– (...) J’appartiens au Christ. Celui qui s’en approche, à moins d’être une vipère, ne peut que l’aimer et ne désire plus que lui.
– Il ne viendra plus ici ? demande Nicodème.
– Bien sûr que si, il reviendra. Mais pas maintenant.
– Je voudrais l’entendre.
– Il a déjà parlé ici, Nicodème.
– Je le sais. J’étais avec Gamaliel... je l’ai vu... mais je ne me suis pas arrêté.
– Nicodème, qu’a dit Gamaliel ?
– Il a dit : “ C’est quelque nouveau prophète. ” Rien d’autre.
– Et tu ne lui as pas rapporté ce que, moi, je t’ai dit, Joseph ? Tu es son ami...
– Je l’ai fait, mais il m’a répondu : “ Nous avons déjà Jean-Baptiste et, selon l’enseignement des scribes, il doit se passer au moins cent ans entre lui et le Messie pour préparer le peuple à la venue du Roi. Moi, je dis qu’il en faut moins, a-t-il ajouté, car les temps sont désormais accomplis. ” Et il a dit enfin : “ Cependant, je ne peux admettre que le Messie se manifeste ainsi... Un jour, j’ai cru que la manifestation du Messie était commencée parce que sa première lueur avait été vraiment un éclair céleste. Mais après... il s’est fait un grand silence et je pense m’être trompé. ”
– Essaie d’en parler encore. Si Gamaliel était avec nous, et vous avec lui...
– Je ne vous le conseille pas, objecte l’un des trois inconnus. Le Sanhédrin est puissant et Hanne le domine avec ruse et avidité. Si ton Messie veut vivre, je lui conseille de rester dans l’ombre. A moins qu’il ne s’impose par la force. Mais dans ce cas, il y a Rome...
– Si le Sanhédrin l’entendait, il se convertirait au Christ.
– Ha, ha, ha ! S’exclament en riant les trois inconnus. Judas, nous te croyions changé, mais encore intelligent. Si ce que tu dis de lui est vrai, comment peux-tu penser que le Sanhédrin le suive ? Viens, viens. Joseph ! Cela vaut mieux pour tous. Que Dieu te protège, Judas, tu en as besoin. »
Et ils s’en vont. Judas reste seul avec Nicodème.