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Notes du thème

Religion juive, castes, rites et fêtes au temps du Christ

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EMV 163.3-5 · Tome 3, p. 29-31

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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163.3 Le repas commence. Au début, on discute de choses et d’autres. Puis cela devient plus intéressant. Et, comme les blessures font souffrir et que les chaînes pèsent lourd, revoilà l’éternel discours sur l’esclavage dans lequel Rome tient la Palestine. Je ne sais si ce sujet a été choisi intentionnellement ou sans mauvaise intention. Ce que je sais, c’est que les cinq pharisiens se plaignent de nouvelles vexations romaines comme d’un sacrilège, et ils veulent intéresser Jésus à la discussion.

« Tu comprends, ils veulent examiner scrupuleusement nos recettes. Et, comme ils ont compris que nous nous réunissons dans les synagogues pour parler de cela et d’eux, ils nous menacent d’y entrer, sans aucun respect. Je crains que, un beau jour, ils n’entrent même dans les maisons des prêtres ! S’écrie Joachim.

– Et toi, qu’en dis-tu ? N’en es-tu pas dégoûté ? » demande Eli.

Interpellé, directement, Jésus répond :

« Comme juif oui, comme homme non.

– Pourquoi cette distinction ? Je ne comprends pas. Es-tu deux en un ?

– Non. Mais il y a en moi d’une part la chair et le sang – en somme, l’animal – et d’autre part l’âme. Mon âme de juif respectueux de la Loi souffre de ces profanations. Pas la chair et le sang, car il me manque l’aiguillon qui vous blesse, vous.

– Lequel ?

– L’intérêt. Vous dites que vous vous réunissez dans les synagogues pour parler aussi d’affaires sans avoir à craindre des oreilles indiscrètes. Vous redoutez de ne plus pouvoir le faire, par conséquent vous craignez de ne plus pouvoir dissimuler au fisc le moindre sou, donc d’être soumis à des taxes en juste rapport avec vos biens. Moi, je n’ai rien. Je vis de la bonté de mon prochain et de mon amour pour lui. Je ne possède ni or, ni champs, ni vignobles, et je n’ai pas d’autre maison que celle de ma mère, si petite et si pauvre que le fisc la néglige. Je ne suis donc pas poussé par la crainte qu’on découvre de fausses déclarations, d’être taxé et puni. Tout ce que j’ai, c’est la Parole que Dieu m’a donnée et que j’annonce. Or elle est tellement élevée que l’homme ne saurait la taxer.

163.4 – Mais, si tu étais dans notre situation, comment te comporterais-tu ?

– Ne vous offensez pas si je vous dis ma pensée tout net : elle s’oppose à la vôtre. En vérité, je vous dis que j’agirais autrement.

– Et comment ?

– En ne lésant pas la sainte vérité. C’est une vertu toujours sublime, même quand elle s’applique à des choses aussi humaines que les impôts.

– Mais alors, on nous prendrait tout ! Tu ne réfléchis pas au fait que nous possédons beaucoup et que nous devrions donner beaucoup !

– Vous l’avez dit : Dieu vous a donné beaucoup. A vous de donner beaucoup, dans une juste proportion. Pourquoi agir malhonnêtement, comme c’est malheureusement le cas, au point que le pauvre doive supporter des impôts sans rapport avec ses ressources ? C’est ce qui se fait chez nous. Que les taxes sont nombreuses en Israël – les taxes qui viennent de nous –, et comme elles sont injustes ! Elles servent aux grands, qui ont déjà de grands biens. Alors qu’elles font le désespoir des pauvres qui, pour les verser, doivent se priver jusqu’à souffrir de la faim. Ce n’est pas cela que nous conseille la charité envers notre prochain. Nous devrions avoir le souci, nous autres juifs, de prendre sur nos épaules les charges qui accablent le pauvre.

– Tu parles comme cela parce que tu es pauvre, toi aussi !

– Non, Urie. Je parle comme cela parce que ce n’est que justice. Pourquoi Rome a-t-elle pu et peut-elle encore exercer une telle pression sur nous ? parce que nous avons péché et que nous sommes divisés par des rancœurs. Le riche hait le pauvre, le pauvre hait le riche. Parce qu’il n’y a pas de justice. L’ennemi en profite pour nous assujettir.

– Tu as fait allusion à plusieurs motifs… Quels sont les autres ?

– Je ne voudrais pas manquer à la vérité en altérant le caractère du lieu consacré au culte : vous en avez fait un refuge sûr pour des préoccupations humaines.

