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Simon le Zélote (apôtre)

Thème : Personnages dans L'Evangile tel qu'il m'a été révélé · Page 4 sur 21

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EMV 83.3-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Le soir descend sur la campagne qui se fait silencieuse. Simon observe le travail des horticulteurs qui arrosent leurs sillons.

83.4 Jésus est resté à sa place quelque temps. Puis il se lève, tourne derrière la maison et s’éloigne dans le verger. Il s’isole. Il va jusqu’à un bosquet touffu où de gros grenadiers sont séparés par des buissons peu élevés qui pourraient bien être des groseilliers. Mais je ne sais rien de précis. Ils n’ont pas de fruits et je connais peu leur feuillage. Jésus se cache là derrière. Il s’agenouille. Il prie... et puis se courbe, le visage contre terre, sur l’herbe et il pleure. C’est du moins ce que ses soupirs profonds et comme entrecoupés me laissent deviner. Ce sont des pleurs découragés, sans sanglots, mais tellement tristes !

Il passe un long moment dans cette attitude. La lumière du crépuscule s’affaiblit, mais il ne fait pas encore assez nuit pour empêcher de voir. Et dans cette faible clarté, on distingue par-dessus un groseillier la vilaine et honnête figure de Simon. Il regarde, cherche des yeux et finit par distinguer la forme toute pelotonnée du Maître, couvert de son manteau bleu foncé qui le fait presque disparaître dans les ombres du sol. On voit à peine sa tête blonde et ses mains jointes en prière qui s’élèvent au-dessus de sa tête appuyée sur ses poignets. Simon le regarde de ses yeux un peu bovins. Aux soupirs que Jésus pousse, il comprend sa tristesse, et sa bouche, aux lèvres épaisses et presque violettes, s’ouvre :

« Maître ! » appelle-t-il.

Jésus lève la tête.

« Tu pleures, Maître, pourquoi ? Me permets-tu de venir ? »

Le visage de Simon exprime l’étonnement et la peine. C’est un homme laid, décidément. Aux traits disgracieux, au teint olivâtre foncé, se joint la trace bleuâtre et profonde des cicatrices laissées par sa maladie. Mais il a un regard si bon que sa laideur disparaît.

« Viens, Simon, mon ami. »

Jésus s’est assis dans l’herbe. Simon s’assied à côté de lui.

« Pourquoi es-tu triste, mon Maître ? Moi, je ne suis pas Jean et je ne saurais t’offrir tout ce que lui te donne. Mais j’ai en moi le désir de t’apporter du réconfort. Et je n’ai qu’une douleur : celle d’être incapable de le faire. Dis-moi : t’ai-je donc déplu, ces derniers jours, au point que tu es accablé de devoir rester avec moi ?

– Non, mon bon ami, tu ne m’as jamais déplu depuis le moment où je t’ai vu. Et je crois que je n’aurai jamais aucune raison de souffrir par ta faute.

– Et alors, Maître ? Je ne suis pas digne de tes confidences, mais par mon âge, je pourrais presque être un père pour toi, et tu sais quel désir j’ai toujours eu d’avoir un fils... Laisse-moi te caresser comme si tu étais mon enfant et qu’en ce moment de peine je te tienne lieu de père et de mère. C’est de ta Mère que tu as besoin pour oublier tant de choses...

– Oh oui, de ma Mère !

– Eh bien ! en attendant que tu puisses te consoler auprès d’elle, laisse à ton serviteur la joie de te consoler. 83.5 Tu pleures, Maître, parce que quelqu’un t’a déplu. Depuis plusieurs jours, ton visage est comme le soleil quand les nuages le voilent. Je t’observe. Ta bonté cache ta blessure, pour qu’on ne déteste pas celui qui te blesse. Mais cette blessure te fait souffrir et te donne la nausée. Mais dis-moi, mon Seigneur : pourquoi n’éloignes-tu pas la source de cette peine ?

– Parce que, humainement, c’est inutile et ce serait contre la charité.

– Ah ! Tu as compris que je parle de Judas ! C’est à cause de lui que tu souffres. Comment peux-tu, toi la Vérité, supporter ce menteur ? Il ment sans changer de couleur. Il est plus fourbe qu’un renard, plus fermé qu’un rocher. Aujourd’hui, il est parti. Pour quoi faire ? Combien d’amis peut-il donc avoir ? Je souffre de te laisser, mais je voudrais le suivre et voir... Oh, mon Jésus ! Cet homme... éloigne-le, mon Seigneur.

