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EMV 17.8-15 · Tome 1, p. 115-120

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

17.8 Marie dit :

« Lorsque j’eus compris la mission Ă  laquelle Dieu m’appelait, je fus comblĂ©e de joie ; de joie, mon coeur s’ouvrit comme un lys fermĂ©, et il en sortit le sang qui servit de terreau au Germe du Seigneur.

17.9 Joie d’ĂȘtre mĂšre.

Je m’étais consacrĂ©e Ă  Dieu dĂšs mon plus jeune Ăąge, car la lumiĂšre du TrĂšs-Haut m’avait Ă©clairĂ©e sur la cause du mal du monde, et j’avais voulu, pour autant que c’était en mon pouvoir, effacer en moi l’empreinte de Satan.

J’ignorais que j’étais sans tache. Je ne pouvais l’imaginer. Cette seule pensĂ©e aurait Ă©tĂ© de la prĂ©somption, de l’orgueil, car, Ă©tant nĂ©e de parents humains, il ne m’était pas permis de penser que c’était moi l’Elue appelĂ©e Ă  ĂȘtre l’ImmaculĂ©e.

L’Esprit de Dieu m’avait instruite sur la douleur du PĂšre devant la corruption d’Eve qui, alors qu’elle Ă©tait une crĂ©ature de grĂące, avait voulu s’abaisser au niveau d’une crĂ©ature infĂ©rieure. J’avais le dĂ©sir d’adoucir cette douleur en Ă©levant ma chair Ă  une puretĂ© angĂ©lique par la volontĂ© de me garder inviolĂ©e de toute pensĂ©e, de tout dĂ©sir et de tout contact humain. Mon coeur ne battrait que pour mon Dieu, mon ĂȘtre tout entier ne serait qu’à lui. Mais si je ne connaissais pas la fiĂšvre brĂ»lante de la chair, il y avait encore le sacrifice de ne pas ĂȘtre mĂšre.

Exempte de tout ce qui maintenant l’abĂźme, la maternitĂ© avait aussi Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  Eve par le PĂšre crĂ©ateur. Sans la pesanteur de la voluptĂ©, comme cette maternitĂ© Ă©tait douce et pure ! J’en ai fait l’expĂ©rience ! De quoi Eve ne s’est-elle pas appauvrie en renonçant Ă  cette richesse ! Plus que de l’immortalitĂ© ! Que cela ne vous paraisse pas exagĂ©rĂ©. Mon JĂ©sus et moi, sa MĂšre, avec lui, nous avons connu la langueur de la mort. Pour ma part, le doux affaiblissement d’une personne fatiguĂ©e qui s’endort, et lui l’atroce anĂ©antissement du condamnĂ©. La mort est donc survenue pour nous aussi. Mais la maternitĂ© sans violation d’aucune sorte, je suis seule Ă  l’avoir connue, moi la nouvelle Eve, afin de pouvoir dire au monde quelle est la douceur du sort de la femme appelĂ©e Ă  ĂȘtre mĂšre sans souffrance aucune. Et le dĂ©sir de cette maternitĂ© pure pouvait exister et existait rĂ©ellement dans la vierge toute donnĂ©e Ă  Dieu, parce qu’elle fait la gloire de la femme. Si en outre vous pensez au grand honneur dans lequel les Juifs tenaient la femme mĂšre, vous imaginerez d’autant mieux quel avait Ă©tĂ© mon sacrifice en acceptant par mon voeu cette privation.

Or la BontĂ© Ă©ternelle accorda ce don Ă  sa servante sans m’îter la puretĂ© dont j’avais Ă©tĂ© revĂȘtue pour devenir une fleur sur son trĂŽne. Et j’exultais de la double joie d’ĂȘtre mĂšre d’un homme et mĂšre de Dieu.

17.10 Joie d’ĂȘtre celle par qui la paix rĂ©conciliait le Ciel avec la terre.

Oh ! Avoir dĂ©sirĂ© cette paix par amour de Dieu et du prochain, et savoir que c’est par mon intermĂ©diaire Ă  moi, pauvre servante du Tout-Puissant, qu’elle venait au monde ! Dire : “ Ô hommes, ne pleurez plus. Je porte en moi le secret qui vous rendra heureux. Je ne puis vous le rĂ©vĂ©ler, parce qu’il est scellĂ© en moi, dans mon coeur, tout comme le Fils de Dieu est enfermĂ© dans mon sein inviolĂ©. Mais dĂ©jĂ  je vous l’apporte, et chaque heure qui passe rapproche le moment oĂč vous le verrez et en connaĂźtrez le nom saint. ”

17.11 Joie d’avoir rendu Dieu heureux : joie de croyante pour son Dieu empli de joie !

Avoir ĂŽtĂ© du coeur de Dieu l’amertume de la dĂ©sobĂ©issance d’Eve, de son orgueil, de son incrĂ©dulitĂ© !

Mon JĂ©sus t’a expliquĂ© de quelle faute le premier couple s’est entachĂ©. J’ai effacĂ© cette faute en remontant Ă  rebours les Ă©tapes de sa descente.

