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Saints, vénérables et bienheureux de l'Eglise catholique

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EMV 89.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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89.8 Et puis... Ah ! Que de choses j’ai à te raconter, ma parfaite Amie, ma douce Mère ! Mais pour commencer, je te prie d’avoir une grande pitié pour ceux qui viendront demain. Ecoute : ils m’aiment... mais ils ne sont pas parfaits. Toi, qui est Maîtresse de vertu... Ah ! Mère, aide-moi à les rendre bons... Je voudrais les sauver tous... »

Jésus s’est laissé glisser aux pieds de Marie. Elle apparaît maintenant dans sa majesté de Mère.

« Mon Fils ! Que veux-tu que ta pauvre Mère fasse de plus que toi ?

– Les sanctifier... Ta vertu sanctifie. Je te les ai amenés exprès. Maman... un jour, je te dirai : “ Viens ”, parce qu’alors il sera urgent de sanctifier les âmes, pour que je puisse trouver en elles la volonté de rédemption. Et tout seul, je ne le pourrais pas... Ton silence sera actif comme ma parole. Ta pureté viendra en aide à ma puissance. Ta présence éloignera Satan... et ton Fils, Maman, trouvera de la force à te savoir toute proche. Tu viendras, n’est-ce pas, ma douce Mère ?

– Jésus ! Mon cher Fils ! Je ne te sens pas heureux... Qu’as-tu, créature de mon coeur ? Le monde s’est montré dur envers toi ? Non ? Cela me soulage de le croire... mais... Oh oui ! Je viendrai. Où tu veux. Comme tu veux. Quand tu veux. Aujourd’hui même, sous le soleil, sous les étoiles, comme dans le froid et sous les ondées. Me veux-tu ? Me voici.

– Non, pas maintenant. Mais un jour... Comme elle est douce, la maison ! Et ta caresse ! Laisse-moi dormir ainsi, la tête sur tes genoux. Je suis si las ! Je suis toujours ton petit enfant... »

Epuisé, Jésus s’endort réellement, assis sur la natte, la tête sur le sein de sa Mère qui, tout heureuse, lui caresse les cheveux.

Détail

Jésus est avec sa Mère à Nazareth.

EMV 90 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus a dormi à Nazareth. Marie prend soin de sa maison en toute discrétion. Elle fait le pain et est rejointe par Marie d'Alphée, qui a une unique préoccupation : prévenir Jude que son cousin est à Nazareth. Jésus arrive et lui prédit que son frère de sang va venir. Il parle un peu avec Marie, qui a remarqué son sommeil triste. Mais là, il est heureux, car il est avec sa Mère. Il va chercher les deux bergers - Lévi et Joseph - qui ont désiré voir Marie. Le Seigneur lui présente aussi Simon le Zélote, Jean et Judas. Puis Pierre arrive. Il est surpris, tétanisé en voyant Jésus, mais il est très très heureux de retrouver son Maître et ne souhaite plus le quitter. Il fait la rencontre pour la première fois avec les deux bergers, puis avec Judas et il commente l'âme du Zélote. Jésus les invite ensuite à aller ailleurs pour laisser les femmes faire leur travail. Lévi repartira et retrouvera Élie et Isaac. Simon le Zélote prépare à cet effet une lettre pour Lazare, en vue de la libération de Jonas.

EMV 90.1-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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90.1 Je vois Marie qui, déchaussée et vive, va et vient dans la petite maison aux premières heures du jour. Dans son vêtement d’un bleu tendre, on dirait un gentil papillon qui effleure sans bruit murs et objets. Elle s’approche de la porte qui donne sur la route, l’ouvre en veillant à ne pas faire de bruit, puis la laisse entrouverte après avoir donné un coup oeil sur le chemin encore désert. Elle remet de l’ordre, ouvre portes et fenêtres, entre dans l’atelier désormais abandonné par Joseph le menuisier et où se trouvent les métiers de Marie. Là aussi, elle s’active. Elle recouvre avec soin une toile en cours de tissage et sourit à une de ses pensées en la regardant.

