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Personnages dans L'Evangile tel qu'il m'a été révélé

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EMV 3.3 · Tome 1, p. 23

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Joachim, qui se tient sur le seuil d’une petite cabane faite de feuil­lages, parle avec un homme d’une trentaine d’années, que, de loin, Alphée salue avec un cri aigu : « Papa ! »

Voyant Anne s’approcher, Joachim se hâte d’allumer une lampe.

Annotation

L'époux de Sara de Nazareth - sœur de Marie de Cléophas - est présent pour la fête. Il est donc né vers -52.

EMV 3.3 · Tome 2, p. 23-24

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Citation

« C’est un bel enfant. Quel âge a-t-il ?

– Trois ans. C’est l’avant-dernier et d’ici peu j’en aurai un autre. J’ai six garçons. Maintenant, je voudrais une fille… Pour une maman, une fille compte beaucoup…

– Le Très-Haut t’a bien consolée ! »

Anne soupire.

« Oui, répond la femme. Je suis pauvre, mais les enfants font notre joie et les plus grands nous aident déjà au travail. Et toi, madame (tout montre qu’Anne est d’une condition plus élevée et la femme l’a bien remarqué), combien d’enfants as-tu ?

– Aucun.

– Aucun ? Celui-ci n’est pas le tien ?

– Non, c’est celui d’une très brave voisine. Il fait ma con­so­la­tion…

– Ils sont morts, ou bien…

– Non, je n’en ai jamais eu.

– Oh ! »

La femme la regarde avec pitié.

Sur un soupir, Anne la salue et se rend à sa hutte.

Détail

Anne discute avec une femme, qui a un enfant, et l'épouse de Joachim demande quel âge il a. On apprend, dans ce dialogue, que Sarah de Nazareth est la voisine d'Anne.

Annotation

Adulte, le petit Alphée de Sarah sera effectivement le voisin de la Vierge Marie à Nazareth. Voir par exemple le chapitre 19, page 81 (EMV 12) ou au Tome 2, chapitre 65 (EMV 100). Au Tome 2, chapitre 74, page 409 (EMV 107), c'est à lui que Marie confie les clefs de sa maison lorsqu'elle part en voyage.

EMV 3.3 · Tome 2, p. 24

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Le père d’Alphée appelle son fils, mais ce dernier répond : « Je reste avec Anne pour l’aider. »

Tous se mettent à rire.

« Laisse-le, il ne nous dérange pas. Il n’est pas encore tenu à l’observance de la Loi. Ici ou là, ce n’est qu’un petit oiseau qui mange », dit Anne, qui s’assied avec l’enfant sur son sein.

Annotation

Il n’est pas encore tenu à l’observance de la Loi. Cf. Lévitique 23,36 ; Nombres 29,35. La fin de la fête était jour de repos. Le huitième jour, (Shemini Atséreth) est la fête de la joie de la Torah (Sim'Hath Torah). C'est un jour de repos. On récite ce jour-là la prière de la pluie. Cette fête clôt la série des trois fêtes de pèlerinage.

Livre du Lévitique 23, 36

Lv 23, 36 : Pendant sept jours, vous offrirez à Yahweh des sacrifices faits par le feu. Le huitième jour, vous aurez une sainte assemblée, et vous offrirez à Yahweh des sacrifices faits par le feu; c'est une fête de clôture: vous ne ferez aucune oeuvre servile.

Livre des Nombres, 29, 35

Nb 29, 35 : Le huitième jour, vous aurez une assemblée solennelle: vous ne ferez aucune oeuvre servile.

EMV 3.3 · Tome 1, p. 23-24

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Anne passe comme une reine au milieu des rangées de cabanes. Royale, elle est pourtant humble. Elle ne se montre hautaine avec personne. Elle relève le marmot d’une pauvresse qui a fait une chute à ses pieds en trébuchant dans une course espiègle. Comme il a le visage tout barbouillé de terre et qu’il pleure, elle le nettoie, le console et le rend à sa mère qui accourt. Devant ses excuses, Anne dit :

« Oh, ce n’est rien ! Je suis heureuse qu’il ne se soit pas fait mal. C’est un bel enfant. Quel âge a-t-il ?

