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Jude d'Alphée et Judas

Thème : Apôtres

Confort de lecture

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EMV 118.2.4 · Tome 2, p. 281-284

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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118.2 Pierre, son frère et Jean travaillent activement à balayer la cour et les chambres, à mettre en ordre les lits, à chercher de l’eau. Pierre fait même tout un remue-ménage autour du puits pour ajuster et renforcer les cordes, afin qu’on puisse plus facilement y puiser l’eau. De leur côté, les deux cousins de Jésus travaillent, marteau et lime en main, aux fermetures et aux volets et Jacques, fils de Zébédée, les aide en travaillant de la scie et de la hache comme un ouvrier d’arsenal.

Dans la cuisine, Thomas est tout affairé et semble être un cuisinier professionnel, tant il sait régler le feu et la flamme et éplucher rapidement les légumes que le beau Judas a daigné apporter du village voisin. Je comprends qu’il s’agit d’un village plus ou moins important, car Judas explique qu’on y fait le pain deux fois seulement par semaine et que ce jour-là il n’y en a pas.

Pierre l’entend et dit :

« Nous ferons des fouaces sur la flamme. Voilà de la farine. Vite, retire ton vêtement et fais la pâte, je me charge ensuite de la cuisson. Je sais m’y prendre. »

Je ne puis m’empêcher de rire en voyant Judas, en bras de chemise, qui humecte la farine en s’enfarinant copieusement.

Jésus est absent ainsi que Simon, Barthélemy, Matthieu et Philippe.

« C’est aujourd’hui le plus dur, répond Pierre à Judas qui bougonne. Mais demain, ça ira déjà mieux et au printemps ce sera très bien...

– Au printemps ? Mais va-t-on toujours rester ici ? demande Judas, épouvanté.

– Pourquoi pas ? N’est-ce pas une maison ? S’il pleut, on est à l’abri. Il y a de l’eau potable. Le combustible ne manque pas. Que veux-tu de plus ? Je me trouve très bien ici. Et puis je ne sens pas la puanteur des pharisiens et des autres de même acabit...

– Pierre, allons lever les filets » dit André, et il emmène Pierre dehors, avant que la discussion n’éclate entre Judas et lui.

« Cet homme ne peut pas me voir, s’exclame Judas.

– Non, tu ne peux pas dire cela. Il est aussi franc avec tout le monde. Mais il est bon. C’est toi qui es toujours mécontent, répond Thomas qui, au contraire, est toujours de bonne humeur.

– C’est que moi, je me figurais autre chose...

– Mon cousin ne t’empêche pas d’aller vers d’autres choses, dit tranquillement Jacques, fils d’Alphée. Je crois que tous, par sottise, nous nous imaginions que le suivre, c’était autre chose. Mais c’est parce que nous avons la nuque raide et que nous sommes très orgueilleux. Lui, il ne nous a jamais caché la difficulté qu’il y a à le suivre. »

Judas grommelle quelque chose entre ses dents.

C’est Jude qui lui répond. Il travaille autour d’une console de la cuisine pour en faire un petit placard :

« Tu as tort. Même selon les coutumes, tu as tort. Tout juif doit travailler. Et nous travaillons. Est-ce que le travail te pèse tant ? Moi, je ne le sens pas parce que, quand je suis avec Jésus, je ne sens plus la fatigue.

– Moi aussi, je ne me plains de rien et je suis content d’être ici, d’ailleurs tout à fait comme en famille, maintenant, dit Jacques, fils de Zébédée.

– Nous allons faire des merveilles, ici !... observe ironiquement Judas.

– Qu’est-ce que tu veux donc ? Qu’est-ce que tu demandes ? éclate Jude. Une cour de satrape ? Je ne te permets pas de critiquer ce que fait mon cousin. Compris ?

– Tais-toi, mon frère, dit Jacques, fils d’Alphée. Jésus ne veut pas de ces disputes. Parlons le moins possible et agissons le plus possible. Cela vaudra mieux pour tous. D’ailleurs, si lui ne réussit pas à changer les coeurs... peux-tu l’espérer, toi, avec tes mots ?

– Le coeur qu’on ne peut changer, c’est le mien, n’est-ce pas ? » dit Judas d’un ton agressif.

Mais Jacques ne répond pas. Il se met un clou entre les dents et cloue des planches avec tant d’énergie que les ronchonnements de Judas se perdent dans le bruit.

(...) [Il se passe quelques temps et le Christ arrive]. Jésus se tient sur le seuil, souriant, bon. On dirait que le soleil brille davantage depuis qu’il est là.

« Comme ils sont braves ! Tous au travail ! Puis-je t’aider, mon cousin ?

– Non, repose-toi, j’ai fini.

– Nous sommes chargés de nourriture. Tout le monde a voulu faire quelque don. Si tout le monde avait le coeur des humbles ! Dit Jésus sur un ton un peu triste.

– Oh ! Mon Maître ! Que Dieu te bénisse ! »

C’est Pierre qui entre avec un fagot sur les épaules et qui, sans le déposer, salue ainsi son Jésus.

« Que le Seigneur te bénisse toi aussi, Pierre. Vous avez bien travaillé !

