Aller au contenu

Notes du thème

Qui est la Vierge Marie ?

Page 4 sur 21

Confort de lecture

Aa

EMV 10.4 · Tome 1, p. 74-75

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

10.4 Je connais mon sort. La Loi séculaire d’Israël veut que toute jeune fille devienne une épouse, et toute épouse une mère. Mais, moi, sans désobéir à la Loi, j’obéis à la Voix qui me dit : “ Je te veux. ” Je suis vierge et je le resterai. Comment le pourrai-je ? Cette Présence douce, invisible, qui est avec moi m’y aidera, parce que c’est elle qui le désire. Je n’ai pas peur. Je n’ai plus ni père ni mère... et seul l’Eternel sait avec quelle douleur ce que j’avais d’humain s’est consumé : avec une douleur atroce. C’est donc à lui que j’obéis aveuglément. Je l’aurais même fait contre la volonté de mes parents, car la Voix m’apprend que celui qui veut la suivre doit passer outre la volonté de ses parents : certes, ils sont des gardes aimants sur le chemin de ronde des remparts qui protègent leur enfant et ils veulent les conduire au bonheur par leur chemin à eux... Mais ils ne savent pas qu’il existe d’autres chemins qui conduisent à une joie infinie... J’aurais abandonné vêtements et manteau pour suivre la Voix qui me dit : “ Viens, ma bien-aimée, mon épouse ! ” J’aurais tout quitté. Les perles de mes larmes – car j’aurais pleuré de devoir leur désobéir –, les rubis de mon sang – car j’aurais même défié la mort pour suivre la Voix qui appelle – leur auraient montré qu’il existe quelque chose de plus grand et de plus doux que l’amour d’un père et d’une mère : la voix de Dieu. Mais sa volonté m’a dégagée désormais des liens de la piété filiale. D’ailleurs, ils ne m’auraient pas retenue. C’étaient deux justes, et Dieu leur parlait certainement au fond du coeur comme il me parle. Ils auraient suivi le chemin de la justice et de la vérité. Quand je pense à eux, je les vois dans la paix de l’attente auprès des patriarches, et je hâte par mon sacrifice l’avènement du Messie qui leur ouvrira les portes du Ciel. C’est moi qui me dirige sur la terre, ou plutôt c’est Dieu qui dirige sa pauvre servante en lui dictant ses commandements. Et je les accomplis, parce que c’est là toute ma joie. Quand l’heure sera venue, je dirai à mon époux mon secret... et il l’accueillera.

– Mais, Marie... quels mots trouveras-tu pour le convaincre ? Tu auras contre toi l’amour d’un homme, la Loi et la vie.

– J’aurai Dieu avec moi... Dieu ouvrira le coeur de mon époux à la lumière... La vie perdra l’aiguillon des sens et deviendra une fleur qui exhalera le parfum de la charité.

Détail

Dans ce passage, Marie parle de son futur époux, qu'elle ne connaît pas encore.

EMV 10.4 · Tome 1, p. 74-75

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

J’obéis à la Voix qui me dit : “ Je te veux. ” Je suis vierge et je le resterai. Comment le pourrai-je ? Cette Présence douce, invisible, qui est avec moi m’y aidera, parce que c’est elle qui le désire. Je n’ai pas peur. Je n’ai plus ni père ni mère... et seul l’Eternel sait avec quelle douleur ce que j’avais d’humain s’est consumé : avec une douleur atroce. C’est donc à lui que j’obéis aveuglément. Je l’aurais même fait contre la volonté de mes parents, car la Voix m’apprend que celui qui veut la suivre doit passer outre la volonté de ses parents : certes, ils sont des gardes aimants sur le chemin de ronde des remparts qui protègent leur enfant et ils veulent les conduire au bonheur par leur chemin à eux... Mais ils ne savent pas qu’il existe d’autres chemins qui conduisent à une joie infinie... J’aurais abandonné vêtements et manteau pour suivre la Voix qui me dit : “ Viens, ma bien-aimée, mon épouse ! ” J’aurais tout quitté. Les perles de mes larmes – car j’aurais pleuré de devoir leur désobéir –, les rubis de mon sang – car j’aurais même défié la mort pour suivre la Voix qui appelle – leur auraient montré qu’il existe quelque chose de plus grand et de plus doux que l’amour d’un père et d’une mère : la voix de Dieu.

