Aller au contenu

Notes du thème

Saints, vénérables et bienheureux de l'Eglise catholique

Page 39 sur 111

Confort de lecture

Aa

EMV 82 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Détail

Jésus est à Jéricho. Il enseigne à des enfants à être bons envers les animaux et à ne pas être méchants envers eux. Ensuite, Judas rentre, avec Jean, de son entrevue avec Diomède, l'acheteur des bijoux d'Aglaé. Il raconte sa ruse, le fait qu'il a fait passer Jean pour un jeune fiancé, le fait qu'il a fait croire qu'il voulait acheter des bijoux semblables à ceux d'Aglaé pour que le marchand donne son prix. Ensuite, il lui a dit qu'il ne voulait pas acheter, mais vendre, et il a réussi à obtenir douze talents ce qui est considérable. Mais l'apôtre a menti... Jésus lui recommande de ne plus le faire et donne toute la sommes aux disciples de Jean-Baptiste.

EMV 82.2-4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

82.2 Jésus fend le cercle des enfants auxquels des adultes s’étaient joints et se dirige vers Judas et Jean qui arrivent rapidement par une autre rue. Judas jubile. Jean sourit à Jésus... mais n’a pas vraiment l’air heureux.

« Viens, viens, Maître. Je crois avoir bien réussi. Mais viens avec moi. Dans la rue, on ne peut parler.

– Où, Judas ?

– A l’auberge. J’ai déjà retenu quatre chambres... oh, c’est modeste, ne crains rien ! Tout juste pour pouvoir se reposer sur un lit après tant de privations sous une telle chaleur, pour pouvoir manger comme des hommes et non comme des oiseaux sur la branche, et aussi pour parler tranquillement. J’ai vendu à un très bon prix, n’est-ce pas, Jean ? »

Jean acquiesce, sans grand enthousiasme. Mais Judas est tellement content de son opération qu’il ne remarque pas le peu de satisfaction qu’éprouve Jésus à la perspective d’un logement confortable, ni l’attitude encore moins approbative de Jean. Et il continue :

« Comme j’ai vendu au-dessus de mon estimation, je me suis dit : “ Il est juste d’en prélever une petite somme, cent deniers, pour nos lits et nos repas. Si nous sommes épuisés, nous qui avons toujours mangé, Jésus doit être tout à fait à bout. ” J’ai le devoir de veiller à ce qu’il ne tombe pas malade, mon Maître ! C’est un devoir d’amour car tu m’aimes et je t’aime... J’ai pensé aussi à vous et aux troupeaux, dit-il aux bergers. J’ai pensé à tout. »

Jésus ne souffle mot. Il le suit avec les autres.

Ils arrivent à une petite place annexe. Judas dit :

« Vois-tu cette maison sans fenêtre sur la rue et cette porte si petite qu’on la prendrait pour une fente ? C’est la maison de Diomède, le batteur d’or. On dirait une pauvre habitation, n’est-ce pas ? Mais il y a là assez d’or pour acheter tout Jéricho et... ah ! Ah !... (Judas rit malicieusement...) et dans cet or, on peut trouver beaucoup de colliers, de vaisselle et... et aussi d’autres objets de toutes les personnes qui ont le plus d’influence en Israël. Diomède... Ah ! tout le monde fait semblant de ne pas le connaître, mais tous le connaissent : depuis les hérodiens jusqu’à ... tout le monde, voilà. Sur ce mur sans ornement, pauvre, on pourrait écrire “ Mystère et Secret. ” Si ces murs parlaient ! Il n’y aurait plus à se scandaliser de la façon dont j’ai traité l’affaire, Jean !... Toi... tu en mourrais étouffé par la stupeur et les scrupules. Mais écoute plutôt, Maître. Ne m’envoie plus avec Jean pour certaines affaires. Il s’en est fallu de peu que tout échoue. Il ne sait pas saisir au vol, il ne sait pas nier, et avec un fourbe comme Diomède il faut être rapide et vif. »

Jean murmure :

« Tu disais de ces choses ! Si inattendues et tellement... et tellement... Oui, Maître, ne m’envoie plus. Moi, je ne sais qu’aimer...

– Nous aurons rarement besoin de pareilles ventes, répond Jésus, qui est préoccupé.