– Trois ans. C’est l’avant-dernier et d’ici peu j’en aurai un autre. J’ai six garçons. Maintenant, je voudrais une fille… Pour une maman, une fille compte beaucoup…

– Le Très-Haut t’a bien consolée ! »

Anne soupire.

« Oui, répond la femme. Je suis pauvre, mais les enfants font notre joie et les plus grands nous aident déjà au travail. Et toi, madame (tout montre qu’Anne est d’une condition plus élevée et la femme l’a bien remarqué), combien d’enfants as-tu ?

– Aucun.

– Aucun ? Celui-ci n’est pas le tien ?

– Non, c’est celui d’une très brave voisine. Il fait ma con­so­la­tion…

– Ils sont morts, ou bien…

– Non, je n’en ai jamais eu.

– Oh ! »

La femme la regarde avec pitié.

Sur un soupir, Anne la salue et se rend à sa hutte.

« Je t’ai fait attendre, Joachim. Je me suis entretenue avec une pauvre femme, mère de six garçons, pense donc ! Et elle attend un autre enfant pour bientôt. »

Joachim soupire.

EMV 3.4 · Tome 1, p. 24-25

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3.4 La nuit est toujours plus parsemée d’étoiles et les lumières se font de plus en plus nombreuses sur le campement. Puis, insensiblement, beaucoup d’entre elles s’éteignent. Ce sont celles des personnes qui ont dîné en premier et qui commencent maintenant à dormir. Les rumeurs diminuent peu à peu. On n’entend plus de voix d’enfants. Seuls quelques bébés non sevrés font entendre leur voix de petit agneau qui cherche le lait de sa maman. Le souffle de la nuit passe sur les choses et les personnes, endormant peines et souvenirs, espoirs et rancoeurs. Mais il se peut que ces deux derniers, bien qu’atténués, survivent au contraire dans le sommeil, dans les rêves.

Anne le dit à son mari, tout en berçant Alphée qui s’endort dans ses bras :

« Cette nuit, j’ai rêvé que je viendrai l’an prochain à la Cité sainte pour deux fêtes au lieu d’une seule. Et l’une sera l’offrande au Temple de mon enfant... Oh, Joachim !

– Espère, espère, Anne ! Tu n’as rien appris d’autre ? Le Seigneur n’a-t-il rien murmuré à ton coeur ?

– Rien. Un songe seulement...

– Demain sera le dernier jour de supplication. Nous avons déjà fait toutes les offrandes, mais nous les renouvellerons encore demain, solennellement. Nous vaincrons Dieu par la fidélité de notre amour. Je pense toujours qu’il t’arrivera la même chose qu’à Anne d’Elqana.

– Dieu le veuille... et que je puisse bientôt entendre une voix me dire : “ Va en paix. Le Dieu d’Israël t’a accordé la grâce que tu lui demandais !"

– Si cette grâce t’est donnée, ton enfant te le dira lui-même en se retournant pour la première fois dans ton sein ; ce sera la voix de l’innocence, donc la voix de Dieu. »

Annotation

Je pense toujours qu’il t’arrivera la même chose qu’à Anne d’Elqana. Référence à 1 Samuel 1,1-20

– Dieu le veuille... et que je puisse bientôt entendre une voix me dire : “ Va en paix. Le Dieu d’Israël t’a accordé la grâce que tu lui demandais ! » Référence à 1 Samuel 1, 17. Cette référence à Anne d'Elqana est reprise au Tome 1, chapitre 5, page 25 (EMV 4).