– Tu nous le reproches.

– Non, je réponds. A vous d’écouter votre conscience. Vous êtes des maîtres, par conséquent…

163.5 – Moi, je suis d’avis que le moment est venu de se soulever, de se rebeller, de punir l’envahisseur et de rétablir notre royaume.

– C’est bien vrai ! Tu as raison, Simon. Mais le Messie est ici. C’est à lui qu’il revient de le faire, répond Eli.

– Mais, pardonne-moi, Jésus, pour l’instant le Messie n’est que bonté. Il donne des conseils sur tout, mais ne pousse pas à la révolte. Nous allons agir et…»

Jésus reprend : « – Ecoute, Simon : rappelle-toi le Livre des Rois. Saül était à Gilgal, les Philistins à Mikmas, le peuple avait peur et se débandait, le prophète Samuel n’arrivait pas. Saül voulut prendre les devants et offrir lui-même le sacrifice. Rappelle-toi la réponse que, à son arrivée, Samuel fit à l’imprudent roi Saül : “ Tu as agi en insensé et tu n’as pas observé l’ordre que le Seigneur t’avait donné. Si tu n’avais pas fait cela, le Seigneur aurait affermi pour toujours ta royauté sur Israël mais, au lieu de cela, ta royauté ne subsistera pas. ” Un acte intempestif et orgueilleux n’a servi ni au roi ni au peuple. Dieu connaît l’heure, pas l’homme. Dieu connaît les moyens, pas l’homme. Laissez faire Dieu et méritez son aide en vous conduisant saintement. Mon Royaume ne viendra pas par la rébellion et la férocité, mais il s’établira. Il ne sera pas réservé à un petit nombre, mais il sera universel. Bienheureux ceux qui viendront à lui, sans être trompés par mon aspect pauvre, selon l’esprit de la terre, et qui verront en moi le Sauveur. N’ayez pas peur. Je serai Roi, le roi issu d’Israël, le roi qui étendra son règne sur l’humanité tout entière. Mais vous, les maîtres d’Israël, ne déformez pas mes paroles ni celles des prophètes qui m’annoncent. Aucun royaume humain, aussi puissant soit-il, n’est universel ni éternel. Les prophètes disent que le mien le sera. Que cela vous éclaire sur la vérité et la spiritualité de ma royauté.

Détail

Jésus est à un banquet donné par Eli, le pharisien. Ils commencent à parler des vexations commises par les Romains et on voit que les pharisiens ont tort dans leur manière d'agir ainsi que de voir les choses, notamment lié aux taxes réclamées par Rome. En 163.5, les pharisiens évoquent la possibilité de se rebeller et de rétablir le royaume d'Israël.

EMV 168.7 · Tome 3, p. 72-73

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Par la suite, il fut exposé aux pièges de ceux qui voyaient un péché dans le désir qu’avait une âme de renaître. Mon sauveur est parti… et moi, je l’ai attendu… de même que m’attendait la vengeance de gens plus indignes que moi de le regarder. Car, moi, c’est en tant que païenne que j’ai péché contre moi-même, alors qu’eux ont péché contre le Fils de Dieu, bien que connaissant Dieu. Ils m’ont frappée, et leur accusation m’a blessée plus que les pierres, mon âme poussée au désespoir a été blessée plus que mon corps.

Ah ! Quelle terrible lutte contre moi-même ! Déchirée, en sang, blessée, fiévreuse, privée de mon Médecin, sans toit ni pain, j’ai regardé en arrière, devant moi… Le passé me conseillait : “ Reviens ”, le présent me soufflait : “ Tue-toi ”, le futur m’exhortait : “ Espère. ” J’ai espéré. Je ne me suis pas suicidée. Je le ferais si, lui, il me chassait, car je ne veux plus être celle que j’étais. Je me suis traînée jusqu’à un village pour y demander un abri. Mais j’y ai été reconnue. Comme une bête, j’ai dû fuir çà et là, toujours poursuivie, toujours méprisée, toujours maudite parce que je voulais être honnête et que j’avais déçu ceux qui voulaient frapper ton Fils par mon intermédiaire. J’ai suivi le fleuve pour remonter jusqu’en Galilée, et je suis venue ici. Mais tu étais absente… Je suis alors allée à Capharnaüm. Mais tu venais d’en partir. Un vieillard m’a vue, un de ses ennemis, et il m’a fait un texte d’accusation contre lui, ton Fils. Et comme je pleurais sans réagir, il m’a dit… il m’a dit… : “ Tout pourrait changer pour toi si tu acceptais d’être ma maîtresse et ma complice pour accuser le Rabbi de Nazareth. Il suffit que tu dises devant mes amis qu’il était ton amant… ” Je me suis enfuie comme si j’avais vu grouiller un nœud de vipères sous un buissons de fleurs.