– Voilà l’auberge. Viens Maître. C’est moi qui vais parler puisque... j’ai tout arrangé. »

82.3 Ils entrent, et Judas discute avec le patron qui fait mener les brebis à une étable, puis conduit personnellement ses hôtes dans une petite pièce où se trouvent deux nattes qui servent de lits, des sièges et une table qu’on a préparés. Puis il se retire.

« Parlons tout de suite, Maître, pendant que les bergers sont occupés avec leurs troupeaux.

– Je t’écoute.

– Jean te dira que je suis sincère.

– Je n’en doute pas. Entre honnêtes gens, il n’est pas besoin de serments et de témoignages. Parle.

– Nous sommes arrivés à Jéricho à la sixième heure. Nous étions en sueur comme des bêtes de somme. Je n’ai pas voulu donner à Diomède l’impression d’une affaire urgente. Donc je suis d’abord venu ici, je me suis rafraîchi, j’ai mis un vêtement propre et j’ai voulu que Jean fasse de même. Ah, il ne voulait rien savoir de se faire parfumer et arranger les cheveux... Mais j’avais fait mon plan en cours de route !... A l’approche du soir, j’ai dit : “ Allons-y. ” Nous étions alors reposés et frais, comme deux richards en voyage d’agrément. Comme nous étions près d’arriver chez Diomède, j’ai dit à Jean : “ Toi, aide-moi. Ne me démens pas et sois vif pour comprendre. ” Mais il aurait mieux valu le laisser dehors ! Il ne m’a pas du tout aidé. Au contraire... Heureusement que je suis éveillé pour deux et j’ai fait face à tout.

Le gabelou sortait de chez lui. “ Bien ! ” me suis-je dit. “ Si lui, il sort, nous trouverons de l’argent et ce que je veux pour faire le marché. ” Car le gabelou, usurier et voleur comme tous ses semblables, a toujours des colliers arrachés par menaces et usure à quelque pauvre qu’il taxe plus qu’il n’est permis pour avoir beaucoup à dépenser en orgies et en femmes. En outre, il est très ami de Diomède qui achète et vend or et chair... après m’être fait connaître, nous sommes entrés. Je dis bien : entrés. Parce qu’une chose est d’aller à l’entrée où il fait semblant de travailler l’or honnêtement, et autre chose de descendre dans le souterrain où il traite les vraies affaires. Il faut être très connu de lui pour obtenir cette dernière invitation. Quand il m’a vu, il m’a dit : “ Tu veux encore vendre de l’or ? Le moment est peu favorable. J’ai peu d’argent. ” C’est son refrain habituel. Je lui ai répondu : “ Je ne viens pas pour vendre, mais pour acheter. As-tu des bijoux pour une femme ? Mais beaux, riches, de grande valeur, lourds, en or pur ? ” Diomède en est resté interdit et il m’a demandé : “ Tu veux une femme ? ” “ Ne t’occupe pas de cela, lui ai-je répondu. Ce n’est pas pour moi. C’est pour cet ami qui est marié et veut acheter des bijoux d’or pour celle qu’il aime. ”

A ce moment-là, Jean a commencé à faire l’enfant. Diomède, qui le regardait, l’a vu rougir comme la pourpre et a dit, en vieux dégoûtant qu’il est : “ Eh, le garçon, rien qu’à entendre nommer son épouse, en devient tout fiévreux. Elle est très belle, ta femme ? ” a-t-il demandé. J’ai donné un coup de pied à Jean pour le réveiller et lui faire comprendre de ne pas faire l’imbécile. Mais il a répondu un “ oui ” si étouffé, que Diomède a commencé à se méfier. Alors, c’est moi qui ai parlé : “ Qu’elle soit belle ou non, cela ne doit pas t’intéresser, vieux. Elle ne sera jamais du nombre des femmes pour lesquelles tu iras en enfer. C’est une jeune fille honnête, et bientôt une honnête épouse. Pas besoin de ton or. C’est moi qui m’occupe du futur mariage et je suis chargé d’aider le jeune homme... moi, qui suis judéen et citadin. ” “ Lui, c’est un Galiléen, n’est-ce pas ? ” Toujours ces cheveux qui vous trahissent ! “ Il est riche ? ” “ Très riche. ”

