EMV 111.3 · Tome 2
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
Je ne supprime pas la Loi. Je vous donne lumière et force pour la suivre parfaitement.
Notes du thème
Confort de lecture
EMV 111.3 · Tome 2
Je ne supprime pas la Loi. Je vous donne lumière et force pour la suivre parfaitement.
EMV 111.3 · Tome 2
– Qui es-tu ?
– Je suis un juste.
– Ecoute : je t’ai dit qu’il y en a deux en Israël : l’un, c’est Jean-Baptiste et l’autre, le Messie. Es-tu le Messie ?
– Je le suis.
EMV 111.5-8 · Tome 2
Nous sommes peu nombreux... contre un si grand nombre. Nous sommes humbles... contre les puissants. Comment te défendre s’ils veulent te nuire ?
– Mes amis, souvenez-vous du songe de Jacob. Il vit une multitude innombrable d’anges qui montaient et descendaient par l’échelle qui allait du ciel au patriarche. Une multitude, et pourtant ce n’était qu’une partie des légions angéliques... Eh bien, même si toutes les légions qui chantent alléluia à Dieu dans le Ciel descendaient autour de moi pour me défendre, lorsque ce sera l’heure, elles ne pourront rien. La justice doit s’accomplir...
– Tu veux dire l’injustice ! Car tu es saint, et s’ils te font du mal, s’ils te haïssent, ce sont des injustes.
– C’est pour cela que je dis que, pour certains, le crime est déjà accompli. Celui qui couve une pensée homicide est déjà homicide ; si c’est le vol, c’est déjà un voleur ; si c’est un adultère, il est déjà adultère ; si c’est la trahison, c’est déjà un traître. Le Père sait et moi je sais. Mais il me laisse aller, et je vais mon chemin, car c’est pour cela que je suis venu. Mais les moissons mûriront encore et on fera les semailles une première fois et une seconde avant que le Pain et le Vin ne soient donnés en nourriture aux hommes.
– On fera un banquet de joie et de paix, alors !
– De paix ? Oui. De joie ? Aussi, mais... oh, Pierre ! Oh, mes amis ! Que de larmes il y aura entre la première et la deuxième coupe ! Et c’est seulement après qu’on aura bu la dernière goutte de la troisième coupe que la joie sera grande parmi les justes, et qu’il y aura une paix assurée pour les hommes dont la volonté est droite.
– Et tu y seras, n’est-ce pas ?
– Moi ?... Mais quand le chef de famille manque-t-il au rite ? Et ne suis-je pas le chef de la grande famille du Christ ? »
111.6 Simon le Zélote, qui n’a pas encore parlé, dit comme en se parlant à lui-même :
« “ Quel est celui-ci qui vient en habits éclatants, magnifiquement drapé dans son manteau, s’avançant dans la plénitude de sa force ? ” “ C’est moi qui parle avec justice, qui suis puissant pour sauver. ” “ Pourquoi ce rouge à ton manteau, pourquoi es-tu vêtu comme celui qui foule au pressoir ? ” “ J’ai été seul à fouler au pressoir... C’est l’année de ma Rédemption qui vient. ”
– Tu as compris, Simon, souligne Jésus.
– J’ai compris, mon Seigneur. »
Les deux hommes se regardent, intensément. Etonnés, les autres les dévisagent et se demandent entre eux :
« Mais parle-t-il des vêtements rouges que porte maintenant Jésus, ou de la pourpre royale dont il sera revêtu quand ce sera l’heure ? »
Jésus s’absorbe en lui-même et paraît ne plus rien entendre.
Pierre prend Simon à part et l’interroge :
« Toi qui es sage et humble, explique tes paroles à mon ignorance.
– Oui, mon frère ! Son nom est Rédempteur. Les coupes de paix et de joie entre l’homme et Dieu, la terre et le Ciel, c’est lui qui les remplira de son vin, en se foulant lui-même dans la souffrance par amour pour nous tous. Il sera donc présent, bien qu’en apparence la puissance des Ténèbres aura étouffé la Lumière, qu’il est lui-même.