– C’est inutile. Ce qui doit arriver arrivera.

– Que veux-tu dire ?

– Rien de particulier.

– Tu l’as laissé volontiers partir parce que... parce qu’il t’a dégoûté par son comportement à Jéricho.

– C’est vrai. Simon, je te le répète : ce qui doit arriver arrivera, et Judas fait partie de cet avenir. Lui aussi doit y être !

– Mais Jean m’a dit que Simon-Pierre est toute franchise, tout feu... Est-ce qu’il le supportera, celui-là ?

– Il doit le supporter. Pierre a lui aussi son rôle à jouer et Judas est la trame sur laquelle il doit tisser ce rôle. Si tu préfères, c’est l’école où Pierre se formera plus qu’avec tout autre. Etre bon avec Jean, comprendre les âmes qui lui ressemblent, c’est à la portée même des idiots. Mais être bon avec un Judas, savoir comprendre les âmes comme la sienne et leur servir de médecin et de prêtre, c’est difficile. Judas est votre enseignement vivant.

– Le nôtre ?

– Oui, le vôtre. Le Maître n’est pas éternel sur la terre. Il s’en ira après avoir mangé le pain le plus dur et bu le vin le plus âpre. Mais vous, vous resterez pour me continuer... et vous devez savoir. Car le monde ne finit pas avec le Maître, il durera jusqu’au retour final du Christ et au jugement final de l’homme. Et, en vérité, je te dis que pour un Jean, un Pierre, un Simon, un Jacques, un André, un Philippe, un Barthélemy, un Thomas, il y a au moins sept Judas. Sinon plus, plus encore !... »

Simon réfléchit en silence. Puis il reprend :

« Les bergers sont bons, Judas les méprise, mais, moi, je les aime.

– Je les aime et je fais leur éloge.

– Ce sont des âmes simples, comme il faut l’être pour te plaire.

– Judas a vécu en ville.

– C’est là son unique excuse. Mais il y en a tant qui ont vécu en ville, et pourtant... 83.6 Quand viendras-tu chez mon ami ?

– Demain, Simon. Ce sera avec plaisir car nous sommes seuls, toi et moi. Je pense que c’est un homme cultivé et qui a, comme toi, de l’expérience.

– Il souffre beaucoup... Dans son corps et plus encore dans son coeur. Maître... je voudrais te demander une chose : s’il ne te parle pas de lui-même de ses tristesses, ne l’interroge pas, toi, sur sa maison.

– Je ne le ferai pas. Je suis venu pour ceux qui souffrent, mais je ne force pas les confidences. Le chagrin a sa pudeur...

– Et moi, je ne l’ai pas respectée... Mais j’ai senti tant de peine chez toi...

– Tu es mon ami et tu avais déjà donné un nom à ma douleur. Moi, pour ton ami, je suis le Rabbin inconnu. Quand il me connaîtra... Alors... Partons. La nuit est venue. Ne faisons pas attendre nos hôtes qui sont fatigués. Demain, à l’aube, nous irons à Béthanie. »

Détail

Simon est seul avec Jésus dans la campagne. Et Jésus se retire pour prier, après le départ de Judas, qui a menti à Jéricho pour vendre effrontément les bijoux d'Aglaé,

EMV 83.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

« Tu pleures, Maître, pourquoi ? Me permets-tu de venir ? »

Le visage de Simon exprime l’étonnement et la peine. C’est un homme laid, décidément. Aux traits disgracieux, au teint olivâtre foncé, se joint la trace bleuâtre et profonde des cicatrices laissées par sa maladie. Mais il a un regard si bon que sa laideur disparaît.

« Viens, Simon, mon ami. »

Détail

Description physique de Simon le Zélote.