Détail

Marie parle à Anne de Phanuel et lui dit :

EMV 10.5 · Tome 1, p. 75-76

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

10.5 Quant à la Loi... Anne, ne me traite pas de blasphématrice, mais je pense que la Loi va bientôt changer. Qui le fera, puisqu’elle est divine ? Le seul qui en ait le pouvoir, c’est-à-dire Dieu. Je vous l’affirme, le temps est plus proche que vous ne l’imaginez. En lisant Daniel, une grande lumière s’est faite en moi ; elle me venait du fond du coeur, et mon intelligence a saisi le sens de ces paroles secrètes. Les soixante-dix semaines seront abrégées grâce aux prières des justes. Le nombre des années sera-t-il donc changé ? Non, la prophétie ne ment pas. Mais la mesure du temps prophétique ne se fonde pas sur la course du soleil, mais sur celle de la lune. C’est pourquoi je l’affirme : “ L’heure est proche où l’on entendra vagir le fils d’une vierge. ” Ah, si seulement cette Lumière qui m’aime voulait bien me dire – puisqu’elle me dit tant de choses – où se trouve l’heureuse vierge qui enfantera un fils à Dieu et le Messie à son peuple ! Je marcherais pieds nus et je parcourrais la terre, et rien ne m’arrêterait, ni le froid ni le gel, ni la poussière ni la canicule, ni les bêtes sauvages ni la faim, jusqu’à ce que je la trouve et lui dise : “ Accorde à ta servante et à la servante des serviteurs du Christ de vivre sous ton toit. Je tournerai la meule et le pressoir, mets-moi comme esclave à la meule, comme ber­gère à ton troupeau, mets-moi à laver les langes de ton Enfant, aux cuisines, aux fours... où tu voudras, mais accueille-moi. Que je le voie ! Que j’entende sa voix ! Que son regard se pose sur moi ! ” Et si elle ne veut pas de moi, je me ferai mendiante à sa porte et je vivrai d’aumônes et de railleries, je coucherai dehors sous la canicule pour entendre la voix du Messie enfant et l’écho de ses éclats de rire, ou simplement pour le voir passer... Un jour, peut-être recevrai-je de lui l’obole d’un pain... Ah, même si la faim me torturait l’estomac au point que je me sente défaillir après un si long jeûne, je ne mangerais pas de ce pain. Je le serrerais contre mon coeur comme un sachet de perles et je l’embrasserais pour sentir le parfum de la main du Christ ; je n’aurais plus ni faim ni froid, parce que ce contact me procurerait extase et chaleur, extase et nourriture...

Détail

Marie parle à Anne de Phanuel et lui dit :

Annotation

En lisant Daniel, une grande lumière s’est faite en moi ; elle me venait du fond du coeur, et mon intelligence a saisi le sens de ces paroles secrètes. Les soixante-dix semaines seront abrégées grâce aux prières des justes. Le nombre des années sera-t-il donc changé ? Non, la prophétie ne ment pas. Mais la mesure du temps prophétique ne se fonde pas sur la course du soleil, mais sur celle de la lune. C’est pourquoi je l’affirme : “ L’heure est proche où l’on entendra vagir le fils d’une vierge. ” Voir Daniel 9, 23-27.

Ah, si seulement cette Lumière qui m’aime voulait bien me dire – puisqu’elle me dit tant de choses – où se trouve l’heureuse vierge qui enfantera un fils à Dieu et le Messie à son peuple ! Ces sentiments sont attestés dans les révélations faites à sainte Élisabeth de Hongrie (1207-1231). Dom Prosper Guéranger (1805-1875), abbé de Solesmes, le mentionne dans son Année liturgique, à la date du 9 décembre : "Agée seulement de trois ans, elle (la Vierge Marie) est déjà initiée aux secrets du divin amour. «Je me levais toujours au milieu de la nuit, a-t-elle dit elle-même dans une révélation à sainte Elisabeth de Hongrie, et j'allais devant l'Autel du Temple, où je demandais à Dieu d'observer tous les préceptes de sa Loi, et je le suppliais de m'accorder les grâces dont j'avais besoin pour lui être agréable. Je lui demandais surtout qu'il me fît voir le temps où vivrait cette Vierge très sainte qui devait enfanter le Fils de Dieu. Je le priais de conserver mes yeux pour la voir, ma langue pour la louer, mes mains pour la servir, mes pieds pour marcher à ses ordres, mes genoux pour adorer le Fils de Dieu entre ses bras".

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus y fait allusion dans ses lettres : "Autrefois, dans votre humilité, vous souhaitiez d’être un jour la petite servante de l’heureuse Vierge qui aurait l’honneur d’être la Mère de Dieu" (Lettre du 19 octobre 1892 à Céline, pour sa fête (LT 137).

