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Vie chrétienne

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EMV 87.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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La Rédemption n’est-elle pas oeuvre de patience ? Décidée depuis des siècles de siècles, et même au-delà des limites du temps, voici qu’arrive à présent l’heure que les siècles ont préparée. Tout est affaire de patience. Alors pourquoi s’impatienter ? Dieu ne pouvait-il pas tout faire en un éclair ? L’homme, doué de raison, sorti des mains de Dieu, ne pouvait-il pas tout savoir en un éclair ? Ne pouvais-je pas, moi, venir au commencement des siècles ? Tout aurait pu se passer comme cela. Mais rien ne doit être violence. Rien. La violence est toujours contraire à l’ordre. Dieu et ce qui vient de Dieu est ordre. N’ambitionnez pas d’être plus que Dieu.

EMV 87.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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87.3 – Mais alors, quand seras-tu connu ?

– Par qui, Judas ?

– Mais par le monde !

– Jamais.

– Jamais ? Mais n’es-tu pas le Sauveur ?

– Je le suis, mais le monde ne veut pas être sauvé. Ce n’est que dans la proportion d’un sur mille qu’il voudra me connaître, et dans la proportion d’un sur dix mille qu’il me suivra réellement. Et encore, j’exagère. Je ne serai pas connu même par mes plus intimes.

– Mais s’ils te sont intimes, ils te connaîtront.

– Oui, Judas. Ils me connaîtront en tant que Jésus, le juif Jésus. Mais ils ne me connaîtront pas pour ce que je suis. En vérité, je vous dis que je ne serai pas connu de tous mes intimes. Connaître veut dire aimer avec fidélité et vertu... et il y aura quelqu’un qui ne me connaîtra pas. »

Jésus a le geste de résignation découragée qu’il a toujours quand il annonce sa future trahison : il ouvre les mains et les tient ainsi, tournées vers l’extérieur, le visage affligé qui ne regarde ni les hommes ni le ciel, mais seulement sa future destinée de Trahi.

« Ne dis pas cela, Maître, intervient Jean d’une voix suppliante.

– Nous te suivons pour toujours mieux te connaître » dit Simon.

Les bergers font chorus.

« Nous te suivons comme une épouse et tu nous es plus cher qu’elle. Nous sommes plus jaloux de toi que d’une femme. Ah non ! Nous te connaissons déjà tellement que nous ne pouvons plus te méconnaître. Lui (Judas désigne Isaac) dit que renier ton souvenir de nouveau-né aurait été pour lui plus atroce que de perdre la vie. Or tu n’étais alors qu’un nouveau-né. Nous, nous te possédons comme homme et comme maître. Nous t’entendons et nous voyons tes oeuvres. Ton contact, ton haleine, ton baiser sont pour nous une consécration continuelle, une perpétuelle purification. Seul un démon pourrait te renier après avoir été ton intime !

– C’est vrai, Judas, mais il y en aura un.

– Malheur à lui ! Je serai pour lui un justicier.

– Non, laisse au Père la justice. Sois son rédempteur, le rédempteur de cette âme qui se tourne vers Satan.

Détail

Jésus parle de celui qui le trahira.

EMV 88 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Soir du même jour 26-1-45, 20h.

Si ce n'était pas un temps de couvre-feu, je vous aurais envoyé chercher, tellement j'ai été terrorisée par l'apparition du démon.

Le démon en personne, sans camouflages d'aucune sorte. C'est un personnage de grande taille, mince, fumeux, au front bas et étroit, visage pointu, aux yeux renfoncés, au regard tellement méchant, ironique, faux que pour un peu j'aurais appelé au secours. J'étais en train de prier, dans l'obscurité de ma pièce, pendant que Marthe était dans la cuisine, et c'était exactement le Coeur Immaculé de Marie que je priais, quand près de la porte fermée, il m'est apparu, lui. Noir sur noir et pourtant j'ai vu tous les détails de son corps nu, affreux, non par l'effet d'une difformité, mais par un je ne sais quoi de féroce, d'horrible de serpentin qui se dégageait de tous ses membres. Je n'ai vu ni cornes, ni queue, ni pieds fourchus, ni autres détails sous lesquels on le représente habituellement. Mais toute sa monstruosité était dans son expression. Pour exprimer ce qu'il était, je devrais dire : Fausseté, Ironie, Férocité, Haine, Embuscade. C'était ce qu'exprimait son expression rusée et méchante. Il se moquait de moi et m'insultait, mais n'osait approcher davantage. Il était là, cloué près de l'entrée. Il est resté, l'espace de dix bonnes minutes, et puis il s'en est allé. Mais il me passait des sueurs à la fois froides et chaudes.