EMV 84 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Jésus vient à Béthanie. C'est sa première rencontre avec Lazare. Celui-ci affirme bien vite qu'il a foi dans le Christ : il croit que c'est le Messie. Un peu plus tard, les trois hommes se restaurent : Lazare apprend à Simon que sa maison a été rachetée par quelqu'un d'anonyme (Matthieu). Le Zélote désire juste que son vieux serviteur puisse rester dans sa maison, et l'acheteur y a concédé. Lazare demande ensuite au Maître s'il utilise des paroles sévères ou des paroles de pitié, et Jésus répond qu'il utilise l'amour. Brève évocation de l'Olympe et des sables mouvants qui enlisent le coupable, mais une parole d'amour peut les aider à en sortir. Lazare parle ensuite de ses lectures, car il lit des oeuvres grecques et romaines pour les confronter à leurs livres juifs et y voir la Doctrine de Dieu. Jésus dit qu'il n'y a pas de mal à lire ses livres, tant que l'idée de Dieu n'est pas altérée en lui. Il rappelle que chaque action n'est pas péché si on agit saintement.

EMV 84.1-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

(...) Jésus et Simon marchent sur un petit chemin qui s’écarte de la route principale avec laquelle il forme un V. Ils s’avancent vers de magnifiques vergers et des champs de lin de la taille d’un homme, prêts à être coupés. D’autres champs, plus loin, montrent une grande tache rouge de coquelicots dans le jaune des blés.

« Nous sommes déjà dans les propriétés de mon ami. Tu vois, Maître, que la distance ne dépassait pas les prescriptions de la Loi. Je ne me serais jamais permis de te tromper. Derrière cette pommeraie, il y a l’enceinte du jardin où se trouve la maison. Je t’ai fait justement arriver par ce raccourci pour ne pas dépasser le mille prescrit par la Loi.

– Il est très riche, ton ami !

– Très, mais pas heureux. Il a encore des propriétés ailleurs.

– Il est pharisien ?

– Son père ne l’était pas. Lui... observe strictement la Loi. Je te l’ai dit : c’est un véritable israélite. »

Ils marchent encore un peu. On arrive à un mur élevé ; de l’autre côté on distingue à peine la maison à travers une multitude d’arbres. Le terrain est ici un peu surélevé, mais pas assez pour permettre au regard de découvrir le jardin, si vaste que nous le qualifierions plutôt de parc.

Ils tournent à l’angle du mur qui continue à la même hauteur, laissant retomber de son sommet des branches toutes couvertes de roses et de jasmins parfumés et splendides avec leurs corolles humides de rosée.

84.2 Voici la lourde grille de fer ouvragé. Simon actionne le battant de bronze.

« L’heure est bien matinale pour entrer, Simon, objecte Jésus.

– Oh ! Mon ami se lève avec le soleil car il ne trouve d’agrément que dans son jardin et dans ses livres. La nuit est un tourment pour lui. Ne tarde pas, Maître, à lui donner ta joie. »

Un serviteur ouvre la grille.

« Aseo, je te salue. Dis à ton maître que Simon le Zélote est arrivé avec son ami. »

Le serviteur s’éloigne vivement, après les avoir fait entrer, en disant :

« Votre serviteur vous salue. Entrez : la maison de Lazare est ouverte aux amis. »

Simon, qui est un habitué, tourne non pas vers le chemin principal, mais vers un sentier entouré d’une bordure de rosiers qui mène à une tonnelle de jasmins.

En effet, c’est par-là que depuis un instant s’avance Lazare, maigre et pâle, comme je l’ai toujours vu, avec des cheveux courts, peu épais et sans boucles, et une petite barbiche raide qui se limite au menton. Habillé de lin très blanc, il marche difficilement, comme quelqu’un qui a mal aux jambes. A la vue de Simon, il le salue affectueusement puis, comme il le peut, court vers Jésus, se jette à genoux et se baisse jusqu’au sol pour embrasser la frange de son vêtement, en disant :

« Je ne suis pas digne d’un tel honneur. Mais puisque ta sainteté s’abaisse jusqu’à ma misère, viens, mon Seigneur, entre et sois le Maître dans ma pauvre maison.

– Relève-toi, mon ami, et reçois ma paix. »

Lazare se lève et baise les mains de Jésus ; il le regarde avec une vénération qui n’est pas exempte de curiosité. Ils marchent vers la maison.

« Comme je t’ai attendu, Maître ! Chaque matin, à l’aube, je disais : “ Il va venir aujourd’hui ”, et chaque soir : “ Au­jourd’hui encore, il n’est pas venu ! ”

– Pourquoi m’attendais-tu si anxieusement ?

