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EMV 59 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

JĂ©sus vient prĂȘcher Ă  la synagogue de CapharnaĂŒm. JaĂŻre l'accueille et JĂ©sus lui demande un rouleau : l'Esprit le guidera. JĂ©sus fait donc un commentaire du Livre de JosuĂ© et parle du Royaume de Dieu, de la nĂ©cessitĂ© de ne plus pĂ©cher, de se repentir, et de se prĂ©parer au Ciel et Ă  l'Ă©ternitĂ© qui s'en vient. Un homme le dĂ©ment Ă  la fin de sa prĂ©dication et lui site le second livre des MacchabĂ©es. Il dit que Dieu a frappĂ© IsraĂ«l, et JĂ©sus lui rĂ©pond qu'il applique Ă  ces paroles une vue humaine, alors que le Seigneur interprĂȘte ces paroles de maniĂšre surnaturelle. Il dit que, si Dieu a frappĂ© son peuple, il a nĂ©anmoins profondĂ©ment aimĂ© IsraĂ«l en lui envoyant le salut qu'est son Messie.

L'homme critique alors le Christ et doute qu'il soit le RĂ©dempteur. JĂ©sus Ă©voque en rĂ©ponse le PrĂ©curseur et la colombe qui est descendue lors de son baptĂȘme : il affirme en toute simplicitĂ© ĂȘtre le RĂ©dempeteur promis. Puisque son interlocuteur doute, il fait venir un possĂ©dĂ©, Ă  qui il n'a jamais parlĂ©. Le dĂ©mon s'agite quand il est devant le Fils de Dieu, et il affirme qu'il est le Saint de Dieu. JĂ©sus lui ordonne de se taire et de s'en aller. L'homme est guĂ©ri et son interlocuteur, vaincu, s'en va sous les moqueries de la foule.

Jésus fait plusieurs miracles physiques et il s'en va ensuite difficilement de la synagogue.

EMV 59.1-8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

59.1 Je vois la synagogue de CapharnaĂŒm. Elle est dĂ©jĂ  remplie d’une foule qui attend. Des gens, sur le seuil, surveillent la place encore ensoleillĂ©e, bien que l’on aille vers le soir.

Finalement, un cri s’élĂšve :

« Le Rabbi arrive ! »

Tous se retournent vers la sortie. Les moins grands montent sur la pointe des pieds ou cherchent Ă  se pousser en avant. Il y a mĂȘme quelques disputes et quelques bousculades malgrĂ© les reproches des employĂ©s de la synagogue et des notables de la citĂ©.

« La paix soit avec tous ceux qui cherchent la vérité ! »

JĂ©sus est sur le seuil et salue en bĂ©nissant, les bras tendus en avant. La lumiĂšre trĂšs vive qui vient de la place ensoleillĂ©e met en valeur sa grande taille et le nimbe de lumiĂšre. Il a quittĂ© son habit blanc et porte ses vĂȘtements ordinaires, bleu foncĂ©. Il s’avance Ă  travers la foule qui lui fait un passage, puis se resserre autour de lui, comme l’eau autour d’un navire.

59.2 « Je suis malade, guĂ©ris-moi ! » gĂ©mit un jeune homme qui me semble phtisique d’aprĂšs son aspect, et qui tient JĂ©sus par son vĂȘtement.

JĂ©sus lui pose la main sur la tĂȘte et lui dit :

« Aie confiance, Dieu t’écoutera, lĂąche-moi maintenant pour que je parle au peuple ; je viendrai Ă  toi plus tard. »

Le jeune homme le lĂąche et reste tranquille.

« Qu’est-ce qu’il t’a dit ? lui demande une femme qui porte un enfant sur ses bras.

– Il m’a dit qu’aprĂšs avoir parlĂ© au peuple, il viendra vers moi.

– Il te guĂ©rit, alors ?

– Je ne sais pas. Il m’a dit : “ Confiance. ” Moi, j’espùre.

– Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

– Qu’est-ce qu’il t’a dit ? »

La foule veut savoir. La réponse de Jésus circule parmi le peuple.

« Dans ce cas, je vais chercher mon enfant.

– Et moi, j’amùne ici mon vieux pùre.

– Ah ! Si AggĂ©e voulait venir ! Je vais essayer... mais il ne viendra pas. »

59.3 JĂ©sus a rejoint sa place. Il salue le chef de la synagogue qui en fait autant. C’est un homme de petite taille, gras et vieillot. JĂ©sus doit se pencher pour lui parler. On dirait un palmier qui s’incline vers un arbuste plus large que haut.

« Que veux-tu que je te donne ? demande le chef de la syna­gogue.

– Ce que tu veux ou bien au hasard, l’Esprit te guidera.

– Mais... seras-tu prĂ©parĂ© ?

– Je le suis. Prends au hasard. Je le rĂ©pĂšte : l’Esprit du Seigneur guidera ton choix pour le bien de ce peuple. »

Le chef de la synagogue Ă©tend la main sur le tas de rouleaux. Il en prend un, l’ouvre et s’arrĂȘte sur un passage donnĂ©.

« Voilà » dit-il.

JĂ©sus prend le rouleau et lit Ă  l’endroit indiquĂ© :

« “ LĂšve-toi et sanctifie le peuple et dis-leur : ‘ Sanctifiez-vous pour demain car ainsi parle YahvĂ©, le Dieu d’IsraĂ«l : L’anathĂšme est au milieu de toi, IsraĂ«l. Tu ne pourras pas tenir devant tes ennemis jusqu’à ce que vous ayez Ă©cartĂ© l’anathĂšme du milieu de vous. ’ ” »

Il s’arrĂȘte, roule le rouleau et le rend. La foule est trĂšs attentive. Seul quelqu’un chuchote :

« Nous allons en entendre de belles contre les ennemis !

– C’est le Roi d’IsraĂ«l, le Promis, qui rassemble son peuple ! »

59.4 Jésus tend les bras dans son attitude oratoire. Le silence est total.

« Celui qui est venu vous sanctifier s’est levĂ©. Il est sorti du secret de la maison oĂč il s’est prĂ©parĂ© Ă  cette mission. Il s’est purifiĂ© pour vous donner l’exemple de la purification. Il a pris position face aux puissants du Temple et au peuple de Dieu. Et maintenant, il est parmi vous. C’est moi ! Non pas comme le pensent et l’espĂšrent certains parmi vous qui ont l’esprit obscurci et le coeur troublĂ©. Plus grand et plus noble est le Royaume dont je suis le futur Roi et auquel je vous appelle.

