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Notes du thème

La Vierge Marie dans le Protévangile et l'Evangile de l'Enfance

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EMV 1.1-3 · Tome 1, p. 15-16

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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1.1 Jésus m’ordonne : « Prends un cahier tout neuf. (...). Ce premier livre traitera d’Elle. »

J’obéis et je copie.

Dieu a voulu un sein immaculé

1.2 Jésus dit :

« Aujourd’hui, écris seulement ceci : la pureté a une telle valeur que le sein d’une créature a pu contenir Celui qui ne peut être contenu, parce qu’elle possédait la plus grande pureté que puisse avoir une créature de Dieu.

La sainte Trinité y descendit avec toutes ses perfections, y habita avec les trois Personnes, enferma son Etre infini dans un si petit espace – sans pour autant se diminuer, parce que l’amour de la Vierge et la volonté de Dieu dilatèrent cet espace jusqu’à en faire un Ciel –, et s’y manifesta conformément à ses caractéristiques :

Le Père, en tant que Créateur, renouvela son oeuvre du sixième jour et eut une vraie “ fille ”, digne de lui, à sa parfaite ressemblance. L’empreinte de Dieu s’était imprimée en Marie avec une telle netteté que seul le Premier-né du Père lui était supérieur. Marie peut être appelée la “ puînée ” du Père, en raison de la perfection qu’elle reçut et sut conserver, de sa dignité d’Epouse de Dieu, de Mère de Dieu, et de Reine du Ciel : elle vient au second rang après le Fils du Père et dans sa Pensée éternelle, parce qu’il se complaît en elle de toute éternité.

Le Fils, en étant “ Fils ” pour elle aussi, lui enseignait, par un mystère de la grâce, sa vérité et sa sagesse alors qu’il n’était encore qu’un germe qui se développait en son sein.

L’Esprit Saint apparaissait parmi les hommes grâce à une Pentecôte anticipée, une Pentecôte prolongée, Amour en “ celle qui aima ”, Consolation des hommes par le fruit de son sein, Sanctification par la maternité du Saint.

1.3 Pour se manifester aux hommes sous la forme nouvelle et complète qui inaugure l’ère de la Rédemption, Dieu n’a pas choisi pour trône un astre du ciel, ni le palais d’un puissant. Il n’a pas davantage voulu les ailes des anges pour y poser les pieds. Il a voulu un sein immaculé.

Eve, elle aussi, avait été créée immaculée. Mais c’est de son plein gré qu’elle voulut être corrompue. Alors qu’Eve vivait dans un monde pur, Marie, qui vivait dans un monde corrompu, se refusa à offenser sa pureté par la moindre pensée tournée vers le péché. Elle connaissait l’existence du péché. Elle en a vu les visages les plus divers et les plus horribles. Elle les a tous vus, jusqu’au plus horrible : le déicide. Mais elle les a connus pour les expier et devenir, pour l’éternité, celle qui a pitié des pécheurs et prie pour leur rédemption.

1.4 Cette pensée servira d’introduction à d’autres sujets saints que je te communiquerai pour ton réconfort et celui d’un grand nombre. »

Annotation

Marie peut être appelée la “ puînée ” du Père, en raison de la perfection qu’elle reçut : Dans une note manuscrite, Maria Valtorta précise : "Elle est seconde en perfection naturelle et surnaturelle, après celui qui est à la fois Fils de Dieu et son Fils à elle, qui est infini, comme Dieu, en toute perfection." Cité par G. Roschini dans La Vierge Marie dans l'œuvre de Maria Valtorta, page 74.

Dans Le livre d'Azarias, page 357 Jésus dit : "Toute perfection de la créature fut atteinte en elle".

Voir l'explication que donne l'Esprit-Saint dans son commentaire de l'Apocalypse.

Marie, qui vivait dans un monde corrompu, se refusa à offenser sa pureté par la moindre pensée tournée vers le péché : C'est aussi l'Enseignement de l'Église: "par la Grâce de Dieu, Marie est restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie". CEC n° 493.

Le Père renouvela son oeuvre du sixième jour : Allusion au Livre de la Genèse, 1, 26-31.

Gn 1, 16-21 : Dieu dit : " Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre. " Et Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu : il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, et il leur dit : " Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. " Et Dieu dit : " Voici que je vous donne toute herbe portant semence à la surface de toute la terre, et tout arbre qui porte un fruit d'arbre ayant semence ; ce sera pour votre nourriture. Et à tout animal de la terre, et à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. " Et cela fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voici cela était très bon.

EMV 4.1 · Tome 1, p. 27

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Une nouvelle branche a jailli du vieil arbre, et j’en suis heureuse.

Pour la fête des Lumières, l’espérance a jeté sa semence ;

L’air embaumé du mois de Nisan la voit germer.

Ma chair au printemps ressemble à l’amandier en fleurs.

Détail

Anne chante ce cantique, qui révèle qu'elle est enceinte. Voir l'annotation concernant la fête des Lumières et la conception de Marie.

Annotation

Pour la fête des Lumières, l’espérance a jeté sa semence. Selon J Aulagnier, la Fête des Lumières, ou Encénies, avait lieu, au temps de Jésus, durant la pleine lune suivant la fête de la Dédicace (Hanoukka) Celle-ci avait lieu le 25 Kislev (soit le 10 décembre -22 pour cette période). La conception de Marie a eu lieu à la pleine lune suivante, le 20 décembre -22. Cela correspond à l'évènement que l'Église fête le 8 décembre.