17.12 L’origine de la faute se situe dans la dĂ©sobĂ©issance. “ Vous ne mangerez pas de cet arbre ”, avait dit Dieu. Or l’homme et la femme, ces rois de la crĂ©ation, qui pouvaient manger de tout exceptĂ© de cela, parce que Dieu voulait que les anges seuls leur soient supĂ©rieurs, ne tinrent pas compte de cette interdiction.

L’arbre, c’était le moyen de mettre Ă  l’épreuve l’obĂ©issance de ses enfants.

Qu’est-ce qu’obĂ©ir au commandement de Dieu ? C’est agir bien, car Dieu ne commande que le bien. Qu’est-ce que dĂ©sobĂ©ir ? C’est agir mal, car cela crĂ©e en l’homme une disposition Ă  la rĂ©bellion, terrain propice Ă  l’action de Satan.

Eve s’approche de l’arbre : elle aurait dĂ» fuir pour en recevoir le bien, mais son geste lui a valu le mal. Elle se laisse entraĂźner par la curiositĂ© puĂ©rile de voir ce qu’il pouvait bien avoir de spĂ©cial, par l’imprudence qui lui fait juger inutile le commandement de Dieu, Ă©tant donnĂ© qu’elle est forte et pure, reine de l’Eden oĂč tout lui est soumis et oĂč rien ne saurait lui faire du mal. Sa prĂ©somption la perd, cette prĂ©somption qui est dĂ©jĂ  le levain de l’orgueil.

C’est le SĂ©ducteur qu’elle trouve auprĂšs de l’arbre : face Ă  son inexpĂ©rience, Ă  sa pure et si belle inexpĂ©rience, Ă  la faiblesse de son inexpĂ©rience, il entonne la chanson du mensonge : “ Penses-tu qu’il y ait quoi que ce soit de mal ? Mais non ! Dieu te l’a dit parce qu’il veut vous garder esclaves de son pouvoir. Vous vous prenez pour des rois ? Vous ĂȘtes moins libres qu’une bĂȘte sauvage. Elle, au moins, a eu le droit d’aimer d’un amour vĂ©ritable. Pas vous. Elle a le droit d’ĂȘtre crĂ©atrice comme Dieu. Elle en­gendre des enfants et voit grandir Ă  souhait sa famille. Pas vous. Cette joie vous est refusĂ©e. A quoi bon vous avoir fait homme et femme si c’est pour vivre de cette maniĂšre ? Soyez des dieux. Ne connaissez-vous pas la joie d’ĂȘtre deux en une seule chair, qui en crĂ©e une troisiĂšme et ainsi de suite ? Ne croyez pas aux pro­messes de Dieu de jouir de votre postĂ©ritĂ© en voyant vos enfants crĂ©er de nouvelles familles, aprĂšs avoir quittĂ© pĂšre et mĂšre pour elles. Il vous a donnĂ© un semblant de vie. La vraie vie, c’est d’en con­naĂźtre les lois. Alors vous serez comme des dieux et vous pourrez dire Ă  Dieu : ‘ Nous sommes tes Ă©gaux. ’ ”

Et la sĂ©duction a continuĂ©, parce que Eve n’a pas eu la volontĂ© de la repousser, mais plutĂŽt de la suivre et d’expĂ©rimenter ce qu’il n’appartenait pas Ă  l’homme de connaĂźtre. C’est ainsi que l’arbre interdit est devenu rĂ©ellement mortel pour la race hu­maine, car ses branches portent le fruit de l’amĂšre connaissance qui vient de Satan. La femme devient femelle et, le levain de la connaissance satanique dans le coeur, elle va corrompre Adam. Leur chair ainsi avilie, leur sens moral corrompu, l’esprit dĂ©gradĂ©, ils connurent alors la douleur et la mort de l’ñme privĂ©e de la grĂące et de la chair privĂ©e de l’immortalitĂ©. La blessure d’Eve engendra la souffrance, qui ne sera pas apaisĂ©e avant la mort du dernier couple sur terre.

17.13 Moi, j’ai parcouru en sens contraire le chemin de ces deux pĂ©cheurs. J’ai obĂ©i. En toutes circonstances, j’ai obĂ©i. Dieu m’avait demandĂ© d’ĂȘtre vierge. J’ai obĂ©i. AprĂšs avoir aimĂ© la virginitĂ© qui me rendait aussi pure que la premiĂšre femme avant de connaĂźtre Satan, Dieu m’a demandĂ© d’ĂȘtre Ă©pouse. J’ai obĂ©i, relevant ainsi le mariage au degrĂ© de puretĂ© qu’il avait dans la pensĂ©e de Dieu lorsqu’il a créé nos premiers parents. Alors que j’étais convaincue que je serais destinĂ©e Ă  la solitude dans le mariage et au mĂ©pris des autres Ă  cause de ma sainte stĂ©rilitĂ©, voici que Dieu m’a demandĂ© de devenir mĂšre. J’ai obĂ©i. J’ai cru que ce serait possible et que cette parole venait bien de Dieu, parce qu’en l’écoutant j’étais inondĂ©e de paix. Je n’ai pas pensĂ© : “ Je l’ai mĂ©ritĂ©. ” Je ne me suis pas dit : “ DĂ©sormais, le monde va m’admirer, car je suis semblable Ă  Dieu en crĂ©ant la chair de Dieu. ” Non, je me suis anĂ©antie dans l’humilitĂ©.