Je vous appelle, hommes d’IsraĂ«l, avant tout autre peuple, parce que vous ĂȘtes ceux qui avez eu dans les pĂšres de vos pĂšres la promesse de cette heure et l’alliance avec le Seigneur TrĂšs-Haut. Mais ce ne sera pas Ă  l’aide de foules armĂ©es ni par quelque fĂ©roce effusion de sang que ce Royaume se formera. Ce ne sont pas les violents ni les dominateurs, pas plus que les orgueilleux, les irascibles, les envieux, les luxurieux, les gens cupides qui y entreront, mais les bons, les doux, les chastes, les misĂ©ricordieux, les humbles, les patients, ceux qui aiment Dieu et leur prochain.

IsraĂ«l ! Ce n’est pas contre les ennemis de l’extĂ©rieur que tu es appelĂ© Ă  combattre, mais contre les ennemis de l’intĂ©rieur, contre ceux qui se trouvent dans ton coeur, dans le coeur des dizaines de milliers de tes enfants. Otez l’anathĂšme du pĂ©chĂ© de tous vos coeurs si vous voulez que demain le Seigneur vous rassemble et vous dise : “ Mon peuple, reçois le Royaume qui ne sera plus vaincu, ni envahi, ni attaquĂ© par les ennemis. ”

Demain. Quand viendra ce lendemain ? Dans un an ou dans un mois ? Ne cherchez pas avec la soif malsaine de connaĂźtre l’avenir par des moyens qui ont le goĂ»t de coupables sorcelleries. Laissez aux paĂŻens l’esprit de la Pythie. Laissez au Dieu Ă©ternel le secret de son temps. Quant Ă  vous, dĂšs demain – le lendemain qui succĂšdera Ă  cette heure du soir, celui qui viendra de nuit et surgira avec le chant du coq –, venez vous purifier par une pĂ©nitence authentique.

Repentez-vous de vos pĂ©chĂ©s pour ĂȘtre pardonnĂ©s et prĂȘts pour le Royaume. Ecartez de vous l’anathĂšme du pĂ©chĂ©. Chacun a le sien. Chacun a celui qui est contraire aux dix commandements du salut Ă©ternel. Examinez-vous chacun sincĂšrement et vous trouverez le point sur lequel vous vous ĂȘtes trompĂ©s. Ayez-en humblement un repentir sincĂšre. Veuillez vous repentir, mais pas en paroles seulement. On ne se moque pas de Dieu et on ne le trompe pas. Mais repentez-vous avec la volontĂ© arrĂȘtĂ©e de changer de vie, de revenir Ă  la Loi du Seigneur. Le Royaume des Cieux vous attend. Demain.

Demain ? demandez-vous. Ah ! L’heure de Dieu est toujours un prompt lendemain, mĂȘme quand elle arrive au terme d’une longue vie comme celle des patriarches. L’éternitĂ© n’a pas, pour mesurer le temps, le lent Ă©coulement du sablier. Ces mesures du temps que vous appelez jours, mois, annĂ©es, siĂšcles sont les battements de coeur de l’Esprit Ă©ternel qui vous garde en vie. Mais vous ĂȘtes Ă©ternels spirituellement et vous devez, spirituellement, garder la mĂȘme mĂ©thode de mesure du temps que votre CrĂ©ateur. Par consĂ©quent, vous devez vous dire : “ Demain, ce sera le jour de ma mort ! ” Bien plus, il n’y a pas de mort pour celui qui est fidĂšle, mais un repos dans l’attente, dans l’attente du Messie qui ouvre les portes des Cieux.

En vérité, je vous déclare que parmi ceux qui sont ici présents, vingt-sept seulement devront attendre leur mort. Les autres seront jugés dÚs avant leur mort et celle-ci les fera passer à Dieu ou à Mammon sans délai, parce que le Messie est venu : il est parmi vous et vous appelle pour vous apporter la bonne nouvelle, vous instruire de la vérité, vous assurer le salut et le Ciel.

Faites pĂ©nitence ! Le “ demain ” du Royaume des Cieux est im­minent ; qu’il vous trouve purs pour devenir les possesseurs du Jour Ă©ternel !

La paix soit avec vous. »

59.5 Un israĂ©lite barbu aux vĂȘtements somptueux se lĂšve pour le contredire. Il dĂ©clare :

« MaĂźtre, ce que tu affirmes me paraĂźt en opposition avec ce qui est dit au Livre second des MaccabĂ©es, gloire d’IsraĂ«l. Il y est Ă©crit: “ Quand les pĂ©cheurs ne sont pas laissĂ©s longtemps Ă  eux-mĂȘmes, mais que les chĂątiments ne tardent pas Ă  les at­teindre, c’est une marque de grande bontĂ©. A l’égard des autres nations, le MaĂźtre attend avec longanimitĂ©, pour les chĂątier, qu’elles arrivent Ă  combler la mesure de leurs iniquitĂ©s. ” Toi, au contraire, tu parles comme si le TrĂšs-Haut pouvait ĂȘtre trĂšs lent Ă  nous punir, comme s’il nous attendait, Ă  l’instar des autres peuples, au temps du Jugement, quand la mesure des pĂ©chĂ©s sera comble. Vraiment, les faits t’apportent un dĂ©menti. IsraĂ«l est puni, comme le dit l’histoire des MaccabĂ©es. Mais, si c’était comme tu le prĂ©tends, n’y aurait-il pas un dĂ©saccord entre ton enseignement et celui qui ressort de la phrase que je t’ai rapportĂ©e ?

