« C’est à moi que tu t’adresses ? C’est moi qui suis visé ?
– C’est toi, oui. Sors de ma maison.
– Je sors. Mais nous règlerons cela bientôt, n’en doute pas.
– Bientôt ? Tout de suite. Le Dieu du Sinaï, je te l’ai dit, t’attend.
– Toi aussi, malfaisant, qui as fait arriver sur moi le malheur et les animaux nuisibles de la terre. Nous nous reverrons. Et ce sera ma joie.
– Oui. Et tu ne voudras pas me revoir car c’est moi qui te jugerai.
– Ha ! Ha ! Maléd… »
Il se débat, gargouille quelques syllabes et tombe.
« Il est mort ! Crie le serviteur. Le maître est mort ! Béni sois-tu, Messie, notre vengeur !
– Non, pas moi, mais Dieu, le Seigneur éternel. Que personne ne se souille. Que le serviteur seul s’occupe de son maître. Et sois bon pour son corps. Soyez bons, vous tous, ses serviteurs. Ne vous réjouissez pas, par haine du mort, pour ne pas mériter une condamnation. Que Dieu et le juste Jonas soient toujours pour vous des amis et moi avec eux. Adieu.
– Mais il est mort par ta volonté ? demande Pierre.
– Non, mais le Père est entré en moi… C’est un mystère que tu ne peux comprendre. Sache seulement qu’il n’est pas permis de s’attaquer à Dieu. Il se venge lui-même.
– Dans ce cas, ne pourrais-tu pas demander au Père de faire mourir tous ceux qui te haïssent ?
– Tais-toi ! Tu ne sais pas de quel esprit tu es ! Je suis la Miséricorde et non la Vengeance. »