Marie d'Agreda signale que cette conception eu lieu un dimanche (La Cité mystique de Dieu – Livre 1, Chapitre 15, § 218)

L'air embaumé du mois de Nissan. Nissan : Mars -21 soit 3 mois pour annoncer avec certitude à Joachim l'attente d'un bébé.

EMV 4.3 · Tome 1, p. 29-30

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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J’espérais : le dernier jour, pendant que je priais au Temple [lors de la fête des Tentes], le plus près possible de la maison de Dieu qu’il soit permis à une femme, il se faisait tard... tu te souviens que j’ai dit : “ Encore, encore un peu. ” Je ne pouvais m’arracher à ce lieu sans avoir obtenu cette grâce ! Eh bien, dans l’ombre qui descendait déjà de l’intérieur du lieu sacré, vers lequel mon âme se sentais fortement attirée pour y arracher un “ oui ” du Dieu qui y est présent, j’ai vu jaillir une lumière, une merveilleuse étincelle de lumière. Claire et douce comme la lumière de la lune, elle renfermait pourtant l’éclat de toutes les perles et joyaux de la terre. On aurait dit qu’une des étoiles précieuses du Voile, ces étoiles placées sous les pieds des chérubins, se détachait et prenait la splendeur d’une lumière surnaturelle... J’avais l’impression qu’un feu partait de derrière le Voile sacré, de la Gloire même, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix céleste : “ Que t’arrive ce que tu as demandé ! ” C’est pour cela que je chante : “ Une étoile viendra vers toi ”. Quel enfant sera donc le nôtre, pour se manifester ainsi comme la lumière d’une étoile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fête des Lumières ? Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ?

Détail

Conception de Marie. Anne, la mère de Marie, raconte quand son voeu a été exaucé :

Annotation

Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ? Joachim avait en effet parlé de la mère du prophète Samuel dans l'EMV 3.

Sous les pieds des chérubins : Les chérubins (Kéroubim) abondaient dans la décoration du Temple de Salomon (Par exemple : 1 Rois 6,23-35). Les étoiles sont sans doute les étoiles de David ou sceau de Salomon.

J’avais l’impression qu’un feu partait de derrière le Voile sacré, de la Gloire même, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix céleste : “ Que t’arrive ce que tu as demandé ! ” C’est la voix du Rédempteur, comme il l'est indiqué en EMV 4.5 : "La Sagesse descendit elle-même (...) et se fit parole pour la femme stérile" (p. 31).

Quel enfant sera donc le nôtre, pour se manifester ainsi comme la lumière d’une étoile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fête des Lumières ? L’étoile fait partie de la prophétie de Balaam. Nb 24, 17-19. : "Je le vois, mais non comme présent ; je le contemple, mais non de près. Un astre sort de Jacob, un sceptre s'élève d'Israël. Il brise les deux flancs de Moab, il extermine tous les fils du tumulte. Edom est sa possession ; Séïr, son ennemi, est sa possession, et Israël déploie sa vaillance. De Jacob sort un dominateur, il fait périr dans les villes ce qui reste d'Edom."

« Je suis » : le nom même de Dieu tel que défini à Moïse, selon l'Exode 3,14-15. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : « Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS ». Voir la fiche sur le Nom divin.

EMV 4.4 · Tome 1, p. 30

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Comment l’appellerons-nous, notre enfant que je sens doucement me parler en mon sein par les battements de son petit coeur, comme le murmure d’un ruisseau, comme une tourterelle que l’on tient au creux de la main ?

– Si c’est un garçon, nous l’appellerons Samuel. Si c’est une fille, Etoile. Notre étoile, le mot qui a terminé ton cantique pour me donner la joie de me savoir père, et la forme qu’elle a prise pour se manifester dans l’ombre sacré du Temple.

– Etoile, notre étoile. Je ne sais pas, mais je pense, je pense que ce sera une fille. Il me semble que des caresses aussi douces ne peuvent venir que d’une très douce petite fille. Car je ne la porte pas, je n’en éprouve aucune souffrance. C’est elle qui me porte sur un sentier d’azur et de fleurs, comme si j’étais soutenue par les anges et que la terre était déjà loin... J’ai toujours entendu les femmes dire que concevoir et porter un enfant était douloureux. Mais moi, je ne souffre pas. Je me sens forte, jeune, fraîche plus que lorsque je t’ai donné ma virginité à l’époque lointaine de ma jeunesse. Fille de Dieu – car cet enfant éclos sur un tronc desséché appartient plus à Dieu qu’à nous –, elle ne cause aucune peine à sa maman. Elle ne lui apporte que paix et bénédiction, c’est-à-dire les fruits de Dieu, son véritable Père.

– Alors nous l’appellerons Marie. Etoile de notre mer, perle, bonheur. C’est le nom de la première grande femme d’Israël. Mais celle-ci n’offensera jamais le Seigneur. C’est à lui seul qu’elle adressera son cantique, car elle lui est offerte comme une hostie avant même de naître.

– Elle lui est offerte, oui. Garçon ou fille, lorsque notre enfant aura fait notre joie pendant trois ans, nous l’offrirons au Seigneur. Ainsi serons-nous, nous aussi, des hosties avec elle, pour la gloire de Dieu. »

Détail

Le choix du prénom de Marie. C'est Anne, sa mère, qui parle.