– J’ignore qui tu es ; mais qui que tu sois, je te rĂ©ponds. Il n’y a pas de dĂ©saccord dans la doctrine, mais dans la maniĂšre d’interprĂ©ter les paroles. Tu les interprĂštes d’une maniĂšre humaine, moi d’une maniĂšre spirituelle. En digne reprĂ©sentant de la majoritĂ© des hommes, tu vois tout dans une rĂ©fĂ©rence au prĂ©sent et Ă  ce qui passe. Moi, en reprĂ©sentant de Dieu, j’explique tout et en fais l’application Ă  l’éternel et au surnaturel. YahvĂ© vous a frappĂ©s, oui, dans le prĂ©sent, Ă  cause de votre orgueil et de votre prĂ©tention Ă  ĂȘtre un “ peuple ” selon les idĂ©es de la terre. Mais comme il vous a aimĂ©s ! Comme il a usĂ© de patience envers vous plus qu’envers aucun autre, en vous accordant, Ă  vous, le Sauveur, son Messie, pour que vous l’écoutiez et que vous vous sauviez avant l’heure de la colĂšre divine ! Il ne veut plus que vous soyez pĂ©cheurs. Mais s’il vous a frappĂ©s en ce monde qui passe, voyant que la blessure ne guĂ©rit pas, mais au contraire Ă©mousse toujours plus votre Ăąme, il vous envoie, non pas la punition, mais le salut. Il vous envoie celui qui vous guĂ©rit et vous sauve : moi, qui vous parle.

59.6 – Ne te trouves-tu pas prĂ©tentieux de te poser en reprĂ©sentant de Dieu ? Aucun des prophĂštes n’a eu cette audace, et toi... qui es-tu, toi qui parles, et sur l’ordre de qui parles-tu ?

– Les prophĂštes ne pouvaient dire d’eux-mĂȘmes ce que je dis de moi. Qui suis-je ? L’Attendu, le Promis, le RĂ©dempteur. Vous avez dĂ©jĂ  entendu celui qui m’a prĂ©cĂ©dĂ© proclamer : “ PrĂ©parez les voies du Seigneur... Voici que vient le Seigneur Dieu... Comme un berger il paĂźtra son troupeau, tout en Ă©tant l’Agneau de la vraie PĂąque ! ”

Il y a parmi vous des gens qui ont entendu ces paroles de la bouche du PrĂ©curseur et qui ont vu le ciel s’éclairer sous l’effet d’une lumiĂšre qui descendait en forme de colombe, qui ont entendu une voix qui disait qui j’étais. Sur l’ordre de qui je parle ? Sur l’ordre de Celui qui est et qui m’envoie.

– Certes, tu peux le dire, mais tu peux Ă©galement ĂȘtre un menteur ou ĂȘtre dans l’illusion. Tes paroles sont saintes, mais Satan lui aussi a des paroles trompeuses masquĂ©es de saintetĂ©, pour entraĂźner dans l’erreur. Nous, nous ne te connaissons pas.

– Je suis JĂ©sus, fils de Joseph, de la race de David, nĂ© Ă  BethlĂ©em Ephrata, selon la promesse, appelĂ© NazarĂ©en parce j’habite Nazareth. Cela, du point de vue du monde. Selon Dieu, je suis son Messie. Mes disciples le savent.

– Oh ! Eux, ils peuvent affirmer ce qu’ils veulent et ce que tu leur fais dire !

– Un autre parlera, qui ne m’aime pas et dira qui je suis. Attends que j’appelle une des personnes prĂ©sentes. »

59.7 JĂ©sus regarde la foule, Ă©tonnĂ©e de la discussion, choquĂ©e et divisĂ©e en opinions contraires. Il cherche quelqu’un avec ses yeux de saphir, puis crie Ă  haute voix :

« AggĂ©e, approche-toi, je te l’ordonne ! »

Murmures dans la foule qui s’ouvre pour laisser passer un homme secouĂ© de tremblements et soutenu par une femme.

« Connais-tu cet homme ?

– Oui, c’est AggĂ©e, fils de Malachie, d’ici, de CapharnaĂŒm. Il est possĂ©dĂ© par un esprit malin qui le fait entrer dans des accĂšs de folie furieuse et soudaine.

– Tout le monde le connaĂźt ? »

La foule crie :

« Oui, oui.

– Quelqu’un peut-il dire qu’il m’a parlĂ© ne serait-ce que quelques minutes ? »

La foule crie :

« Non, non, il est comme hĂ©bĂ©tĂ© et ne sort jamais de chez lui, et personne ne t’y a jamais vu.

– Femme, amĂšne-le moi. »

La femme le pousse et le traüne ; le pauvre homme tremble d’autant plus fort.

Le chef de la synagogue avertit Jésus :

« Attention ! Le dĂ©mon va le tourmenter... et alors il s’excite, griffe et mord. »

La foule s’écarte en se pressant contre les murs.

Les deux hommes sont dĂ©sormais en face l’un de l’autre. Un instant de rĂ©sistance. On dirait que l’homme, habituĂ© au mu­tisme, a du mal Ă  parler et gĂ©mit. Puis sa voix s’articule :

« Qu’y a-t-il entre toi et nous, JĂ©sus de Nazareth ? Pourquoi es-tu venu nous tourmenter, nous exterminer, toi, le MaĂźtre du ciel et de la terre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. Aucun ĂȘtre charnel ne fut plus grand que toi parce que dans ta chair d’homme est renfermĂ© l’Esprit du Vainqueur Ă©ternel. Tu m’as dĂ©jĂ  vaincu dans...

– Tais-toi et sors de lui, je te l’ordonne ! »

L’homme est pris d’une Ă©trange agitation. Il tremble par Ă -coups comme s’il y avait quelqu’un qui le maltraitait en le poussant et le secouant. Il hurle d’une voix inhumaine, Ă©cume, puis est plaquĂ© au sol d’oĂč il se relĂšve ensuite, Ă©tonnĂ© et guĂ©ri.

59.8 « Tu as entendu ? Que réponds-tu, maintenant ? » demande Jésus à son contradicteur.

L’homme barbu et bien habillĂ© hausse les Ă©paules et, vaincu, s’en va sans rĂ©pondre. La foule se moque de lui et applaudit JĂ©sus.

