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Notes du thème

Sanhédrin, grands-prêtres et pharisiens

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EMV 168.7 · Tome 3, p. 72-73

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Par la suite, il fut exposé aux pièges de ceux qui voyaient un péché dans le désir qu’avait une âme de renaître. Mon sauveur est parti… et moi, je l’ai attendu… de même que m’attendait la vengeance de gens plus indignes que moi de le regarder. Car, moi, c’est en tant que païenne que j’ai péché contre moi-même, alors qu’eux ont péché contre le Fils de Dieu, bien que connaissant Dieu. Ils m’ont frappée, et leur accusation m’a blessée plus que les pierres, mon âme poussée au désespoir a été blessée plus que mon corps.

Ah ! Quelle terrible lutte contre moi-même ! Déchirée, en sang, blessée, fiévreuse, privée de mon Médecin, sans toit ni pain, j’ai regardé en arrière, devant moi… Le passé me conseillait : “ Reviens ”, le présent me soufflait : “ Tue-toi ”, le futur m’exhortait : “ Espère. ” J’ai espéré. Je ne me suis pas suicidée. Je le ferais si, lui, il me chassait, car je ne veux plus être celle que j’étais. Je me suis traînée jusqu’à un village pour y demander un abri. Mais j’y ai été reconnue. Comme une bête, j’ai dû fuir çà et là, toujours poursuivie, toujours méprisée, toujours maudite parce que je voulais être honnête et que j’avais déçu ceux qui voulaient frapper ton Fils par mon intermédiaire. J’ai suivi le fleuve pour remonter jusqu’en Galilée, et je suis venue ici. Mais tu étais absente… Je suis alors allée à Capharnaüm. Mais tu venais d’en partir. Un vieillard m’a vue, un de ses ennemis, et il m’a fait un texte d’accusation contre lui, ton Fils. Et comme je pleurais sans réagir, il m’a dit… il m’a dit… : “ Tout pourrait changer pour toi si tu acceptais d’être ma maîtresse et ma complice pour accuser le Rabbi de Nazareth. Il suffit que tu dises devant mes amis qu’il était ton amant… ” Je me suis enfuie comme si j’avais vu grouiller un nœud de vipères sous un buissons de fleurs.

Détail

Aglaé raconte sa vie et en vient à son séjour à la Belle-Eau. Elle évoque le Christ.

Annotation

Il ne peut s'agir que d'un des deux plus virulents ennemis de Jésus à Capharnaüm: soit Joachim du sanhédrin, soit Éli, qui aurait vite oublié la guérison de son petit-fils Élysée.

EMV 169.2 · Tome 3, p. 78-79

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Nous pensions que tu n’arriverais pas aujourd’hui.

– Il y a beaucoup de monde, sais-tu ?

– Oh, nous étions fort gênés, car il y avait des scribes et même des disciples de Gamaliel…

– Mais oui, Seigneur ! Tu nous as quittés vraiment au bon moment ! Je n’ai jamais eu aussi peur qu’à ce moment-là. Ne me joue plus un tour comme celui-ci ! »

(...) « Tu sais ? Parmi les disciples, il y en a maintenant deux qui, aux dires de Judas, sont très importants. Judas s’affaire beaucoup. Eh, c’est vrai ! Lui, il connaît bien ces gens-là… de la haute société, et il sait comment leur parler. D’ailleurs, il aime parler… Il parle bien. Mais les gens préfèrent entendre Simon, tes frères, et surtout ce garçon. Hier, un homme m’a dit : “ Ce jeune parle bien – c’était de Judas qu’il parlait – mais je te préfère à lui. ” Oh, mon pauvre ! Me préférer, moi qui ne sais pas dire trois mots de suite !…

Détail

Les apôtres retrouvent Jésus, après leur première prédication sans le Maître. Pierre s'en plaint au Christ et raconte leur rencontre avec Etienne et Hermas.