Pendant qu'effrayée, je me demandais le pourquoi de cette venue, Jésus m'a dit : "Parce que tu l'avais durement repoussé dans son élément principal." (Pendant que je priais Marie, quelque chose tournoyait avec insistance en mon esprit... je ne sais comment appeler cette chose car ce n'est pas une voix, ce n'est pas une idée, ce n'est rien, et c'est pourtant quelque chose qui dit : "Sans toi, ici, quelque chose allait arriver. À cause de tes mérites, elle n'est pas arrivée. Parce que tu es tant aimée de Dieu." Moi - je ne sais si je fais bien ou mal, mais il me semble que je fais bien - quand j'entends cela, je dis : "Va-t-en Satan. Ne me tente pas. Car si c'est Jésus qui me parle, je l'accepte, mais personne d'autre ne doit le dire pour aiguiser la complaisance envers moi-même." Jésus m'a donc dit : "C'est parce que tu l'avais repoussé durement en son principal élément : l'orgueil. Oh ! s'il pouvait te faire tomber sur ce point ! L'as-tu bien vu ?

N'as-tu pas remarqué comment son aspect, je dirais sa souveraineté ou sa paternité, apparaît et transparaît chez ceux qui même temporairement sont à son service ? Ne t'étonne pas si dans une personne il t'apparaissait avec l'aspect répugnant d'un animal sale et impur, d'un monstre gonflé par le ferment, par le levain de la luxure. C'est parce que cette pauvre créature est un fumier de vices nombreux et de péchés, mais les péchés de la chair sont en elle les principaux. Pense à tous ceux qui d'une autre façon, t'ont fait sursauter et souffrir. À ceux qui, seulement peut-être pendant une heure, ont été les instruments de Satan pour tourmenter une âme fidèle, la faire souffrir, la désoler. N'avaient-ils pas, en te blessant, la même expression de méchanceté cruelle que tu as vue parfaite en lui ? Oh ! il transparaît chez ceux qui le servent ! Mais n'aie pas peur. Il ne peut te faire de mal si tu restes avec Moi et Marie. Il te hait. Oh ! sans mesure. Mais il est impuissant à te nuire. Si tu ne permets pas que ton âme se recherche et si tu la laisses sous la protection de mon Coeur, comment veux-tu qu'il puisse lui faire du mal ?

Tout prend fin.

Détail

Maria Valtorta voit Satan dans sa chambre, puis Jésus lui parle.

EMV 88 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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(...) L'as-tu bien vu ?

N'as-tu pas remarqué comment son aspect, je dirais sa souveraineté ou sa paternité, apparaît et transparaît chez ceux qui même temporairement sont à son service ? Ne t'étonne pas si dans une personne il t'apparaissait avec l'aspect répugnant d'un animal sale et impur, d'un monstre gonflé par le ferment, par le levain de la luxure. C'est parce que cette pauvre créature est un fumier de vices nombreux et de péchés, mais les péchés de la chair sont en elle les principaux. Pense à tous ceux qui d'une autre façon, t'ont fait sursauter et souffrir. À ceux qui, seulement peut-être pendant une heure, ont été les instruments de Satan pour tourmenter une âme fidèle, la faire souffrir, la désoler. N'avaient-ils pas, en te blessant, la même expression de méchanceté cruelle que tu as vue parfaite en lui ? Oh ! il transparaît chez ceux qui le servent ! Mais n'aie pas peur. Il ne peut te faire de mal si tu restes avec Moi et Marie. Il te hait. Oh ! sans mesure. Mais il est impuissant à te nuire. Si tu ne permets pas que ton âme se recherche et si tu la laisses sous la protection de mon Coeur, comment veux-tu qu'il puisse lui faire du mal ?

Détail

Maria Valtorta voit Satan dans sa chambre, et Jésus lui parle.

EMV 88.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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88.2 – Mais les pharisiens sont-ils tous comme ça, mon Seigneur ? demande Jean. Ah ! Je ne voudrais pas être à leur service ! Je préfère ma barque !

– C’est la barque que tu préfères ? demande Jésus, à moitié sérieux.

– Non, c’est toi ! La barque, c’était quand j’ignorais ce qu’est l’Amour sur la Terre » répond Jean avec fougue.

Jésus rit de sa véhémence.

« Tu ne savais pas que l’amour existait sur la terre ? Comment es-tu donc né, si ton père n’a pas aimé ta mère ? demande Jésus comme pour plaisanter.

– Cet amour est beau, mais ne me séduit pas. C’est toi mon amour ! Pour le pauvre Jean, c’est toi l’Amour sur terre. »

Jésus le serre contre lui et dit :