La joie a jailli de mon coeur comme la tige d’une rose en fleur. Mais elle s’est aussitĂŽt parĂ©e d’épines aiguĂ«s et la douleur m’a Ă©treinte comme ces branches autour desquelles s’enroulent les liserons. La douleur due Ă  la souffrance de mon Ă©poux, c’est le spasme au sein de ma joie. La douleur due Ă  la souffrance de mon Fils, ce sont les Ă©pines de ma joie.

Eve a recherchĂ© la jouissance, le triomphe, la libertĂ©. Moi, j’ai acceptĂ© la douleur, l’anĂ©antissement, l’esclavage. J’ai renoncĂ© Ă  ma vie tranquille, Ă  l’estime de mon Ă©poux, Ă  ma propre libertĂ©. Je n’ai rien gardĂ© pour moi. Je suis devenue la servante de Dieu dans mon corps, ma conduite et mon Ăąme ; je me suis fiĂ©e Ă  lui non seulement pour la conception virginale, mais aussi pour la dĂ©fense de mon honneur, pour la consolation de mon Ă©poux, pour le moyen de l’amener lui aussi Ă  sublimer notre mariage, pour que nous devenions ceux qui rendent Ă  l’homme et Ă  la femme leur dignitĂ© perdue.

17.14 J’ai embrassĂ© la volontĂ© du Seigneur sur moi, sur mon Ă©poux, sur mon enfant. J’ai dit “ oui ” pour tous les trois, avec la certitude que Dieu n’allait pas mentir Ă  sa promesse de me secourir dans ma douleur d’épouse qui se voit jugĂ©e coupable et de mĂšre qui se rend compte qu’elle enfante son fils pour le livrer Ă  la souffrance.

“ Oui ”, ai-je dit. Oui, et cela suffit. Ce “ oui ” a effacĂ© le “ non ” d’Eve au commandement de Dieu. “ Oui, Seigneur, comme tu veux. Je connaĂźtrai ce que tu veux. Je vivrai comme tu le veux. Je connaĂźtrai la joie si tu le veux. Je souffrirai de ce que tu veux. Oui, toujours oui, mon Seigneur, depuis cet instant oĂč ton rayon m’a rendue mĂšre jusqu’au moment oĂč tu m’as appelĂ©e Ă  toi. Oui, toujours oui. Toutes les voix de la chair, toutes les inclinations de mes sens sont remises sous le poids de ce oui perpĂ©tuel. Plus haut se trouve mon Ăąme, placĂ©e comme sur un piĂ©destal de diamant. Il lui manque des ailes pour voler vers toi, mais elle maĂźtrise tout mon ĂȘtre domptĂ© et asservi pour te servir dans la joie comme dans la douleur. Mais souris, mon Dieu, et sois heureux : la faute est vaincue, effacĂ©e, annihilĂ©e. Elle gĂźt sous mon talon, elle est lavĂ©e par mes larmes, dĂ©truite par mon obĂ©issance. De mon sein naĂźtra l’Arbre nouveau. Il portera le Fruit qui connaĂźtra le mal, intĂ©gralement, pour l’avoir souffert en lui-mĂȘme, et il produira le bien, intĂ©gralement. Les hommes pourront venir Ă  lui et je serai heureuse qu’ils le cueillent, mĂȘme sans penser qu’il naĂźt de moi. Pourvu que l’homme soit sauvĂ© et Dieu aimĂ©, qu’il soit fait de sa servante ce que l’on fait de la terre oĂč un arbre se dresse : un tremplin pour s’élever. ”

17.15 Maria, il faut toujours savoir ĂȘtre un tremplin pour que les autres s’élĂšvent vers Dieu. Peu importe s’ils nous piĂ©tinent, pourvu qu’ils rĂ©ussissent Ă  marcher vers la croix. C’est le nouvel arbre qui porte le fruit de la connaissance du bien et du mal : il dit en effet aux hommes ce qui est mal et ce qui est bien pour qu’ils sachent choisir et vivre. Il sait en mĂȘme temps devenir une liqueur ca­pable de guĂ©rir les personnes empoisonnĂ©es par le mal auquel elles ont voulu goĂ»ter. Qu’importe si les pieds des hommes foulent notre coeur, pourvu que le nombre des rachetĂ©s croisse et que le sang de mon JĂ©sus n’ait pas Ă©tĂ© versĂ© sans produire de fruit. C’est lĂ  le sort des servantes de Dieu. Mais, ensuite, nous mĂ©ritons de recevoir dans notre sein la sainte Hostie et de dire au pied de la croix baignĂ©e de son sang et de nos larmes : “ PĂšre, voici l’hostie immaculĂ©e que nous t’offrons pour le salut du monde. Garde-nous, PĂšre, unies Ă  elle et, par ses mĂ©rites infinis, donne-nous ta bĂ©nĂ©diction. ”

Quant à moi, je te donne ma caresse. Prends du repos, ma fille, le Seigneur est avec toi. »

Détail

Marie donne cette dictée aprÚs le chapitre sur l'Annonciation.