EMV 4.5-7 · Tome 1, p.31-33

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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4.5 Jésus dit :

« Après les avoir éclairés par les songes de la nuit, la Sagesse descendit elle-même, en “ effluve de la puissance de Dieu, une émanation toute pure de la gloire du Tout-Puissant ” et se fit Parole pour la femme stérile. Moi, le Christ, le petit-fils d’Anne, qui voyais désormais s’approcher le temps de la rédemption par la Parole – près de cinquante ans plus tard –, j’accomplirai des miracles sur les personnes stériles ou malades, possédées, affligées, sur toutes les misères de la terre.

En attendant, tout à la joie d’avoir une mère, je murmure une parole cachée dans l’ombre du Temple qui renfermait les espérances d’Israël, ce Temple qui atteignait désormais la fin de son existence puisqu’un Temple nouveau et véritable allait appa­raître sur la terre, un Temple qui ne renfermerait plus les espérances d’un peuple, mais l’assurance du Paradis pour la population de la terre entière, pour les siècles des siècles jusqu’à la fin du monde. Et cette Parole accomplit ce miracle de rendre fécond le sein stérile. Elle me donne une mère qui n’avait pas seulement une perfection naturelle, comme ce devait être le cas en naissant de deux saints ; elle n’allait pas avoir seulement une âme bonne comme beaucoup d’autres, pas seulement un développement continu de cette bonté grâce aux excellentes dispositions de sa volonté, pas seulement un corps immaculé : seule entre toutes les créatures, elle eut une âme immaculée.

4.6 Tu as vu la génération continuelle des âmes par Dieu. Imagine donc quelle devait être la beauté de cette âme que le Père avait désirée dès avant l’existence du temps, de cette âme qui faisait les délices de la Trinité qui brûlait de l’orner de ses dons pour s’en faire don à elle-même. Ô femme toute sainte que Dieu créa pour lui-même et, en second lieu, pour le salut des hommes ! Parce que tu devais porter le Sauveur, tu fus l’origine du salut. Paradis vivant, par ton sourire tu as commencé à sanctifier la terre.

L’âme créée pour être celle de la Mère de Dieu ! Lorsque cette étincelle de vie jaillit d’un tressaillement vivant de l’Amour trinitaire, les anges en éprouvèrent une joie extraordinaire, car jamais le Paradis n’avait vu une lumière aussi vive. Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres et dont le feu était si puissant que le péché originel ne put l’atteindre, elle traversa les espaces et alla s’enfermer dans un sein sanctifié.

Sans le savoir encore, la terre possédait sa fleur, la vraie, la fleur unique qui fleurit éternellement : lys et rose, violette et jasmin, hélianthe et cyclamen réunis, et avec eux toutes les fleurs de la terre fondues en une seule Fleur, Marie, en qui s’unissent toutes vertus et toutes grâces.

En avril, la terre de Palestine ressemblait à un immense jardin où parfums et couleurs faisaient les délices du coeur des hommes. Mais la plus belle rose était encore ignorée. Déjà elle fleurissait pour Dieu dans le secret du sein maternel, car ma mère aima dès le premier instant de sa conception. C’est seulement au moment où la vigne donne son sang pour qu’on en fasse du vin, où l’odeur sucrée et forte du moût emplit les cours de ferme et les narines qu’elle allait sourire, d’abord à Dieu puis au monde, et dire avec son sourire innocent : “ Voilà, la Vigne est parmi vous, la Vigne qui vous donnera la Grappe destinée à être foulée au pressoir pour devenir le remède éternel de votre mal. ”

J’ai dit : “ Ma Mère aima dès le premier instant de sa conception. ” Qu’est-ce qui donne à l’esprit lumière et connaissance ? La grâce. Qu’est-ce qui la fait disparaître ? Le péché originel et le péché mortel. Marie, l’Immaculée, ne fut jamais privée du souvenir de Dieu, de sa proximité, de son amour, de sa lumière, de sa sagesse. Il s’ensuit qu’elle put comprendre et aimer quand elle n’était encore qu’une chair qui se formait autour d’une âme immaculée qui continuait à aimer.

4.7 Plus tard, je te ferai contempler en esprit la profondeur de la virginité de Marie. Tu en éprouveras un vertige céleste comme lorsque je t’ai fait considérer notre éternité. En attendant, considère comment le fait de porter en son sein un être exempt de la faute originelle – qui prive de Dieu – peut procurer à sa mère qui l’a seulement conçu naturellement, humainement, une intelligence supérieure et en fait un prophète : le prophète de sa fille, qu’elle appelle “ Fille de Dieu ”. Imagine également ce qu’il en aurait été si vos premiers parents innocents avaient engendré des enfants innocents, selon la volonté de Dieu.

Voilà, ô hommes qui prétendez approcher du “ surhomme ” mais qui, par vos vices, approchez uniquement du “ super démon ”, quel était le moyen d’arriver au “ surhomme ” : vous aviez là le moyen d’échapper à l’influence néfaste de Satan pour laisser à Dieu l’administration de la vie, de la connaissance, du bien, sans rien désirer de plus – et c’était à peine moins que l’infini – que ce que Dieu vous avait donné, pour pouvoir engendrer, en une continuelle évolution vers la perfection, des enfants qui soient physiquement des hommes et spirituellement des fils de l’Intelligence ; ils auraient ainsi été triomphants, c’est-à-dire forts, des géants contre Satan, qui aurait été cloué à terre des milliers de siècles avant l’heure où il le sera, et avec lui tout le mal qui est en lui. »

Annotation

« Après les avoir éclairés par les songes de la nuit, la Sagesse descendit elle-même, en “ effluve de la puissance de Dieu, une émanation toute pure de la gloire du Tout-Puissant ” et se fit Parole pour la femme stérile. Extrait du livre de la Sagesse.

