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Notes du thème

Vertus et caractéristiques divines de Jésus-Christ

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EMV 171.1 · Tome 3, p. 97

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Vous ne devez pas penser que je suis venu abolir la Loi. Non. Seulement, puisque je suis l’Homme et que je comprends les faiblesses de l’homme, j’ai voulu vous encourager à la suivre en dirigeant votre regard spirituel, non pas vers l’abîme des ténèbres, mais vers l’Abîme de lumière. Car, si la peur du châtiment peut retenir trois fois sur dix, la certitude de la récompense vous donne de l’élan sept fois sur dix. La confiance est donc plus efficace que la peur. Et je veux que vous la possédiez pleinement, avec assurance, pour pouvoir réaliser, non pas sept parts de bien sur dix, mais dix parts sur dix et conquérir cette très sainte récompense du Ciel.

Détail

La veille, Jésus a enseigné les béatitudes.

EMV 171.1 · Tome 3, p. 97-98

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Je ne change pas un iota de la Loi. Qui l’a donnée au milieu des foudres du Sinaï ? Le Très-Haut. Et qui est le Très-Haut ? Le Dieu un et trine. D’où l’a-t-il tirée ? De sa Pensée. Comment l’a-t-il transmise ? Par sa Parole. Pourquoi l’a-t-il donnée ? En raison de son Amour. Vous voyez donc que la Trinité était présente. Et le Verbe, obéissant comme toujours à la Pensée et à l’Amour, a parlé au nom de la Pensée et au nom de l’Amour.

Pourrais-je me démentir moi-même ? Non, ce me serait impossible. Mais comme je peux tout, je peux compléter la Loi, la rendre divinement complète, non pas telle que l’ont faite les hommes qui, au cours des siècles, l’ont rendue non pas complète, mais seulement indéchiffrable, irréalisable, en y superposant lois et règlements, règlements et lois, tirés de leur propre pensée en accord avec leurs intérêts de manière à lapider et étouffer, à déformer et rendre stérile la Loi très sainte donnée par Dieu. Est-ce qu’une plante peut survivre si on la submerge continuellement sous des avalanches, des décombres, des inondations ? Non : la plante meurt. La Loi est morte dans beaucoup de cœurs, enterrée sous l’avalanche de trop de surcharges. Je suis venu les enlever toutes et, la Loi une fois sortie du tombeau, une fois ressuscitée, j’en fais, non plus une loi mais une reine.

EMV 171.2 · Tome 3, p. 99

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Comme vous le voyez, je ne change ni ne mutile la Loi, comme je ne la corromps pas en lui superposant des théories humaines toujours en fermentation. Je la complète plutôt. Elle est ce qu’elle est, et telle elle restera jusqu’au dernier jour, sans qu’on en change un seul mot ou qu’on en supprime le moindre commandement. Mais elle est couronnée de perfection. Pour obtenir le salut, il suffit de l’accepter telle qu’elle a été donnée. Pour obtenir l’union immédiate à Dieu, il faut la vivre comme je conseille de le faire.

EMV 171.4 · Tome 3, p. 101

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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On disait autrefois : “ Tu aimeras ton ami et tu haïras ton ennemi. ” Non, qu’il n’en aille pas ainsi. C’était bon pour les temps où l’homme n’avait pas le réconfort du sourire de Dieu. Mais maintenant viennent des temps nouveaux, des temps où Dieu aime tant l’homme qu’il lui envoie son Verbe pour le racheter. Maintenant le Verbe parle, et c’est déjà la grâce qui se répand. Puis le Verbe consommera le sacrifice de paix et de rédemption ; alors la grâce, non seulement sera répandue, mais elle sera donnée à toute âme qui croit au Christ. C’est pour cela qu’il faut élever l’amour du prochain à la perfection qui ne fait pas de distinction entre l’ami et l’ennemi.

