EMV 155.4-5 · Tome 2, p. 509-511
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
155.4 Une femme grande et plantureuse appelle Lucius qui quitte Jésus en s’écriant : « Maman ! » et il lance à la femme :
« J’ai un grand ami, tu sais ? C’est un maître ! ... »
Au lieu de s’éloigner avec son fils, la femme vient vers Jésus et l’interroge :
« Salut. C’est toi, l’homme de Galilée qui parlait hier au port ?
– Oui, c’est moi.
– Alors attends-moi là. Je reviens tout de suite. »
Et elle s’en va avec l’enfant.
Entre-temps les autres apôtres sont arrivés, sauf Matthieu et Jean. Ils demandent :
« Qui était-ce ?
– Une romaine, je crois, répondent Simon et les autres.
– Et que voulait-elle ?
– Elle nous a dit d’attendre ici. Nous n’allons pas tarder à le savoir. »
Cependant, des gens se sont approchés et attendent avec curiosité.
La femme revient avec d’autres romains.
« Tu es donc le Maître ? » interroge un homme qui semble être le serviteur d’une maison riche. Après confirmation, il demande :
« Cela t’ennuierait-il de guérir la petite fille d’une amie de Claudia ? L’enfant est mourante car elle s’étouffe et le médecin ne sait pas de quoi elle meurt. Hier soir, elle était en bonne santé. Ce matin, elle est à l’agonie.
– Allons-y. »
Ils font quelques pas dans une rue qui mène à l’endroit où ils étaient hier et arrivent au portail grand ouvert d’une maison habitée, semble-t-il, par des romains.
« Attends un moment. »
L’homme entre rapidement et revient aussitôt en disant :
« Viens. »
155.5 Mais, avant même que Jésus puisse entrer, une jeune femme d’aspect distingué, mais visiblement au désespoir en sort. Elle tient dans les bras une petite fille de quelques mois qui s’abandonne, livide comme un noyé. A mon avis, elle a une diphtérie aiguë et est sur le point de mourir. La femme se réfugie sur la poitrine de Jésus, comme un naufragé sur un écueil. Ses pleurs sont tels qu’elle ne peut parler.
Jésus prend l’enfant qui a de petits mouvements convulsifs dans ses menottes cireuses aux ongles déjà violets. Il la lève. Sa petite tête pend sans force, en arrière. Sa mère, sans montrer le moindre orgueil d’une romaine devant un hébreu, s’est laissée glisser dans la poussière aux pieds de Jésus, et elle sanglote, le visage levé, les cheveux à moitié dénoués, les bras tendus agrippés au vêtement et au manteau de Jésus. Derrière et autour d’eux, des romains de la maison et des hébreux de la ville regardent.
Jésus mouille son index droit avec de la salive, le glisse dans la petite bouche haletante, et l’enfonce profondément. La fillette se débat et devient encore plus noire. Sa mère crie : « Non ! Non ! » et semble se tordre sous un couteau qui la transperce. Les gens retiennent leur souffle.
Mais le doigt de Jésus sort avec un amas de membranes purulentes. La fillette ne se débat plus et après avoir versé quelques larmes, se calme avec un sourire innocent, agitant ses menottes et remuant les lèvres comme un oiseau qui pépie en battant des ailes, dans l’attente de la becquée.
« Prends-la, femme. Donne-lui ton lait. Elle est guérie. »
La mère [Valeria] est tellement abasourdie qu’elle prend la petite et, restant comme elle est, dans la poussière, elle l’embrasse, la caresse, lui donne le sein, folle, oublieuse de tout ce qui n’est pas sa petite fille.
Un romain demande à Jésus :
« Mais comment as-tu pu ? Je suis le médecin du proconsul et je suis savant. J’ai essayé d’enlever l’obstacle, mais il était vraiment trop enfoncé ! Et toi... juste comme ça...
– Tu es savant, mais tu n’as pas le vrai Dieu avec toi. Qu’il en soit béni ! Adieu. »
Détail
Guérison d'une petite-fille qui s'est étouffée et qui a peut-être une diphtérie.
Annotation
Le serviteur en EMV 155.4 et le médecin du proconsul ne sont pas nommés. Nous les classons donc dans les personnages anonymes.