Livre de Daniel 9, 23-27

Dn 9, 23-27 : Dès le commencement de ta prière, une parole est sortie, et moi je suis venu pour te la faire connaître, car tu es un homme favorisé de Dieu. Sois donc attentif à la parole et comprends la vision. Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte pour enfermer la prévarication, pour sceller les péchés et pour expier l'iniquité, et pour amener la justice éternelle, pour sceller vision et prophète et pour oindre le Saint des saints. Sache donc et comprends : depuis la sortie d'une parole ordonnant de rebâtir Jérusalem jusqu'à un oint, un chef, il y a sept semaines, et soixante-deux semaines ; elle sera rebâtie, places et enceinte, dans la détresse des temps. Et après soixante-deux semaines, un oint sera retranché, et personne pour lui. Et le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin sera dans l'inondation, et jusqu'à la fin il y aura guerre, ce qui est décrété touchant la dévastation. Il conclura une alliance ferme avec un grand nombre pendant une semaine ; et, au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l'oblation, et sur l'aile des abominations viendra un dévastateur, et cela jusqu'à ce que la destruction et ce qui a été décrété se répandent sur le dévasté.

EMV 10.6 · Tome 1, p. 76-77

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

10.6 – Tu devrais être la mère du Christ, puisque tu l’aimes à ce point ! C’est pour cela que tu désires rester vierge ?

– Oh, non ! Je ne suis que misère et poussière. Je n’ose lever les yeux vers la Gloire. C’est pour cela que, plus que le double Voile derrière lequel, je le sais, se trouve la présence invisible de Yah­vé, j’aime regarder au-dedans de mon coeur. Là-bas se trouve le Dieu terrible du Sinaï. Mais ici, en moi, je vois notre Père, un visage aimant qui me sourit et me bénit, parce que je suis aussi petite qu’un oisillon que le vent soulève sans en sentir le poids ; je suis aussi faible que du muguet sauvage qui ne sait que fleurir et sentir bon, et ne peut opposer au vent d’autre force que sa douceur parfumée et pure. Dieu, mon vent d’amour !

Ce n’est pas pour cette raison. Mais voici pourquoi : la pureté que, du Ciel, il a choisie pour mère et qui, sur la terre, lui parle de son Père du Ciel, ne peut que plaire à celui qui naîtra de Dieu et d’une vierge, au Saint du Très-Saint. Si la Loi méditait là-dessus, si les rabbins, qui l’ont amplifiée par toutes les subtilités de leur enseignement, tournaient leur esprit vers des horizons plus élevés, se plongeaient dans le surnaturel et laissaient de côté l’humain et l’utile qu’ils recherchent en oubliant la Fin suprême, ils devraient orienter leur enseignement tout particulièrement vers la pureté pour que le Roi d’Israël la trouve quand il viendra. A côté de l’olivier du Pacifique et des palmes du Triomphateur, répandez des lys, une multitude de lys...

Que de sang le Sauveur devra-t-il verser pour nous sauver ! Que de sang ! Telle la rosée d’un vase poreux, une pluie de sang tombera des milliers de blessures qu’Isaïe a vues sur l’Homme des douleurs. Que ce sang divin ne tombe pas là où il y a profanation et blasphème, mais dans des coupes au parfum de pureté qui le reçoivent et le recueillent pour le déverser sur les malades spirituels, sur les lépreux de l’âme, sur ceux qui sont morts à Dieu. Offrez des lys, offrez des lys pour essuyer, avec la robe blanche des pétales purs, la sueur et les larmes du Christ ! Offrez des lys, offrez-lui des lys pour l’ardeur de sa fièvre de Martyr ! Ah, où sera-t-il, ce lys qui te portera, qui étanchera ta soif, qui se teindra de ton sang, qui mourra de douleur en te voyant mourir et pleurera sur ton corps exsangue ? Oh ! Christ ! Oh ! Christ ! Mon soupir... »

