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La Vierge Marie et les animaux

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EMV 7.5 · Tome 1, p. 58-59

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Je voudrais même pécher, pécher beaucoup, si je n’avais pas peur d’offenser le Seigneur... Dis-moi, maman : peut-on être pécheur par amour pour Dieu ?

– Mais que dis-tu là, mon trésor ? Je ne te comprends pas.

– Voici ce que je pense : pécher pour pouvoir être aimée de Dieu qui devient Sauveur. On sauve ce qui est perdu, n’est-ce pas ? Je voudrais être sauvée par le Sauveur pour qu’il me regarde avec amour. C’est pour ça que je voudrais pécher, mais sans faire de péché qui le dégoûte. Comment peut-il me sauver si je ne me perds pas ? »

Anne est abasourdie. Elle ne sait plus quoi dire.

Mais Joachim vient à son secours. Comme il marchait sur l’herbe, il s’est approché sans faire de bruit derrière la haie de ceps bas.

« Il t’a sauvée d’avance, parce qu’il sait que tu l’aimes et que tu ne veux aimer que lui. C’est pourquoi tu es déjà rachetée, et tu peux rester vierge comme tu le désires, déclare-t-il.

– Vraiment, papa ? »

Marie se serre contre ses genoux et le regarde avec des yeux semblables à de claires étoiles qui ressemblent tellement à ceux de son père et expriment un tel bonheur devant l’espoir qu’il lui donne.

« C’est vrai, mon petit amour. Regarde : je t’apportais ce petit passereau qui a fait son premier vol près de la fontaine. J’aurais pu le laisser partir, mais ses faibles ailes et ses pattes trop grêles n’avaient pas assez de force pour le soulever à nouveau et le retenir sur les pierres glissantes et pleines de mousse. Il serait tombé dans l’eau. Je n’ai pas attendu que cela arrive. Je l’ai pris et je te le donne. Tu en feras ce que tu voudras. Le fait est qu’il a été sauvé avant d’encourir le danger. C’est aussi ce que Dieu a fait avec toi. Maintenant, dis-moi, Marie, ai-je aimé davantage le passereau en le sauvant d’avance, ou l’aurais-je plus aimé en le sauvant après la chute ?

– C’est maintenant que tu l’as le plus aimé, puisque tu n’as pas permis qu’il se fasse mal dans l’eau glacée.

– Eh bien ! Dieu t’a aimée davantage, puisqu’il t’a sauvée avant que tu ne pèches.

– Dans ce cas, je l’aimerai de toutes mes forces. De toutes mes forces. Joli petit oiseau, je suis comme toi. Le Seigneur nous a aimés pareillement, en nous accordant le salut... Je vais te soigner, puis je te laisserai partir. Tu chanteras les louanges de Dieu dans les bois et moi au Temple. Nous dirons : “ Envoie, envoie celui que tu as promis à ceux qui l’attendent. ” »

Détail

Marie enfant a décidé d'être vierge par amour de Dieu, et elle espère être la servante de la Mère de Dieu. Puis elle ajoute :

Annotation

Peut-on être pécheur par amour pour Dieu ? (...) Comment peut-il me sauver si je ne me perds pas ?

Ce rapport paradoxal entre le péché et l’amour reconnaissant pour le Rédempteur, se trouve dans l’Exultet de Pâques : Bienheureuse faute de l’homme, qui valut au monde en détresse le seul Sauveur !

Saint Paul cultive aussi ce paradoxe par amour pour ses frères : Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ (Romains 9,3).

Jésus reparle lui-même de cet épisode dans l'EMV 196.

EMV 19.2 · Tome 1, p. 128-129

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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19.2 Ils ferment la porte de la maison et se mettent en route. C’est le point du jour, car je vois l’aurore rosir à peine à l’orient. Nazareth dort encore. Les deux voyageurs matinaux ren­contrent seulement un gardien de troupeaux qui pousse devant lui ses brebis bêlantes qui trottinent l’une contre l’autre, encastrées les unes dans les autres comme autant de coins. Plus que les autres, les agneaux bêlent d’une voix aiguë et fine ; même en marchant, ils voudraient chercher la mamelle de leur mère. Mais les mères se hâtent vers le pâturage et les invitent à trotter eux aussi, en dépit de leurs bêlements plus pitoyables.

Marie regarde et sourit ; comme elle s’est arrêtée pour laisser passer le troupeau, elle se penche sur sa selle et caresse les douces bêtes, qui passent en frôlant son âne. Quand le berger, un agneau tout juste né dans les bras, arrive et s’arrête pour les saluer, la jeune femme rit en caressant le museau rose du petit agneau qui bêle désespérément. Elle dit :

« Il cherche sa mère. Voilà ta maman, elle ne t’abandonne pas, non, mon petit. »

Et de fait, la brebis se frotte contre le berger et se dresse pour lécher son nouveau-né sur le museau.