EMV 171.6 · Tome 3, p. 103-104

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Il y a ici, devant moi, un homme qui me hait et qui n’ose pas me dire : “ Guéris-moi ” parce qu’il sait que je connais ses pensées. Mais moi, je dis : “ Qu’il te soit fait comme tu le désires. Et comme les écailles tombent de tes yeux, que la rancœur et les ténèbres te tombent du cœur. ” Partez tous avec ma paix. Je vous parlerai encore demain. »

Les gens s’éloignent lentement ; ils attendent peut-être l’annonce d’un miracle qui ne se produit pas.

Même les apôtres et les disciples les plus anciens, restés sur la montagne, demandent :

« Mais qui était-ce ? Il n’est peut-être pas guéri ? »

Et ils insistent auprès du Maître resté debout, les bras croisés, qui regarde les gens descendre.

Dans un premier temps, Jésus ne répond pas, puis il dit :

« Les yeux sont guéris, mais pas l’âme. Elle ne le peut pas car elle est chargée de haine.

– Mais qui est-ce ? Ce romain, peut-être ?

– Non. Un pauvre homme…

– Dans ce cas, pourquoi l’avoir guéri ? demande Pierre.

– Devrais-je foudroyer tous ceux qui lui ressemblent ?

– Seigneur… je sais que tu ne veux pas que je dise : “ oui ”, par conséquent je ne le dis pas… mais je le pense… et cela revient au même…

– En effet, Simon-Pierre, mais sache qu’alors… Ah ! Que de cœurs couverts des écailles de la haine autour de moi ! Viens. Montons au sommet regarder de là-haut notre belle mer de Galilée. Toi et moi, seuls. »

EMV 172.2 · Tome 3, p. 105

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Oh oui ! Riez, riez bien, vous les menteurs et les railleurs ! Mais viendra le moment où vous ne rirez plus, quand Celui à qui est remis tout pouvoir vous apparaîtra, majestueux et terrible ; par son seul aspect il vous terrifiera et vous foudroiera de son seul regard, avant même que sa voix ne vous précipite vers votre destin éternel en vous marquant de sa malédiction.

Détail

Jésus parle des parjures, qui mentent, qui trompent le prochain, qui sont voleurs, traîtres, sacrilèges et homicides (soit envers l'honneur d'autrui, soit envers leur propre âme, qu'ils tuent par leur péché).

EMV 172.9-11 · Tome 3, p. 112-115

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Que ces deux pauvres restent avec nous. Ils seront les hôtes bénis qui donneront de la saveur à notre pain. La paix soit avec vous. »

Et les deux pauvres restent. C’est une femme décharnée et un très vieil homme. Mais ils ne sont pas ensemble. Le hasard les a réunis et ils étaient restés dans un coin, abattus, tendant inutilement la main à ceux qui passaient devant eux.

Comme ils n’osent pas s’avancer, Jésus va directement à eux et les prend par la main pour les amener au centre du groupe des disciples, sous une espèce de tente que Pierre a dressée dans un coin et sous laquelle ils s’abritent peut-être la nuit et se réunissent aux heures les plus chaudes de la journée. C’est une tente faite de branchages et… de manteaux. Mais elle est utile, bien qu’elle soit si basse que Jésus et Judas, les deux plus grands, doivent se courber pour entrer.

« Voici un père et voici une sœur. Apportez ce que nous avons et, tout en prenant notre repas, nous écouterons leur histoire. »

Et Jésus sert personnellement les deux pauvres, tout honteux, et écoute leur lamentable histoire. Le vieillard est seul depuis que sa fille est partie au loin avec son mari et a oublié son père. La femme, elle aussi, est seule depuis que la fièvre a tué son mari, et de surcroît elle est malade.

« Le monde nous méprise parce que nous sommes pauvres, dit le vieillard. Je marche en demandant l’aumône pour recueillir de quoi accomplir la Pâque. J’ai quatre-vingts ans. J’ai toujours fait la Pâque et celle-ci est peut-être la dernière. Mais je veux partir sans aucun remords dans le sein d’Abraham. De la même façon que je pardonne à ma fille, j’espère être pardonné. Et je veux faire ma Pâque.