« Silence, c’est un lieu sacrĂ© », dit JĂ©sus, qui ordonne : « Amenez-moi le jeune homme Ă  qui j’ai promis l’aide de Dieu. »

Le malade se présente. Jésus le caresse :

« Tu as eu foi ! Sois guéri. Va en paix et sois juste. »

Le jeune homme pousse un cri, qui sait ce qu’il Ă©prouve ? Il se jette aux pieds de JĂ©sus et les baise en remerciant :

« Merci pour moi et pour ma mÚre ! »

D’autres malades viennent : un jeune enfant aux jambes paralysĂ©es. JĂ©sus le prend dans ses bras, le caresse, le pose Ă  terre... et le laisse. Au lieu de tomber, l’enfant court vers sa mĂšre qui le reçoit sur son coeur en pleurant, et bĂ©nit Ă  haute voix “ le Saint d’IsraĂ«l ”. Arrive un vieillard aveugle, conduit par sa fille. Lui aussi se voit guĂ©ri par une caresse sur ses orbites malades.

De la part de la foule, c’est un dĂ©lire de bĂ©nĂ©dictions.

JĂ©sus se fraye un chemin en souriant. MalgrĂ© sa haute taille il n’arriverait pas Ă  fendre la foule si Pierre, Jacques, AndrĂ© et Jean ne travaillaient du coude gĂ©nĂ©reusement, ne s’ouvraient un accĂšs depuis leur coin jusqu’à JĂ©sus et ne le protĂ©geaient jusqu’à la sortie sur la place, oĂč le soleil a disparu.

La vision se termine ainsi.

Annotation

Marc 1,21-28

Ils entrĂšrent Ă  CapharnaĂŒm. AussitĂŽt, le jour du sabbat, JĂ©sus se rendit Ă  la synagogue, et lĂ , il enseignait. On Ă©tait frappĂ© par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autoritĂ©, et non pas comme les scribes.

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmentĂ© par un esprit impur, qui se mit Ă  crier : « Que nous veux-tu, JĂ©sus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » JĂ©sus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappĂ©s de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? VoilĂ  un enseignement nouveau, donnĂ© avec autoritĂ© ! Il commande mĂȘme aux esprits impurs, et ils lui obĂ©issent. » Sa renommĂ©e se rĂ©pandit aussitĂŽt partout, dans toute la rĂ©gion de la GalilĂ©e.

Luc 4,33-37

Or, il y avait dans la synagogue un homme possĂ©dĂ© par l’esprit d’un dĂ©mon impur, qui se mit Ă  crier d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, JĂ©sus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » JĂ©sus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le dĂ©mon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autoritĂ© et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » Et la rĂ©putation de JĂ©sus se propageait dans toute la rĂ©gion.

EMV 59.2.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

59.2 « Je suis malade, guĂ©ris-moi ! » gĂ©mit un jeune homme qui me semble phtisique d’aprĂšs son aspect, et qui tient JĂ©sus par son vĂȘtement.

JĂ©sus lui pose la main sur la tĂȘte et lui dit :

« Aie confiance, Dieu t’écoutera, lĂąche-moi maintenant pour que je parle au peuple ; je viendrai Ă  toi plus tard. »

Le jeune homme le lĂąche et reste tranquille.

« Qu’est-ce qu’il t’a dit ? lui demande une femme qui porte un enfant sur ses bras.

– Il m’a dit qu’aprĂšs avoir parlĂ© au peuple, il viendra vers moi.

– Il te guĂ©rit, alors ?

– Je ne sais pas. Il m’a dit : “ Confiance. ” Moi, j’espùre.

– Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

– Qu’est-ce qu’il t’a dit ? »

La foule veut savoir. La réponse de Jésus circule parmi le peuple.

« Dans ce cas, je vais chercher mon enfant.

– Et moi, j’amùne ici mon vieux pùre.

– Ah ! Si AggĂ©e voulait venir ! Je vais essayer... mais il ne viendra pas. »

(...) [JĂ©sus a prĂȘchĂ© dans la synagogue et guĂ©ri un possĂ©dĂ©. Il dit alors :]

« Amenez-moi le jeune homme Ă  qui j’ai promis l’aide de Dieu. »

Le malade se présente. Jésus le caresse :

« Tu as eu foi ! Sois guéri. Va en paix et sois juste. »

Le jeune homme pousse un cri, qui sait ce qu’il Ă©prouve ? Il se jette aux pieds de JĂ©sus et les baise en remerciant :

« Merci pour moi et pour ma mÚre ! »

D’autres malades viennent : un jeune enfant aux jambes paralysĂ©es. JĂ©sus le prend dans ses bras, le caresse, le pose Ă  terre... et le laisse. Au lieu de tomber, l’enfant court vers sa mĂšre qui le reçoit sur son coeur en pleurant, et bĂ©nit Ă  haute voix “ le Saint d’IsraĂ«l ”. Arrive un vieillard aveugle, conduit par sa fille. Lui aussi se voit guĂ©ri par une caresse sur ses orbites malades.

De la part de la foule, c’est un dĂ©lire de bĂ©nĂ©dictions.

JĂ©sus se fraye un chemin en souriant. MalgrĂ© sa haute taille il n’arriverait pas Ă  fendre la foule si Pierre, Jacques, AndrĂ© et Jean ne travaillaient du coude gĂ©nĂ©reusement, ne s’ouvraient un accĂšs depuis leur coin jusqu’à JĂ©sus et ne le protĂ©geaient jusqu’à la sortie sur la place, oĂč le soleil a disparu.

La vision se termine ainsi.

Détail

Un malade demande à Jésus :

EMV 59.4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Ecartez de vous l’anathĂšme du pĂ©chĂ©. Chacun a le sien. Chacun a celui qui est contraire aux dix commandements du salut Ă©ternel. Examinez-vous chacun sincĂšrement et vous trouverez le point sur lequel vous vous ĂȘtes trompĂ©s. Ayez-en humblement un repentir sincĂšre. Veuillez vous repentir, mais pas en paroles seulement. On ne se moque pas de Dieu et on ne le trompe pas. Mais repentez-vous avec la volontĂ© arrĂȘtĂ©e de changer de vie, de revenir Ă  la Loi du Seigneur. Le Royaume des Cieux vous attend.