Premier Livre de Samuel 1, 1-20

Sa 1, 1-20 : Il y avait un homme de Ramathaïm-Sophim, de la montagne d'Ephraïm, nommé Elcana, fils de Jéroham, fils d'Eliu, fils de Thohu, fils de Suph, Ephratéen. Il avait deux femmes, dont l'une s'appelait Anne, et l'autre Phénenna ; et Phénenna avait des enfants, mais Anne était sans enfants. Cet homme montait de sa ville, chaque année, pour adorer Yahweh des armées et lui offrir des sacrifices à Silo. Là étaient les deux fils d'Héli, Ophni et Phinées, prêtres de Yahweh. Le jour où Elcana offrait son sacrifice, il donnait des portions de la victime à Phénenna, sa femme, et à tous ses fils et à toutes ses filles ; et il donnait à Anne une double portion, car il aimait Anne, et Yahweh l'avait rendue stérile. Sa rivale l'affligeait encore extrêmement, afin de l'aigrir de ce que Yahweh l'avait rendue stérile. Et chaque année Elcana faisait ainsi, toutes les fois qu'elle montait à la maison de Yahweh, et Phénenna la mortifiait de la même manière. Alors elle pleurait et ne mangeait point. Elcana, son mari, lui disait : « Anne, pourquoi pleures-tu et ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il triste ? Est-ce que je ne suis pas pour toi mieux que dix fils ? »

Anne se leva, après qu'on eut mangé et bu à Silo. — Héli, le grand prêtre, était assis sur un siège devant un des poteaux du temple de Yahweh. — L'âme pleine d'amertume, elle pria Yahweh et versa beaucoup de larmes ; et elle fit un vœu, en disant : « Yahweh des armées, si vous daignez regarder l'affliction de votre servante, si vous vous souvenez de moi et n'oubliez point votre servante, et si vous donnez à votre servante un enfant mâle, je le donnerai à Yahweh pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête. » Comme elle restait longtemps en prière devant Yahweh, Héli observa sa bouche. Anne parlait en son cœur et remuait seulement les lèvres, sans que sa voix se fit entendre. Héli pensa donc qu'elle était ivre, et il lui dit : « Jusques à quand seras-tu dans l'ivresse ? Fais passer ton vin. » Anne répondit : « Non, mon seigneur je suis une femme affligée dans son cœur ; je n'ai bu ni vin ni boisson enivrante, mais j'épanchais mon âme devant Yahweh. Ne prends pas ta servante pour une femme de Bélial, car c'est dans l'excès de ma peine et de ma douleur que j'ai parlé jusqu'ici. » Héli reprit la parole et lui dit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée ! » Elle dit : « Que ta servante trouve grâce à tes yeux ! » Et cette femme alla son chemin ; elle mangea, et son visage n'était plus le même. Ils se levèrent de bon matin et, s'étant prosternés devant Yahweh, ils s'en retournèrent et revinrent dans leur maison à Rama. Elcana connut Anne, sa femme, et Yahweh se souvint d'elle. Après le temps révolu, Anne ayant conçu, enfanta un fils, qu'elle nomma Samuel, « car, dit-elle, je l'ai demandé à Yahweh. »

EMV 3.5-10 · Tome 1, p. 25-27

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Anne et Joachim possédaient la Sagesse

3.5 Jésus dit :

« Les justes sont toujours des sages : amis de Dieu, ils vivent en sa compagnie et il les instruit, lui qui est la Sagesse infinie.

Mes grands-parents étaient des justes et possédaient donc la sagesse. C’est en toute vérité qu’ils pouvaient répéter ce que dit le Livre quand il chante les louanges de la Sagesse dans le livre du même nom : “ C’est elle que j’ai chérie et recherchée dès ma jeunesse ; j’ai cherché à la prendre pour épouse. ”

Anne, fille d’Aaron, était la femme forte dont parle notre aïeul.

Et Joachim, descendant du roi David, recherchait moins le charme et la richesse que la vertu. Anne possédait une grande vertu. En elle, toutes les vertus s’unissaient en un bouquet parfumé de fleurs pour former une réalité unique, la plus belle de toutes : la Vertu. Une vertu réelle, digne de se tenir devant le trône de Dieu.

Joachim avait donc deux fois épousé la sagesse “ en l’aimant plus qu’une autre femme ” : la sagesse de Dieu contenue dans le coeur de la femme juste. Anne n’avait rien cherché d’autre qu’à unir sa vie à celle d’un homme droit, avec la certitude que la droiture fait la joie de la famille.