Livre de la Sagesse 7, 25

Sg 7, 25 : Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire du Tout-puissant; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle.

Seule entre toutes les créatures, elle eut une âme immaculée. Cf. Le Dogme de l'Immaculée Conception proclamée le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX dans la constitution apostolique Ineffabilis Deus. La proclamation dogmatique est en fin de document

Tu as vu la génération continuelle des âmes par Dieu. Dans la vision du 25 mai 1944. Voir Les cahiers de 1944.

Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. Dans l'ancienne édition, il est écrit : Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui était le souffle de Dieu, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. A propos de la partie "Souffle de Dieu" (alito di Dio). L'expression a été corrigée par Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. Dans un premier temps, elle avait écrit "Partie de Dieu" (parte di Dio).

Marie, en qui s’unissent toutes vertus et toutes grâces. "Marie, plaine de grâces". À rapprocher de ce qu'indique St Alphonse de Liguori :"Selon saint Bernardin, tous les dons, toutes les vertus et toutes les grâces, sont dispensés par les mains de Marie, à qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut." (Saint Alphonse-Marie de Liguori, Les Gloires de Marie, chapitre 5).

En avril, la terre de Palestine ressemblait à un immense jardin où parfums et couleurs faisaient les délices du cœur des hommes. Mais la plus belle rose était encore ignorée. Déjà elle fleurissait pour Dieu dans le secret du sein maternel. En avril, Marie était conçue depuis 4 mois

C’est seulement au moment où la vigne donne son sang pour qu’on en fasse du vin, où l’odeur sucrée et forte du moût emplit les cours de ferme et les narines qu’elle allait sourire, d’abord à Dieu puis au monde, Confirmation que la naissance de Marie eut lieu en septembre (voir le EMV 5).

EMV 4.6 · Tome 1, p. 31-32

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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4.6 Tu as vu la génération continuelle des âmes par Dieu. Imagine donc quelle devait être la beauté de cette âme que le Père avait désirée dès avant l’existence du temps, de cette âme qui faisait les délices de la Trinité qui brûlait de l’orner de ses dons pour s’en faire don à elle-même. Ô femme toute sainte que Dieu créa pour lui-même et, en second lieu, pour le salut des hommes ! Parce que tu devais porter le Sauveur, tu fus l’origine du salut. Paradis vivant, par ton sourire tu as commencé à sanctifier la terre.

L’âme créée pour être celle de la Mère de Dieu ! Lorsque cette étincelle de vie jaillit d’un tressaillement vivant de l’Amour trinitaire, les anges en éprouvèrent une joie extraordinaire, car jamais le Paradis n’avait vu une lumière aussi vive. Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres et dont le feu était si puissant que le péché originel ne put l’atteindre, elle traversa les espaces et alla s’enfermer dans un sein sanctifié.

Détail

Ce passage montre que Marie est bien créée à l'instant T, il y a 2000 ans (elle n'est pas créé de toute éternité bien qu'elle soit éternellement dans la pensée de Dieu).

Annotation

Tu as vu la génération continuelle des âmes par Dieu. Dans la vision du 25 mai 1944. Voir Les cahiers de 1944.

Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. Dans l'ancienne édition, il est écrit : Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui était le souffle de Dieu, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. A propos de la partie "Souffle de Dieu" (alito di Dio). L'expression a été corrigée par Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. Dans un premier temps, elle avait écrit "Partie de Dieu" (parte di Dio).

EMV 4.6 · Tome 1, p. 32

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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C’est seulement au moment où la vigne donne son sang pour qu’on en fasse du vin, où l’odeur sucrée et forte du moût emplit les cours de ferme et les narines qu’elle allait sourire, d’abord à Dieu puis au monde.

Détail

Jésus parle de sa Mère et de sa naissance.

Annotation

Confirmation que la naissance de Marie eut lieu en septembre (voir le EMV 5).

EMV 5.1-6 · Tome 1, p. 33-39

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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5.1 Je vois Anne sortir du jardin potager. Elle s’appuie au bras d’une parente, sûrement, parce qu’elle lui ressemble. Elle est bien grosse et paraît fatiguée, peut-être aussi sous l’effet de la chaleur, toute pareille à celle qui m’accable.

Le jardin a beau être ombragé, l’air est brûlant, torride. Un air à couper au couteau comme une pâte molle et chaude tant il est lourd, sous un ciel impitoyable d’un bleu que la poussière en suspension dans l’air assombrit légèrement. La sécheresse doit s’être installée depuis longtemps car la terre, là où elle n’est pas irriguée, est littéralement réduite en une très fine poussière presque blanche, d’un blanc qui tend un peu vers le rose sale. En revanche, l’arrosage la rend marron-rouge foncé au pied des plantes ou le long des courtes plates-bandes où poussent des rangs de légumes et autour des rosiers, jasmins et autres fleurs et fleurettes, qui se trouvent surtout devant et le long d’une belle tonnelle qui coupe en deux le verger jusqu’à la lisière des champs d’avoine moissonnés. Même l’herbe du pré qui marque l’extrémité de la propriété est sèche et rare. Ce n’est qu’à la limite, là où se trouve une haie d’aubépine sauvage déjà toute parsemée des rubis de ses petits fruits que l’herbe est plus verte et touffue ; il y a là des brebis et leur petit berger, en quête de pâture et d’ombre.