– Et puis nous travaillerons davantage aux heures de liberté. Nous avons une maison de campagne, nous !... Et il nous faut en faire un Eden. Entre-temps, j’ai arrangé le puits, pour qu’on voie de nuit où il se trouve, et pour être sûrs de ne pas perdre les brocs en les descendant. Et puis... Tu vois le travail de tes braves cousins ? Il y a tout ce qu’il faut pour vivre longtemps ici. Moi, comme pêcheur, je n’aurais pas su. Ils sont vraiment habiles. Et aussi Thomas : il pourrait être cuisinier chez Hérode. Judas également est habile. Il a fait des fouaces merveilleuses...

– Et inutiles : il y a du pain » lance Judas, de mauvaise humeur.

Pierre le regarde et je m’attends à une réponse bien sentie, mais il secoue la tête, arrange les cendres chaudes et étend les fouaces dessus.

« Tout sera bientôt prêt, dit Thomas en riant. »

Détail

On voit un peu le caractère des deux cousins face à Judas.

EMV 122.2 · Tome 2, p. 312

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Les plus âgés, je le sais, ne me voient pas d’un bon oeil. Les cousins de Jésus sont choqués... oui, j’ai eu beaucoup de manquements à leur égard, et aussi à l’égard de leur cousin. Mais toi, tu es bon et patient. Aime-moi. Fais tout comme si j’étais un frère pour toi, mauvais, certes, mais qu’il faut aimer malgré tout. Le Maître aussi dit qu’il faut agir ainsi. Quand tu vois que je n’agis pas très bien, dis-le-moi. Et puis ne me laisse pas toujours seul. Quand je vais au village, accompagne-moi. Tu m’aideras à ne pas mal agir. Hier, j’ai beaucoup souffert. Jésus m’a parlé et je l’ai regardé. Dans ma sotte rancoeur, je ne regardais ni moi-même ni les autres. Hier, j’ai regardé, et j’ai vu... Ils ont raison de dire que Jésus souffre... et je me rends compte que j’en suis responsable moi aussi. Je ne veux plus qu’il en soit ainsi. Viens avec moi. Viendras-tu ? M’aideras-tu à être moins mauvais ? ”

Détail

Judas parle à Jean de son rapport aux autres apôtres.

EMV 180.2 · Tome 3, p. 174-175

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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« Moi, j’étais riche et puissant. Si Dieu n’avait pas voulu me garder pour ses desseins, j’aurais péri dans le désespoir quand j’étais persécuté et lépreux. Je me serais acharné contre moi-même… Au lieu de cela, sur mon complet écroulement descendit une richesse nouvelle que je n’avais jamais possédée auparavant : la richesse d’une certitude : “ Dieu existe. ” Avant… Dieu… Oui, j’étais croyant, j’étais un juif fidèle. Mais ma foi était faite de formalismes. Et il me semblait que la récompense était toujours inférieure à mes vertus. Je me permettais de discuter avec Dieu car je me sentais encore quelqu’un sur la terre. Simon-Pierre a raison. Moi aussi, j’édifiais une tour de Babel en faisant mes propres éloges et en étant satisfait de moi. Lorsque tout s’écroula sur moi et que je fus un ver écrasé sous le poids de tout cet aspect humain inutile, alors ce n’est plus avec Dieu que j’ai discuté, mais avec moi-même, avec le fou que j’étais, et j’ai achevé de le démolir. Et plus je le faisais, en frayant un chemin à ce que je crois être le Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres, plus je trouvais une force, une richesse nouvelles, la certitude que je n’étais pas seul et que Dieu veillait sur l’homme vaincu par l’homme et par le mal.

– Selon toi, qui est Dieu, lui que tu as qualifié de “ Dieu immanent au-dessus de notre être de terrestres ” ? Que veux-tu dire ? Je ne comprends pas et cela me semble une hérésie. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les prophètes, il n’y en a pas d’autre, lance Judas sur un ton un peu sévère.

– Si Jean était là, il le dirait mieux que moi, mais moi je le dis comme je sais. Dieu est celui que nous connaissons à travers la Loi et les prophètes, c’est vrai. Mais en quoi le connaissons-nous ? Comment ? »

Jude bondit :

« Peu et mal. Les prophètes, qui nous l’ont décrit, le connaissaient encore, eux. Mais nous, nous en avons une idée confuse qui filtre à travers tout l’encombrement d’un tas d’explications accumulées par les sectes…

– Des sectes ? Mais que dis-tu ? Nous n’avons pas de sectes. Nous sommes tous les fils de la Loi, intervient Judas sur un ton indigné, agressif.

– Les fils des lois, mais pas de la Loi. Il y a une légère différence entre le singulier et le pluriel. Mais, dans la réalité, voilà ce qu’il en est : nous sommes les fils de ce que nous avons créé et non plus de ce que Dieu nous a donné, explique Jude.

– Les lois sont nées de la Loi, répond Judas.

– Les maladies aussi naissent de notre corps, et tu ne veux tout de même pas me dire que ce sont de bonnes choses ! Rétorque Jude.

– Mais permettez-moi de savoir ce qu’est le Dieu immanent de Simon le Zélote. »

Judas, qui ne peut répliquer à l’observation de Jude, essaie de ramener la question à son point de départ.

Détail

Simon le Zélote prend la parole.

Annotation

La conversation continue ensuite. Pour la lire en entier, voir la note suivante.