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Marie-Madeleine (Marie de Magdala ou Marie de Béthanie)

Thème : Personnages riches, influents ou puissants · Page 2 sur 3

Confort de lecture

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EMV 135 · Tome 2, p. 406 à 416

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus arrive à Béthanie. Une Romaine voit le groupe et s'éloigne, méprisante. Lazare arrive et croit que c'est à cause de la présence de sa soeur pécheresse que Lazare ne vient pas chez lui. Marthe pense de même. Jésus doit les apaiser. Il demande ensuite à son ami quelle a été la réaction du Sanhédrin suite à la mort de Doras, et ceux-ci ont une haine encore plus prononcée pour le Maître. Ils voient des ombres là où Lui n'est que Lumière. Jésus dit alors à Lazare qu'il a parlé à des pécheresses pour leur apporter la Miséricorde, car c'est son droit et son désir. Le frère de Marthe l'approuve. Ils parlent brièvement d'une Romaine méprisante qui est venue vivre à Béthanie. Le Christ dit de laisser faire car il travaille avec tout le monde jusqu'à ce que vienne le tri final des âmes. Puis, il fait un discours et parle des hommes riches, voire méchants qui n'ont pas de repos. Comme Marie-Madeleine est présente, il parle de ces âmes qui ont vécu une vie de péchés, qui recherchent ensuite Dieu et son Amour.

EMV 135.1-3 · Tome 2, p. 407-409

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Jésus voit alors un serviteur de Lazare, en sentinelle. Celui-ci le salue profondément et demande la permission de signaler son arrivée à son maître. Dès qu’il l’a obtenue, il s’en va rapidement.

(...)

135.2 Survient Maximin, qui précède Lazare de quelques mètres.

« Maître... Simon m’a dit que... que tu vas chez lui... C’est une douleur pour Lazare... mais ça se comprend...

– Nous en parlerons plus tard. Oh ! Mon ami ! »

Jésus s’approche vivement de Lazare qui semble embarrassé, et il l’embrasse sur la joue. Ils sont arrivés, entre-temps, à une petite maison qui se trouve entre d’autres vergers et celui de Lazare.

« Alors, c’est bien chez Simon que tu veux aller ?

– Oui, mon ami. J’ai avec moi tous mes disciples et je trouve que cela vaut mieux... »

Lazare regrette cette décision, mais ne réplique pas. Il se tourne seulement vers la petite foule qui le suit et dit :

« Allez. Le Maître a besoin de repos. »

Je vois par là à quel point Lazare est influent. Tout le monde s’incline à ses paroles et se retire, pendant que Jésus leur adresse son doux salut :

« Paix à vous. Je vous ferai savoir quand je prêcherai.

– Maître, lui dit Lazare, maintenant qu’ils sont seuls – les disciples les suivent de quelques mètres en arrière, et discutent avec Maximin –, Maître... Marthe est tout en larmes. C’est pour cela qu’elle n’est pas venue, mais elle viendra plus tard. Pour moi, je ne pleure qu’au fond de mon coeur. Mais nous disons : c’est juste. Si nous avions pensé qu’elle venait... Mais elle ne vient jamais pour les fêtes... Mais... quand vient-elle ?... Moi je dis que c’est le démon qui aujourd’hui l’a poussée ici.

– Le démon ? Et pourquoi pas son ange gardien sur ordre de Dieu ? Mais, tu dois me croire, même si elle n’avait pas été là, je serais allé dans la maison de Simon.

– Pourquoi, mon Seigneur ? N’as-tu pas trouvé de paix dans ma maison ?

– Une telle paix que, après Nazareth, c’est l’endroit qui m’est le plus cher. Mais réponds-moi : pourquoi m’as-tu dit : “ Quitte la Belle Eau ” ? C’est pour le piège qu’on y prépare, n’est-ce pas ? C’est pourquoi je vais sur les terres de Lazare, mais je ne mets pas Lazare en danger d’être insulté dans sa maison. Tu crois qu’ils te respecteraient ? Pour me fouler aux pieds, ils passeraient même sur l’Arche sainte... Laisse-moi faire. Pour l’instant, du moins. J’aviserai plus tard. Du reste, rien ne m’empêche de prendre mes repas chez toi et rien n’empêche que tu viennes chez moi. Mais fais en sorte qu’on dise : “ Il est dans la maison de l’un de ses disciples. ”

– Et moi, ne le suis-je pas ?

– Tu es l’ami : c’est être plus que disciple pour ce qui est de l’affection. Ce n’est pas la même chose pour les méchants. Laisse-moi faire, Lazare : cette maison t’appartient... mais ce n’est pas ta mai­son, la belle et riche demeure du fils de Théophile. Et, pour les pédants, cela a beaucoup d’importance.

– Tu dis cela... mais c’est parce que... c’est à cause d’elle, voilà. J’allais me décider à lui pardonner... mais, si elle t’éloigne, pardi, je la haïrai...

– Et tu me perdras tout à fait. Abandonne cette pensée immédiatement ou tu me perds tout de suite... 135.3 Voici Marthe. Paix à toi, ma douce hôtesse.

– Oh ! Seigneur ! »

Marthe pleure à genoux. Elle a baissé le voile posé sur sa coiffure en forme de diadème, pour ne pas trop faire voir ses pleurs aux étrangers. Mais elle ne pense pas à les cacher à Jésus.

« Pourquoi ces larmes ? En vérité, tu les gâches ! Il y a bien des raisons de pleurer et de faire des larmes un objet précieux. Mais pleurer pour cette raison-ci ! Oh, Marthe ! Il me semble que tu ne sais plus qui je suis ! De l’homme, tu le sais, je n’ai que le vêtement. Mon coeur et ses battements sont divins. Allons, lève-toi et viens à la maison... quant à elle... laissez-la faire. Même si elle venait se moquer, laissez-la faire, je vous le dis. Ce n’est pas elle. C’est celui qui la tient qui en fait un instrument de trouble. Mais il y a ici Quelqu’un de plus fort que son maître. Maintenant, la lutte se passe directement entre lui et moi. Pour vous, priez, pardonnez, patientez et croyez. Rien d’autre. »

Détail

Marie-Madeleine (non convertie) est à Béthanie. Marthe et Lazare croient donc que Jésus ne vient pas dans la maison de son ami à cause d'elle. Le Seigneur doit les rassurer et leur dire que ce n'est pas pour cela qu'il agit ainsi. Il est revenu à Béthanie pour éviter le piège des pharisiens, et il va chez Simon pour ne pas que Lazare soit insulté dans sa propre maison. Bien sûr, cela ne l'empêchera pas d'aller prendre les repas à Béthanie

EMV 135.4 · Tome 2, p. 410-411

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Citation

« J’ai parlé à des Romains, à des pécheresses... Oui. A des pécheresses, Lazare. Ne me regarde pas d’un air si effrayé... L’une d’elle vient toujours m’écouter. Elle habite dans une étable que lui a donnée ton régisseur, à ma demande, car, pour rester près de moi, elle demeurait dans un refuge pour les porcs... »

La stupeur paralyse Lazare. Il reste immobile. Il regarde Jésus comme s’il voyait quelqu’un que son étrangeté rend incompréhensible.