Détail

Humilité de Marie. Importance de la pureté

EMV 10.6 · Tome 1, p. 76-77

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Que de sang le Sauveur devra-t-il verser pour nous sauver ! Que de sang ! Telle la rosée d’un vase poreux, une pluie de sang tombera des milliers de blessures qu’Isaïe a vues sur l’Homme des douleurs. Que ce sang divin ne tombe pas là où il y a profanation et blasphème, mais dans des coupes au parfum de pureté qui le reçoivent et le recueillent pour le déverser sur les malades spirituels, sur les lépreux de l’âme, sur ceux qui sont morts à Dieu. Offrez des lys, offrez des lys pour essuyer, avec la robe blanche des pétales purs, la sueur et les larmes du Christ ! Offrez des lys, offrez-lui des lys pour l’ardeur de sa fièvre de Martyr ! Ah, où sera-t-il, ce lys qui te portera, qui étanchera ta soif, qui se teindra de ton sang, qui mourra de douleur en te voyant mourir et pleurera sur ton corps exsangue ? Oh ! Christ ! Oh ! Christ ! Mon soupir... »

EMV 10.8 · Tome 1, p. 78

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

10.8 Jésus dit :

« Marie se souvenait de Dieu. Elle rêvait de Dieu. Elle croyait rêver, mais elle ne faisait que revoir ce que son âme avait contemplé dans la splendeur du Ciel de Dieu, à l’instant où elle a été créée pour être unie à la chair conçue sur la terre. Elle partageait avec Dieu – bien que de manière très inférieure, comme la justice l’exigeait – l’une des propriétés de Dieu : celle de se souvenir, de voir et de prévoir, grâce à l’attribut d’une intelligence puissante et parfaite, puisqu’elle n’était pas blessée par le péché originel.

EMV 10.10 · Tome 1, p. 80

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

10.10 Marie était la Femme pleine de grâce. Toute la Grâce une et trine demeurait en elle. Toute la Grâce une et trine la préparait à être l’épouse aux noces, à être le lit nuptial pour sa descen­dance, à vivre sa maternité et sa mission de manière divine. Elle est celle qui ferme le cycle des prophétesses de l’Ancien Testament et ouvre celui des “ porte-parole de Dieu ” dans le Nouveau Testament.

Arche véritable de la Parole de Dieu, elle découvrait, en regardant dans son sein inviolé pour l’éternité, les paroles de la science éternelle tracées par le doigt de Dieu sur son coeur immaculé, et, comme tous les saints, elle se souvenait de les avoir déjà entendues lorsqu’elle avait été engendrée avec son âme immortelle par Dieu, le Père créateur de tout ce qui existe. Et, si elle ne se rappelait pas tout de sa mission à venir, c’était parce qu’en toute perfection humaine Dieu laisse des lacunes dues à une prudence divine qui est bonté pour sa créature en lui fournissant des occasions de mérite.

Pour être la Mère du Christ, Marie, cette nouvelle Eve, a dû conquérir sa part de mérite par une bonne volonté fidèle que Dieu a demandée à son Fils pareillement pour faire de lui le Rédempteur.

L’esprit de Marie était au Ciel. Son état moral et sa chair étaient sur terre, et il lui fallait fouler aux pieds terre et chair pour parvenir à l’esprit, et l’unir à l’Esprit en une étreinte féconde. »

EMV 11.2-5 · Tome 1, p. 81-85

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

[Marie va] "dans sa petite chambre, dans un coin à droite.

11.3 Elle y est rejointe par une maîtresse, moins âgée qu’Anne, fille de Phanuel, mais déjà d’un certain âge :

« Marie, le grand-prêtre t’attend. »

Un peu surprise, Marie la regarde, mais sans poser de questions. Elle se contente de répondre :

« J’y vais tout de suite. »

Je ne sais si la grande salle dans laquelle elle entre appartient à la maison du grand-prêtre, ou si elle fait partie des maisons des femmes au service du Temple. Mais je vois qu’elle est vaste et lumineuse, élégante, et que Zacharie et Anne, fille de Phanuel, s’y trouvent en compagnie du grand-prêtre, magnifiquement vêtu.

Marie, arrivée au seuil, s’incline profondément et n’avance pas avant que le grand-prêtre ne lui dise :

« Approche, Marie, n’aie pas peur. »

Marie se redresse et avance lentement, non par manque d’empressement, mais par un je ne sais quoi de solennel qui la fait paraître plus femme.

Anne sourit pour l’encourager, et Zacharie la salue d’un :

« La paix soit avec toi, ma cousine. »

Le grand-prêtre l’observe attentivement puis s’adresse à Zacharie :

« On reconnaît bien en elle la race de David et d’Aaron...