3.6 Et pour être l’emblème de la “ femme forte ”, il ne lui manquait que d’être couronnée d’enfants, car c’est la gloire d’une épouse, la justification du mariage, dont parle Salomon. Il ne manquait à son bonheur que ces enfants, ces fleurs de l’arbre qui s’est uni à l’arbre voisin et porte de nouveaux fruits en abondance, où les deux bontés se fondent en une, car son époux ne lui avait jamais causé la moindre déception.

3.7 Devenue une vieille femme, épouse de Joachim depuis des dizaines d’années, elle restait pour lui “ l’épouse de sa jeunesse, sa joie, sa biche bien-aimée, sa gracieuse gazelle ”, dont les caresses conservaient la fraîcheur et l’enchantement de leur première soirée nuptiale et charmaient doucement son amour ; celui-ci restait aussi frais qu’une fleur humide de rosée et ardent comme un feu qu’une main ne cesse d’alimenter. C’est pourquoi, dans leur tristesse d’être sans enfant, ils se disaient l’un à l’autre des “ mots de réconfort dans leurs soucis et leurs malheurs ”.

3.8 Quand l’heure fut venue, la Sagesse, après les avoir instruits tout au long de leur vie, les éclaira par des songes nocturnes comme on sonne la diane du poème glorieux qui devait naître d’eux et serait Marie, la toute sainte, ma Mère. Si, dans leur humilité, ils n’imaginèrent pas cela, leur coeur pourtant trembla d’espoir à la première annonce de la promesse de Dieu. Les paroles de Joachim révèlent déjà cette certitude : “ Espère, espère... Nous vaincrons Dieu par la fidélité de notre amour. ” Ils rêvaient d’un fils : ils eurent la Mère de Dieu.

3.9 Les paroles du livre de la Sagesse paraissent avoir été écrites pour eux : “ J’aurai à cause d’elle gloire parmi les foules... J’aurai à cause d’elle l’immortalité et je laisserai un souvenir éternel à ceux qui viendront après moi. ” Mais, pour obtenir tout cela, il leur fallait acquérir la royauté d’une vertu véritable, durable, qu’aucun événement ne saurait atteindre. Vertu de foi, vertu de charité, vertu d’espérance, vertu de chasteté. La chasteté des époux ! Ils la possédèrent, car il n’est pas nécessaire d’être vierge pour être chaste. Les ménages chastes sont gardés par les anges et ils engendrent de bons enfants, qui font de la vertu de leurs parents la norme de leur propre vie.

3.10 Mais à présent, où sont-ils ? Actuellement, on ne veut plus d’enfant, mais on ne veut pas davantage de la chasteté. C’est pourquoi je vous dis que l’amour et la chambre nuptiale sont profanés. ».

Annotation

C’est en toute vérité qu’ils pouvaient répéter ce que dit le Livre quand il chante les louanges de la Sagesse dans le livre du même nom : Voir Sg 8,2 ci-dessous.

Anne, fille d’Aaron, était la femme forte dont parle notre aïeul. Salomon, d’où descend Jésus. Auteur des "Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’Israël" (Proverbes 1,1). Pour la citation, voir Proverbes 31,10-27

Joachim avait donc deux fois épousé la sagesse “ en l’aimant plus qu’une autre femme ” : la sagesse de Dieu contenue dans le coeur de la femme juste. Voir Sg 8, 9 ci-dessous.

Pour être l’emblème de la “femme forte”, il ne lui manquait que d’être couronnée d’enfants, car c’est la gloire d’une épouse, la justification du mariage, dont parle Salomon. Voir Pr 31, 28.

Devenue une vieille femme, épouse de Joachim depuis des dizaines d’années, elle restait pour lui “ l’épouse de sa jeunesse, sa joie, sa biche bien-aimée, sa gracieuse gazelle ”. Voir Pr 5, 18-19. La tradition quasi unanime rapporte qu'Anne était mariée depuis plus de 20 ans, (soit 4 lustres) (cf P.V. Charland, Les trois légendes de Madame Saincte Anne, volume 1 1898, page 11), et qu'elle eut Marie dans sa vieillesse. Cette tradition est également confirmée par Marie d'Agreda (La Cité mystique de Dieu – Livre 1, Chapitre 15, § 209, page 518), comme par Anne-Catherine Emmerich (La Vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006, page 45).