111.7 Ah ! Il faut beaucoup l’aimer, ce Christ, notre Christ, car beaucoup lui refuseront leur amour. Faisons en sorte qu’à l’heure de sa déréliction, on ne puisse nous adresser et nous reprocher cette lamentation de David : “ Des chiens nombreux me cernent ”, en l’appliquant à nous-mêmes.
– Qu’est-ce que tu dis ?... Mais nous, nous le défendrons, même s’il nous faut mourir avec lui.
– Nous le défendrons... Mais nous sommes des hommes, Pierre. Et notre courage fondra avant qu’on ne lui broie les os... Oui. Nous ferons comme l’eau devenue glaçon dans le ciel, que la foudre fait fondre en pluie et que le vent regèle sur le sol. C’est ainsi que nous sommes ! Notre courage actuel qui nous pousse à être ses disciples – car son amour et sa présence nous donnent solidité et hardiesse virile – fondra sous le coup de foudre de Satan et de ses sbires... Et que restera-t-il de nous ? Puis, après cette épreuve avilissante et nécessaire, la foi et l’amour nous solidifieront de nouveau et nous serons comme un cristal qui ne redoute plus d’être brisé. Mais cela, nous le saurons et nous en serons capables, dans la mesure où nous l’aimerons beaucoup, tant que nous l’avons. Alors... oui, je pense qu’alors, par l’effet de sa parole, nous ne serons pas des ennemis et des traîtres.
– Tu es sage, Simon. Moi... je suis illettré et j’ai honte aussi de lui poser tant de questions. Et cela me fait mal, quand je vois qu’il y a tant de raisons de pleurer... Observe son visage : il paraît inondé de larmes secrètes. Vois ses yeux. Ils ne regardent ni le ciel, ni le sol. Ils sont ouverts sur un monde qui nous est inconnu. Comme sa démarche le montre épuisé et courbé ! On dirait que ses pensées l’ont fait vieillir. Ah, je ne peux le voir ainsi ! Maître ! Maître ! Souris ! Je ne puis te voir si triste. Tu m’es aussi cher qu’un fils et je te donnerais ma poitrine comme oreiller pour t’endormir et te faire rêver à d’autres mondes... Oh ! Pardonne-moi de t’avoir appelé “ fils ” ! C’est que je t’aime, Jésus.
– Je suis le Fils... Ce nom est mon Nom. Mais je ne suis plus triste. Tu vois ? Je souris car vous êtes pour moi des amis.
111.8 Voici, là au fond, Jéricho toute rouge au crépuscule. Que deux d’entre vous aillent y chercher un logement. Les autres et moi, nous irons les attendre à côté de la synagogue. Allez. »
Et tout se termine pendant que Jean et Jude partent à la recherche d’une maison hospitalière.
EMV 112.5 · Tome 2, p. 243-244
Je juge par moi-même et avec justice. Quand j’aime, j’aime sans me demander si cet amour peut me servir ou me desservir aux yeux du monde.
EMV 112.5 · Tome 2, p. 244
Je sais. Eh quoi ? Prononcerai-je l’anathème sur toi qui souffres ? Je suis miséricorde, paix, pardon, amour pour tous ; et que sera-ce pour les innocents ? Tu n’es pas responsable du péché qui te fait souffrir. Devrais-je m’acharner sur toi, alors que j’ai pitié d'elle [de son âme] aussi ?...
Face au comportement mauvais d'un proche ou d'une personne qu'on aime.
EMV 112.5 · Tome 2, p. 244
Je suis miséricorde, paix, pardon, amour pour tous ; et que sera-ce pour les innocents ?
EMV 113.3 · Tome 2, p. 246
Celui qui fait des miracles a Dieu avec lui. Qui a Dieu avec lui ne peut être dans le péché. Au contraire, il ne peut être qu’un homme aimé par Dieu.
Joseph d'Arimathie déclare aux pharisiens la chose suivante concernant Jésus.
EMV 113.5 · Tome 2, p. 248
– Il m’est resté l’amer souvenir qu’il m’a dit que tu l’avais vue… (...) Je garde le souvenir de ce moment. On n’oublie pas la souffrance, même quand elle appartient au passé.
