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Personnages riches, influents ou puissants

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EMV 114.3 · Tome 2, p. 250

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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114.3 Ils se trouvent maintenant dans le jardin, près de la maison.

« J’ai retenu Lazare. Il est dans la bibliothèque, occupé à lire un résumé des dernières séances du Sanhédrin. Il ne voulait pas s’arrêter ici car... Je sais que maintenant tu sais... C’est pour cela qu’il ne voulait pas rester. Mais je lui ai dit : “ Non, il n’est pas juste que tu aies honte. Dans ma maison, personne ne te fera injure. Reste. A s’isoler, on reste seul contre tout un monde, et comme le monde est plutôt mauvais que bon, celui qui est seul est abattu et foulé aux pieds. ” Ai-je bien parlé ?

– Tu as bien parlé et bien agi, répond Jésus.

Détail

Jésus est chez Joseph d'Arimathie pour un banquet. Lazare est invité et attend dans la bibliothèque. Il ne voulait pas rester parce que Jésus sait maintenant la vérité sur Marie-Madeleine.

EMV 114.3 · Tome 2, p. 250-251

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Maître, il y aura aujourd’hui Nicodème et... Gamaliel. Est-ce que cela te fait de la peine ?

– Pourquoi devrai-je en souffrir ? Je reconnais sa sagesse.

– Oui, il avait envie de te voir et en même temps... il voulait rester ferme dans ses idées. Tu sais... des idées. Il dit qu’il a déjà vu le Messie et qu’il attend le signe qu’il lui a promis pour sa manifestation. Mais il dit aussi que tu es “ un homme de Dieu ”. Il ne dit pas “ l’Homme ”, mais “ un homme de Dieu ”. Subtilités rabbiniques, n’est-ce pas ? Tu n’en es vraiment pas offensé ? »

Jésus répond :

« Des subtilités, c’est le mot juste. Il faut les laisser faire. Les meilleurs pourront par eux-mêmes élaguer les branches inutiles qui ne donnent que des feuilles et pas de fruit, mais ensuite ils viendront à moi.

– J’ai voulu te rapporter ses propres mots, car il te les dira certainement lui-même. Il est franc, fait remarquer Joseph.

– C’est une vertu rare que j’apprécie beaucoup, répond Jésus.

– Oui. J'ai ajouté : “ Mais en plus du Maître, il y a Lazare de Béthanie. ” J’ai dit cela parce que... eh bien oui, à cause de sa soeur. Mais Gamaliel a répondu : “ Est-elle présente ? Non ? Et alors ? La boue tombe du vêtement qui n’est plus à son contact. Lazare l’a secouée de lui-même. Et je ne suis pas contaminé par son vêtement. Et puis, je pense que si un homme de Dieu va chez lui, je peux le fréquenter moi aussi, qui suis docteur de la Loi. ”

– Gamaliel a un bon jugement. Il est pharisien et docteur jusqu’à la moelle, mais aussi honnête et juste.

– Je suis content de te l’entendre dire.

Détail

Jésus est à un banquet chez Joseph d'Arimathie. Celui-ci lui parle des invités qui seront présents.

EMV 114.4-7 · Tome 2, p. 251-255

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Une fois entrés dans la riche salle où sont dressées les tables, ils n’attendent plus que Gamaliel et Nicodème, car les quatre autres invités sont déjà arrivés. J’entends qu’on les présente sous les noms de Félix, Jean, Simon et Corneille.

Grand branle-bas des serviteurs qui accourent à l’arrivée de Nicodème et de Gamaliel, ce dernier toujours imposant dans son splendide vêtement de neige filée qu’il porte avec la majesté d’un roi. Joseph se précipite à sa rencontre, et leur salutation mutuelle est empreinte d’un respect majestueux. Jésus aussi s’est avancé et s’incline devant le grand rabbin qui lui adresse ce salut : « Que le Seigneur soit avec toi », à quoi Jésus répond : « Et que sa paix te soit toujours une compagne fidèle. » Lazare s’incline lui aussi, et les autres pareillement.

114.5 Gamaliel prend place au centre de la table, entre Jésus et Joseph. Après Jésus se trouve Lazare, après Joseph, Nicodème. Le repas commence par les prières rituelles que Gamaliel récite et après l’échange de politesses des principaux personnages : Jésus, Gamaliel et Joseph.

Gamaliel est très digne, mais sans orgueil. Il écoute plus qu’il ne parle. On se rend compte qu’il réfléchit à chaque parole de Jésus et le regarde souvent de ses yeux profonds, sombres et sévères. Lorsque le sujet est épuisé et que Jésus se tait, c’est Gamaliel qui, par quelque question opportune, ranime la conversation.

