EMV 155.3 · Tome 2, p. 508-509
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Citation
« Il est difficile d’aimer ceux qu’on ne connaît pas !
– Non. Regarde. Toi, petit, viens ici. »
Un garçon d’environ huit ans, qui jouait dans un coin avec deux autres camarades, s’approche. C’est un garçon robuste aux cheveux noirs alors que son teint est très blanc.
« Qui es-tu ?
– Je suis Lucius, Caïus Lucius, fils de Caïus Marius, je suis romain, fils du décurion de garde resté ici après avoir été blessé.
– Et ceux-ci, qui sont-ils ?
– Ce sont Isaac et Tobie. Mais on ne doit pas le dire, parce qu’ils seraient punis.
– Pourquoi ?
– Parce qu’ils sont hébreux, et moi romain, et on ne peut pas.
– Mais tu restes avec eux. Pourquoi ?
– Parce que nous nous aimons bien. Nous jouons toujours ensemble aux dés, ou à sauter. Mais on le fait en cachette.
– Et moi, tu m’aimerais bien ? Je suis hébreu, moi aussi, et je ne suis pas un enfant. Réfléchis : je suis un maître, on pourrait dire, un prêtre.
– Et qu’est-ce que cela peut me faire ? Si tu m’aimes bien, je t’aime bien, et je t’aime bien parce que tu m’aimes bien.
– Comment le sais-tu ?
– Parce que tu es bon. Celui qui est bon aime bien.
– Voilà, mes amis, le secret pour aimer : être bon. Alors on aime sans se demander si un tel a la même foi ou non. »
Et Jésus, tenant par la main le petit Caïus Lucius, s’en va distribuer quelques caresses aux enfants hébreux qui, apeurés, se sont cachés derrière une porte cochère ; il leur dit :
« Les enfants bons sont des anges. Les anges ont une seule patrie : le paradis. Ils ont une seule religion : celle du Dieu unique. Ils ont un seul temple : le coeur de Dieu. Aimez-vous bien, comme des anges, toujours.
– Mais si on nous voit, on nous frappe… »
Jésus hoche tristement la tête sans répondre…