– Lazare, Lazare, tu t’inquiètes de trop de choses… et si peu importantes ! Laisse faire le temps : ce sont des bulles d’air qui crèvent et disparaissent avec leurs reflets gais ou tristes. Regarde vers le Ciel. Lui, il ne s’évanouit pas : il demeure pour les justes.
Lazare énonce l'amertume que lui a donné Judas en parlant impudemment de Marie-Madeleine. Il en a beaucoup souffert.
EMV 114.6-7 · Tome 2, p. 252-255
114.6 Félix soutient que la sainteté de Jean-Baptiste est incontestable et, de cette sainteté indiscutée et indiscutable, il tire une conséquence qui n’est pas favorable à Jésus de Nazareth, auteur de miracles nombreux et connus. Il dit :
« Le miracle n’est pas une preuve de sainteté, car la vie du prophète Jean en est dépourvue. Or personne, en Israël, ne mène une vie pareille à la sienne. Pour lui, pas de banquets, pas d’amitiés, pas de confort. Pour lui, souffrance et emprisonnement pour l’honneur de la Loi. Pour lui, la solitude. Car, s’il a des disciples, il ne mène pas de vie en commun. Il trouve des fautes même chez les plus honnêtes et tonne contre tout le monde, tandis que... tandis que le Maître de Nazareth ici présent a accompli des miracles, c’est vrai, mais je vois que, lui, il aime ce qu’offre la vie. Il ne dédaigne pas les amitiés et – pardonne si c’est l’un des anciens du Sanhédrin qui te le dit – il donne trop facilement, au nom de Dieu, pardon et amour même aux pécheurs connus et flétris par l’anathème. Tu ne devrais pas le faire, Jésus. »
Jésus sourit, mais garde le silence. C’est Lazare qui répond pour lui :
« Notre puissant Seigneur est libre de diriger ses serviteurs comme et où il le veut. A Moïse, il a accordé le miracle, à Aaron son premier pontife, il ne l’a pas accordé. Et alors, qu’est-ce que tu en conclus ? Le premier est-il plus saint que l’autre ?
– Certainement, répond Félix.
– dans ce cas, le plus saint c’est Jésus qui fait des miracles. »
Félix est désorienté. Mais il se raccroche à un argument :
« Aaron avait déjà reçu le pontificat. Cela lui suffisait.
– Non, mon ami, répond Nicodème. Le pontificat était une mission. Sainte, mais rien de plus qu’une mission. Ce n’est pas toujours que les pontifes d’Israël ont été saints, et ils ne l’ont pas tous été. Et pourtant ils étaient pontifes, même sans être saints.
– Tu ne voudrais pas dire que le grand prêtre est un homme privé de grâce !... s’exclame Félix.
– Félix... n’entrons pas dans ce sujet brûlant. Moi, toi, Gamaliel, Joseph, Nicodème, tous, nous savons tant de choses... dit celui qui s’appelle Jean.
– Mais comment ? comment ? Gamaliel, interviens, donc !... »
Félix est scandalisé.
« S’il est juste, il dira la vérité que tu ne veux pas entendre », disent les trois hommes qui se sont enflammés contre Félix.
Joseph cherche à rétablir le calme. Jésus reste muet ainsi que Thomas, Simon le Zélote et l’autre Simon, l’ami de Joseph. Gamaliel semble jouer avec les franges de son vêtement, mais regarde Jésus par dessous.
« Parle donc, Gamaliel, s’écrie Félix.
– Oui. Parle, parle, insistent les trois autres.
– Moi, je dis : les faiblesses de la famille doivent rester cachées, déclare Gamaliel.
– Ce n’est pas une réponse ! S’écrie Félix. Tu sembles reconnaître qu’il y a des taches dans la maison du Pontife !
– C’est l’expression de la vérité », disent les trois autres.
114.7 Gamaliel se redresse et se tourne vers Jésus :
« Voici le Maître qui éclipse les plus doctes. Qu’il s’exprime, lui, sur ce sujet.
