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La Sainte Famille

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EMV 18.7 · Tome 1, p. 126

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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18.7 Marie dit :

« Ma chère fille, à la fin de l’extase qui m’avait comblée d’une joie inexprimable, j’ai retrouvé mes sens de la terre ; la première pensée, perçante comme une épine de rose, qui a traversé mon coeur entouré des roses de l’Amour divin devenu mon époux depuis quelques instants, fut la pensée de Joseph.

Je l’aimais désormais, mon saint et prévenant gardien. Depuis le moment où la volonté de Dieu, par l’intermédiaire de la parole de son prêtre, avait voulu que je devienne l’épouse de Joseph, j’avais pu connaître et apprécier la sainteté de ce juste. A ses côtés, j’avais senti disparaître mon désarroi d’orpheline et je n’avais plus regretté l’asile du Temple que j’avais perdu. Il avait pour moi la douceur de mon père disparu. Je me sentais autant en sécurité près de lui qu’auprès du prêtre. Toute hésitation avait disparu, et pas cela seulement : elle s’était tellement éloignée de mon coeur de vierge que je l’avais même oubliée. J’avais compris qu’aucune hésitation, aucune crainte ne se justifiait à l’égard de Joseph. La virginité que j’avais confiée à Joseph était plus en sécurité qu’un enfant dans les bras de sa mère.

EMV 18.8-10 · Tome 1, p. 127-128

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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18.8 Mais comment lui apprendre que j’allais être mère ? Je cherchais les mots pour le lui annoncer... difficile recherche ! Je ne voulais pas me flatter du don de Dieu, et je ne pouvais en aucune façon justifier ma maternité sans préciser : “ Le Seigneur m’a aimée entre toutes les femmes et de moi, sa servante, il a fait son épouse. ” Par ailleurs, je me refusais à le tromper en lui dissimulant mon état.

Mais, pendant que je priais, l’Esprit Saint dont j’étais remplie m’avait conseillé : “ Tais-toi. Laisse-moi le soin de te justifier auprès de ton époux. ” Quand ? Comment ? Je ne l’avais pas demandé. Je m’étais toujours fiée à Dieu comme une fleur se fie à l’eau qui l’abreuve. Jamais l’Eternel ne m’avait laissée sans son aide. Sa main m’avait soutenue, protégée, guidée jusqu’alors. Il allait encore le faire.

18.9 Ma fille, comme elle est belle et réconfortante, la foi en notre bon Dieu éternel ! Il nous prend dans ses bras comme en un berceau, nous porte comme une barque au port lumineux du Bien, nous réchauffe le coeur, nous console, nous nourrit, nous procure repos, joie et lumière, et il nous guide. La confiance en Dieu, c’est tout, et Dieu donne tout à ceux qui mettent en lui leur confiance. Il se donne lui-même.

Ce soir-là, j’ai porté ma confiance de créature à la perfection. Je pouvais désormais le faire, puisque Dieu était en moi. J’avais d’abord eu la confiance de la pauvre créature que j’étais : toujours moins que rien, même si j’étais celle qui est aimée au point d’être l’Immaculée. Mais j’avais maintenant une confiance di­vine, car Dieu était à moi : mon Epoux, mon Fils ! Quelle joie ! Etre unie à Dieu ! Non pas pour ma gloire, mais pour l’aimer dans une union totale, et pouvoir lui dire : “ Toi, toi seul qui es en moi, agis avec ta divine perfection en tout ce que je fais. ”

S’il ne m’avait pas dit : “ Tais-toi ”, j’aurais peut-être osé, face contre terre, annoncer à Joseph : “ L’Esprit est entré en moi et je porte en moi le Germe de Dieu. ” Et il m’aurait cru, parce qu’il m’estime et parce que, comme tous ceux qui ne mentent jamais, il ne pouvait croire que les autres mentent. Oui, pour lui épargner la douleur à venir, j’aurais surmonté ma répugnance à m’attribuer une telle louange. Mais j’ai obéi au commandement de Dieu.

A partir de ce moment et des mois durant, j’ai senti la pre­mière blessure me faire saigner le coeur. C’était ma première douleur de corédemptrice. Je l’ai supportée et offerte en réparation, et aussi pour vous donner une règle de vie dans des moments analogues de souffrance lorsque vous devez garder le silence sur un événement qui vous montre sous un jour défavorable à ceux qui vous aiment.