Jésus le secoue en souriant.

« Tu as vu Mammon ? demande-t-il.

– Non... C’est la Miséricorde que j’ai vue. Mais... mais moi, je le comprends. Eux, ceux du Conseil, non. Et ils disent que c’est péché. C’est donc vrai ! Je croyais... Ah ! Qu’as-tu fait ?

– C’est mon devoir, mon droit, mon désir : chercher à racheter une âme qui est tombée. Tu vois donc que ta soeur ne sera pas la première fange que j’approche et sur laquelle je me penche. Et elle ne sera pas la dernière. C’est sur la boue que je veux semer les fleurs et les faire pousser : les fleurs du bien.

– Oh ! Dieu ! Mon Dieu !... Mais... Ah ! Mon Maître, tu as raison. C’est ton droit, c’est ton devoir, c’est ton désir. Mais les hyènes ne le comprennent pas. Eux, ils sont des charognes tellement puantes qu’ils ne sentent, ne peuvent sentir l’odeur des lys. Et même là où les lys fleurissent, eux, les puissantes charognes, flairent l’odeur du péché. Ils ne comprennent pas que c’est de leur propre cloaque que provient cette odeur... »

Détail

Jésus et Lazare parlent du Sanhédrin qui cherchent à l'accuser et Jésus raconte qu'ils ont déjà trouvé un prétexte, puisqu'il a parlé à des pécheresses.

EMV 135.6-8 · Tome 2, p. 413-416

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

135.6 … La vision reprend lorsque Jésus revient sur la terrasse pour parler aux habitants de Béthanie et des localités voisines, accourus pour l’entendre.

« Paix à vous.

Quand bien même je me tairais, les vents de Dieu vous apporteraient les paroles de mon amour et de la rancœur d’autrui. Je sais que vous êtes en effervescence, car la raison de ma présence parmi vous ne vous est pas inconnue. Mais ce ne doit être qu’une manifestation joyeuse, et bénissez avec moi le Seigneur qui utilise le mal pour réjouir ses enfants, ramenant par l’aiguillon du mal son Agneau parmi les agneaux pour le mettre à l’abri des loups.

Voyez comme le Seigneur est bon. A l’endroit où j’étais, sont arrivés, comme des eaux à la mer, un fleuve et une rivière. Un fleuve de douceur affectueuse, une rivière de brûlante amertume. Le premier, c’était votre amour, depuis Lazare et Marthe jusqu’au bout du pays ; la rivière, c’était la hargne injuste de gens qui, ne pouvant venir vers le Bien qui les invite, accusent le Bien d’être le Crime. Et le fleuve disait : “ Reviens, reviens parmi nous. Que nos eaux t’entourent, t’isolent, te défendent. Qu’elles te donnent tout ce que te refuse le monde ! ” La rivière empoisonnée était menaçante et voulait tuer par son poison. Mais qu’est-ce qu’une rivière devant un fleuve, et qu’est-elle devant la mer ? Rien. Le poison de la rivière a été réduit à rien car le fleuve de votre amour l’a annihilé, et dans la mer de mon amour ne s’est jetée que la douceur de votre amour. Mieux, il a fait naître un bien : il m’a ramené vers vous. Bénissons-en le Très-Haut. »

Puissante, la voix de Jésus se répand dans l’air calme et silencieux. Jésus, très beau dans la lumière du soleil, sourit avec des gestes tranquilles du haut de la terrasse. En bas, les gens l’é­coutent, pleins de joie : c’est une floraison de visages levés vers lui qui s’épanouissent au son de sa voix harmonieuse. Lazare se tient auprès de Jésus, de même que Simon et Jean. Les autres sont dispersés dans la foule. Marthe elle aussi monte sur la terrasse et s’assied par terre aux pieds de Jésus. Elle regarde vers sa maison que l’on aperçoit par-delà le verger.

« Le monde appartient aux méchants. Le Paradis appartient aux bons. C’est la vérité et la promesse. C’est sur elles que s’appuient notre force et notre assurance. Le monde passe. Le Paradis ne passe pas. Celui qui le conquiert par sa bonté en jouit éternellement. Alors pourquoi se troubler devant les actes des méchants ? Vous rappelez-vous les lamentations de Job ? Ce sont les éternelles lamentations des bons que l’on opprime. Car la chair gémit, mais elle ne devrait pas gémir, et plus on la foule aux pieds, plus les ailes de l’âme devraient s’élever dans la joie du Seigneur.

Croyez-vous qu’ils soient heureux, ceux qui le paraissent parce qu’ils possèdent – licitement ou plutôt illicitement – des monceaux de blé, des cuves toutes pleines, et des outres remplies d’huile ? Non. Ils sentent le goût du sang et des larmes d’autrui dans toute leur nourriture, et leur lit leur paraît hérissé de ronces tellement ils y sont dévorés par leurs remords. Ils volent les pauvres et dépouillent les orphelins, pillent le prochain pour toujours amasser, ils oppriment ceux qui sont moins puissants et moins pervers qu’eux. Peu importe. Laissez-les faire. Leur royaume est de ce monde. Et à leur mort, que leur restera-t-il ? Rien. A moins qu’on ne veuille appeler trésor le fardeau des fautes qu’ils portent avec eux et avec lequel ils se présenteront à Dieu. Laissez-les faire. Ce sont les fils des ténèbres, révoltés contre la Lumière, et ils ne peuvent suivre ses sentiers lumineux. Quand Dieu fait briller l’Etoile du matin, ils l’appellent ombre mortelle et la croient contaminée. Ils préfèrent cheminer à la lueur ténébreuse de leur or et de leur haine qui ne luisent que parce que les réalités infernales ont la brillante phosphorescence des lacs de perdition. »

135.7 « Ma sœur, Jésus… oh ! »

Lazare découvre Marie qui se glisse derrière une haie du verger de son frère pour arriver le plus près possible. Elle marche courbée, mais sa tête blonde brille comme de l’or sur le fond du buis vert foncé.