« Je voulais te l’entendre dire. L’Amour est avide d’amour et l’homme donne et donnera toujours à son avidité d’imperceptibles gouttes comme celles qui tombent du ciel et sont si insignifiantes qu’elles s’évaporent dans l’atmosphère, dans l’embrasement de l’été. Même les gouttes d’amour des hommes se consumeront dans l’air, brûlées par la fièvre de trop de choses. Le coeur en produira encore... mais les intérêts, les passions, les affaires, les désirs égoïstes, tant, tant de choses humaines les feront disparaître. Et qu’est-ce qui montera vers Jésus ? Ah ! Trop peu de choses ! Les restes de tous les battements du coeur humain, ce qui peut bien encore en survivre, les battements intéressés des hommes qui veulent demander, et encore demander quand le besoin s’en fait sentir. M’aimer uniquement par amour sera le propre d’un petit nombre : des Jean... Regarde cet épi poussé hors saison. C’est peut-être une graine tombée au moment de la moisson. Elle a su naître, résister au soleil, à la sécheresse, grandir, murir... Regarde : cet épi est déjà formé. Il n’y a que lui de vivant dans ces champs vides. D’ici peu ses grains mûrs tomberont sur le sol en rompant l’enveloppe lisse qui les rattachait à la tige, et ce sera charité pour les oiseaux, ou bien, donnant le cent pour un, ils repousseront encore et, avant le labour d’hiver, ils arriveront de nouveau à maturité et rassasieront une foule d’oiseaux déjà tenaillés par la faim de la plus triste des saisons ... Vois-tu, mon Jean, tout ce que peut réaliser une seule graine courageuse ? Tels seront les rares hommes qui m’aimeront d’amour. Un seul suffira pour apaiser la faim d’un grand nombre. Un seul embellira la région où règne la laideur du néant, et où il n’y avait d’abord que néant. Un seul fera surgir la vie là où régnait la mort, et les affamés viendront à lui. Ils mangeront un grain de son amour agissant, puis, égoïstes et distraits, ils s’envoleront ailleurs. Mais, même à leur insu, ce grain déposera un germe de vie dans leur sang, dans leur âme... et ils reviendront... Et aujourd’hui, demain, après-demain encore, comme disait Isaac, la connaissance de l’Amour se développera dans les coeurs. La tige, dégarnie, ne sera plus rien : un brin de paille brûlé. Mais que de bien naîtra de son sacrifice et quelle récompense pour elle ! »

Jésus qui s’était arrêté un instant devant un maigre épi, poussé au bord du sentier, dans un caniveau qui, au temps des pluies, était peut-être un ruisseau, a continué de parler, toujours écouté par Jean dans son attitude habituelle de disciple aimant qui boit non seulement les paroles, mais aussi les gestes de l’être aimé.

Les autres discutent sans s’apercevoir de ce doux colloque. Les voici maintenant arrivés à la pommeraie ; ils s’arrêtent et se regroupent. La chaleur est telle que, même sans manteau, ils transpirent. Ils se taisent et attendent.

Détail

Contextualisation : Lévi parle des sévices donnés par Doras à Jonas, et quand il part devant pour chercher le berger de Bethléem, Jean s'exclame la chose suivante.

Note : Quand Jésus mentionne Isaac, il s'agit du berger Isaac de Yutta. Il se réfère à ses propos dans l'EMV 87.

EMV 88.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– (...) Pourquoi ne t’es-tu pas manifesté, Seigneur ?

– Ce n’était pas l’heure. Maintenant, l’heure est venue. Il faut savoir attendre. Tu l’as dit : “ Pendant les mois de gel, quand la campagne sommeille. ” Et pourtant, elle est déjà ensemencée, n’est-ce pas ? Eh bien, moi aussi, j’étais comme le grain déjà semé. Tu m’avais vu au moment des semailles. Puis j’avais disparu, enseveli dans un silence nécessaire. Pour croître et arriver au temps de la moisson et briller aux yeux de ceux qui m’avaient vu nouveau-né et appartenant au monde. Ce temps est venu. Le nouveau-né est désormais prêt à être le Pain du monde. Avant tous les autres, je cherche mes fidèles, et je leur dis : « Venez, rassasiez-vous de moi. ” »

EMV 88.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– (...) Jonas, veux-tu me servir comme tes compagnons le font déjà ?

– Mais comment faire ?

– Comme eux. Lévi sait, et il te dira combien il est simple de me servir. Je ne demande que de la bonne volonté.

– Je te l’ai donnée quand tu n’étais qu’un bébé vagissant. Grâce à elle, j’ai triomphé de tout, aussi bien du découragement que des haines. C’est que... ici je ne peux pas trop parler... Le patron, une fois, m’a donné un coup de pied parce que j’affirmais avec insistance que tu existais. Mais quand il n’était pas là et que je me trouvais avec des gens à qui je pouvais me fier, ah ! Je le racontais, le prodige de cette nuit-là !

– Eh bien, maintenant, parle du prodige de ma rencontre ! Je vous ai retrouvés presque tous, et tous fidèles. N’est-ce pas un prodige ? Il vous a suffi de m’avoir contemplé avec foi et amour pour devenir justes aux yeux de Dieu et des hommes.

– Ah ! Maintenant, j’aurai un de ces courages ! Un de ces courages ! Maintenant que je sais que tu es là et que je peux annoncer : “ Il est là. Allez à lui !... ” Mais où, mon Seigneur ?

– Dans tout Israël. Jusqu’en septembre, je serai en Galilée. Nazareth ou Capharnaüm me verront souvent dans leurs murs et on pourra venir m’y trouver. Puis... je serai partout. Je suis venu rassembler les brebis d’Israël.