– Parce que... 84.3 qui attendons-nous, nous le peuple d’Israël, si ce n’est toi ?

– Et tu crois que c’est moi, l’Attendu ?

– Simon ne m’a jamais menti, et ce n’est pas un garçon qui s’exalte pour des nuées mensongères. L’âge et la souffrance l’ont mûri comme un sage. Et puis... même s’il ne t’avait pas connu dans la réalité de ton être, tes oeuvres auraient parlé et t’auraient proclamé “ Saint ”. Qui fait les oeuvres de Dieu doit être un homme de Dieu. Or toi, tu les fais. Et tu les accomplis de telle façon qu’elles proclament que tu es bien l’Homme de Dieu. Lui, mon ami, est venu à toi, attiré par ta renommée de thaumaturge, et il a obtenu le miracle. Et je sais que ton chemin est marqué par d’autres miracles. Pourquoi donc ne pas croire que tu es l’Attendu ? Ah ! Il est si doux de croire à ce qui est bon !

Détail

Simon le Zélote va à Béthanie avec Jésus. Maria remarque que c'est un habitué des lieux. En 84.3, Lazare parle à Jésus et énonce brièvement son ami.

EMV 84.4-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

Jésus boit du lait que Lazare veut absolument lui servir de sa main avant de s’asseoir pour le repas du matin.

Je m’aperçois que Lazare se tourne vers Simon et lui dit :

« J’ai trouvé l’homme qui est disposé à acheter tes biens, et au prix que ton intendant a estimé juste. Pas une drachme de moins.

– Mais est-il disposé à observer mes conditions ?

– Oui, il accepte tout pour entrer en possession de ces terres, et j’en suis heureux, parce que, au moins, je sais qui j’aurai comme voisin. Pourtant, de même que tu veux ne pas assister à la vente, lui aussi veut te demeurer inconnu. Je te prie d’accéder à son désir.

– Je n’ai nulle raison de m’y opposer. Toi, mon ami, tu me remplaceras... Tout ce que tu feras sera bien. Il suffit que mon fidèle serviteur ne soit pas mis à la rue... Maître : je vends, et pour ma part je suis heureux de n’avoir plus rien qui m’attache à quoi que ce soit d’autre que ton service. Mais j’ai un serviteur fidèle qui est âgé, le seul qui m’est resté après mon malheur. Comme je te l’ai déjà dit, il m’a toujours aidé pendant que j’étais banni de la société. Il a pris soin de mes biens comme si c’étaient les siens, en les faisant passer, grâce à Lazare, pour ses biens à lui pour me sauver et subvenir à mes besoins, grâce à eux. Maintenant qu’il est âgé, il ne serait pas juste que je le laisse sans toit. J’ai décidé qu’une petite maison, à la limite de la propriété, reste en sa possession et qu’une partie de la somme lui soit remise pour ses besoins à venir. Les vieillards, tu sais, sont comme du lierre : quand ils ont toujours vécu dans un endroit, ils souffrent trop qu’on les en arrache. Lazare voulait le prendre chez lui, parce que Lazare est bon. Mais j’ai préféré agir ainsi. Mon vieux serviteur souffrira moins...

84.5 – Toi aussi, tu es bon, Simon. S’il n’y avait que des justes comme toi, ma mission serait plus facile..., souligne Jésus.

EMV 85.1-2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

85.1 Jésus est à Jérusalem avec Simon. Ils fendent la foule des marchands et des ânes qui ressemble à une procession dans la rue. Ce faisant, Jésus dit :

« Montons au Temple avant d’aller à Gethsémani. Nous prierons le Père dans sa Maison.

– Cela seulement, Maître ?

– Cela seulement. Je ne puis rester. Demain à l’aube, il y a le rendez-vous à la Porte des Poissons et, si la foule me retient, comment puis-je être libre d’y aller ? Je veux voir les autres bergers. Je les dissémine, ces vrais bergers, à travers la Palestine pour qu’ils rassemblent les brebis et pour que le Maître du troupeau soit connu au moins de nom. Ainsi, quand je dirai ce nom, elles sauront que c’est moi le Maître du troupeau et elles viendront à moi pour se faire caresser.

– Il est doux d’avoir un Maître comme toi. Les brebis t’aimeront.