Marthe va se lever. Mais Jésus lui pose une main sur la tête, et elle doit rester où elle est. Jésus hausse encore la voix.

« Que dire de ces malheureux ? Dieu leur a donné le temps de faire pénitence et ils en abusent pour pécher. Mais le Seigneur ne les perd pas de vue, même quand il semble le faire. Un moment vient où, comme la foudre qui brise même le roc, l’amour de Dieu brise leur cœur dur, ou bien encore l’accumulation de leurs fautes fait monter jusqu’à leur gueule et leurs narines la marée de leur fange. Ils ressentent alors – oh oui, ils ressentent enfin ! – le dégoût de cette saveur et de cette puanteur qui répugne aux autres et qui remplit leur cœur. Alors vient un moment où ils en ont la nausée et il s’élève en eux un commencement de désir de faire le bien.

L’âme s’écrie alors : “ Et qui m’aidera à revenir au temps de ma jeunesse, quand mon âme était dans l’amitié de Dieu ? Quand sa lumière brillait dans mon cœur et que je marchais dans son rayonnement ? Quand, devant ma justice, le monde se taisait, plein d’admiration, et que quiconque me voyait proclamait mon bonheur ? Le monde buvait mon sourire, on accueillait mes paroles comme celles d’un ange et le cœur de mes proches tressaillait de fierté dans leur poitrine. Et maintenant que suis-je devenue ? Objet de railleries pour les jeunes, d’horreur pour les vieux. Je suis l’objet de leurs moqueries et ils me crachent leur mépris au visage. ” Oui, c’est ainsi que parle à certaines heures l’âme des pécheurs, des vrais Job, car il n’y a pas de misère plus grande que celle-là, la misère de celui qui a perdu pour toujours l’amitié de Dieu et son Royaume. Et elle doit faire pitié, seulement pitié.

Ce sont des âmes qui, par désœuvrement ou par étourderie, ont perdu l’éternel Epoux. “ La nuit, dans mon lit, je cherchais l’amour de mon âme et ne le trouvais pas. ” En effet, dans les ténèbres, on ne peut distinguer l’époux, et l’âme, aiguillonnée par l’amour, inconsciente parce qu’elle est environnée par la nuit spirituelle, cherche et veut trouver un rafraîchissement à son tourment. Elle croit le trouver dans un amour quelconque. Non. Il n’y a qu’un amour pour l’âme : Dieu. Elles errent, ces âmes que l’amour de Dieu aiguillonne, à la recherche de l’amour. Il suffirait qu’elles veuillent en elles la lumière et elles auraient l’Amour pour époux. Elles errent, comme des malades, cherchant à tâtons l’amour, et elles rencontrent tous les amours, toutes les choses dégoûtantes auxquelles l’homme a donné ce nom, mais elles ne trouvent pas l’Amour ; car l’Amour, c’est Dieu et non pas l’or, la jouissance, le pouvoir.

Pauvres, pauvres âmes ! Si elles étaient moins paresseuses, elles se seraient levées au premier appel de l’Epoux éternel pour aller vers Dieu qui appelle : “ Suis-moi ”, vers Dieu qui dit : “ Ouvre-moi ”, de sorte qu’elles ne seraient pas allées ouvrir la porte avec l’élan de leur amour réveillé quand l’Epoux déçu est déjà loin. Disparu… Et elles n’auraient pas profané cet élan saint d’un besoin d’aimer dans une boue qui dégoûte l’animal immonde tant elle est saumâtre et couverte de ronces, et celles-ci n’étaient pas des fleurs mais seulement des aiguilles qui la déchirent au lieu de la couronner. Elles n’auraient pas connu le mépris des gardes de service, de tous les gens qui, comme Dieu mais pour des motifs opposés, ne perdent pas de vue le pécheur et le montrent du doigt pour le tourner en dérision et le critiquer.

Pauvres âmes frappées, dépouillées, blessées par tout le monde ! Seul Dieu ne s’unit pas à cette lapidation de mépris sans pitié.

Mais il fait tomber ses larmes pour guérir ses blessures et revêtir sa créature d’un vêtement qui brille comme le diamant. C’est toujours sa créature… Dieu seul… et avec le Père, les enfants de Dieu. Bénissons le Seigneur. Il a voulu que, pour les pécheurs, je doive revenir ici pour vous dire : “ Pardonnez, pardonnez toujours. Faites sortir de tout mal un bien, de toute offense une grâce. ” Je ne vous dis pas seulement “ faites-le ”, je vous dis : répétez mon geste. J’aime, et je bénis mes ennemis puisque, grâce à eux, j’ai pu revenir vers vous, mes amis.

La paix soit sur vous tous. »

Les gens agitent des voiles et des rameaux en l’honneur de Jésus et puis s’éloignent tout doucement.

135.8 « L’auront-ils vue, cette impudente ?

– Non, Lazare. Elle était derrière la haie, bien cachée. Nous pouvions la voir d’ici, de la terrasse. Pas les autres.

– Elle nous avait promis de…

– Pourquoi ne devait-elle pas venir ? N’est-elle pas une fille d’Abraham, elle aussi ? Je veux que vous, mes frères, et vous aussi, mes disciples, vous promettiez de ne pas lui faire de réflexions. Laissez-la faire. Elle se moquera de moi ? Laissez-la faire. Elle pleurera ? Laissez-la faire. Elle voudra rester ? Laissez-la faire. Elle voudra fuir ? Laissez-la faire. C’est le secret du Rédempteur et des rédempteurs : faire preuve de patience, de bonté, de constance et prier. Rien d’autre. Tout geste est de trop pour certaines maladies… Adieu, mes amis. Je reste pour prier. Quant à vous, que chacun aille remplir sa tâche. Et que Dieu vous accompagne. »

Détail

Lazare et Marthe écoutent la prédication de Jésus, qui est revenu à Béthanie à cause de l'hostilité du Sanhédrin. Durant le discours de Jésus, Marie-Madeleine s'invite, ce qui agite la famille de Béthanie.