Elle sort dans le jardin. Les colombes s’assemblent sur ses épaules. Elles volettent d’une épaule à l’autre pour avoir la meil­leure place, querelleuses et jalouses par amour de leur maîtresse, et elles l’accompagnent jusqu’à une cabane où se trouvent les provisions. Elle y prend du grain pour elles et dit :

« Ici, aujourd’hui c’est ici. Ne faites pas de bruit. Il est si fatigué ! »

Puis elle mesure de la farine et va dans une petite pièce près du four. Elle se met à faire le pain et le pétrit, le sourire aux lèvres. Ah, comme elle sourit, aujourd’hui, la Vierge ! On dirait la toute jeune Mère de la Nativité, tellement la joie la rajeunit. Elle enlève un peu de pâte qu’elle met de côté en la couvrant, puis reprend son travail ; cela lui donne chaud ; ses cheveux sont devenus plus clairs à cause d’une mince couche de farine.

90.2 Marie, femme d’Alphée, entre tout doucement :

« Déjà au travail ?

– Oui, je fais le pain et, regarde, les galettes au miel qu’il aime tellement.

– Occupe-toi d’elles. Il y a beaucoup de pâte pour le pain. Je vais te la pétrir. »

Marie, femme d’Alphée, robuste et d’allure plus populaire, pétrit énergiquement son pain, tandis que Marie mélange miel et beurre pour ses gâteaux et en fait des petits ronds qu’elle dépose sur une plaque.

« Je ne sais comment faire pour prévenir Jude... Jacques n’ose pas... et les autres... »

Marie, femme d’Alphée, soupire.

« Aujourd’hui viendra Simon Pierre. Il vient toujours le surlendemain du sabbat avec du poisson. Nous l’enverrons trouver Jude.

– S’il veut bien y aller...

– Oh ! Simon ne me dit jamais non.

90.3 – Que la paix soit sur votre journée » dit Jésus, en apparaissant. Les deux femmes sursautent au son de sa voix.

« Déjà levé ? Pourquoi ? Je voulais que tu dormes...

– J’ai dormi d’un sommeil d’enfant, Maman. C’est toi qui n’as pas dû dormir...

– Je t’ai regardé dormir... C’est ce que je faisais quand tu étais bébé. En dormant, tu souriais toujours... et toute la journée ton sourire me restait comme une perle sur le coeur... Mais, cette nuit, tu ne souriais pas, mon Fils. Tu soupirais comme lorsqu’on est affligé... »

Marie le regarde avec tristesse.

« J’étais fatigué, Maman. Et le monde n’est pas cette maison où tout est honnêteté et amour. Toi... toi, tu sais qui je suis et tu peux comprendre ce qu’est pour moi le contact avec le monde. C’est comme un homme qui marche sur une route puante et boueuse. Même s’il fait attention, un peu de boue rejaillit sur lui, et la puanteur pénètre même s’il essaie de ne pas respirer... et si cet homme aime la propreté et l’air pur, tu peux imaginer combien cela lui est désagréable...

– Oui, mon Fils. Je comprends. Mais cela me fait de la peine que tu souffres...

– En ce moment, je suis avec toi et je ne souffre pas. C’est le souvenir... mais il sert à rendre plus belle ma joie d’être avec toi. »

Jésus se penche pour donner un baiser à sa Mère.

Il caresse aussi l’autre Marie, qui rentre, toute rouge d’avoir allumé le four.

« Il faudra prévenir Jude. »

C’est la préoccupation de Marie, femme d’Alphée.

« Ce ne sera pas nécessaire, Jude sera ici, aujourd’hui.

– Comment le sais-tu ? »

Jésus sourit et se tait.

« Mon Fils, toutes les semaines, ce jour-là, Simon Pierre vient. Il veut m’apporter du poisson pêché au petit matin et il arrive à la fin de la première heure. Il va être heureux, aujourd’hui ! Il est bon, Simon. Pendant le temps qu’il reste, il nous aide. N’est-ce pas, Marie ?

– Simon Pierre est un homme honnête et bon, dit Jésus. Mais l’autre Simon aussi, que tu vas voir sous peu, est un grand coeur. Je vais à leur rencontre. Ils vont arriver. »

Jésus sort, pendant que les femmes, une fois le pain enfourné, rentrent à la maison où Marie remet ses sandales et d’où elle revient avec un vêtement de lin tout blanc.

Il se passe quelque temps et, pendant l’attente, Marie, femme d’Alphée, dit :

« Tu n’as pas fini ce travail à temps.