– Les brebis... mais pas les boucs... Après avoir vu Jonas, nous irons à Nazareth, puis à Capharnaüm. Simon Pierre et les autres souffrent d’une si longue absence... Nous irons leur faire plaisir et nous faire plaisir. L’été aussi nous donne ce conseil. La nuit est faite pour le repos et trop peu nombreux sont ceux qui font passer le repos après la connaissance de la vérité. L’homme... Ah ! L’homme ! Il oublie trop qu’il a une âme. Il ne pense qu’à la chair et ne se soucie que d’elle. De jour, le soleil est brûlant. Il empêche de voyager et d’enseigner sur les places et dans les rues. Il fait sommeiller les âmes comme les corps, tellement il les fatigue. Alors... allons enseigner mes disciples. Là, dans la douce Galilée, verte et aux eaux fraîches. 85.2 Tu n’y es jamais allé ?

– Une fois, en passant et en hiver, dans un de mes pénibles déplacements d’un médecin à l’autre. Elle m’a plu...

– Oh ! Elle est belle, et en toute saison. En hiver et plus encore aux autres saisons. Maintenant, en été, elle a des nuits tellement angéliques... Oui, elles semblent faites pour que s’y déploient des vols d’anges, tant elles sont pures. Le lac... le lac, dans son cadre de montagnes plus ou moins proches, semble fait pour parler de Dieu aux âmes qui le cherchent. C’est un morceau de ciel tombé dans la verdure, et le firmament ne l’abandonne pas, mais s’y mire avec ses astres et en multiplie ainsi le nombre... comme pour les présenter au Créateur, disséminés sur une plaque de saphir. Les oliviers descendent presque jusqu’aux eaux et sont pleins de rossignols. Eux aussi chantent leur louange au Créateur qui les fait vivre à cet endroit si doux et si tranquille.

Et ma ville de Nazareth ! Elle s’offre au baiser du soleil, toute blanche et verte, riante, entre les deux géants du grand et du petit Hermon et le piédestal des monts qui soutiennent le Thabor, piédestal aux douces pentes toutes vertes qui dressent en face du soleil leur Thabor souvent neigeux, mais si beau quand le soleil en enveloppe le sommet ! Il prend alors des couleurs d’albâtre teinté de rose, pendant que, en face, le mont Carmel se change en lapis-lazuli à certaines heures de grand soleil où les marbres, les eaux, les bosquets et les prés y dessinent des veines de couleurs variées, et une délicate améthyste au lever du jour ; puis un béryl bleu-violet vers le soir, et un seul bloc de sardoine quand la lune le montre tout sombre sous sa lumière argentée et laiteuse. Et, en bas, au midi, se trouve le tapis fertile et fleuri de la plaine d’Esdrelon.

Et puis... et puis, oh ! Simon ! Il y a là-bas une fleur ! C’est une fleur qui vit dans la solitude en exhalant pureté et amour pour son Dieu et pour son Fils : il y a ma Mère. Tu feras sa connaissance, Simon, et tu me diras s’il est sur la terre une créature comme elle, même en fait de grâce humaine. Elle est belle, mais ce qui émane de son intérieur surpasse toute cette beauté. Si un homme brutal la dévêtait, la balafrait et la renvoyait errante, elle aurait encore tout l’aspect d’une reine en robe royale, car sa sainteté la revêtirait d’un manteau de splendeur. Le monde pourra bien me faire tout le mal possible, je lui pardonnerai tout parce que pour venir au monde et le racheter, je l’ai eue, elle, l’humble et grande Reine du monde. Le monde l’ignore, mais c’est par elle qu’il a eu le Bien et qu’il l’aura encore davantage au cours des siècles.

Nous voici au Temple. Nous observons la forme judaïque du culte, mais, en vérité, je te dis que la vraie Maison de Dieu, l’Arche Sainte, c’est son coeur, dont le voile est sa chair très pure, sur laquelle ses vertus tissent une merveilleuse broderie. »

Détail

Jésus discute avec Simon le Zélote. Ils parlent des Bbergers de Bethléem, puis de Pierre et des autres disicples, avant de terminer sur la belle Galilée, la ville de Nazareth. Jésus évoque enfin la Vierge Marie, que Simon rencontrera bientôt.

EMV 85.3-5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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85.3 Ils sont entrés et traversent un premier palier. Ils passent par un portique et se dirigent vers un second palier.