EMV 136.2-3 · Tome 2, p. 417-419

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

136.2 Simon le Zélote le rejoint :

« Maître, Lazare te prie de venir. Tout est prêt.

– Allons. Et qu’ainsi tombe aussi le dernier doute qu’ils me seraient moins chers à cause de Marie.

– Quel chagrin, Maître ! Seul quelque secret miracle de toi a pu guérir cette douleur. Mais ne sais-tu pas que Lazare a été près de fuir lorsque, à leur retour, elle est sortie de la maison en disant qu’elle abandonnait les tombeaux pour la joie... et d’autres insolences ? Marthe et moi l’avons conjuré de n’en rien faire, aussi parce que... on ne connaît jamais la réaction d’un coeur. S’il l’avait trouvée, je crois qu’il l’aurait punie une fois pour toutes. Ils auraient voulu au moins le silence de sa part à ton sujet...

– Et un miracle immédiat de ma part pour elle. J’aurais pu le faire, mais je ne veux pas de résurrection forcée dans les coeurs. Je forcerai la mort, et elle me rendra sa proie, car je suis le Maître de la mort et de la vie. Mais quand il s’agit des âmes, ce n’est pas une matière inanimée et sans vie, mais ce sont des essences immortelles capables de se redresser par leur propre volonté, si bien que je ne force pas leur résurrection. J’adresse le premier appel et je fournis la première aide, comme quelqu’un qui ouvrirait un tombeau où l’on aurait enfermé une personne encore vivante. Elle y mourrait à la longue si elle restait dans ces ténèbres asphyxiantes, mais j’y laisse entrer l’air et la lumière... et puis j’attends. Si l’âme a la volonté d’en sortir, elle sort. Si elle ne le veut pas, elle s’enténèbre encore plus et s’ensevelit. Mais si elle sort !... Ah ! Si elle sort, en vérité je te dis que personne ne sera plus grand que cette âme ressuscitée ! Seule l’innocence absolue est plus grande que ce mort qui redevient vivant par la force de son propre amour et pour la joie de Dieu... Ce sont là mes plus grands triomphes !

Regarde le ciel, Simon. Tu y vois des étoiles plus ou moins grandes, et des planètes de différentes tailles. Toutes possèdent vie et splendeur grâce à Dieu qui les a faites, mais toutes n’ont pas la même splendeur et la même taille. Dans mon Ciel, également, il en sera ainsi. Tous les rachetés posséderont par moi la vie, et par ma lumière la splendeur. Mais tous n’auront pas une égale splendeur, une égale grandeur. Certains ne seront qu’une simple poussière d’astres, comme celle qui compose la voie lactée. Ceux-là seront les innombrables qui, du Christ, auront eu ou plutôt auront aspiré le minimum indispensable pour n’être pas damnés, et qui parviendront au Ciel uniquement grâce à l’infinie miséricorde de Dieu, après un long purgatoire. D’autres seront plus brillants et plus formés : ce seront les justes qui auront uni leur volonté – note bien, leur volonté, pas leur bonne volonté – à la volonté du Christ et auront obéi à mes paroles pour ne pas être damnés. Puis il y aura les planètes, les volontés bonnes, oh ! D’une splendeur inouïe ! Leur éclat sera celui du diamant pur ou celui des gemmes de diverses couleurs : le rouge du rubis, le violet de l’améthyste, le blond de la topaze, la blancheur éclatante des perles : ceux qui auront fait preuve d’amour jusqu’à en mourir, ceux qui auront embrassé la pénitence par amour, ceux qui auront agi par amour, ceux qui par amour seront restés sans tache.

De plus, parmi ceux que représentent ces planètes – et ce seront mes gloires de Rédempteur –, certains auront en eux la lumière du rubis, de l’améthyste, de la topaze et de la perle parce que tout en eux sera amour. Ils se seront montrés héroïques pour arriver à se faire pardonner de n’avoir pas su aimer plus tôt, pénitents pour s’imprégner d’expiation, de même qu’Esther, avant de se présenter à Assuérus, s’imprégna de parfums, infatigables pour faire en peu de temps – le peu de temps qui leur reste – ce qu’ils n’ont pas fait au cours des années qu’ils ont perdues dans le péché, purs jusqu’à l’héroïsme pour oublier jusque dans leurs entrailles – pas seulement en leur âme et pensée – que leurs sens existent. Ce seront eux qui attireront par leur splendeur multiforme les yeux des croyants, des purs, des pénitents, des martyrs, des héros, des ascètes, des pécheurs et pour chacune de ces catégories, leur splendeur sera parole, réponse, invitation, assurance…

136.3 Mais allons-y. Nous parlons et, là-bas, on nous attend…

– C’est que, lorsque tu parles, on oublie d’être des vivants. Puis-je dire tout cela à Lazare ? Il me semble qu’il y a là une promesse…

– Tu dois le lui dire. La parole de l’ami peut se poser sur leur bles­sure et ils ne rougiront pas d’avoir rougi devant moi…

Détail

Lazare aurait voulu un miracle immédiat pour Marie, mais Jésus ne force pas la résurrection des cours.

EMV 136.3.4 · Tome 2, p. 419 et p. 420-421

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Nous t’avons fait attendre, Marthe. Mais je parlais à Simon des étoiles et nous avons oublié toutes ces lumières. Vraiment ta maison est un firmament, ce soir...

– C’est non seulement pour nous et les serviteurs que nous avons fait de telles illuminations, mais aussi pour toi et pour tes amis, nos hôtes. Merci d’être venu pour la dernière soirée. C’est maintenant la vraie fête, de la Purification, justement... »

Marthe voudrait en dire plus, mais elle sent les larmes qui lui montent aux yeux, et elle se tait.

« Paix à vous tous » dit Jésus, en entrant dans l’atrium où brillent des dizaines de lampes d’argent toutes allumées et disposées un peu partout.

Lazare s’avance, souriant :

« Paix et bénédiction à toi, Maître, et nombreuses années de sainte félicité. »

Ils s’embrassent.