Ma fille, je connais ta grâce et ta bonté. Je sais que tu as grandi chaque jour en science et en grâce aux yeux de Dieu et des hommes. Je sais que la voix de Dieu murmure à ton coeur les paroles les plus douces. Je sais que tu es la fleur du Temple de Dieu, et qu’un troisième chérubin se tient devant le Témoignage depuis que tu t’y trouves. Je voudrais bien que ton parfum continue à monter avec l’encens à chaque nouvelle journée. Mais la Loi dit autre chose. Tu n’es plus une enfant désormais, mais une femme. Or, en Israël, toute femme doit être mariée pour apporter son fils au Seigneur. Tu suivras donc le commandement de la Loi. N’aie pas peur, ne rougis pas. Je garde à l’esprit ta descendance royale. D’ailleurs, la Loi te protège puisqu’elle prescrit qu’on donne à chaque homme une femme de sa lignée. Mais même si ce n’était pas le cas, je le ferais pour ne pas porter atteinte à la noblesse de ton sang. Tu ne connais aucun homme de ta lignée, Marie, qui puisse devenir ton époux ? »

Marie lève un visage tout rouge de pudeur. Sur ses cils brille une larme, un premier diamant, et c’est d’une voix tremblante qu’elle répond :

« Personne.

– Elle ne peut connaître personne, car elle est entrée ici tout enfant ; du reste, la race de David a été trop persécutée et dispersée pour permettre à ses différentes branches de se réunir pour servir de frondaison au palmier royal, dit Zacharie.

– Dans ce cas, nous laisserons le choix à Dieu. »

11.4 Les larmes que Marie retenait jusqu’ici jaillissent alors et coulent jusqu’à sa bouche tremblante ; elle jette un regard suppliant à sa maîtresse.

« Marie s’est réservée pour le Seigneur, pour sa gloire et pour le salut d’Israël. Elle n’était encore qu’une enfant à peine capable de balbutier, et déjà elle s’était liée par un voeu, précise Anne pour lui venir en aide.

– C’est donc pour cela que tu pleures ? Pas pour résister à la Loi ?

– Pour cette seule raison. Je t’obéis, grand-prêtre de Dieu.

– Cela confirme tout ce qu’on m’a dit de toi. Depuis combien d’années es-tu vouée à la virginité ?

– Depuis toujours, je crois. Je n’étais pas encore venue au Temple que je m’étais déjà donnée au Seigneur.

– Mais n’es-tu pas la petite fille qui est venue me demander d’entrer, il y a maintenant douze hivers ?

– C’est bien moi.

– Alors comment peux-tu dire que tu appartenais déjà à Dieu à ce moment-là ?

– Si je regarde mon passé, je vois que j’ai toujours été vouée à la virginité... Je ne me souviens pas de l’instant où je suis née, ni comment j’ai commencé à aimer ma mère et à dire à mon père : “ Mon père, je suis ta fille ”... En revanche, je me rappelle avoir donné mon coeur à Dieu, même si je ne sais pas à quel moment cela a commencé. C’était peut-être avec le premier baiser que j’ai su donner, avec le premier mot que j’ai su prononcer, avec le premier pas que j’ai su faire... Oui, c’est ça : je crois que mon premier souvenir d’amour, je le trouve dans mes premiers pas plus assurés... Ma maison... ma maison avait un jardin rempli de fleurs... il y avait un verger et des champs... et aussi une source, au fond, au pied d’une hauteur, qui jaillissait d’un rocher creusé qui formait une grotte.... Elle était pleine d’herbes longues et fines, qui pleuvaient de toute part comme autant de petites cascades vertes. On aurait dit qu’elles pleuraient, car ces petites feuilles légères, en un feuillage qui ressemblait à une broderie, portaient toutes une goutte d’eau qui, en tombant, tintaient comme un léger carillon. La source chantait elle aussi. Il y avait encore des oiseaux sur les oliviers et les pommiers qui se trouvaient sur la pente au-dessus de la source, et de blanches colombes venaient se laver dans le miroir limpide de la source...

J’avais oublié tout cela, parce que j’avais mis mon coeur en Dieu et, à part mes parents que j’ai aimés de leur vivant comme après leur mort, ce qui est terrestre avait disparu de mon coeur... Mais tu m’y refais penser, grand-prêtre... Je dois chercher à quel moment je me suis donnée à Dieu... et les souvenirs de mes premières années me reviennent en mémoire... Si j’aimais cette grotte, c’est que j’y entendais une voix plus douce que le chant de l’eau et des oiseaux ; elle me disait : “ Viens, ma bien-aimée. ” J’aimais ces herbes parées de diamants sonores, parce que j’y reconnaissais le signe de mon Seigneur. Je passais mon temps à me dire : “ Vois-tu, mon âme, comme il est grand, ton Dieu ? Celui qui a fait les cèdres du Liban pour l’aquilon a également créé ces petites feuilles qui ploient sous le poids d’un moustique pour le plaisir de tes yeux et pour servir d’abri à tes petits pieds. ” J’appréciais ce silence des choses pures : la brise légère, l’eau avec ses reflets argentés, la propreté des colombes... J’aimais cette paix qui veillait sur la petite grotte, une paix qui semblait tomber des pommiers et des oliviers, tantôt en fleurs, tantôt chargés de fruits...