– Mais le chemin est long, père.

– Plus long est le chemin du Ciel si on n’accomplit pas le rite.

– Tu fais route tout seul ? Et si tu te sens mal en chemin ?

– L’ange de Dieu me fermera les yeux. »

Jésus caresse sa tête tremblante et blanche et il demande à la femme :

« Et toi ?

– Je recherche du travail. Si j’étais mieux nourrie, je guérirais des fièvres et si j’étais guérie, je pourrais travailler aux grains.

– Tu crois que la nourriture suffirait à te guérir ?

– Non. Il y a aussi toi…, mais je suis une pauvre chose, une trop pauvre chose pour pouvoir demander la pitié.

– Et si je te guérissais, que désirerais-tu encore ?

– Rien de plus. J’aurais obtenu déjà bien plus que je ne puis espérer. »

Jésus sourit et lui donne un morceau de pain humecté d’un peu d’eau vinaigrée qui sert de boisson. La femme le mange sans mot dire et Jésus continue à sourire.

172.10 Le repas est vite fini. Il était tellement frugal ! Apôtres et disciples vont chercher de l’ombre sur les pentes, parmi les buissons. Jésus reste sous la tente. Le vieillard s’est placé contre la paroi herbeuse et s’endort de fatigue.

Peu après, la femme, qui pourtant s’était éloignée pour se reposer à l’ombre, vient vers Jésus, qui lui sourit en signe d’encouragement. Elle s’avance timidement, et pourtant joyeusement, jusqu’à ce qu’elle arrive près de la tente puis, vaincue par la joie, elle fait rapidement les derniers pas et tombe à plat ventre avec un cri étouffé :

« Tu m’as guérie ! Sois béni ! C’est l’heure du grand frisson, et je ne l’ai plus… Oh ! »

Et elle baise les pieds de Jésus.

« Es-tu sûre d’être guérie ? Je ne te l’ai pas dit. Ce pourrait être un hasard…

– Oh, non ! Maintenant j’ai compris ton sourire quand tu m’as donné ce morceau de pain. Ta puissance est entrée en moi avec cette bouchée. Je n’ai rien à te donner en échange, rien d’autre que mon cœur. Commande à ta servante, Seigneur, et elle t’obéira jusqu’à la mort.

– Oui. Tu vois ce vieil homme ? Il est seul et c’est un juste. Tu avais un mari et la mort te l’a enlevé. Lui, il avait une fille et l’é­goïsme la lui a enlevée. C’est pire. Et pourtant, il ne maugrée pas. Mais il n’est pas juste qu’il marche vers sa dernière heure tout seul. Sois une fille pour lui.

– Oui, mon Seigneur.

– Mais cela veut dire travailler pour deux.

– Je suis forte, maintenant, et je le ferai.

172.11 – Alors, va là-bas, sur cet escarpement, et dis à l’homme qui s’y repose, celui qui est vêtu de toile bise, de venir me trouver. »

La femme s’en va promptement et revient avec Simon le Zélote.

« Viens, Simon. J’ai à te parler. Attends, femme. »

Jésus s’éloigne de quelques mètres.

« Penses-tu que Lazare aurait quelque difficulté à accueillir une travailleuse de plus ?

– Lazare ? Mais je crois qu’il ne sait même pas combien il a de serviteurs. Un de plus, un de moins… Mais de qui s’agit-il ?

– Cette femme. Je l’ai guérie et…

– C’est assez, Maître : si tu l’as guérie, c’est signe que tu l’aimes. Ce que tu aimes est sacré pour Lazare. Je m’engage pour lui.

– C’est vrai, ce que j’aime est sacré pour Lazare. Tu l’as bien dit. C’est pour cette raison que Lazare deviendra saint car, aimant ce que j’aime, il aimera la perfection. Je veux unir ce vieil homme à cette femme et faire faire joyeusement à ce patriarche sa dernière Pâque. J’aime beaucoup les vieillards qui sont saints et si je peux leur accorder un crépuscule serein, j’en suis heureux.