(...) 136.4 Tout le monde entre dans la salle du banquet. Ici, la plupart des lampes sont en or. Le métal est avivé par la lueur de la lumière et la lumière semble plus brillante, réfléchie par tant d’or. La table a été disposée en U pour faire place à tant de convives et pour faciliter le travail des trancheurs et des serveurs. En plus de Lazare, il y a les apôtres, les bergers et Maximin, le vieux serviteur de Simon.

Marthe surveille la répartition des places et voudrait rester debout. Mais Jésus s’y oppose :

« Aujourd’hui, tu n’es pas l’hôtesse : tu es la soeur, et tu prends place avec moi comme si nous étions du même sang. Nous sommes une famille. Les règles tombent pour laisser la place à l’amour. Ici, à côté de moi, et près de toi Jean. Moi avec Lazare. Mais donnez-moi une lampe. Qu’entre Marthe et moi, une lumière veille... une flamme, pour celles qui sont absentes, mais présentes à notre esprit. Pour celles que nous aimons, que nous attendons, pour les femmes qui nous sont chères mais loin d’ici. Pour toutes. La flamme a des paroles lumineuses, l’amour a des mots enflammés, et elles vont loin, ces paroles, sur les ondes immatérielles des âmes qui se retrouvent toujours, au-delà des monts et des mers, et apportent baisers et bénédictions... Elles apportent tout. N’est-ce pas vrai ? »

Marthe pose la lampe là où Jésus le veut, à une place qui reste vide... et Marthe, comprenant son intention, se penche pour embrasser la main de Jésus qui la pose sur sa tête brune, la bénissant et la réconfortant.

Détail

Marthe souffre de l'absence de Marie-Madeleine (qui est partie, en prétendant quitter les "tombeaux" pour aller retrouver ses "joies"). Voir 136.2

EMV 157.9 · Tome 2, p. 529

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Citation

157.1 Jésus est encore à Nazareth, chez lui, ou plutôt dans son ancien atelier de charpentier.

Avec lui se trouvent les douze apôtres, plus Marie, Marie, mère de Jacques et de Jude, Salomé, Suzanne et, chose nouvelle, Marthe. Une Marthe bien affligée, avec sous les yeux des marques évidentes de larmes. Une Marthe dépaysée, intimidée d’être ainsi seule, auprès d’autres personnes et surtout auprès de la Mère du Seigneur. Marie cherche à lui faire prendre contact avec les autres et à faire disparaître cette impression de malaise dont elle la voit souffrir. Mais ses caresses semblent plutôt gonfler le coeur de la pauvre Marthe. Rougeurs et grosses larmes alternent sous le voile qu’elle tient baissé sur sa douleur et son malaise. (...)

[Jésus parle aux femmes-disciples, puis les congédie. Il dit alors à Marthe :]

« Toi, Marthe, reste. J’ai déjà parlé à ton serviteur. Aujourd’hui ce n’est pas Béthanie qui offre l’hospitalité, mais la petite maison de Jésus. Viens. Tu dîneras à côté de Marie et tu dormiras dans la petite chambre auprès de la sienne. L’esprit de Joseph, notre réconfort, te réconfortera pendant que tu reposeras. Et demain, tu retourneras à Béthanie plus forte et plus assurée, pour préparer là aussi des femmes disciples, en attendant celle qui nous est la plus chère, à toi comme à moi. Ne doute pas, Marthe, je ne promets jamais en vain. Mais, pour transformer un désert grouillant de serpents en bosquet du paradis, cela demande du temps… Le premier travail ne se voit pas. On a l’impression que rien ne se fait. Mais la semence est déjà déposée. Les semences. Toutes. Ensuite viendront les larmes, et ce sera la pluie qui les fait éclore… Et les bons arbres fleuriront… Viens !… Ne pleure plus ! »

Détail

Jésus dit à Marthe, qui est à Nazareth et qui pleure :

EMV 158.4 · Tome 2, 532-533

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Mais, tu parlais de l’une de tes amies romaines ...

– Oui, c’est une amie intime de Claudia, je crois même qu’elles sont parentes. Elle voudrait parler avec toi ou, du moins, t’en­tendre parler. Et ce n’est pas la seule. Maintenant que tu as guéri la petite fille de Valéria – la nouvelle s’en est transmise en un éclair –, elles le désirent encore plus vivement. Au banquet de l’autre soir, on a beaucoup parlé, pour et contre toi. Il y avait en effet des hérodiens et des sadducéens... même s’ils le nieraient si on le leur demandait... Il y avait aussi des femmes... riches et... et pas honnêtes. Il y avait... – cela me déplaît de le dire parce que je te sais ami de son frère – Marie de Magdala, avec son nouvel ami et une autre femme, grecque je crois, et de moeurs aussi libres qu’elle. Tu sais... chez les païens, les femmes sont à table avec les hommes et c’est très... très... Quel ennui ! Par gentillesse, mon amie m’avait choisi pour compagnon mon propre époux, ce qui m’avait beaucoup soulagée. Mais les autres... oh !... Eh bien... on parlait de toi, car le miracle sur Faustina a fait du bruit. Et si les romains ad­mirent en toi le grand médecin ou le mage – pardonne-moi, Seigneur – les hérodiens et les sadducéens jetaient du venin sur ton nom, et Marie, oh ! Marie ! Quelle horreur !... Elle a commencé par la dérision et puis ... Non, cela, je ne veux pas te le dire. J’en ai pleuré toute la nuit...

– Laisse-la faire. Elle guérira.

– Mais elle se porte bien, tu sais...

– Physiquement, oui. Le reste est tout intoxiqué. Elle guérira.

– Tu le dis... »

EMV 174.11-15 · Tome 3, p. 135-141

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Citation

174.11 Jésus me dit :

« Regarde et écris. C’est l’Evangile de la miséricorde que je donne à tous et spécialement à ceux qui se reconnaîtront dans la pécheresse et que j’invite à suivre dans sa rédemption.

Jésus, debout sur un rocher, parle à une foule nombreuse. C’est un endroit montagneux : une colline solitaire entre deux vallées. Le sommet de la colline est en forme de joug ou, plus précisément, en forme de bosse de chameau, de sorte qu’à peu de mètres de son sommet elle offre un amphithéâtre naturel où la voix résonne avec netteté comme dans une salle de concert à la parfaite acoustique.

