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Notes du thème

Prédications et enseignements généraux de Jésus-Christ dans l'EMV

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EMV 93 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus demeure à Nazareth Il y a eu une tempête la veille. Il va retrouver sa Mère et après l'avoir embrassée tendrement, lui demande si ses plantes ont souffert. Mais Pierre veille et est un véritable jardinier. Il évoque légèrement Porphyrée, mais est vaillant et essaie de ne pas médire sur sa belle-mère. Jésus lui confirme en tout cas qu'il viendra à Capharnaüm et il est ravi. Arrivent les autres disciples. Sont donc présent Simon de Jonas, Jean, Judas, Simon le Zélote, Thomas, André, Jacques, Philippe et le berger Joseph. Jude Thaddée est là ce qui n'était pas le cas le chapitre précédent. Le Christ parle en tout cas de la formation apostolique, et fait pour cela des comparaisons avec la nature (l'orage, les terres gelées en hiver). Puis, il s'arrête sur la souffrance de Jude, qui souffre de voir le comportement d'Alphée à l'approche de la mort. Il parle ainsi du martyre de la famille, du fait qu'il faut toujours savoir répondre à l'appel de Dieu et privilégier le Seigneur avant le sang. Le Maître donne bien sûr une grande importance à l'amour filial, mais la famille ne doit pas être un frein dans notre montée vers Dieu.

EMV 93.4-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« A quoi comparerai-je la formation apostolique ? A la nature qui nous entoure. Voyez : en hiver, la terre paraît morte, mais, à l’intérieur, les graines travaillent et la sève se nourrit d’humidité, gonflant les rameaux souterrains – c’est ainsi que je pourrais nommer les racines – pour en avoir en profusion en vue des floraisons, quand sera venu le temps des fleurs. Vous aussi, vous êtes comparables à cette terre hivernale : nue, aride, grossière. Mais sur vous est passé le semeur et il a jeté sa semence. Près de vous est passé le cultivateur et il a sarclé le sol autour de votre tronc planté dans une terre aussi dure et rugueuse que lui, pour que la nourriture venue des nuages et de l’air puisse parvenir aux racines afin de les fortifier pour les fruits à venir. Quant à vous, vous avez reçu la semence et accepté le travail de la bêche, parce que vous avez la bonne volonté de porter du fruit dans l’oeuvre de Dieu.

Je comparerai encore la formation apostolique à cet orage qui a frappé. Cela paraît être une violence inutile. Mais voyez quel bien il a fait. Aujourd’hui, l’air est plus pur, il semble renouvelé, sans poussière. L’orage a tout rafraîchi. Le soleil est le même qu’hier, mais il n’a plus la même ardeur fiévreuse parce que ses rayons nous arrivent à travers des couches d’air purifiées et fraîches. La verdure, les plantes sont soulagées comme les hommes, car la propreté, la sérénité sont des choses qui apportent la joie. Même les discordes servent à atteindre une plus exacte connaissance et une plus grande clarté. Autrement, elles ne seraient que méchancetés. Or que sont les discordes sinon des orages provoqués par des nuages de différentes espèces ? Et ces nuages ne s’accumulent-ils pas insensiblement dans les coeurs, par des mauvaises humeurs inutiles, de petites jalousies, des orgueils ombrageux ? Puis vient le vent de la grâce qui les rassemble pour qu’ils se déchargent de toutes ces sombres humeurs et il ramène la sérénité.

La formation apostolique est encore semblable au travail que Pierre accomplissait ce matin pour faire plaisir à ma Mère : redresser, rattacher, étayer ou délier, selon les tendances et les besoins, pour faire de vous des “ forts ” au service de Dieu. Il faut redresser les idées fausses, maîtriser les excès charnels, soutenir les faiblesses, au besoin modérer les penchants, libérer des servitudes et des timidités. Vous devez être libres et forts, comme des aigles qui abandonnent la cime où ils sont nés pour ne penser qu’à voler toujours plus haut. Le service de Dieu, c’est le vol. La cime, ce sont les affections...

93.5 L’un de vous, aujourd’hui, est triste parce que son père voit venir la mort, qui plus est le coeur fermé à la Vérité et à son fils qui la suit. Plus que fermé, d’ailleurs : hostile. Encore ne lui a-t-il pas dit l’injuste : “ Va-t’en ” dont je parlais hier, en se proclamant lui-même supérieur à Dieu. Mais son coeur serré et ses lèvres closes ne sont pas même capables de dire encore : “ Suis la voix qui t’appelle. ” Je ne prétendrais pas, moi qui vous parle, et son fils pas davantage, voir s’ouvrir ces lèvres pour dire : “ Viens, et qu’avec toi vienne le Maître. Et que Dieu soit béni pour s’être choisi un serviteur de ma maison, en créant ainsi une parenté plus élevée que celle du sang avec le Verbe du Seigneur. ” Mais, moi pour son bien, et son fils pour des raisons encore plus complexes, nous souhaiterions au moins entendre de lui des paroles qui ne soient plus hostiles.

Mais, qu’il ne pleure pas, ce fils. Qu’il sache qu’il n’y a en moi ni rancoeur ni mépris à l’égard de son père, mais seulement de la pitié. Je suis venu et j’ai attendu, tout en sachant l’inutilité de cette attente, pour qu’un jour son fils ne me dise pas : “ Ah, pourquoi n’es-tu pas venu ? ” Je suis venu le persuader que tout est inutile quand le coeur se ferme avec animosité. Je suis venu aussi réconforter la bonne personne qui souffre de cette scission dans la famille, comme sous l’effet d’un couteau qui sépare des faisceaux de fibres... Mais que ce fils, aussi bien que cette bonne mère soient persuadés que, moi, je ne réponds pas au ressentiment par le ressentiment.

93.6 Je respecte l’honnêteté d’un croyant âgé, qui est fidèle malgré la déviation de sa foi, au point où en est restée sa religion jusqu’à aujourd’hui.

Il y en a tant comme lui en Israël... C’est pour cela que je vous dis : je serai mieux reçu par les païens que par les fils d’Abraham. L’humanité a corrompu l’idée du Sauveur et en a abaissé la royauté surnaturelle à une pauvre idée de souveraineté humaine. Il me faut fendre la dure écorce du judaïsme, pénétrer, blesser pour arriver au fond, et porter, là où est l’âme du judaïsme, la fécondation de la Loi nouvelle.

Ah ! Il est bien vrai qu’Israël, qui a poussé autour du noyau vital de la Loi du Sinaï, est devenu semblable à un fruit monstrueux dont la pulpe à couches toujours plus fibreuses et plus dures, protégées à l’extérieur par une carapace résistante à toute pénétration, empêche même la sortie du germe. Et pourtant l’Eternel juge le moment venu de créer le nouvel arbre de la foi au Dieu un et trine. Moi, pour permettre à la volonté de Dieu de s’accomplir et au judaïsme de devenir le christianisme, je dois entailler, percer, pénétrer, aller jusqu’au noyau et le réchauffer de mon amour pour qu’il se réveille et se gonfle, germe, croisse continuellement et devienne l’arbre puissant du christianisme, cette religion parfaite, éternelle, divine. Et en vérité, je vous dis que le judaïsme ne se laissera percer que dans la proportion de un pour cent.

Voilà pourquoi je ne considère pas comme réprouvé cet israélite qui ne veut pas de moi et qui ne voudrait pas me donner son fils. Aussi, je dis au fils : ne pleure pas pour la chair et le sang qui souffrent de se voir repoussés par la chair et le sang qui les ont engendrés. Je lui dis encore : ne pleure pas non plus pour l’esprit. Ta souffrance oeuvre plus que tout au profit de l’âme du tien et du sien, de ce père qui est le tien et ne comprend ni ne voit. 93.7J’ajoute même : ne te fais pas de scrupule d’appartenir plus à Dieu qu’à ton père.

Et à tous je vous dis : Dieu est plus que votre père, que votre mère, que vos frères. Je ne suis pas venu pour unir la chair et le sang à la manière terrestre, mais d’une manière spirituelle et céleste. Aussi me faut-il séparer ce qui est chair et sang pour prendre avec moi les âmes capables, dès cette terre, de s’élever à la hauteur du Ciel pour en faire les serviteurs du Ciel. Je suis donc venu appeler les “ forts ” et les rendre encore plus forts, car ce sont eux qui composent l’armée des doux. Doux pour les frères, forts à égard de leur moi et du moi de leur sang familial.

Ne pleure pas, mon cousin. Ta souffrance, je te l’assure, oeuvre auprès de Dieu au profit de ton père et de tes frères plus que n’importe quelle parole, non seulement de toi, mais même de moi. La parole ne rentre pas là où le préjugé fait barrière, crois-le bien. Mais la grâce entre. Et le sacrifice, c’est l’aimant qui attire la grâce.

En vérité, je vous dis que lorsque j’appelle quelqu’un au service de Dieu, il n’y a pas d’obéissance plus élevée que de répondre à cet appel. Et il faut le faire sans même s’arrêter à calculer à quel point et de quelle façon les autres réagiront à notre fidélité à l’appel de Dieu. Il ne faut pas même s’arrêter pour ensevelir son père. Vous serez récompensés pour cet héroïsme. D’ailleurs, cette récompense ne sera pas pour vous seuls, mais aussi pour ceux dont vous vous séparez avec un cri qui vient du coeur, pour ceux dont la parole vous frappe souvent plus durement qu’une gifle parce qu’ils vous accusent d’être des fils ingrats et vous maudissent, dans leur égoïsme, comme si vous étiez des rebelles. Non : vous êtes loin d’être des rebelles... vous êtes des saints. Les premiers ennemis des personnes appelées sont les membres même de leur famille. Mais entre amour et amour, il faut savoir distinguer, et aimer surnaturellement. C’est dire qu’il faut aimer davantage le Maître du surnaturel que les serviteurs de ce Maître. Il convient d’aimer ses parents en Dieu et non pas plus que Dieu. »

EMV 93.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« A quoi comparerai-je la formation apostolique ? A la nature qui nous entoure. Voyez : en hiver, la terre paraît morte, mais, à l’intérieur, les graines travaillent et la sève se nourrit d’humidité, gonflant les rameaux souterrains – c’est ainsi que je pourrais nommer les racines – pour en avoir en profusion en vue des floraisons, quand sera venu le temps des fleurs. Vous aussi, vous êtes comparables à cette terre hivernale : nue, aride, grossière. Mais sur vous est passé le semeur et il a jeté sa semence. Près de vous est passé le cultivateur et il a sarclé le sol autour de votre tronc planté dans une terre aussi dure et rugueuse que lui, pour que la nourriture venue des nuages et de l’air puisse parvenir aux racines afin de les fortifier pour les fruits à venir. Quant à vous, vous avez reçu la semence et accepté le travail de la bêche, parce que vous avez la bonne volonté de porter du fruit dans l’oeuvre de Dieu.

Je comparerai encore la formation apostolique à cet orage qui a frappé. Cela paraît être une violence inutile. Mais voyez quel bien il a fait. Aujourd’hui, l’air est plus pur, il semble renouvelé, sans poussière. L’orage a tout rafraîchi. Le soleil est le même qu’hier, mais il n’a plus la même ardeur fiévreuse parce que ses rayons nous arrivent à travers des couches d’air purifiées et fraîches. La verdure, les plantes sont soulagées comme les hommes, car la propreté, la sérénité sont des choses qui apportent la joie. Même les discordes servent à atteindre une plus exacte connaissance et une plus grande clarté. Autrement, elles ne seraient que méchancetés. Or que sont les discordes sinon des orages provoqués par des nuages de différentes espèces ? Et ces nuages ne s’accumulent-ils pas insensiblement dans les coeurs, par des mauvaises humeurs inutiles, de petites jalousies, des orgueils ombrageux ? Puis vient le vent de la grâce qui les rassemble pour qu’ils se déchargent de toutes ces sombres humeurs et il ramène la sérénité.

La formation apostolique est encore semblable au travail que Pierre accomplissait ce matin pour faire plaisir à ma Mère : redresser, rattacher, étayer ou délier, selon les tendances et les besoins, pour faire de vous des “ forts ” au service de Dieu. Il faut redresser les idées fausses, maîtriser les excès charnels, soutenir les faiblesses, au besoin modérer les penchants, libérer des servitudes et des timidités. Vous devez être libres et forts, comme des aigles qui abandonnent la cime où ils sont nés pour ne penser qu’à voler toujours plus haut. Le service de Dieu, c’est le vol. La cime, ce sont les affections...

EMV 94.1.6-9 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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94.1 Jésus sort de la maison de la belle-mère de Pierre en même temps que ses disciples, à l’exception de Jude. C’est d’abord un garçon qui le voit et l’annonce, même à ceux qui ne veulent pas le savoir.

Jésus, qui marche sur la rive du lac puis s’assied sur le bord de la barque de Pierre, est aussitôt entouré de villageois qui fêtent son retour et lui posent mille questions. Jésus leur répond avec une infinie patience, souriant et paisible comme si tout ce bavardage était une harmonie céleste.

Le chef de la synagogue arrive à son tour. Jésus se lève pour le saluer. Leur salutation réciproque est pleine d’une solennité tout orientale.

« Maître, puis-je compter sur toi pour l’instruction au peuple ?

– Certainement, si tu le désires, ainsi que le peuple.

– Nous l’avons désiré tous ces derniers temps. Ils peuvent te l’assurer eux-mêmes ! »

Le peuple, en effet, le confirme par un nouveau cri.

« Dans ce cas, je serai chez toi au milieu de la soirée. Pour l’instant, partez tous. Je dois aller trouver quelqu’un qui désire me voir. »

Les gens s’éloignent à contrecoeur, pendant que Jésus, Pierre et André partent sur le lac en barque. Les autres disciples restent à terre. (...)

94.6 ...Jésus, qui est maintenant avec tous ses disciples, pénètre dans la synagogue de Capharnaüm après avoir traversé la place et le chemin qui y conduisent. La nouvelle du récent miracle doit déjà s’être répandue car il y a beaucoup de chuchotements et de commentaires.

Sur le seuil de la porte de la synagogue, je vois le futur apôtre Matthieu. Il se tient là, moitié dehors, moitié dedans ; je ne sais trop s’il est honteux ou ennuyé par tous les clins oeil qui le désignent et même par quelques épithètes peu agréables qu’on lui adresse. Deux pharisiens drapés dans leurs manteaux les resserrent soigneusement contre eux, comme s’ils avaient peur d’attraper la peste en effleurant le vêtement de Matthieu.

En entrant, Jésus le fixe un instant, et s’arrête une seconde. Mais Matthieu baisse la tête. C’est tout.

A peine le groupe l’a-t-il dépassé que Pierre dit à Jésus :

« Sais-tu qui est cet homme frisé, plus parfumé qu’une femme ? C’est Matthieu, notre percepteur... Que vient-il faire ici ? C’est bien la première fois ! Il n’a peut-être pas trouvé les compagnons – les compagnes surtout – avec lesquels il passe le sabbat, dépensant en orgies ce qu’il nous extorque en taxes doublées et triplées pour avoir de l’argent pour le fisc et pour sa conduite vicieuse. »

Jésus regarde Pierre si sévèrement que celui-ci rougit comme une pivoine et baisse la tête, en s’arrêtant, de sorte qu’il passe du premier rang du groupe des apôtres au dernier.

94.7 Jésus a pris place. Après avoir récité des cantiques et des prières avec le peuple, il se retourne pour parler. Le chef de la synagogue lui demande s’il veut un rouleau, mais Jésus répond :

« Je n’en ai pas besoin. J’ai déjà le sujet. »

Il commence alors :

« après avoir péché, le grand roi d’Israël, David de Bethléem, pleura, le coeur contrit, criant à Dieu son repentir et demandant à Dieu son pardon. David avait eu l’esprit embrumé par la sensualité, et cela l’avait empêché de voir la face de Dieu et de comprendre ses paroles.

J’ai dit : la face. Dans le coeur de l’homme, il est un lieu qui garde le souvenir de la face de Dieu, un lieu particulièrement élevé qui est notre “ Saint des Saints ” ; c’est de là que lui proviennent les saintes inspirations et résolutions. Cet endroit parfume comme un autel, brille comme un bûcher, résonne de chants comme la demeure des séraphins. Mais quand le péché répand en nous ses fumées, ce lieu s’obscurcit tellement que lumière, parfum et chants disparaissent, pour ne plus laisser que l’odeur suffocante d’une lourde fumée et un goût de cendre. Et lorsque la clarté revient, parce qu’un serviteur de Dieu la porte au malheureux sans lumière, alors il voit sa laideur, sa déchéance et, horrifié de lui-même, s’écrie comme le roi David : “ Pitié pour moi, mon Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché. ” Il ne dit pas : “ Je ne peux être pardonné, et pour cela je reste dans mon péché ”, mais au contraire : “ Je suis humilié, j’ai le coeur brisé, mais je te prie, toi qui sais comment je suis né dans le péché, de m’asperger et de me purifier pour que je redevienne blanc plus que la neige des sommets. ” Et il ajoute : “ Mon sacrifice n’est pas un holocauste de béliers et de boeufs, mais un coeur brisé, car je sais que c’est cela que tu veux de nous et que tu n’en as pas de mépris. ”

Voilà ce que disait David après son péché et après que Nathan, le serviteur du Seigneur, l’eut amené à se repentir. A plus forte raison, c’est cela que doivent dire les pécheurs, maintenant que le Seigneur leur envoie, non pas un de ses serviteurs, mais le Rédempteur lui-même, son Verbe. C’est lui le Juste, le Maître, non seulement des hommes, mais des êtres du Ciel et des enfers. Il est sorti du milieu de son peuple, comme la lumière jaillit de l’aurore qui, au lever du soleil, resplendit dans un air sans nuages.

94.8 Vous avez déjà lu comment l’homme en proie à Mammon est plus faible qu’un tuberculeux sur le point de mourir, même si auparavant il était “ le fort ”. Vous savez comment Samson fut réduit à rien après avoir cédé à la sensualité. Je veux que vous connaissiez la leçon que nous donne Samson, fils de Manoah, destiné à vaincre les Philistins qui opprimaient Israël. La première condition pour remplir sa mission était que, dès sa conception, il soit tenu vierge de tout ce qui excite bassement les sens et associe les viscères de l’homme à des chairs impures, en d’autres termes le vin, les boissons fermentées et les viandes grasses qui allument dans les reins un feu impur. Seconde condition pour être le libérateur : avoir été consacré au Seigneur dès l’enfance et le rester par un naziréat perpétuel. Etre consacré demande que l’on se garde non seulement dans une sainteté extérieure, mais aussi dans une sainteté intérieure. Alors Dieu est avec lui.

Mais la chair est la chair, et Satan est la Tentation. Or, pour combattre Dieu dans un coeur et dans ses saints décrets, la Tentation se sert de la chair qui excite l’homme : la femme. C’est alors que la force du “ fort ” frémit et qu’il devient un faible qui gâche les dons que Dieu lui avait accordés. Et maintenant, écoutez : Samson fut lié avec sept cordes de nerfs frais, puis avec sept cordes neuves, enfin fixé au sol avec sept tresses de sa chevelure. Il avait toujours été victorieux. Mais on ne met pas en vain le Seigneur à l’épreuve, pas même dans le domaine de sa bonté. Ce n’est pas permis. Lui pardonne, pardonne, pardonne. Mais il exige la volonté de sortir du péché pour continuer à pardonner. Il est bien sot, celui qui implore : “ Seigneur, pardon ” et ensuite ne fuit pas ce qui le pousse continuellement au péché ! Samson, victorieux trois fois, n’a pas fui Dalila, la sensualité, le péché, et, excédé à en mourir – dit le Livre –, sa force d’âme une fois amoindrie – dit encore le Livre –, il révéla son secret : “ Ma force réside dans mes sept tresses. ”

N’y a-t-il personne parmi vous qui, sous le découragement dû à son péché, ne sente sa vie spirituelle s’affaiblir – car rien n’accable autant que la conscience du mal consenti – et ne soit sur le point de se livrer vaincu à l’Ennemi ? Non, qui que tu sois, ne le fais pas. Samson livra à la tentation le secret pour vaincre ses sept vertus : les sept tresses symboliques, ses vertus, autrement dit sa fidélité au naziréat. Epuisé, il s’endormit sur le sein de la femme et fut vaincu. Il devint aveugle, esclave, impuissant pour avoir refusé de rester fidèle à son voeu. Il ne redevint le “ fort ”, le “ libérateur ”, que lorsque la douleur d’un vrai repentir lui rendit sa vigueur...

Repentir, patience, constance, héroïsme : alors, ô pécheurs, je vous promets que vous serez vos propres libérateurs. En vérité, je vous assure qu’il n’est pas de baptême qui vaille ni de rite qui serve, s’il n’y a ni repentir ni volonté de renoncer au péché. En vérité, je vous assure qu’il n’y a pas pécheur si grand qu’il ne puisse faire renaître par ses larmes les vertus que son péché a arrachées de son coeur.

94.9 Aujourd’hui une femme, une pécheresse d’Israël, punie par Dieu pour son péché, a obtenu miséricorde par son repentir. J’ai bien dit : miséricorde. Mais ils en obtiendront moins, ceux qui n’en ont pas fait preuve à son égard et se sont acharnés sur elle alors qu’elle était déjà punie. Ces gens-là ne portaient-ils pas sur eux la lèpre de leur faute ? Que chacun s’examine... et aie pitié pour mériter la pitié pour lui-même. Je vous tends la main pour cette femme repentie qui revient parmi les vivants, après avoir été reléguée parmi les morts. C’est Simon, fils de Jonas, pas moi, qui recueillera l’obole pour elle, qui revient à la Vie véritable après avoir été sur le point de quitter la vie. Et ne murmurez pas, vous, les grands. Ne murmurez pas. Je n’étais pas au monde quand elle était la Belle. Vous, vous y étiez. Je n’ajoute rien.

– Tu nous accuses d’avoir été ses amants ? demande avec hargne l’un des deux anciens.

– Que chacun considère son coeur et sa conduite. Pour moi, je n’accuse pas. Je parle au nom de la justice. Partons. »

Et Jésus sort avec les siens.

Mais Judas se trouve retenu par deux hommes qui semblent le connaître assez bien. J’entends qu’ils disent :

« Toi aussi, tu es avec lui ? Est-il saint, réellement ? »

Judas a une de ses répliques déconcertantes :

« Je vous souhaite d’arriver au moins à comprendre sa sainteté.

– pourtant, il a guéri un jour de sabbat !

– Non. Il a pardonné le jour du sabbat. Quel jour est plus indiqué pour le pardon que le sabbat ? Ne me donnez-vous rien pour celle qui a été rachetée ?

– Nous ne donnons pas notre argent aux prostituées. C’est l’offrande pour le Temple saint. »

Irrévérencieusement, Judas éclate de rire et les plante là pour rejoindre le Maître. Jésus va rentrer dans la maison de Pierre qui est en train de lui dire :

« Voilà : le petit Jacques, à la sortie de la synagogue, m’a donné aujourd’hui deux bourses au lieu d’une seule, et toujours de la part de cet inconnu. Mais de qui s’agit-il, Maître ? Tu le sais... dis-le-moi. »

Jésus sourit :

« Je te le dirai quand tu auras appris à ne médire de personne. »

Et tout prend fin.

Détail

Jésus promet de parler à Capharnaüm, mais avant, il va guérir la Belle de Chorazaïn. Ensuite, il va prêcher, comme il l'a promis.

EMV 95.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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95.4 Jésus s’adosse à un arbre, à une dizaine de mètres de Matthieu et commence à parler.

« Le monde est comparable à une grande famille dont les membres exercent des métiers différents et tous nécessaires. Il y a les agriculteurs, les bergers, les vignerons, les charpentiers, les pêcheurs, les maçons, les ouvriers du bois et du fer, et puis les écrivains, les soldats, les fonctionnaires affectés à des missions spéciales, les médecins, les prêtres. Il y a de tout. Le monde ne saurait être composé d’une seule catégorie. Les professions sont toutes indispensables, toutes saintes, si elles sont exercées avec honnêteté et justice. Comment peut-on y arriver, si Satan nous tente de tellement de côtés ? En pensant à Dieu – qui voit tout, même les actions les plus cachées – et à sa Loi qui dit : “ Aime ton prochain comme toi-même, ne lui fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Ne vole pas, en aucune manière. ”

Dites-moi, vous qui m’écoutez : quand quelqu’un meurt, emporte-t-il avec lui ses sacs d’argent ? Et même s’il était assez sot pour les vouloir auprès de lui dans sa tombe, pourrait-il s’en servir dans l’autre vie ? Non. Les pièces de monnaie s’abîment au contact de la pourriture d’un corps décomposé. Mais son âme, elle, serait nue, plus pauvre que celle du bienheureux Job, ne disposant pas de la plus petite pièce de monnaie, même si, ici-bas et dans la tombe, elle avait laissé des masses de talents. Aussi, écoutez bien ! En vérité, je vous le dis : il est difficile d’acquérir le Ciel par des richesses ; au contraire, on le perd généralement à cause d’elles, même si elles proviennent d’un héritage ou d’un gain honnête, car il y a peu de riches qui sachent en user avec justice.