Détail

Aglaé raconte sa vie et en vient à son séjour à la Belle-Eau. Elle évoque le Christ.

Annotation

Il ne peut s'agir que d'un des deux plus virulents ennemis de Jésus à Capharnaüm: soit Joachim du sanhédrin, soit Éli, qui aurait vite oublié la guérison de son petit-fils Élysée.

EMV 169.2 · Tome 3, p. 78-79

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Nous pensions que tu n’arriverais pas aujourd’hui.

– Il y a beaucoup de monde, sais-tu ?

– Oh, nous étions fort gênés, car il y avait des scribes et même des disciples de Gamaliel…

– Mais oui, Seigneur ! Tu nous as quittés vraiment au bon moment ! Je n’ai jamais eu aussi peur qu’à ce moment-là. Ne me joue plus un tour comme celui-ci ! »

(...) « Tu sais ? Parmi les disciples, il y en a maintenant deux qui, aux dires de Judas, sont très importants. Judas s’affaire beaucoup. Eh, c’est vrai ! Lui, il connaît bien ces gens-là… de la haute société, et il sait comment leur parler. D’ailleurs, il aime parler… Il parle bien. Mais les gens préfèrent entendre Simon, tes frères, et surtout ce garçon. Hier, un homme m’a dit : “ Ce jeune parle bien – c’était de Judas qu’il parlait – mais je te préfère à lui. ” Oh, mon pauvre ! Me préférer, moi qui ne sais pas dire trois mots de suite !…

Détail

Les apôtres retrouvent Jésus, après leur première prédication sans le Maître. Pierre s'en plaint au Christ et raconte leur rencontre avec Etienne et Hermas.

EMV 169.7 · Tome 3, p. 82-83

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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(...) L’œil matériel, dont on dit qu’il est le miroir de l’âme, reflète le désir de l’âme, le désir souvent inaperçu, mais toujours vivant tant que l’homme n’est pas un démon, le désir des hauteurs, des hauteurs où la raison place instinctivement le Très-Haut. Et en cherchant les cieux, il lève les yeux vers les hauteurs, du moins quelquefois au cours de sa vie.

Je vous prie de vous rappeler ce que tous nous faisons, depuis notre plus tendre enfance, en entrant à Jérusalem. Où se précipitent nos regards ? Vers le mont Moriah que couronne le triomphe de marbre et d’or du Temple. Et quand nous sommes dans son enceinte ? Nous regardons les dômes précieux qui resplendissent au soleil. Que de beautés à l’intérieur de l’enceinte sacrée, dans ses atriums, dans ses portiques et dans ses cours ! Mais l’œil s’élance vers le haut.

EMV 170.8 · Tome 3, p. 94

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Eh bien ! ce n’est pas la formule et la forme d’un rite qui obtiennent le pardon, car ce ne sont que des symboles extérieurs accordés à l’esprit humain opaque. Mais c’est le rite intérieur de l’amour, ou encore de la miséricorde. Car si l’on a imposé le sacrifice d’un bouc ou d’un agneau et l’offrande de quelques pièces de monnaie, c’était dû au fait qu’à la base de tout mal on trouve toujours deux racines : la cupidité et l’orgueil. La cupidité est punie par la dépense qu’il faut faire pour l’offrande, l’orgueil par la confession publique du rite : “ Je célèbre ce sacrifice parce que j’ai péché. ” Et cela se fait aussi pour annoncer les temps et les signes des temps, et le sang répandu est la figure du Sang qui sera répandu pour effacer les péchés des hommes.

Détail

Jésus enjoint à pardonner, car tous ont besoin de pardon. Il s'arrête un instant sur les sacrifices d'animaux par les Juifs, pour expier les péchés.

EMV 171.3 · Tome 3, p. 99

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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En vérité, je vous dis ceci : si votre justice ne se recrée pas en se détachant complètement de cette pauvre chose qu’on a injustement dénommée justice, celle que les scribes et les pharisiens vous ont enseignée, si vous n’êtes pas beaucoup plus justes – vraiment justes – que les pharisiens et les scribes qui croient l’être en accumulant les formules, mais sans changer profondément leur âme, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux.