Le troupeau passe, faisant un bruit de pluie sur les frondaisons, et laisse derrière lui la poussière soulevée par tous les petits sabots qui se pressent ainsi qu’une vraie broderie de pas sur la terre du chemin.

EMV 22.5 · Tome 1, p. 143-144

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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22.5 Marie la caresse, la console et l’invite, pour la distraire, à sortir un peu dans le jardin ensoleillé.

Elles se rendent sous une tonnelle bien entretenue jusqu’à une petite tour sans prétention, dans les trous de laquelle nichent les co­lombes.

Marie jette des graines en riant car les colombes se préci­pitent sur elle en roucoulant, et en décrivant de grands cercles aux reflets irisés. Elles se posent sur sa tête, sur ses épaules, sur ses bras et ses mains, allongent leurs becs de corail pour attraper les graines dans le creux de ses mains, becquetant avec grâce les lèvres roses de la Vierge et ses dents qui brillent au soleil. Marie puise le grain blond d’un sac et rit au milieu de cette joute d’avidité envahissante.

« Comme elles t’aiment, dit Elisabeth. Cela fait à peine quelques jours que tu es parmi nous, et elles t’aiment plus que moi, qui m’en suis toujours occupée. »

La promenade se poursuit jusqu’à un enclos, au fond du verger, où se trouve une vingtaine de chèvres accompagnées de leurs chevreaux.

« Tu reviens du pâturage ? demande Marie à un petit berger à qui elle fait une caresse.

– Oui, parce que mon père m’a dit : “ Rentre à la maison, car il va bientôt pleuvoir et il y a des bêtes qui vont mettre bas. Veille à ce qu’elles aient de l’herbe sèche et une litière toute prête. ” Le voilà qui arrive. » Il indique le bois, d’où vient un bêlement tremblotant.

Marie caresse un chevreau blond comme un enfant qui vient se frotter contre elle, puis Elisabeth et elle boivent du lait tout frais tiré que le jeune berger leur offre.

Le troupeau arrive, mené par un berger hirsute comme un ours. Mais ce doit être un homme bon, car il porte sur les é­paules une brebis qui gémit. Il la pose délicatement par terre et ex­plique :

« Elle va agneler. Elle avait du mal à marcher. Je l’ai prise sur mes épaules. J’ai dû faire vite pour arriver à temps. »

La brebis, qui boite douloureusement, est menée au bercail par l’enfant.

Marie s’est assise sur une pierre ; elle joue avec les chevreaux et les agneaux et présente des fleurs de trèfle à leurs museaux roses. Un chevreau noir et blanc lui met les pattes sur les épaules et flaire ses cheveux.

« Ce n’est pas du pain, dit Marie en riant. Demain, je t’en apporterai un croûton. Maintenant, tiens-toi tranquille. »

Elisabeth, rassérénée, rit elle aussi.

Détail

Elisabeth n'est pas sereine à cause de sa maternité tardive. Pour lui changer les idées, Marie lui propose d'aller un peu dehors.

EMV 90.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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90.1 Je vois Marie qui, déchaussée et vive, va et vient dans la petite maison aux premières heures du jour. Dans son vêtement d’un bleu tendre, on dirait un gentil papillon qui effleure sans bruit murs et objets. Elle s’approche de la porte qui donne sur la route, l’ouvre en veillant à ne pas faire de bruit, puis la laisse entrouverte après avoir donné un coup oeil sur le chemin encore désert. Elle remet de l’ordre, ouvre portes et fenêtres, entre dans l’atelier désormais abandonné par Joseph le menuisier et où se trouvent les métiers de Marie. Là aussi, elle s’active. Elle recouvre avec soin une toile en cours de tissage et sourit à une de ses pensées en la regardant.

Elle sort dans le jardin. Les colombes s’assemblent sur ses épaules. Elles volettent d’une épaule à l’autre pour avoir la meil­leure place, querelleuses et jalouses par amour de leur maîtresse, et elles l’accompagnent jusqu’à une cabane où se trouvent les provisions. Elle y prend du grain pour elles et dit :

« Ici, aujourd’hui c’est ici. Ne faites pas de bruit. Il est si fatigué ! »

Puis elle mesure de la farine et va dans une petite pièce près du four. Elle se met à faire le pain et le pétrit, le sourire aux lèvres. Ah, comme elle sourit, aujourd’hui, la Vierge ! On dirait la toute jeune Mère de la Nativité, tellement la joie la rajeunit. Elle enlève un peu de pâte qu’elle met de côté en la couvrant, puis reprend son travail ; cela lui donne chaud ; ses cheveux sont devenus plus clairs à cause d’une mince couche de farine.

Détail

Jésus est présent à Nazareth et a dormi chez lui.