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Jésus-Christ dans l'ensemble de l'EMV

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EMV 105.1-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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105.1 Le soir descend sous un crépuscule rougeoyant qui, tel un feu qui s’éteint, devient toujours plus sombre jusqu’à prendre une couleur rubis violet. Une teinte splendide, rare, colore le couchant et s’estompe lentement jusqu’à s’évanouir dans le cobalt sombre du ciel, là où l’orient s’avance de plus en plus avec ses étoiles et le croissant de la lune qui arrive déjà à son second quartier. Les agriculteurs se hâtent de regagner leurs logis, où les foyers allumés répandent dans l’air des volutes de fumée au-dessus des basses maisons de Nazareth.

Jésus va arriver en ville et, contrairement à ce que les autres désireraient, il veut que personne n’aille prévenir sa Mère.

« Il n’arrivera rien. Pourquoi l’inquiéter d’avance ? » dit-il.

Le voici déjà au milieu des maisons. Ici un salut, là des chuchotements dans son dos, quelque grossier haussement d’épaules ou encore une porte qui claque quand passe le groupe des apôtres...

La mimique de Pierre est un vrai poème, mais les autres aussi sont un peu inquiets. Les fils d’Alphée ressemblent à deux condamnés. Ils avancent, tête basse, aux côtés de Jésus, mais en observant tout, et de temps à autre ils échangent des regards effrayés, pleins d’appréhension pour Jésus. Mais lui, comme si de rien n’était, répond aux salutations avec son amabilité coutumière et se penche pour caresser les enfants qui, dans leur simplicité, ne prennent pas parti pour celui-ci ou celui-là, et sont des amis indéfectibles de leur Jésus, toujours si affectueux avec eux.

(...) 105.2 Isaac, chargé de brocs, arrive de la fontaine. Il voit Jésus, pose les brocs et s’écrie :

« Oh ! Mon Seigneur ! » en courant à sa rencontre. « Ta Mère vient de rentrer chez elle. Elle était chez sa belle-soeur. Mais... as-tu reçu la lettre ? demande-t-il. [Dans cette lettre, la Vierge prévenait de la mort d'Alphée].

– C’est pour cela que je suis ici. Ne dis rien à Maman pour l’instant. Je vais d’abord à la maison d’Alphée. »

Prudent, Isaac dit simplement : « Je t’obéirai », puis il prend ses amphores et rentre chez lui.

« Nous allons nous y rendre. Vous, mes amis, vous nous attendrez ici. Je resterai peu de temps.

– Non, bien sûr, nous n’entrerons pas dans cette maison en deuil, mais nous attendrons là, au dehors. N’est-ce pas ? intervient Pierre.

– Pierre a raison. Nous resterons dans la rue. Mais pas loin de toi. »

Jésus cède à la volonté générale, mais il sourit et dit :

« Ils ne me feront rien, vous pouvez en être sûrs. Ils ne sont pas méchants. Ils sont seulement pris par leurs passions humaines. Allons-y. »

Les voilà sur le chemin de la maison, les voilà sur le seuil du jardin. Jésus marche en premier, Jude et Jacques le suivent.

105.3 Jésus arrive sur le seuil de la cuisine. Marie, femme d’Alphée, se tient près du foyer, elle fait la cuisine, en larmes. Dans un coin, Simon et Joseph sont assis avec d’autres hommes, en cercle. Parmi ces derniers se trouve Alphée, fils de Sarah. Ils sont là, muets comme autant de statues. Est-ce là une coutume ? Je ne sais.

« Paix à cette maison et paix à l’âme qui l’a quittée. »

La veuve pousse un cri et, instinctivement, elle repousse Jésus pour s’interposer entre lui et les autres. Simon et Joseph se lèvent, sombres et interdits. Mais Jésus ne montre pas qu’il s’aperçoit de leur attitude hostile. Il s’avance vers les deux hommes (Simon a déjà cinquante ans et peut-être plus, à en juger par sa mine). Il leur tend les mains, dans un geste d’affectueuse invitation. Les deux hommes sont plus que jamais interdits, mais ils n’osent se comporter comme des malotrus. Alphée, fils de Sarah, tremble et souffre visiblement. Les autres hommes ont une attitude fermée, attendant ce qui va se passer.