EMV 170.4 · Tome 3, p. 88-89

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Vous qui êtes savants, ne me jugez pas mal au fond de votre coeur ! Ne dites pas : “ C’est un fou ! C’est un menteur ! Il faut qu’il soit fou pour parler de la grâce en nous, puisque la Faute nous en a privés ; il ment quand il prétend que nous sommes déjà unis à Dieu. ” Oui, la Faute existe ; oui, la séparation existe. Mais devant la puissance du Rédempteur, la Faute, cette séparation cruelle survenue entre le Père et ses enfants, croulera comme une muraille ébranlée par le nouveau Samson. Déjà je l’ai saisie, je l’ébranle et elle vacille. Satan tremble de colère et d’impuissance, car il ne peut rien contre mon pouvoir et se voit arracher de nombreuses proies ; il se rend compte qu’il lui est plus difficile d’entraîner l’homme au péché. Car lorsque, par mon intermédiaire, je vous aurai amené à mon Père, et que grâce à l’effusion de mon sang et à ma douleur vous serez devenus purs et forts, la grâce reviendra en vous, vivante, vive, puissante et, si vous le voulez, vous serez des triomphateurs.

Dieu ne vous fait pas violence, ni sur le plan de votre pensée ni sur celui de votre sanctification. Vous êtes libres. Mais il vous rend la force. Il vous délivre de la domination de Satan. A vous de reprendre le joug infernal, ou de donner à votre âme des ailes d’ange. Tout dépend de vous pour me prendre comme frère afin que je vous guide et vous nourrisse d’une nourriture immortelle.

Détail

Jésus vient de parler de la grâce alors que la Faute n'a pas encore été lavée par le Rédempteur.

EMV 171.3 · Tome 3, p. 99

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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En vérité, je vous dis ceci : si votre justice ne se recrée pas en se détachant complètement de cette pauvre chose qu’on a injustement dénommée justice, celle que les scribes et les pharisiens vous ont enseignée, si vous n’êtes pas beaucoup plus justes – vraiment justes – que les pharisiens et les scribes qui croient l’être en accumulant les formules, mais sans changer profondément leur âme, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux.

Annotation

Matthieu 5, 17-20

Mt 5, 17-20 : Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

EMV 171.5 · Tome 3, p. 102

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Aimez, aimez ! Aimez amis et ennemis pour être semblables à votre Père qui fait pleuvoir sur les bons et les méchants et fait luire son soleil sur les justes et les injustes ; il se réserve d’accorder un soleil et des rosées éternels, ainsi que le feu et la grêle de l’enfer quand on aura trié les bons comme des épis choisis dans les gerbes de la moisson. Il ne suffit pas d’aimer ceux qui vous aiment et de qui vous espérez quelque retour. Il n’y a guère de mérite à cela : c’est une joie et même les hommes naturellement honnêtes savent le faire. Même les publicains et les païens le font. Mais vous, aimez à la ressemblance de Dieu, et aimez par respect pour Dieu, qui est aussi le Créateur de ceux qui sont pour vous des ennemis ou des gens peu aimables. Je veux en vous la perfection de l’amour, et c’est pourquoi je vous dis : “ Soyez parfaits comme votre Père qui est dans les Cieux est parfait. ”

EMV 173.5 · Tome 3, p. 120-121

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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173.5 – Maître, tu fais le contraire de ce que tu dis ! »

L’insulte, hargneuse et imprévue, provient du milieu de la foule. Tous se tournent vers cette voix. Il y a de la confusion.

Pierre bougonne :

« Je te l’avais bien dit ! Eh ! Quand il y a un de ceux-là… rien ne va plus ! »

Dans la foule, on siffle l’insulteur, on le hue. Jésus est le seul à rester calme. Il a croisé les bras sur sa poitrine et se tient droit, le front éclairé par le soleil, droit sur son rocher, dans son vêtement bleu foncé.

L’insulteur continue, sans se soucier des réactions de la foule :

« Tu es un mauvais maître car tu enseignes ce que tu ne fais pas et…

– Tais-toi ! Va-t’en ! Honte à toi ! » crie la foule. Ou encore :

« Va trouver tes scribes ! A nous, le Maître nous suffit. Les hypocrites avec les hypocrites ! Faux maîtres ! Usuriers !… »

Ils continueraient bien, si Jésus ne leur intimait d’une voix de tonnerre :

« Silence ! Laissez-le parler ! »

Certes, les gens ne crient plus, mais ils marmonnent leurs reproches accompagnés d’œillades furieuses.