Demain ? demandez-vous. Ah ! L’heure de Dieu est toujours un prompt lendemain, mĂȘme quand elle arrive au terme d’une longue vie comme celle des patriarches. L’éternitĂ© n’a pas, pour mesurer le temps, le lent Ă©coulement du sablier. Ces mesures du temps que vous appelez jours, mois, annĂ©es, siĂšcles sont les battements de coeur de l’Esprit Ă©ternel qui vous garde en vie. Mais vous ĂȘtes Ă©ternels spirituellement et vous devez, spirituellement, garder la mĂȘme mĂ©thode de mesure du temps que votre CrĂ©ateur. Par consĂ©quent, vous devez vous dire : “ Demain, ce sera le jour de ma mort ! ” Bien plus, il n’y a pas de mort pour celui qui est fidĂšle, mais un repos dans l’attente, dans l’attente du Messie qui ouvre les portes des Cieux.

EMV 59.6-8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

59.6 – Ne te trouves-tu pas prĂ©tentieux de te poser en reprĂ©sentant de Dieu ? Aucun des prophĂštes n’a eu cette audace, et toi... qui es-tu, toi qui parles, et sur l’ordre de qui parles-tu ?

– Les prophĂštes ne pouvaient dire d’eux-mĂȘmes ce que je dis de moi. Qui suis-je ? L’Attendu, le Promis, le RĂ©dempteur. Vous avez dĂ©jĂ  entendu celui qui m’a prĂ©cĂ©dĂ© proclamer : “ PrĂ©parez les voies du Seigneur... Voici que vient le Seigneur Dieu... Comme un berger il paĂźtra son troupeau, tout en Ă©tant l’Agneau de la vraie PĂąque ! ”

Il y a parmi vous des gens qui ont entendu ces paroles de la bouche du PrĂ©curseur et qui ont vu le ciel s’éclairer sous l’effet d’une lumiĂšre qui descendait en forme de colombe, qui ont entendu une voix qui disait qui j’étais. Sur l’ordre de qui je parle ? Sur l’ordre de Celui qui est et qui m’envoie.

– Certes, tu peux le dire, mais tu peux Ă©galement ĂȘtre un menteur ou ĂȘtre dans l’illusion. Tes paroles sont saintes, mais Satan lui aussi a des paroles trompeuses masquĂ©es de saintetĂ©, pour entraĂźner dans l’erreur. Nous, nous ne te connaissons pas.

– Je suis JĂ©sus, fils de Joseph, de la race de David, nĂ© Ă  BethlĂ©em Ephrata, selon la promesse, appelĂ© NazarĂ©en parce j’habite Nazareth. Cela, du point de vue du monde. Selon Dieu, je suis son Messie. Mes disciples le savent.

– Oh ! Eux, ils peuvent affirmer ce qu’ils veulent et ce que tu leur fais dire !

– Un autre parlera, qui ne m’aime pas et dira qui je suis. Attends que j’appelle une des personnes prĂ©sentes. »

59.7 JĂ©sus regarde la foule, Ă©tonnĂ©e de la discussion, choquĂ©e et divisĂ©e en opinions contraires. Il cherche quelqu’un avec ses yeux de saphir, puis crie Ă  haute voix :

« AggĂ©e, approche-toi, je te l’ordonne ! »

Murmures dans la foule qui s’ouvre pour laisser passer un homme secouĂ© de tremblements et soutenu par une femme.

« Connais-tu cet homme ?

– Oui, c’est AggĂ©e, fils de Malachie, d’ici, de CapharnaĂŒm. Il est possĂ©dĂ© par un esprit malin qui le fait entrer dans des accĂšs de folie furieuse et soudaine.

– Tout le monde le connaĂźt ? »

La foule crie :

« Oui, oui.

– Quelqu’un peut-il dire qu’il m’a parlĂ© ne serait-ce que quelques minutes ? »

La foule crie :

« Non, non, il est comme hĂ©bĂ©tĂ© et ne sort jamais de chez lui, et personne ne t’y a jamais vu.

– Femme, amĂšne-le moi. »

La femme le pousse et le traüne ; le pauvre homme tremble d’autant plus fort.

Le chef de la synagogue avertit Jésus :

« Attention ! Le dĂ©mon va le tourmenter... et alors il s’excite, griffe et mord. »

La foule s’écarte en se pressant contre les murs.

Les deux hommes sont dĂ©sormais en face l’un de l’autre. Un instant de rĂ©sistance. On dirait que l’homme, habituĂ© au mu­tisme, a du mal Ă  parler et gĂ©mit. Puis sa voix s’articule :

« Qu’y a-t-il entre toi et nous, JĂ©sus de Nazareth ? Pourquoi es-tu venu nous tourmenter, nous exterminer, toi, le MaĂźtre du ciel et de la terre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. Aucun ĂȘtre charnel ne fut plus grand que toi parce que dans ta chair d’homme est renfermĂ© l’Esprit du Vainqueur Ă©ternel. Tu m’as dĂ©jĂ  vaincu dans...

– Tais-toi et sors de lui, je te l’ordonne ! »

L’homme est pris d’une Ă©trange agitation. Il tremble par Ă -coups comme s’il y avait quelqu’un qui le maltraitait en le poussant et le secouant. Il hurle d’une voix inhumaine, Ă©cume, puis est plaquĂ© au sol d’oĂč il se relĂšve ensuite, Ă©tonnĂ© et guĂ©ri.

59.8 « Tu as entendu ? Que réponds-tu, maintenant ? » demande Jésus à son contradicteur.

L’homme barbu et bien habillĂ© hausse les Ă©paules et, vaincu, s’en va sans rĂ©pondre. La foule se moque de lui et applaudit JĂ©sus.

« Silence, c’est un lieu sacrĂ© », dit JĂ©sus, qui ordonne : « Amenez-moi le jeune homme Ă  qui j’ai promis l’aide de Dieu. »

Le malade se présente. Jésus le caresse :

« Tu as eu foi ! Sois guéri. Va en paix et sois juste. »

Le jeune homme pousse un cri, qui sait ce qu’il Ă©prouve ? Il se jette aux pieds de JĂ©sus et les baise en remerciant :

« Merci pour moi et pour ma mÚre ! »

Détail

En 59.2, la femme d'Aggée, un possédé, entend que le Christ va certainement guérir des malades aprÚs sa prédication. Elle dit alors : "Ah ! Si Aggée voulait venir ! Je vais essayer... mais il ne viendra pas."