Cette colline n’est qu’une fleur. Ce doit être la belle saison. Les moissons des plaines commencent à prendre une couleur blonde et seront bientôt prêtes pour la faux. Au nord, une haute montagne resplendit de tout son névé sous le soleil. Juste au-dessous, à l’orient, la mer de Galilée ressemble à un miroir brisé dont les innombrables éclats ont l’air de saphirs embrasés par le soleil. Elle éblouit par son scintillement bleu et or sur lequel ne se reflètent que quelques nuages floconneux qui traversent un ciel très pur et les ombres mobiles de quelques voiles. Ce doit être encore les premières heures de la matinée, car l’herbe de la montagne montre encore de-ci de-là quelques diamants de rosée parmi les plantes. Au-delà du lac de Génésareth, on voit des plaines éloignées qui, sous l’effet d’une légère brume – peut-être la rosée qui s’évapore –, semblent prolonger le lac, mais en prenant comme des teintes d’opale veinée de vert, et plus loin encore une chaîne de montagnes dont la côte très capricieuse fait penser à quelque dessin de nuages sur un ciel serein.

Dans la foule, certains sont assis sur l’herbe ou sur des pierres, d’autres se tiennent debout. Le collège apostolique n’est pas au complet. Je vois Pierre et André, Jean et Jacques, et j’entends qu’on appelle les deux autres Nathanaël et Philippe. Puis il y en a un autre qui est ou qui n’est pas dans le groupe. C’est peut-être le dernier arrivé : ils l’appellent Simon. Les autres ne sont pas là, à moins que je ne les distingue pas au milieu de la foule nombreuse. Le discours est déjà commencé depuis un moment. Je comprends qu’il s’agit du sermon sur la montagne. Mais les Béatitudes sont déjà énoncées. Je dirais même que le discours approche de sa fin, car Jésus dit :

« Faites cela et vous en serez grandement récompensés, car le Père qui est aux Cieux est miséricordieux à l’égard des bons et il sait rendre au centuple. C’est pourquoi je vous dis… »

174.12 Un grand mouvement se produit dans la foule qui se presse vers le sentier conduisant au plateau. Les gens les plus proches de Jésus se retournent. L’attention se détourne. Jésus cesse de parler et tourne les yeux dans la même direction que les autres. Il est sérieux et beau dans son vêtement bleu foncé, les bras croisés sur la poitrine ; le soleil effleure son visage par le premier rayon qui passe au-dessus du flanc oriental de la colline.

« Faites place, plébéiens, crie une voix d’homme en colère. Faites place à la beauté qui passe »… quatre jolis cœurs tout pomponnés s’avancent ; l’un est certainement un romain car il porte la toge. Sur leurs mains croisées pour faire un siège, ils portent en triomphe Marie de Magdala, encore grande pécheresse.

Elle rit de sa très belle bouche, et rejette en arrière sa tête à la chevelure d’or tout en tresses et boucles retenues par des épingles précieuses et par une lame d’or parsemée de perles qui lui enserre le haut du front comme un diadème et d’où descendent de légères boucles pour voiler ses yeux superbes rendus encore plus grands et plus séduisants par un savant artifice. Ce diadème disparaît ensuite derrière les oreilles sous la masse des tresses qui retombent sur un cou très blanc et entièrement découvert. Et même… le découvert va bien au-delà du cou. Ses épaules sont dénudées jusqu’aux omoplates et sa poitrine beaucoup plus encore. Son vêtement est retenu aux épaules par deux chaînettes d’or. Les manches sont inexistantes. Le tout est recouvert – si l’on peut dire – d’un voile qui sert uniquement à mettre la peau à l’abri du bronzage. Ce vêtement est très léger et quand la femme se jette, comme elle fait par cajolerie, sur l’un ou l’autre de ses adorateurs, elle semble se jeter nue sur eux. J’ai l’impression que le Romain est son préféré, car c’est à lui que sourires et coups d’œil s’adressent de préférence, et il reçoit plus souvent sa tête sur son épaule.

« Voilà, la déesse est satisfaite, dit le Romain. Rome a servi de monture à la nouvelle Vénus et c’est là que se trouve l’Apollon que tu as voulu voir. Charme-le donc… mais laisse-nous aussi quelques bribes de tes charmes. »

Marie éclate de rire et se jette à terre d’un mouvement agile et provocant, découvrant des pieds chaussés de sandales blanches avec des fibules d’or et une grande partie de la jambe. Puis couvrant le tout, son vêtement est très ample, fait de laine fine comme le voile et très blanche, retenu à la taille mais très bas, à la hauteur des hanches, par une ceinture à boucles d’or dénouées. Et la femme se dresse comme une fleur de chair, une fleur impure, éclose par quelque sortilège sur le plateau vert où se trouvent quantité de muguets et de narcisses sauvages.

Elle est belle plus que jamais. Sa petite bouche pourpre ressemble à un œillet qui se détache sur la blancheur d’une denture parfaite. Son visage et son corps pourraient satisfaire le peintre ou le sculpteur le plus difficile tant pour les teintes que pour les formes. Large de poitrine avec des hanches bien proportionnées et une taille naturellement souple et fine en comparaison de la poitrine et des hanches, on dirait une déesse – comme l’a dit le romain –, une déesse sculptée dans un marbre légèrement rosé sur lequel l’étoffe légère se tend sur les côtés pour retomber ensuite en plis nombreux sur le devant. Tout est étudié pour plaire.

Jésus la regarde fixement, et elle soutient effrontément son regard en riant et en se retournant légèrement à cause des chatouilles que le romain lui fait en passant sur ses épaules et sur son sein découverts un brin de muguet cueilli dans l’herbe. Marie, avec un courroux étudié et faux, relève son voile en disant : « Respecte ma pureté », ce qui fait éclater les quatre hommes d’un rire bruyant.

Jésus continue de la fixer. Quand le bruit des éclats de rire s’atténue, comme si l’apparition de la femme avait rallumé la flamme du discours qui s’éteignait, Jésus reprend la parole et ne la regarde plus. Il revient à ses auditeurs, qui paraissent agités et scandalisés par l’événement.

