EMV 119.2-3 · Tome 2, p. 289-291
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
– Moi... moi, je voudrais avouer mon erreur... Je l’ai dite à Jean-Baptiste, mais je me suis sauvé, tant il m’a adressé de reproches. Je pense ne plus pouvoir être pardonné, ajoute un autre.
– Qu’as-tu donc fait ?
– Beaucoup de mal. C’est à lui que je le dirai. Qu’en pensez-vous ? Me maudira-t-il ?
– Non, je l’ai entendu parler à Bethsaïde. Je m’y trouvais par hasard. Quelles paroles ! Il parlait d’une pécheresse. Ah ! J’aurais presque voulu être elle pour les mériter, dit un imposant vieillard.
119.3 – Le voilà qui vient, crient plusieurs voix.
– Miséricorde ! J’ai honte ! Dit le coupable, prêt à s’enfuir.
– Où fuis-tu, mon fils ? As-tu le coeur si noir pour haïr la Lumière au point de devoir la fuir ? As-tu tellement péché que tu aies peur de moi, qui suis le Pardon ? Mais quel péché peux-tu avoir commis ? Même si tu avais tué Dieu, tu ne devrais pas craindre, si tu as en toi un repentir sincère. Ne pleure pas ! Ou plutôt, viens, pleurons ensemble. »
Jésus qui, en levant la main, a arrêté sa fuite, le serre maintenant contre lui. Puis il se tourne vers ceux qui attendent et leur dit :
« Un moment seulement, pour soulager ce coeur, puis je viens à vous. »
Il s’éloigne de la maison, mais, en tournant au coin, il se heurte à la femme voilée qui est à son poste d’écoute. Jésus la regarde un moment fixement, puis il fait encore une dizaine de pas et s’arrête :
« Qu’as-tu fait, mon fils ? »
L’homme tombe à genoux. C’est un homme d’une cinquantaine d’années. Un visage brûlé par les passions et dévasté par quelque tourment secret. Il tend les bras et s’écrie :
« Pour dépenser avec les femmes tout l’héritage paternel, j’ai tué ma mère et mon frère... Je n’ai plus eu de paix... Ma nourriture... du sang ! Mon sommeil... un cauchemar... Mon plaisir... Ah ! Sur le sein des femmes, dans leur cri luxurieux, je sentais le cadavre glacé de ma mère morte, j’entendais le râle de mon frère empoisonné. Maudites soient les femmes de plaisir, ces vipères, ces méduses, ces murènes insatiables, elles ont fait ma ruine, ma ruine, ma ruine !
– Ne maudis pas. Moi, je ne te maudis pas...
– Tu ne me maudis pas ?
– Non. Je pleure et je prends sur moi ton péché !... Comme il est lourd ! Il me brise les membres, mais je l’étreins étroitement, pour le consumer à ta place... et à toi, je donne mon pardon. Oui. Je te remets ton grand péché. »
Il étend les mains sur la tête de l’homme qui sanglote et prie :
« Père, c’est pour lui aussi que mon sang sera versé. En attendant, voici mes larmes et ma prière. Père, pardonne-lui car il s’est repenti. Ton Fils, au jugement duquel tout est remis, le veut !... »
Il reste encore quelques minutes dans cette position, puis il se penche, relève l’homme et lui dit :
« Ta faute est remise. A toi, maintenant, d’expier par une vie de pénitence ce qui reste de ton délit.
– Est-ce que Dieu m’a pardonné ? Et ma mère ? Et mon frère ?
– Ce que Dieu pardonne, tous le pardonnent. Va et ne pèche jamais plus. » (...)
[Plus tard, en commençant son discours, Jésus évoquera cet homme et dira : ]
« Une âme est revenue au Seigneur. Bénie soit sa toute-puissance qui arrache à l’emprise du démon les âmes qu’il a créées et les remet sur le chemin du Ciel. Pourquoi cette âme s’était-elle perdue ? Parce qu’elle avait perdu de vue la Loi. »
Détail
Un homme a gravement péché et vient trouver le Christ. Il a honte de ses actes, mais Jésus l'invite à ne pas le fuir et à aller à lui. C'est un exemple concret du sacrement de réconciliation dans l'Œuvre, et c'est une preuve qu'il faut bien remettre les péchés comme l'Eglise l'enseigne.