« Maître : regarde là-bas Judas au milieu d’un groupe de gens ! Il y a aussi des pharisiens et des membres du Sanhédrin. Je vais écouter ce qu’il dit. Me laisses-tu y aller ?

– Va, je t’attendrai près du Grand Portique. »

Simon part rapidement et se place de façon à entendre, mais sans être vu...

Judas parle avec beaucoup de conviction :

« ... et il y a ici des personnes que tous vous connaissez et respectez, qui peuvent dire ce que j’étais. Eh bien ! je vous dis que lui, il m’a changé. Je suis le premier racheté. Beaucoup d’entre vous vénèrent Jean-Baptiste. Lui aussi le vénère et l’appelle “ le saint, pareil à Elie pour sa mission, mais encore plus grand qu’Elie. ” Donc, si tel est Jean-Baptiste, il ne peut être que le Messie, celui que Jean-Baptiste appelle “ l’Agneau de Dieu ” en jurant qu’en raison de sa sainteté, il l’a vu couronné du Feu de l’Esprit de Dieu, tandis qu’une voix venue du Ciel le proclamait : “ Fils bien-aimé de Dieu qu’il faut écouter ” ... Et il l’est. Je vous le jure. Je ne suis pas un rustre, ni un sot. C’est bien lui. Je l’ai vu à l’oeuvre, j’ai entendu ses paroles et je vous dis : c’est lui le Messie. Le miracle lui obéit comme un esclave obéit à son maître. Maladies et malheurs disparaissent sans laisser de traces et se changent en joie et santé. Et les coeurs changent encore plus que les corps. Vous le voyez chez moi. N’avez-vous pas de malades, de peines à lui présenter ? Si oui, venez demain à l’aube à la Porte des Poissons. Il y sera et vous satisfera. En attendant, voilà : en son nom, je donne aux pauvres ce secours. »

Judas distribue alors des pièces de monnaie à deux estropiés et à trois aveugles et pour finir oblige une petite vieille à accepter les dernières pièces.

85.4 Puis il congédie la foule et reste avec Joseph d’Arimathie, Nicodème et d’autres qui me sont inconnus.

« Ah ! Maintenant, je vais bien ! S’exclame Judas. Je n’ai plus rien et je suis comme il le veut.

– Vraiment, je ne te reconnais plus. Je croyais que c’était une plaisanterie, mais je vois que tu agis sérieusement, s’exclame Joseph.

– Très sérieusement. Je suis le premier à ne pas me reconnaître ! Je suis encore une bête immonde par rapport à lui, mais j’ai déjà changé.

– Et tu n’appartiendras plus au Temple ? demande l’un des auditeurs qui me sont inconnus.

– Ah non ! J’appartiens au Christ. Celui qui s’en approche, à moins d’être une vipère, ne peut que l’aimer et ne désire plus que lui.

– Il ne viendra plus ici ? demande Nicodème.

– Bien sûr que si, il reviendra. Mais pas maintenant.

– Je voudrais l’entendre.

– Il a déjà parlé ici, Nicodème.

– Je le sais. J’étais avec Gamaliel... je l’ai vu... mais je ne me suis pas arrêté.

– Nicodème, qu’a dit Gamaliel ?

– Il a dit : “ C’est quelque nouveau prophète. ” Rien d’autre.

– Et tu ne lui as pas rapporté ce que, moi, je t’ai dit, Joseph ? Tu es son ami...

– Je l’ai fait, mais il m’a répondu : “ Nous avons déjà Jean-Baptiste et, selon l’enseignement des scribes, il doit se passer au moins cent ans entre lui et le Messie pour préparer le peuple à la venue du Roi. Moi, je dis qu’il en faut moins, a-t-il ajouté, car les temps sont désormais accomplis. ” Et il a dit enfin : “ Cependant, je ne peux admettre que le Messie se manifeste ainsi... Un jour, j’ai cru que la manifestation du Messie était commencée parce que sa première lueur avait été vraiment un éclair céleste. Mais après... il s’est fait un grand silence et je pense m’être trompé. ”

– Essaie d’en parler encore. Si Gamaliel était avec nous, et vous avec lui...

– Je ne vous le conseille pas, objecte l’un des trois inconnus. Le Sanhédrin est puissant et Hanne le domine avec ruse et avidité. Si ton Messie veut vivre, je lui conseille de rester dans l’ombre. A moins qu’il ne s’impose par la force. Mais dans ce cas, il y a Rome...