– Tu aimes aussi les enfants…

– Oui, et les malades…

– Et ceux qui pleurent…

– Et ceux qui sont seuls…

– Ah ! Mon Maître, mais tu ne te rends pas compte que tu aimes tout le monde ? Même tes ennemis ?

– Je ne m’en aperçois pas, Simon. C’est ma nature d’aimer. Voilà que le patriarche s’éveille. Allons lui dire qu’il fera la Pâque avec une fille auprès de lui et qu’il ne manquera plus de pain. »

Ils reviennent à la tente où la femme les attend et ils vont tous trois auprès du vieillard, qui s’est assis et relace ses sandales.

« Que fais-tu, père ?

– Je redescends vers la vallée et j’espère trouver un abri pour la nuit, et demain je mendierai sur la route et puis… peu à peu… d’ici un mois, si je ne meurs pas, j’arriverai au Temple.

– Non.

– Je ne dois pas ? Pourquoi ?

– Parce que le bon Dieu ne le veut pas. Tu n’iras pas seul. Cette femme viendra avec toi. Elle te conduira où je le lui dirai et vous serez accueillis par amour pour moi. Tu feras la Pâque, mais sans t’épuiser. Ta croix, tu l’as déjà portée, père. Dépose-la maintenant et recueille-toi en prière d’action de grâces pour le bon Dieu.

– Mais pourquoi… mais pourquoi… moi…, je ne mérite pas tant… Toi… une fille… C’est plus que si tu me donnais vingt ans… Et où, où m’envoies-tu ? »

Le vieil homme pleure dans le buisson de sa longue barbe.

« Chez Lazare, fils de Théophile. Je ne sais pas si tu le connais.

– Oh !… Je suis des confins de la Syrie et je me souviens de Théophile. Mais… mais… ô fils béni de Dieu, laisse-moi te bénir ! »

Alors Jésus, assis également sur l’herbe, penche sa haute taille pour permettre au vieux père de lui imposer solennellement les mains sur la tête. D’une voix de tonnerre, de sa voix caverneuse de vieillard, il prononce l’antique bénédiction :

« Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur te montre sa face et ait pitié de toi. Que le Seigneur tourne vers toi son regard et te donne sa paix. »

Jésus, Simon et la femme répondent ensemble :

« Et qu’il en soit ainsi. »

Détail

Jésus recueillent deux pauvres et il va les confier à Lazare. On évoque celui-ci à partir de l'EMV 172.11.

EMV 173.6 · Tome 3, p. 122

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Regardez : j’ai des amis puissants parmi les riches et des amis parmi les pauvres. Et en vérité, je vous dis que ce ne sont pas les amis puissants qui sont les plus aimés. Je vais chez eux, non pas pour moi ou dans mon propre intérêt, mais parce que je peux recevoir d’eux beaucoup pour ceux qui ne possèdent rien. Moi, je suis pauvre. Je n’ai rien. Je voudrais posséder tous les trésors du monde et les changer en pain pour ceux qui ont faim, en maisons pour ceux qui sont sans toit, en vêtements pour ceux qui sont nus, en médicaments pour les malades. Vous me direz : “ Toi, tu peux guérir. ” Oui, je peux cela et bien plus. Mais les autres n’ont pas toujours la foi, si bien que je ne puis faire ce que je ferais et ce que je voudrais faire, si je trouvais dans les cœurs la foi en moi. Je voudrais faire du bien même à ceux qui n’ont pas la foi, et puisqu’ils ne demandent pas de miracle au Fils de l’homme, je voudrais les secourir d’homme à homme. Mais je n’ai rien. C’est pour cela que je tends la main à ceux qui possèdent et que je leur demande : “ Fais-moi la charité, au nom de Dieu. ” Voilà pourquoi j’ai des amis en haut lieu. Demain, quand je ne serai plus sur terre, il y aura encore des pauvres, et moi, je ne serai plus là ni pour faire des miracles pour les croyants, ni pour faire l’aumône pour amener à la foi. Alors mes amis riches auront appris à mon contact comment on s’y prend pour faire le bien et mes apôtres, à mon contact aussi, auront appris à faire l’aumône par amour pour leurs frères. Ainsi les pauvres seront-ils toujours secourus.