JĂ©sus prĂȘche et il est contestĂ© par un homme, qui semble douter qu'il est le Messie. JĂ©sus affirme alors qu'un autre parlera et dira qui il est.

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Détail

Pierre demande Ă  JĂ©sus de venir dans sa maison, Ă  CapharnaĂŒm (qui est la maison de sa femme et de sa belle-mĂšre en vĂ©ritĂ©). Sa belle-mĂšre est malade et Simon demande Ă  son MaĂźtre de la guĂ©rir. JĂ©sus va donc sur place et on rencontre les belles-soeurs de Pierre. L'une d'elle leur apprend que sa belle-maman a une forte fiĂšvre et qu'elle ne mange plus. Le mĂ©decin a mĂȘme dit qu'elle allait mourir. JĂ©sus entre cependant dans la chambre et fait un miracle. Toute surprise, la belle-mĂšre de Simon ne pense mĂȘme pas Ă  remercier le MaĂźtre, ou alors de maniĂšre un peu tard. Pierre en est estomaquĂ© et JĂ©sus lui dit de laisser faire. Il raconte qu'il y en aura d'autres, comme ça, et qu'il y en a m^me eu Ă  Nazareth, alors qu'il a sauvĂ© la maman de l'enfant Sarah. Pierre ne supporte pas qu'on n'aime pas le Christ, mais celui-ci lui affirme qu'il y aura bien d'autres animositĂ©s, dont les "saints" qui mĂ©prisent les publicains, les prostituĂ©es, les paĂŻens et les pĂ©cheurs, alors que ceux-ci les surpasseront.

La belle-mĂšre de Pierre revient et leur offre un repas. Elle fait alors des reproches Ă  son gendre et JĂ©sus l'encourage Ă  revenir habiter dans la maison de CapharnaĂŒm. Jean, Jacques y viendront aussi, comme ils sont associĂ©s.

Enfin surgit l'enfant Jacques qui vient remettre une bourse d'un inconnu. Pierre veut savoir de qui il s'agit mais l'enfant se tait... Et Jésus aussi.

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Jésus me dit ensuite, à moi, pour moi :

Le salut que tu aimes tant : mon salut : "La paix soit avec toi". Ce doit ĂȘtre ton salut avec tous. MĂȘme si c'Ă©tait mon Vicaire, salue comme j'ai saluĂ© et enseignĂ© Ă  saluer. La Paix, n'est-ce pas Dieu lui-mĂȘme ? La paix, en qui nous econnaissons la plus belle des choses, n'est-ce pas louer Dieu Lui-mĂȘme, quand on la loue ? Alors, dis : "La paix soit avec toi". Pas avec vous mais avec toi. Comme je le disais. Et quand parfois il t'arrive de devoir entrer dans une maison, dis : "La paix soit Ă  cette maison". Il n'y a pas de salut plus amble, plus doux, plus saint, qui rappelle davantage mon souvenir que celui-lĂ .

Adieu. La paix soit avec toi."

EMV 60.1-6 · Tome 1

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60.1 Pierre parle à Jésus. Il dit :

« MaĂźtre, je voudrais te prier de venir dans ma maison. Je n’ai pas osĂ© te le dire au dernier sabbat, mais... je voudrais que tu viennes.

– A Bethsaïde ?

– Non, ici... dans la maison de ma femme, sa maison natale, je veux dire.

– Pourquoi ce dĂ©sir, Pierre ?

– Euh... pour plusieurs raisons... et puis, aujourd’hui, on m’a appris que ma belle-mĂšre est malade. Si tu voulais la guĂ©rir, peut-ĂȘtre que...

– Achùve, Simon.

– Je voulais dire... Si tu venais auprĂšs d’elle, elle finirait... oui, en somme, tu sais, une chose est d’entendre parler de quelqu’un mais autre chose est de le voir et de l’entendre; et si ce quelqu’un, ensuite, la guĂ©rit, alors...

– Alors l’animositĂ© tombe, tu veux dire.

– Non, pas l’animositĂ©. Mais, tu sais... le village est divisĂ© entre plusieurs opinions, et elle... ne sait Ă  qui donner raison. Viens, JĂ©sus.

– Je viens, allons-y. Avertis ceux qui attendent que je parlerai ce soir chez toi. »

60.2 Ils se dirigent vers une maison basse, plus basse encore que celle de Pierre Ă  BethsaĂŻde, et encore plus proche du lac. Elle en est sĂ©parĂ©e par une bande de grĂšve, et je crois que pendant les tempĂȘtes les vagues viennent mourir contre le mur de la maison qui, si elle est basse, est en revanche trĂšs large comme pour loger beaucoup de monde.

Dans le jardin qui s’étend devant la maison, du cĂŽtĂ© du lac, il n’y a qu’une vieille vigne noueuse qui couvre une tonnelle rus­tique et un vieux figuier que les vents venant du lac ont complĂštement inclinĂ© vers la maison. Le feuillage Ă©bouriffĂ© de l’arbuste frĂŽle les murs et bat contre le chĂąssis des fenĂȘtres, fermĂ©es pour s’abriter du soleil ardent qui frappe la petite maison. Il n’y a que ce figuier, cette vigne et un puits au muret bas et verdĂątre.

« Entre, Maßtre. »

Des femmes sont occupĂ©es dans la cuisine, qui Ă  rĂ©parer les filets, qui Ă  prĂ©parer le repas... Elles saluent Pierre, puis s’inclinent, toutes confuses, devant JĂ©sus. En mĂȘme temps, elles le dĂ©visagent avec curiositĂ©.

« La paix soit à cette maison. Comment va la malade ?

– Parle, toi qui es sa belle-fille la plus ĂągĂ©e, disent trois femmes Ă  l’une d’elles qui est en train de s’essuyer les mains sur un pan de son vĂȘtement.

– Elle a une forte fiĂšvre, une trĂšs forte fiĂšvre. Nous l’avons montrĂ©e au mĂ©decin, mais il dit qu’elle est trop vieille pour guĂ©rir et que quand ce mal passe des os au coeur et donne de la fiĂšvre, surtout Ă  cet Ăąge-lĂ , on meurt. Elle ne mange plus... J’essaie de lui faire des repas appĂ©tissants, mĂȘme maintenant, tu vois, Simon ? Je lui prĂ©parais cette soupe qui lui plaisait tant. J’ai choisi les meilleurs poissons parmi ceux de tes beaux-frĂšres, mais je ne crois pas qu’elle pourra la manger. Et puis... elle est tellement agitĂ©e. Elle se lamente, elle crie, elle pleure, elle ronchonne...