Nous sommes alors descendus et Diomède a ouvert ses caisses et ses coffres-forts. Mais, dis la vérité, Jean, n’avait-on pas l’impression d’être au ciel devant toutes ces pierreries et cet or ? Colliers, guirlandes, bracelets, boucles d’oreille, résilles d’or et de pierres précieuses, épingles à cheveux, fibules, anneaux... Ah ! Quelles splendeurs ! D’un air très hautain j’ai choisi un collier à peu près comme celui d’Aglaé, et puis des épingles à cheveux, des anneaux, des bracelets... tous semblables à ceux que j’avais dans la bourse et en nombre égal. Diomède était stupéfait et demandait : “ Encore ? Mais qui est-il donc ? Et qui est son épouse ? Une princesse ? ” Quand j’ai eu tout ce que je voulais, j’ai dit : “ Quel prix ? ”

Ah ! Quelle litanie de lamentations sur la dureté des temps, sur les impôts, sur les risques, sur les voleurs ! Ah ! Quelle autre litanie pour m’assurer de son honnêteté ! Enfin, voici la réponse : “ Réellement, puisque c’est toi, je vais te dire la vérité, sans exagération. Mais je ne puis en rabattre une seule drachme. Je demande douze talents d’argent. ” “ Voleur ! ” ai-je dit. J’ai ajouté : “ Partons, Jean. A Jérusalem, nous trouverons quelqu’un de moins voleur que lui. ” Et j’ai fait semblant de sortir. Mais il m’a couru par derrière. “ Mon grand ami, mon très cher ami, viens, comprends ton pauvre serviteur. A moins, je ne peux pas. Je ne peux vraiment pas. Regarde. Je fais réellement un effort et je me ruine. Je le fais parce que tu m’as toujours accordé ton amitié et que tu m’as fait faire des affaires. Onze talents, voilà tout. C’est ce que je donnerais si je devais acheter cet or à quelqu’un qui meurt de faim. Pas un sou de moins. Ce serait saigner à blanc mes vieilles veines. ” N’est-ce pas qu’il disait cela ? Cela faisait rire et donnait la nausée.

Quand je l’ai vu bien arrêté sur le prix, j’ai fait le coup. “ Vieux dégoûtant, apprends que je veux non pas acheter, mais vendre. Voici ce que je veux vendre. Regarde : c’est beau comme tes bijoux. De l’or de Rome et de forme nouvelle. Tu ne manqueras pas d’acheteurs. C’est à toi pour onze talents. C’est toi qui as fixé le prix. Tu en as fait l’estimation, alors paie ! ” Oh, alors !... “ C’est une fourberie ! Tu as trahi l’estime que j’avais pour toi ! Tu veux ma ruine ! Je ne puis te donner autant ! ” criait-il. “ C’est toi qui as fait l’estimation. Paie ! ” “ Je ne peux pas. ” “ Prends garde que je ne le porte à d’autres. ” “ Non, mon ami ! ” Déjà il allongeait les mains vers le tas de bijoux d’Aglaé. “ Alors, paie : je devrais exiger douze talents, mais je m’en tiens à ta dernière estimation. ” “ Je ne peux pas. ” “ Usurier ! Prends garde, j’ai là un témoin et je peux te dénoncer comme voleur... ” et je lui ai attribué d’autres vertus que je ne répète pas devant ce garçon...

A la fin, comme j’étais pressé de vendre et de faire vite, je lui ai promis un petit quelque chose, entre nous deux... Je ne tiendrai pas cette promesse. Quelle valeur a-t-elle, faite à un voleur ? J’ai conclu l’affaire pour dix talents et demi. Nous sommes partis au milieu des doléances et des offres d’amitiés et... de femmes. Pour un peu, Jean allait pleurer. Mais que t’importe qu’ils te prennent pour un vicieux ? Il suffit que tu ne le sois pas. Ne sais-tu pas que le monde, c’est ça et qu’il te regarde comme un avorton ? Un jeune homme qui ne connaît pas le goût de la femme ? Qui veux-tu qui te croie ? Ou s’ils te croient... ah ! en ce qui me concerne, je ne voudrais pas qu’on pense de moi ce que peuvent penser de toi ceux qui s’imaginent que tu ne désires pas les femmes.

Voilà, Maître. Compte toi-même. J’avais un tas de monnaie, mais je suis passé chez le gabelou et je lui ai dit : “ Reprends-moi toute cette mitraille et donne-moi les talents que tu as reçus d’Isaac. ” Parce que j’avais eu cette dernière nouvelle en traitant mon affaire.