« Simon, toi qui es désormais le chef de famille, pourquoi ne m’accueilles-tu pas ? Je viens pleurer avec toi. J’aurais tellement voulu être avec vous, à l’heure de la souffrance ! Ce n’est pas ma faute si j’étais au loin. Tu es juste, Simon, et tu dois le dire. »

L’homme reste sur la réserve.

« Et toi, Joseph, dont le nom m’est si cher, pourquoi n’accueilles-tu pas mon baiser ? Vous ne me permettez pas de pleurer avec vous ? La mort est un lien qui resserre les vraies affections. Or nous nous aimions. Pourquoi maintenant doit-il y avoir désunion ?

– C’est à cause de toi que notre père est mort torturé » répond durement Joseph. Et Simon :

« Tu aurais dû rester. Tu savais qu’il était mourant. Pourquoi n’es-tu pas resté ? Il désirait ta présence...

– Je n’aurais pas pu faire davantage pour lui que ce que j’avais déjà fait. Vous le savez bien... »

Simon, plus juste, reconnaît :

« C’est vrai. Je sais que tu es venu et qu’il t’a chassé. Mais c’était un homme malade et affligé.

– Je le sais et je l’ai dit à ta mère et à tes frères : “ Je n’éprouve aucune rancune, car je comprends son coeur. ” Mais au-dessus de tout, il y a Dieu. Et Dieu voulait cette souffrance pour tous. Pour moi, croyez-le, j’en ai souffert comme si on m’avait arraché un lambeau de chair vivante ; pour votre père, à qui cette peine a fait comprendre une grande vérité qui lui était restée cachée pendant toute sa vie ; pour vous qui, par cette souffrance, avez la possibilité de faire un sacrifice plus salutaire que l’immolation d’un jeune taureau ; enfin pour Jacques et Jude qui sont aujourd’hui des hommes aussi formés que toi, mon Simon, car ils l’ont bien payé par tant de souffrance. Elle les a moulus comme la pierre meulière. Elle les a rendus adultes et ils sont arrivés à l’âge parfait aux yeux de Dieu.

– Quelle vérité a vue notre père ? Une seule : que son sang, à sa dernière heure, lui a été hostile, réplique durement Joseph.

– Non, au-dessus du sang, il y a l’esprit. Il a compris la douleur d’Abraham, ce qui lui a permis d’obtenir l’aide d’Abraham, répond Jésus.

– Si cela pouvait être vrai ! Mais qui nous l’assure ?

– Moi, Simon. Et plus encore la mort de ton père. Ne m’a-t-il pas cherché ? C’est toi qui l’as dit.

– Je l’ai dit. C’est vrai. Il voulait Jésus, et il disait : “ Qu’au moins mon âme ne meure pas. Lui, il peut le faire. Je l’ai repoussé et il ne viendra plus. Ah ! Mourir sans Jésus ! Quelle horreur ! Pourquoi l’ai-je chassé ? ” Oui, il disait cela et il ajoutait : “ Il m’a demandé tant de fois : ‘ Dois-je m’en aller ? ’ et je l’ai renvoyé... Maintenant, il ne vient plus. ” Il désirait ta présence, il la désirait vraiment. Ta Mère a envoyé quelqu’un te chercher, mais ils ne t’ont pas trouvé à Capharnaüm et il a beaucoup pleuré. En rassemblant ses dernières forces, il a pris la main de ta Mère et l’a voulue auprès de lui. Il ne parlait que difficilement, mais il disait : “ La Mère, c’est un peu le Fils. Je tiens la main de la Mère pour avoir quelque chose de lui, car j’ai peur de la mort. ” Mon pauvre père ! »

105.4 Il se passe alors une scène bien orientale de cris et de gestes de douleur à laquelle tous prennent part, même Jacques et Jude qui ont osé entrer. Le plus paisible est Jésus, qui pleure seulement.