Joachim se tient autour des rangées de légumes et d’oliviers. Deux hommes sont là pour l’aider. Malgré son âge, il est alerte et a plaisir à travailler. Ils sont en train d’ouvrir de petites rigoles au bord d’un champ pour amener de l’eau aux plantes assoiffées ; et l’eau se fraye un chemin en gargouillant entre l’herbe et la terre sèche, elle forme des boucles qui paraissent un moment être d’un jaune cristallin puis ne sont plus que des cercles sombres de terre humide autour des ceps et des oliviers lourds de fruits.

Anne se dirige lentement vers Joachim en passant par la tonnelle ombragée sous laquelle des abeilles d’or bourdonnent, avides du suc des grains de raisin blonds. A sa vue, il se hâte d’aller à sa rencontre.

« Tu es venue jusqu’ici ?

– La maison est chaude comme un four.

– Et tu en souffres...

– C’est l’unique souffrance de mes derniers moments de grossesse. Elle est commune à tous, hommes et bêtes. Ne reste pas trop à la chaleur, Joachim.

– L’eau, qu’on espère depuis si longtemps et qui semblait proche depuis trois jours, n’est pas encore venue et la campagne brûle. Heureusement que nous avons près d’ici une source au débit si abondant. J’ai ouvert les canaux. C’est un faible soulagement pour les plantes, dont les feuilles sont fanées et couvertes de poussière, mais cela servira à les garder en vie. S’il pouvait pleuvoir... »

Joachim scrute le ciel avec l’anxiété de tout cultivateur, tandis qu’Anne, fatiguée, s’évente à l’aide d’un éventail fait d’une feuille sèche de palmier entrelacée de fils multicolores qui lui donnent sa rigidité.

La parente dit :

« Là-bas, des nuages rapides apparaissent au-delà du grand Hermon. Le vent vient du nord, il rafraîchira. Peut-être donnera-t-il de l’eau.

– Cela fait trois jours qu’il se lève, mais qu’il tombe au lever de la lune. Ce sera encore la même chose. »

Joachim est découragé.

« Retournons à la maison, dit Anne. Ici, c’est irrespirable, et je pense qu’il vaut mieux rentrer. »

Une pâleur qui a envahi son visage lui donne un teint encore plus olivâtre.

5.2 « Tu souffres ?

– Non. Mais j’éprouve cette grande paix que j’ai ressentie au Temple quand la grâce de la maternité m’a été accordée et de nouveau quand j’ai su que j’allais être mère. Cela res­semble à une extase, une douce somnolence du corps alors que l’esprit jubile et entre dans une paix à laquelle rien n’est humainement comparable. Je t’ai aimé, Joachim, et lorsque je suis entrée dans ta maison et que je me suis dit : “ Je suis l’épouse d’un juste ”, j’ai éprouvé cette paix, et encore toutes les fois que ton amour prévenant prenait soin de ton Anne. Mais cette paix-ci est différente. Tu vois, je crois que cette paix ressemble à celle qui, à la manière de l’huile que l’on étend et qui apaise les douleurs, devait envahir l’âme de Jacob, notre père, après son songe des anges. Si je m’y plonge, elle ne cesse d’augmenter à mesure que je la savoure... C’est comme si je m’élevais dans l’azur du ciel... Et, j’ignore pourquoi, depuis que cette joie paisible est en moi, un cantique naît en mon coeur, celui du vieux Tobie. Il me semble qu’il a été écrit pour cette heure... pour cette joie... pour la terre d’Israël qui la reçoit... pour Jérusalem pécheresse et désormais pardonnée... mais – ne riez pas des délires d’une mère – quand je dis : “ Remercie dignement le Seigneur et bénis le Roi des siècles pour qu’en toi son Temple soit rebâti dans la joie ”, je pense que celui qui rebâtira à Jérusalem le Temple du vrai Dieu sera cet être sur le point de naître... Et je pense encore que ce n’est plus de la Cité sainte, mais de mon enfant que le destin a prophétisé quand le cantique dit : “ Tu brilleras d’une vive lumière, tous les peuples de la terre se prosterneront devant toi, les nations viendront vers toi et t’apporteront des présents, ils adoreront en toi le Seigneur et considèreront ta terre comme sainte parce que, en toi, elles invoqueront le saint Nom. ” “ Alors tu exulteras et tu te réjouiras sur les fils des justes, car ils seront tous rassemblés et ils béniront le Seigneur des siècles. Bienheureux ceux qui t’aiment ! Heureux ceux qui se réjouiront de ta paix ! ” »

A ces mots, Anne change de couleur et resplendit comme un être éclairé par la lune puis par un grand feu et vice-versa. De douces larmes coulent sur ses joues, mais elle ne s’en rend même pas compte et sourit, tout à sa joie. Tout en parlant, elle se dirige vers la maison entre son époux et sa parente, qui l’écoutent en silence, gagnés par l’émotion.