Dans leur tristesse d’être sans enfant, ils se disaient l’un à l’autre des “mots de réconfort dans leurs soucis et leurs malheurs" : voir Sg 8, 9 ci-dessous.

Les paroles du livre de la Sagesse paraissent avoir été écrites pour eux : “ J’aurai à cause d’elle gloire parmi les foules... J’aurai à cause d’elle l’immortalité et je laisserai un souvenir éternel à ceux qui viendront après moi. ” Voir Sg 8, 9-10.

Livre de la Sagesse 8, 2 et 8, 9-10

Sg 8, 2 : Je l'aimai et la recherchai dès ma jeunesse; je cherchai à l'avoir pour épouse, et j'étais épris de sa beauté.

Sg 8, 9-10 : Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu'elle serait pour moi une conseillère de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines. Par elle, me disais-je, j'aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l'honneur auprès des vieillards.

Livre des Proverbes 5, 18-19

Pr 5, 18-19 : Que ta source soit bénie, et mets ta joie dans la femme de ta jeunesse. Biche charmante, gracieuse gazelle, — que ses charmes t'enivrent en tout temps, sois toujours épris de son amour !

Livre des Proverbes 31, 10-31

Pr 31, 10-31 :

LA FEMME FORTE.

ALEPH. Qui peut trouver une femme forte ? Son prix l'emporte de loin sur celui des perles.

BETH. Le cœur de son mari a confiance en elle, et les profits ne lui feront pas défaut.

GHIMEL. Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie.

DALETH. Elle recherche de la laine et du lin, et travaille de sa main joyeuse.

HÉ. Elle est comme le vaisseau du marchand, elle apporte son pain de loin.

VAV. Elle se lève lorsqu'il est encore nuit, et elle donne la nourriture à sa maison, et la tâche à ses servantes.

ZAÏN. Elle pense à un champ, et elle l'acquiert ; du fruit de ses mains, elle plante une vigne.

HETH. Elle ceint de force ses reins, et elle affermit ses bras.

TETH. Elle sent que son gain est bon ; sa lampe ne s'éteint pas pendant la nuit. YOD. Elle met la main à la quenouille, et ses doigts prennent le fuseau.

CAPH. Elle tend la main au malheureux, elle ouvre la main à l'indigent.

LAMED. Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vêtue de cramoisi.

MEM. Elle se fait des couvertures, le byssus et la pourpre sont ses vêtements.

NUN. Son époux est bien connu aux portes de la ville, lorsqu'il siège avec les anciens du pays.

SAMECH. Elle fait des chemises et les vend, et elle livre des ceintures au marchand.

AÏN. La force et la grâce sont sa parure, et elle se rit de l'avenir.

PHÉ. Elle ouvre la bouche avec sagesse, et les bonnes paroles sont sur sa langue.

TSADÉ. Elle surveille les sentiers de sa maison, et elle ne mange pas le pain d'oisiveté.

QOPH. Ses fils se lèvent et la proclament heureuse ; son époux se lève et lui donne des éloges :

RESCH. « Beaucoup de filles se sont montrées vertueuses ; mais toi, tu les surpasses toutes. »

SCHIN. Trompeuse est la grâce, et vaine est la beauté ; la femme qui craint Yahweh est celle qui sera louée.

THAV. Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses œuvres disent sa louange aux portes de la ville.

EMV 4.1-5 · Tome 1, p. 27-30

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

4.1 Je revois la maison de Joachim et d’Anne. Rien n’a changé à l’intérieur, si ce n’est une multitude de branchages en fleurs disposés çà et là dans des amphores et qui proviennent certainement de la taille des arbres du jardin, tout en fleurs. C’est une nuée de bouquets dont la couleur varie du blanc neige au rouge de certains coraux.