Au début, Lazare est un peu confus, mais ensuite il s’enhardit et parle lui aussi.

Il n’y a guère d’allusions directes à la personnalité de Jésus jusque vers la fin du repas. C’est alors que s’allume une discussion entre celui qui s’appelle Félix et Lazare, à laquelle Nicodème s’unit ensuite pour soutenir Lazare, et à la fin celui qui s’appelle Jean, au sujet de la preuve que constituent les miracles, pour ou contre un individu.

Jésus se tait. Il a parfois un mystérieux sourire, mais il ne dit rien. Gamaliel se tait également. Il a le coude appuyé sur le lit et fixe intensément Jésus. Il semble vouloir déchiffrer une parole surnaturelle gravée dans la peau pâle et lisse du visage émacié de Jésus. Il semble en analyser chaque fibre.

114.6 Félix soutient que la sainteté de Jean-Baptiste est incontestable et, de cette sainteté indiscutée et indiscutable, il tire une conséquence qui n’est pas favorable à Jésus de Nazareth, auteur de miracles nombreux et connus. Il dit :

« Le miracle n’est pas une preuve de sainteté, car la vie du prophète Jean en est dépourvue. Or personne, en Israël, ne mène une vie pareille à la sienne. Pour lui, pas de banquets, pas d’amitiés, pas de confort. Pour lui, souffrance et emprisonnement pour l’honneur de la Loi. Pour lui, la solitude. Car, s’il a des disciples, il ne mène pas de vie en commun. Il trouve des fautes même chez les plus honnêtes et tonne contre tout le monde, tandis que... tandis que le Maître de Nazareth ici présent a accompli des miracles, c’est vrai, mais je vois que, lui, il aime ce qu’offre la vie. Il ne dédaigne pas les amitiés et – pardonne si c’est l’un des anciens du Sanhédrin qui te le dit – il donne trop facilement, au nom de Dieu, pardon et amour même aux pécheurs connus et flétris par l’anathème. Tu ne devrais pas le faire, Jésus. »

Jésus sourit, mais garde le silence. C’est Lazare qui répond pour lui :

« Notre puissant Seigneur est libre de diriger ses serviteurs comme et où il le veut. A Moïse, il a accordé le miracle, à Aaron son premier pontife, il ne l’a pas accordé. Et alors, qu’est-ce que tu en conclus ? Le premier est-il plus saint que l’autre ?

– Certainement, répond Félix.

– dans ce cas, le plus saint c’est Jésus qui fait des miracles. »

Félix est désorienté. Mais il se raccroche à un argument :

« Aaron avait déjà reçu le pontificat. Cela lui suffisait.

– Non, mon ami, répond Nicodème. Le pontificat était une mission. Sainte, mais rien de plus qu’une mission. Ce n’est pas toujours que les pontifes d’Israël ont été saints, et ils ne l’ont pas tous été. Et pourtant ils étaient pontifes, même sans être saints.

– Tu ne voudrais pas dire que le grand prêtre est un homme privé de grâce !... s’exclame Félix.

– Félix... n’entrons pas dans ce sujet brûlant. Moi, toi, Gamaliel, Joseph, Nicodème, tous, nous savons tant de choses... dit celui qui s’appelle Jean.

– Mais comment ? comment ? Gamaliel, interviens, donc !... »

Félix est scandalisé.

« S’il est juste, il dira la vérité que tu ne veux pas entendre », disent les trois hommes qui se sont enflammés contre Félix.

Joseph cherche à rétablir le calme. Jésus reste muet ainsi que Thomas, Simon le Zélote et l’autre Simon, l’ami de Joseph. Gamaliel semble jouer avec les franges de son vêtement, mais regarde Jésus par dessous.

« Parle donc, Gamaliel, s’écrie Félix.

– Oui. Parle, parle, insistent les trois autres.

– Moi, je dis : les faiblesses de la famille doivent rester cachées, déclare Gamaliel.

– Ce n’est pas une réponse ! S’écrie Félix. Tu sembles reconnaître qu’il y a des taches dans la maison du Pontife !

– C’est l’expression de la vérité », disent les trois autres.

114.7 Gamaliel se redresse et se tourne vers Jésus :

« Voici le Maître qui éclipse les plus doctes. Qu’il s’exprime, lui, sur ce sujet.