5.3 Ils se hâtent, car les nuages, poussés par un vent violent, courent et s’accumulent dans le ciel ; la plaine s’assombrit et frissonne, annonçant l’orage. A peine sont-ils arrivés au seuil de la maison qu’un premier éclair bleuâtre déchire le ciel ; le grondement d’un premier coup de tonnerre rappelle le roulement d’une grosse caisse qui se mêle aux arpèges des premières gouttes sur les feuilles brûlées.

Tout le monde rentre et Anne se retire pendant que, sur le seuil, Joachim, rejoint par ses serviteurs, parle de cette eau tant attendue, qui est bénédiction pour la terre desséchée. Mais la joie fait place à la crainte parce qu’un orage d’une violence inouïe survient, accompagné d’éclairs et de nuages chargés de grêle.

« Si le nuage éclate, le raisin et les olives seront broyés comme sous la meule. Pauvres de nous ! »

Mais une autre angoisse saisit ensuite Joachim, cette fois pour son épouse pour qui le moment est venu de mettre son enfant au monde. Sa parente a beau l’assurer qu’Anne ne souffre pas du tout, il reste anxieux. Chaque fois que sa parente ou quelque autre femme – au nombre desquelles la mère d’Alphée – sortent de la chambre d’Anne pour y retourner avec de l’eau chaude, des bassins et des linges séchés au feu, qui crépite joyeusement sur le foyer central d’une grande cuisine, Joachim leur demande des nouvelles ; mais quoi qu’elles disent pour le rassurer, il ne se tranquillise pas. Même le fait qu’Anne ne crie pas le préoccupe : « Je suis un homme, dit-il, et je n’ai jamais assisté à un accouchement. Mais je me souviens avoir entendu dire que l’absence de douleurs est mauvais signe... »

Le jour baisse plus tôt que d’habitude à cause de la tempête, qui est d’une violence extraordinaire : torrents d’eau, vent, éclairs, il y a de tout, hormis la grêle qui est allée s’abattre ailleurs.

Un des serviteurs remarque cette violence et déclare :

« On dirait que Satan est sorti de la Géhenne avec ses démons. Regarde ces nuages noirs ! Sens l’odeur de soufre de l’air, écoute ces sifflements sinistres, ces cris de lamentation et de malédiction. Si c’est bien lui, il est furieux ce soir ! »

L’autre serviteur rit et répond :

« Une grande proie lui aura échappé, ou bien Michel l’aura frappé d’un nouveau coup de foudre de Dieu et il en a les cornes et la queue coupées et brûlées. »

Une femme passe en courant et s’écrie :

« Joachim ! Il va naître ! Tout a été facile et heureux ! », et elle disparaît avec une petite amphore dans les mains.

5.4 L’orage tombe brusquement, après un dernier coup de foudre si violent qu’il jette les trois hommes contre les murs ; et sur le devant de la maison, il laisse en souvenir un trou noir et fumant dans le sol du jardin. Cependant un vagissement traverse la porte d’Anne, pareil à la plainte d’une tourterelle qui, pour la pre­mière fois, ne piaille plus mais roucoule. Au même moment, un immense arc-en-ciel se déploie en demi-cercle sur toute la voûte céleste. Il sort ou du moins paraît sortir du sommet de l’Hermon qui, sous la caresse du soleil, semble d’une couleur d’albâtre d’un blanc rosé des plus délicats. Il s’élève au plus haut d’un ciel de septembre très clair, traverse des étendues vierges de toute impureté, survole les collines de Galilée et la plaine qui apparaît au sud entre deux figuiers, puis encore un autre mont, et paraît poser son extrémité au bout de l’horizon, là où une chaîne de montagnes abruptes bouche la vue.

« Quel spectacle inouï !

– Regardez, regardez !

– Il semble encercler toute la terre d’Israël, mais voyez, voilà une étoile alors que le soleil n’est pas encore disparu. Et quelle étoile ! Elle brille comme un énorme diamant !

– Et là, c’est la pleine lune alors qu’il manque encore trois jours pour y arriver. Mais, regardez, quelle splendeur ! »

5.5 Les femmes surviennent, toutes joyeuses, tenant un poupon rose dans des linges blancs.

C’est Marie, la Mère de Jésus ! Une Marie toute petite qui pourrait dormir dans les bras d’un enfant, une Marie pas plus longue que le bras, une petite tête d’ivoire teinté de rose pâle et des lèvres rouges qui déjà ne pleurent plus, mais tentent instinctivement de téter, si petites qu’on ne voit pas comment elles pourront saisir l’extrémité du sein, un petit bout de nez entre deux bonnes joues bien rondes ; et quand on la chatouille pour lui faire ouvrir les yeux, deux morceaux de ciel apparaissent, deux points bleus et innocents qui regardent sans voir, entre de fins cils d’un blond presque rose à force d’être blond. Sur sa petite tête ronde, les cheveux eux-mêmes ont la teinte rose-blond de certains miels ambrés.

Pour oreilles, deux petites coquilles roses et transpa­rentes, parfaites. Et comme mains... qu’est-ce que ces deux petites choses qui s’agitent en l’air puis vont à la bouche ? Fermées, comme en ce moment, elles ressemblent à deux boutons d’églantine qui ont fendu les sépales verts et présentent leur soie de rose pâle ; ouvertes, comme maintenant, on dirait deux joyaux d’ivoire ou d’albâtre à peine rosés, avec cinq ongles grenat clair. Comment feront donc ces mains pour essuyer tant de larmes ?

