Aller au contenu

Notes du mot-clé

Scribes

Page 2 sur 4

Confort de lecture

Aa

EMV 123.6-8 · Tome 2, p. 328-332

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

123.6 Un groupe d’hommes discutent dans un coin. Partagés entre des opinions différentes, ils gesticulent et s’animent. Certains accusent Jésus, d’autres le défendent, d’autres encore conseillent à tous de faire preuve de plus de maturité dans leur jugement.

Finalement, les plus acharnés, peut-être parce qu’ils sont peu nombreux par rapport aux deux autres groupes, prennent une voie médiane. Ils vont trouver Pierre qui, avec Simon, transporte les brancards désormais inutiles de trois miraculés, et l’assaillent avec autorité à l’intérieur de la pièce devenue une hôtellerie de pèlerins. Ils lui disent :

« Homme de Galilée, écoute. »

Pierre se retourne et les regarde comme des bêtes rares. Il ne parle pas, mais son visage est tout un poème. Simon se contente de jeter un coup d’oeil vers les cinq énergumènes puis il sort, les laissant tous en plan.

L’un des cinq reprend :

« Je suis Samuel, le scribe ; celui-ci, c’est l’autre scribe, Sadoq ; et celui-là le juif Eléazar, très connu et influent ; quant à cet autre, c’est l’illustre vieillard, Ben Calba Scheboua ; et ce dernier, pour terminer, Nahum. Tu saisis ? Nahum ! »

Le ton est des plus emphatiques.

Pierre s’incline légèrement à chaque nom, mais au dernier il ne s’incline qu’à demi et dit, avec la plus parfaite indifférence :

« Je ne sais pas... jamais vu. Et puis... je ne comprends rien.

– Rustre de pêcheur ! Sache que c’est l’homme de confiance d’Hanne.

– Je ne connais pas Anne. Ou plutôt je connais beaucoup de femmes qui s’appellent Anne. Il y en a une vraie champignonnière, même à Capharnaüm. Mais je ne sais de quel Anne celui-ci est l’homme de confiance.

– Celui-ci ? C’est à moi que tu dis : “ celui-ci ” ?

– Mais que veux-tu que je te dise ? Ane ou oiseau ? Quand j’allais à l’école, le maître m’a appris à dire “ celui-ci ” en parlant d’un homme et, si je n’ai pas la berlue, tu es un homme. »

L’homme s’agite comme si cette parole l’écorchait vif. L’autre, le premier qui a parlé, explique :

« Mais Hanne est le beau-père de Caïphe...

– Ah !... Compris ! Eh bien ?

– Eh bien, sache que nous sommes indignés !

– De quoi ? Du temps ? Moi aussi. C’est la troisième fois que je change de vêtement et maintenant, je n’ai plus rien de sec.

– Ne fais pas l’imbécile !

– L’imbécile ? C’est la vérité. Si vous n’êtes pas mécontents du temps, de quoi alors ? Des Romains ?

– De ton Maître ! Du faux prophète.

– Attention, cher Samuel, ne m’énerve pas ! Je suis comme le lac. Il suffit d’un instant pour passer du calme plat à la tempête. Fais attention à ce que tu dis... »

Entre-temps, les fils de Zébédée et d’Alphée et avec eux Judas et Simon sont entrés eux aussi. Ils s’approchent de Pierre qui parle toujours plus fort.

« Tu ne toucheras pas les grands personnages de Sion de tes mains de plébéien !

– Oh ! Quels beaux seigneurs ! Et vous, ne touchez pas au Maître, parce que, sinon, vous volerez au moment même au fond du puits vous purifier pour de bon intérieurement et extérieurement.

– Je fais observer aux savants du Temple, ajoute paisiblement Simon, que cette maison est une propriété privée. »

Et Judas renchérit :

« Et le Maître, j’en suis garant, a toujours fait preuve du plus grand respect pour la maison d’autrui – et en premier lieu pour la maison du Seigneur –.

– Tais-toi, ver sournois.

– Sournois en quoi ? Vous m’avez dégoûté et je suis venu là où il ne peut y avoir de dégoût. Dieu veuille que pour être resté avec vous je n’aie pas été complètement corrompu !

123.7 – Bref, que voulez-vous ? demande sèchement Jacques, fils d’Alphée.

– Et toi, qui es-tu ?