– Puisque tu le veux, j’obéis. Je dis ceci : l’homme, c’est l’homme. La mission dépasse l’homme. Mais l’homme, investi d’une mission, devient capable de l’accomplir au-delà de ses possibilités naturelles quand, par une vie sainte, il a Dieu pour ami. C’est lui qui a dit : “ Tu es prêtre selon l’ordre que j’ai donné. ” Qu’est-ce qui est écrit sur le Rational ? “ Doctrine et Vérité. ” Voilà ce que devraient posséder les pontifes. On accède à la doctrine par une constante méditation tendue vers la connaissance de la sagesse, et à la vérité par une fidélité absolue au bien. Qui pactise avec le mal entre dans le mensonge et perd la vérité.

– Bien ! Tu as répondu comme un grand rabbin. Moi, Gamaliel, je te l’affirme. Tu me dépasses.

– Qu’il explique alors pourquoi Aaron n’a pas fait de miracles et que Moïse en a fait » s’écrie bruyamment Félix.

Jésus répond sans attendre :

« C’est que Moïse devait s’imposer à la masse lourde et peu éclairée, si ce n’est même opposée, des israélites et arriver à avoir de l’ascendant sur eux, de manière à les plier à la volonté de Dieu. L’homme est l’éternel sauvage et l’éternel enfant. Il est frappé par tout ce qui sort de l’ordinaire. Le miracle, c’est ça : une lumière que l’on agite devant des pupilles obscurcies, un bruit près des oreilles bouchées. Il réveille. Il appelle l’attention. Il fait reconnaître : “ Dieu est là. ”

– Tu dis cela à ton avantage, réplique Félix.

– A mon avantage ? Et qu’est-ce que cela me donne de plus quand je fais un miracle ? Puis-je paraître plus grand si je me mets un brin d’herbe sous le pied ? Le rapport est le même entre le miracle et la sainteté. Il y a des saints qui n’ont jamais fait de miracles. Il y a des mages et des nécromanciens qui mettent en oeuvre des forces obscures pour en faire, c’est-à-dire qu’ils font des choses surnaturelles sans être saints et sont, eux, des démons. Je le serais moi-même, même si je ne faisais plus de miracles.

– Très bien ! Tu es grand, Jésus ! Approuve Gamaliel.

– Et qui est, d’après toi, ce “ grand ” ? poursuit Félix en se tournant vers Gamaliel.

– Le plus grand prophète que je connaisse, autant par ses oeuvres que par ses paroles, répond ce dernier.

– C’est le Messie, je te le dis, Gamaliel. Crois en lui, toi qui es sage et juste, dit Joseph.

– Comment ? Toi aussi, qui diriges les juifs, toi, l’Ancien, notre gloire, tu tombes dans cette idolâtrie pour un homme ? Mais qu’est-ce qui te prouve que c’est le Christ ? Pour moi, je ne le croirai pas, même si je le voyais faire des miracles. Mais pourquoi n’en fait-il pas un devant nous ? Demande-le-lui, toi qui le loues ; demande-le-lui, toi qui le défends, dit Félix à Gamaliel et à Joseph.

– Je ne l’ai pas invité pour amuser des amis et je te prie de te souvenir qu’il est mon hôte » répond sèchement Joseph.

Fâché, Félix se lève et s’en va comme un malotru.

Détail

Un banquet chez Joseph d'Arimathie a lieu. Lazare, Gamaliel, Nicodème sont présents.

EMV 114.4 · Tome 2, p. 251

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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114.4 Maître, voici Lazare.

Lazare se penche pour baiser le vêtement de Jésus. Il est heureux d’être avec lui, mais on voit aussi son anxiété manifeste dans l’attente des convives. Je sais évidemment que ce pauvre Lazare doit ajouter, à ses tortures déjà connues des hommes à travers l’histoire, celle ignorée par le plus grand nombre ou à laquelle on réfléchit trop peu : la souffrance morale cette terrible interrogation : « Qu’est-ce qu’un tel va me dire ? Que pense-t-il de moi ? Comment me considère-t-il ? Me blessera-t-il en paroles ou par un regard de mépris ? » C’est l’appréhension que connaissent tous ceux qui ont une tache dans leur famille.

Détail

Jésus est chez Joseph d'Arimathie pour un banquet. Lazare est invité et vient saluer le Maître.