18.10 Remettez à Dieu la garde de votre bonne réputation et des affections qui vous tiennent à coeur. Méritez par une vie sainte la protection de Dieu, et avancez tranquillement. Même si le monde entier était contre vous, lui vous défendrait auprès de ceux qui vous aiment et fera jaillir la vérité.

Maintenant, ma fille, repose-toi. Et sois toujours davantage ma fille. »

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Marie a vécu l'Annonciation et parle de saint Joseph.

EMV 19 · Tome 1, p. 128-130

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : Marie et Joseph se rendent à Jérusalem.

Date de la vision : Lundi 27 mars 1944

Calendrier : Mardi 19 mars de l'an -5

Lieux (carte) : Départ de Nazareth et route vers Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Joseph et Marie se mettent en route vers Jérusalem. Ils partent de Nazareth avec deux ânes. Joseph a apporté une sorte de porte-bagage et Marie le remercie pour cette prévoyance. Ils se mettent ensuite en route, alors que l'aurore pointe à peine. Les deux voyageurs rencontrent alors un berger qui mène son troupeau : il a dans ses bras un agneau tout juste né, qui pleure après sa maman, mais celle-ci suit attentivement son bébé. Le troupeau passe, et Joseph et Marie reprennent la route. Arrivés en pleine campagne, ils parlent peu. Les rues sont plus fréquentées à l'approche de hameaux, mais les époux ne font pas attention à ceux qu'ils rencontrent. Ils s'arrêtent juste lors d'une grande averse, qui se change en pluie fine. Joseph, attentionné, prend garde à ce que Marie ne prenne pas froid. Puis, ils continuent leur périple.

Contenu du chapitre : 19.1 : Joseph vient prendre Marie avec deux ânes gris. 19.2 : Rencontre au petit matin d'un troupeau de brebis et d'un agneau. 19.3 : Cheminement tranquille sur des routes plus fréquentées et arrêt pour s’abriter d’un orage.

EMV 19.1-3 · Tome 1, p. 128-129

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19.1 J’assiste au départ de Marie, qui se rend chez Elisabeth.

Joseph est venu prendre Marie avec deux ânes gris : un pour lui, l’autre pour Marie. Les deux animaux ont la selle habi­tuelle, mais à l’une s’ajoute un curieux dispositif dont je comprends ensuite qu’il est destiné à porter la charge : c’est une espèce de porte-bagages sur lequel Joseph dispose un petit coffre de bois – une petite malle, dirions-nous aujourd’hui – qu’il a apporté à Marie pour qu’elle y mette ses vêtements à l’abri de la pluie.

J’entends Marie remercier vivement Joseph pour son cadeau prévoyant, dans lequel elle dispose ce qu’elle enlève d’un paquet qu’elle avait déjà préparé.

19.2 Ils ferment la porte de la maison et se mettent en route. C’est le point du jour, car je vois l’aurore rosir à peine à l’orient. Nazareth dort encore. Les deux voyageurs matinaux ren­contrent seulement un gardien de troupeaux qui pousse devant lui ses brebis bêlantes qui trottinent l’une contre l’autre, encastrées les unes dans les autres comme autant de coins. Plus que les autres, les agneaux bêlent d’une voix aiguë et fine ; même en marchant, ils voudraient chercher la mamelle de leur mère. Mais les mères se hâtent vers le pâturage et les invitent à trotter eux aussi, en dépit de leurs bêlements plus pitoyables.

Marie regarde et sourit ; comme elle s’est arrêtée pour laisser passer le troupeau, elle se penche sur sa selle et caresse les douces bêtes, qui passent en frôlant son âne. Quand le berger, un agneau tout juste né dans les bras, arrive et s’arrête pour les saluer, la jeune femme rit en caressant le museau rose du petit agneau qui bêle désespérément. Elle dit :

« Il cherche sa mère. Voilà ta maman, elle ne t’abandonne pas, non, mon petit. »

Et de fait, la brebis se frotte contre le berger et se dresse pour lécher son nouveau-né sur le museau.

Le troupeau passe, faisant un bruit de pluie sur les frondaisons, et laisse derrière lui la poussière soulevée par tous les petits sabots qui se pressent ainsi qu’une vraie broderie de pas sur la terre du chemin.