82.4 Cependant, en dernier lieu, j’ai dit à Isaac-Diomède : “ Souviens-toi que le Judas du Temple n’existe plus. Maintenant, je suis disciple d’un saint. Fais donc semblant de ne jamais m’avoir connu, si tu tiens à ta peau. ” Et pour un peu je lui tordais le cou à l’instant parce qu’il m’a mal répondu.

– Que t’a-t-il dit ? demande Simon avec indifférence.

– Il m’a dit : “ Toi, le disciple d’un saint ? Je ne le croirai jamais ou bien je verrai bientôt ici ton saint me demander une femme. ” Il m’a dit aussi : “ Diomède est une vieille crapule, un malheur du monde, mais toi, tu en es la jeune réplique. Et moi, je pourrais encore changer car j’étais déjà âgé quand je suis devenu ce que je suis. Toi, tu ne changes pas, tu es né comme ça. ” Vieux dégoûtant ! Il nie ton pouvoir, as-tu compris ?

– Et, en bon Grec qu’il est, il dit beaucoup de vérités...

– Que veux-tu dire, Simon ? Est-ce pour moi que tu parles ?

– Non. Pour tout le monde. C’est un homme qui connaît l’or et les coeurs, aussi bien l’un que l’autre. C’est un voleur, une ordure, en tout ce qu’il y a de plus répugnant comme trafic. Mais on trouve en lui la philosophie des grands Grecs. Il connaît l’homme, cet animal aux sept vices capitaux, polype destructeur de tout bien, de toute honnêteté, de tout amour et de tant d’autres choses, en lui et chez les autres.

– Mais il ne connaît pas Dieu.

– Et toi, tu voudrais le lui enseigner ?

– Moi, oui. Pourquoi ? Ce sont les pécheurs qui ont besoin de connaître Dieu.

– C’est vrai. Néanmoins... le maître doit le connaître pour l’enseigner.

– Et moi, je ne le connais pas ?

– Paix, mes amis. Les bergers arrivent. Ne troublons pas leurs âmes par des querelles entre nous. Tu as compté l’argent ? Cela suffit. Achève toute cette affaire comme tu l’as entreprise et, je te le répète, si possible, à l’avenir ne mens pas, même pour faciliter une bonne action... »

Détail

Judas et Jean rentrent des tractations avec Diomède pour vendre les bijoux d'Aglaé et Judas... fait son Judas.

Le caractère de Jean est souligné en 82.2 et à la fin de 82.3.

EMV 82.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

82.3 Ils entrent, et Judas discute avec le patron qui fait mener les brebis à une étable, puis conduit personnellement ses hôtes dans une petite pièce où se trouvent deux nattes qui servent de lits, des sièges et une table qu’on a préparés. Puis il se retire.

« Parlons tout de suite, Maître, pendant que les bergers sont occupés avec leurs troupeaux.

– Je t’écoute.

Détail

Les bergers de Bethléem sont à proximité quand Judas raconte sa rencontre avec Diomède, mais ils ne sont pas nommés. Il s'agit sans doute des bergers Joseph, Siméon, Jean et Matthias, rencontrés lors du chapitre précédent. Ils devaient attendre le retour de Judas.

EMV 82.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

En dernier lieu, j’ai dit à Isaac-Diomède : “ Souviens-toi que le Judas du Temple n’existe plus. Maintenant, je suis disciple d’un saint. Fais donc semblant de ne jamais m’avoir connu, si tu tiens à ta peau. ” Et pour un peu je lui tordais le cou à l’instant parce qu’il m’a mal répondu.

– Que t’a-t-il dit ? demande Simon avec indifférence.

– Il m’a dit : “ Toi, le disciple d’un saint ? Je ne le croirai jamais ou bien je verrai bientôt ici ton saint me demander une femme. ” Il m’a dit aussi : “ Diomède est une vieille crapule, un malheur du monde, mais toi, tu en es la jeune réplique. Et moi, je pourrais encore changer car j’étais déjà âgé quand je suis devenu ce que je suis. Toi, tu ne changes pas, tu es né comme ça. ” Vieux dégoûtant ! Il nie ton pouvoir, as-tu compris ?

– Et, en bon Grec qu’il est, il dit beaucoup de vérités...

– Que veux-tu dire, Simon ? Est-ce pour moi que tu parles ?

