EMV 65.2-3 · Tome 1
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
65.2 Jésus dit à Simon :
« Appelle les deux autres. Nous allons sur le lac jeter le filet.
– Maître, j’ai les bras rompus d’avoir jeté et relevé le filet toute la nuit, et pour rien. Le poisson est tout au fond, qui sait où.
– Fais ce que je te dis, Pierre. Ecoute toujours celui qui t’aime.
– Je ferai ce que tu dis par respect pour ta parole. »
Il appelle à haute voix les employés, ainsi que Jacques et Jean.
« Nous sortons pêcher. C’est le Maître qui le veut. »
Et pendant qu’ils s’éloignent, il dit à Jésus :
« Pourtant, Maître, je t’assure que ce n’est pas l’heure favorable. A cette heure-ci, qui sait où les poissons se reposent !... »
Jésus assis à la proue sourit et se tait.
Ils font un arc de cercle sur le lac puis jettent le filet. Après quelques minutes d’attente, la barque est secouée étrangement, étant donné que, sous le soleil déjà haut sur l’horizon, le lac est lisse comme du verre fondu.
« Mais ce sont les poissons, Maître ! » dit Pierre, les yeux écarquillés.
Jésus sourit et se tait.
« Hissez ! Hissez ! » ordonne Pierre aux employés. Mais la barque penche du côté du filet. « Ohé ! Jacques ! Jean ! Vite ! Venez ! Avec les rames ! Vite ! »
Ils accourent et les efforts réunis des deux équipages parviennent à hisser le filet sans abîmer leur prise.
Les barques accostent. Elles sont vraiment l’une contre l’autre. Un panier, deux, cinq, dix. Ils sont tous remplis d’une prise stupéfiante et d’innombrables poissons frétillent encore dans le filet : c’est de l’argent et du bronze vivants qui s’agitent pour échapper à la mort. Il n’y a donc plus qu’une solution : renverser ce qui reste dans le filet au fond de la barque. On le fait et c’est alors tout un frémissement de vies qui agonisent. Les équipages ont les pieds dans cette surabondance jusqu’au-dessus de la cheville, et les barques s’enfoncent au-delà de la ligne de flottaison à cause de la charge excessive.
« A terre ! Virez ! Faites force de voiles ! Attention au fond ! Préparez les perches pour empêcher le heurt. Il y a trop de poids ! »
65.3 Tant que dure la manoeuvre, Pierre ne réfléchit pas. Mais une fois débarqué, il ouvre les yeux et comprend. Il est tout effrayé.
« Maître Seigneur ! Eloigne-toi de moi ! Je suis un homme pécheur. Je ne suis pas digne d’être auprès de toi ! »
Il est à genoux sur la grève humide.
Jésus le regarde et sourit.
« Lève-toi ! Suis-moi ! Je ne te lâche plus. Désormais tu seras pêcheur d’hommes ainsi que tes compagnons que voici. Ne craignez plus rien. Je vous appelle. Venez !
– Tout de suite, Seigneur. Vous autres, occupez-vous des barques, portez tout à Zébédée et à mon beau-frère. Partons, tous pour toi, Jésus ! Que l’Eternel soit béni pour ce choix. »
Et la vision prend fin