– Si le Sanhédrin l’entendait, il se convertirait au Christ.

– Ha, ha, ha ! S’exclament en riant les trois inconnus. Judas, nous te croyions changé, mais encore intelligent. Si ce que tu dis de lui est vrai, comment peux-tu penser que le Sanhédrin le suive ? Viens, viens. Joseph ! Cela vaut mieux pour tous. Que Dieu te protège, Judas, tu en as besoin. »

Et ils s’en vont. Judas reste seul avec Nicodème.

85.5 Simon s’éclipse et revient vers le Maître.

« Maître, je m’accuse d’avoir commis une calomnie, en paroles et dans mon coeur. Cet homme me désoriente. Je le prenais presque pour ton ennemi, or je l’ai entendu parler de toi en des termes tels que peu d’entre nous le font, spécialement ici où la haine pourrait supprimer d’abord le disciple, puis le Maître. Et je l’ai vu donner de l’argent aux pauvres et chercher à convaincre des membres du Sanhédrin...

– Tu l’as vu, Simon ? Je suis content que tu l’aies vu en pareille circonstance. Tu le répèteras aux autres quand ils l’accuseront. Bénissons le Seigneur pour cette joie que tu me donnes et pour ton honnêteté d’avouer avoir péché, ainsi que pour le travail du disciple que tu croyais malfaisant, mais qui ne l’est pas. »

Ils prient longuement puis ils sortent.

« Il ne t’a pas vu ?

– Non. J’en suis sûr.

– Ne lui en parle pas. C’est une âme très malade. Un éloge lui ferait l’effet d’une nourriture donnée à un convalescent en proie à une grande fièvre stomacale. Elle le rendrait pire, car il se glorifierait d’avoir été remarqué. Et là où entre l’orgueil...

– Je me tairai.

Détail

Jésus et Simon le Zélote sont dans le Temple. Pour rappel, dans l'EMV 83, Jésus a pleuré à cause de Judas et Simon s'en est aperçu. Il s'en défie quelque peu.

EMV 86.1 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

86.1 Encore une aurore. Encore les défilés d'ânes qui se pressent près de la Porte des Poissons toujours fermée. Et encore Jésus avec Simon et Jean. Des marchands le reconnaissent et se groupent autour de lui.

Détail

Simon et Jean suivent le Maître dans Jérusalem.

EMV 86.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

86.3 – Judas tarde, et les bergers aussi, constate Simon.

– Tu attends quelqu'un, Galiléen ? demande le soldat qui a écouté le discours avec attention.

– Des amis.

– Viens à l'ombre, dans l'entrée. Le soleil tape dur dès les premières heures. (...)

Jésus se tient dans la pénombre de l'entrée, Jean est tourné vers la ville, Simon est assis sur une pierre qui lui sert de banquette.

Détail

Les bergers ne sont pas nommés, mais si l'on croit l'EMV 82.5, il doit s'agir de Lévi et de Joseph, car Jésus dit quatre chapitres plus tôt : "Joseph reviendra avec Lévi. Le rendez-vous sera dans dix jours près de la Porte des Poissons à Jérusalem, à la première heure."

EMV 87 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Détail

Lévi, Joseph, les bergers, sont sans doute présents dans ce chapitre, mais ils n'interviennent guère. Isaac affirme que les meilleurs sont les humbles et les petits de Yutta. Il y a en effet beaucoup de résistance dans l'évangélisation : pourtant, le berger veut continuer son travail de disciple. Il donne une belle leçon à Judas : ne pas se décourager, ne pas regarder le passé. Dire merci à Dieu si on a réussi à faire quelque chose aujourd'hui ; sinon, il faut demander son secours pour demain. Jésus rebondit là-dessus pour dire que l'essentiel, c'est d'aller de l'avant, sans lassitude, sans découragement, qui est déjà une forme d'orgueil. Judas demande alors quand il sera connu dans le monde et Jésus explique qu'il ne le sera jamais car le monde ne veut pas être sauvé. Pour le moment, l'Iscariothe cherche à être bon. Jésus donne ensuite sa bénédiction à Isaac qui évangélisera la Judée, et qui quitte donc le groupe.