Annotation

Matthieu 5, 17-20

Mt 5, 17-20 : Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

EMV 171.5 · Tome 3, p. 102

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Aimez, aimez ! Aimez amis et ennemis pour être semblables à votre Père qui fait pleuvoir sur les bons et les méchants et fait luire son soleil sur les justes et les injustes ; il se réserve d’accorder un soleil et des rosées éternels, ainsi que le feu et la grêle de l’enfer quand on aura trié les bons comme des épis choisis dans les gerbes de la moisson. Il ne suffit pas d’aimer ceux qui vous aiment et de qui vous espérez quelque retour. Il n’y a guère de mérite à cela : c’est une joie et même les hommes naturellement honnêtes savent le faire. Même les publicains et les païens le font. Mais vous, aimez à la ressemblance de Dieu, et aimez par respect pour Dieu, qui est aussi le Créateur de ceux qui sont pour vous des ennemis ou des gens peu aimables. Je veux en vous la perfection de l’amour, et c’est pourquoi je vous dis : “ Soyez parfaits comme votre Père qui est dans les Cieux est parfait. ”

EMV 172.3 · Tome 3, p. 106

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Je substitue un autre ordre à celui qui vous a été donné, quand le serment fut mis en usage pour mettre un frein au mensonge et à la facilité de manquer à la parole donnée. Je ne dis pas comme les anciens : “ Ne vous parjurez pas, mais soyez fidèles à vos serments ”, mais : “ Ne faites jamais de serments. ” Ni au nom du Ciel qui est le trône de Dieu, ni par la terre qui est l’escabeau de ses pieds, ni par Jérusalem et son Temple qui sont la cité du grand Roi et la maison du Seigneur notre Dieu.

Annotation

Evangile de Matthieu 5, 33-37

Mt 5, 33-37 :

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais.

EMV 173.5 · Tome 3, p. 120-121

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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173.5 – Maître, tu fais le contraire de ce que tu dis ! »

L’insulte, hargneuse et imprévue, provient du milieu de la foule. Tous se tournent vers cette voix. Il y a de la confusion.

Pierre bougonne :

« Je te l’avais bien dit ! Eh ! Quand il y a un de ceux-là… rien ne va plus ! »

Dans la foule, on siffle l’insulteur, on le hue. Jésus est le seul à rester calme. Il a croisé les bras sur sa poitrine et se tient droit, le front éclairé par le soleil, droit sur son rocher, dans son vêtement bleu foncé.

L’insulteur continue, sans se soucier des réactions de la foule :

« Tu es un mauvais maître car tu enseignes ce que tu ne fais pas et…

– Tais-toi ! Va-t’en ! Honte à toi ! » crie la foule. Ou encore :

« Va trouver tes scribes ! A nous, le Maître nous suffit. Les hypocrites avec les hypocrites ! Faux maîtres ! Usuriers !… »

Ils continueraient bien, si Jésus ne leur intimait d’une voix de tonnerre :

« Silence ! Laissez-le parler ! »

Certes, les gens ne crient plus, mais ils marmonnent leurs reproches accompagnés d’œillades furieuses.

« Oui. Tu enseignes ce que tu ne fais pas. Tu dis qu’on doit faire l’aumône sans être vus et, hier, en présence de plein de monde, tu as dit à deux pauvres : “ Restez, je vais vous rassasier. ”

– J’ai dit : “ Que les deux pauvres restent. Ils seront nos hôtes bénis et donneront de la saveur à notre pain. ” Rien de plus. Je n’ai pas prétendu vouloir les rassasier. Quel est le pauvre qui n’a pas au moins un pain ? C’était pour nous une joie de leur donner notre bonne amitié.

– Hè oui ! Tu es astucieux et tu sais faire l’agneau !… »

Le vieillard se lève, se retourne et, levant son bâton, il crie :

« Langue infernale, toi qui accuses le Saint, tu crois peut-être tout connaître et pouvoir accuser avec ce que tu sais ? De même que tu ignores qui est Dieu et qui est celui que tu insultes, tu ignores ses actes. Il n’y a pour les connaître que les anges et mon cœur tout en joie. Ecoutez, hommes, écoutez tous et voyez si Jésus est le menteur et l’orgueilleux que cette balayure du Temple veut dire. Lui…

– Tais-toi, Ismaël ! Tais-toi par amour pour moi ! Si je t’ai rendu heureux, fais-en de même à mon égard en te taisant, implore Jésus.