Quant aux pieds... où sont-ils ? Pour l’instant, ce ne sont que deux petits petons cachés dans les langes. Mais voilà que la parente s’assied et les découvre... Oh, les petits pieds ! Ils ont quatre centimètres de long, leur plante est une coquille couleur de corail, le dessus en est une autre couleur de neige veinée de bleu, les orteils sont des chefs-d’oeuvre de sculpture lillipu­tienne, couronnés eux aussi de petites écailles grenat clair. Comment trouvera-t-on des sandalettes quand ces pieds de poupée feront leurs premiers pas ? Comment se tenir debout sur de si petits pieds ? Et comment permettront-ils de faire un chemin si rude et de soutenir une telle douleur sous une croix ?

Mais aujourd’hui, on l’ignore encore, et on rit, on sourit en regardant s’agiter et gigoter de belles jambettes bien tournées, des cuisses minuscules potelées au point de faire des fossettes et des replis, un petit ventre, une nuque renversée en arrière, un petit thorax parfait. Sous la soie blanche, on voit le mouvement de la respiration et si, comme l’heureux père le fait maintenant, on y pose la bouche pour faire un bisou, on entend sûrement y battre un petit coeur..., le plus beau que la terre ait porté au cours des siècles, l’unique coeur humain immaculé.

Et le dos ? On la retourne, et on peut voir la courbure de ses reins, puis ses épaules potelées et sa nuque rose ; elle a déjà de la force car voilà que la petite tête se lève sur l’arc des minuscules vertèbres : on dirait la tête d’un oiseau qui scrute le monde nouveau qu’il découvre ; elle pousse un petit cri pour protester qu’on la montre ainsi aux yeux de plusieurs personnes, elle, la toute-pure et chaste, elle qu’aucun homme ne verra plus jamais nue, la toute vierge, sainte et immaculée. Recouvrez, recouvrez ce bouton de lys qui ne s’ouvrira jamais sur terre, mais qui produira une Fleur plus belle encore qu’elle, tout en restant bourgeon. Ce n’est qu’au Ciel que le lys du Dieu trine ouvrira tous ses pétales car il n’existe plus, là-haut, aucune poussière de faute susceptible de profaner involontairement cette pureté. Car il faudra accueillir là-haut, à la vue du Ciel entier, le Dieu trine qui, dans quelques années à peine, habitera en elle, Père, Fils et Epoux.

La voilà de nouveau enveloppée de linges et dans les bras de son père de la terre, à qui elle ressemble. Pas maintenant. Pour le moment, elle n’est qu’une ébauche d’être humain. Je veux dire qu’elle lui ressemblera une fois devenue femme. Elle n’a rien de sa mère. De son père, elle tient la couleur de la peau et des yeux, et sûrement aussi des cheveux qui, s’ils sont blancs aujourd’hui, devraient être blonds, comme l’indiquent les sourcils. Elle a les traits de son père, en plus parfait et plus fin puisqu’elle est femme, et cette femme-là. Elle en a encore le sourire, le regard, les gestes et la taille. En pensant à Jésus, comme je le vois, je trouve qu’Anne a donné sa taille à son petit-fils ainsi que son teint plus ivoire foncé. En revanche, si Marie n’a pas la prestance d’Anne – un grand palmier souple –, elle a la grâce de son père.

5.6 Les femmes, qui parlent encore de l’orage et du prodige de la lune, de l’étoile, de l’immense arc-en-ciel, entrent avec Joachim dans la chambre de l’heureuse mère et lui rendent son bébé.

Anne sourit à ses pensées :

« C’est l’étoile, dit-elle. Son signe est dans le ciel. Marie, arc-en-ciel de paix ! Marie, mon étoile ! Marie, lune pure ! Marie, notre perle !

– Tu l’appelles Marie ?

– Oui. Marie, étoile, perle, lumière, paix...

– Mais ce nom veut aussi dire amertume... Tu n’as pas peur que cela lui porte malheur ?

– Dieu est avec elle. Elle est à lui avant même d’exister. Il la conduira sur ses sentiers et toute amertume se changera en miel paradisiaque. Maintenant, tu es chez ta maman... dans peu de temps, tu seras toute à Dieu. »

Et la vision s’achève sur le premier sommeil d’Anne mère et de Marie son enfant.

Annotation

Quatre villages se disputaient la gloire de la naissance de Marie : Séphoris, Nazareth, Bethléem et Jérusalem. L'Évangile de la Nativité de Marie dit positivement de la Vierge Marie : In civitate Nazareth nata. Saint Fulbert de Chartres cite cette opinion et n'y contredit pas. C'est l'opinion la plus commune de l'Église romaine, tandis que la tradition orientale indique plutôt Jérusalem.

Un ciel de septembre. Selon les indications du EMV 4.2, Marie a été conçue lors de la fête de la Lumière (Hanoukka). Cette fête, selon les années, tombe début décembre. Neuf mois après correspond bien au début septembre. En Orient, selon ce qu'avait décrété l'empereur Maurice (582 + 602), le synaxaire (recueil de la vie des saints) de Constantinople marquait au 8 septembre la Nativité de Marie.

Maintenant, tu es chez ta maman... dans peu de temps, tu seras toute à Dieu. Anne consacrera sa fille au Seigneur : Marie ira au Temple dès l'âge de trois ans.