– Je l’aurai vite fini. Et mon Jésus y trouvera quelque fraîcheur sans avoir un poids sur la tête. »

EMV 90.2.3.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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90.2 Marie, femme d’Alphée, entre tout doucement :

« Déjà au travail ?

– Oui, je fais le pain et, regarde, les galettes au miel qu’il aime tellement.

– Occupe-toi d’elles. Il y a beaucoup de pâte pour le pain. Je vais te la pétrir. »

Marie, femme d’Alphée, robuste et d’allure plus populaire, pétrit énergiquement son pain, tandis que Marie mélange miel et beurre pour ses gâteaux et en fait des petits ronds qu’elle dépose sur une plaque.

« Je ne sais comment faire pour prévenir Jude... Jacques n’ose pas... et les autres... »

Marie, femme d’Alphée, soupire.

« Aujourd’hui viendra Simon Pierre. Il vient toujours le surlendemain du sabbat avec du poisson. Nous l’enverrons trouver Jude.

– S’il veut bien y aller...

– Oh ! Simon ne me dit jamais non.

(...) [Le Christ rejoint les deux femmes]

Jésus se penche pour donner un baiser à sa Mère.

Il caresse aussi l’autre Marie, qui rentre, toute rouge d’avoir allumé le four.

« Il faudra prévenir Jude. »

C’est la préoccupation de Marie, femme d’Alphée.

« Ce ne sera pas nécessaire, Jude sera ici, aujourd’hui.

– Comment le sais-tu ? »

Jésus sourit et se tait.

(...) Il se passe quelque temps et, pendant l’attente, Marie, femme d’Alphée, dit :

« Tu n’as pas fini ce travail à temps.

– Je l’aurai vite fini. Et mon Jésus y trouvera quelque fraîcheur sans avoir un poids sur la tête. » (...)

90.5 La voix rauque de Pierre se fait entendre de dehors :

« Voici le pauvre Simon qui apporte ses salutations et... »

Il est entré et est resté pétrifié.

Mais ensuite, il lance à terre le panier rond qu’il portait sur le dos et se jette lui-même par terre en disant :

« Ah ! Seigneur éternel ! Mais... Non, tu n’aurais pas dû me faire cela, Maître ! Etre ici... et ne rien faire savoir au pauvre Simon ! Que Dieu te bénisse, Maître ! Ah, comme je suis heureux ! Je n’en pouvais plus de rester sans toi ! »

Et il lui caresse la main, sans écouter Jésus qui lui dit :
« Relève-toi, Simon. Relève-toi donc !

– Je me lève, oui. Pourtant... Dis donc, toi, mon garçon ! (Le garçon, c’est Jean). Toi, au moins, tu pouvais courir m’avertir ! Maintenant, file tout de suite à Capharnaüm, pour l’apprendre aux autres... et d’abord dans la maison de Jude. Ton fils va arriver, femme. Vite ! Imagine-toi que tu es un lièvre avec des chiens à tes trousses. »

Jean part en riant.

EMV 90.2 · Tome 2

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Marie, femme d’Alphée, robuste et d’allure plus populaire, pétrit énergiquement son pain, tandis que Marie mélange miel et beurre pour ses gâteaux et en fait des petits ronds qu’elle dépose sur une plaque.

« Je ne sais comment faire pour prévenir Jude... Jacques n’ose pas... et les autres... »

Marie, femme d’Alphée, soupire.

« Aujourd’hui viendra Simon Pierre. Il vient toujours le surlendemain du sabbat avec du poisson. Nous l’enverrons trouver Jude.

– S’il veut bien y aller...

– Oh ! Simon ne me dit jamais non.

EMV 90.3 · Tome 2

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« Mon Fils, toutes les semaines, ce jour-là, Simon Pierre vient. Il veut m’apporter du poisson pêché au petit matin et il arrive à la fin de la première heure. Il va être heureux, aujourd’hui ! Il est bon, Simon. Pendant le temps qu’il reste, il nous aide. N’est-ce pas, Marie ?

– Simon Pierre est un homme honnête et bon, dit Jésus. Mais l’autre Simon aussi, que tu vas voir sous peu, est un grand coeur. Je vais à leur rencontre. Ils vont arriver. »

EMV 90.4 · Tome 2

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90.4 On pousse la porte du dehors.