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EMV 114.6-7 · Tome 2, p. 252-255

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114.6 Félix soutient que la sainteté de Jean-Baptiste est incontestable et, de cette sainteté indiscutée et indiscutable, il tire une conséquence qui n’est pas favorable à Jésus de Nazareth, auteur de miracles nombreux et connus. Il dit :

« Le miracle n’est pas une preuve de sainteté, car la vie du prophète Jean en est dépourvue. Or personne, en Israël, ne mène une vie pareille à la sienne. Pour lui, pas de banquets, pas d’amitiés, pas de confort. Pour lui, souffrance et emprisonnement pour l’honneur de la Loi. Pour lui, la solitude. Car, s’il a des disciples, il ne mène pas de vie en commun. Il trouve des fautes même chez les plus honnêtes et tonne contre tout le monde, tandis que... tandis que le Maître de Nazareth ici présent a accompli des miracles, c’est vrai, mais je vois que, lui, il aime ce qu’offre la vie. Il ne dédaigne pas les amitiés et – pardonne si c’est l’un des anciens du Sanhédrin qui te le dit – il donne trop facilement, au nom de Dieu, pardon et amour même aux pécheurs connus et flétris par l’anathème. Tu ne devrais pas le faire, Jésus. »

Jésus sourit, mais garde le silence. C’est Lazare qui répond pour lui :

« Notre puissant Seigneur est libre de diriger ses serviteurs comme et où il le veut. A Moïse, il a accordé le miracle, à Aaron son premier pontife, il ne l’a pas accordé. Et alors, qu’est-ce que tu en conclus ? Le premier est-il plus saint que l’autre ?

– Certainement, répond Félix.

– dans ce cas, le plus saint c’est Jésus qui fait des miracles. »

Félix est désorienté. Mais il se raccroche à un argument :

« Aaron avait déjà reçu le pontificat. Cela lui suffisait.

– Non, mon ami, répond Nicodème. Le pontificat était une mission. Sainte, mais rien de plus qu’une mission. Ce n’est pas toujours que les pontifes d’Israël ont été saints, et ils ne l’ont pas tous été. Et pourtant ils étaient pontifes, même sans être saints.

– Tu ne voudrais pas dire que le grand prêtre est un homme privé de grâce !... s’exclame Félix.

– Félix... n’entrons pas dans ce sujet brûlant. Moi, toi, Gamaliel, Joseph, Nicodème, tous, nous savons tant de choses... dit celui qui s’appelle Jean.

– Mais comment ? comment ? Gamaliel, interviens, donc !... »

Félix est scandalisé.

« S’il est juste, il dira la vérité que tu ne veux pas entendre », disent les trois hommes qui se sont enflammés contre Félix.

Joseph cherche à rétablir le calme. Jésus reste muet ainsi que Thomas, Simon le Zélote et l’autre Simon, l’ami de Joseph. Gamaliel semble jouer avec les franges de son vêtement, mais regarde Jésus par dessous.

« Parle donc, Gamaliel, s’écrie Félix.

– Oui. Parle, parle, insistent les trois autres.

– Moi, je dis : les faiblesses de la famille doivent rester cachées, déclare Gamaliel.

– Ce n’est pas une réponse ! S’écrie Félix. Tu sembles reconnaître qu’il y a des taches dans la maison du Pontife !

– C’est l’expression de la vérité », disent les trois autres.

114.7 Gamaliel se redresse et se tourne vers Jésus :

« Voici le Maître qui éclipse les plus doctes. Qu’il s’exprime, lui, sur ce sujet.

– Puisque tu le veux, j’obéis. Je dis ceci : l’homme, c’est l’homme. La mission dépasse l’homme. Mais l’homme, investi d’une mission, devient capable de l’accomplir au-delà de ses possibilités naturelles quand, par une vie sainte, il a Dieu pour ami. C’est lui qui a dit : “ Tu es prêtre selon l’ordre que j’ai donné. ” Qu’est-ce qui est écrit sur le Rational ? “ Doctrine et Vérité. ” Voilà ce que devraient posséder les pontifes. On accède à la doctrine par une constante méditation tendue vers la connaissance de la sagesse, et à la vérité par une fidélité absolue au bien. Qui pactise avec le mal entre dans le mensonge et perd la vérité.

– Bien ! Tu as répondu comme un grand rabbin. Moi, Gamaliel, je te l’affirme. Tu me dépasses.

EMV 114.8-9 · Tome 2, p. 255-257

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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114.8 Il y a un moment de silence. Jésus se tourne vers Gamaliel :

« Et toi, tu ne demandes pas de miracles pour croire ?

– Ce ne seront pas les miracles d’un homme de Dieu qui m’enlèveront l’aiguillon que je porte au coeur pour trois questions qui restent sans réponse.

– Quelles questions ?

– Le Messie est-il vivant ? Etait-ce celui-là ? Est-ce celui-ci ?