EMV 17.8-11 · Tome 1, p. 115-117

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

17.8 Marie dit :

« Lorsque j’eus compris la mission Ă  laquelle Dieu m’appelait, je fus comblĂ©e de joie ; de joie, mon coeur s’ouvrit comme un lys fermĂ©, et il en sortit le sang qui servit de terreau au Germe du Seigneur.

17.9 Joie d’ĂȘtre mĂšre.

Je m’étais consacrĂ©e Ă  Dieu dĂšs mon plus jeune Ăąge, car la lumiĂšre du TrĂšs-Haut m’avait Ă©clairĂ©e sur la cause du mal du monde, et j’avais voulu, pour autant que c’était en mon pouvoir, effacer en moi l’empreinte de Satan.

J’ignorais que j’étais sans tache. Je ne pouvais l’imaginer. Cette seule pensĂ©e aurait Ă©tĂ© de la prĂ©somption, de l’orgueil, car, Ă©tant nĂ©e de parents humains, il ne m’était pas permis de penser que c’était moi l’Elue appelĂ©e Ă  ĂȘtre l’ImmaculĂ©e.

L’Esprit de Dieu m’avait instruite sur la douleur du PĂšre devant la corruption d’Eve qui, alors qu’elle Ă©tait une crĂ©ature de grĂące, avait voulu s’abaisser au niveau d’une crĂ©ature infĂ©rieure. J’avais le dĂ©sir d’adoucir cette douleur en Ă©levant ma chair Ă  une puretĂ© angĂ©lique par la volontĂ© de me garder inviolĂ©e de toute pensĂ©e, de tout dĂ©sir et de tout contact humain. Mon coeur ne battrait que pour mon Dieu, mon ĂȘtre tout entier ne serait qu’à lui. Mais si je ne connaissais pas la fiĂšvre brĂ»lante de la chair, il y avait encore le sacrifice de ne pas ĂȘtre mĂšre.

Exempte de tout ce qui maintenant l’abĂźme, la maternitĂ© avait aussi Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  Eve par le PĂšre crĂ©ateur. Sans la pesanteur de la voluptĂ©, comme cette maternitĂ© Ă©tait douce et pure ! J’en ai fait l’expĂ©rience ! De quoi Eve ne s’est-elle pas appauvrie en renonçant Ă  cette richesse ! Plus que de l’immortalitĂ© ! Que cela ne vous paraisse pas exagĂ©rĂ©. Mon JĂ©sus et moi, sa MĂšre, avec lui, nous avons connu la langueur de la mort. Pour ma part, le doux affaiblissement d’une personne fatiguĂ©e qui s’endort, et lui l’atroce anĂ©antissement du condamnĂ©. La mort est donc survenue pour nous aussi. Mais la maternitĂ© sans violation d’aucune sorte, je suis seule Ă  l’avoir connue, moi la nouvelle Eve, afin de pouvoir dire au monde quelle est la douceur du sort de la femme appelĂ©e Ă  ĂȘtre mĂšre sans souffrance aucune. Et le dĂ©sir de cette maternitĂ© pure pouvait exister et existait rĂ©ellement dans la vierge toute donnĂ©e Ă  Dieu, parce qu’elle fait la gloire de la femme. Si en outre vous pensez au grand honneur dans lequel les Juifs tenaient la femme mĂšre, vous imaginerez d’autant mieux quel avait Ă©tĂ© mon sacrifice en acceptant par mon voeu cette privation.

Or la BontĂ© Ă©ternelle accorda ce don Ă  sa servante sans m’îter la puretĂ© dont j’avais Ă©tĂ© revĂȘtue pour devenir une fleur sur son trĂŽne. Et j’exultais de la double joie d’ĂȘtre mĂšre d’un homme et mĂšre de Dieu.

17.10 Joie d’ĂȘtre celle par qui la paix rĂ©conciliait le Ciel avec la terre.

Oh ! Avoir dĂ©sirĂ© cette paix par amour de Dieu et du prochain, et savoir que c’est par mon intermĂ©diaire Ă  moi, pauvre servante du Tout-Puissant, qu’elle venait au monde ! Dire : “ Ô hommes, ne pleurez plus. Je porte en moi le secret qui vous rendra heureux. Je ne puis vous le rĂ©vĂ©ler, parce qu’il est scellĂ© en moi, dans mon coeur, tout comme le Fils de Dieu est enfermĂ© dans mon sein inviolĂ©. Mais dĂ©jĂ  je vous l’apporte, et chaque heure qui passe rapproche le moment oĂč vous le verrez et en connaĂźtrez le nom saint. ”

17.11 Joie d’avoir rendu Dieu heureux : joie de croyante pour son Dieu empli de joie !

Avoir ĂŽtĂ© du coeur de Dieu l’amertume de la dĂ©sobĂ©issance d’Eve, de son orgueil, de son incrĂ©dulitĂ© !