Le travail d’Anne, lui aussi, est différent. Sur un métier plus petit que l’autre, elle tisse de belles toiles de lin et chante, en marquant de son pied le rythme du chant. Elle fredonne et sourit... A qui ? A elle-même, à quelque chose qu’elle voit à l’intérieur d’elle. Son cantique est lent et pourtant joyeux. Je l’ai écrit à part pour le suivre, car elle le répète plusieurs fois en y trouvant une sorte de béatitude. Elle le chante avec toujours plus de force et d’assurance, comme si elle en avait trouvé le rythme dans son coeur. Elle commence par le murmurer en sourdine puis, plus assurée, elle le chante sur un ton plus haut et plus rapidement. Je le retranscris parce qu’il est si doux dans sa simplicité...

« Gloire au Seigneur tout-puissant qui a aimé la descendance de David. Gloire au Seigneur !

Du ciel, sa suprême grâce m’a visitée.

Une nouvelle branche a jailli du vieil arbre, et j’en suis heureuse.

Pour la fête des Lumières, l’espérance a jeté sa semence ;

L’air embaumé du mois de Nisan la voit germer.

Ma chair au printemps ressemble à l’amandier en fleurs.

Au soir de sa vie, elle sent qu’elle porte son fruit.

Cette branche porte une rose, un fruit des plus doux,

Une étoile qui scintille, une jeune vie innocente.

C’est la joie de la maison, de l’époux et de l’épouse.

Louange à Dieu, à mon Seigneur, qui a eu pitié de moi.

Sa lumière me l’a annoncé : “ Une étoile viendra vers toi.»

Gloire, gloire ! C’est à toi qu’appartiendra le fruit de cette plante,

Le premier et le dernier, saint et pur comme un don du Seigneur.

C’est à toi qu’il appartiendra ; que la joie et la paix viennent sur terre par lui.

Vole, ma navette. Ton fil tisse la toile de l’enfant.

Il va naître ! C’est vers Dieu que, avec allégresse, s’élève le chant de mon coeur. »

4.2 Joachim entre au moment où elle va répéter son chant pour la quatrième fois.

« Tu es heureuse, Anne ? On dirait que tu es un oiseau qui annonce le printemps. Qu’est-ce donc que ce cantique ? Je ne l’ai jamais entendu de personne. D’où vient-il ?

– De mon coeur, Joachim. »

Anne s’est levée et se dirige vers son époux, tout sourire. Elle paraît plus jeune et plus belle.

« Je ne te savais pas poète », dit son mari en la regardant avec une évidente admiration.

On ne croirait pas deux vieux époux. On lit dans leur regard une tendresse de jeunes mariés.

« Je viens du fond du jardin parce que je t’ai entendue chanter. Cela fait des années que je n’avais plus entendu ta voix de tourterelle amoureuse. Veux-tu me répéter ce cantique ?

– Je te l’aurais répété même si tu ne me l’avais pas demandé. Les fils d’Israël ont toujours confié au chant les cris les plus vrais de leurs espérances, de leurs joies, de leurs peines. Moi, j’ai confié au chant le soin de me dire et de te dire une grande joie. Oui, de me la redire à moi aussi, car c’est une si grande chose que, bien que j’en sois désormais certaine, cela me paraît encore irréel... »

Elle reprend son cantique mais, arrivée à ce passage : “ Cette branche porte une rose, un fruit des plus doux, une étoile... ”, sa voix vibrante de contralto devient tremblante puis se brise. Avec un sanglot de joie, elle regarde Joachim et, levant les bras, elle s’écrie :

« Je suis mère, mon bien-aimé ! »

Et elle se réfugie sur son coeur, entre les bras qu’il lui tend et qu’il resserre maintenant autour de son heureuse épouse. Ils s’embrassent de la façon la plus chaste et la plus heureuse que j’aie jamais vue depuis que je suis au monde. C’est une étreinte à la fois pudique et ardente dans sa chasteté.

Puis vient ce doux reproche à travers les cheveux grisonnants d’Anne :

« Et tu ne me le disais pas ?

– C’est que je voulais en être sûre. A mon âge... me savoir mère... Je ne pouvais vraiment pas le croire... et je ne voulais pas te causer une déception plus amère que tout. C’est depuis la fin de décembre que je sens un renouveau à l’intérieur de moi et la poussée, comme je le dis, d’un nouveau rameau. Mais maintenant, c’est sûr, ce rameau porte un fruit... Tu vois ? Ce linge est déjà pour celui qui va arriver.