– C’est lui, je te le dis, Gamaliel ! S’exclame Joseph. Ne te rends-tu pas compte qu’il est saint ? Différent des autres ? Puissant ? Oui ? Et alors, qu’attends-tu pour croire ? »

Gamaliel ne répond pas à Joseph. Il s’adresse à Jésus :

« Une fois... ne m’en veux pas, Jésus, si je suis tenace dans mes idées... Une fois, quand le grand et sage Hillel vivait encore, j’ai cru, et lui comme moi, que le Messie était en Israël. Grand éclair du soleil divin en cette froide journée d’un hiver qui ne voulait pas finir ! C’était la Pâque... Les gens tremblaient à cause des moissons gelées... Moi, après avoir entendu certaines paroles, j’ai dit : “ Israël est sauvé ! A partir d’aujourd’hui, abondance dans les champs et bénédiction dans les coeurs ! L’Attendu s’est manifesté par son premier éclair. ” Et je ne me suis pas trompé. Vous pouvez tous vous rappeler quelle récolte il y a eu en cette année de treize mois, comme celle-ci et ça continue...

– Quelles paroles as-tu entendues ? Qui les prononçait ?

– C’était quelqu’un qui sortait de l’enfance... mais Dieu resplendissait sur son visage innocent et doux... Il y a dix-neuf ans que j’y repense et que je garde ce souvenir... et je cherche à entendre de nouveau cette voix... qui disait des paroles de sagesse... Quelle est la partie du monde qui l’accueille ? Moi, je pense... que c’était Dieu. Sous l’apparence d’un enfant pour ne pas effrayer l’homme. Tel un éclair qui sillonne rapidement le ciel à l’orient et au couchant, au nord et au midi, lui, le Divin, sous son apparence de miséricordieuse beauté, avec la voix et le visage d’un enfant, mais une pensée divine, il parcourt la terre pour dire aux hommes : “ C’est moi. ” Telle est ma pensée... Quand reviendra-t-il en Israël ?... Quand ? Et je pense : quand Israël sera un autel pour son pied divin ; alors mon coeur gémit en voyant l’abjection d’Israël : jamais. Oh, quelle dure réponse ! Or elle est vraie ! La Sainteté peut-elle descendre en la personne de son Messie tant que l’abomination est en nous ?

– Elle le peut et le fait parce qu’elle est Miséricorde » répond Jésus.

114.9 Gamaliel le regarde d’un air pensif puis demande :

« Quel est ton vrai nom ? »

Jésus se lève alors, imposant, et dit :

« Je Suis Celui qui Suis. La Pensée et la Parole du Père. Je suis le Messie du Seigneur.

– Toi ?... Je ne puis le croire. Grande est ta sainteté. Mais voici ce que cet enfant, auquel je crois, a dit autrefois : “ Je donnerai un signe... Ces pierres frémiront quand viendra mon heure. ” J’attends ce signe pour croire. Peux-tu me le donner pour me convaincre que tu es, toi, l’Attendu ? »

Les deux hommes, maintenant debout, grands, solennels, l’un dans son ample vêtement de lin blanc, l’autre dans son simple habit de laine rouge foncé, l’un âgé, l’autre jeune, aux yeux dominateurs et profonds tous les deux, se regardent fixement.

Puis Jésus baisse son bras droit qui était plié sur sa poitrine et, comme s’il jurait, s’écrie :

« Tu veux ce signe, et tu l’auras ! Je te répète ces mots d’autrefois : “ Les pierres du Temple du Seigneur frémiront à mes dernières paroles. ” Attends ce signe, docteur d’Israël, homme juste, puis crois si tu veux obtenir le pardon et le salut. Bienheureux serais-tu dès maintenant si tu pouvais déjà croire ! Mais tu ne le peux. Des siècles de croyance erronée au sujet d’une juste promesse, et un monceau d’orgueil te barrent comme un mur le chemin de la vérité et de la foi.

– Tu dis bien. J’attendrai ce signe. Adieu. Que le Seigneur soit avec toi.

– Adieu, Gamaliel. Que l’Esprit éternel t’éclaire et te conduise. »

Tous saluent Gamaliel qui s’en va avec Nicodème, Jean et Simon (le membre du Sanhédrin). Restent Jésus, Joseph, Lazare, Thomas, Simon le Zélote et Corneille.

« Il ne se rend pas !... Je voudrais que tu le comptes au nombre de tes disciples. Ce serait un poids décisif en ta faveur... mais je n’y parviens pas, dit Joseph.

– Ne t’en afflige pas. Aucune influence ne pourra me sauver de l’orage qui déjà se prépare. Mais Gamaliel, s’il ne se prononce pas en ma faveur, ne se prononcera pas non plus contre le Christ. C’est un homme qui attend... »

Tout prend fin.

Détail

Juste après le départ de Félix, un pharisien invité à un banquet par Joseph d'Arimathie, Jésus demande à Gamaliel s'il souhaite un miracle. Le docteur raconte alors le moment où Jésus était parmi les docteurs.