– Prenez patience, comme si elle Ă©tait votre mĂšre, et vous en aurez le mĂ©rite auprĂšs de Dieu. 60.3 Conduisez-moi auprĂšs d’elle.

– Rabbi... Rabbi... je ne sais si elle voudra te voir. Elle ne veut voir personne. Je n’ose pas lui dire : “ Je vais t’amener le Rabbi. ” »

JĂ©sus sourit sans perdre son calme. Il se tourne vers Pierre : « C’est Ă  toi d’agir, Simon. Tu es un homme et le plus ĂągĂ© des gendres, m’as-tu dit. Va. »

Pierre fait une grimace significative et obĂ©it. Il traverse la cuisine, entre dans une piĂšce et, Ă  travers la porte fermĂ©e derriĂšre lui, je l’entends parler avec une femme. Il sort la tĂȘte et une main et dit :

« Viens, MaĂźtre, fais vite » et il ajoute plus bas, Ă  peine intelligiblement : « Avant qu’elle ne change d’idĂ©e. »

Jésus traverse rapidement la cuisine et ouvre toute grande la porte. Debout sur le seuil, il dit sa douce et solennelle salutation :

« Que la paix soit avec toi. »

Il entre, bien qu’on n’ait pas rĂ©pondu, et se dirige vers une couche basse sur laquelle est Ă©tendue une petite femme, toute grise, amaigrie, essoufflĂ©e par la forte fiĂšvre qui rougit son visage enflammĂ©.

Jésus se penche sur le lit, sourit à la petite vieille :

« Tu as mal ?

– Je meurs !

– Non, tu ne vas pas mourir. Peux-tu croire que je peux te guĂ©rir ?

– Et pourquoi le ferais-tu ? Tu ne me connais pas.

– GrĂące Ă  Simon, qui m’en a priĂ©... et aussi pour toi, pour donner Ă  ton Ăąme le temps de voir et d’aimer la LumiĂšre.

– Simon ? Il ferait mieux de... Comment donc Simon a-t-il pensĂ© Ă  moi ?

– C’est qu’il est meilleur que tu ne le crois. Je le connais, et je sais. Je le connais et je suis heureux de l’exaucer.

– Tu me guĂ©ris, alors ? Je ne mourrai plus ?

– Non, femme, pour l’instant tu ne mourras pas. Peux-tu croire en moi ?

– Je crois, je crois. Il me suffit de ne pas mourir ! »

60.4 JĂ©sus sourit encore. Il la prend par la main. La main ru­gueuse, aux veines gonflĂ©es disparaĂźt dans la main juvĂ©nile de JĂ©sus, qui se redresse et prend l’attitude qu’il a habituellement pour accomplir un miracle. Il crie :

« Sois guérie ! Je le veux ! LÚve-toi ! »

Et il lĂąche la main de la femme. Elle retombe sans que la petite vieille se plaigne, alors qu’auparavant, quand JĂ©sus la lui avait prise, bien que ce fĂ»t avec une grande dĂ©licatesse, le mouvement avait arrachĂ© une plainte Ă  la malade.

Un bref temps de silence. Puis la femme s’écrie Ă  haute voix :

« Oh ! Dieu de nos pĂšres ! Mais je n’ai plus rien ! Mais je suis guĂ©rie ! Venez, venez ! »

Les belles-filles accourent.

« Regardez donc, dit la femme, je bouge et ne sens plus de douleur ! Et je n’ai plus de fiĂšvre ! Regardez comme je suis fraĂźche ! Mon coeur ne me donne plus l’impression d’ĂȘtre le marteau du forgeron. Ah ! Je ne meurs plus ! »

Pas un seul mot pour le Seigneur.

Mais Jésus ne s'en formalise pas. Il dit à la plus ùgée des belles-filles :

« Habillez-la pour qu’elle se lĂšve. Elle le peut. »

Et il s’écarte pour sortir.

Confus, Simon se tourne vers sa belle-mĂšre :

« Le MaĂźtre t’a guĂ©rie. Tu ne lui dis rien ?

– Bien sĂ»r que si ! Je n’y pensais pas. Merci, que puis-je faire pour te remercier ?

– Etre bonne, trĂšs bonne, car l’Eternel a Ă©tĂ© bon avec toi. Et, si cela ne t’ennuie pas, permets-moi de me reposer aujourd’hui chez toi. J’ai parcouru pendant la semaine tous les environs et je suis arrivĂ© Ă  l’aube, ce matin. Je suis fatiguĂ©.

– Certainement, certainement ! Reste donc si cela t’arrange. »

Mais il y a peu d’enthousiasme dans ses mots.

60.5 JĂ©sus va s’asseoir dans le jardin en compagnie de Pierre, AndrĂ©, Jacques et Jean.

« Maßtre !...

– Mon Pierre ?

– Je suis confus. »

Jésus fait un geste, comme pour dire : « Laisse donc ! » Puis il dit :

« Ce n’est ni la premiĂšre ni la derniĂšre fois qu’on ne me remercie pas tout de suite. Mais je ne cherche pas la reconnaissance. Il me suffit de donner aux Ăąmes le moyen de se sauver. Je fais mon devoir. A elles de faire le leur.

– Ah ! Y en a-t-il eu d’autres comme celle-lĂ  ? OĂč ?