– N’est-ce pas le lin que tu as acheté à Jérusalem en octobre ?

– Si. Je l’ai filé dans l’attente et l’espoir.

4.3 J’espérais : le dernier jour, pendant que je priais au Temple, le plus près possible de la maison de Dieu qu’il soit permis à une femme, il se faisait tard... tu te souviens que j’ai dit : “ Encore, encore un peu. ” Je ne pouvais m’arracher à ce lieu sans avoir obtenu cette grâce ! Eh bien, dans l’ombre qui descendait déjà de l’intérieur du lieu sacré, vers lequel mon âme se sentais fortement attirée pour y arracher un “ oui ” du Dieu qui y est présent, j’ai vu jaillir une lumière, une merveilleuse étincelle de lumière. Claire et douce comme la lumière de la lune, elle renfermait pourtant l’éclat de toutes les perles et joyaux de la terre. On aurait dit qu’une des étoiles précieuses du Voile, ces étoiles placées sous les pieds des chérubins, se détachait et prenait la splendeur d’une lumière surnaturelle... J’avais l’impression qu’un feu partait de derrière le Voile sacré, de la Gloire même, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix céleste : “ Que t’arrive ce que tu as demandé ! ” C’est pour cela que je chante : “ Une étoile viendra vers toi ”. Quel enfant sera donc le nôtre, pour se manifester ainsi comme la lumière d’une étoile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fête des Lumières ? Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ? 4.4Comment l’appellerons-nous, notre enfant que je sens doucement me parler en mon sein par les battements de son petit coeur, comme le murmure d’un ruisseau, comme une tourterelle que l’on tient au creux de la main ?

– Si c’est un garçon, nous l’appellerons Samuel. Si c’est une fille, Etoile. Notre étoile, le mot qui a terminé ton cantique pour me donner la joie de me savoir père, et la forme qu’elle a prise pour se manifester dans l’ombre sacré du Temple.

– Etoile, notre étoile. Je ne sais pas, mais je pense, je pense que ce sera une fille. Il me semble que des caresses aussi douces ne peuvent venir que d’une très douce petite fille. Car je ne la porte pas, je n’en éprouve aucune souffrance. C’est elle qui me porte sur un sentier d’azur et de fleurs, comme si j’étais soutenue par les anges et que la terre était déjà loin... J’ai toujours entendu les femmes dire que concevoir et porter un enfant était douloureux. Mais moi, je ne souffre pas. Je me sens forte, jeune, fraîche plus que lorsque je t’ai donné ma virginité à l’époque lointaine de ma jeunesse. Fille de Dieu – car cet enfant éclos sur un tronc desséché appartient plus à Dieu qu’à nous –, elle ne cause aucune peine à sa maman. Elle ne lui apporte que paix et bénédiction, c’est-à-dire les fruits de Dieu, son véritable Père.

– Alors nous l’appellerons Marie. Etoile de notre mer, perle, bonheur. C’est le nom de la première grande femme d’Israël. Mais celle-ci n’offensera jamais le Seigneur. C’est à lui seul qu’elle adressera son cantique, car elle lui est offerte comme une hostie avant même de naître.

– Elle lui est offerte, oui. Garçon ou fille, lorsque notre enfant aura fait notre joie pendant trois ans, nous l’offrirons au Seigneur. Ainsi serons-nous, nous aussi, des hosties avec elle, pour la gloire de Dieu. »

Je ne vois ni n’entends plus rien.

Annotation

Le cantique d'Anne : Marie d'Agreda, dans "La Cité Mystique de Dieu", Livre 1, chapitre 15, § 223 évoque longuement les cantiques d'allégresse de sainte Anne : "elle fut ravie en extase très sublime, où elle puisa de très hautes notions sur les mystères les plus cachés, et célébra le Seigneur par de nouveaux cantiques d'allégresse."

EMV 4.1 · Tome 1, p. 27

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Une nouvelle branche a jailli du vieil arbre, et j’en suis heureuse.