« Maman, voici mes amis. Entrez. »

Les disciples et les bergers entrent en groupe. Jésus a les mains sur les épaules des deux bergers et les conduit à sa Mère :

« Voici deux fils qui cherchent une mère. Sois leur joie, Femme !

– Je vous salue... Tu es ?... Lévi... et toi ? Je ne sais, mais d’après ton âge, à ce qu’il m’a dit, tu es sûrement Joseph. Ce nom est doux et sacré dans cette maison. Viens, venez. C’est avec joie que je vous dis : ma maison vous accueille et une mère vous embrasse en souvenir de l’amour que vous – et toi par ton père – avez montré à mon bébé. »

C’est pour les bergers un enchantement, une extase.

« Je suis Marie, oui. Tu as vu la Mère heureuse. Je suis toujours la même. Heureuse, maintenant aussi de voir mon Fils parmi des coeurs fidèles.

– Et voici Simon, Maman.

– Tu as mérité la grâce parce que tu es bon. Je le sais. Que la grâce de Dieu soit toujours avec toi. »

Simon, plus au fait des usages du monde, se courbe jusqu’à terre et, tenant les bras croisés sur la poitrine, il salue :

« Je te salue, vraie Mère de la Grâce, et je ne demande pas autre chose à l’Eternel, maintenant que je connais la Lumière et toi, son reflet plus doux que celui de la lune.

– Voilà maintenant Judas de Kérioth.

– J’ai une mère, mais mon amour pour elle se voile devant la vénération que j’éprouve pour toi.

– Non, pas pour moi. Pour Lui. Je suis parce que lui, il est. Je ne veux rien pour moi. C’est seulement pour lui que je demande. Je sais comme tu as honoré mon Fils dans ta patrie. Mais j’ajoute : que le lieu où il reçoit de toi le suprême honneur soit ton coeur. Alors, je te bénirai d’un coeur de mère.

– Mon coeur est sous le talon de ton Fils. Heureuse soumission ! La mort seule rompra ma fidélité.

– Et celui-ci, c’est notre Jean, Maman.

– J’ai été tranquille dès que je t’ai su auprès de Jésus. Je te connais et j’ai l’esprit rassuré depuis que je te sais avec mon Fils. Sois béni, mon repos. »

Elle l’embrasse.

Détail

Jésus présente Lévi et Joseph, deux bergers de Bethléem, à Marie. Il lui présente aussi Judas, Jean et Simon le Zélote.

EMV 90.4 · Tome 2

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90.4 On pousse la porte du dehors.

« Maman, voici mes amis. Entrez. »

Les disciples et les bergers entrent en groupe. Jésus a les mains sur les épaules des deux bergers et les conduit à sa Mère :

« Voici deux fils qui cherchent une mère. Sois leur joie, Femme !

– Je vous salue... Tu es ?... Lévi... et toi ? Je ne sais, mais d’après ton âge, à ce qu’il m’a dit, tu es sûrement Joseph. Ce nom est doux et sacré dans cette maison. Viens, venez. C’est avec joie que je vous dis : ma maison vous accueille et une mère vous embrasse en souvenir de l’amour que vous – et toi par ton père – avez montré à mon bébé. »

C’est pour les bergers un enchantement, une extase.

« Je suis Marie, oui. Tu as vu la Mère heureuse. Je suis toujours la même. Heureuse, maintenant aussi de voir mon Fils parmi des coeurs fidèles.

EMV 90.5 · Tome 2

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90.5 La voix rauque de Pierre se fait entendre de dehors :

« Voici le pauvre Simon qui apporte ses salutations et... »

Il est entré et est resté pétrifié.

Mais ensuite, il lance à terre le panier rond qu’il portait sur le dos et se jette lui-même par terre en disant :

« Ah ! Seigneur éternel ! Mais... Non, tu n’aurais pas dû me faire cela, Maître ! Etre ici... et ne rien faire savoir au pauvre Simon ! Que Dieu te bénisse, Maître ! Ah, comme je suis heureux ! Je n’en pouvais plus de rester sans toi ! »

Et il lui caresse la main, sans écouter Jésus qui lui dit :

« Relève-toi, Simon. Relève-toi donc !