– Je suis Jacques, fils d’Alphée, Alphée, fils de Jacob, fils de Mathan, fils d’Eléazar, et si tu veux, je te nomme tous mes ancêtres jusqu’au roi David dont je descends. Je suis aussi le cousin du Messie. Je te prie donc de parler avec moi, qui suis de souche royale et de race juive, s’il déplaît à ta grandeur de parler avec un honnête israélite qui connaît Dieu mieux que Gamaliel et que Caïphe. Allons. Parle.

– Ton Maître et parent se fait suivre par des prostituées. Cette femme voilée est l’une d’elles. Je l’ai vue au moment où elle vendait de l’or. Et je l’ai reconnue. C’est la maîtresse de Chammaï, elle l’a quitté. Cela déshonore ton parent.

– De qui ? De Chammaï le rabbin ? Alors ce doit être une vieille carcasse. Donc pas de danger..., dit Judas en plaisantant.

– Tais-toi, fou ! De Chammaï d’Elchi, le préféré d’Hérode.

– Tiens, tiens ! Cela veut dire qu’elle ne le préfère plus, le préféré. C’est elle qui était sa maîtresse. Pas toi. Alors pourquoi te mets-tu en peine ? réplique Judas sur un ton plein d’ironie.

– Homme, ne penses-tu pas que tu te déshonores en faisant l’espion ? demande Jude. Et ne penses-tu pas que c’est celui qui pèche qui se déshonore, et non pas celui qui cherche à relever le pécheur ? Quel déshonneur en résulte-t-il pour mon Maître et frère si, par son enseignement, il fait parvenir sa voix jusqu’aux oreilles profanées par la bave des luxurieux de Sion ?

– Sa voix ? Ah, ah ! Il a trente ans, ton Maître et cousin, et il n’en est que plus hypocrite que les autres ! Et toi, et vous tous, vous dormez comme des sourds, la nuit...

– Reptile impudent, hors d’ici ou je t’étrangle », crie Pierre, à qui font écho Jacques et Jean, pendant que Simon se borne à dire :

« Quelle honte ! Ton hypocrisie est si grande qu’elle ressort et déborde et tu baves comme une limace sur une fleur pure. Sors d’ici et deviens un homme car pour l’instant tu n’es que venin. Je te reconnais, Samuel. Tu as toujours le même coeur. Que Dieu te pardonne, mais va-t’en loin de moi. »

Mais pendant que Judas et Jacques, fils d’Alphée, retiennent le bouillant Pierre, voici qu’intervient Jude. Par sa démarche, il ressemble plus que jamais à son cousin Jésus dont il a la même flamme bleue dans les yeux et la même expression imposante. Il crie comme un tonnerre :

« Celui qui cherche à déshonorer l’innocent se déshonore lui-même. Dieu a créé les yeux et la langue pour accomplir des oeuvres saintes. Le calomniateur les profane et les avilit, en leur faisant accomplir des oeuvres mauvaises. Je ne me souillerai pas moi-même par un acte mauvais contre tes cheveux blancs. Mais je te rappelle que les méchants haïssent l’homme intègre et que le sot épanche sa malveillance, sans même réfléchir qu’il se trahit. Qui vit dans les ténèbres échange pour un reptile le rameau fleuri. Mais qui vit dans la lumière voit les choses telles qu’elles sont, et il les défend si on les attaque, par amour de la justice. Nous, nous vivons dans la lumière. Nous sommes la chaste et belle génération des fils de la lumière, et notre Chef, c’est le Saint qui ne connaît ni la femme ni le péché. Nous le suivons et le défendons contre ses ennemis, pour lesquels, comme il nous l’a enseigné, nous n’éprouvons aucune haine : bien au contraire, nous prions pour eux. Apprends, vieillard, la leçon d’un jeune homme parvenu à la maturité parce que la Sagesse lui a appris à ne pas tenir des propos irréfléchis et à ne pas être, en fait de bien, un propre à rien. Va et rapporte à celui qui t’a envoyé que ce n’est pas dans la maison profanée du mont Moriah, mais dans cette pauvre demeure que Dieu réside dans sa gloire. Adieu. »

Les cinq hommes n’osent pas répliquer et s’en vont.

123.8 Les disciples s’interrogent. Faut-il le rapporter ou non à Jésus qui est encore avec les malades guéris ? Mieux vaut le lui dire. Ils vont à lui, l’appellent et ils lui racontent tout.

Jésus sourit tranquillement et répond :

« Je vous remercie d’avoir pris ma défense... mais que voulez-vous y faire ? Chacun donne ce qu’il a.