– Simon, tu es bien curieux ! Mais je veux te contenter, bien que je n’aime pas les curiositĂ©s inutiles. C’était Ă  Nazareth. Tu te rappelles la maman de Sarah ? Elle Ă©tait trĂšs malade quand nous sommes arrivĂ©s Ă  Nazareth et on nous a dit que la petite fille pleurait. Pour ne pas faire d’elle, qui est bonne et douce, une orpheline et plus tard la fille d’un second mariage, je suis allĂ© trouver la femme... Je voulais la guĂ©rir... mais je n’avais pas encore posĂ© le pied sur le seuil que son mari et un frĂšre me chassĂšrent en disant : “ Va-t’en, va-t’en ! Nous ne voulons pas d’ennuis avec la synagogue. ” Pour eux, pour trop de gens, je suis dĂ©jĂ  un rebelle... Je l’ai guĂ©rie tout de mĂȘme... Ă  cause de ses enfants. Et j’ai dit Ă  Sarah, qui Ă©tait dans le jardin, en la caressant : “ Je guĂ©ris ta mĂšre. Rentre Ă  la maison. Ne pleure plus. ” A l’instant mĂȘme la femme fut guĂ©rie et la petite fille lui a tout racontĂ©, ainsi qu’à son pĂšre et Ă  son oncle... Mais on l’a punie pour m’avoir parlĂ©. Je le sais, car l’enfant a couru derriĂšre moi pendant que je quittais le village... Mais peu importe.

– Moi, je l’aurais fait redevenir malade !

– Pierre ! » JĂ©sus est sĂ©vĂšre. « C’est cela que je vous ai enseignĂ©, Ă  toi et aux autres ? Qu’as-tu entendu sur mes lĂšvres, la premiĂšre fois que je t’ai parlĂ© ? Quelle condition premiĂšre ai-je toujours demandĂ©e pour ĂȘtre mes vrais disciples ?

– C’est vrai, MaĂźtre. Je suis vraiment bĂȘte. Pardonne-moi. Mais... je ne peux supporter qu’on ne t’aime pas !

– Ah ! Pierre, tu verras bien d’autres animositĂ©s ! Tu auras tant de surprises, Pierre ! Des personnes que les gens soi-disant “ saints ” mĂ©prisent comme des publicains et qui seront au contraire un exemple pour le monde, un exemple que ne suivront pas ceux qui les dĂ©daignent. Des paĂŻens qui compteront parmi les plus grands fidĂšles, des prostituĂ©es qui deviendront pures Ă  force de volontĂ© et de pĂ©nitence, des pĂ©cheurs qui se corrigeront...

– Ecoute : qu’un pĂ©cheur se convertisse... passe encore. Mais une prostituĂ©e et un publicain !

– Tu ne le crois pas ?

– Moi, non.

– Tu es dans l’erreur, Simon. 60.6 Mais voici ta belle-mùre qui vient vers nous.

– Maütre... je te prie de t’asseoir à ma table.

– Merci, femme. Que Dieu t’en rĂ©compense ! »

Ils entrent dans la cuisine et s’asseyent. La vieille femme sert les hommes en leur distribuant gĂ©nĂ©reusement une soupe de poisson et du poisson grillĂ©.

« Je n’ai rien d’autre » s’excuse-t-elle.

Et, pour ne pas perdre l’habitude, elle dit à Pierre :

« Ils n’en font que trop, tes beaux-frĂšres, car ils sont restĂ©s seuls, depuis que tu es allĂ© Ă  BethsaĂŻde ! Si au moins cela avait servi Ă  enrichir ma fille... Mais je me rends compte que bien souvent tu es absent et que tu ne pĂȘches pas.

– J’ai suivi le MaĂźtre. Je suis allĂ© avec lui Ă  JĂ©rusalem et, le sabbat, je reste avec lui. Je ne perds pas mon temps Ă  faire la fĂȘte.

– Mais tu ne gagnes rien. Tu ferais mieux, puisque tu veux faire le domestique du prophĂšte, de t’établir ici de nouveau. Au moins, pendant que tu fais le saint, ma pauvre fille aurait des parents pour la nourrir.

– Tu n’as pas honte de parler ainsi devant celui qui t’a guĂ©rie ?

– Mais ce n’est pas lui que je critique. Lui, il fait son mĂ©tier. Je te critique toi, qui fais le fainĂ©ant, car tu ne seras jamais prophĂšte ni prĂȘtre. Tu es un ignorant et un pĂ©cheur, un bon Ă  rien.

– Heureusement qu’il est là, sinon...

– Simon, ta belle-mĂšre t’a donnĂ© un excellent conseil. Tu peux aller Ă  la pĂȘche depuis ici. Tu pĂȘchais mĂȘme Ă  CapharnaĂŒm auparavant, il me semble. Tu peux y revenir maintenant.

– Et habiter de nouveau ici? Mais, Maütre tu ne...

– Sois bon, mon Pierre. Si tu es ici, tu seras sur le lac ou avec moi. Par consĂ©quent, qu’est-ce que cela peut te faire d’habiter dans cette maison ? »

JĂ©sus a posĂ© la main sur l’épaule de Pierre et on dirait que le calme de JĂ©sus passe dans le bouillant apĂŽtre.

« Tu as raison. Tu as toujours raison. Je le ferai. Mais... et eux ? »

Il désigne Jacques et Jean, ses associés.

« Ne peuvent-ils pas venir, eux aussi ?

– Oh ! Notre pùre et notre mùre surtout seront toujours plus heureux de nous savoir avec toi qu’avec eux. Ils ne s’y opposeront pas.

– Peut-ĂȘtre aussi que ZĂ©bĂ©dĂ©e viendra, dit Pierre.

– C’est plus que probable, et d’autres avec lui. Nous viendrons, Maütre, nous viendrons sans faute.

Détail

Remarque : Il y a deux miracles dans cet extrait, celui de la belle-mĂšre de Pierre, et celui de la maman de l'enfant Sarah, Ă  Nazareth (cf. 60.5).

Annotation

Matthieu 8, 14-15

Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mÚre couchée avec de la fiÚvre. Il lui toucha la main, et la fiÚvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.

Marc 1, 29-31

AussitĂŽt sortis de la synagogue, ils allĂšrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’AndrĂ©. Or, la belle-mĂšre de Simon Ă©tait au lit, elle avait de la fiĂšvre. AussitĂŽt, on parla Ă  JĂ©sus de la malade. JĂ©sus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fiĂšvre la quitta, et elle les servait.

Luc 4,38-39

JĂ©sus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mĂšre de Simon Ă©tait oppressĂ©e par une forte fiĂšvre, et on demanda Ă  JĂ©sus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fiĂšvre, et la fiĂšvre la quitta. À l’instant mĂȘme, la femme se leva et elle les servait.