« Oui. Tu enseignes ce que tu ne fais pas. Tu dis qu’on doit faire l’aumône sans être vus et, hier, en présence de plein de monde, tu as dit à deux pauvres : “ Restez, je vais vous rassasier. ”

– J’ai dit : “ Que les deux pauvres restent. Ils seront nos hôtes bénis et donneront de la saveur à notre pain. ” Rien de plus. Je n’ai pas prétendu vouloir les rassasier. Quel est le pauvre qui n’a pas au moins un pain ? C’était pour nous une joie de leur donner notre bonne amitié.

– Hè oui ! Tu es astucieux et tu sais faire l’agneau !… »

Le vieillard se lève, se retourne et, levant son bâton, il crie :

« Langue infernale, toi qui accuses le Saint, tu crois peut-être tout connaître et pouvoir accuser avec ce que tu sais ? De même que tu ignores qui est Dieu et qui est celui que tu insultes, tu ignores ses actes. Il n’y a pour les connaître que les anges et mon cœur tout en joie. Ecoutez, hommes, écoutez tous et voyez si Jésus est le menteur et l’orgueilleux que cette balayure du Temple veut dire. Lui…

– Tais-toi, Ismaël ! Tais-toi par amour pour moi ! Si je t’ai rendu heureux, fais-en de même à mon égard en te taisant, implore Jésus.

– Je t’obéis, Fils saint. Mais laisse-moi dire cette seule chose : la bénédiction du vieux juif fidèle est sur Celui dont j’ai reçu les bienfaits de la part de Dieu. Cette bénédiction, Dieu l’a mise sur mes lèvres pour moi et pour Sarah, ma nouvelle fille. Mais sur ta tête, il n’y aura pas de bénédiction. Je ne te maudis pas. Je ne souille pas par une malédiction ma bouche qui doit dire à Dieu : “ Accueille-moi. ” Je n’ai même pas maudit celle qui m’a renié et déjà Dieu m’en récompense. Mais il y aura quelqu’un pour prendre en main la cause de l’Innocent qu’on accuse et d’Ismaël, l’ami de Dieu qui le bénit. »

Une vraie clameur s’élève à la fin du discours du vieillard qui se rassied, tandis qu’un homme s’esquive et s’éloigne, accablé de reproches.

Puis la foule crie à Jésus :

« Continue, continue, Maître saint ! Nous, nous n’écoutons que toi, et toi, écoute-nous. N’écoute pas ces corbeaux maudits ! Ils sont jaloux que nous t’aimions plus qu’eux ! Tu as en toi la sainteté, eux la perversité. Parle, parle ! Tu vois que nous ne désirons rien d’autre que ta parole. Maisons, commerces, tout cela n’est rien pour qui veut t’entendre.

– Oui, je vais parler. Mais ne vous faites pas de soucis. Priez pour ce malheureux. Pardonnez comme je pardonne, car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père des Cieux vous pardonnera vos péchés à vous aussi. Mais si vous gardez de la rancune et ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. Or tout le monde a besoin de pardon.

Détail

Jésus donne une prédication. On l'interrompt.

Annotation

Pierre bougonne : « Je te l’avais bien dit ! Eh ! Quand il y a un de ceux-là… rien ne va plus ! » Il avait en effet prévenu Jésus de la présence de ce personnage en 173.1.

Jésus évoque cette interruption le lendemain (dans l'EMV 174).

"Tais-toi, Ismaël ! Tais-toi par amour pour moi !" (...)

"Cette bénédiction, Dieu l’a mise sur mes lèvres pour moi et pour Sarah, ma nouvelle fille. " C'est ainsi qu'on apprend les noms des deux malheureux, Ismaël et Sarah, recueillis la veille. Voir le chapitre précédent.

EMV 174.13 · Tome 3, p. 138-139

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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J’ai dit d’être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d’ai­mer non seulement ses frères nés de mêmes parents, mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu’ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu’il vaut mieux compatir qu’être inexorable. Mais maintenant je vous dis qu’on ne doit pas condamner si on n’est pas soi-même exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et ne peut souiller que l’extérieur, mais ils accueillent l’impureté en eux, au plus profond de leur cœur.