– Pourtant, ils ont un peu raison. On a des yeux pour voir et beaucoup voient. Elle est toujours à la porte, comme un chien. Cela te porte tort, disent plusieurs.

– Laissez-la. Ce ne sera pas elle, la pierre qui me frappera la tête. Et si elle se rachète... ma joie me paiera bien de toutes ces critiques ! »

Tout se termine sur cette douce réponse.

Détail

Jésus a donné son discours sur l'impureté et des pharisiens s'indignent de la présence d'Aglaé. Ils s'entretiennent avec Pierre, mais Simon le Zélote, Judas, les fils de Zébédée, et les fils d'Alphée arrivent ensuite pour défendre le Maître.

EMV 127.3 · Tome 2, p. 354

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

– Moi... je ne voulais pas croire à ce que ces scribes puissants ont dit. Mais maintenant nous avons rencontré la femme voilée, celle qu’on dit être prostituée... Elle est même venue chez nous te chercher avant la fête des Tentes et nous lui avons dit : “ Celui que tu cherches n’est pas ici, mais il sera bientôt à Jérusalem pour la fête des Tentes. ” Nous lui avons parlé ainsi car Jean-Baptiste nous a dit : “ Voyez cette pécheresse : c’est une croûte d’ordure. Mais à l’intérieur, elle a une flamme qui ne cesse de grandir. Elle deviendra si forte qu’elle rompra la croûte et tout brûlera. L’ordure tombera et il ne restera que la flamme. ” C’est ce qu’il a dit. Mais... est-il vrai qu’elle couche ici, comme sont venus le dire deux scribes puissants ?

– Non, elle se trouve dans une des étables du régisseur, à plus d’un stade d’ici.

– Langues infernales. As-tu entendu ? Et eux !...

– Laisse-les dire. Les bons ne croient pas à leurs paroles, mais à mes oeuvres.

– C’est aussi ce que dit Jean.

Détail

Les disciples de Jean ont été prévenus par les scribes puissants qu'il y avait une prostituée à la Belle-Eau. Ils rapportent une déclaration de Jean-Baptiste sur Aglaé.

Annotation

Un stade = 185 mètres.

Les scribes puissants sont sans doute Ben Calba Scheboua, Eléazar ben Parta, Sadoq, Samuel et Nahum rencontré dans l'EMV 123.

EMV 135.4 · Tome 2, p. 410-411

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

135.4 Jésus passe son bras autour des épaules de Lazare et l’entraîne hors de la pièce marcher sur la terrasse qui entoure la maison, au beau soleil qui attiédit le temps. D’en haut, il observe le travail des serviteurs et des disciples et sourit à Marthe qui va et vient, le visage sérieux mais déjà moins bouleversé. Il contemple aussi le beau panorama qui entoure l’endroit et nomme avec Lazare diverses localités et diverses personnes ; enfin, il demande brusquement :

« La mort de Doras a donc été comme un bâton remué dans le nid des serpents ?

– Ah, Maître ! Nicodème m’a dit que la séance du Sanhédrin a été d’une violence jamais vue !

– Qu’ai-je fait au Sanhédrin pour l’inquiéter ? Doras est mort naturellement, à la vue de tout un peuple, tué par la colère. Je n’ai pas permis qu’on manque de respect au mort. Par conséquent...

– Tu as raison. Mais eux... Ils sont fous de peur. Et... sais-tu qu’ils ont dit qu’il fallait te prendre en état de péché, pour pouvoir te tuer ?

– Dans ce cas, sois tranquille ! Il leur faudra attendre jusqu’à l’heure de Dieu !

– Mais, Jésus ! Sais-tu de qui on parle ? Sais-tu de quoi sont capables les pharisiens et les scribes ? Connais-tu les sentiments d’Hanne ? Sais-tu qui est son second ? Le sais-tu ?... Mais que dis-je ? Tu le sais bien ! Il est donc inutile que je te prévienne qu’ils inventeront un péché pour pouvoir t’accuser.

– Ils l’ont déjà trouvé... J’ai déjà fait plus qu’il n’en faut. J’ai parlé à des Romains, à des pécheresses... Oui. A des pécheresses, Lazare. Ne me regarde pas d’un air si effrayé... L’une d’elle vient toujours m’écouter. Elle habite dans une étable que lui a donnée ton régisseur, à ma demande, car, pour rester près de moi, elle demeurait dans un refuge pour les porcs... »

La stupeur paralyse Lazare. Il reste immobile. Il regarde Jésus comme s’il voyait quelqu’un que son étrangeté rend incompréhensible.