174.13 Jésus reprend :

« J’ai dit d’être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d’ai­mer non seulement ses frères nés de mêmes parents, mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu’ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu’il vaut mieux compatir qu’être inexorable. Mais maintenant je vous dis qu’on ne doit pas condamner si on n’est pas soi-même exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et ne peut souiller que l’extérieur, mais ils accueillent l’impureté en eux, au plus profond de leur cœur.

Dieu n’est pas avec les impurs, car l’impureté corrompt ce qui est la propriété de Dieu : les âmes, et surtout les âmes des petits qui sont des anges répandus sur la terre. Malheur à ceux qui leur arrachent les ailes avec une cruauté de fauves démoniaques et qui jettent dans la boue ces fleurs du Ciel en leur faisant connaître le goût de la matière ! Malheur !… Il vaudrait mieux qu’ils meurent brûlés par la foudre plutôt que d’en arriver à un tel péché !

Malheur à vous, riches et jouisseurs ! Car c’est justement parmi vous que fermente la plus grande impureté à laquelle l’oisiveté et l’argent servent de lit et d’oreiller ! Actuellement, vous êtes repus. La nourriture des concupiscences vous monte jusqu’à la gorge et vous étrangle. Mais vous aurez faim, une faim redoutable que rien ne rassasiera ni n’adoucira pendant l’éternité. Actuellement, vous êtes riches. Que de bien vous pourriez faire par votre richesse ! Mais vous en faites un mal pour vous comme pour les autres. Vous connaîtrez une pauvreté atroce un jour, lequel n’aura pas de fin. Actuellement, vous riez. Vous vous prenez pour des triomphateurs. Mais vos larmes rempliront les étangs de la Géhenne et elles ne s’arrêteront plus.

Où se niche l’adultère ? Où se niche la corruption des jeunes filles ? Chez celui qui, en plus de son lit d’époux, a deux ou trois lits de débauche sur lesquels il répand son argent et la vigueur d’un corps que Dieu lui a donné sain pour travailler pour sa propre famille, et non pour qu’il s’épuise en ébats écœurants qui l’abaissent plus qu’une bête immonde.

Vous avez appris qu’il a été dit : “ Ne commets pas l’adultère. ” Mais moi, je vous dis que celui qui aura regardé une femme avec concupiscence, que celle qui est allée vers un homme avec un désir impur, a déjà commis l’adultère en son cœur, par ce simple fait. Aucune raison ne justifie la fornication. Aucune. Ni l’abandon et la répudiation d’un mari. Ni la pitié envers une femme répudiée. Vous n’avez qu’une seule âme. Quand elle est engagée avec une autre par un pacte de fidélité, qu’elle ne mente pas, autrement ce beau corps avec lequel vous péchez ira avec vous, âmes impures, dans des flammes qui ne s’éteindront pas. Mutilez-le plutôt, mais ne le tuez pas pour toujours par la damnation. Redevenez des hommes, vous, les riches, cloaques pouilleux du vice, redevenez des hommes pour ne pas inspirer le dégoût au Ciel… »

174.14 Marie, au commencement, a écouté avec un visage qui était un poème de séduction et d’ironie, éclatant de temps à autre en rires méprisants. Sur la fin du discours elle devient rouge de colère. Elle comprend que, sans la regarder, c’est à elle que Jésus s’adresse. Sa colère s’enflamme toujours plus. Elle se révolte et, à la fin, n’y résiste plus. Arrogante, elle s’entoure de son voile et, suivie par les regards de la foule qui la méprise et par la voix de Jésus qui la poursuit, elle se sauve à toutes jambes sur la pente en abandonnant des lambeaux de vêtements aux chardons et aux églantiers au bord du sentier. Elle a un rire de rage et de mépris.

174.15 Jésus reprend :

« Cet événement vous indigne. Cela fait deux jours que notre refuge, bien au-dessus de la boue, est troublé par les sifflements de Satan. Ce n’est donc plus un refuge, et nous allons le quitter. Mais je veux terminer pour vous ce code du “ plus parfait ” devant cette ampleur de lumière et d’horizon. Ici, Dieu apparaît réellement dans sa majesté de Créateur et, à la vue de ses merveilles, nous pouvons croire fermement que le Maître, c’est lui et non pas Satan. Le Malin ne pourrait pas créer le moindre brin d’herbe. Mais Dieu peut tout. Que cela nous réconforte. Mais vous êtes maintenant tous au soleil. Et cela vous gêne. Dispersez-vous donc sur les pentes. Il y a de l’ombre et de la fraîcheur. Prenez votre repas, si vous voulez. Je vous parlerai du même sujet. Plusieurs raisons nous ont retardés. Mais ne le regrettez pas. Ici, vous êtes avec Dieu. »

La foule crie : « Oui, oui, avec toi », et les gens se dispersent sous les bosquets épars du côté de l’orient de façon que le versant de la colline et les branches les abritent d’un soleil déjà trop chaud.

Pendant ce temps, Jésus dit à Pierre de démonter la tente.

« Mais… nous partons réellement ?

– Oui.

– Parce qu’elle est venue, elle ?

– Oui, mais ne le dis à personne et surtout pas à Simon le Zélote. Il en serait peiné à cause de Lazare. Je ne puis permettre que la parole de Dieu soit exposée au mépris des païens…

– Je comprends, je comprends…

– Alors, comprends autre chose.

– Quoi, Maître ?

– La nécessité de se taire dans certains cas. Je me fie à toi. Tu m’es très cher, mais tu es aussi d’une impulsivité qui te pousse à faire des observations blessantes.

– Je comprends… tu ne veux pas à cause de Lazare et de Simon…

– Et pour d’autres aussi.

– Tu penses qu’il y en aura aujourd’hui ?

– Aujourd’hui, demain et après demain, toujours. Et il sera toujours nécessaire de surveiller l’impulsivité de mon Pierre. Va, va faire ce que je t’ai dit. »

Pierre s’éloigne, et appelle à l’aide ses compagnons.

Annotation

C'est l'Evangile de la Miséricorde : Il s'agit d'une série de visions données du 12 au 14 août 1944. Elles sont réparties entre ce chapitre et le chapitre EMV 183 de ce tome, ainsi qu'en EMV 233 et en partie en EMV 377. Jésus l'évoque en EMV 468.

Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu'il vaut mieux compatir que d'être inexorables. Jésus explique, en EMV 234.5, que cette phrase, noyée au milieu du discours, est dite spécialement à l'intention de Marie-Madeleine. 