Annotation

Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Préfigure déjà ce que sera le discours contre les scribes et les pharisiens, donné en EMV 596.14 et rapporté par Matthieu 23,1-36 et Luc 11,37-53.

Evangile de Matthieu 23, 1-5

Mt 23, 1-5 : Alors Jésus, s'adressant au peuple et à ses disciples, parla ainsi : " Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent ; mais n'imitez pas leurs œuvres, car ils disent et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.

Evangile de Matthieu 23, 25-26

Mt 23, 25-26 : " Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, tandis que le dedans est rempli de rapine et d'intempérance. Pharisien aveugle, nettoie d'abord le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors aussi soit pur.

Evangile de Luc 11, 37-46

Lc 11, 37-46 : Pendant qu'il parlait, un Pharisien le pria de dîner chez lui ; Jésus entra et se mit à table. Or le Pharisien vit avec étonnement qu'il n'avait point fait l'ablution avant le dîner. Le Seigneur lui dit : " Vous, Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat ; mais au dedans de vous tout est plein de rapine et d'iniquité. Insensés ! celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas fait aussi le dedans ? Toutefois, donnez l'aumône selon vos moyens, et tout sera pur pour vous. Mais malheur à vous, Pharisiens, qui payez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère et qui n'avez nul soucis de la justice et de l'amour de Dieu ! C'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans omettre le reste. Malheur à vous, Pharisiens, qui aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques ! Malheur à vous, parce que vous ressemblez à des sépulcres qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir ! "

Alors un docteurs de la Loi, prenant la parole, lui dit : " Maître, en parlant de la sorte, vous nous outragez aussi. " Jésus répondit : " Et à vous aussi, docteurs de la Loi, malheur ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes, vous n'y touchez pas d'un seul de vos doigts !

EMV 174.15 · Tome 3, p. 140-141

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Pendant ce temps, Jésus dit à Pierre de démonter la tente.

« Mais… nous partons réellement ?

– Oui.

– Parce qu’elle est venue, elle ?

– Oui, mais ne le dis à personne et surtout pas à Simon le Zélote. Il en serait peiné à cause de Lazare. Je ne puis permettre que la parole de Dieu soit exposée au mépris des païens…

– Je comprends, je comprends…

– Alors, comprends autre chose.

– Quoi, Maître ?

– La nécessité de se taire en certains cas. Je me fie à toi. Tu m’es très cher, mais tu es aussi d’une impulsivité qui te pousse à faire des observations blessantes.

– Je comprends… tu ne veux pas à cause de Lazare et de Simon…

– Et pour d’autres aussi.

– Tu penses qu’il y en aura aujourd’hui ?

– Aujourd’hui, demain et après demain, toujours. Et il sera toujours nécessaire de surveiller l’impulsivité de mon Pierre. Va, va faire ce que je t’ai dit. »

Pierre s’éloigne, et appelle à l’aide ses compagnons.

Détail

Suite à l'arrivée de Marie-Madeleine, alors grande pécheresse, Jésus annonce leur départ des Cornes d'Hattin, où ils sont restés quelques jours.

Annotation

– Tu penses qu’il y en aura aujourd’hui ?

– Aujourd’hui, demain et après demain, toujours.

Jésus parle sans doute ici des pharisiens, qui cherchent à faire des observations peu charitables.

EMV 175.3-5 · Tome 3, p. 149-152

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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175.3 Les gens s’agglutinent autour du Maître, forment un cercle qui ne veut s’ouvrir à aucun prix. Mais, entre-temps, le soleil est descendu. C’est le commencement du repos sabbatique. Les villages sont loin. Mais les gens ne regrettent pas leur maison, leurs provisions, rien. Les apôtres s’en préoccupent pourtant et ils en parlent à Jésus. Même les disciples les plus âgés s’en soucient. Il y a des femmes et des enfants et, si la nuit est tiède et l’herbe des prés soyeuse, les étoiles ne sont pas du pain et les pierres des talus ne procurent pas de quoi se nourrir.