Pour la fête des Lumières, l’espérance a jeté sa semence ;

L’air embaumé du mois de Nisan la voit germer.

Ma chair au printemps ressemble à l’amandier en fleurs.

Détail

Anne chante ce cantique, qui révèle qu'elle est enceinte. Voir l'annotation concernant la fête des Lumières et la conception de Marie.

Annotation

Pour la fête des Lumières, l’espérance a jeté sa semence. Selon J Aulagnier, la Fête des Lumières, ou Encénies, avait lieu, au temps de Jésus, durant la pleine lune suivant la fête de la Dédicace (Hanoukka) Celle-ci avait lieu le 25 Kislev (soit le 10 décembre -22 pour cette période). La conception de Marie a eu lieu à la pleine lune suivante, le 20 décembre -22. Cela correspond à l'évènement que l'Église fête le 8 décembre.

Marie d'Agreda signale que cette conception eu lieu un dimanche (La Cité mystique de Dieu – Livre 1, Chapitre 15, § 218)

L'air embaumé du mois de Nissan. Nissan : Mars -21 soit 3 mois pour annoncer avec certitude à Joachim l'attente d'un bébé.

EMV 4.3 · Tome 1, p. 29-30

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

J’espérais : le dernier jour, pendant que je priais au Temple [lors de la fête des Tentes], le plus près possible de la maison de Dieu qu’il soit permis à une femme, il se faisait tard... tu te souviens que j’ai dit : “ Encore, encore un peu. ” Je ne pouvais m’arracher à ce lieu sans avoir obtenu cette grâce ! Eh bien, dans l’ombre qui descendait déjà de l’intérieur du lieu sacré, vers lequel mon âme se sentais fortement attirée pour y arracher un “ oui ” du Dieu qui y est présent, j’ai vu jaillir une lumière, une merveilleuse étincelle de lumière. Claire et douce comme la lumière de la lune, elle renfermait pourtant l’éclat de toutes les perles et joyaux de la terre. On aurait dit qu’une des étoiles précieuses du Voile, ces étoiles placées sous les pieds des chérubins, se détachait et prenait la splendeur d’une lumière surnaturelle... J’avais l’impression qu’un feu partait de derrière le Voile sacré, de la Gloire même, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix céleste : “ Que t’arrive ce que tu as demandé ! ” C’est pour cela que je chante : “ Une étoile viendra vers toi ”. Quel enfant sera donc le nôtre, pour se manifester ainsi comme la lumière d’une étoile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fête des Lumières ? Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ?

Détail

Conception de Marie. Anne, la mère de Marie, raconte quand son voeu a été exaucé :

Annotation

Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ? Joachim avait en effet parlé de la mère du prophète Samuel dans l'EMV 3.

Sous les pieds des chérubins : Les chérubins (Kéroubim) abondaient dans la décoration du Temple de Salomon (Par exemple : 1 Rois 6,23-35). Les étoiles sont sans doute les étoiles de David ou sceau de Salomon.

J’avais l’impression qu’un feu partait de derrière le Voile sacré, de la Gloire même, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix céleste : “ Que t’arrive ce que tu as demandé ! ” C’est la voix du Rédempteur, comme il l'est indiqué en EMV 4.5 : "La Sagesse descendit elle-même (...) et se fit parole pour la femme stérile" (p. 31).

Quel enfant sera donc le nôtre, pour se manifester ainsi comme la lumière d’une étoile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fête des Lumières ? L’étoile fait partie de la prophétie de Balaam. Nb 24, 17-19. : "Je le vois, mais non comme présent ; je le contemple, mais non de près. Un astre sort de Jacob, un sceptre s'élève d'Israël. Il brise les deux flancs de Moab, il extermine tous les fils du tumulte. Edom est sa possession ; Séïr, son ennemi, est sa possession, et Israël déploie sa vaillance. De Jacob sort un dominateur, il fait périr dans les villes ce qui reste d'Edom."

« Je suis » : le nom même de Dieu tel que défini à Moïse, selon l'Exode 3,14-15. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : « Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS ». Voir la fiche sur le Nom divin.