EMV 115.3-5 · Tome 2, p. 260-263

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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115.3 Alexandre est sur le point de s’en aller lorsque arrive tout à coup un vrai cyclone d’officiers du Temple et de prêtres.

« Le grand-prêtre t’intime, par notre intermédiaire, de sortir du Temple, toi et le païen profanateur. Et tout de suite ! Vous avez troublé l’offrande de l’encens. Cet homme a pénétré dans un lieu réservé à Israël. Ce n’est pas la première fois qu’à cause de toi, le Temple est en rumeur. Le grand-prêtre, et avec lui les Anciens de service, t’ordonnent de ne plus remettre les pieds ici, à l’intérieur. Va et reste avec tes païens.

– Nous ne sommes pas des chiens, nous non plus. C’est lui qui le dit : “ Il n’y a qu’un seul Dieu qui a créé les juifs et les Romains. ” Si donc c’est sa Maison et si je suis sa créature, je peux y entrer moi aussi, répond Alexandre, blessé par le mépris avec lequel les prêtres prononcent le mot de “ païens ”.

– Tais-toi, Alexandre. Je vais parler » intervient Jésus qui, après avoir donné un baiser à l’enfant, l’a rendu à sa mère et s’est levé.

Il dit au groupe qui vient le chasser :

« Personne ne peut défendre à un fidèle, à un vrai israélite dont personne ne peut prouver qu’il est en état de péché, de prier près du Saint.

– Mais d’expliquer la Loi dans le Temple, oui. Tu en as pris le droit sans l’avoir et sans le demander. Qui es-tu ? Qui te connaît ? Comment usurpes-tu un nom et une place qui ne t’appartiennent pas ? »

115.4 Jésus leur lance un de ces regards ! Puis-il dit :

« Judas de Kérioth, approche. »

Judas ne paraît pas enthousiasmé par cette invitation. Il avait cherché à s’éclipser dès la venue des prêtres et des officiers du Temple (ils n’ont pas une tenue militaire, il doit s’agir d’une charge civile). Mais il lui faut obéir car Pierre et Jude le poussent en avant.

« Judas, réponds, dit Jésus. Et vous, regardez-le. Vous le connaissez. Il est du Temple. Le connaissez-vous ? »

Ils sont bien obligés de répondre oui.

« Judas, qu’est-ce que je t’ai fait faire quand j’ai parlé ici la première fois ? Raconte ton étonnement et comment j’y ai répondu. Parle et sois franc.

– Il m’a dit : “ Appelle l’officier de service pour que je puisse lui demander la permission de faire l’instruction. ” Il s’est nommé et a donné des preuves de son identité et de sa tribu... Moi, j’en étais étonné, car je jugeais qu’il s’agissait d’une formalité inutile puisqu’il dit être le Messie. Alors il m’a dit : “ Ce que je fais est nécessaire et, quand l’heure sera venue, rappelle-toi que je n’ai manqué de respect ni au Temple ni à ses officiers. ” Oui. C’est bien ce qu’il a dit. Par respect pour la vérité, je dois le dire. »

Judas, au début, parlait sans beaucoup d’assurance, comme si la chose l’ennuyait. Mais ensuite, par l’effet de ces brusques revirements qui lui sont propres, il a pris de l’aplomb, au point d’en devenir presque arrogant.

« Je suis surpris que tu le défendes. Tu as trahi la confiance que nous avions en toi, reproche un prêtre à Judas.

– Je n’ai trahi personne. Combien parmi vous appartiennent à Jean-Baptiste ! Sont-ils traîtres pour autant ? Moi, j’appartiens au Christ, voilà tout.

– Eh bien, il ne doit pas parler ici. Qu’il vienne comme fidèle. C’est déjà trop pour un ami des païens, des prostituées, des publicains...

– Répondez-moi, maintenant, dit Jésus sévère mais calme. Quels sont les Anciens de service ?

– Doras et Félix, des juifs. Joachim de Capharnaüm et Joseph d’Iturée.

– J’ai compris. Allons. Rapportez aux trois accusateurs – car Joseph d’Iturée n’a pu en faire partie – que le Temple n’est pas tout Israël et qu’Israël n’est pas le monde entier. Que la bave des serpents, pour très venimeuse qu’elle soit, ne submergera pas la Voix de Dieu, et que son venin ne paralysera pas mes allées et venues parmi les hommes, tant que l’heure ne sera pas venue. Et puis... dites-leur bien qu’ensuite les hommes feront justice des bourreaux et exalteront la Victime en faisant d’elle leur unique amour. Allez. Quant à nous, partons. »

Jésus revêt son lourd manteau foncé et sort, accompagné de ses disciples.