– Je t’obéis, Fils saint. Mais laisse-moi dire cette seule chose : la bénédiction du vieux juif fidèle est sur Celui dont j’ai reçu les bienfaits de la part de Dieu. Cette bénédiction, Dieu l’a mise sur mes lèvres pour moi et pour Sarah, ma nouvelle fille. Mais sur ta tête, il n’y aura pas de bénédiction. Je ne te maudis pas. Je ne souille pas par une malédiction ma bouche qui doit dire à Dieu : “ Accueille-moi. ” Je n’ai même pas maudit celle qui m’a renié et déjà Dieu m’en récompense. Mais il y aura quelqu’un pour prendre en main la cause de l’Innocent qu’on accuse et d’Ismaël, l’ami de Dieu qui le bénit. »

Une vraie clameur s’élève à la fin du discours du vieillard qui se rassied, tandis qu’un homme s’esquive et s’éloigne, accablé de reproches.

Puis la foule crie à Jésus :

« Continue, continue, Maître saint ! Nous, nous n’écoutons que toi, et toi, écoute-nous. N’écoute pas ces corbeaux maudits ! Ils sont jaloux que nous t’aimions plus qu’eux ! Tu as en toi la sainteté, eux la perversité. Parle, parle ! Tu vois que nous ne désirons rien d’autre que ta parole. Maisons, commerces, tout cela n’est rien pour qui veut t’entendre.

– Oui, je vais parler. Mais ne vous faites pas de soucis. Priez pour ce malheureux. Pardonnez comme je pardonne, car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père des Cieux vous pardonnera vos péchés à vous aussi. Mais si vous gardez de la rancune et ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. Or tout le monde a besoin de pardon.

Détail

Jésus donne une prédication. On l'interrompt.

Annotation

Pierre bougonne : « Je te l’avais bien dit ! Eh ! Quand il y a un de ceux-là… rien ne va plus ! » Il avait en effet prévenu Jésus de la présence de ce personnage en 173.1.

Jésus évoque cette interruption le lendemain (dans l'EMV 174).

"Tais-toi, Ismaël ! Tais-toi par amour pour moi !" (...)

"Cette bénédiction, Dieu l’a mise sur mes lèvres pour moi et pour Sarah, ma nouvelle fille. " C'est ainsi qu'on apprend les noms des deux malheureux, Ismaël et Sarah, recueillis la veille. Voir le chapitre précédent.

EMV 174.13 · Tome 3, p. 138-139

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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J’ai dit d’être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d’ai­mer non seulement ses frères nés de mêmes parents, mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu’ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu’il vaut mieux compatir qu’être inexorable. Mais maintenant je vous dis qu’on ne doit pas condamner si on n’est pas soi-même exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et ne peut souiller que l’extérieur, mais ils accueillent l’impureté en eux, au plus profond de leur cœur.

Annotation

Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens : ils sont sévères avec tout le monde, sauf avec eux-mêmes. Préfigure déjà ce que sera le discours contre les scribes et les pharisiens, donné en EMV 596.14 et rapporté par Matthieu 23,1-36 et Luc 11,37-53.

Evangile de Matthieu 23, 1-5

Mt 23, 1-5 : Alors Jésus, s'adressant au peuple et à ses disciples, parla ainsi : " Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent ; mais n'imitez pas leurs œuvres, car ils disent et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.

Evangile de Matthieu 23, 25-26

Mt 23, 25-26 : " Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, tandis que le dedans est rempli de rapine et d'intempérance. Pharisien aveugle, nettoie d'abord le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors aussi soit pur.

Evangile de Luc 11, 37-46

Lc 11, 37-46 : Pendant qu'il parlait, un Pharisien le pria de dîner chez lui ; Jésus entra et se mit à table. Or le Pharisien vit avec étonnement qu'il n'avait point fait l'ablution avant le dîner. Le Seigneur lui dit : " Vous, Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat ; mais au dedans de vous tout est plein de rapine et d'iniquité. Insensés ! celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas fait aussi le dedans ? Toutefois, donnez l'aumône selon vos moyens, et tout sera pur pour vous. Mais malheur à vous, Pharisiens, qui payez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère et qui n'avez nul soucis de la justice et de l'amour de Dieu ! C'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans omettre le reste. Malheur à vous, Pharisiens, qui aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques ! Malheur à vous, parce que vous ressemblez à des sépulcres qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir ! "

Alors un docteurs de la Loi, prenant la parole, lui dit : " Maître, en parlant de la sorte, vous nous outragez aussi. " Jésus répondit : " Et à vous aussi, docteurs de la Loi, malheur ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes, vous n'y touchez pas d'un seul de vos doigts !