EMV 183.2-5 · Tome 3, p. 199-202

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Des cris déchirants parviennent d’une riche demeure. Ce sont des voix de femmes et d’enfants et une voix de femme, très aiguë, qui crie :

« Mon fils ! Mon fils ! »

Jésus se retourne et regarde ses apôtres. Judas s’avance.

« Non, pas toi, ordonne Jésus. Toi, Matthieu. Va t’informer. »

Matthieu y va et revient :

« C’est une rixe, Maître. Il y a un homme mourant, un juif. Le meurtrier s’est échappé : c’était un romain. Sa femme, sa mère et ses petits enfants sont accourus… Mais il meurt.

– Allons-y.

– Maître… Maître… L’événement s’est produit dans la maison d’une femme… qui n’est pas son épouse.

– Allons-y. »

183.3 Ils entrent par la porte ouverte dans un large et long vestibule qui donne ensuite sur un beau jardin. La maison semble divisée par cette espèce de péristyle couvert qui abonde en plantes vertes dans des vases, en statues et en objets de marqueterie. C’est quelque chose d’intermédiaire entre une salle et une serre. Dans une pièce, dont la porte est ouverte sur le vestibule, se trouvent des femmes en pleurs. Jésus entre sans hésiter. Pourtant, il ne leur adresse pas sa salutation habituelle.

Parmi les hommes présents, il y a un marchand qui doit connaître Jésus car, à peine le voit-il qu’il dit :

« Le Rabbi de Nazareth ! »

Et il le salue respectueusement.

« Joseph, que s’est-il passé ?

– Maître, un coup de poignard au cœur… Il meurt.

– Pourquoi ? »

Une femme aux cheveux gris et défaits se lève – elle était à genoux près du mourant dont elle tenait une main déjà inerte – et, avec des yeux de folle, elle crie :

« A cause d’elle, à cause d’elle !… Elle me l’a rendu satanique… Plus de mère, plus d’épouse, plus d’enfants, plus rien ne comptait pour lui ! L’enfer doit te posséder, espèce de Satan ! »

Jésus lève les yeux en suivant la main tremblante qui accuse et il voit dans un coin, contre le mur rouge foncé, Marie de Magdala, plus provocante que jamais, vêtue, pour ainsi dire… de rien jusqu’à mi-corps, car elle est à moitié nue au-dessus de la taille, enveloppée d’une sorte de filet à mailles hexagonales avec des petites boules qui me paraissent être des perles. Mais elle est dans la pénombre et je ne distingue pas bien.

Jésus baisse de nouveau les yeux. Marie, blessée par son indifférence, se redresse alors qu’auparavant elle était comme accablée, et elle se donne une contenance.

« Femme, dit Jésus à la mère, pas d’imprécations. Réponds : pourquoi ton fils se trouvait-il dans cette maison ?

– Je te l’ai dit. Parce qu’elle l’avait rendu fou. Elle !

– Silence ! Lui aussi était donc en état de péché puisque adultère et père indigne de ces innocents. Il mérite donc son châtiment. En cette vie comme dans l’autre, il n’y a pas de miséricorde pour celui qui ne se repent pas. Mais j’ai pitié de ta douleur, femme, et de ces innocents.

183.4 Ta maison est loin ?

– Une centaine de mètres.

– Soulevez l’homme et portez-le là-bas.

– Ce n’est pas possible, Maître, dit le marchand Joseph. Il est sur le point de mourir.

– Fais ce que je te dis. »

Ils passent une planche sous le corps du moribond et le cortège sort lentement. Il traverse la rue et pénètre dans un jardin ombragé. Les femmes continuent de pleurer bruyamment.

Lorsqu’ils sont à l’intérieur du jardin, Jésus se tourne vers la mère :

« Peux-tu pardonner ? Si tu pardonnes, Dieu pardonne. Il faut se rendre le cœur bon pour obtenir grâce. Cet homme a péché et péchera encore. Pour lui, il vaudrait mieux mourir car en vivant il retombera dans le péché et, qui plus est, il lui faudra répondre de son ingratitude envers Dieu qui le sauve. Mais toi et ces innocents (il indique l’épouse et les enfants), vous tomberiez dans le désespoir. Je suis venu pour sauver et non pour perdre. Homme, je te le dis : lève-toi et sois guéri. »

L’homme reprend vie et ouvre les yeux. A la vue de sa mère, de ses enfants, de sa femme, il baisse la tête, honteux.

« Mon fils, mon fils ! Dit la mère. Tu étais mort s’il ne t’avait pas sauvé. Reviens à toi. Ne délire pas pour une… »

Jésus interrompt la vieille femme :

« Femme, tais-toi. Fais preuve de la même miséricorde que celle dont tu as profité. Ta maison est sanctifiée par le miracle, qui est toujours une preuve de la présence de Dieu. C’est pour cela que je n’ai pu l’accomplir dans la maison du péché. Toi, au moins, sache garder ta maison telle quelle, même si lui ne le sait pas. Soignez-le, maintenant. Il est juste qu’il souffre quelque peu. Sois bonne, femme. Et toi aussi. Vous aussi, les petits. Adieu. »

Jésus a posé la main sur la tête des deux femmes et des petits.

183.5 Puis il sort en passant devant Marie de Magdala, qui a suivi le cortège jusqu’au bout de la rue et est restée adossée à un arbre. Jésus ralentit comme pour attendre les disciples, mais je crois que c’est pour donner à Marie la possibilité de faire un geste. Mais elle ne le fait pas.

Les disciples rejoignent Jésus, et Pierre ne peut se retenir de lancer à Marie, entre les dents, une épithète appropriée. Pour se donner une contenance, elle éclate de rire, ce qui constitue pour elle un bien pauvre triomphe.

Mais Jésus a entendu le mot de Pierre. Il se retourne et lui dit sévèrement :

« Pierre, moi, je n’insulte pas. N’insulte donc pas. Prie pour les pécheurs. Rien d’autre. »

Marie cesse de rire, baisse la tête et s’enfuit comme une gazelle vers sa maison.

Détail

Cas d'adultère à Magdala.

Annotation

Ta maison est sanctifiée par le miracle, qui est toujours une preuve de la présence de Dieu. En EMV 234.4/5, Jésus revient longuement sur ce miracle et sur son contexte.