« Tu pleures ? Tu l’aimais, alors ? demande Simon.

– Oh, Simon, tu me demandes cela ? Si je l’avais pu, crois-tu que j’aurais permis sa douleur ? Mais si je suis avec le Père, je ne suis pas au-dessus du Père.

– Tu guéris les mourants, mais, lui, tu ne l’as pas guéri, dit Joseph avec âpreté.

– Il ne croyait pas en moi.

– C’est vrai, Joseph, reconnaît son frère Simon.

– Il ne croyait pas et n’abandonnait pas sa rancune. Là où se trouvent incrédulité et haine, je ne peux rien. C’est pour cela que je vous dis : ne haïssez plus vos frères. Les voici. Que votre rancoeur ne vienne pas aggraver leur détresse. Votre mère est plus déchirée par cette haine toujours vivante que par la mort qui prend fin d’elle-même. Pour votre père, il s’est éteint dans la paix, car le désir qu’il avait de moi lui a obtenu le pardon de Dieu. Je ne vous parle pas de moi et je ne vous demande rien pour moi. Je suis dans le monde, mais je n’appartiens pas au monde. Celui qui vit en moi me dédommage de tout ce que le monde me refuse. Je souffre dans mon humanité, mais j’élève mon âme au-delà de la terre et je jubile dans les réalités célestes. Mais eux !... Ne manquez pas à la loi de l’amour et du sang. Aimez-vous. Jacques et Jude n’ont pas commis d’offense envers leur sang. Mais, même si cela avait été le cas, pardonnez. Portez sur les choses un juste regard et vous verrez que ce sont eux qui ont été les plus accablés, puisque les nécessités qu’imposait à leur âme l’appel de Dieu étaient incomprises. Pourtant, il n’y a pas la moindre rancune en eux, seulement le désir d’être aimés. N’est-ce pas, mes cousins ? »

Jude et Jacques, que leur mère tient serrés contre elle, acquiescent à travers leurs larmes.

« Simon, tu es l’aîné, donne l’exemple...

– Moi... pour moi... Mais le monde... mais toi...

– Oh ! Le monde... Il oublie et change d’avis chaque matin... Et moi ! Viens. Donne-moi ton baiser de frère. Je t’aime. Tu le sais. Laisse tomber ces écailles qui te rendent dur et ne t’appartiennent pas, mais que t’imposent des étrangers moins justes que toi. Pour toi, juge toujours selon ton coeur, qui est droit. »

Avec encore quelque répugnance, Simon ouvre les bras. Jésus l’embrasse, puis l’amène à ses frères. Ils s’embrassent au milieu des pleurs et des lamentations.

« Maintenant, à toi, Joseph.

– Non. N’insiste pas. Moi, je me souviens de la douleur de notre père.

– En vérité, tu l’éternises par cette rancoeur.

– Peu importe. Je suis fidèle. »

Jésus n’insiste pas.

105.5 Il se tourne vers Simon :

« La soirée avance, mais, si tu voulais... Notre coeur brûle de vénérer sa dépouille. Où est Alphée ? Où l’avez-vous mis ?

– Derrière la maison, au bout de l’oliveraie, contre le talus. C’est un tombeau digne.

– Je t’en prie, conduis-moi. Marie, prends courage. Ton époux se réjouit à la vue de tes fils sur ton sein. Restez. Moi, j’y vais avec Simon. Soyez en paix ! Soyez en paix ! Joseph, je te dis ce que je disais à ton père : “ Je n’éprouve aucune rancoeur. Je t’aime. Quand tu voudras me voir, appelle-moi. Je viendrai pleurer avec toi. ” Adieu. »

Jésus sort avec Simon...

Les apôtres regardent furtivement avec curiosité, mais ils voient que les deux hommes s’entendent bien et s’en réjouissent.

« Venez vous aussi, dit Jésus. Ce sont mes disciples, Simon. Eux aussi désirent honorer ton père. Allons. »

Ils traversent l’oliveraie et tout se termine.

Détail

Jésus revient à Nazareth après la mort de son oncle, Alphée.

EMV 105.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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105.3 Jésus arrive sur le seuil de la cuisine. Marie, femme d’Alphée, se tient près du foyer, elle fait la cuisine, en larmes. Dans un coin, Simon et Joseph sont assis avec d’autres hommes, en cercle. Parmi ces derniers se trouve Alphée, fils de Sarah. Ils sont là, muets comme autant de statues. Est-ce là une coutume ? Je ne sais.

« Paix à cette maison et paix à l’âme qui l’a quittée. »

La veuve pousse un cri et, instinctivement, elle repousse Jésus pour s’interposer entre lui et les autres. Simon et Joseph se lèvent, sombres et interdits. Mais Jésus ne montre pas qu’il s’aperçoit de leur attitude hostile. Il s’avance vers les deux hommes (Simon a déjà cinquante ans et peut-être plus, à en juger par sa mine). Il leur tend les mains, dans un geste d’affectueuse invitation. Les deux hommes sont plus que jamais interdits, mais ils n’osent se comporter comme des malotrus. Alphée, fils de Sarah, tremble et souffre visiblement. Les autres hommes ont une attitude fermée, attendant ce qui va se passer.

« Simon, toi qui es désormais le chef de famille, pourquoi ne m’accueilles-tu pas ? Je viens pleurer avec toi. J’aurais tellement voulu être avec vous, à l’heure de la souffrance ! Ce n’est pas ma faute si j’étais au loin. Tu es juste, Simon, et tu dois le dire. »

L’homme reste sur la réserve.

« Et toi, Joseph, dont le nom m’est si cher, pourquoi n’accueilles-tu pas mon baiser ? Vous ne me permettez pas de pleurer avec vous ? La mort est un lien qui resserre les vraies affections. Or nous nous aimions. Pourquoi maintenant doit-il y avoir désunion ?

– C’est à cause de toi que notre père est mort torturé » répond durement Joseph. Et Simon :

« Tu aurais dû rester. Tu savais qu’il était mourant. Pourquoi n’es-tu pas resté ? Il désirait ta présence...

– Je n’aurais pas pu faire davantage pour lui que ce que j’avais déjà fait. Vous le savez bien... »

Simon, plus juste, reconnaît :

« C’est vrai. Je sais que tu es venu et qu’il t’a chassé. Mais c’était un homme malade et affligé.

– Je le sais et je l’ai dit à ta mère et à tes frères : “ Je n’éprouve aucune rancune, car je comprends son coeur. ” Mais au-dessus de tout, il y a Dieu. Et Dieu voulait cette souffrance pour tous. Pour moi, croyez-le, j’en ai souffert comme si on m’avait arraché un lambeau de chair vivante ; pour votre père, à qui cette peine a fait comprendre une grande vérité qui lui était restée cachée pendant toute sa vie ; pour vous qui, par cette souffrance, avez la possibilité de faire un sacrifice plus salutaire que l’immolation d’un jeune taureau ; enfin pour Jacques et Jude qui sont aujourd’hui des hommes aussi formés que toi, mon Simon, car ils l’ont bien payé par tant de souffrance. Elle les a moulus comme la pierre meulière. Elle les a rendus adultes et ils sont arrivés à l’âge parfait aux yeux de Dieu.

– Quelle vérité a vue notre père ? Une seule : que son sang, à sa dernière heure, lui a été hostile, réplique durement Joseph.

– Non, au-dessus du sang, il y a l’esprit. Il a compris la douleur d’Abraham, ce qui lui a permis d’obtenir l’aide d’Abraham, répond Jésus.

Détail

Jésus va à la maison de son oncle : or, Alphée est mort et le Christ n'était pas à Nazareth à ce moment. On lui en tient rancune...