Jésus le secoue en souriant.

« Tu as vu Mammon ? demande-t-il.

– Non... C’est la Miséricorde que j’ai vue. Mais... mais moi, je le comprends. Eux, ceux du Conseil, non. Et ils disent que c’est péché. C’est donc vrai ! Je croyais... Ah ! Qu’as-tu fait ?

– C’est mon devoir, mon droit, mon désir : chercher à racheter une âme qui est tombée. Tu vois donc que ta soeur ne sera pas la première fange que j’approche et sur laquelle je me penche. Et elle ne sera pas la dernière. C’est sur la boue que je veux semer les fleurs et les faire pousser : les fleurs du bien.

– Oh ! Dieu ! Mon Dieu !... Mais... Ah ! Mon Maître, tu as raison. C’est ton droit, c’est ton devoir, c’est ton désir. Mais les hyènes ne le comprennent pas. Eux, ils sont des charognes tellement puantes qu’ils ne sentent, ne peuvent sentir l’odeur des lys. Et même là où les lys fleurissent, eux, les puissantes charognes, flairent l’odeur du péché. Ils ne comprennent pas que c’est de leur propre cloaque que provient cette odeur...

Détail

Haine des pharisiens et du Sanhédrin à l'égard du Christ.

EMV 137.1.4 · Tome 2, p. 429 et p. 432-434

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

137.1 Jésus, en compagnie de ses apôtres, parcourt les champs plats de la Belle Eau. La journée est pluvieuse et l’endroit désert. Il doit être environ midi, car ce soleil pâlot qui apparaît de temps à autre de derrière le rideau gris des nuages descend perpendiculairement.

Jésus parle avec Judas, à qui il confie la charge d’aller au village faire les achats les plus urgents. (...)

Judas arrive en courant. On dirait un gros papillon qui vole sur le pré tant il court rapidement, avec son manteau qui vole en arrière pendant qu’il se livre à une vraie joute de signes.

« Mais qu’est-ce qu’il a ? demande Pierre. Il est devenu fou ? »

Avant que personne ne puisse lui répondre, Judas, arrivé à proximité, peut crier, tout essoufflé par sa course :

« Arrête-toi, Maître. Ecoute-moi avant d’aller à la maison... Il y a un piège... Ah ! Quels lâches... ! »

Il a rejoint le groupe :

« Maître ! On ne peut plus y aller ! Les pharisiens sont dans le village, et ils viennent chaque jour à la maison. Ils t’attendent pour te faire du mal. Ils chassent ceux qui viennent te chercher. Ils les effraient avec des anathèmes horribles. Que veux-tu faire ? Ici tu serais persécuté et ton travail serait anéanti... L’un d’eux m’a vu et m’a attaqué, un vilain vieillard au gros nez qui me connaît parce que c’est l’un des scribes du Temple. Car il y a aussi des scribes. Il m’a attaqué en me griffant et en m’insultant de sa voix de faucon. Tant qu’il m’a insulté et griffé – regarde... (il montre un poignet et une joue où l’on voit clairement la trace des ongles) –, je l’ai laissé faire. Mais quand il a bavé sur toi, je l’ai pris au collet...

– Mais, Judas ! S’écrie Jésus.

– Non, Maître, je ne l’ai pas étranglé. Je l’ai seulement empêché de blasphémer contre toi, et je l’ai laissé partir. Maintenant il est là-bas et il meurt de peur à cause du danger qu’il a couru... Mais nous, éloignons-nous, je t’en prie. D’ailleurs, personne n’oserait plus venir te trouver...

– Maître !

– Mais c’est une horreur !

– Judas a raison.

– Ils sont aux aguets comme des hyènes !

– Feu du Ciel qui es descendu sur Sodome, pourquoi ne reviens-tu pas ?

– Mais sais-tu que tu as été brave, mon garçon ? Dommage que je n’aie pas été pas là, je t’aurais aidé.

– Ah ! Pierre, si tu avais été là, ce petit faucon aurait perdu ses plumes et sa voix pour toujours.

– Mais comment as-tu fait pour... pour ne pas y aller jusqu’au bout ?

– Eh bien... Ça a été un éclair dans mon esprit. Une pensée m’est venue de je ne sais quelles profondeurs du coeur : “ Le Maître condamne la violence ”, et je me suis arrêté. Cela m’a donné un coup encore plus fort que le choc que j’avais reçu sur le mur contre lequel m’a jeté le scribe quand il m’a attaqué. J’en ai eu les nerfs presque brisés... au point que je n’aurais pas eu la force de frapper. Comme il est dur de se vaincre !...

– Tu as été vraiment brave ! N’est-ce pas, Maître ? Tu ne dis pas ta pensée ? »

Pierre est si heureux de la conduite de Judas qu’il ne voit pas comment Jésus est passé du lumineux visage qu’il avait au début à une mine sévère qui lui assombrit le regard et lui serre la bouche, qui paraît devenir plus fine.

Mais il finit par parler :

« Je dis que je suis plus dégoûté de votre façon de penser que de la conduite des juifs. Eux, ce sont des malheureux plongés dans les ténèbres. Vous, qui êtes avec la Lumière, vous êtes durs, vindicatifs, vous murmurez, vous êtes violents. Comme eux, vous approuvez la brutalité. Je vous le dis, vous me donnez la preuve que vous êtes toujours ce que vous étiez quand vous m’avez vu pour la première fois. J’en ressens de la douleur. En ce qui concerne les pharisiens, vous savez que Jésus Christ ne fuit pas. Pour vous, retirez-vous. Je vais les affronter. Je ne suis pas un lâche. Si, après leur avoir parlé, je n’arrive pas à les convaincre, je me retirerai. On ne doit pas pouvoir prétendre que je n’ai pas essayé de toutes les manières possibles de les attirer à moi. Ils sont eux aussi des fils d’Abraham. Je fais mon devoir jusqu’au bout. Leur condamnation doit venir uniquement de leur mauvaise volonté et pas de ma négligence à leur égard. »

Jésus prend alors la direction de la maison dont on aperçoit le toit bas au-delà d’une rangée d’arbres nus. Les apôtres le suivent, tête basse, en parlant tout bas entre eux.

Détail

Le groupe apostolique revient à la Belle-Eau, après l'avoir quitté pour la Fête des Encénies. Mais il y a un piège des pharisiens et Judas, qui est allé en avant, va les prévenir...

EMV 137.3 · Tome 2, p. 431-432

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

– Trois jours après notre départ, des pharisiens sont venus te chercher. Ils ne nous ont pas trouvés, naturellement. Ils ont fait le tour du village et des maisons de la campagne en se donnant comme désireux de te voir. Mais personne ne l’a cru. Ils se sont installés à l’hôtellerie en la débarrassant orgueilleusement de tous ceux qui s’y trouvaient, disant qu’ils ne voulaient pas de contacts avec des étrangers inconnus qui pouvaient même les profaner. Et, tous les jours, ils allaient à la maison. Après quelques jours, ils y ont rencontré cette pauvre femme, qui venait toujours là dans l’espoir de te trouver et d’avoir ta paix. Ils l’ont mise en fuite et l’ont poursuivie jusqu’à son refuge dans l’étable du régisseur. Ils ne l’ont pas attaquée tout de suite, parce que ce dernier était arrivé avec ses fils, armés de matraques. Mais le soir, quand elle est sortie, ils sont revenus avec d’autres. Lorsqu’elle est allée à la fontaine, ils lui ont lancé des pierres en la traitant de “ prostituée ” et en la montrant du doigt pour que le village la méprise. Et comme elle s’enfuyait, ils l’ont rattrapée, maltraitée, lui ont arraché son voile et son manteau pour que tout le monde la voie. Ils l’ont frappée et ont fait valoir leur autorité au chef de la synagogue pour qu’il la maudisse, la fasse lapider, et te maudisse toi aussi, qui l’avais amenée dans le village. Mais il a refusé d’obéir et attend maintenant l’anathème du Sanhédrin. Le régisseur l’a arrachée aux mains de ces canailles et l’a secourue. Mais pendant la nuit elle est partie, laissant un bracelet avec ce mot écrit sur un morceau de parchemin : “ Merci. Prie pour moi. ” Le régisseur dit qu’elle est jeune et très belle, bien que très pâle et amaigrie. Il l’a cherchée dans la campagne car elle était sérieusement blessée, mais sans la trouver. Et il ne sait pas comment elle aura pu aller loin.

Détail

Les pharisiens et les scribes s'en sont pris à Aglaé, en l'absence de Jésus à la Belle-Eau.

EMV 137.5-6 · Tome 2, p. 434-436

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

137.5 Les voilà dans la maison. Ils entrent en silence dans la cuisine et s’affairent autour du foyer. Jésus s’absorbe dans ses pensées.

Ils sont sur le point de prendre leur repas quand un groupe de personnes se présente à la porte.

« Les voilà » murmure Judas.

Jésus se lève immédiatement et va vers eux. Il est si imposant que le groupe recule un instant. Mais la salutation de Jésus les rassure :

« Que la paix soit avec vous. Que voulez-vous ? »

Alors ces lâches croient pouvoir tout oser et lui intiment avec arrogance cet ordre :

« Au nom de la Loi sainte, nous t’ordonnons de quitter ce lieu, car tu troubles les consciences, tu violes la Loi, tu corromps les villes paisibles de Judée. Ne crains-tu pas la punition du Ciel, toi qui singes le juste qui baptise au Jourdain, toi qui protèges les prostituées ? Sors de la terre sainte de Judée ! Que ton souffle n’arrive pas depuis ici jusqu’à l’intérieur de la cité sainte.

– Je ne fais rien de mal. J’enseigne comme rabbi, je guéris comme thaumaturge, je chasse les démons comme exorciste. Toutes ces catégories existent aussi en Judée. Et Dieu, qui les veut, les fait respecter et vénérer par vous. Je ne demande pas la vénération. Je vous demande seulement de me laisser faire du bien à ceux qui ont quelque infirmité dans leur chair, dans leur tête ou dans leur esprit. Pourquoi me le défendez-vous ?

– Tu es un possédé. Va-t’en.

– L’insulte n’est pas une réponse. Je vous ai demandé pourquoi vous me l’interdisez alors que vous le permettez aux autres.

– Parce que tu es un possédé. Tu chasses les démons et tu fais des miracles avec l’aide des démons.

– Et vos exorcistes, alors, avec l’aide de qui est-ce qu’ils les font ?

– Par leur vie sainte. Tu es un pécheur et tu te sers des prostituées pour augmenter ta puissance, car l’union avec elles accroît le pouvoir de la force démoniaque. Notre sainteté a purifié la région de ta complice. Mais nous ne permettons pas que tu restes ici pour attirer d’autres femmes.

– Mais est-ce que cette maison est à vous ? demande Pierre qui est venu près du Maître avec un air peu rassurant.

– Ce n’est pas notre maison. Mais toute la Judée et tout Israël sont aux mains saintes des purs d’Israël.

– Que vous prétendez être, vous ! » termine Judas, venu sur le seuil et qui conclut par un éclat de rire moqueur. Puis il demande :

« Et votre autre ami, où est-il ? Il en tremble encore ? Misérables, allez-vous en ! Et tout de suite ! Sinon, je vous ferai regretter de...

– Silence, Judas. Et toi, Pierre retourne à ta place.

137.6 Ecoutez, scribes et pharisiens. Pour votre bien, par pitié pour votre âme, je vous prie de ne pas combattre le Verbe de Dieu. Venez à moi. Je ne vous hais pas. Je comprends votre mentalité et je la regrette. Mais je veux vous amener à une mentalité nouvelle, sainte, capable de vous sanctifier et de vous donner le Ciel. Pensez-vous donc que je sois venu pour vous combattre ? Oh non ! Je suis venu vous sauver. C’est pour cela que je suis venu. Je vous prends sur mon coeur. Je vous demande amour et compréhension. Justement parce que vous êtes les plus sages en Israël, vous devez plus que tout autre comprendre la vérité. Soyez âme et non pas corps. Voulez-vous que je vous en supplie à genoux ? L’enjeu, votre âme, est tel que je me mettrais sous vos pieds pour la gagner au Ciel, avec la certitude que le Père ne regarderait pas comme une erreur mon humiliation. Parlez ! Dites-moi un seul mot, je l’attends !

– Malédiction ! Voilà ce que nous disons !

– D’accord. C’est dit. Partez. Moi aussi je vais partir. »

Jésus fait demi-tour, retourne à sa place, incline la tête sur la table, et pleure.

Barthélemy ferme la porte pour qu’aucun de ces cruels qui l’ont insulté et qui s’en vont en lançant des menaces et des blasphèmes contre le Christ ne voie ses larmes.

Un long silence se passe, puis Jacques, fils d’Alphée, caresse la tête de son Jésus et dit :

« Ne pleure pas. Nous t’aimons. Même à leur place. »

Jésus relève la tête et dit :

« Ce n’est pas pour moi que je pleure, mais pour eux, qui se tuent, sourds à toute invitation.

– Qu’allons-nous donc faire, Seigneur ? demande l’autre Jacques.

– Nous irons en Galilée. Demain matin nous partirons.

– Pas aujourd’hui, Seigneur ?

– Non. Je dois saluer ceux qui sont bons ici. Et vous viendrez avec moi. »

Détail

Des pharisiens hostiles arrivent à la Belle-Eau alors que le groupe apostolique est dans la petite maison. Discours de Jésus aux Pharisiens, qui leur demande de ne pas mépriser le Verbe de Dieu.

EMV 140.3 · Tome 2, p. 448-450

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Prenons place à table, je vous en prie » dit Cléophas qui s’installe avec Jésus au centre.

A la droite de Jésus se trouve Hermas et à côté de Cléophas Simon, puis les fils du chef de la synagogue, et aux autres places les disciples.

A l’invitation de son hôte, Jésus fait l’offrande et la bénédiction, puis le repas commence.

« Tu viens dans ces régions, Maître ? demande Hermas.

– Non, je vais en Galilée. Je suis seulement de passage.

– Comment ? Tu quittes la Belle Eau ?

– Oui, Cléophas.

– Il y venait des foules, malgré l’hiver. Pourquoi les déçois-tu ?

– Ce n’est pas moi. Les purs l’Israël en ont décidé ainsi.

– Quoi ? Pourquoi ? Quel mal faisais-tu ? La Palestine a beaucoup de rabbis qui parlent là où ils veulent. Pourquoi cela ne t’est-il pas permis, à toi ?

– Ne cherche pas, Cléophas. Tu es âgé et sage. Que la connaissance de cette dure réalité n’empoisonne pas ton coeur.

– Enseignais-tu peut-être des doctrines nouvelles, estimées dangereuses – oh ! Certainement par erreur d’appréciation – par les scribes et les pharisiens ? Ce que nous savons de toi ne nous en donne pas l’impression… n’est-ce pas, Simon ? Mais nous ne connaissons pas tout, peut-être. En quoi consiste pour toi la Doctrine ? demande Hermas.

– Dans la connaissance précise du Décalogue, dans l’amour et la miséricorde. L’amour et la miséricorde, cette respiration, ce sang de Dieu, forment la règle de mon enseignement et de ma conduite. Et j’en fais l’application dans toutes les situations de ma journée.

– Mais ce n’est pas une faute ! C’est de la bonté !

– Les scribes et les pharisiens jugent que c’est une faute, mais moi, je ne puis mentir à ma mission ni désobéir à Dieu qui m’a envoyé sur la terre comme “ Miséricorde ”. Le temps de la miséricorde totale est venu, après des siècles de justice. Elles sont sœurs, comme nées d’un même sein. Mais auparavant, la justice a été plus forte et l’autre adoucissait seulement sa rigueur – car Dieu ne peut s’empêcher d’aimer. Désormais, c’est la miséricorde qui est reine et la justice s’en réjouit, elle qui souffrait tant de devoir punir ! Si vous y regardez de près, vous voyez aisément qu’elles ont toujours existé à partir du moment où l’homme a contraint Dieu à être sévère. L’existence de l’humanité n’est que la preuve de ce que j’avance. La miséricorde est présente à la punition même d’Adam. Dieu pouvait les réduire en cendres du fait de leur péché. Il leur a donné l’expiation. Aux yeux de la femme, cause de tout le mal, humiliée pour cette raison, il a fait briller la figure d’une Femme, cause du bien. Il a accordé à Adam et Eve des enfants et les connaissances nécessaires à l’existence. En même temps que la justice frappait Caïn l’assassin, il lui a accordé un signe qui était miséricorde pour qu’on ne le tue pas. A l’humanité corrompue, il a accordé Noé, pour la préserver dans l’arche. Et à partir de là, il a promis une alliance éternelle de paix. Plus jamais de déluge impitoyable. La justice a été influencée par la miséricorde. Voulez-vous remonter avec moi l’Histoire sainte jusqu’à mon arrivée ? Vous verrez toujours se répandre les ondes de l’amour, toujours plus largement. C’est actuellement la pleine marée de Dieu, et elle te soulève, ô Humanité, sur ses eaux douces et calmes, elle te soulève jusqu’au Ciel, pure, belle, et elle te dit : “ Je te rends à mon Père. ” »

Les trois hommes sont dans la stupéfaction devant une telle lumière d’amour. Puis Cléophas soupire :

« C’est bien cela. Mais toi seul tu es ainsi ! »

Détail

Cléophas d'Emmaüs est triste que Jésus doive quitter la Belle-Eau et il s'étonne que les "purs d'Israël" l'aient ordonné de partir.

EMV 150.2 · Tome 2, p. 491-492

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Mon Fils, maintenant que nous sommes seuls, dis-moi toute la vérité. Pourquoi t’ont-ils chassé ? »

Marie parle, les mains sur les épaules de son Jésus et elle fixe son visage émacié.

Jésus a un sourire doux et las :

« Parce que je cherchais à amener l’homme à l’honnêteté, à la justice, à la vraie religion.

– Mais qui t’accuse ? Le peuple ?

– Non, Mère. Les pharisiens et les scribes, à l’exception de quelques justes parmi eux.

– Mais qu’as-tu fait pour t’attirer leurs accusations ?

– J’ai dit la vérité. Ne sais-tu pas que c’est la plus grande faute pour les hommes ?

– Et qu’est-ce qu’ils ont pu dire pour justifier leurs accusations ?

– Des mensonges. Ceux que tu connais et d’autres encore.

– Rapporte-les à ta Maman. Remets toute ta douleur dans mon sein. Un sein de mère est habitué à la douleur et il est heureux de la consumer pour l’enlever du cœur de son fils. Donne-moi ta douleur, Jésus. Mets-toi ici comme lorsque tu étais tout petit, et dépose toute ton amertume. »

Jésus s’assied sur un petit banc aux pieds de sa Mère et raconte tous ces mois de Judée, sans rancœur, mais sans voile.

Marie lui caresse les cheveux, un héroïque sourire aux lèvres contrastant avec la larme qui scintille dans son œil bleu.

EMV 159.2 · Tome 2, p. 534-535

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Une erreur courageuse vaut toujours mieux qu’une hypocrite profession de foi ou un mélange de croyances qui est un opprobre pour Dieu et une mort pour les âmes. Or il n’est rien de plus facile et de plus commun que ce mélange. L’apparence est sauve, mais par-dessous, la réalité ne vaut rien. Il en est toujours ainsi, mes enfants. Il y a des fidèles qui mélangent l’observance de la Loi avec ce qu’elle interdit, ces malheureux qui hésitent comme des gens ivres entre la fidélité à la Loi et l’intérêt des marchés et des compromissions avec ceux qui ne sont pas soumis à la Loi, mais dont ils espèrent tirer profit. Il y a des prêtres, scribes ou pharisiens qui ne font plus du service de Dieu le but de leur vie, mais une politique astucieuse pour triompher des autres et pour avoir tout pouvoir contre les autres plus honnêtes. Ils sont tous serviteurs non pas de Dieu, mais d’un pouvoir qu’ils savent fort et précieux pour les buts qu’ils visent. Tous ne sont que des hypocrites qui mélangent notre Dieu avec des dieux étrangers.

EMV 169.2 · Tome 3, p. 78-79

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

– Nous pensions que tu n’arriverais pas aujourd’hui.

– Il y a beaucoup de monde, sais-tu ?

– Oh, nous étions fort gênés, car il y avait des scribes et même des disciples de Gamaliel…

– Mais oui, Seigneur ! Tu nous as quittés vraiment au bon moment ! Je n’ai jamais eu aussi peur qu’à ce moment-là. Ne me joue plus un tour comme celui-ci ! »

(...) « Tu sais ? Parmi les disciples, il y en a maintenant deux qui, aux dires de Judas, sont très importants. Judas s’affaire beaucoup. Eh, c’est vrai ! Lui, il connaît bien ces gens-là… de la haute société, et il sait comment leur parler. D’ailleurs, il aime parler… Il parle bien. Mais les gens préfèrent entendre Simon, tes frères, et surtout ce garçon. Hier, un homme m’a dit : “ Ce jeune parle bien – c’était de Judas qu’il parlait – mais je te préfère à lui. ” Oh, mon pauvre ! Me préférer, moi qui ne sais pas dire trois mots de suite !…

Détail

Les apôtres retrouvent Jésus, après leur première prédication sans le Maître. Pierre s'en plaint au Christ et raconte leur rencontre avec Etienne et Hermas.