Jésus est le seul à ne pas s’en soucier. En attendant, les gens mangent ce qui leur reste comme si de rien n’était et Jésus le fait remarquer à ses disciples :

« En vérité, je vous dis que ces gens-là vous sont supérieurs ! Regardez avec quelle insouciance ils expédient ce qui leur reste. Je leur ai dit : “ Que ceux qui ne peuvent croire que demain Dieu donnera de la nourriture à ses enfants, se retirent ”, et eux sont restés. Dieu ne démentira pas son Messie et ne décevra pas ceux qui espèrent en lui. »

Les apôtres haussent les épaules et ne s’occupent plus d’autre chose.

Après un crépuscule bien rouge, la nuit tombe, tranquille et belle, et le silence de la campagne s’étend sur toutes choses après une dernière sérénade chantée par les oiseaux. Quelques bruissements du vent, et puis le vol silencieux d’un oiseau de nuit au moment où se lève la première étoile et au premier coassement d’une grenouille.

Les enfants dorment déjà. Les adultes discutent et de temps à autre quelqu’un va auprès du Maître lui demander un éclaircis­sement.

175.4 Aussi ne s’étonne-t-on pas lorsque, par un sentier entre deux champs de blé, on voit arriver un personnage à l’aspect imposant par sa tenue et par son âge. Des hommes le suivent. Tout le monde se retourne pour le voir et on se le montre en chuchotant. Un murmure court d’un groupe à l’autre, se ranime et s’éteint. Attirés par la curiosité, les groupes les plus éloignés s’approchent.

L’homme à l’allure noble rejoint Jésus qui, assis au pied d’un arbre, écoute des fidèles, et il le salue profondément. Jésus se lève aussitôt et répond à cette salutation avec le même respect. L’assistance est attentive.

« J’étais sur la montagne et peut-être as-tu pensé que je manquais de foi et que je m’en allais pour ne pas rester à jeun. Mais je suis parti pour un autre motif. Je voulais être un frère parmi les frères, le frère aîné. Je voudrais te dire en privé ce que je pense. Peux-tu m’écouter ? Je ne te suis pas hostile, bien que je sois un scribe.

– Allons un peu plus loin… »

Ils partent à l’écart au milieu des champs de blé.

« Je voulais pourvoir à la nourriture des pèlerins et je suis descendu pour ordonner de faire du pain pour toute cette foule. Tu vois que je suis dans l’espace légal car ces champs m’appar­tiennent et, d’ici au sommet, c’est un chemin qu’on peut faire pendant le sabbat. Je serais venu demain avec mes serviteurs, mais j’ai appris que tu te trouves ici avec la foule. Je te prie de me permettre de pourvoir à leur nourriture pendant le sabbat. Il me déplairait sinon d’avoir renoncé à t’écouter pour rien.

– Ce n’est jamais pour rien, car le Père t’aurait, par ses lumières, donné une compensation. Mais je te remercie et je ne vais pas te décevoir. Je te fais seulement observer que la foule est nombreuse.

– J’ai fait chauffer tous les fours, même ceux qui servent à sécher les denrées, et j’arriverai à avoir du pain pour tout le monde.

– Ce n’est pas pour cela. Je voulais parler de la quantité de pain…

– Cela ne me dérange pas. L’an dernier, j’ai eu beaucoup de grain. Cette année, tu vois les épis. Laisse-moi faire. Ce sera la meilleure garantie pour ma récolte. Et puis, Maître, tu m’as apporté un tel pain aujourd’hui… Toi, oui, tu es le Pain de l’âme.

– Qu’il en soit alors comme tu le veux. Viens, que nous le disions aux pèlerins.

– Non. C’est toi qui l’as dit.

– Et tu es scribe ?

– Oui, je le suis.

– Que le Seigneur t’amène là où ton cœur le mérite.

– Je comprends ce que tu ne dis pas. Tu veux dire : à la vérité. Car il y a en nous beaucoup d’erreur et… et beaucoup de malveillance.

– Qui es-tu ?

– Un enfant de Dieu. Prie le Père pour moi. Adieu.

– Que la paix soit avec toi. »

175.5 Jésus revient à pas lents vers ses disciples pendant que l’homme repart avec ses serviteurs.

« Qui était-ce ? Que voulait-il ? T’a-t-il dit quelque chose de désagréable ? A-t-il des malades ? »

Jésus est assailli de questions.