EMV 5.5 · Tome 1, p. 37-39

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

5.5 Les femmes surviennent, toutes joyeuses, tenant un poupon rose dans des linges blancs.

C’est Marie, la Mère de Jésus ! Une Marie toute petite qui pourrait dormir dans les bras d’un enfant, une Marie pas plus longue que le bras, une petite tête d’ivoire teinté de rose pâle et des lèvres rouges qui déjà ne pleurent plus, mais tentent instinctivement de téter, si petites qu’on ne voit pas comment elles pourront saisir l’extrémité du sein, un petit bout de nez entre deux bonnes joues bien rondes ; et quand on la chatouille pour lui faire ouvrir les yeux, deux morceaux de ciel apparaissent, deux points bleus et innocents qui regardent sans voir, entre de fins cils d’un blond presque rose à force d’être blond. Sur sa petite tête ronde, les cheveux eux-mêmes ont la teinte rose-blond de certains miels ambrés.

Pour oreilles, deux petites coquilles roses et transpa­rentes, parfaites. Et comme mains... qu’est-ce que ces deux petites choses qui s’agitent en l’air puis vont à la bouche ? Fermées, comme en ce moment, elles ressemblent à deux boutons d’églantine qui ont fendu les sépales verts et présentent leur soie de rose pâle ; ouvertes, comme maintenant, on dirait deux joyaux d’ivoire ou d’albâtre à peine rosés, avec cinq ongles grenat clair. Comment feront donc ces mains pour essuyer tant de larmes ?

Quant aux pieds... où sont-ils ? Pour l’instant, ce ne sont que deux petits petons cachés dans les langes. Mais voilà que la parente s’assied et les découvre... Oh, les petits pieds ! Ils ont quatre centimètres de long, leur plante est une coquille couleur de corail, le dessus en est une autre couleur de neige veinée de bleu, les orteils sont des chefs-d’oeuvre de sculpture lillipu­tienne, couronnés eux aussi de petites écailles grenat clair. Comment trouvera-t-on des sandalettes quand ces pieds de poupée feront leurs premiers pas ? Comment se tenir debout sur de si petits pieds ? Et comment permettront-ils de faire un chemin si rude et de soutenir une telle douleur sous une croix ?

Mais aujourd’hui, on l’ignore encore, et on rit, on sourit en regardant s’agiter et gigoter de belles jambettes bien tournées, des cuisses minuscules potelées au point de faire des fossettes et des replis, un petit ventre, une nuque renversée en arrière, un petit thorax parfait. Sous la soie blanche, on voit le mouvement de la respiration et si, comme l’heureux père le fait maintenant, on y pose la bouche pour faire un bisou, on entend sûrement y battre un petit coeur..., le plus beau que la terre ait porté au cours des siècles, l’unique coeur humain immaculé.

Et le dos ? On la retourne, et on peut voir la courbure de ses reins, puis ses épaules potelées et sa nuque rose ; elle a déjà de la force car voilà que la petite tête se lève sur l’arc des minuscules vertèbres : on dirait la tête d’un oiseau qui scrute le monde nouveau qu’il découvre ; elle pousse un petit cri pour protester qu’on la montre ainsi aux yeux de plusieurs personnes, elle, la toute-pure et chaste, elle qu’aucun homme ne verra plus jamais nue, la toute vierge, sainte et immaculée. Recouvrez, recouvrez ce bouton de lys qui ne s’ouvrira jamais sur terre, mais qui produira une Fleur plus belle encore qu’elle, tout en restant bourgeon. Ce n’est qu’au Ciel que le lys du Dieu trine ouvrira tous ses pétales car il n’existe plus, là-haut, aucune poussière de faute susceptible de profaner involontairement cette pureté. Car il faudra accueillir là-haut, à la vue du Ciel entier, le Dieu trine qui, dans quelques années à peine, habitera en elle, Père, Fils et Epoux.

La voilà de nouveau enveloppée de linges et dans les bras de son père de la terre, à qui elle ressemble. Pas maintenant. Pour le moment, elle n’est qu’une ébauche d’être humain. Je veux dire qu’elle lui ressemblera une fois devenue femme. Elle n’a rien de sa mère. De son père, elle tient la couleur de la peau et des yeux, et sûrement aussi des cheveux qui, s’ils sont blancs aujourd’hui, devraient être blonds, comme l’indiquent les sourcils. Elle a les traits de son père, en plus parfait et plus fin puisqu’elle est femme, et cette femme-là. Elle en a encore le sourire, le regard, les gestes et la taille. En pensant à Jésus, comme je le vois, je trouve qu’Anne a donné sa taille à son petit-fils ainsi que son teint plus ivoire foncé. En revanche, si Marie n’a pas la prestance d’Anne – un grand palmier souple –, elle a la grâce de son père.

Détail

Description de Marie qui vient tout juste de naître.

EMV 5.6 · Tome 1, p. 39

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« C’est l’étoile, dit-elle. Son signe est dans le ciel. Marie, arc-en-ciel de paix ! Marie, mon étoile ! Marie, lune pure ! Marie, notre perle !

– Tu l’appelles Marie ?

– Oui. Marie, étoile, perle, lumière, paix...

– Mais ce nom veut aussi dire amertume... Tu n’as pas peur que cela lui porte malheur ?

– Dieu est avec elle. Elle est à lui avant même d’exister. Il la conduira sur ses sentiers et toute amertume se changera en miel paradisiaque. Maintenant, tu es chez ta maman... dans peu de temps, tu seras toute à Dieu. »

Détail

Le choix du prénom de Marie. C'est Anne, sa mère, qui parle.