Et, je ne sais, j’avais l’impression que la Voix me disait, à moi, oui, bien à moi : “ Viens, magnifique olive ; viens, douce pomme ; viens, source scellée ; viens, ma colombe... ” Bien sûr, l’amour de mes parents m’était doux... Leur voix qui m’appelait m’était douce... mais celle-là ! Celle-là ! Au paradis terrestre, je pense que c’est ainsi que l’entendit celle qui fut coupable, et je ne sais comment elle a pu préférer un sifflement à cette Voix d’amour, comment elle a pu désirer connaître autre chose que Dieu... Mes lèvres ne connaissaient encore que le lait maternel, mais c’est avec le coeur enivré par le miel céleste que j’ai dit alors : “ Me voici, je viens. Nul autre maître que toi, Seigneur, ne possèdera ma chair, et mon âme n’a pas d’autre amour ”... Par ces mots, j’avais l’impression de répéter des choses déjà dites et d’accomplir un rite déjà accompli. L’époux que j’avais choisi ne me paraissait pas étranger car je connaissais déjà l’ardeur de son amour, mes yeux s’étaient faits à sa lumière et ma capacité d’amour s’était développée entre ses bras. Quand cela ? Je l’ignore. Hors de la vie présente, dirais-je, car j’avais le sentiment de l’avoir toujours possédé, je sentais qu’il me possède depuis toujours et que j’existe parce qu’il m’a voulue, pour la joie de son Esprit et du mien.

11.5 Cela dit, je t’obéis, grand-prêtre. Mais indique-moi comment me comporter... Je n’ai plus ni père ni mère. Sois donc mon guide.

– Dieu te donnera un époux, et il sera saint puisque tu t’es confiée à lui. Tu lui parleras de ton voeu.

– Et il acceptera ?

– Je l’espère. Prie, ma fille, pour qu’il puisse comprendre ton coeur. Maintenant, va, et que Dieu t’accompagne toujours. »

Marie se retire avec Anne, et Zacharie reste avec le grand-prêtre.

C’est ainsi que la vision prend fin.

EMV 11.3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

Marie, arrivée au seuil, s’incline profondément et n’avance pas avant que le grand-prêtre ne lui dise :

« Approche, Marie, n’aie pas peur. »

Marie se redresse et avance lentement, non par manque d’empressement, mais par un je ne sais quoi de solennel qui la fait paraître plus femme.

Anne sourit pour l’encourager, et Zacharie la salue d’un :

« La paix soit avec toi, ma cousine. »

Le grand-prêtre l’observe attentivement puis s’adresse à Zacharie :

« On reconnaît bien en elle la race de David et d’Aaron… »

Détail

Le Grand-Prêtre a convoqué Marie, qui séjourne au Temple.

EMV 11.3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

Voir dans son contexte

Citation

« Tu n’es plus une enfant désormais, mais une femme. Or, en Israël, toute femme doit être mariée pour apporter son fils au Seigneur. Tu suivras donc le commandement de la Loi. N’aie pas peur, ne rougis pas. Je garde à l’esprit ta descendance royale. D’ailleurs, la Loi te protège puisqu’elle prescrit qu’on donne à chaque homme une femme de sa lignée. Mais même si ce n’était pas le cas, je le ferais pour ne pas porter atteinte à la noblesse de ton sang. Tu ne connais aucun homme de ta lignée, Marie, qui puisse devenir ton époux ? »

Marie lève un visage tout rouge de pudeur. Sur ses cils brille une larme, un premier diamant, et c’est d’une voix tremblante qu’elle répond :

« Personne.

– Elle ne peut connaître personne, car elle est entrée ici tout enfant ; du reste, la race de David a été trop persécutée et dispersée pour permettre à ses différentes branches de se réunir pour servir de frondaison au palmier royal, dit Zacharie.

– Dans ce cas, nous laisserons le choix à Dieu. »

Détail

Le Grand-Prêtre a convoqué Marie et il lui dit la raison de sa convocation.