Joseph et Marie se remettent en route. Joseph porte son grand manteau, Marie est emmitouflée dans une sorte de châle à rayures, car la matinée est très fraîche.

Ils sont maintenant en pleine campagne et cheminent côte à côte. Ils parlent peu. Joseph pense à ses affaires ; Marie suit avec recueillement le cours de ses pensées, elle leur sourit et sourit à ce qu’elle voit lorsque, sortant un peu de sa concentration, elle regarde autour d’elle. De temps à autre, elle tourne les yeux vers Joseph, et un voile de tristesse lui assombrit le visage. Puis le sourire lui revient à la vue de son époux si attentif, qui parle peu et n’ouvre la bouche que pour lui demander si elle est à l’aise et n’a besoin de rien.

19.3 Les routes sont maintenant fréquentées par d’autres personnes, en particulier aux abords ou à l’intérieur des villages. Mais ils n’accordent tous deux aucune attention à ceux qu’ils rencontrent. Ils avancent sur leurs ânes qui trottent avec un grand bruit de grelots, et ne s’arrêtent qu’une fois, à l’ombre d’un bosquet, pour manger un peu de pain avec des olives, et boire à une source qui descend d’une petite grotte. Ils doivent s’arrêter une seconde fois pour se mettre à l’abri d’une violente averse qui s’abat à l’improviste d’un gros nuage noir.

Ils se sont mis à l’abri de la colline, sous la saillie d’un rocher qui les protège du plus gros de la pluie. Mais Joseph veut absolument que Marie enfile son gros manteau de laine imperméable, sur lequel l’eau glisse sans mouiller, et Marie doit céder à l’insistance prévenante de son époux. Pour la rassurer sur son sort, il se pose sur la tête une petite couverture en laine grise qui était sur la selle, la couverture de l’âne probablement. Le capuchon qui encadre le visage de Marie et son manteau marron fermé au cou qui la couvre entièrement lui donnent l’air d’un religieux.

L’averse se calme, mais fait place à une pluie fine bien ennuyeuse. Ils repartent donc sur un chemin devenu très boueux. Mais c’est le printemps et après quelque temps le soleil revient, rendant le chemin plus agréable. Les deux ânes trottinent plus allègrement sur la route.

Je ne vois rien de plus car la vision s’arrête là.

Annotation

Luc 1, 39 : En ce jour-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

EMV 19.2 · Tome 1, p. 128-129

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Ils sont maintenant en pleine campagne et cheminent côte à côte. Ils parlent peu. Joseph pense à ses affaires ; Marie suit avec recueillement le cours de ses pensées, elle leur sourit et sourit à ce qu’elle voit lorsque, sortant un peu de sa concentration, elle regarde autour d’elle. De temps à autre, elle tourne les yeux vers Joseph, et un voile de tristesse lui assombrit le visage. Puis le sourire lui revient à la vue de son époux si attentif, qui parle peu et n’ouvre la bouche que pour lui demander si elle est à l’aise et n’a besoin de rien.

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Joseph et Marie se mettent en route vers Jérusalem. Joseph ne connait pas la maternité de Marie.

EMV 20 · Tome 1, p. 130-134

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Titre du chapitre : Départ de Jérusalem. L’aspect béatifique de Marie. Importance de la prière pour Marie et Joseph.

Date de la vision : Mardi 28 mars 1944

Calendrier : Dimanche 24 mars de l'an -5

Lieux (carte) : De Jérusalem à Hébron

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Joseph et Marie arrivent à Jérusalem. Ils se dirigent vers le Temple et s'arrêtent à une écurie où Joseph a laissé sa monture lors de la Présentation au Temple. Ils vont ensuite chez des connaissances où ils se restaurent. Marie se repose un peu et Joseph revient avec un vieillard qui prend la même route qu'elle. Elle ne devra donc faire que peu de chemin toute seule. Ils vont ensemble jusqu'à une autre porte de la Ville Sainte, puis les deux époux se quittent. Le vieillard est très bavard et Marie répond patiemment. Quand il se tait, elle se recueille dans la prière.