– Non. Pour tout le monde. C’est un homme qui connaît l’or et les coeurs, aussi bien l’un que l’autre. C’est un voleur, une ordure, en tout ce qu’il y a de plus répugnant comme trafic. Mais on trouve en lui la philosophie des grands Grecs. Il connaît l’homme, cet animal aux sept vices capitaux, polype destructeur de tout bien, de toute honnêteté, de tout amour et de tant d’autres choses, en lui et chez les autres.

– Mais il ne connaît pas Dieu.

– Et toi, tu voudrais le lui enseigner ?

– Moi, oui. Pourquoi ? Ce sont les pécheurs qui ont besoin de connaître Dieu.

– C’est vrai. Néanmoins... le maître doit le connaître pour l’enseigner.

– Et moi, je ne le connais pas ?

– Paix, mes amis. Les bergers arrivent. Ne troublons pas leurs âmes par des querelles entre nous. Tu as compté l’argent ? Cela suffit. Achève toute cette affaire comme tu l’as entreprise et, je te le répète, si possible, à l’avenir ne mens pas, même pour faciliter une bonne action... »

Détail

Judas est aller chez un acheteur de bijoux, à Jéricho, qui s'appelle Diomède. Il raconte ce qu'il s'est passé en sortant.

EMV 82.4-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Les bergers arrivent. Ne troublons pas leurs âmes par des querelles entre nous. Tu as compté l’argent ? Cela suffit. Achève toute cette affaire comme tu l’as entreprise et, je te le répète, si possible, à l’avenir ne mens pas, même pour faciliter une bonne action... »

82.5 Les bergers entrent.

« Mes amis, voilà ici dix talents et demi. Il manque seulement cent deniers que Judas a prélevés pour les dépenses de logement. Prenez.

– Tu donnes tout ? demande Judas.

– Tout. Je ne veux pas garder le moindre sou de cet argent. Nous avons l’obole de Dieu et de ceux qui cherchent Dieu honnêtement ... et il ne nous manquera jamais l’indispensable. Tu peux en être sûr. Prenez et soyez heureux, comme je le suis, pour Jean-Baptiste. Demain, vous irez à sa prison. Deux d’entre vous : Jean et Mathias. Siméon ira avec Joseph trouver Elie pour tout lui rapporter et se renseigner pour l’avenir. Elie sait. Puis Joseph reviendra avec Lévi. Le rendez-vous sera dans dix jours près de la Porte des Poissons à Jérusalem, à la première heure. Et maintenant, mangeons et prenons du repos. Demain, de bon matin, je pars avec les miens. Je n’ai rien d’autre à vous dire pour l’instant. Plus tard, vous aurez de mes nouvelles. »

La scène disparaît au moment où Jésus fait la fraction du pain.

Détail

Judas a raconté comment il a récupéré dix talents et demi grâce à la vente des bijoux d'Aglaé.

Au vu de ce qui est dit dans l'EMV 83.3, peut-être que le Jean mentionné est Jean de Zébédée. A confirmer.

EMV 83 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Détail

Jésus est dans la campagne. Il parle avec un paysan qui confie le bien qu'il retire à écouter Jésus (c'est exactement la même chose pour nous qui lisons l'Oeuvre). Jésus parle de la bénédiction de Dieu, ainsi que de la souffrance, du fait qu'elle est expiation et qu'elle est une grâce. Puis, Jean s'en va, et Judas demande à aller à Jérusalem rejoindre un ami. Jésus est dépité par Judas et pleure sans bruit dans un bosquet touffu. Il prie. Finalement, il est rejoint par Simon le Zélote, qui devine sa douleur. Ils parlent de Judas... Et Simon exprime également son désir pour qu'il rencontre Lazare.

EMV 83.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

83.3 Un homme s’avance avec un ânon chargé de légumes.

« Voilà. Si ton ami veut partir... Mon fils se rend à Jérusalem pour le grand marché de la Parascève.

– Va, Jean, tu sais ce que tu dois faire. Dans quatre jours, nous nous reverrons. Que ma paix soit avec toi. »

Jésus prend Jean dans ses bras et l’embrasse. Simon fait de même.

« Maître, dit Judas, si tu le permets, j’accompagnerai Jean. J’ai très envie de voir un ami. Chaque sabbat, il est à Jérusalem. J’irai avec Jean jusqu’à Betphagé et puis je continuerai pour mon compte... C’est un ami de la maison... tu sais... ma mère m’a dit...

– Je ne te demande rien, mon ami.

– Je suis désolé de te quitter. Mais d’ici quatre jours, je serai avec toi de nouveau. Et je serai fidèle jusqu’à t’ennuyer.