Annotation

Demain, quand je ne serai plus sur terre, il y aura encore des pauvres. Pensée reprise par Jésus lors de l'Onction de Béthanie (Cf. Matthieu 26,11 | Jean 12,8).

EMV 174.2-7 · Tome 2, p. 126-131

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La foule s’agite et se sépare en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.

Mais, parmi ces derniers, deux, puis trois semblent avoir besoin de quelque chose qui n’est ni la santé, ni l’argent, mais qui est plus nécessaire. Il s’agit d’une femme et de deux hommes. Ils regardent les apôtres, mais n’osent parler. (...)

Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

La femme, qui paraît tout en peine, ose tirer le vêtement de Jean qui parle avec André et sourit.

Il se penche et lui demande :

« Que veux-tu, femme ?

– Je voudrais parler au Maître…

– Es-tu malade ? Tu n’es pas pauvre…

– Je ne suis ni malade ni pauvre, mais j’ai besoin de lui… car il existe des maux sans fièvre et des misères sans pauvreté, or la mienne… la mienne… »

Elle pleure.

« Tu vois, André, cette femme a de la peine et elle voudrait le dire au Maître. Comment allons-nous faire ? »

André regarde la femme et dit :

« C’est sûrement quelque chose dont elle souffre, tant qu’elle ne lui en aura pas parlé… »

La femme approuve d’un signe de tête. André reprend :

« Ne pleure pas… Jean, conduis-la à notre tente. J’y amènerai le Maître. »

Tout sourire, Jean demande qu’on le laisse passer pendant que, dans la direction opposée, André se dirige vers Jésus.

Mais les deux hommes affligés observent la manœuvre : l’un d’eux arrête Jean, l’autre arrête André, et, peu après, ils se retrouvent tous deux avec Jean et la femme derrière l’abri de feuillage qui sert de mur à la tente.

André rejoint Jésus au moment où il guérit l’estropié, qui lève ses béquilles comme deux trophées avec l’agilité d’un danseur tout en criant sa bénédiction. André lui murmure :

« Maître, derrière notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cœur qui ne peuvent être rendues publiques…

– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

André s’éloigne (...). Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »

Jésus se dirige vers la tente.

Judas s’écrie :

« Maître ! Et eux ? »

Jésus se retourne :

« Qu’ils attendent là où ils sont. Eux aussi seront consolés. »

Et il s’en va rapidement derrière les feuillages, là où se trouvent, avec André et Jean, les trois personnes en peine.

« D’abord la femme. Viens avec moi dans ces buissons. Parle sans crainte.

– Seigneur, mon mari m’a abandonnée pour une prostituée. J’ai cinq enfants et le dernier a deux ans… Ma douleur est grande… et je pense à mes enfants… Je ne sais s’il les voudra ou s’il me les laissera. Il voudra les garçons, l’aîné du moins… Et moi, qui l’ai mis au monde, ne dois-je plus avoir la joie de le voir ? Et que penseront-ils de leur père ou de moi ? Ils doivent penser du mal de l’un de nous. Or moi, je ne voudrais pas qu’ils jugent leur père…

– Ne pleure pas. Je suis le Maître de la vie et de la mort. Ton mari n’épousera pas cette femme. Va en paix et sois toujours bonne.