115.5 Ils sont suivis par Alexandre qui a assisté à la discussion ; en dehors de l’enceinte, près de la Tour Antonia, il dit :

« Je te salue, Maître. Et je te demande pardon d’avoir été pour toi une cause de réprimande.

– Ne t’en afflige pas ! Ils cherchaient un prétexte. Ils l’ont trouvé. Si ce n’avait pas été toi, c’en aurait été un autre... Vous, à Rome, vous faites des jeux au Cirque avec des fauves et des serpents, n’est-ce pas ? Eh bien, je t’affirme qu’il n’y a pas de fauve plus féroce et plus perfide que l’homme qui veut en tuer un autre.

– Et moi, je t’affirme qu’au service de César j’ai parcouru toutes les régions romaines. Mais jamais, à l’occasion de milliers de rencontres, je n’ai trouvé quelqu’un de plus divin que toi. Non, nos dieux ne sont pas aussi divins que toi ! Ils sont vindicatifs, cruels, bagarreurs, menteurs. Toi, tu es bon. Tu es vraiment un Homme, mais qui n’est pas seulement homme. Salut, Maître.

– Adieu, Alexandre. Avance dans la Lumière. »

Tout prend fin.

Détail

Alexandre, un soldat romain, est venu à Jésus dans le Temple pour demander la guérison d'un enfant. Jésus a accompli un miracle, mais un païen est entré dans le lieu saint. Cela crée un scandale et les pharisiens veulent chasser le Christ...

EMV 116 · Tome 2, p. 263-274

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus est avec ses disciples à l'oliveraie de Gethsémani. Le groupe apostolique parle des païens qui sont intéressés par Jésus, ce qui crée des réticences chez certains Israélites. La discussion découle ensuite sur l'idolâtrie des Romains, mais aussi sur celles que chacun a dans les coeurs. Plus tard, chacun se retire, sauf Jean, Simon le Zélote et Jésus. Le Maître a gardé ses deux apôtres près de lui car Nicodème veut le voir et pendant que Jean va le chercher, le Christ confie à Simon qu'il va partir de Jérusalem un temps. Nicodème arrive ensuite et il raconte que Joseph d'Arimathie et lui-même sont ses disciples en secret, pour mieux savoir ce que veut faire le Sanhédrin à son encontre. Ce dernier lui est hostile, et Jésus lui fait savoir qu'il va s'éloigner de Jérusalem. Cela dévaste Nicodème, qui croit avoir mal fait de lui parler et Simon le Zélote confirme au vieillard que Jésus comptait déjà partir de la Ville Sainte, même avant leur entrevue.

Lazare donnera une maison au Sauveur, qui lui servira d'asile pour un temps. Vient alors le pharisien qui s'afflige de ne pas croire aussi simplement que Jean et Simon et Jésus lui confie qu'ils ont su renaître spirituellement. Il confirme que la réincarnation n'existe pas et il donne son discours tel qu'on le trouve dans Jean 3, 1-21 : "Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu", etc.

EMV 116.1 · Tome 2, p. 263-264

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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116.1 Jésus dîne dans la cuisine de la maisonnette de l’Oliveraie avec ses disciples. Ils parlent des événements de la journée. Cependant, il ne s’agit pas de celle que j’ai racontée plus haut car je constate qu’on parle d’autres faits, parmi lesquels la guérison d’un lépreux survenue près des tombeaux sur la route de Bethphagé.

« Il y avait aussi un centurion romain qui regardait » dit Barthélemy, qui ajoute : « Il m’a demandé du haut de son cheval : “ L’homme que tu suis fait souvent des choses semblables ? ” et, à ma réponse affirmative, il s’est écrié : “ Alors, il est plus grand qu’Esculape et il deviendra plus riche que Crésus. ” J’ai répondu : “ Il sera toujours pauvre aux yeux du monde, car il ne reçoit pas, mais il donne, et ne veut que des âmes pour les conduire au Dieu vrai. ” Le centurion m’a regardé avec surprise, puis il a éperonné son cheval et est parti au galop.

– Il y avait aussi une dame romaine dans sa litière. Ce ne pouvait être qu’une femme. Elle avait baissé les rideaux, mais jetait des coups d’oeil au-dehors. Je l’ai bien vue ! » dit Thomas.

Jean intervient :

« Oui, elle était au début du tournant. Elle avait donné l’ordre de s’arrêter quand le lépreux avait crié : “ Fils de David, aie pitié de moi ! ” Un rideau avait bougé et j’ai vu qu’elle t’a observé avec une loupe précieuse, puis elle a eu un rire ironique. Mais quand elle a vu que toi, sur ton seul ordre, tu l’avais guéri... elle m’a appelé pour m’interroger : “ C’est donc lui qu’on donne pour le vrai Messie ? ” J’ai répondu que oui, et elle m’a dit : “ Tu es avec lui ? ” Puis elle a demandé : “ Est-il vraiment bon ? ”

– Alors, tu l’as vue. Comment était-elle ? demandent Pierre et Judas.

– Bah !... une femme...

– Quelle découverte ! » fait Pierre en riant.

Et Judas poursuit :

« Mais elle était belle, jeune, riche ?

– Oui. Il me semble qu’elle était jeune, et belle aussi. Mais je regardais toujours vers Jésus plutôt que de son côté. Je voulais voir si le Maître se remettait en route...

– Imbécile ! Murmure Judas entre ses dents.

– Pourquoi ? intervient Jacques, fils de Zébédée, pour le défendre. Mon frère n’est pas un Ganymède en quête d’aventures. Il a répondu par politesse, mais il n’a pas manqué à sa première qualité.

– Laquelle ? demande Judas.

– Celle d’un disciple qui garde pour son Maître son unique amour. »

Irrité, Judas baisse la tête.

Annotation

Comme le souligne maria-valtorta.org, la Romaine mentionnée est Claudia Procula, l'épouse de Ponce Pilate."Elle se déplace en litière, escortée par un centurion. On en a confirmation par Jean en EMV 154.8, et en EMV 563.5."

EMV 116.4.6 · Tome 2, p. 268-270

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Simon et Jésus restent seuls. Jésus est pensif. Simon respecte son silence. Mais Jésus le rompt à l’improviste et, comme s’il terminait à haute voix quelque conversation intérieure, il dit :

« Oui, c’est bien d’agir ainsi. Isaac, Elie, les autres suffisent pour garder vivante l’idée qui déjà prend corps chez les bons et les humbles. Pour les puissants... il y a d’autres leviers. Il y a Lazare, Kouza, Joseph, d’autres encore... Mais les puissants... ne veulent pas de moi. Ils craignent et tremblent pour leur pouvoir. J’irai loin de ce coeur juif, toujours plus hostile au Christ.

– Nous rentrons en Galilée ?

– Non, mais loin de Jérusalem. Il faut évangéliser la Judée. C’est aussi Israël. Mais ici, tu le vois... tout est bon pour m’accuser. Je me retire. C’est la seconde fois... (...) »

[Un peu plus tard, Jésus rencontre Nicodème qui lui parle de l'hostilité des pharisiens. Le Maître lui apprend alors qu'il s'en va loin de Jérusalem. Nicodème est alors persuadé qu'il a mal agi en le prévenant de la position du Sanhédrin.]

« (...) Je me retire. Si on me veut, on viendra à moi.

– J’ai mal fait de parler ! »

Nicodème est effondré.

« Non. Attends et sois-en persuadé. »

Jésus ouvre une porte et appelle :

« Simon ! Jean ! Approchez. »

Les deux apôtres accourent.

« Simon, raconte à Nicodème ce dont je te parlais quand il est entré.

– Que des bergers suffisaient pour les humbles, et Lazare, Nicodème et Joseph avec Kouza pour les puissants, et aussi que tu te retirais loin de Jérusalem sans pourtant abandonner la Judée. Voilà ce que tu disais. Pourquoi me le fais-tu répéter ? Qu’est-ce qui est arrivé ?

– Rien. Nicodème craignait que je ne parte à cause de ses paroles.

– J’ai dit au Maître que le Sanhédrin lui est de plus en plus hostile et que ce serait bien qu’il se mette sous la protection de Lazare. Il a protégé tes biens parce qu’il a Rome pour lui. Il protégerait aussi Jésus.

– C’est vrai. C’est un bon conseil. Bien que ma caste soit mal vue de Rome, un mot de Théophile m’a conservé mes biens durant la proscription et la lèpre. Et Lazare t’est vraiment très attaché, Maître.

– Je le sais. Mais j’ai pris ma décision et je fais ce que j’ai décidé.

– Nous allons te perdre, alors !

– Non, Nicodème. Des hommes de toutes sectes vont voir Jean-Baptiste. Des hommes de toutes sectes et de toutes fonctions pourront venir à moi.

– Nous venions à toi, sachant que tu es plus que Jean.

– Vous pourrez continuer à le faire. Je serai un rabbi solitaire, comme Jean, et je parlerai aux foules désireuses d’entendre la voix de Dieu et capables de croire que je suis cette Voix. Et les autres m’oublieront, si du moins ils en sont capables.