– Va donc. A l’aube qui se lèvera dans quatre jours, soyez à la Porte des Poissons. Adieu et que Dieu te garde.

Judas embrasse le Maître et part à côté de l’ânon qui trottine sur la route poussiéreuse.

Détail

Jean doit s'en aller à Jérusalem. Mais Judas aussi veut partir...

EMV 83.3-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Le soir descend sur la campagne qui se fait silencieuse. Simon observe le travail des horticulteurs qui arrosent leurs sillons.

83.4 Jésus est resté à sa place quelque temps. Puis il se lève, tourne derrière la maison et s’éloigne dans le verger. Il s’isole. Il va jusqu’à un bosquet touffu où de gros grenadiers sont séparés par des buissons peu élevés qui pourraient bien être des groseilliers. Mais je ne sais rien de précis. Ils n’ont pas de fruits et je connais peu leur feuillage. Jésus se cache là derrière. Il s’agenouille. Il prie... et puis se courbe, le visage contre terre, sur l’herbe et il pleure. C’est du moins ce que ses soupirs profonds et comme entrecoupés me laissent deviner. Ce sont des pleurs découragés, sans sanglots, mais tellement tristes !

Il passe un long moment dans cette attitude. La lumière du crépuscule s’affaiblit, mais il ne fait pas encore assez nuit pour empêcher de voir. Et dans cette faible clarté, on distingue par-dessus un groseillier la vilaine et honnête figure de Simon. Il regarde, cherche des yeux et finit par distinguer la forme toute pelotonnée du Maître, couvert de son manteau bleu foncé qui le fait presque disparaître dans les ombres du sol. On voit à peine sa tête blonde et ses mains jointes en prière qui s’élèvent au-dessus de sa tête appuyée sur ses poignets. Simon le regarde de ses yeux un peu bovins. Aux soupirs que Jésus pousse, il comprend sa tristesse, et sa bouche, aux lèvres épaisses et presque violettes, s’ouvre :

« Maître ! » appelle-t-il.

Jésus lève la tête.

« Tu pleures, Maître, pourquoi ? Me permets-tu de venir ? »

Le visage de Simon exprime l’étonnement et la peine. C’est un homme laid, décidément. Aux traits disgracieux, au teint olivâtre foncé, se joint la trace bleuâtre et profonde des cicatrices laissées par sa maladie. Mais il a un regard si bon que sa laideur disparaît.

« Viens, Simon, mon ami. »

Jésus s’est assis dans l’herbe. Simon s’assied à côté de lui.

« Pourquoi es-tu triste, mon Maître ? Moi, je ne suis pas Jean et je ne saurais t’offrir tout ce que lui te donne. Mais j’ai en moi le désir de t’apporter du réconfort. Et je n’ai qu’une douleur : celle d’être incapable de le faire. Dis-moi : t’ai-je donc déplu, ces derniers jours, au point que tu es accablé de devoir rester avec moi ?

– Non, mon bon ami, tu ne m’as jamais déplu depuis le moment où je t’ai vu. Et je crois que je n’aurai jamais aucune raison de souffrir par ta faute.

– Et alors, Maître ? Je ne suis pas digne de tes confidences, mais par mon âge, je pourrais presque être un père pour toi, et tu sais quel désir j’ai toujours eu d’avoir un fils... Laisse-moi te caresser comme si tu étais mon enfant et qu’en ce moment de peine je te tienne lieu de père et de mère. C’est de ta Mère que tu as besoin pour oublier tant de choses...

– Oh oui, de ma Mère !

– Eh bien ! en attendant que tu puisses te consoler auprès d’elle, laisse à ton serviteur la joie de te consoler. 83.5 Tu pleures, Maître, parce que quelqu’un t’a déplu. Depuis plusieurs jours, ton visage est comme le soleil quand les nuages le voilent. Je t’observe. Ta bonté cache ta blessure, pour qu’on ne déteste pas celui qui te blesse. Mais cette blessure te fait souffrir et te donne la nausée. Mais dis-moi, mon Seigneur : pourquoi n’éloignes-tu pas la source de cette peine ?

– Parce que, humainement, c’est inutile et ce serait contre la charité.