« Qui il est, je l’ignore. Ou plutôt, je sais que c’est une âme bonne et cela me…

– C’est Jean, le scribe, crie une voix dans la foule.

– Eh bien, je le sais maintenant que tu le dis. Il voulait simplement être le serviteur de Dieu auprès de ses enfants. Priez pour lui car demain nous mangerons tous grâce à sa bonté.

– C’est vraiment un juste, dit quelqu’un.

– Oui. Je ne sais pas comment il peut être l’ami des autres, commente son voisin.

– Bandé comme un nouveau-né de scrupules et de règles, mais il n’est pas mauvais, termine un troisième.

– Est-ce que ces champs sont à lui ? demandent un grand nombre de gens qui ne sont pas du pays.

– Oui, je crois que le lépreux était l’un de ses serviteurs ou de ses paysans, mais il le tolérait dans le voisinage et je crois même qu’il le nourrissait. »

La conversation se poursuit et Jésus s’en dégage en appelant auprès de lui les douze, auxquels il demande :

« Et maintenant, que dois-je vous dire pour votre incrédulité ? Le Père ne nous a-t-il pas envoyé du pain pour nous tous par les mains de quelqu’un dont la caste m’est hostile ? Ah ! Hommes de peu de foi… Mais allez dormir dans les foins moelleux. Je vais prier le Père pour qu’il ouvre vos cœurs et pour le remercier de sa bonté. Paix à vous. »

Sur ces mots, il se rend sur les premières pentes de la montagne. Là, il s’assied et se recueille en prière. S’il lève les yeux, il voit le troupeau des étoiles qui fourmillent dans le ciel. S’il les baisse, il voit le troupeau des dormeurs étendus dans les prairies. Rien d’autre. Mais telle est la joie de son cœur qu’il paraît se transfigurer en lumière…

Détail

Jésus est descendu du mont des Béatitudes et une foule le suit. Les apôtres s'inquiètent de comment on va les nourrir. Ce chapitre montre un cas pratique sur la confiance en la Providence et en la bonté du Père.

Annotation

Entre-temps, le soleil est descendu. C'est le commencement du repos sabbatique. Le repos sabbatique commence à 18 heures le vendredi. Depuis les cornes d'Hattin jusqu'à la plaine, ils ont parcouru 5 à 6km, soit environ une heure et demie de marche. On a pu déterminer au chapitre précédent qu'ils sont partis vers 15h/15h 30. Il est donc 17 heures environ.

Je leur ai dit : “ Que ceux qui ne peuvent croire que demain Dieu donnera de la nourriture à ses enfants, se retirent ”, et eux sont restés. Dieu ne démentira pas son Messie et ne décevra pas ceux qui espèrent en lui. » Cf. le chapitre précédent. Maria Valtorta note même que seuls une cinquantaine de personnes partirent alors.

Je ne te suis pas hostile bien que je sois un scribe. Les scribes qui ne sont pas hostiles à Jésus sont rares. Sur les 24 membres que comptait ce collège, 5 seulement étaient favorables, en secret, à Jésus. Les 19 autres étaient très majoritairement hostiles ou indifférents.

Tu vois que je suis dans l'espace légal car ces champs m'appartiennent, et d'ici à la cime c'est un chemin qu'on peut faire pendant le sabbat. Ils sont donc justes à l'entrée de la plaine, à environ 1 km du sommet d'Arbel. Les règles pratiques d'application de la distance sabbatique étaient et restent complexes. La condition de base, édictée du temps de Salomon, reste cependant l’interdiction de se déplacer à plus de 2.000 coudées (soit 900 mètres environ) des limites de sa propriété ou d’une ville. La cime est donc bien la dernière limite acceptable pour le scribe, comme le note Maria Valtorta.

EMV 175.4 · Tome 3, p. 151

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Et tu es scribe ?

– Oui, je le suis.

– Que le Seigneur t’amène là où ton cœur le mérite.

– Je comprends ce que tu ne dis pas. Tu veux dire : à la vérité. Car il y a en nous beaucoup d’erreur et… et beaucoup de malveillance.

– Qui es-tu ?

– Un enfant de Dieu. Prie le Père pour moi. Adieu.

– Que la paix soit avec toi.

Détail

Jésus dialogue avec Jean de Capharnaüm.