– Puisque tu le veux, j’obéis. Je dis ceci : l’homme, c’est l’homme. La mission dépasse l’homme. Mais l’homme, investi d’une mission, devient capable de l’accomplir au-delà de ses possibilités naturelles quand, par une vie sainte, il a Dieu pour ami. C’est lui qui a dit : “ Tu es prêtre selon l’ordre que j’ai donné. ” Qu’est-ce qui est écrit sur le Rational ? “ Doctrine et Vérité. ” Voilà ce que devraient posséder les pontifes. On accède à la doctrine par une constante méditation tendue vers la connaissance de la sagesse, et à la vérité par une fidélité absolue au bien. Qui pactise avec le mal entre dans le mensonge et perd la vérité.
– Bien ! Tu as répondu comme un grand rabbin. Moi, Gamaliel, je te l’affirme. Tu me dépasses.
– Qu’il explique alors pourquoi Aaron n’a pas fait de miracles et que Moïse en a fait » s’écrie bruyamment Félix.
Jésus répond sans attendre :
« C’est que Moïse devait s’imposer à la masse lourde et peu éclairée, si ce n’est même opposée, des israélites et arriver à avoir de l’ascendant sur eux, de manière à les plier à la volonté de Dieu. L’homme est l’éternel sauvage et l’éternel enfant. Il est frappé par tout ce qui sort de l’ordinaire. Le miracle, c’est ça : une lumière que l’on agite devant des pupilles obscurcies, un bruit près des oreilles bouchées. Il réveille. Il appelle l’attention. Il fait reconnaître : “ Dieu est là. ”
– Tu dis cela à ton avantage, réplique Félix.
– A mon avantage ? Et qu’est-ce que cela me donne de plus quand je fais un miracle ? Puis-je paraître plus grand si je me mets un brin d’herbe sous le pied ? Le rapport est le même entre le miracle et la sainteté. Il y a des saints qui n’ont jamais fait de miracles. Il y a des mages et des nécromanciens qui mettent en oeuvre des forces obscures pour en faire, c’est-à-dire qu’ils font des choses surnaturelles sans être saints et sont, eux, des démons. Je le serais moi-même, même si je ne faisais plus de miracles.
– Très bien ! Tu es grand, Jésus ! Approuve Gamaliel.
– Et qui est, d’après toi, ce “ grand ” ? poursuit Félix en se tournant vers Gamaliel.
– Le plus grand prophète que je connaisse, autant par ses oeuvres que par ses paroles, répond ce dernier.
– C’est le Messie, je te le dis, Gamaliel. Crois en lui, toi qui es sage et juste, dit Joseph.
– Comment ? Toi aussi, qui diriges les juifs, toi, l’Ancien, notre gloire, tu tombes dans cette idolâtrie pour un homme ? Mais qu’est-ce qui te prouve que c’est le Christ ? Pour moi, je ne le croirai pas, même si je le voyais faire des miracles. Mais pourquoi n’en fait-il pas un devant nous ? Demande-le-lui, toi qui le loues ; demande-le-lui, toi qui le défends, dit Félix à Gamaliel et à Joseph.
– Je ne l’ai pas invité pour amuser des amis et je te prie de te souvenir qu’il est mon hôte » répond sèchement Joseph.
Fâché, Félix se lève et s’en va comme un malotru.
Il ne l'a pas accordé : De fait, tous les prodiges accomplis par Aaron furent accordés par le Seigneur non pas à lui mais à Moïse, avec ordre de les accomplir par l'intermédiaire d'Aaron (Ex 7-8). Même s'il n'en avait pas été ainsi, le Seigneur n'a pas favorisé Aaron en tant que "son premier prêtre", car il lui fit accomplir des prodiges avant même as consécration comme grand-prêtre (Ex 28-29 ; Lv 8-9). Outre certains passages qui concernent Moïse, il est encore parlé d'Aaron en 342.6 et 642.9.
(Note de l'éditeur tirée de la deuxième édition)
EMV 114.7 · Tome 2, p. 254
L’homme, c’est l’homme. La mission dépasse l’homme. Mais l’homme, investi d’une mission, devient capable de l’accomplir au-delà de ses possibilités naturelles quand, par une vie sainte, il a Dieu pour ami.