– Mais… tu ne le tueras pas ? Oh ! Seigneur, je l’aime ! »

Jésus sourit :

« Je ne tuerai personne. Mais il y aura quelqu’un qui fera son métier. Sache que le démon n’est pas au-dessus de Dieu. A ton retour dans ta ville, tu apprendras que la personne malfaisante a été tuée et de façon telle que ton mari comprendra ce qu’il allait faire ; alors, il t’aimera d’un amour renouvelé. »

La femme baise la main que Jésus lui avait posée sur la tête et part.

174.6 Arrive l’un des deux hommes :

« J’ai une fille, Seigneur. Malheureusement, elle est allée à Tibériade avec des amies et c’est comme si elle avait absorbé du poison. Elle m’est revenue comme ivre. Elle voulait partir avec un grec… et puis… Mais pourquoi m’est-elle née ? Sa mère en est malade de chagrin, peut-être en mourra-t-elle… Quant à moi… il n’y a que tes paroles que j’ai entendues l’hiver dernier qui me re­tiennent de la tuer. Mais, je te l’avoue, mon cœur l’a déjà maudite.

– Non. Dieu, qui est Père, ne maudit que pour un péché accompli et obstiné. Qu’attends-tu de moi ?

– Que tu l’amènes au repentir.

– Je ne la connais pas, et elle ne vient sûrement pas à moi.

– Mais toi, tu peux, même de loin, changer les cœurs ! Sais-tu qui m’envoie vers toi ? Jeanne, femme de Kouza. Elle allait partir pour Jérusalem quand je suis allé à son palais lui demander si elle connaissait ce grec infâme. Je pensais qu’elle ne le connaissait pas parce qu’elle est bonne, bien qu’elle vive à Tibériade, mais puisque Kouza fréquente les païens… Elle ne le connaît pas, mais elle m’a dit : “ Va trouver Jésus. Il a rappelé mon âme de bien loin, et il m’a guérie de ma phtisie par ce rappel. Il guérira aussi le cœur de ta fille. Je vais prier ; quant à toi, aie foi. ” J’ai foi, tu le vois. Aie pitié, Maître.

– D’ici ce soir, ta fille pleurera sur les genoux de sa mère en lui demandant pardon. Toi aussi, sois bon comme sa mère : pardonne. Le passé est mort.

– Oui, Maître, comme tu veux ; sois béni. »

Il se retourne pour s’en aller… puis revient sur ses pas :

« Pardon, Maître… mais j’ai si peur… La luxure, c’est un tel démon ! Donne-moi un fil de ton vêtement. Je le mettrai au chevet de ma fille. Pendant son sommeil, le démon ne la tentera pas.

Jésus sourit en hochant la tête… mais il satisfait l’homme en lui disant :

« C’est pour que tu sois plus tranquille. Mais crois bien que lorsque Dieu dit : “ Je veux ”, le diable s’en va sans qu’il y ait besoin d’autre chose. Je veux que tu gardes cela en souvenir de moi. »

Et il lui donne une petite touffe de ses franges.

174.7 Le troisième homme se présente :

« Maître, mon père est mort. Nous croyions qu’il avait beaucoup d’argent. Nous n’en avons pas trouvé. Et ce ne serait que demi-mal car entre frères nous ne manquons pas de pain. Mais moi, étant l’aîné, je vivais avec mon père. Mes deux frères m’accusent d’avoir fait disparaître l’argent et ils veulent me faire un procès pour vol. Tu vois mon cœur. Je n’ai pas volé le moindre sou. Mon père gardait ses deniers dans un coffret, dans une cassette en fer. A sa mort, nous avons ouvert le coffret et la cassette n’y était plus. Ils prétendent : “ C’est toi qui l’as prise cette nuit, pendant que nous dormions. ” Ce n’est pas vrai. Aide-moi à rétablir la paix et l’estime entre nous. »

Jésus le regarde fixement et sourit.

« Pourquoi souris-tu, Maître ?

– Parce que le coupable, c’est ton père : une faute d’enfant qui cache son jouet pour qu’on ne le lui prenne pas.