– Je me lève, oui. Pourtant... Dis donc, toi, mon garçon ! (Le garçon, c’est Jean). Toi, au moins, tu pouvais courir m’avertir ! Maintenant, file tout de suite à Capharnaüm, pour l’apprendre aux autres... et d’abord dans la maison de Jude. Ton fils va arriver, femme. Vite ! Imagine-toi que tu es un lièvre avec des chiens à tes trousses. »

Jean part en riant.

Pierre s’est enfin relevé. Dans ses courtes et grosses mains aux veines saillantes, il continue à tenir la longue main de Jésus et la baise sans la lâcher, bien qu’il veuille donner son poisson qui est à terre, dans le panier.

« Non ! Je ne veux pas que tu t’en ailles une autre fois sans moi. Jamais plus, jamais plus si longtemps sans te voir ! Je te suivrai comme l’ombre suit le corps et comme le filin suit l’ancre. Où es-tu allé, Maître ? Je me disais : “ Où est-il ? Que fait-il ? Cet enfant qu’est Jean saura-t-il le soigner ? Veillera-t-il à ce qu’il ne se fatigue pas trop ? Qu’il ne reste pas sans manger ? ” Ah, je te connais bien !... Tu es plus maigre ! Oui, plus maigre. Il ne t’a pas bien soigné ! Je lui dirai que... Mais où es-tu allé, Maître ? Tu ne me dis rien !

– J’attends que tu me laisses parler !

– C’est vrai. Mais... ah ! Te voir, c’est comme du vin nouveau. Rien que l’odeur monte à la tête. Oh ! Mon Jésus ! »

Pierre en pleure presque de joie.

« Moi aussi, j’ai éprouvé le désir de ta présence, de votre présence à tous, même quand je me trouvais avec des amis très chers.

Détail

Jésus est revenu à Nazareth sans prévenir son Pierre. Celui-ci vient tous les jours voir Marie et ne s'attend pas à rencontrer son Maître...

EMV 90.5 · Tome 2

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90.5 La voix rauque de Pierre se fait entendre de dehors :

« Voici le pauvre Simon qui apporte ses salutations et... »

Il est entré et est resté pétrifié.

Mais ensuite, il lance à terre le panier rond qu’il portait sur le dos et se jette lui-même par terre en disant :

« Ah ! Seigneur éternel ! Mais... Non, tu n’aurais pas dû me faire cela, Maître ! Etre ici... et ne rien faire savoir au pauvre Simon ! Que Dieu te bénisse, Maître ! Ah, comme je suis heureux ! Je n’en pouvais plus de rester sans toi ! »

Et il lui caresse la main, sans écouter Jésus qui lui dit :

« Relève-toi, Simon. Relève-toi donc !

– Je me lève, oui. Pourtant... Dis donc, toi, mon garçon ! (Le garçon, c’est Jean). Toi, au moins, tu pouvais courir m’avertir ! Maintenant, file tout de suite à Capharnaüm, pour l’apprendre aux autres... et d’abord dans la maison de Jude. Ton fils va arriver, femme. Vite ! Imagine-toi que tu es un lièvre avec des chiens à tes trousses. »

Jean part en riant.

Pierre s’est enfin relevé. Dans ses courtes et grosses mains aux veines saillantes, il continue à tenir la longue main de Jésus et la baise sans la lâcher, bien qu’il veuille donner son poisson qui est à terre, dans le panier.

« Non ! Je ne veux pas que tu t’en ailles une autre fois sans moi. Jamais plus, jamais plus si longtemps sans te voir ! Je te suivrai comme l’ombre suit le corps et comme le filin suit l’ancre. Où es-tu allé, Maître ? Je me disais : “ Où est-il ? Que fait-il ? Cet enfant qu’est Jean saura-t-il le soigner ? Veillera-t-il à ce qu’il ne se fatigue pas trop ? Qu’il ne reste pas sans manger ? ” Ah, je te connais bien !... Tu es plus maigre ! Oui, plus maigre. Il ne t’a pas bien soigné ! Je lui dirai que... Mais où es-tu allé, Maître ? Tu ne me dis rien !

– J’attends que tu me laisses parler !

– C’est vrai. Mais... ah ! Te voir, c’est comme du vin nouveau. Rien que l’odeur monte à la tête. Oh ! Mon Jésus ! »

Pierre en pleure presque de joie.

« Moi aussi, j’ai éprouvé le désir de ta présence, de votre présence à tous, même quand je me trouvais avec des amis très chers. »