– Ah ! Tu as compris que je parle de Judas ! C’est à cause de lui que tu souffres. Comment peux-tu, toi la Vérité, supporter ce menteur ? Il ment sans changer de couleur. Il est plus fourbe qu’un renard, plus fermé qu’un rocher. Aujourd’hui, il est parti. Pour quoi faire ? Combien d’amis peut-il donc avoir ? Je souffre de te laisser, mais je voudrais le suivre et voir... Oh, mon Jésus ! Cet homme... éloigne-le, mon Seigneur.

– C’est inutile. Ce qui doit arriver arrivera.

– Que veux-tu dire ?

– Rien de particulier.

– Tu l’as laissé volontiers partir parce que... parce qu’il t’a dégoûté par son comportement à Jéricho.

– C’est vrai. Simon, je te le répète : ce qui doit arriver arrivera, et Judas fait partie de cet avenir. Lui aussi doit y être !

– Mais Jean m’a dit que Simon-Pierre est toute franchise, tout feu... Est-ce qu’il le supportera, celui-là ?

– Il doit le supporter. Pierre a lui aussi son rôle à jouer et Judas est la trame sur laquelle il doit tisser ce rôle. Si tu préfères, c’est l’école où Pierre se formera plus qu’avec tout autre. Etre bon avec Jean, comprendre les âmes qui lui ressemblent, c’est à la portée même des idiots. Mais être bon avec un Judas, savoir comprendre les âmes comme la sienne et leur servir de médecin et de prêtre, c’est difficile. Judas est votre enseignement vivant.

– Le nôtre ?

– Oui, le vôtre. Le Maître n’est pas éternel sur la terre. Il s’en ira après avoir mangé le pain le plus dur et bu le vin le plus âpre. Mais vous, vous resterez pour me continuer... et vous devez savoir. Car le monde ne finit pas avec le Maître, il durera jusqu’au retour final du Christ et au jugement final de l’homme. Et, en vérité, je te dis que pour un Jean, un Pierre, un Simon, un Jacques, un André, un Philippe, un Barthélemy, un Thomas, il y a au moins sept Judas. Sinon plus, plus encore !... »

Simon réfléchit en silence. Puis il reprend :

« Les bergers sont bons, Judas les méprise, mais, moi, je les aime.

– Je les aime et je fais leur éloge.

– Ce sont des âmes simples, comme il faut l’être pour te plaire.

– Judas a vécu en ville.

– C’est là son unique excuse. Mais il y en a tant qui ont vécu en ville, et pourtant... 83.6 Quand viendras-tu chez mon ami ?

– Demain, Simon. Ce sera avec plaisir car nous sommes seuls, toi et moi. Je pense que c’est un homme cultivé et qui a, comme toi, de l’expérience.

– Il souffre beaucoup... Dans son corps et plus encore dans son coeur. Maître... je voudrais te demander une chose : s’il ne te parle pas de lui-même de ses tristesses, ne l’interroge pas, toi, sur sa maison.

– Je ne le ferai pas. Je suis venu pour ceux qui souffrent, mais je ne force pas les confidences. Le chagrin a sa pudeur...

– Et moi, je ne l’ai pas respectée... Mais j’ai senti tant de peine chez toi...

– Tu es mon ami et tu avais déjà donné un nom à ma douleur. Moi, pour ton ami, je suis le Rabbin inconnu. Quand il me connaîtra... Alors... Partons. La nuit est venue. Ne faisons pas attendre nos hôtes qui sont fatigués. Demain, à l’aube, nous irons à Béthanie. »

Détail

Simon est seul avec Jésus dans la campagne. Et Jésus se retire pour prier, après le départ de Judas, qui a menti à Jéricho pour vendre effrontément les bijoux d'Aglaé,

EMV 83.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Tu pleures, Maître, pourquoi ? Me permets-tu de venir ? »

Le visage de Simon exprime l’étonnement et la peine. C’est un homme laid, décidément. Aux traits disgracieux, au teint olivâtre foncé, se joint la trace bleuâtre et profonde des cicatrices laissées par sa maladie. Mais il a un regard si bon que sa laideur disparaît.

« Viens, Simon, mon ami. »

Détail

Description physique de Simon le Zélote.

EMV 83.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

C’est de ta Mère que tu as besoin pour oublier tant de choses...

– Oh oui, de ma Mère !

– Eh bien ! en attendant que tu puisses te consoler auprès d’elle, laisse à ton serviteur la joie de te consoler.

Détail

Jésus est dégoûté de l'attitude de Judas et Simon le Zélote déclare :

Mots-clés