Maria décrit ensuite la Vierge telle qu'elle la voix dans sa chambre : elle l'aperçoit avec son corps glorifié. La Pleine de Grâce est très belle. Cette dernière donne pour finir une dictée et attire l'attention sur la prière ardente de Joseph et de Marie. Elle invite l'âme à ne jamais se dépouiller de la protection de la prière. Elle nous enjoint à invoquer le nom du Seigneur, même si nous sommes imparfaits, à l'appeler pour qu'il nous communique sa sainteté. Nous nous devons d'imiter les gens, qui chantent sans fin le Sanctus.

Contenu du chapitre : 20.1 : Joseph présente à Marie un compagnon de voyage. 20.2 : Le vieux bavard, finit par somnoler. Marie prie. 20.3 : Maria Valtorta s’attarde à contempler la chaste Marie. 20.4 : Contraste avec les heures tragiques de la Passion. 20.5 : La présence donne une grande paix. Maria Valtorta se souvient des souffrances de Jésus au Gethsémani. 20.6 : Marie et Joseph donnent toujours la première place à la prière. 20.7 : Dans la faiblesse ou la sainteté, invoquez toujours la sainteté du Seigneur. 20.8 : La prière vivante a sa source dans l’amour et la souffrance unie à celle de Marie et de Jésus.

EMV 20.1-2 · Tome 1, p. 130-131

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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20.1 Nous sommes à Jérusalem. Je la reconnais bien, maintenant, avec ses rues et ses portes.

Les deux époux commencent par se diriger vers le Temple. Je reconnais l’écurie où Joseph avait laissé sa monture le jour de la présentation au Temple. Cette fois encore, il laisse là ses ânes après les avoir fait paître, puis il va adorer le Seigneur avec Marie.

Quand ils en sortent, Marie et Joseph se rendent chez des connaissances, à ce qu’il me semble. Là, ils se restaurent et Marie prend quelque repos jusqu’à ce que Joseph revienne avec un petit vieillard.

« Cet homme suit la même route que toi. Il te restera bien peu de chemin à faire toute seule pour parvenir chez ta parente. Aie confiance en lui, je le connais. »

20.2 Ils remontent sur les ânes, et Joseph accompagne Marie jusqu’à la Porte (une autre que celle par laquelle ils sont entrés). Là, ils se saluent, puis Marie part seule avec le vieil homme, qui parle autant que Joseph était silencieux et s’intéresse à mille choses. Marie répond patiemment.

Elle a maintenant, devant la selle, le coffret que portait jusque là l’âne de Joseph, et n’a plus le manteau. Elle ne porte même plus son châle, qui est plié dans le coffre. Elle est bien belle dans sa robe bleu foncé, avec son voile blanc qui la protège du soleil. Comme elle est gracieuse !

Le vieil homme doit être un peu sourd, car Marie doit parler très fort pour se faire entendre, elle qui parle toujours à mi-voix. Mais il s’est fatigué, il a épuisé tout son répertoire de questions et de nouvelles et somnole sur sa selle en se laissant guider par son âne qui connaît bien le chemin.

Marie profite de cette trêve pour se recueillir dans ses pensées et prier. Ce doit être une prière qu’elle chante à voix basse, les yeux tournés vers le ciel bleu, les bras sur la poitrine. Sous l’effet de quelque émotion intérieure, son visage s’illumine, on y lit le bonheur.

Je ne vois rien de plus.

EMV 20.1-2 · Tome 1, p. 130-131

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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20.1 Nous sommes à Jérusalem. Je la reconnais bien, maintenant, avec ses rues et ses portes.

Les deux époux commencent par se diriger vers le Temple. Je reconnais l’écurie où Joseph avait laissé sa monture le jour de la présentation au Temple. Cette fois encore, il laisse là ses ânes après les avoir fait paître, puis il va adorer le Seigneur avec Marie.

Quand ils en sortent, Marie et Joseph se rendent chez des connaissances, à ce qu’il me semble. Là, ils se restaurent et Marie prend quelque repos jusqu’à ce que Joseph revienne avec un petit vieillard.

« Cet homme suit la même route que toi. Il te restera bien peu de chemin à faire toute seule pour parvenir chez ta parente. Aie confiance en lui, je le connais. »

20.2 Ils remontent sur les ânes, et Joseph accompagne Marie jusqu’à la Porte (une autre que celle par laquelle ils sont entrés). Là, ils se saluent, puis Marie part seule avec le vieil homme, qui parle autant que Joseph était silencieux et s’intéresse à mille choses. Marie répond patiemment.

