EMV 3.4 · Tome 1, p. 24-25
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
3.4 La nuit est toujours plus parsemée d’étoiles et les lumières se font de plus en plus nombreuses sur le campement. Puis, insensiblement, beaucoup d’entre elles s’éteignent. Ce sont celles des personnes qui ont dîné en premier et qui commencent maintenant à dormir. Les rumeurs diminuent peu à peu. On n’entend plus de voix d’enfants. Seuls quelques bébés non sevrés font entendre leur voix de petit agneau qui cherche le lait de sa maman. Le souffle de la nuit passe sur les choses et les personnes, endormant peines et souvenirs, espoirs et rancoeurs. Mais il se peut que ces deux derniers, bien qu’atténués, survivent au contraire dans le sommeil, dans les rêves.
Anne le dit à son mari, tout en berçant Alphée qui s’endort dans ses bras :
« Cette nuit, j’ai rêvé que je viendrai l’an prochain à la Cité sainte pour deux fêtes au lieu d’une seule. Et l’une sera l’offrande au Temple de mon enfant... Oh, Joachim !
– Espère, espère, Anne ! Tu n’as rien appris d’autre ? Le Seigneur n’a-t-il rien murmuré à ton coeur ?
– Rien. Un songe seulement...
– Demain sera le dernier jour de supplication. Nous avons déjà fait toutes les offrandes, mais nous les renouvellerons encore demain, solennellement. Nous vaincrons Dieu par la fidélité de notre amour. Je pense toujours qu’il t’arrivera la même chose qu’à Anne d’Elqana.
– Dieu le veuille... et que je puisse bientôt entendre une voix me dire : “ Va en paix. Le Dieu d’Israël t’a accordé la grâce que tu lui demandais !"
– Si cette grâce t’est donnée, ton enfant te le dira lui-même en se retournant pour la première fois dans ton sein ; ce sera la voix de l’innocence, donc la voix de Dieu. »
Annotation
Je pense toujours qu’il t’arrivera la même chose qu’à Anne d’Elqana. Référence à 1 Samuel 1,1-20
– Dieu le veuille... et que je puisse bientôt entendre une voix me dire : “ Va en paix. Le Dieu d’Israël t’a accordé la grâce que tu lui demandais ! » Référence à 1 Samuel 1, 17. Cette référence à Anne d'Elqana est reprise au Tome 1, chapitre 5, page 25 (EMV 4).
Premier Livre de Samuel 1, 1-20
Sa 1, 1-20 : Il y avait un homme de Ramathaïm-Sophim, de la montagne d'Ephraïm, nommé Elcana, fils de Jéroham, fils d'Eliu, fils de Thohu, fils de Suph, Ephratéen. Il avait deux femmes, dont l'une s'appelait Anne, et l'autre Phénenna ; et Phénenna avait des enfants, mais Anne était sans enfants. Cet homme montait de sa ville, chaque année, pour adorer Yahweh des armées et lui offrir des sacrifices à Silo. Là étaient les deux fils d'Héli, Ophni et Phinées, prêtres de Yahweh. Le jour où Elcana offrait son sacrifice, il donnait des portions de la victime à Phénenna, sa femme, et à tous ses fils et à toutes ses filles ; et il donnait à Anne une double portion, car il aimait Anne, et Yahweh l'avait rendue stérile. Sa rivale l'affligeait encore extrêmement, afin de l'aigrir de ce que Yahweh l'avait rendue stérile. Et chaque année Elcana faisait ainsi, toutes les fois qu'elle montait à la maison de Yahweh, et Phénenna la mortifiait de la même manière. Alors elle pleurait et ne mangeait point. Elcana, son mari, lui disait : « Anne, pourquoi pleures-tu et ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il triste ? Est-ce que je ne suis pas pour toi mieux que dix fils ? »
Anne se leva, après qu'on eut mangé et bu à Silo. — Héli, le grand prêtre, était assis sur un siège devant un des poteaux du temple de Yahweh. — L'âme pleine d'amertume, elle pria Yahweh et versa beaucoup de larmes ; et elle fit un vœu, en disant : « Yahweh des armées, si vous daignez regarder l'affliction de votre servante, si vous vous souvenez de moi et n'oubliez point votre servante, et si vous donnez à votre servante un enfant mâle, je le donnerai à Yahweh pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête. » Comme elle restait longtemps en prière devant Yahweh, Héli observa sa bouche. Anne parlait en son cœur et remuait seulement les lèvres, sans que sa voix se fit entendre. Héli pensa donc qu'elle était ivre, et il lui dit : « Jusques à quand seras-tu dans l'ivresse ? Fais passer ton vin. » Anne répondit : « Non, mon seigneur je suis une femme affligée dans son cœur ; je n'ai bu ni vin ni boisson enivrante, mais j'épanchais mon âme devant Yahweh. Ne prends pas ta servante pour une femme de Bélial, car c'est dans l'excès de ma peine et de ma douleur que j'ai parlé jusqu'ici. » Héli reprit la parole et lui dit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée ! » Elle dit : « Que ta servante trouve grâce à tes yeux ! » Et cette femme alla son chemin ; elle mangea, et son visage n'était plus le même. Ils se levèrent de bon matin et, s'étant prosternés devant Yahweh, ils s'en retournèrent et revinrent dans leur maison à Rama. Elcana connut Anne, sa femme, et Yahweh se souvint d'elle. Après le temps révolu, Anne ayant conçu, enfanta un fils, qu'elle nomma Samuel, « car, dit-elle, je l'ai demandé à Yahweh. »