EMV 17.12 · Tome 1, p. 117

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Qu’est-ce qu’obĂ©ir au commandement de Dieu ? C’est agir bien, car Dieu ne commande que le bien. Qu’est-ce que dĂ©sobĂ©ir ? C’est agir mal, car cela crĂ©e en l’homme une disposition Ă  la rĂ©bellion, terrain propice Ă  l’action de Satan.

EMV 17.13-15 · Tome 1, p. 118-120

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La joie a jailli de mon coeur comme la tige d’une rose en fleur. Mais elle s’est aussitĂŽt parĂ©e d’épines aiguĂ«s et la douleur m’a Ă©treinte comme ces branches autour desquelles s’enroulent les liserons. La douleur due Ă  la souffrance de mon Ă©poux, c’est le spasme au sein de ma joie. La douleur due Ă  la souffrance de mon Fils, ce sont les Ă©pines de ma joie.

Eve a recherchĂ© la jouissance, le triomphe, la libertĂ©. Moi, j’ai acceptĂ© la douleur, l’anĂ©antissement, l’esclavage. J’ai renoncĂ© Ă  ma vie tranquille, Ă  l’estime de mon Ă©poux, Ă  ma propre libertĂ©. Je n’ai rien gardĂ© pour moi. Je suis devenue la servante de Dieu dans mon corps, ma conduite et mon Ăąme ; je me suis fiĂ©e Ă  lui non seulement pour la conception virginale, mais aussi pour la dĂ©fense de mon honneur, pour la consolation de mon Ă©poux, pour le moyen de l’amener lui aussi Ă  sublimer notre mariage, pour que nous devenions ceux qui rendent Ă  l’homme et Ă  la femme leur dignitĂ© perdue.

17.14 J’ai embrassĂ© la volontĂ© du Seigneur sur moi, sur mon Ă©poux, sur mon enfant. J’ai dit “ oui ” pour tous les trois, avec la certitude que Dieu n’allait pas mentir Ă  sa promesse de me secourir dans ma douleur d’épouse qui se voit jugĂ©e coupable et de mĂšre qui se rend compte qu’elle enfante son fils pour le livrer Ă  la souffrance.

“ Oui ”, ai-je dit. Oui, et cela suffit. Ce “ oui ” a effacĂ© le “ non ” d’Eve au commandement de Dieu. “ Oui, Seigneur, comme tu veux. Je connaĂźtrai ce que tu veux. Je vivrai comme tu le veux. Je connaĂźtrai la joie si tu le veux. Je souffrirai de ce que tu veux. Oui, toujours oui, mon Seigneur, depuis cet instant oĂč ton rayon m’a rendue mĂšre jusqu’au moment oĂč tu m’as appelĂ©e Ă  toi. Oui, toujours oui. Toutes les voix de la chair, toutes les inclinations de mes sens sont remises sous le poids de ce oui perpĂ©tuel. Plus haut se trouve mon Ăąme, placĂ©e comme sur un piĂ©destal de diamant. Il lui manque des ailes pour voler vers toi, mais elle maĂźtrise tout mon ĂȘtre domptĂ© et asservi pour te servir dans la joie comme dans la douleur. Mais souris, mon Dieu, et sois heureux : la faute est vaincue, effacĂ©e, annihilĂ©e. Elle gĂźt sous mon talon, elle est lavĂ©e par mes larmes, dĂ©truite par mon obĂ©issance. De mon sein naĂźtra l’Arbre nouveau. Il portera le Fruit qui connaĂźtra le mal, intĂ©gralement, pour l’avoir souffert en lui-mĂȘme, et il produira le bien, intĂ©gralement. Les hommes pourront venir Ă  lui et je serai heureuse qu’ils le cueillent, mĂȘme sans penser qu’il naĂźt de moi. Pourvu que l’homme soit sauvĂ© et Dieu aimĂ©, qu’il soit fait de sa servante ce que l’on fait de la terre oĂč un arbre se dresse : un tremplin pour s’élever. ”

17.15 Maria, il faut toujours savoir ĂȘtre un tremplin pour que les autres s’élĂšvent vers Dieu. Peu importe s’ils nous piĂ©tinent, pourvu qu’ils rĂ©ussissent Ă  marcher vers la croix. C’est le nouvel arbre qui porte le fruit de la connaissance du bien et du mal : il dit en effet aux hommes ce qui est mal et ce qui est bien pour qu’ils sachent choisir et vivre. Il sait en mĂȘme temps devenir une liqueur ca­pable de guĂ©rir les personnes empoisonnĂ©es par le mal auquel elles ont voulu goĂ»ter. Qu’importe si les pieds des hommes foulent notre coeur, pourvu que le nombre des rachetĂ©s croisse et que le sang de mon JĂ©sus n’ait pas Ă©tĂ© versĂ© sans produire de fruit. C’est lĂ  le sort des servantes de Dieu. Mais, ensuite, nous mĂ©ritons de recevoir dans notre sein la sainte Hostie et de dire au pied de la croix baignĂ©e de son sang et de nos larmes : “ PĂšre, voici l’hostie immaculĂ©e que nous t’offrons pour le salut du monde. Garde-nous, PĂšre, unies Ă  elle et, par ses mĂ©rites infinis, donne-nous ta bĂ©nĂ©diction. ”