– Mais il n’était pas avare, tu peux le croire. Il faisait du bien.

– Je le sais, mais il était très âgé… Ce sont les maladies des vieillards… Il voulait mettre son argent à l’abri dans votre intérêt et il a mis la brouille entre vous par excès d’affection. La cassette est enterrée au pied de l’escalier de la cave. Je te le dis pour que tu saches que je le sais. Pendant que je te parle, par pur hasard, ton frère cadet en frappant le sol avec colère l’a fait vibrer et ils l’ont découverte. Ils sont confus et regrettent de t’avoir accusé. Retourne tranquillement chez toi et sois gentil avec eux. Ne leur reproche pas leur manque d’estime.

– Non, Seigneur. Je n’y vais même pas. Je reste à t’écouter. Je partirai demain.

– Et s’ils t’enlèvent de l’argent ?

– Tu dis qu’il ne faut pas être avide. Je ne veux pas l’être. Il me suffit que la paix règne entre nous. Du reste… je ne savais pas ce qu’il y avait dans la cassette et je ne me mettrai pas en peine pour une déclaration inexacte. Je pense que cet argent aurait pu être perdu… S’ils me le refusent, je vivrai maintenant comme je vivais auparavant. Il me suffit qu’ils ne me traitent pas de voleur.

– Tu es très avancé sur le chemin de Dieu. Continue et que la paix soit avec toi. »

Et lui aussi repart satisfait.

Annotation

Ton mari n’épousera pas cette femme. (...) A ton retour dans ta ville, tu apprendras que la personne malfaisante a été tuée et de façon telle que ton mari comprendra ce qu’il allait faire ; alors, il t’aimera d’un amour renouvelé. Cette femme viendra remercier Jésus à l’automne de la deuxième année, lors de son passage à Bozra. Cf. EMV 293.1.

Il n’y a que tes paroles que j’ai entendues l’hiver dernier qui me re­tiennent de la tuer. C'est donc probablement un des pèlerins de "La Belle Eau". 

EMV 174.3-4 · Tome 3, p. 126-128

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Barthélemy arrive, âgé et sérieux ; puis ce sont Matthieu et Philippe qui portent dans leurs bras un estropié qui aurait eu trop de mal à se frayer un passage dans la foule compacte ; ensuite, voici les cousins du Seigneur qui donnent le bras à un mendiant presque aveugle et à une pauvre femme, de je ne sais quel âge, qui pleure en racontant à Jacques tous ses malheurs ; puis c’est Jacques, fils de Zébédée, qui tient dans les bras une pauvre fillette, certainement malade, qu’il a prise à sa mère ; celle-ci, anxieuse, le suit pour empêcher la foule de lui faire du mal. (...) Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

André rejoint Jésus au moment où il guérit l’estropié, qui lève ses béquilles comme deux trophées avec l’agilité d’un danseur tout en criant sa bénédiction. André lui murmure :

« Maître, derrière notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cœur qui ne peuvent être rendues publiques…

– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

André s’éloigne tandis que Jésus se penche sur la fillette que la mère a reprise sur son sein :

« Comment t’appelles-tu ? lui demande Jésus.

– Marie.

– Et moi, comment est-ce que je m’appelle ?

– Jésus, répond la fillette.

– Et qui suis-je ?

– Le Messie du Seigneur venu pour faire du bien aux corps et aux âmes.

– Qui te l’a dit ?

– papa et Maman, qui espèrent en toi pour que je vive.

– Vis et sois bonne. »

La fillette, je pense, souffrait de la colonne vertébrale car, bien qu’elle ait sept ans – sinon plus –, elle ne bougeait que les mains, et elle était serrée des aisselles aux hanches par des grosses bandes très dures. On les voit car sa mère a ouvert le petit vêtement pour les montrer. La fillette reste immobile pendant quelques minutes, puis elle sursaute, glisse du sein de sa mère par terre et court vers Jésus qui est en train de guérir la femme dont je ne comprends pas le cas.

Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »