« Lui aussi [le jeune homme débauché] avait oublié qu’il y a un Dieu qui ordonne que l’on mène une vie honnête. Il avait oublié qu’il est défendu de se faire des dieux qui ne sont pas Dieu. Il avait oublié de sanctifier le sabbat comme je l’ai enseigné. Il avait oublié le respect affectueux pour sa mère. Il avait oublié qu’on ne doit pas commettre l’impureté, qu’on ne doit pas voler, être faux, que l’on ne doit pas désirer la femme d’autrui, qu’on ne doit pas se tuer ni tuer son âme, qu’on ne doit pas commettre l’adultère. Il avait tout oublié. Voyez comme il a été frappé.
“ Ne pas désirer la femme d’autrui ” ne fait qu’un avec “ ne pas commettre l’adultère. ” Car le désir précède toujours l’action. L’homme est trop faible pour pouvoir désirer sans satisfaire son désir. Et, ce qui est triste au plus haut point, l’homme ne sait pas en faire autant dans ses justes désirs. Dans le mal, l’accomplissement suit le désir. Dans le bien, on s’arrête après le désir, quand encore on ne revient pas en arrière.
Ce que je lui ai dit, je vous l’adresse à tous, car le péché de désir est aussi répandu que le chiendent qui se propage tout seul : êtes-vous des enfants pour ne pas savoir que cette tentation-là est un poison et qu’il faut la fuir ? “ J’ai été tenté. ” On dit ça depuis toujours ! Mais puisque c’est un exemple ancien, l’homme devrait se souvenir de ses conséquences et savoir dire : “ Non. ” Notre histoire ne manque pas d’exemples de personnes qui ont su demeurer chastes malgré toutes les séductions du sexe et les menaces des violents.
La tentation est-elle un mal ? Elle ne l’est pas. C’est l’oeuvre du Malin, mais elle se change en gloire pour celui qui en triomphe.
Le mari qui va à d’autres amours est un assassin de son épouse, de ses enfants, de lui-même. Celui qui entre dans la demeure d’un autre pour commettre l’adultère est un voleur, et des plus vils. Pareil au coucou, il profite sans frais du nid d’autrui. Celui qui trahit la confiance de son ami est un faussaire, car il témoigne une amitié qu’en réalité il n’éprouve pas. Celui qui agit ainsi se déshonore lui-même et déshonore ses parents. Peut-il donc avoir Dieu avec lui ?
128.4 J’ai accompli ce miracle pour cette pauvre mère. Mais la luxure me dégoûte à tel point que j’en suis révolté. Vous avez crié par peur et par dégoût de la lèpre. Pour ma part, mon âme a crié par dégoût de la luxure. Toutes les misères m’entourent, et pour toutes je suis le Sauveur. Mais je préfère toucher un mort, un juste à la chair déjà décomposée, mais qui fut honnête et qui est déjà en paix avec son âme, que d’approcher un débauché. Je suis le Sauveur, mais je suis l’Innocent. Que s’en souviennent tous ceux qui viennent ici ou parlent de moi en me prêtant les ferments de leurs propres passions.
Je comprends que vous attendriez autre chose de moi. Mais j’en suis incapable. La ruine d’une jeunesse à peine formée et détruite par la passion m’a troublé davantage que si j’avais touché la mort. Allons vers les malades. Ne pouvant, à cause de la nausée qui m’étrangle, être la Parole, je serai le salut de ceux qui espèrent en moi.
Que la paix soit avec vous. »