EMV 20.3-5 · Tome 1, p. 131-132

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20.3 Maintenant que ma vision s’est arrêtée, je reste comme hier en présence de la Mère, visible à ma vue intérieure avec une telle netteté que je peux en faire le portrait : le rose pâle de ses joues, assez pleines, mais d’une douce délicatesse, le rouge vif de sa petite bouche et l’éclat doux de ses yeux bleus sous le blond foncé des cils.

Je puis vous dire comment ses cheveux, séparés en deux au sommet de la tête, descendent agréablement en trois ondulations de chaque côté, jusqu’à lui couvrir à demi ses petites oreilles roses, et comment leur or clair pâle et lumineux disparaît derrière le voile qui lui couvre la tête. (Je la vois en effet portant une robe de soie paradisiaque, et, rabattu sur la tête, son manteau, léger comme un voile et pourtant opaque, de la même étoffe que la robe).

Je puis vous dire que sa robe est serrée au cou par une gaine où coulisse un cordon dont les bouts sont noués sur le devant à la base du cou, et qu’elle est serrée à la taille par un plus gros cordon, lui aussi de soie blanche, qui descend avec deux pompons sur le côté.

Je peux même vous préciser que sa robe, ainsi serrée au cou et à la taille, forme sur sa poitrine sept plis arrondis et souples : c’est le seul et unique ornement de son habit très chaste.

Je peux vous parler de l’impression de pudeur qui se dégage de l’aspect de Marie comme de ses formes si délicates et harmonieuses, faisant d’elle une femme qui a l’air d’un ange.

20.4 Plus je la regarde, plus je souffre en pensant à quel point on l’a fait souffrir, et je me demande comment on a pu ne pas avoir pitié d’elle, alors qu’elle est si douce, si gracieuse, si délicate, même physiquement. Je la regarde, et j’entends les hurlements du Calvaire – contre elle aussi –, les railleries et les plaisanteries, toutes ces malédictions qu’on lui a lancées sous prétexte qu’elle était la mère du Condamné. Je la vois belle et sereine, maintenant. Mais son aspect actuel ne saurait effacer le souvenir de son visage tragique en ces heures d’agonie et de désolation, dans la maison de Jérusalem après la mort de Jésus. Je voudrais pouvoir la caresser, l’embrasser sur ses joues d’un rose si délicat pour effacer par mon baiser le souvenir de ces larmes, demeuré en moi, comme en elle, c’est certain.

20.5 Vous ne pouvez imaginer quelle paix sa présence à mes côtés me donne ! Je pense que mourir en la voyant doit être doux, autant et même plus que la plus douce heure de la vie. Ces derniers temps, je ne la voyais pas comme ça, tout entière pour moi, et j’ai souffert de son absence comme de l’absence d’une maman. Mais maintenant, j’éprouve de nouveau la joie indicible qui m’a accompagnée en décembre et jusqu’aux premiers jours de janvier. Et je suis heureuse, heureuse en dépit du voile de douleur que la vision des déchirements de la Passion jette sur mon bonheur.

Il n’est guère facile de décrire et de faire comprendre ce que j’éprouve et ce qui s’est passé depuis le 11 février, depuis ce soir où j’ai vu Jésus souffrir sa Passion. C’est un spectacle qui m’a changée du tout au tout. Que je meure maintenant ou dans cent ans, cette vision gardera toujours la même intensité et les mêmes effets sur moi. Avant, je pensais aux douleurs du Christ. Maintenant, je les vis, car il me suffit d’un mot, d’un coup d’oeil sur une image pour souffrir de nouveau tout ce que j’ai enduré ce soir-là, être remplie d’horreur à la vue de ses supplices et être prise par l’angoisse devant sa souffrance désolée ; même si rien ne le rappelle, ce souvenir m’étreint le coeur.

Mais Marie commence à parler, et je me tais.

Détail

Description physique de Marie avec son corps glorifié. Considérations de Maria sur sa beauté et sur ce que la Pleine de Grâce a vécu au Calvaire.

EMV 20.5 · Tome 1, p. 132

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Vous ne pouvez imaginer quelle paix sa présence à mes côtés me donne ! Je pense que mourir en la voyant doit être doux, autant et même plus que la plus douce heure de la vie.

Détail

Maria Valtorta parle de Marie et dit :