EMV 17.13 · Tome 1, p. 118-119

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

17.13 Moi, j’ai parcouru en sens contraire le chemin de ces deux pĂ©cheurs. J’ai obĂ©i. En toutes circonstances, j’ai obĂ©i. Dieu m’avait demandĂ© d’ĂȘtre vierge. J’ai obĂ©i. AprĂšs avoir aimĂ© la virginitĂ© qui me rendait aussi pure que la premiĂšre femme avant de connaĂźtre Satan, Dieu m’a demandĂ© d’ĂȘtre Ă©pouse. J’ai obĂ©i, relevant ainsi le mariage au degrĂ© de puretĂ© qu’il avait dans la pensĂ©e de Dieu lorsqu’il a créé nos premiers parents. Alors que j’étais convaincue que je serais destinĂ©e Ă  la solitude dans le mariage et au mĂ©pris des autres Ă  cause de ma sainte stĂ©rilitĂ©, voici que Dieu m’a demandĂ© de devenir mĂšre. J’ai obĂ©i. J’ai cru que ce serait possible et que cette parole venait bien de Dieu, parce qu’en l’écoutant j’étais inondĂ©e de paix. Je n’ai pas pensĂ© : “ Je l’ai mĂ©ritĂ©. ” Je ne me suis pas dit : “ DĂ©sormais, le monde va m’admirer, car je suis semblable Ă  Dieu en crĂ©ant la chair de Dieu. ” Non, je me suis anĂ©antie dans l’humilitĂ©.

Détail

Marie décrit la désobéissance d'Adam et d'Eve. Puis elle déclare :

EMV 17.15 · Tome 1, p. 120

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

17.15 Maria, il faut toujours savoir ĂȘtre un tremplin pour que les autres s’élĂšvent vers Dieu. Peu importe s’ils nous piĂ©tinent, pourvu qu’ils rĂ©ussissent Ă  marcher vers la croix. C’est le nouvel arbre qui porte le fruit de la connaissance du bien et du mal : il dit en effet aux hommes ce qui est mal et ce qui est bien pour qu’ils sachent choisir et vivre. Il sait en mĂȘme temps devenir une liqueur ca­pable de guĂ©rir les personnes empoisonnĂ©es par le mal auquel elles ont voulu goĂ»ter. Qu’importe si les pieds des hommes foulent notre coeur, pourvu que le nombre des rachetĂ©s croisse et que le sang de mon JĂ©sus n’ait pas Ă©tĂ© versĂ© sans produire de fruit. C’est lĂ  le sort des servantes de Dieu. Mais, ensuite, nous mĂ©ritons de recevoir dans notre sein la sainte Hostie et de dire au pied de la croix baignĂ©e de son sang et de nos larmes : “ PĂšre, voici l’hostie immaculĂ©e que nous t’offrons pour le salut du monde. Garde-nous, PĂšre, unies Ă  elle et, par ses mĂ©rites infinis, donne-nous ta bĂ©nĂ©diction. ”

EMV 17.16-21 · Tome 1, p. 120-122

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

17.16 Jésus dit :

« Ces mots de ma MĂšre devraient dissiper toute hĂ©sitation mĂȘme chez ceux qui s’embrouillent le plus dans les formules.

Et il y en a tant ! Ils veulent raisonner en matiĂšre de choses divines avec leurs mesures humaines et prĂ©tendraient que Dieu mĂȘme dĂ»t raisonner ainsi. Mais, il est si beau au contraire de penser que Dieu raisonne d'une maniĂšre qui est souverainement et infiniment au-dessus de l'homme. Et il serait tellement beau et Ă  propos de raisonner non pas selon les vues humaines mais selon l'esprit et de suivre Dieu. Ne pas rester ancrĂ©s lĂ  oĂč votre pensĂ©e humaine s'est accrochĂ©e. LĂ  aussi c'est de l'orgueil parce que c'est supposer la perfection dans l'esprit humain. Au contraire, en fait de perfection, il n'y a que la PensĂ©e divine, Elle peut, si elle1e veut, et croit utile de le faire, descendre et devenir Parole dans la pensĂ©e et sur les lĂšvres d'une de ses crĂ©atures mĂ©prisĂ©e par le monde parce que aux yeux du monde elle est ignorante, mesquine, bornĂ©e, enfantine.