Alors que faut-il faire, pour posséder ce Ciel béni, ce repos au sein du Père ? Il faut n’être pas avide de richesses. Pas avide dans le sens de ne pas les vouloir à tout prix, même en manquant à l’honnêteté et à l’amour. Pas avide, si, les possédant, on les aime plus que le Ciel, plus que son prochain, en refusant la charité aux personnes dans le besoin. Pas avide de ce que les richesses peuvent procurer : femmes, plaisirs, table opulente, vêtements fastueux qui font offense à la misère de ceux qui ont froid et faim. Il y a bien une manière de changer les monnaies du monde en celles qui ont cours dans le royaume des Cieux : c’est la sainte ruse qui consiste à transformer les richesses humaines, souvent injustes ou causes d’injustices, en richesses éternelles. Il faut pour cela gagner honnêtement sa vie, restituer ce qu’on a pris injustement, faire un usage modéré des biens du monde et sans s’y attacher. Il faut savoir quitter les richesses parce que, tôt ou tard, elles nous quitteront – il faut le garder à l’esprit ! – tandis que le bien accompli ne nous abandonne jamais.

Tous voudraient être qualifiés de “ justes ”, considérés comme tels et récompensés par Dieu pour cette raison. Mais comment Dieu pourrait-il récompenser celui qui n’a du juste que le nom, mais pas les oeuvres ? Comment pourrait-il dire : “ Je te pardonne ”, s’il se rend compte que son repentir n’est que dans les mots, sans changement véritable dans son âme ? Il n’y a pas de repentir tant que dure le désir de l’objet qui est cause du péché. Mais quand quelqu’un s’humilie, quand il mutile moralement ce qui est en lui la source d’une passion mauvaise – qu’il s’agisse de femme ou d’or –, quand il dit : “ Pour toi, Seigneur, je ne veux plus entendre parler de tout cela ”, voilà alors un repentir authentique. Et Dieu l’accueille en disant : “ Viens, tu m’es aussi cher qu’un être innocent ou un héros. ” »

Jésus a fini. Il s’en va sans même se tourner vers Matthieu, qui s’est approché du cercle des auditeurs dès les premiers mots.

EMV 96.1-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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96.1 Jésus est à Bethsaïde. Il parle debout sur la barque qui l’a amené et qui est comme échouée sur la rive, attachée à un pieu d’un petit môle rudimentaire. Beaucoup de gens sont assis en demi-cercle sur le sable pour l’écouter. Jésus vient de commencer son discours.

« ... et je vois que vous m’aimez bien, vous les habitants de Capharnaüm, vous qui m’avez suivi, en laissant de côté le commerce et votre confort pour écouter mon enseignement. Je sais aussi que, plus que les pertes ainsi occasionnées qui lèsent votre bourse, votre démarche suscite des railleries à votre encontre et peut même vous causer un dommage social. Je sais bien que Simon, Elie, Urie et Joachim sont contre moi. Opposés aujourd’hui, demain ennemis. Mais je ne trompe personne, et je ne veux pas vous tromper, vous, mes fidèles amis. C’est pourquoi je vous dis que pour me nuire, pour me faire souffrir, pour triompher de moi en m’isolant, les puissants de Capharnaüm mettront en oeuvre tous les moyens... : insinuations aussi bien que menaces, dérision et calomnies. L’Ennemi commun se servira de tout pour arracher des âmes au Christ et s’en faire une proie. Je vous le dis : celui qui persévérera sera sauvé ; mais aussi : celui qui préfère sa vie et son bien-être à son salut éternel est libre de partir, de me quitter, de s’occuper de sa petite existence et d’un bien-être passager. Moi, je ne retiens personne.

96.2 L’homme est un être libre. Je suis venu l’amener à une toujours plus grande libération, du péché en ce qui concerne son âme, et des chaînes d’une religion déformée, oppressive, qui étouffe, sous des flots de détails, de verbiage, de prescriptions, la vraie parole de Dieu qui est nette, brève, claire, facile, sainte, parfaite. Ma venue passe les consciences au crible. Je rassemble mon grain sur l’aire, je le bats par la doctrine du sacrifice et je le passe au tamis de sa propre volonté. La balle, le sorgho, la vesce, l’ivraie s’envoleront, légères et inutiles, puis retomberont, lourdes et nuisibles, et les oiseaux s’en nourriront. Dans mon grenier n’entrera que le grain choisi, pur, résistant, excellent. Ce grain, ce sont les saints.

Un défi séculaire a eu lieu entre l’Eternel et Satan. Satan, bouffi d’orgueil à la suite de sa première victoire sur l’homme, a dit à Dieu : “ Tes créatures seront pour toujours à moi. Rien, pas même le châtiment, pas même la Loi que tu veux leur donner, ne les rendra capables de gagner le Ciel. Cette demeure dont tu m’as chassé, moi, le seul être intelligent de toutes tes créatures, restera vide, inutile, triste comme tout ce qui est inutile. ” Alors l’Eternel a répondu au Maudit : “ C’est encore en ton pouvoir tant que ton venin est le seul à régner dans l’homme. Mais j’enverrai mon Verbe, et sa parole neutralisera ton venin, assainira les coeurs, les guérira de la folie dont tu les as salis ou endiablés ; alors ils reviendront à moi. Comme des brebis égarées qui retrouvent leur berger, ils reviendront à mon bercail et le Ciel sera peuplé. C’est pour eux que je l’ai fait. Et toi, dans ta rage impuissante, tu grinceras de tes horribles dents là, dans ton horrible royaume, prisonnier et maudit. Les anges rabattront sur toi la pierre de Dieu ; une fois scellée, les ténèbres et la haine seront ton partage et celui des tiens. En revanche, les chants bienheureux, la liberté infinie, éternelle, sublime, sera le lot des miens. ” Alors Mammon, éclatant d’un rire moqueur, a juré : “ Et sur ma géhenne, je jure que quand ce sera l’heure, je viendrai. Je serai partout présent auprès de ceux qui seront évangélisés et nous verrons qui des deux, moi ou toi, sera le vainqueur. ”

Oui, c’est pour vous passer au crible que Satan vous dresse des embûches et que, moi, je vous entoure. Il y a deux adversaires : moi et lui. Vous êtes entre les deux. C’est le duel de l’Amour contre la Haine, de la Sagesse contre la Folie, de la Bonté contre le Mal sur vous et autour de vous. Pour détourner les mauvais coups qu’il dirige contre vous, ma simple présence suffit. Je m’interposerai entre les armes sataniques et votre personne, et j’accepte d’être blessé à votre place, parce que je vous aime. Mais les coups qui vous frappent au-dedans, c’est à vous qu’il revient de les détourner par votre volonté, en courant vers moi, en vous mettant sur ma voie qui est vérité et vie. Celui qui n’a pas le ferme désir du Ciel ne le possédera pas. Celui qui n’est pas capable d’être le disciple du Christ sera la balle légère que le vent du monde emporte avec lui. Celui qui est ennemi du Christ est une semence nuisible qui renaîtra dans le royaume de Satan...

96.3 Je sais pourquoi vous êtes venus, vous les habitants de Capharnaüm. J’ai parfaitement conscience du péché qu’on m’impute ; c’est au nom de ce péché inexistant qu’on murmure dans mon dos, en insinuant que m’écouter et me suivre est faire oeuvre de complicité avec le pécheur. J’en ai une conscience si claire que je ne crains pas d’en rendre compte aux habitants de Bethsaïde.

Parmi vous, habitants de Bethsaïde, il y a des anciens qui, pour diverses raisons, n’ont pas oublié la Belle de Chorazeïn. Il y a des hommes qui ont péché avec elle, des femmes qu’elle a fait pleurer. Je n’étais pas encore venu dire : “ Aimez celui qui vous cause du tort ” ! Après les pleurs, vint la jubilation d’apprendre qu’elle était atteinte de la pourriture, passée de ses entrailles impures à la surface de son corps magnifique. C’était le symbole de la lèpre – plus grave – qui avait rongé son âme adultère, homicide, prostituée. Soixante-dix fois sept fois adultère avec tout ce qui s’appelait “ homme ” et avait de l’argent. Homicide autant de fois, de ses enfantements bâtards ; prostituée par vice et non par besoin.

Ah ! Comme je vous comprends, femmes trahies ! Je comprends votre joie quand on vous a appris : “ La chair de la Belle est plus puante et plus pourrie que celle d’une charogne qui gît dans le fossé d’un grand chemin et est devenue la proie des corbeaux et des vers. ” Mais je vous dis : sachez pardonner. Dieu s’est chargé de votre vengeance, et puis Dieu a pardonné. A votre tour de pardonner. Moi, je lui ai pardonné en votre nom, parce que je sais que vous êtes bonnes, femmes de Bethsaïde, qui me saluez du cri : “ Béni soit l’Agneau de Dieu ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! ” Si je suis l’Agneau – et vous le reconnaissez –, si je viens parmi vous, moi l’Agneau, vous devez toutes devenir de douces brebis, même celles auxquelles une douleur, lointaine désormais, d’épouses trahies a donné l’instinct de fauve qui défend sa nichée. Je ne pourrais rester parmi vous si vous étiez des tigresses et des hyènes, car je suis l’Agneau.

Celui qui vient au nom très saint de Dieu rassembler les justes et les pécheurs pour les amener au Ciel est allé vers cette femme repentie et lui a dit : “ Sois purifiée. Va, et expie. ” J’ai fait cela un jour de sabbat, ce dont on m’accuse. Accusation officielle. La seconde est d’avoir approché une prostituée. Une femme qui avait été prostituée, mais qui n’était plus qu’une âme pleurant son péché.

Eh bien ! je vous dis : je l’ai fait et le ferai encore. Apportez-moi le Livre : scrutez-le, étudiez-le, dans toute sa profondeur. Trouvez, si possible, un passage qui défend au médecin de soigner un malade, à un lévite de s’occuper de l’autel, à un prêtre d’écouter un fidèle, uniquement parce que c’est le sabbat. Si vous en trouvez un et me le montrez, je me battrai la poitrine et je reconnaîtrai : “ Seigneur, j’ai péché en ta présence et en présence des hommes. Je ne suis pas digne de ton pardon, mais si tu veux prendre pitié de ton serviteur, je te bénirai jusqu’à mon dernier soupir. ” Car cette âme était malade, et les malades ont besoin du médecin. C’était un autel profané et il était nécessaire qu’un lévite le purifie. C’était un fidèle qui allait pleurer dans le vrai Temple du vrai Dieu et il avait besoin du prêtre pour l’y introduire. En vérité, je vous dis que je suis Médecin, Lévite, Prêtre. En vérité je vous dis que si, au lieu de faire mon devoir, je laisse se perdre ne serait-ce qu’une seule âme poussée par le désir du salut, en ne la sauvant pas, le Dieu Père m’en demandera compte et me punira pour la perte de cette âme.

Voilà mon péché, d’après les puissants de Capharnaüm. Bien sûr, j’aurais pu attendre le lendemain du sabbat pour la guérir. Mais pourquoi attendre vingt-quatre heures de plus pour remettre dans la paix de Dieu un coeur contrit ? Ce coeur faisait preuve d’une humilité vraie, d’une réelle sincérité, d’une douleur parfaite. J’ai lu dans ce coeur. Son corps était encore lépreux, mais son coeur était déjà guéri par le baume des années de repentir, de larmes, d’expiation. Ce coeur avait besoin d’une seule chose pour être approché de Dieu sans pour cela rendre impur par ce voisinage l’air de sainteté qui entoure Dieu : ma consécration renouvelée. Je l’ai faite. Elle est sortie du lac pure, certes dans sa chair, mais plus encore dans son coeur.

96.4 Combien de ceux qui sont entrés dans les eaux du Jourdain pour obéir à l’ordre du Précurseur n’en sont pas sortis aussi purs qu’elle ! Car leur baptême n’était pas l’acte volontaire, sincère, loyal, d’une âme qui voulait se préparer à mon avènement, mais une formalité pour paraître parfaits en sainteté aux yeux du monde. Ce n’était donc rien de plus qu’hypocrisie et orgueil, deux péchés qui venaient s’ajouter au monceau de fautes qui existaient déjà dans leurs coeurs. Le baptême de Jean n’était qu’un symbole. Il voulait dire : “ Purifiez-vous de l’orgueil, humiliez-vous en vous avouant pécheurs ; purifiez-vous de vos péchés de luxure en vous lavant de ce qui en reste en vous. ” Le baptême efficace est celui qui répond à la volonté de votre âme de devenir pure pour le banquet de Dieu. Il n’est pas de faute si grande qu’elle ne puisse être lavée par le repentir d’abord, par la grâce ensuite, enfin par le Sauveur. Il n’est pas de si grand pécheur qu’il ne puisse lever son visage humilié et sourire à une espérance de rédemption. Il lui suffit de renoncer complètement à la faute, de résister héroïquement à la tentation, d’avoir une volonté sincère de renaître.

96.5 Je vais maintenant vous dire une vérité qui pourrait paraître blasphématoire à mes ennemis. Mais vous, vous êtes mes amis. Je parle d’abord pour vous, mes disciples que j’ai déjà choisis, puis pour vous tous qui m’écoutez. Je vous l’affirme : les anges — ces esprits purs et parfaits qui vivent dans la lumière de la très sainte Trinité et en elle sont comblés de joie — ont, en dépit de leur perfection, une infériorité par rapport à vous qui êtes si loin du Ciel. Ils le reconnaissent d’ailleurs. Ils ont l’infériorité de ne pouvoir se sacrifier et souffrir pour coopérer à la rédemption de l’homme. Qu’en pensez-vous ? Dieu ne prend pas un ange pour lui dire : “ Sois le rédempteur de l’humanité. ” Mais il prend son Fils. Certes, ce sacrifice a une valeur incalculable et une puissance infinie. Mais bien que sa bonté de Père ne veuille pas faire de différence entre le Fils de son amour et les fils de sa puissance, il sait qu’il manque quelque chose à la somme des mérites qu’il faut opposer à la somme des péchés que d’heure en heure l’humanité accumule. Or il ne prend pas d’autres anges pour combler la mesure, il ne leur dit pas : “ Souffrez pour imiter le Christ ”, mais c’est à vous qu’il s’adresse, à vous les hommes. Il vous dit : “ Souffrez, sacrifiez-vous, soyez semblables à mon Agneau. Soyez des corédempteurs... ” Ah ! Je vois des cohortes d’anges qui, cessant un instant de tourner dans une extase d’adoration autour de la Trinité qui est leur pivot, s’agenouillent, tournés vers la Terre et disent : “ Bénis soyez-vous, vous qui pouvez souffrir avec le Christ et pour le Dieu éternel, le nôtre et le vôtre ! ”

Beaucoup ne comprendront pas encore cette grandeur. Elle est trop élevée pour l’homme. Mais quand l’Hostie sera immolée, quand le Grain éternel ressuscitera pour ne plus jamais mourir, après avoir été moissonné, battu, décortiqué et enseveli dans les entrailles du sol, alors viendra l’Illuminateur spirituel et il éclairera les âmes, même les plus lentes, demeurées cependant fidèles au Christ Rédempteur. Alors vous comprendrez que je n’ai pas blasphémé, mais que je vous ai annoncé la plus haute dignité de l’homme : celle d’être corédempteur, même si d’abord il n’était qu’un pécheur.

96.6 En attendant, préparez-vous à cette destinée avec pureté de coeur et d’intention. Plus purs vous serez, mieux vous comprendrez. Car l’impureté, quelle qu’elle soit, est toujours une fumée qui obscurcit la vue et appesantit l’intelligence.

Soyez purs. Commencez à l’être dans votre corps pour passer ensuite à l’âme. Commencez par les cinq sens pour passer aux sept passions. Commencez par l’oeil : le sens de la vue est roi, il ouvre la voie à la plus mordante et la plus complexe des faims. L’oeil voit la chair de la femme et désire la chair. L’oeil voit l’opulence des riches et désire l’or. L’oeil voit la puissance de ceux qui gouvernent et désire le pouvoir. Ayez donc un regard paisible, honnête, sobre, pur, et vous aurez des désirs paisibles, honnêtes, sobres et purs. Votre coeur sera d’autant plus pur que votre regard le sera. Veillez avec soin sur votre regard, toujours si avide de découvrir des pommes tentatrices. Ayez un regard chaste si vous voulez être chastes dans votre corps. Si vous avez la chasteté de la chair, vous aurez la chasteté des richesses et de la puissance. Vous aurez toutes les chastetés et serez les amis de Dieu. Ne craignez pas qu’on vous raille si vous êtes chastes. Craignez seulement d’être les ennemis de Dieu.

Un jour, j’ai entendu dire : “ Le monde te ridiculisera comme menteur ou comme eunuque si tu montres que tu n’as pas d’attrait pour la femme. ” En vérité, je vous dis que Dieu a établi le mariage pour vous élever à l’imiter par la procréation et à coopérer avec lui pour peupler le Ciel. Mais il y a un état plus élevé, devant lequel s’inclinent les anges qui en voient la sublimité sans pouvoir l’imiter. Cet état, parfait quand il dure de la naissance à la mort, n’est cependant pas fermé à ceux qui ne sont plus vierges, mais qui réduisent à rien leur fécondité d’hommes ou de femmes, qui délaissent leur virilité animale pour ne devenir féconds et virils que spirituellement. C’est l’état d’eunuque, sans imperfection naturelle ni mutilation violente ou volontaire. Cet état n’interdit pas d’approcher de l’autel ; dans les siècles à venir, au contraire, ceux qui s’y obligent serviront l’autel et l’entoureront. C’est l’état le plus élevé car il sépare la volonté de tout ce qui n’est pas l’appartenance à Dieu seul, gardant pour lui la chasteté du corps et du coeur pour conserver éternellement la pureté lumineuse chère à l’Agneau.

96.7 J’ai parlé pour le peuple et pour ceux du peuple qui sont choisis. Maintenant, avant d’entrer pour rompre le pain et partager le sel dans la maison de Philippe, je vais tous vous bénir : les bons pour les récompenser, les pécheurs pour leur mettre au coeur le courage d'approcher Celui qui est venu pour pardonner. Que la paix soit avec vous tous. »

Jésus descend de la barque et passe à travers la foule qui se presse autour de lui. Au coin d’une maison se tient encore Matthieu qui, de là, a écouté le Maître, sans rien oser de plus. Arrivé à sa hauteur, Jésus s’arrête et, comme s’il bénissait tout le monde, bénit une seconde fois, regarde Matthieu et rejoint le groupe des siens, suivi du peuple. Il disparaît dans une maison.

Tout prend fin.

EMV 96.5-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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96.5 Je vais maintenant vous dire une vérité qui pourrait paraître blasphématoire à mes ennemis. Mais vous, vous êtes mes amis. Je parle d’abord pour vous, mes disciples que j’ai déjà choisis, puis pour vous tous qui m’écoutez. Je vous l’affirme : les anges — ces esprits purs et parfaits qui vivent dans la lumière de la très sainte Trinité et en elle sont comblés de joie — ont, en dépit de leur perfection, une infériorité par rapport à vous qui êtes si loin du Ciel. Ils le reconnaissent d’ailleurs. Ils ont l’infériorité de ne pouvoir se sacrifier et souffrir pour coopérer à la rédemption de l’homme. Qu’en pensez-vous ? Dieu ne prend pas un ange pour lui dire : “ Sois le rédempteur de l’humanité. ” Mais il prend son Fils. Certes, ce sacrifice a une valeur incalculable et une puissance infinie. Mais bien que sa bonté de Père ne veuille pas faire de différence entre le Fils de son amour et les fils de sa puissance, il sait qu’il manque quelque chose à la somme des mérites qu’il faut opposer à la somme des péchés que d’heure en heure l’humanité accumule. Or il ne prend pas d’autres anges pour combler la mesure, il ne leur dit pas : “ Souffrez pour imiter le Christ ”, mais c’est à vous qu’il s’adresse, à vous les hommes. Il vous dit : “ Souffrez, sacrifiez-vous, soyez semblables à mon Agneau. Soyez des corédempteurs... ” Ah ! Je vois des cohortes d’anges qui, cessant un instant de tourner dans une extase d’adoration autour de la Trinité qui est leur pivot, s’agenouillent, tournés vers la Terre et disent : “ Bénis soyez-vous, vous qui pouvez souffrir avec le Christ et pour le Dieu éternel, le nôtre et le vôtre ! ”

Beaucoup ne comprendront pas encore cette grandeur. Elle est trop élevée pour l’homme. Mais quand l’Hostie sera immolée, quand le Grain éternel ressuscitera pour ne plus jamais mourir, après avoir été moissonné, battu, décortiqué et enseveli dans les entrailles du sol, alors viendra l’Illuminateur spirituel et il éclairera les âmes, même les plus lentes, demeurées cependant fidèles au Christ Rédempteur. Alors vous comprendrez que je n’ai pas blasphémé, mais que je vous ai annoncé la plus haute dignité de l’homme : celle d’être corédempteur, même si d’abord il n’était qu’un pécheur.

96.6 En attendant, préparez-vous à cette destinée avec pureté de coeur et d’intention. Plus purs vous serez, mieux vous comprendrez. Car l’impureté, quelle qu’elle soit, est toujours une fumée qui obscurcit la vue et appesantit l’intelligence.

Soyez purs. Commencez à l’être dans votre corps pour passer ensuite à l’âme. Commencez par les cinq sens pour passer aux sept passions. Commencez par l’oeil : le sens de la vue est roi, il ouvre la voie à la plus mordante et la plus complexe des faims. L’oeil voit la chair de la femme et désire la chair. L’oeil voit l’opulence des riches et désire l’or. L’oeil voit la puissance de ceux qui gouvernent et désire le pouvoir. Ayez donc un regard paisible, honnête, sobre, pur, et vous aurez des désirs paisibles, honnêtes, sobres et purs. Votre coeur sera d’autant plus pur que votre regard le sera. Veillez avec soin sur votre regard, toujours si avide de découvrir des pommes tentatrices. Ayez un regard chaste si vous voulez être chastes dans votre corps. Si vous avez la chasteté de la chair, vous aurez la chasteté des richesses et de la puissance. Vous aurez toutes les chastetés et serez les amis de Dieu. Ne craignez pas qu’on vous raille si vous êtes chastes. Craignez seulement d’être les ennemis de Dieu.

Un jour, j’ai entendu dire : “ Le monde te ridiculisera comme menteur ou comme eunuque si tu montres que tu n’as pas d’attrait pour la femme. ” En vérité, je vous dis que Dieu a établi le mariage pour vous élever à l’imiter par la procréation et à coopérer avec lui pour peupler le Ciel. Mais il y a un état plus élevé, devant lequel s’inclinent les anges qui en voient la sublimité sans pouvoir l’imiter. Cet état, parfait quand il dure de la naissance à la mort, n’est cependant pas fermé à ceux qui ne sont plus vierges, mais qui réduisent à rien leur fécondité d’hommes ou de femmes, qui délaissent leur virilité animale pour ne devenir féconds et virils que spirituellement. C’est l’état d’eunuque, sans imperfection naturelle ni mutilation violente ou volontaire. Cet état n’interdit pas d’approcher de l’autel ; dans les siècles à venir, au contraire, ceux qui s’y obligent serviront l’autel et l’entoureront. C’est l’état le plus élevé car il sépare la volonté de tout ce qui n’est pas l’appartenance à Dieu seul, gardant pour lui la chasteté du corps et du coeur pour conserver éternellement la pureté lumineuse chère à l’Agneau.

96.7 J’ai parlé pour le peuple et pour ceux du peuple qui sont choisis. Maintenant, avant d’entrer pour rompre le pain et partager le sel dans la maison de Philippe, je vais tous vous bénir : les bons pour les récompenser, les pécheurs pour leur mettre au coeur le courage d'approcher Celui qui est venu pour pardonner. Que la paix soit avec vous tous. »

EMV 97.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« J’ai des idées noires aujourd’hui. Tu ne l’as pas vu, mais quand nous avons débarqué, Elie, le pharisien, était présent. Plus jaune encore que d’habitude. Et il nous regardait d’un air !

– Laisse-le donc regarder !

– Hé ! Bien obligé ! Mais je t’assure, Maître, que pour faire la paix avec celui-là, il faudra plus de deux figues !

– Qu’ai-je dit à la mère du petit Tobie ? “ J’ai fait la paix avec l’objet même du litige. ” De la même manière, je tâcherai de faire la paix avec les notables de Capharnaüm en leur témoignant du respect, puisque selon eux je les ai offensés. D’ailleurs, cela satisfera quelqu’un d’autre.

– Qui ? »

Jésus ne répond pas à cette question et poursuit :

« Je ne réussirai pas, probablement, car il leur manque la volonté de faire la paix. Mais écoutez-moi : dans toutes les disputes, si le plus prudent savait céder et ne pas s’acharner à vouloir avoir raison, s’il se montrait conciliant, quitte à partager en deux l’objet du litige – même si, je veux bien l’admettre, il est dans son bon droit –, ce serait mieux et plus saint. On ne nuit pas forcément par désir de nuire. Il arrive qu’on fasse du mal sans le vouloir. Pensez toujours à cela et pardonnez. Elie et les autres croient servir Dieu avec justice en agissant comme ils le font. Je chercherai, avec patience et constance, avec beaucoup d’humilité et de bonne grâce, à les persuader qu’un temps nouveau est venu et que Dieu veut désormais être servi d’après mon enseignement. La ruse de l’apôtre, c’est la bonne grâce, son arme la constance, le secret de la réussite, l’exemple et la prière pour ceux qu’il faut convertir. »

Détail

Hostilité des pharisiens. Jésus vient d'appeler une querelle entre deux enfants, appelés Jeanne et Tobie. Ils s'étaient disputés pour quelques figues (voir 97.1). Après avoir ramené la paix, le Christ dit quelques mots à leur mère, puis il parle aux apôtres. Pierre dit :

EMV 98 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus et les Douze sont sur le lac, dans deux barques. Ils croisent un autre bâteau romain, sur lequel est Marie-Madeleine. Jésus est absorbé dans ses pensées pendant que Judas, Pierre, et Simon le Zélote interviennent, surtout à cause de l'Iscariothe. Puis le Seigneur demande à ce que Simon de Jonas les mène dans un coin à part. Il les enseigne longuement sur les lignes essentielles de sa doctrine.

EMV 98.6-12 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

98.6 Jésus met fin à la discussion qu’il a affecté de ne pas entendre, en demandant à Pierre :

« C’est Tibériade ?

– Oui, Maître. Je vais bientôt accoster.

– Attends, peux-tu te mettre dans cette anse paisible ? Je voudrais vous parler, à vous seulement.

– Je sonde le fond et je vais te le dire. »

Pierre enfonce une longue perche et se dirige lentement vers la rive.

« Oui, je peux, Maître. Puis-je approcher encore davantage ?

– Le plus possible. Il y a de l’ombre et de la solitude. Cela me plaît. »

Pierre pousse jusqu’aux abords du rivage. La terre n’est plus qu’à une quinzaine de mètres, au maximum.

« Maintenant je toucherais le fond.

– Arrête, et vous, venez le plus près possible et écoutez-moi. »

Jésus quitte sa place et vient s’asseoir au centre de l'embarcation sur une banquette qui va d’un bord à l’autre. Il a en face de lui l’autre barque, et autour de lui les disciples de sa propre barque.

« Ecoutez-moi. Il peut vous paraître que je m’abstrais parfois de vos conversations et que je suis donc un maître paresseux qui ne surveille pas ses élèves. Sachez que mon âme ne vous quitte pas un instant. Avez-vous jamais observé un médecin qui étudie un malade dont la maladie n’est pas encore déterminée et qui présente des symptômes contradictoires ? après l’avoir examiné, il ne le quitte pas des yeux, qu’il dorme ou qu’il veille, le matin comme le soir, qu’il se taise ou qu’il parle, car tout peut être symptôme et indication pour déceler le mal caché et indiquer un traitement. J’en fais autant avec vous. Vous m’êtes reliés par des fils invisibles, mais très sensibles, qui me sont rattachés et me transmettent jusqu’aux plus légères vibrations de votre être. Je vous laisse croire à votre liberté, pour que vous manifestiez toujours plus ce que vous êtes. C’est ce qui arrive quand un écolier ou un maniaque se croit perdu de vue par le surveillant.

98.7 Vous êtes un groupe de personnes, mais vous constituez un noyau, c’est-à-dire une seule chose. Car vous êtes un ensemble complexe qui débute et dont on étudie toutes les caractéristiques, plus ou moins bonnes, pour le former, l’amalgamer, en arrondir les angles, en développer les tendances multiples, et en faire un tout parfait. C’est pour cela que je vous étudie et que je fais sur vous des observations, même pendant votre sommeil.

Qu’êtes-vous ? Que devez-vous devenir ? Vous êtes le sel de la terre. Voilà ce que vous devez devenir : le sel de la terre. Le sel sert à préserver de la corruption les viandes et aussi beaucoup d’autres denrées. Mais le sel pourrait-il saler s’il n’était pas salé ? C’est avec vous que je veux saler le monde pour lui donner une saveur céleste. Mais comment pouvez-vous saler si vous perdez toute saveur ?

Qu’est-ce qui vous fait perdre la saveur céleste ? Ce qui est humain. L’eau de mer, de la vraie mer, n’est pas bonne à boire, tant elle est salée, n’est-ce pas ? Et pourtant, si quelqu’un prend une coupe d’eau de mer et la verse dans une cruche d’eau douce, alors on peut la boire, parce que l’eau de mer est tellement diluée qu’elle a perdu son mordant. L’humanité est comme l’eau douce qui se mélange à votre salinité céleste. Et encore : en supposant qu’il soit possible de dériver un ruisseau de la mer et de l’envoyer dans ce lac, pourriez-vous l’y retrouver ? Non. Il serait perdu dans une trop grande masse d’eau douce. Ainsi en est-il de vous quand vous diluez votre mission – ou plutôt la noyez –, dans tant d’humanité.

Vous êtes des hommes. Je le sais. Mais, moi-même, qui suis-je ? Je suis celui qui a en lui toute force. Et qu’est-ce que je fais ? Je vous communique cette force puisque je vous ai appelés. Mais à quoi sert-il de vous la communiquer si vous la dispersez sous des avalanches de sensations et de sentiments humains ?

Vous êtes et devez être la lumière du monde. Je vous ai choisis, moi, la Lumière de Dieu, pour continuer d’éclairer le monde quand je serai retourné au Père. Mais pouvez-vous donner la lumière si vous êtes des lanternes éteintes ou fumantes ? Non, la fumée incertaine d’un lumignon est pire que sa mort totale et par votre fumée vous obscurciriez cette lueur de lumière que les coeurs peuvent encore garder. Ah ! Malheureux ceux qui, cherchant Dieu, se tournent vers des apôtres qui n’ont, au lieu de lumière, que de la fumée ! Ils en recevront le scandale et la mort. Mais les apôtres indignes subiront malédiction et châtiment.

98.8 Grande est votre destinée ! Mais aussi : grande et redoutable est votre mission ! Rappelez-vous que celui à qui on a donné davantage est tenu de fournir davantage. Et à vous, c’est le maximum qui sera donné en fait d’instruction et de don. Vous êtes instruits par moi, le Verbe de Dieu, et vous recevez de Dieu le don d’être “ les disciples ”, autrement dit les continuateurs du Fils de Dieu. Je voudrais que vous ne cessiez de méditer sur le choix dont vous êtes l’objet, que vous vous examiniez, que vous vous soupesiez... Et si l’un d’entre vous se sent capable d’être seulement fidèle, mais ne trouve pas en lui l’énergie d’un apôtre, qu’il se retire — je ne veux pas même dire : s’il se sent pécheur et endurci, mais simplement : s’il se sent incapable d’être plus que fidèle —.

Pour qui l’aime, le monde est bien vaste, beau, suffisant, varié ! Il offre toutes les fleurs et tous les fruits dont les sens peuvent jouir. Moi, je n’offre rien d’autre que la sainteté. Sur la terre, c’est la voie la plus étroite, la plus pauvre, la plus escarpée, la plus épineuse, la plus persécutée qui soit. Au Ciel, son étroitesse se change en immensité, sa pauvreté en richesse, ses épines en un tapis de roses, son escarpement en un sentier facile et agréable, sa persécution en paix et béatitude. Mais ici-bas, c’est un effort héroïque que d’être saint. Moi, je ne vous offre que cela.

Voulez-vous rester avec moi ? Ne vous sentez-vous pas le courage de le faire ? Oh ! Ne vous regardez pas avec cet air étonné et affligé ! Vous m’entendrez encore souvent vous poser cette question. Et quand vous l’entendrez, pensez que mon coeur pleure, parce qu’il est blessé de vous trouver sourds à mon appel. Examinez-vous alors, puis jugez honnêtement et sincèrement, et prenez votre décision. Faites-le pour n’être pas des réprouvés. Dites : “ Maître, mes amis, je me rends compte que je ne suis pas fait pour suivre cette voie. Je vous donne un baiser d’adieu, et je vous dis : priez pour moi. ” Cela vaut mieux que de trahir. Cela vaut mieux...

Que dites-vous ? Trahir qui ? Qui ? Moi. Ma cause, c’est-à-dire la cause de Dieu – car je suis un avec le Père –. De plus, vous vous trahiriez aussi vous-mêmes. Vous trahiriez votre âme en la donnant à Satan. Vous voulez rester juifs ? Moi, je ne vous force pas à changer. Mais ne trahissez pas. Ne trahissez pas votre âme, le Christ et Dieu. Je vous jure que ni moi, ni ceux qui me sont fidèles ne vous critiquerons, ne vous désignerons au mépris des foules fidèles. Il y a peu de temps, un de vos frères a dit une grande parole : “ Nous cherchons à tenir cachées nos plaies et celles des proches que nous aimons. ” Or celui qui se séparerait serait comme une plaie, une gangrène survenue au sein de notre organisme apostolique. Il se détacherait à cause de sa gangrène inguérissable, laissant une cicatrice douloureuse que nous tiendrions cachée avec le plus grand soin.

98.9 Non, ne pleurez pas, vous les meilleurs. Ne pleurez pas. Je n’ai envers vous aucune rancoeur et je ne suis pas irrité de vous voir si lents. Je viens de vous appeler et ne puis prétendre à ce que vous soyez déjà parfaits. Je ne le prétendrai même pas après des années, après vous avoir répété des centaines de fois les mêmes choses en vain. Au contraire, écoutez : dans plusieurs années vous serez moins ardents qu’à cette heure où vous êtes néophytes. La vie est ainsi faite... l’humanité également... On perd l’élan après le premier bond. Mais (Jésus s’est brusquement levé) je vous jure que, moi, je vaincrai. Purifiés par une sélection naturelle, fortifiés par un breuvage surnaturel, vous, les meilleurs, deviendrez mes héros, les héros du Christ, les héros du Ciel. La puissance des Césars sera poussière en comparaison de la royauté de votre sacerdoce. Vous, pauvres pêcheurs de Galilée, vous, juifs inconnus, vous, qui n’êtes que des numéros dans la masse des hommes qui vous entourent, vous serez plus connus, acclamés, respectés que des Césars et que tous les Césars que la terre a portés et portera. Vous serez connus, vous serez bénis dans un très proche avenir comme dans les siècles les plus reculés, jusqu’à la fin du monde.

98.10 C’est pour cette sublime destinée que je vous ai choisis. Vous qui avez une honnête volonté et qui avez la capacité de la suivre, je vous donne les lignes essentielles de votre caractère d’apôtres.

Soyez toujours vigilants et prêts. Ayez toujours la ceinture aux reins et vos lampes allumées, comme des gens qui doivent partir d’un moment à l’autre ou courir à la rencontre de quelqu’un qui arrive. En fait, vous êtes, vous serez jusqu’à ce que la mort vous arrête, d’inlassables pèlerins à la recherche de ceux qui errent ; et jusqu’à ce que la mort vous arrête, vous devez tenir votre lampe haute et allumée pour indiquer la route aux égarés qui viennent vers le bercail du Christ.

Vous devez être fidèles au Maître qui vous a préposés à ce service. Le serviteur que le maître trouvera toujours vigilant et que la mort surprend en état de grâce sera récompensé. Vous ne pouvez pas, vous ne devez pas dire : “ Je suis jeune, j’ai le temps de faire ceci et cela ; plus tard, je penserai au Maître, à la mort, à mon âme. ” Les jeunes meurent comme les vieux, les forts comme les faibles. Et les vieux comme les jeunes, les forts comme les faibles, sont également exposés à l’assaut de la tentation. Sachez que l’âme peut mourir avant le corps et que, sans le savoir, vous pouvez porter en votre sein une âme en putréfaction. C’est tellement insensible, la mort d’une âme ! C’est comme la mort d’une fleur. Sans un cri, sans convulsion... elle laisse baisser sa flamme comme une corolle flétrie et elle s’éteint. Après, longtemps après parfois, immédiatement pour un autre, le corps s’aperçoit qu’il porte en lui un cadavre plein de vers. Il devient fou d’épouvante et se tue pour échapper à cette union... Oh, il n’y échappe pas ! Il tombe, vraiment, avec son âme vermineuse sur un grouillement de serpents dans la géhenne.

Ne soyez pas malhonnêtes comme des courtiers ou des avocats qui ménagent deux clients ennemis. Ne soyez pas faux comme des politiciens qui appellent “ ami ” telle ou telle personne, pour s’en montrer ensuite l’ennemi. N’essayez pas de suivre deux manières de faire. On ne se moque pas de Dieu et on ne le trompe pas. Agissez avec les hommes comme vous agissez avec Dieu, car toute offense aux hommes est une offense à Dieu. Ayez le souci que Dieu vous voie tels que vous voulez être vus par les hommes.

98.11 Soyez humbles. Vous ne pouvez reprocher à votre Maître de ne pas l’être. Je vous donne l’exemple. Imitez-moi. Soyez humbles, doux, patients. C’est ainsi que l’on conquiert le monde, non par la violence et la force. Mais soyez forts et violents contre vos vices. Déracinez-les, même s’il vous faut déchirer votre coeur. Je vous ai dit, il y a quelques jours, de veiller sur vos regards. Mais vous ne savez pas le faire. Je vous l’affirme : mieux vaudrait devenir aveugles en vous arrachant des yeux pleins de convoitises, que de devenir luxurieux.

Soyez sincères. Je suis la Vérité. Dans ce qui est spirituel comme dans les réalités humaines. Je veux que vous soyez francs, vous aussi. Pourquoi user de tromperie avec moi, avec des frères, ou avec votre prochain ? Pourquoi s’amuser à tromper ? Quoi ? Orgueilleux comme vous l’êtes, n’avez-vous pas la fierté de dire : “ Je ne veux pas qu’on me découvre menteur ” ? Et soyez francs avec Dieu. Pensez-vous pouvoir le tromper par de longues prières en public ? Ah ! Mes pauvres fils ! Dieu voit le coeur !

Soyez discrets en faisant le bien, et même en faisant l’aumône. Un publicain a su l’être avant sa conversion. Et vous, vous ne sauriez pas l’être ? Oui, je te loue, Matthieu, de ta discrète offrande de chaque semaine que le Père et moi étions seuls à connaître, et je te cite en exemple. Cette réserve est aussi une forme de chasteté, mes amis. Ne découvrez pas votre bonté, comme vous ne découvririez pas une toute jeune fille aux yeux d’une foule. Soyez vierges quand vous faites le bien. Une bonne action est virginale quand elle ne s’allie pas à quelque arrière-pensée de louange ou d’estime, ou à des sentiments d’orgueil.

Soyez des époux fidèles à votre vocation à Dieu. Vous ne pouvez servir deux maîtres. Le lit nuptial ne peut accueillir deux épouses à la fois. Dieu et Satan ne peuvent se partager vos étreintes. L’homme ne peut pas – pas plus que Dieu ou Satan – partager une triple étreinte entre trois êtres en opposition l’un avec l’autre.

Opposez-vous au désir de l’or comme au désir de la chair, au désir charnel comme au désir de puissance. C’est ce que Satan vous offre. Ah ! Ses richesses trompeuses ! Honneurs, réussite, pouvoir, argent : ce sont autant de marchandises impures que vous achetez au prix de votre âme.

Contentez-vous de peu. Dieu vous procure le nécessaire. Cela suffit. Il vous le garantit, comme il le garantit à l’oiseau de l’air, et vous valez beaucoup plus que des oiseaux. Mais il attend de vous confiance et tempérance. Si vous avez confiance, lui ne vous décevra pas. Si vous êtes tempérants, son don quotidien vous suffira.

98.12 Ne soyez pas païens, tout en appartenant de nom à Dieu. Sont païens ceux qui préfèrent l’or et la puissance à Dieu, pour paraître des demi-dieux. Soyez saints et vous serez semblables à Dieu pour l’éternité.

Ne soyez pas intransigeants. Tous pécheurs, il vous faut vous comporter avec les autres comme vous voudriez que les autres se comportent avec vous : c’est-à-dire en étant compatissants et prêts à pardonner.

Ne jugez pas. Oh ! Ne jugez pas ! Cela fait peu de temps que vous êtes avec moi, et pourtant vous voyez combien de fois moi, qui suis innocent, j’ai été à tort mal jugé et accusé de péchés inexistants. Mal juger, c’est offenser. Or seul celui qui est vraiment saint ne répond pas à l’offense par l’offense. Abstenez-vous donc d’offenser pour n’être pas offensés. Vous ne manquerez ainsi ni à la charité, ni à la sainte, chère et douce humilité, cette ennemie de Satan avec la chasteté.

Pardonnez, pardonnez toujours. Dites : “ Je pardonne, Père, pour être pardonné par toi de mes péchés sans nombre. ”

Améliorez-vous sans cesse, avec patience, avec fermeté, héroïquement. Qui vous dit que devenir bon n’est pas pénible ? Je vous l’affirme même : c’est l’effort le plus difficile de tous. Mais le Ciel en est la récompense et il vaut la peine de s’épuiser dans cet effort.

98.13 Enfin, aimez. Ah ! Quels mots, quels mots dois-je trouver pour vous inculquer l’amour ? Aucun n’est capable de vous convertir à l’amour, pauvres hommes que Satan excite ! Alors voilà ce que je dis : “ Père, hâte l’heure de la purification. Cette terre est aride, et ce troupeau, ton troupeau, est malade. Mais il y a une rosée qui peut tout adoucir et purifier. Ouvre, ouvre la source de cette rosée. C’est moi que tu dois ouvrir, moi. Voici, Père. Je brûle d’accomplir ton désir qui est aussi le mien et celui de l’Amour éternel. Père, Père, Père ! Regarde ton Agneau et sois son sacrificateur. ” »

Jésus est réellement inspiré. Debout, les bras en croix, le visage tourné vers le ciel, il se détache avec son blanc vêtement de lin sur le fond bleu du lac comme un archange en prière.

Là-dessus, la vision s’évanouit