EMV 105.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je ne vous parle pas de moi et je ne vous demande rien pour moi. Je suis dans le monde, mais je n’appartiens pas au monde. Celui qui vit en moi me dédommage de tout ce que le monde me refuse. Je souffre dans mon humanité, mais j’élève mon âme au-delà de la terre et je jubile dans les réalités célestes. Mais eux !... Ne manquez pas à la loi de l’amour et du sang. Aimez-vous.

Détail

Paroles de Jésus à ses cousins Simon et Joseph, qui ont de la rancune contre lui, surtout Joseph. Il ne leur demande pas des faveurs, mais il parle en faveur de Jude et Jacques d'Alphée, leurs frères.

EMV 106 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus est à la synagogue de Nazareth. Il prêche ce qui est dans l'Évangile, à savoir que le Seigneur l'a envoyé et que cette aujourd'hui que s'accomplit cette parole. Lisant dans les coeurs, il voit que Nazareth aimerait une faveur spéciale, mais par égoïsme, pas par vrai élan de conversion. Alors il dit que nul prophète n'est bien reçu dans son pays et Nazareth le chasse. Il rejoint plus tard sa Mère dans un petit hameau et lui dit qu'il s'éloignera quelque temps, pour lui faire plaisir. Ils parlent aussi du Sacrifice qu'il devra accomplir.

EMV 106.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus se présente comme « celui qui apporte la Bonne Nouvelle, la loi d’amour qui remplace l’ancienne rigueur par la miséricorde, afin qu’obtiennent le salut tous ceux dont la faute d’Adam rend l’âme malade et, par contrecoup, la chair, car le péché engendre le vice, et le vice la maladie, même physique. Et aussi pour que tous ceux que l’Esprit du mal retient prisonniers obtiennent leur libération. Je suis venu pour rompre ces chaînes et rouvrir le chemin du Ciel, pour donner la lumière aux âmes aveuglées et l’ouïe aux âmes sourdes. Le temps de la grâce du Seigneur est venu. Elle est parmi vous, c’est elle qui vous parle. Les patriarches ont désiré voir ce jour, dont la voix du Très-Haut a proclamé l’existence et dont les prophètes ont prédit le temps. »

EMV 106.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Maman, si le Fils de l’homme devait aller uniquement là où on l’aime, il devrait tourner le dos à cette terre et retourner au Ciel. J’ai partout des ennemis. Car on hait la Vérité et moi je suis la Vérité. Mais je ne suis pas venu pour trouver un amour facile. Je suis venu faire la volonté du Père et racheter l’homme. L’amour, tu l’es, Maman. Tu es mon amour qui compense pour moi tout le reste. Toi et ce petit troupeau qui chaque jour s’accroît de quelque brebis que j’arrache au loup des passions et que j’amène au bercail de Dieu. Pour le reste, c’est mon devoir. Je suis venu accomplir ce devoir, et je dois l’accomplir jusqu’à me briser contre les pierres de leurs coeurs réfractaires au bien. Et même, ce n’est que lorsque je serai tombé, baignant de mon sang ces coeurs, que je les attendrirai en y imprimant mon Signe qui efface celui de l’Ennemi. Maman, c’est pour cela que je suis descendu du Ciel. Je ne puis qu’en désirer l’accomplissement.

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Jésus s'adresse à sa Mère et dit :

EMV 106.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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106.7 « Je vais m’absenter quelque temps, pour te faire plaisir. Quand je serai dans le voisinage, je te ferai prévenir.

– Envoie Jean. Il me semble un peu te voir quand je le vois. Sa mère aussi est pleine d’égards pour moi et pour toi. Elle espère, il est vrai, une place privilégiée pour ses fils. C’est une femme et une maman, Jésus. Il faut l’excuser. Elle t’en parlera à toi aussi. Mais elle t’est sincèrement dévouée. Quand elle sera libérée de l’humanité qui fermente en elle et chez ses fils, comme chez les autres, comme chez tous, mon Fils, elle deviendra une femme de grande foi. Il est douloureux de constater que tous attendent de toi quelque bienfait humain, un bienfait qui, même s’il n’est pas humain, est égoïste. Mais le péché est en eux, avec sa concupiscence. Elle n’est pas encore venue, l’heure bénie et tellement redoutable où tu effaceras le Péché, bien que l’amour de Dieu et de l’homme me la fasse désirer. Ah, cette heure ! Comme le coeur de ta Maman tremble devant cette heure ! Que vont-ils te faire, mon Fils Rédempteur dont les prophètes prédisent un tel martyre ?

– N’y pense pas, Maman. Cette heure venue, Dieu t’aidera. Dieu nous aidera, toi et moi. Ensuite, ce sera la paix. Je te le dis, encore une fois. Maintenant, va. La nuit va tomber et le chemin est long. Je te bénis. »

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Jésus a été chassé de Nazareth et il dit à Marie :

EMV 106.8-13 · Tome 2

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106.8 Jésus dit :

« Petit Jean, nous avons beaucoup de travail aujourd’hui. Mais nous avons un jour de retard et il est impossible d’aller lentement. Je t’en ai donné la force nécessaire, aujourd’hui.

Je t’ai accordé ces quatre contemplations pour pouvoir te parler des douleurs de Marie et des miennes, qui préparent la Passion. J’aurais dû t’en parler hier, samedi, le jour dédié à ma Mère. Mais j’ai eu pitié. Nous reprenons donc aujourd’hui le temps perdu. Après les douleurs que je t’ai fait connaître, Marie a encore subi les suivantes, et moi avec elle.

106.9 Mon regard avait lu dans le coeur de Judas. Nul ne doit penser que la sagesse de Dieu n’a pas été capable de comprendre ce coeur. Mais, comme je l’ai dit à ma Mère, il était nécessaire. Malheur à lui d’avoir été le traître ! Mais il fallait un traître. Plein de duplicité, rusé, avide, assoiffé de luxure, voleur, mais aussi plus intelligent et plus cultivé que la plupart, il avait su s’imposer à tous. Audacieux, il m’aplanissait les voies les plus difficiles. Plus que tout, il aimait se distinguer et faire ressortir sa place de confiance auprès de moi. S’il était serviable, ce n’était pas par instinct de charité, mais uniquement parce que, selon votre expression, il “ faisait la mouche du coche. ” Cela lui permettait de tenir la bourse et d’approcher les femmes. Deux choses qu’il aimait d’une façon effrénée, sans parler de son goût pour les honneurs.

Ce serpent ne pouvait que faire horreur à la femme pure, humble, détachée des richesses terrestres qu’était ma Mère. Moi-même, j’éprouvais du dégoût. Le Père, l’Esprit et moi sommes seuls à savoir combien il m’a fallu me dépasser pour pouvoir supporter sa présence. Mais je te l’expliquerai une autre fois.

106.10 De même, je n’ignorais pas l’hostilité des prêtres, des pharisiens, des scribes et des sadducéens. C’étaient des renards rusés qui cherchaient à me pousser dans leur tanière pour me déchirer. Ils étaient assoiffés de mon sang. Ils essayaient de me tendre des pièges partout pour me capturer, pour avoir un motif d’accusation, pour se débarrasser de moi. Ce piège a duré longtemps, trois ans durant, et ils ne se sont apaisés que lorsqu’ils m’ont su mort. Ce soir-là, ils ont dormi heureux. La voix de leur accusateur s’était éteinte à jamais. Du moins le croyaient-ils. Mais non : elle n’était pas éteinte. Elle ne le sera jamais, elle tonne au contraire et maudit leurs semblables d’aujourd’hui. Quelles douleurs ma Mère n’eut-elle pas à subir à cause d’eux ! Et moi, je ne saurais oublier ces douleurs.

106.11 Que la foule soit changeante, voilà qui n’est guère nouveau. C’est la bête sauvage qui lèche la main du dompteur si elle est armée d’un fouet ou si elle offre à sa faim un morceau de viande. Mais il suffit que le dompteur tombe et ne puisse plus se servir du fouet, ou bien qu’il n’ait plus de proie pour la rassasier, pour qu’elle se précipite et le déchire. Il suffit de dire la vérité et d’être bon pour être haï par la foule, une fois le premier moment d’enthousiasme passé. La vérité est reproche et avertissement. La bonté prive du fouet et fait en sorte que ceux qui ne sont pas bons n’aient plus à craindre. D’où les : “ Crucifie-le ! ” après les “ Hosannas ! ” Ma vie de Maître est remplie de ces deux cris. Et le dernier fut : “ Crucifie-le ! ” Le hosanna est l’haleine que reprend le chanteur pour avoir le souffle nécessaire pour monter haut. Le soir du vendredi saint, Marie a réentendu tous ces hosannas menteurs devenus hurlements de mort pour son Enfant, et elle en fut transpercée. Cela aussi, je ne l’oublie pas. 106.12 L’humanité des apôtres ! Qu’elle est lourde ! Pour les élever au Ciel, je soulevais des masses que leur poids entraînait vers la terre. Même ceux qui n’imaginaient pas devenir des ministres d’un roi terrestre comme Judas Iscariote, ceux qui ne pensaient pas comme lui à monter sur le trône à ma place si besoin était, avaient néanmoins soif de gloire. Un jour est venu où même mon Jean et son frère désirèrent cette gloire qui, jusque dans le domaine des réalités célestes, vous éblouit comme un mirage. Ce n’est pas seulement le saint désir du paradis que je veux que vous ayez, ni le désir humain que votre sainteté soit reconnue. Pour un peu d’amour donné à Celui auquel je vous ai dit que vous devez vous donner tout entier, c’est aussi une avidité de changeur, d’usurier, qui vous incite à prétendre à une place à ma droite au Ciel.

Non, mes enfants, non. Il faut d’abord savoir boire toute la coupe que j’ai bue. Entièrement : y compris sa charité témoignée en réponse à la haine, sa chasteté en réponse aux voix de la sensualité, son héroïcité dans les épreuves, son sacrifice par amour pour Dieu et pour ses frères. Puis, quand vous aurez rempli intégralement votre devoir, dites encore : “ Nous sommes des serviteurs inutiles ” et attendez que mon Père – qui est aussi le vôtre –, vous accorde, par bonté, une place dans son Royaume. Comme tu m’as vu être dépouillé de mes vêtements au Prétoire, il convient de se dépouiller de tout ce qui est humain et de ne garder que cet indispensable qui est respect envers ce don de Dieu qu’est la vie et envers les frères auxquels nous pouvons être plus utiles du Ciel que sur la terre, puis laisser Dieu vous revêtir de l’étole immortelle purifiée dans le sang de l’Agneau.

106.13 Je t’ai montré les douleurs qui préparent à la Passion. Je t’en montrerai d’autres. Bien que ce soient toujours des douleurs, il a été reposant pour ton âme de les contempler. Maintenant, en voilà assez. Sois en paix. »

EMV 107 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Jésus arrive à la maison de Jeanne de Kouza. Elle et son mari viennent l'accueillir, et le Seigneur demande à ce que sa Mère puisse venir ici aussi avec sa belle-soeur, Marie d'Alphée. L'intendant et son épouse accepte.

La vision se dédouble et Maria voit le départ de la Vierge et de Marie de Cléophas. Jonathas est venu leur apporter un char pour faciliter leur voyage. Elles remettent la clé à Alphée, fils de Sarah, qui se benge de l'incrédulité des Nazaréens, en soulignant le respect que lui montre le serviteur du Tétrarque (Kouza est en effet à son service).

Enfin, les deux Marie arrivent et la Mère du Christ échange quelques mots avec Jeanne. Elle souffre de voir que le monde n'aime pas son Fils...