La Sagesse aime Ă  dĂ©sorienter l'orgueil de l'esprit, Ă  se rĂ©pandre sur ceux qui sont rejetĂ©s par le monde, qui n'ont pas d'idĂ©es personnelles et encore moins une doctrine acquise par la culture, mais ils sont tous pleins d'amour et de puretĂ©, grands par leur volontĂ© de servir Dieu en le faisant connaĂźtre et aimer, aprĂšs avoir mĂ©ritĂ© de le connaĂźtre, en l'aimant de toutes leurs forces. Observez, hommes. À Fatima, Ă  Lourdes, Ă  Guadalupe, Ă  Caravaggio, Ă  la Salette, donc partout oĂč il y a eu des apparitions vraies et saintes, les voyants, ceux qui ont Ă©tĂ© appelĂ©s Ă  voir sont de pauvres crĂ©atures qui, pour l'Ăąge, culture et condition, sont parmi les plus humbles de la terre. C'est Ă  ces inconnus Ă  ces "riens" que la GrĂące se rĂ©vĂšle pour en faire ses hĂ©rauts.

Que doivent alors faire les hommes ? S'incliner comme le publicain et dire : "Seigneur, j'Ă©tais trop pĂ©cheur pour mĂ©riter de te connaĂźtre. Sois bĂ©ni pour ta bontĂ© qui me console par l'intermĂ©diaire de ces crĂ©atures, me donne un appui cĂ©leste, un guide, un enseignement, une espĂ©rance de salut" Et ne pas dire : "Mais non ! Ce sont des prĂ©jugĂ©s, des hĂ©rĂ©sies ! Ce n'est pas possible ! .. Comment n'est-il pas possible ? Qu'un ĂȘtre peu douĂ© devienne savant dans la science de Dieu ? Pourquoi n'est-il pas possible ? N'ai-je pas ressuscitĂ© les morts, guĂ©ri les fous, soignĂ© les Ă©pileptiques, ouvert la bouche aux muets, les yeux aux aveugles, l'ouĂŻe aux sourds, l'intelligence Ă  des ĂȘtres diminuĂ©s; n'ai-je pas de mĂȘme chassĂ© les dĂ©mons, commandĂ© aux poissons de se jeter dans le filet, aux pains de se multiplier, Ă  l'eau de devenir du vin, Ă  la tempĂȘte de se calmer, Ă  l'eau de devenir solide comme une surface pavĂ©e ? Qu'est-il impossible Ă  Dieu ?

MĂȘme avant que Dieu: le Christ, Fils de Dieu, fĂ»t parmi vous, est-ce que Dieu n'a pas opĂ©rĂ© des miracles par le moyen de ses serviteurs qui agissaient en son nom? Ne sont-elles pas devenues fĂ©condes les entrailles stĂ©riles de SaraĂŻ d'Abraham pour qu'elle devienne Sara et enfantĂąt dans sa vieillesse Isaac destinĂ© Ă  ĂȘtre celui avec Lequel Je conclurais le pacte ? Ne se sont-elles pas changĂ©es en sang les eaux du Nil et remplies d'animaux immondes au commandement de MoĂŻse ? Et toujours par sa parole ne sont-ils pas morts de la peste les animaux et tombĂ©es ulcĂ©rĂ©es les chairs des hommes, et fauchĂ©s, hachĂ©s les blĂ©s par une grĂȘle dĂ©vastatrice et dĂ©pouillĂ©s les arbres par les sauterelles, et Ă©teinte pendant trois jours la lumiĂšre, et frappĂ©s de mort les premiers nĂ©s, et entr'ouverte la mer pour le passage d'IsraĂ«l et adoucies les eaux amĂšres et tombĂ©es en abondance les cailles et la manne, et l'eau n'est-elle pas jaillie du rocher aride ? Et JosuĂ© n'a-t-il pas arrĂȘtĂ© la course du soleil ? Et le jeune David n'a-t-il pas terrassĂ© le gĂ©ant ? Est-ce que Elie n'a pas multipliĂ© la farine et l'huile et ressuscitĂ© le fils de la veuve de Sarepta ? Est-ce qu'Ă  son commandement La pluie n'est-elle pas tombĂ©e sur La terre dessĂ©chĂ©e et le feu du ciel sur l'holocauste ? Et le Nouveau Testament n'est-il pas un bosquet fleuri dont chaque fleur est un miracle ? Qui donc a pouvoir sur le miracle ? Qu'est-ce qui est donc impossible Ă  Dieu ? Qui est-il comme Dieu ?

Courbez le front et adorez. Le temps arrive de la grande moisson et tout doit ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© avant que l'homme cesse d'exister, tout : les prophĂ©ties postĂ©rieures au Christ et celles d'avant le Christ et le symbolisme biblique qui a commencĂ© dĂšs les premiers mots de la GenĂšse, et si Moi je vous instruis sur un point jusqu'Ă  prĂ©sent inexpliquĂ©, accueillez ce don et tirez-en le fruit et non la condamnation.

Ne faites pas comme les Juifs du temps de ma vie mortelle qui voulurent fermer leur coeur à mes enseignements et, ne pouvant m'égaler dans la compréhension des mystÚres et des vérités surnaturelles, me traitÚrent de possédé et de blasphémateur.


J’ai parlĂ© d’un “ arbre mĂ©taphorique ”, mais je dirai plutĂŽt maintenant : “ l’arbre symbolique ”. Peut-ĂȘtre comprendrez-vous mieux. Le symbole en est Ă©vident : Ă  voir comment les deux enfants de Dieu allaient agir Ă  son Ă©gard, on allait comprendre si leurs tendances Ă©taient tournĂ©es vers le bien ou vers le mal. De mĂȘme que l’eau rĂ©gale Ă©prouve l’or et que la balance de l’orfĂšvre en donne le poids en carats, cet arbre, devenu une “ mission ” de par le commandement de Dieu Ă  son sujet, a donnĂ© la mesure de la puretĂ© du mĂ©tal d’Adam et d’Eve.

17.17 J’entends dĂ©jĂ  votre objection : “ Est-ce que leur condamnation n’a pas Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©e, et puĂ©ril, le moyen employĂ© pour qu’elle ait lieu ? ”

Non. Si vous commettiez actuellement une telle dĂ©sobĂ©is­sance, vous qui ĂȘtes leurs hĂ©ritiers, ce serait moins grave que ce ne le fut pour eux. Je vous ai rachetĂ©s, mais le venin de Satan reste toujours prĂȘt Ă  rĂ©apparaĂźtre, tout comme certaines maladies dont l’effet n’est jamais complĂštement neutralisĂ© dans le sang. Eux deux, vos premiers parents, possĂ©daient la grĂące sans avoir jamais Ă©tĂ© dĂ©florĂ©s par la disgrĂące. Ils Ă©taient par consĂ©quent plus forts, plus soutenus par la grĂące, cette source en eux d’innocence et d’amour. Puisque le don de Dieu Ă©tait infini, leur chute malgrĂ© ce don Ă©tait bien plus grave.

17.18 Tout aussi symbolique est le fruit offert et mangĂ©. C’était le fruit d’une expĂ©rience qu’ils ont voulu faire Ă  l’instigation de Satan, contrairement au commandement de Dieu. Je n’avais pas interdit l’amour aux hommes. Je voulais simplement qu’il soit sans malice ; de mĂȘme que moi, je les aimais d’un pur amour, ils devaient s’aimer pareillement d’une sainte affection qu’aucune luxure ne viendrait souiller.

17.19 Il ne faut pas oublier que la grĂące est lumiĂšre et que celui qui la possĂšde sait discerner ce qu’il est utile et bon de connaĂźtre. La Femme pleine de grĂące a tout connu parce que la Sagesse – qui est grĂące – l’instruisait, et elle sut se conduire saintement. Eve connaissait donc ce qu’il lui Ă©tait bon de connaĂźtre. Rien de plus, parce qu’il est inutile de connaĂźtre ce qui n’est pas bon. Elle n’a pas cru dans les paroles de Dieu et ne fut pas fidĂšle Ă  sa promesse d’obĂ©issance. Elle a cru Satan, elle a rompu sa promesse, elle a voulu savoir ce qui n’était pas bon et l’a aimĂ© sans remords ; elle a corrompu et avili l’amour si saint que je lui avais offert. Ange dĂ©chu, elle s’est roulĂ©e dans la fange et l’ordure, alors qu’elle pouvait courir, tout heureuse, au milieu des fleurs du paradis ter­restre et voir sa descendance fleurir autour d’elle, comme un arbre se couvre de fleurs sans traĂźner son feuillage dans le bourbier.

17.20 Ne soyez pas comme ces enfants insensĂ©s dont je parle[46] dans l’Evangile : ils ont entendu chanter et se sont bouchĂ© les oreilles, ils ont entendu de la musique et n’ont pas dansĂ©, ils ont entendu pleurer et ont voulu rire. Ne soyez pas mesquins ni nĂ©gateurs. Acceptez la lumiĂšre, acceptez-la sans malice ni rĂ©ticence, sans ironie ni incrĂ©dulitĂ©. Mais cela suffit sur ce sujet.

17.21 Pour vous faire comprendre Ă  quel point vous devez ĂȘtre reconnaissants Ă  celui qui est mort pour vous afin de vous Ă©lever au Ciel et de vaincre la concupiscence satanique, j’ai voulu vous parler, en ce temps de prĂ©paration Ă  PĂąques, de ce qui a Ă©tĂ© le premier anneau de la chaĂźne par laquelle le Verbe du PĂšre fut traĂźnĂ© Ă  la mort, l’Agneau divin Ă  l’abattoir. J’ai voulu vous en parler parce que, actuellement, les neuf dixiĂšmes d’entre vous ĂȘtes semblables Ă  Eve, intoxiquĂ©s par le souffle et la parole de Lucifer : vous vivez, non pas pour vous aimer, mais pour vous rassasier de luxure, non pas pour le Ciel, mais pour la dĂ©bauche. Vous n’ĂȘtes plus des crĂ©atures douĂ©es d’une Ăąme et de raison, mais des chiens sans Ăąme et sans raison. Vous avez tuĂ© votre Ăąme et dĂ©pravĂ© votre raison. En vĂ©ritĂ©, je vous dis que les bĂȘtes sauvages vous dĂ©passent par l’honnĂȘtetĂ© de leurs amours. »

Détail

La partie en italique reprend un passage de l'édition de 1985. Elle n'est pas présente dans la seconde édition.