelle à chaque battement de cœur en ce baiser réciproque…

Je me tiens au milieu de vous, mes bien chères maîtresses et compagnes, mais un cercle de flammes m’isole de vous. Dans ce cercle, il y a Dieu, et moi. Je vous vois à travers le Feu de Dieu, et c’est ainsi que je vous aime… mais je ne peux vous aimer selon la chair, je ne pourrai jamais aimer personne selon la chair. Mon seul amour est celui qui m’aime selon l’esprit.

10.4 Je connais mon sort. La Loi séculaire d’Israël veut que toute jeune fille devienne une épouse, et toute épouse une mère. Mais, moi, sans désobéir à la Loi, j’obéis à la Voix qui me dit : “ Je te veux. ” Je suis vierge et je le resterai. Comment le pourrai-je ? Cette Présence douce, invisible, qui est avec moi m’y aidera, parce que c’est elle qui le désire. Je n’ai pas peur. Je n’ai plus ni père ni mère… et seul l’Eternel sait avec quelle douleur ce que j’avais d’humain s’est consumé : avec une douleur atroce. C’est donc à lui que j’obéis aveuglément. Je l’aurais même fait contre la volonté de mes parents, car la Voix m’apprend que celui qui veut la suivre doit passer outre la volonté de ses parents : certes, ils sont des gardes aimants sur le chemin de ronde des remparts qui protègent leur enfant et ils veulent les conduire au bonheur par leur chemin à eux… Mais ils ne savent pas qu’il existe d’autres chemins qui conduisent à une joie infinie… J’aurais abandonné vêtements et manteau pour suivre la Voix qui me dit : “ Viens, ma bien-aimée, mon épouse ! ” J’aurais tout quitté. Les perles de mes larmes – car j’aurais pleuré de devoir leur désobéir –, les rubis de mon sang – car j’aurais même défié la mort pour suivre la Voix qui appelle – leur auraient montré qu’il existe quelque chose de plus grand et de plus doux que l’amour d’un père et d’une mère : la voix de Dieu. Mais sa volonté m’a dégagée désormais des liens de la piété filiale. D’ailleurs, ils ne m’auraient pas retenue. C’étaient deux justes, et Dieu leur parlait certainement au fond du cœur comme il me parle. Ils auraient suivi le chemin de la justice et de la vérité. Quand je pense à eux, je les vois dans la paix de l’attente auprès des patriarches, et je hâte par mon sacrifice l’avènement du Messie qui leur ouvrira les portes du Ciel. C’est moi qui me dirige sur la terre, ou plutôt c’est Dieu qui dirige sa pauvre servante en lui dictant ses commandements. Et je les accomplis, parce que c’est là toute ma joie. Quand l’heure sera venue, je dirai à mon époux mon secret… et il l’accueillera.

– Mais, Marie… quels mots trouveras-tu pour le convaincre ? Tu auras contre toi l’amour d’un homme, la Loi et la vie.

– J’aurai Dieu avec moi… Dieu ouvrira le cœur de mon époux à la lumière… La vie perdra l’aiguillon des sens et deviendra une fleur qui exhalera le parfum de la charité.

10.5 Quant à la Loi… Anne, ne me traite pas de blasphématrice, mais je pense que la Loi va bientôt changer. Qui le fera, puisqu’elle est divine ? Le seul qui en ait le pouvoir, c’est-à-dire Dieu. Je vous l’affirme, le temps est plus proche que vous ne l’imaginez. En lisant Daniel, une grande lumière s’est faite en moi ; elle me venait du fond du cœur, et mon intelligence a saisi le sens de ces paroles secrètes. Les soixante-dix semaines seront abrégées grâce aux prières des justes. Le nombre des années sera-t-il donc changé ? Non, la prophétie ne ment pas. Mais la mesure du temps prophétique ne se fonde pas sur la course du soleil, mais sur celle de la lune. C’est pourquoi je l’affirme : “ L’heure est proche où l’on entendra vagir le fils d’une vierge. ” Ah, si seulement cette Lumière qui m’aime voulait bien me dire – puisqu’elle me dit tant de choses – où se trouve l’heureuse vierge qui enfantera un fils à Dieu et le Messie à son peuple ! Je marcherais pieds nus et je parcourrais la terre, et rien ne m’arrêterait, ni le froid ni le gel, ni la poussière ni la canicule, ni les bêtes sauvages ni la faim, jusqu’à ce que je la trouve et lui dise : “ Accorde à ta servante et à la servante des serviteurs du Christ de vivre sous ton toit. Je tournerai la meule et le pressoir, mets-moi comme esclave à la meule, comme ber­gère à ton troupeau, mets-moi à laver les langes de ton Enfant, aux cuisines, aux fours… où tu voudras, mais accueille-moi. Que je le voie ! Que j’entende sa voix ! Que son regard se pose sur moi ! ” Et si elle ne veut pas de moi, je me ferai mendiante à sa porte et je vivrai d’aumônes et de railleries, je coucherai dehors sous la canicule pour entendre la voix du Messie enfant et l’écho de ses éclats de rire, ou simplement pour le voir passer… Un jour, peut-être recevrai-je de lui l’obole d’un pain… Ah, même si la faim me torturait l’estomac au point que je me sente défaillir après un si long jeûne, je ne mangerais pas de ce pain. Je le serrerais contre mon cœur comme un sachet de perles et je l’embrasserais pour sentir le parfum de la main du Christ ; je n’aurais plus ni faim ni froid, parce que ce contact me procurerait extase et chaleur, extase et nourriture…

10.6 – Tu devrais être la mère du Christ, puisque tu l’aimes à ce point ! C’est pour cela que tu désires rester vierge ?

– Oh, non ! Je ne suis que misère et poussière. Je n’ose lever les yeux vers la Gloire. C’est pour cela que, plus que le double Voile derrière lequel, je le sais, se trouve la présence invisible de Yah­vé, j’aime regarder au-dedans de mon cœur. Là-bas se trouve le Dieu terrible du Sinaï. Mais ici, en moi, je vois notre Père, un visage aimant qui me sourit et me bénit, parce que je suis aussi petite qu’un oisillon que le vent soulève sans en sentir le poids ; je suis aussi faible que du muguet sauvage qui ne sait que fleurir et sentir bon, et ne peut opposer au vent d’autre force que sa douceur parfumée et pure. Dieu, mon vent d’amour !

Ce n’est pas pour cette raison. Mais voici pourquoi : la pureté que, du Ciel, il a choisie pour mère et qui, sur la terre, lui parle de son Père du Ciel, ne peut que plaire à celui qui naîtra de Dieu et d’une vierge, au Saint du Très-Saint. Si la Loi méditait là-dessus, si les rabbins, qui l’ont amplifiée par toutes les subtilités de leur enseignement, tournaient leur esprit vers des horizons plus élevés, se plongeaient dans le surnaturel et laissaient de côté l’humain et l’utile qu’ils recherchent en oubliant la Fin suprême, ils devraient orienter leur enseignement tout particulièrement vers la pureté pour que le Roi d’Israël la trouve quand il viendra. A côté de l’olivier du Pacifique et des palmes du Triomphateur, répandez des lys, une multitude de lys…

Que de sang le Sauveur devra-t-il verser pour nous sauver ! Que de sang ! Telle la rosée d’un vase poreux, une pluie de sang tombera des milliers de blessures qu’Isaïe a vues sur l’Homme des douleurs. Que ce sang divin ne tombe pas là où il y a profanation et blasphème, mais dans des coupes au parfum de pureté qui le reçoivent et le recueillent pour le déverser sur les malades spirituels, sur les lépreux de l’âme, sur ceux qui sont morts à Dieu. Offrez des lys, offrez des lys pour essuyer, avec la robe blanche des pétales purs, la sueur et les larmes du Christ ! Offrez des lys, offrez-lui des lys pour l’ardeur de sa fièvre de Martyr ! Ah, où sera-t-il, ce lys qui te portera, qui étanchera ta soif, qui se teindra de ton sang, qui mourra de douleur en te voyant mourir et pleurera sur ton corps exsangue ? Oh ! Christ ! Oh ! Christ ! Mon soupir… »

En larmes, accablée, Marie se tait.

10.7 Anne garde le silence quelque temps puis, de sa voix blanche de femme âgée prise par l’émotion, elle dit

« As-tu autre chose à m’enseigner, Marie ? »

Marie sursaute. Dans son humilité, elle doit croire que sa maîtresse lui fait un reproche, et elle dit :

« Oh, pardon ! C’est toi la maîtresse, moi je ne suis rien, mais cette parole me jaillit du cœur. J’ai beau la surveiller pour ne pas parler, c’est comme un fleuve impétueux qui rompt ses digues. Elle m’a saisie et a débordé. Ne tiens pas compte de mes paroles et mortifie ma présomption. Les paroles mystérieuses devraient rester dans l’arche secrète du cœur auquel Dieu, dans sa bonté, accorde ce bienfait. Je le sais bien. Mais cette présence invisible est si douce qu’elle m’enivre… Anne, pardonne à ta petite servante ! »

Anne la serre sur son cœur. Tout son vieux visage ridé tremble et luit sous les pleurs. Ses larmes s’insinuent dans ses rides comme le fait l’eau sur un terrain accidenté avant de se changer en un marais tremblotant. Toutefois, la vieille maîtresse ne fait pas rire : bien au contraire, ses larmes font naître la plus grande vénération.

Marie est dans ses bras, son petit visage serré sur la poitrine de sa vieille maîtresse, et tout finit comme cela.

EMV 10.3 · Tome 1, p. 74

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Anne, la paix soit avec toi.

10.3 – Tu priais ? Tu n’as donc jamais fini de prier ?

– La prière me suffirait, mais je parle avec Dieu. Anne, tu ne peux savoir combien je le sens proche de moi. Plus que proche : dans mon coeur. Que Dieu me pardonne un tel orgueil, mais je ne me sens pas seule. Tu vois ? Là se trouve le Saint des Saints, dans cette maison d’or et de neige, derrière le double voile. Jamais aucun oeil, si ce n’est celui du grand-prêtre, ne peut se fixer sur le Propitiatoire sur lequel repose la gloire du Seigneur. Mais, moi, je n’ai pas besoin de voir de toute mon âme – qui le vénère – ce Voile brodé qui vibre au son des chants des vierges et des lé­vites, et qui sent l’encens précieux, comme pour en percer l’épaisseur et permettre de voir le Témoignage. Bien sûr, je le regarde ! Ne crains pas que je ne le regarde pas avec respect, comme tout fils d’Israël. Ne crains pas que l’orgueil m’aveugle au point de me faire penser ce que je suis en train de dire. Je le regarde, et il n’y a pas, dans tout le peuple de Dieu, de plus humble serviteur qui regarde avec plus d’humilité la Maison du Seigneur que moi, car je suis convaincue d’être la plus insignifiante de tous. Mais qu’est-ce que je vois ? Un voile. A quoi je pense, au-delà du Voile ? A un tabernacle. Et à quoi, dans ce tabernacle ? Mais si je regarde le fond de mon coeur, c’est Dieu que je vois resplendir dans sa gloire d’amour et me dire : “ Je t’aime. ” Je lui réponds : “ Je t’aime ”, et je fonds, je me renouvelle à chaque battement de coeur en ce baiser réciproque...

Je me tiens au milieu de vous, mes bien chères maîtresses et compagnes, mais un cercle de flammes m’isole de vous. Dans ce cercle, il y a Dieu, et moi. Je vous vois à travers le Feu de Dieu, et c’est ainsi que je vous aime... mais je ne peux vous aimer selon la chair, je ne pourrai jamais aimer personne selon la chair. Mon seul amour est celui qui m’aime selon l’esprit.